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mardi, 15 avril 2008

Collège : et pourtant il existe une solution

Dans les problèmes de l'Education Nationale, on évoque souvent le collège comme maillon faible du système scolaire. Je considère, en réalité, que cela tient à la nature de l'adolescence, surtout une adolescence laissée sans limites, à l'indifférence ou au désespoir des adultes, et surtout, des pouvoirs publics.

Le collège est devenu une véritable jungle où le plus faible est immanquablement écrasé. Pendant qu'on disserte sur les horreurs de la seconde guerre mondiale, sur la citoyenneté, on y laisse se reproduire les phénomènes de bande les pires, avec une absence totale de considération pour les plus faibles. 

En 3ème, puisqu'on étudie les faits de la seconde guerre mondiale, pourquoi ne s'intéresserait-on pas plutôt avec précision à ce que vivaient les jeunes gens de cette époque sombre : par exemple, comparer le fonctionnement des hitlerjungend (Jeunesses hitlériennes) et la dynamique de groupe dans une classe d'adolescents, je suis certain que cela mènerait à des remises en question intéressantes.

On sait qu'il existe de 20 à 40 élèves par collège qui sèment le désordre et désorganisent le fonctionnement des cours. C'est valable dans 80% des collèges de France. Il suffirait de retirer ces élèves et de les placer dans des centres d'éducation spécialisés pour que les collèges retrouvent, pour la plupart, leur sérénité. 

Seulement, voilà : l'UMP, Fillon, Sarkozy et Darcos s'en foutent complètement.  Leur priorité, c'est de faire des économies pour financer leur paquet fiscal, et l'Education Nationale est une bonne vache à lait. Ces centres d'éducation ont un certain coût, et il ne faudrait pas ne pas pouvoir faire les crédits d'impôts promis aux individus les plus riches de la nation, n'est-ce pas ?

Du côté de la gauche, où la démagogie est notoire, et l'idéologie prodigue en conneries et pédagogolâtries de tout type, il faut insérer les pauvres victimes de l'odieux système capitaliste et la société en général dans le système scolaire à tout prix. Peu importe que les autres en pâtissent, ce sont de toutes façons des privilégiés, des héritiers, comme dirait Bourdieu, et ils s'en sortiront. Et si on est un hiérarque socialiste, il y a toujours le "faites ce que je dis, pas ce que je fais" pour sauver son rejeton en le plaçant dans une institution privée où il sera à l'abri des gentils délinquants. 

En fait, il n'y a qu'un seul homme qui s'est soucié de l'élève français moyen, celui auquel on ne demande jamais son avis, à qui l'on n'offre aucune chance et que l'on sacrifie à des politiques décidées dans les hautes sphères des cabinets, là d'où on ne connaît surtout pas les réalités du terrain, ou, mieux encore, à la manière socialiste, on feint de les ignorer ou l'on déclare qu'ells relèvent du fantasme, et cet homme, disais-je donc, c'est François Bayrou. 

 Parce qu'il a enseigné dans des petits établissements, parce qu'il n'a pas été un carriériste de l'Education qui devait ses titres et ses postes à des copinages sans vergogne, il a pu dire la vérité. Je le cite dans son discours du 20 février 2007 à Dijon:

Il faut donc prendre les décisions qui s'imposent et les décisions qui s'imposent, c'est celles-ci : il faut rétablir la discipline scolaire dans les établissements du premier cycle, du second degré. Il faut rétablir la discipline scolaire dans les collèges de notre pays. Si nous ne le faisons pas, c'est de la non-assistance à personne en danger. C'est de la non-assistance à famille en danger, c'est de la non-assistance à quartier en danger.
Alors il faut avoir le courage de regarder les choses. Tous les enseignants vous disent, quand on parle de ce sujet, qu'il y a huit, dix, douze, quinze élèves seulement par établissement qui, en raison des lourdes difficultés personnelles qui sont les leurs, en réalité, mettent le bazar, font régner la loi. Un petit caïd de cour de récréation terrorise ou déstabilise les professeurs, notamment les jeunes professeurs. Notamment les jeunes femmes professeurs au début de leur carrière ou leurs camarades.
Eh bien, ceci n'est plus acceptable. Je dis que, quand on est avec où devant des élèves comme cela, alors il faut leur offrir un autre type de scolarité que le collège normal, il faut leur offrir une scolarité qui garantisse que, avec le nombre nécessaire de psychologues et d'éducateurs, on les reconstruise, mais qu'ils ne déstabilisent plus le collège dans lequel ils sont scolarisés.
Je propose donc qu'il y ait la création d'établissements qui soient des établissements d'éducation qui puisse recevoir les élèves qui présentent des difficultés particulières et que l'on ne se contente pas de faire ce que l'on fait depuis des années, ils sont au collège A, Conseil de discipline on les inscrit au collège B, conseil de discipline, on les inscrit au collège C, conseil de discipline on les remet au collège A jusqu'au jour où ils atteignent l'âge légal de manière qu'on les mette à la porte. 

