Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 20 décembre 2009

Alliance centriste, pas mal !

Vogue Haleine propose en téléchargement la synthèse du programme d'Alliance Centriste. Le mouvement de Jean Arthuis s'est doté d'un programme. Intéressant : j'y retrouve une partie des préconisations de feue l'UDF, notamment sur la fiscalité (abandon de l'ISF, tranche supplémentaire sur l'Impôt sur le Revenu). L'inconvénient, c'est que le document proposé n'est qu'une synthèse. J'aimerais bien voir ce que donne le développement de l'intégralité du projet. J'aime bien la devise d'Arthuis :

« Autant de liberté que possible, autant de régulation que nécessaire »

Ce genre d'introduction me fait évidemment frémir d'aise :

Au-delà de ce rassemblement et de cette refondation, Alliance Centriste propose un projet politique à ceux qui voient leur avenir dans un libéralisme tempéré par la solidarité et dans une mondialisation régulée grâce à l’Europe politique en devenir. Nous souhaitons, dans ce cadre, réaffirmer notre indépendance.

Tout comme l'affirmation des valeurs, d'ailleurs :

Le centrisme est une référence politique et historique. II est important de réaffirmer que notre identité se décline en valeurs humanistes, libérales, sociales et européennes.

J'aime bien aussi la conclusion du document à propos de la gouvernance éthique :

l’art de gouverner doit faire la juste part entre l’action et la communication

Je suivrai avec attention  l'avenir d'Alliance Centriste. En tout cas, il me semble compatible avec celui du MoDem, particulièrement sur la question de la dette.

17:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : alliance centriste |  Facebook | | |

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danmark

«Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danmark» est l'un des vers les plus connus de ceux qu'a écrit Shakespeare. C'est Marcellus qui prononce ces mots à la scène 4 de l'acte I d'Hamlet. Hamlet vient de voir un spectre que Marcellus et Horacio, ses amis ne voient pas. Décontenancés et ne comprenant pas son attitude, ils décident malgré tout de le suivre. La réponse d'Horacio à Marcellus est d'ailleurs édifiante :

«le Ciel y pourvoira.» ...

S'il y a quelque chose qui m'interroge, c'est tout de même le nombre de défections qu'a connu le MoDem. Et je ne parle pas de celles qui ont une cause politique identifiée, mais des autres. Il y a bien sûr des maniaques (que je soupçonne d'être dangereux comme le sont tous les individus qui sont obsessionnels) mais aussi des militants très rationnels et tempérés parmi ceux qui sont partis ou se sont mis en retrait. Pour ma part, je connais (un peu) surtout les parcours des militants de l'île de France, ainsi que quelques autres en régions. Il y en a au moins quatre dont je veux parler, parce que leur retrait ou leur départ est un gâchis humain.

La première (c'est une femme), c'est la coordinatrice (et largement conceptrice) du programme du MoDem sur les questions sociales, et particulièrement de la petite enfance  lors des municipales de 2008 à Paris : Christelle de Crémiers. Christelle était très bien implantée dans le 17ème arrondissement de Paris. C'était une élue municipale, elle avait tissé un réseau de relations avec les associations locales. Il eût été naturel qu'elle prît la tête de liste du MoDem dans cet arrondissement. Pourquoi avoir placé à la place Pierre-Emmanuel Portheret qui était lui-même implanté dans le 16ème arrondissement, tout cela pour faire une place à Jean Peyrelevade là-bas ? le même Peyrelevade a démissionné quelques mois plus tard parce qu'en fait, être élu municipal,  cela ne l'intéressait pas. En 2008, nous avons frisé les 10% dans le 17ème. Je suis convaincu que Christelle les aurait franchis. Il eût fallu au minimum offrir des compensations à Christelle en interne, d'autant qu'elle avait prouvé par son travail dans les commissions qu'elle avait de véritables capacités de synthèse et de coordination.

La seconde (c'est encore une femme), c'est Quitterie Delmas. Je pouvais avoir des différences avec Quitterie, notamment en termes de positionnement politique, je n'en appréciais pas moins sa capacité à fédérer un grand nombre d'individus dans son sillage et sa présence médiatique. Elle est finalement partie : c'est pourtant quelqu'un qu'il eût été un atout de compter dans ses rangs par les temps qui courent.

Le troisième s'appelle Thierry (je n'en dirai pas plus sur son identité) et a ouvert récemment un blog. Il y regrette, d'ailleurs, le MoDem du temps jadis. Thierry, c'est un ami, un homme loyal et juste ; un idéal d'humanisme. Une encyclopédie vivante : tous les sujets l'intéressent. Quand je le lis, je bois ce qu'il écrit. J'ai eu quelques moments difficiles sur ce blog : il était là à chaque fois. Il est parti en raison d'une sombre affaire dont je n'ai pas les tenants et les aboutissants, mais dont il eût fallu percer l'abcès une bonne fois pour toutes par une procédure de conciliation ad hoc.