Parallèlement, c'est aussi le seul à vouloir des classes d'excellence partout. 

[...] nous, Éducation nationale, nous État, République française, nous avons une mission qui est celle-ci : nous avons la mission d'offrir les mêmes chances à tous les élèves, quel que soit le quartier où il habite, l'établissement ou ils sont scolarisé. Ceci est la loi de la République.
Par exemple, nous avons connu un temps pendant de longues décennies dans lesquelles on pouvait, dans un petit lycée pyrénéen, au coeur des vallées pyrénéennes, par exemple, le lycée de Naye, Pyrénées-Atlantiques, 4500 habitants, on faisait dans ce lycée, je le sais puisque cela était mon parcours, les mêmes études classiques avec du latin, du grec, les langues, que l'on avait dans les lycées de centre-ville de Pau, de Bordeaux ou même au lycée Henri IV ou au lycée Louis-le-Grand à Paris. Ceci était la fierté de la France.
Moi, je demande que l'on reconstruise cette fierté et que l'on ait un pays qui s'oblige à offrir les mêmes options et la même exigence et la même excellence pour les élèves qui en ont la volonté ou la capacité que l'on habite le sixième arrondissement, la banlieue de Lyon, le Val Fourré où nous étions l'autre jour, certains quartiers de Nanterre ou bien Clichy-sous-Bois, on a droit aux mêmes chances, quel que soit le lieu d'où l'on est originaire et quel que soit le lieu où l'on a habite. 

Voilà, c'est simple, mais jamais Sarkozy ni la gauche ne le feront. Unseul parti pourrait avoir la volonté d'appliquer une telle mesure : le MoDem.

L'école selon Bayrou

Phénomène assez rare, aujourd'hui, de nombreux enseignants des écoles primaires et maternelles ont choisi à leur tour la grève pour protester.

Un des sujets de grogne des enseignants est entre autres la réforme prévue des programmes. Pour ma part, j'ai fait une analyse du rapport de Bentolila, l'un des spécialistes concernés. Ce dernier relevait que l'enjeu principal de l'école maternelle était l'acquisition d'un langage riche et complet. En effet, c'est la pierre angulaire de tout le reste, puisque c'est le vocabulaire qui permet aux enfants de comprendre les explications. Or, bien souvent, on constate que l'école maternelle met l'accent sur toute une série de techniques et sur la compréhension de consignes sociales dont le seul but est de ne pas "troubler l'ordre scolaire".

Lors du colloque de l'UDF du 11 mars 2006 sur l'école, l'université et la recherche, François Bayrou écrivait :

Il y a une éducation à la langue dont l’enseignement des siècles classiques avait bien compris l’utilité, joutes verbales, exercices rhétoriques, compositions latines ! J’ai été frappé dans les violences des banlieues du mutisme des garçons qui mettaient le feu, de leur difficulté à parler. Et pour moi, ce n’est pas un hasard, c’est une cause.

La formation à la langue orale et écrite, à son vocabulaire, à son histoire, à ses racines, je pense au latin pour la langue courante et au grec pour la langue scientifique et intellectuelle, tout cela est une clé. On doit la vérité aux jeunes Français : tous les codes de reconnaissance, tous les éléments du leadership, passent pas la langue. Et si l’on veut la raison principale des différences de réussite entre classes sociales, enseignants, cadres, etc., c’est dans la langue qu’on la trouvera.

 Donc, il faudrait peut-être commencer par cela. L'idée qu'avait exposé Xavier Darcos, de faire de la Grande Section un pré-CP est tout simplement désastreuse. Catastrophique. Elle va exactement dans le sens inverse de ce qu'il faudrait faire. Avant d'acquérir des savoirs savants, encore faudrait-il avoir une vraie maîtrise du vocabulaire.

Ensuite, quand je vois partout des classes de moyennes sections, donc, des enfants de 3 ans et demi à 4 ans et demi de 30 élèves, moi, je ne vois pas comment on peut dispenser un enseignement individualisé dans ces conditions.  

Nicolas Sarkozy a fait des choix budgétaires. Xavier Darcos les a cautionnés. Il a choisi d'offrir des milliards d'euros à une petite minorité plutôt que des enseignants aux tout-petits. Que l'un et l'autre les assument, ces choix désormais. 

Je suis d'accord sur le fait que les caisses de l'Etat étaient vides. Mais l'un et l'autre ont aggravé le phénomène, et ils ont touché à ce q'une nation possède de plus précieux, ses enfants. 

Sur le site de François Bayrou, pendant les présidentielles, l'article école à la page de ses propositions commençait ainsi : « L’éducation est la priorité absolue de mon projet.» 

On voit aux premières mesures d'un gouvernement ce qui lui importe en priorité. Quelle a été la première mesure du gouvernement Fillon ? Offrir des crédits d'impôt aux acheteurs de très grandes surfaces. 

Bayrou avait fait sienne aussi cette remarque, lors du même colloque sur l'école :

Et vous voulez juger de la responsabilité des dirigeants du pays : regardez quelle place ils accordent à l’école, à l’université, à la recherche dans leurs préoccupations, dans leur temps, dans leur vision.Pour nous, en tout cas, cette place sera la première ! 

L'école, c'est du long terme. Ainsi, François Bayrou écrivait : «Et les étudiants candidats au Capes ou à l’agrégation ont raison de le dire : nous ne pouvons pas jouer les recrutements à l’accordéon. Je suis partisan d’une loi de programmation sur dix ans des recrutements

C'est aussi l'un des rares hommes politiques à ne pas avoir passé son temps à cracher sur l'Education Nationale :

Je ne suis pas de ceux qui dépeignent l’éducation nationale comme un mammouth ! Pour moi, elle est un corps vivant. J’ajoute que si l’on excepte la singularité de l’école maternelle, dont nous devons être fiers, nous avons à peu près (un peu plus dans le secondaire, un peu moins dans le supérieur) le même nombre d’enseignants que tous les pays du monde développé, parce qu’il n’est guère de secret et que la dimension des classes et des amphis est à peu près partout la même. On étonnerait d’ailleurs beaucoup les grandes entreprises privées en leur demandant de comparer leurs services centraux avec ceux de l’éducation nationale.

Moi, c'est ce que j'ai aimé chez cet homme-là et que j'aime encore. Il ne ment pas, et il a une conscience claire des priorités. Il ne promet pas tout et n'importe quoi, comme le faisait le programme socialiste pendant les présidentielles, parce qu'il savait que nous n'avions plus de sous, mais, comme une famille modeste qui sacrifierait ses économies pour assurer l'avenir de ses enfants, il jugeait que l'école et l'éducation c'était sacré, et que c'était le seul secteur où il fallait garantir des engagements financiers.

 J'entre en contradiction frontale avec une partie de notre société qui vit avec l’idée que c’est dans le budget de l’éducation qu’il faudra tailler, le jour où l’on voudra revenir à l’équilibre des finances publiques.

Je pense exactement le contraire. Je pense qu'il faut faire des économies, j'en parlerai dans une seconde, qu'il faut retrouver un budget en équilibre, mais qu'il faut garantir l’investissement dans l’éducation.

 

Que l'on mesure simplement la distance avec ce qu'il se produit aujourd'hui. Et ce que je je regrette, c'est que Le Nouveau Centre, dont une très grande majorité de représentants a approuvé ce programme, soit totalement silencieux et laisse faire ce qu'il se passe, sans la moindre protestation, sans même la moindre suggestion. Est-ce cela, peser sur la majorité ? Mieux valait se ranger derrière le MoDem dans ses conditions. A quoi bon être député si l'on n'exerce pas sa parole ? 

mercredi, 09 avril 2008

Moyens pour l'Education, ce que voulait Bayrou...

L'action du gouvernement Fillon me sidère. Les lycéens défilent, et les enseignants sont furieux parce qu'on supprime des postes à tour de bras dans l'Education Nationale. Mais furieux, il y a de quoi l'être, et je me fais mienne cette réflexion toute récente de François Bayrou, dimanche dernier sur TV5 : 

« ce qu'on va mettre en année pleine pour arranger les affaires des grandes chaînes privées (...) ça va coûter au pays 1,2 milliard, c'est-à-dire six fois plus que les postes qu'on va détruire à l'Education nationale»

C'est ce genre de priorités, dans le gouvernement Fillon, qui ont le don de me faire enrager. Alors pour les chaînes privées, il y a de l'argent, mais pour l'Education, il n'y en a pas.

Le discours de Dijon, du président du MoDem, le 20 février 2007, avait été explicite sur l'importance qu'il accordait à l'Education Nationale et sur la garantie qu'il escomptait lui donner en termes de moyens. C'est avec d'autant plus d'amertume que je considère le choix d'une majorité de Français qui se sont laissés abuser par les belles paroles de Nicolas Sarkozy.

« Ces défis sont tels, faire diminuer et j'espère un jour supprimer l'illettrisme en France, faire que les établissements soient des établissements d'égalité des chances, faire que le calme et la discipline reviennent dans nos établissements, faire que l'enfant motivé ou avec des talents particuliers ait exactement les mêmes chances d'accéder au sommet, quel que soit l'établissement qu'il est obligé de fréquenter en raison de l'adresse de sa famille, faire que le lycée soit une préparation à l'université, faire qu'à l'université on invente une orientation, faire que l'on baptise une formation professionnelle après les diplômes universitaires, faire que la gouvernance des universités soit reprise, faire que l'école accepte d'intégrer les enseignements artistiques et qu'elle améliore par exemple ce qui est aussi du domaine sportif, faire tout cela, c'est un immense effort pour la nation, un immense effort dont j'ai dit qu'il demandait des moyens garantis et nous garantirons ces moyens sur plusieurs années ...»

Ces propositions, qui ont fait la force de François Bayrou, le MoDem les a faites siennes et les a intégrées dans son programme. Elles correspondent, désormais, à la ligne du MoDem. Côté Nouveau centre, qui se revendique du même programme, c'est le silence radio le plus complet...Là, clairement, le gouvernement garantit des restrictions de budget et des supressions de postes sur plusieurs années...Comparez... 

07:41 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : bayrou, grèves, éducation, modem |  Facebook | | |

lundi, 03 mars 2008

Zéro pointé pour Note2be !

Ah, voilà qui fait plaisir à lire : le SNES a obtenu gain de cause. Cette m.... de Note2be va devoir supprimer tous les noms de profs qu'il a mis en ligne avec les notes et même ses forums de diffusion.

Dans les idées les plus dég....sses apparues ces derniers temps sur la Toile, ce site figurait en bonne place, et surtout, ouvrait la voie aux pires dérives. Bien sûr, on trouvera toujours les traumatisés de l'Education Nationale prêts à tous les coups tordus pour en découdre avec les enseignants qu'ils détestent généralement cordialement, mais, ces abrutis oublient un détail de taille : accepter de noter les enseignants en ligne de cette manière, c'était offrir la possibilité d'en faire autant avec toutes les professsions. On aurait alors noté le médecin, le guichetier, le banquier, le postier, le commerçant, et...aussi le juge ! Pas fous, je suis sûr que ces derniers ne s'y sont pas trompés d'ailleurs... Bref, une vraie m... ce site, dont la parenté avec les méthodes qui appellent à la délation anonyme est flagrante.

Il faut dire que notre Agité National et l'Imbécile en chef (il appelle ainsi ceux qui critiquent son rapport) Jacques Attali avaient plus que largement ouvert la boîte de Pandore puisque le premier veut noter ses ministres, et le second avait été à l'origine de l'idée de noter les enseignants.

Bref, une victoire pour le droit, cette décision. Un dernier point, tout de même : je trouve fort qu'il n'y ait eu que le SNES, parmi les acteurs de l'Education Nationale, pour engager une procédure contre Note2be. A noter que le SNALC avait appelé les enseignants à écrire un courrier au responsable du site pour demander leur suppression nominative de la base de données.

12:41 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : note2be, education |  Facebook | | |

mercredi, 29 août 2007

Apprend-on mieux avec les ordinateurs ?

Exhumé grâce à une liste de lettres, cet article du Daily Telegraph de mars 2005 :

« Moins les élèves utilisent les ordinateurs à l'école et à la maison, mieux ils réussissent les tests internationaux de lecture, rédaction et mathématiques, indique aujourd’hui la plus grande étude réalisée sur ce sujet. Celle-ci soulève des interrogations quant à la décision du gouvernement, annoncée par Gordon Brown la semaine dernière, de dépenser encore £1.5 milliards pour des ordinateurs dans les écoles, en plus des £2.5 milliards déjà dépensés. M. Brown a dit : "L'enseignement et la révolution éducative ne peuvent se faire avec des tableaux noirs et de la craie, mais avec des ordinateurs et des cartables électroniques." Cependant, l'étude éditée par la Société Royale d’Economie indique : "En dépit des nombreuses réclamations de politiciens et de fournisseurs de logiciels, l'utilisation d'ordinateurs dans les écoles n’aide à l’évidence aucunement les élèves à acquérir les qualifications de base en mathématiques, en lecture ou en rédaction". Au c ontraire, plus les élèves utilisent l’ordinateur, plus leurs performances dans ces domaines sont mauvaises, ont indiqué Thomas Fuchs et Ludger Wossmann, de l'université de Munich. Les chercheurs ont analysé les comportements à l’école et à la maison de 100.000 adolescents de 15 ans dans 31 pays participant à l'étude Pisa. L'étude montre que plus les élèves ont accès à des ordinateurs à la maison, plus leurs résultats sont bas. De même, les élèves font moins bien dans les écoles généreusement équipées d’ordinateurs, où l'instruction automatisée a remplacé des formes plus efficaces d'enseignement. »

En fait, je suis partiellement en accord avec cet article, car la réalité est que le problème n'est pas l'ordinateur, mais bien la pédagogie, c'est à dire ce que l'on veut en faire et comment on compte l'utiliser.

La plupart des jeunes n'utilisent leur ordinateur que pour jouer ou chatter, ou, au mieux, copier-coller des informations sans aucun discernement. Il y a donc un apprentissage nécessaire derrière ainsi que la conception non moins nécessaires d'exercices ad hoc. Enfin, un ordinateur peut être utilisé par un enseignant comme un tableau, mais un tableau ultra-sophistiqué. A preuve que cette idée a désormais au moins atteint l'esprit des fabricants, c'est que l'on trouve de plus en plus de tableaux inter-actifs sur le marché.

Par ailleurs, on ne lit pas ou l'on étudie peu sur un ordinateur. Rien d'étonnant, donc, à ce que plus l'on y passe du temps, moins on étudie et moins on lise. La seule solution, c'est de bloquer la plupart des sites et des protocoles et ne laisser accessibles que quelques grands domaines de connaissance aux jeunes élèves.

On pourrait imaginer un label EN avec un logiciel de contrôle, délivré gratuitement aux parents, permettant de filtrer protocoles et sites afin de ne laisser que des sites utiles pour l'instruction des élèves de l'école primaire et du collège. La formation au tri d'information viendrait alors plus tard, une fois que l'élève aurait acquis suffisamment de maturité. 

dimanche, 03 juin 2007

Loi sur l'immigration : une particularité...

Une des particularités de la loi sur l'immigration : Sarkozy est parvenu à faire  accepter à la CNIL le fait suivant :

Jusqu'alors, la base de données des élèves que remplissait les directeurs d'école ne sortait pas de l'inspection Académique.

Mais désormais :

- Les données seront centralisées au niveau national, et à la disposition du gouvernement,

- Entres autres nouvelles informations à donner sur l'élève :

                   - sa nationalité                        (donnée accessible par la CAF)

                   - son taux d'absenteisme,     (pour repérer les parents défaillants, sans doute)

                   - ses maladies                    (Mais où allons-nous ? Ceci relève de la sphère privée : c'est inadmissible !) 

                   - S'il est suivi psychologiquement,   (Monsieur Sarkozy escompte-t-il mettre sous Temesta nos enfants ? Il est vrai que la perversion est génétique, selon lui, et qu'il a commandité un rapport qui recommande de ficher les tout-petits qui feraient preuve de «froideur affective»)

                   - S'il a le gène de la délinquance      (non, là, je plaisante....)

Nous appelons donc les parents à être très vigilants :

Ils peuvent écrire la lettre suivante à l'Inspecteur d'Académie  

 

Monsieur,

Mon enfant est scolarisé à l'école ...............................

En tant que parent d'élève, je suis extrèmement inquiet de l'utilisation qui pourrait être faite du fichier "Base-élèves". Conformément à la loi informatique et liberté, je demande à consulter le fichier de mon enfant……………….. .

Veuillez recevoir, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées,

                   -

Si vous êtes parent, que votre enfant  a une maladie grave,  s'il a des soucis psychologiques, si vous adoptez des petits étrangers,  les services de Brice Hortefeux, le second couteau de Nicolas Sarkozy,  le sauront....


 

mercredi, 28 mars 2007

Programme de François Bayrou, réflexions...

Pour l'éducation, ce qu'il veut créer partout, c'est des parcours d'excellence : concrètement, cela signifie mettre fin à l'hétérogénéïté par les résultats des classes, une vieille démagogie qui a coulé notre système.
On va certainement revenir à des classes homogènes, c'est à dire des classes de niveau, vraisemblablement corrigées par une nécessaire hétérogénéïté sociale.

Cela me semble très bien, personnellement.

Sur le logement, il veut un organisme indépendant pour contrôler l'attribution des logements sociaux, actuellement donnés grâce au copinage ou des critères obscurs.

Pour le reste, il n'y a pas de miracle non plus : il y a une crise du logement. Elle ne peut se résoudre que si l'économie se redresse, que l'opinion reprend confiance, et que d'autres secteurs que l'immobilier offrent des perspectives de profit régulier.

Il ne peut pas promettre ce qui n'est pas en son pouvoir.

Sur la dette, son programme est le moins coûteux.

Il veut par ailleurs supprimer tous les doublons, et en tout premier lieu le département dont la gestion est opaque et coûteuse.

Il connaît bien internet et compte donc beaucoup sur l'e-administration pour réduire considérablement les coûts. Là-dessus, c'est vrai qu'il n'est pas très précis, mais je vois à peu près ce qu'il a en tête : il va être possible de faire la plupart des démarches que l'on fait habituellement en mairie ou en préfecture sur la Toile.

Par ailleurs, c'est méconnu, mais on peut déjà faire un nombre assez incroyable de choses en ligne (impôts, pvs, bagnoles en fourrière, encombrants, et cetera...)

Ce qu'il faudrait, c'est informer les gens que cela existe, rationnaliser et regrouper dans un portail.

Moi, j'ai déjà fait des déclarations en ligne et je paie systématiquement en ligne mes impôts, et mes pvs (ça m'arrive sur des problèmes de stationnement avec ces abrutis de khmers verts à Paris ).


Ce qu'il il faut maintenant,  c'est dénoncer clairement pourquoi les mesures de Sarko et Royal ne sont pas possibles, et montrer pourquoi celles de l'UDF le sont.


Pour l'immigration, je crois qu'heureusement, on arrive à un certain consensus : c'est bien évidemment le cas par cas qui doit primer, et je suis content de voir que Royal l'admet enfin.

La scolarisation n'est pas un critère suffisant : il faut voir comment et elle se passe et le suivi des parents, leur maîtrise ou non de la langue française, leur intégration et cetera...

Sarko n'est pas crédible sur ce point, parce qu'il a toujours cherché à faire du chiffre et nullement à appliquer une politique intelligente et humaine en la matière.

lundi, 05 mars 2007

Socialisme et liberté pédagogique

Pierre Frackowiak, est l'un des principaux théoriciens de l'Education au sein du Parti Socialiste.

Le lire est édifiant...ma réponse aussi !

 

Même le rapport THELOT, dont certains prétendent qu'il présente des propositions innovantes que les progressistes pourraient soutenir, prône démagogiquement la reconnaissance de cette liberté en l'habillant de quelques oripeaux de l'ordre de la séduction, "le charisme et le rayonnement" qui tiendraient apparemment lieu de compétences professionnelles. On aurait pu espérer que ces notions soient au moins juxtaposées à des compétences professionnelles, à la nécessité d'un minimum de connaissances sur les apprentissages (comment un élève apprend?), sur les capacités intellectuelles nécessaires pour construire des savoirs et des compétences, sur les rapports entre la construction des concepts et le langage, sur la pédagogie… Foin de tout cela. Comme le disait  Luc FERRY avant François FILLON, pour enseigner, il faut des savoirs, du talent pour les transmettre, et, bien évidemment, la liberté.

 Source : http://www.unsa-education.org/sien/sections/lille/libpedP...

Décidément, pour certains, il leur est impossible de se départir de la sacro-sainte compétence. Non, monsieur Frackowiak, vos  instituteurs idéaux fussent-ils bardés des Mille et une compétences d'Ali Baba et des Quarante pédagogues, rien ne garantira pour autant la qualité de leur enseignement. Quand au questionnement sur la manière dont l'élève apprend, il rentre bien évidemment dans une réflexion plus large de nature philosophique et psychologique. Plus généralement, comment l'individu connaît, voilà la question qu'il faudrait se poser. Et sur ce point, nos vieux philosophes, à commencer par Platon et Aristote, ont raisonné très tôt.

Vos indignations trahissent bien évidemment vos parti-pris. Par exemple, qui vous dit que l'enfant construit ses concepts ? Chez certains philosophes, on trouve au contraire l'idée qu'il existe des pré-concepts. 

Par pitié, épargnez-nous vos "compétences" : peu m'importent, moi, vos compétences. Ce qui m'intéresse, c'est le savoir-faire de l'enseignant, généralement acquis après de nombreuses années d'expérience, ainsi que son savoir tout court, afin qu'il n'enseigne pas d'âneries à mes enfants. Au lieu de rêver de rééducation pour enseignants trop portés sur leur liberté pédagogique, vous seriez bien inspiré de confronter les expériences issues du terrain, et non de théoriciens fumeux habitués à justifier leurs émoluments en faisant mentir les chiffres.

D'autres questions de fond ne sont pas non plus vraiment traitées à gauche : le problème du collège qui souffre toujours de l'erreur historique d'en avoir fait le «petit lycée» plutôt qu'une partie de l'école fondamentale de 3 à 16 ans ; le problème des pratiques pédagogiques toujours occulté par le développement du cercle macabre «évaluation ­remédiation», qui ne remet jamais en cause ce qui se passe réellement dans la classe en amont ; le problème des contenus et du sens des programmes scolaires toujours massivement orientés par la sédimentation de connaissances sans se préoccuper du développement de l'intelligence, de l'esprit d'initiative, de la stratégie, de l'apprentissage de la responsabilité et du vivre ensemble ; le problème des missions des profs, avant celle de leurs horaires, de la continuité et de la transversalité des enseignements...

Source : http://www.liberation.fr/rebonds/222856.FR.php 

Cercle macabre ? Voulez-vous dire que les évaluations actuelles ne veulent pas s'adapter à vos théories ? Nous serions nombreux à applaudir à vos idées et à vos théories si elles produisaient quelque chose. Malheureusement, elles sont guidées non par le pragmatisme mais par l'idéologie et font figure de doxa sociologique pour le Parti Socialiste. La seule chose qui me paraît macabre, moi, c'est la dégringolade du niveau de langue dans la population estudiantine au point que les Grandes Ecoles prévoient désormais des cours d'orthographe. Peut-être est-ce bien sûr que l'orthographe est la discipline des imbéciles ? de la sédimentation des connaissances ? peut-être n'a-t-elle pas de «contenu» ? On comprend à votre discours que vous dissociez connaissance et intelligence, et que votre préoccupation première c'est de faire de l'école un lieu de vie de «vivre ensemble» comme vous dites.

Pour moi qui suis un vieux débris conservateur réactionnaire et rétrograde, j'attends de l'école qu'elle instruise, cultive et intéresse l'enfant. Mais comme je ne crois pas aux choses transcendantes, j'ose imaginer que tout cela ne se produit pas par l'opération du Saint-Esprit. L'intérêt d'un enfant est, et je le concède à Monsieur Frackowiak, certainement natif chez l'enfant, mais il l'est en puissance, et non en acte, pour reprendre une terminologie aristotélicienne. Tout l'effort du maître (et l'on parle bien du magister et pas du dominus, contrairement à ce que tendent à faire accroire les pédagogistes de tout poil) c'est justement de faire passer la curiosité intellectuelle de la puissance à l'acte.

Le citoyen cultivé, c'est au final l'entéléchie de l'enfant : l'entéléchie est le processus qui mène de la puissance à l'acte et de l'acte à son plus haut degré d'achèvement. En somme l'entéléchie c'est l'acte accompli par opposition à l'acte en train de se faire. Or, vous faites de l'acte en train de se faire une finalité en soi, avec vos compétences, votre continuité et votre transversalité, Monsieur Frackowiak.

En somme finissez-en avec ce désir irrépressible de vouloir donner des leçons à tous et spécialement aux enseignants qui savent ce qu'ils ont à faire. Epargnez-leur le mépris avec lequel vous les considérez en supposant a priori que tout enseignant méconnaît les finalités de ce qu'il enseigne et de toute façon n'éprouve nullement l'envie d'y réfléchir.

Il est vrai que le raisonnement inductif relève du TOC (Trouble Obsessionnel du Comportement) chez vos semblables. Tout existe a priori, et donc nul besoin d'énoncer le général puisqu'on y remontera toujours à partir du particulier...

Ainsi s'il s'avérait qu'un enseignant devait être incompétent, nul doute que tous les enseignants seraient fatalement des incompétents. Nos Euthydème nos Dionysodore , tout persuadés que tout est en dans tout, se complaisent dans une éristique moderne de mauvais aloi qui leur permet toutes les audaces...

 

 

dimanche, 12 novembre 2006

Ségolène Royale et l'Education Nationale

Cher lecteur, prends garde à tes côtes. Hurler de rire peut provoquer de graves crises d'étouffement.

J'ai falli créer une catégorie "Humour" pour cet enregistrement... 

A hurler de rire quand on écoute cela auparavant...

http://heresie.hautetfort.com/archive/2006/11/10/segolene...


Sego clip
Vidéo récupérée sur Youtubr

vendredi, 10 novembre 2006

Ségolène Royal et les enseignants : l'imposture...


Profs: Ségolène en off
Vidéo envoyée par Jules-ferry

L'analyse des propos de Ségolène Royal dénote et son absence de connaissance du sujet et une malhonnêteté foncière. 

Elle conclut en estimant à 17 heures le temps de travail des enseignants. En réalité, il est statutairement de 18 heures sur place, auxquelles s'ajoutent généralement autant d' heures de préparation de cours (selon les disciplines, toutefois : il faut reconnaître que les professeurs de lettres travaillent davantage que les autres).

On peut s'inquiéter légitimement de la réflexion globale de Madame Royal. En effet, manifestement, pour elle, une intervention devant un public ne se prépare pas : à preuve, peut-être, ses déclarations à l'emporte-pièce dans les commissions et les débats ?... 

Très peu d'enseignants travaillent en réalité dans les officines privées pour une raison extrêmement simple : on y est tellement mal payé que même une heure supplémentaire à l'Education Nationale est plus rentable.

Ces sociétés de cours particuliers recrutent essentiellement des étudiants, quelques enseignants du privé  ou parfois aussi, des contractuels et des vacataires.

 Comment Ségolène Royal peut-elle parler d'un sujet qu'elle connaît si peu puisque toute sa progéniture a suivi sa scolarité dans les prestigieux établissements privés parisiens, au coeur des 6ème et 7ème arrondissements de Paris ?

Si l'on considère la gestion de Claude Allègre de 1999 à 2000, les propos de Monsieur Strauss-Khan estimant le métier d'enseignant de moindre pénibilité - et pour cause, il n'a enseigné qu'en faculté ! - il est désormais clair que le Parti Socialiste méprise les enseignants. Sur les 35 heures des enseignants au collège, Dominique Straus-Khan s'est simplement contenté de commenter sur I-Téléa insi les propos de Ségolène Royal :"le point important, c'est qu'on s'occupe plus des enfants à l'intérieur de l'école". Qui ne dit mot, consent, à l'évidence...

Le comble du cynisme est tout de même atteint par Ségolène Royal, suggérant un pacte avec les organisations syndicales afin d'avoir la "tranquilité" pendant les élections. 

En fait de Révolution, Madame Royal pourrait bien allumer une guerre scolaire aux conséquences incalculables.

En proposant ni plus ni moins de doubler le temps de présence des enseignements, évidemment sans contrepartie (elle avait évoqué dans une autre commission la "liberté pédagogique" comme paiement, hypocrisie socialiste supplémentaire, quand on sait à quel point les programmes socialistes en matière d'éducation ont fait de la pédagogie l'étendard de la réforme ) , Ségolène Royal marche allègrement sur le droit sans aucune pudeur.

Il faut espérer, désormais, que les enseignants sauront se souvenir des propos de Madame Royal, mais aussi de Dominique Strauss-Khan, au moment des élections...

Coincés entre une UMP qui rêve de déréguler totalement le marché de l'Education, et un PS prêt à assommer les enseignants, il ne reste désormais plus guère d'options aux enseignants.

Seuls le PCF et l'UDF adoptent, à l'heure actuelle, un ton nettement plus empreint d'humanité envers les professeurs.

La comparaison entre l'indigence des deux grands partis en matière d'éducation, et les vues clairement plus hautes et inspirées d'un François Bayrou (http://www.udf.org/participer/colloques/education/bayrou_...) laisse à penser pour ceux qui se soucient d'éducation en vue des prochaines élections...