Le quatrième, enfin, c'est Christophe Ginisty. Quoi qu'il en dise, ce n'est pas sur des idées, pas même sur des procédures que Christophe poursuit une vendetta personnelle mais sur une erreur humaine. Bayrou a ce travers qu'il peine à reconnaître ses erreurs, bien sûr dans le domaine tactique, mais bien plus encore dans le domaine humain. Il admet être trop fier et batailleur, mais n'en tire pas les conséquences. Il s'est heurté avec Cohn-Bendit, par chance, ce dernier n'est pas rancunier. Avec Christophe, il en va autrement : Bayrou faisait confiance à Christophe et Christophe appréciait personnellement Bayrou. Il l'appréciait et a pris sur lui à de nombreuses reprises. Par exemple, Bayrou avait confié à Christophe de coordonner un groupe d'adhérents afin de mettre en place un réseau social via une plate-forme pour le MoDem. Bayrou est fasciné par wikipedia. Fasciné au point d'imaginer que le modèle est transposable, alors qu'en réalité, il est unique, et, à mon avis, très difficilement imitable. Bayrou a ce travers gaullien de penser que l'intendance suivra. Le problème, c'est que l'intendance, elle en a sa claque, parfois. Et ça, c'est le genre de choses qui passent un peu au-dessus de sa tête, à Bayrou. Le groupe que Christophe animait était de surcroît constitué de bénévoles. Il était évident que ce groupe aurait le plus grand mal à finaliser la plate-forme voulue dans les temps impartis. Il eût fallu au moins payer à plein temps un développeur. D'ailleurs, le résultat final, bien qu'inachevé, présentait bien.

Or, que fit Bayrou ? Eh bien il fit appel discrètement à une société privée sans en avertir Christophe. C'est elle qui a développé lesdemocrates.fr . Christophe l'apprit à peine deux semaines avant son lancement. Il dut prendre donc sur lui de l'annoncer à son équipe et d'endosser les critiques et les défections qui s'ensuivirent. Pour avoir avalé la couleuvre et encaissé à la place de Bayrou, il eût dû être remercié mille fois. S'il y a bien une preuve de fidélité et de courage, c'est bien celle-là !

Bayrou avait toujours voulu ce qu'il appelle des auto-moteurs, c'est à dire des individus indépendants, qui promeuvent le MoDem et ses idées à échelle locale voire plus quand c'est possible.

Christophe obtint une sixième place sur la liste des Européennes en île de France. Il savait que la place n'était pas éligible (à moins de faire un score monumental) mais c'était tout de même une forme de reconnaissance dont il se satisfit.

Après les Européennes, de nombreux militants ruèrent dans les brancards. Christophe eut alors une initiative que je juge intelligente : il prit la tête de la fronde et tenta de la canaliser. Ce fut les Promoteurs.

Or, Bayrou fit une erreur tactique qui ne laisse pas de continuer à m'étonner : il eût valu mille fois mieux une opposition interne coordonnée et canalisée par Christophe, qui était sur le fond un ami, que dispersée et en proie à des voix autrement plus hostiles, voire malfaisantes.

Non seulement Bayrou ne comprit pas ce que Christophe avait voulu faire, mais il lui en tint rigueur. Et lors du Conseil National du 04 juillet, il lui lança au visage deux attaques très blessantes et injustes.

1. il lui reprocha d'avoir profité du "système". S'il y a bien quelqu'un qui aura donné de lui-même au MoDem et à Bayrou sans jamais en profiter, c'est bien Christophe. Quelle injustice ! Il n'a profité de rien du tout si ce n'est des baffes vers la fin...

2. Plus gonflé : il lui fit le reproche de ne pas avoir finalisé la plate-forme qu'il avait attendu, et donc, de ne pas être fiable. Il faut le lire pour le croire. Je dois être honnête : si j'avais été à la place de Christophe, je lui aurais soufflé dans les bronches. C'est du foutage de gueule ! j'aime bien Bayrou, mais, à mon avis, de temps en temps, il a besoin de se faire claquer.

Il faut toutefois préciser que Bayrou était alors dans une mauvaise passe : il avait mal digéré l'échec des Européennes, et puis il avait ses propres soucis personnels. Il n'en reste pas moins que lorsqu'on est un chef de parti, il faut souvent prendre sur soi, et surtout, on ne laisse pas partir quelqu'un de la valeur de Christophe Ginisty. Le problème, c'est que Bayrou s'est braqué.

Les choses se sont alors dégradées de plus en plus vite (Christophe est aussi fier et buté que Bayrou...) avec quelques attaques pas fameuses de Christophe...(j'ai fait les frais de la moins "méchante" d'entre elles).

Je connais assez bien Christophe, on a souvent échangé. Sur les procédures, il n'y pas l'ombre d'une épaisseur de papier entre nos vues respectives. Politiquement, il est plus à gauche que moi, mais on est très proche. C'est quelqu'un pour qui j'ai de l'estime, et je pense que dans son domaine, la communication sur internet, il est excellent. Malheureusement, le MoDem l'aura appris à ses dépens ces derniers mois.

C'est donc un homme blessé qui écrit sur son blog à l'heure actuelle, même si le temps passant, les plaies se cicatrisent. Est-ce qu'il eût été (serait ?) compliqué à Bayrou de prendre son téléphone, d'appeler Ginisty et de lui dire : Christophe, je le reconnais, j'ai été injuste envers toi, je m'en excuse.

Je soutiens le MoDem, y compris parfois quand je ne suis pas d'accord (avec toutefois des limites), mais par moment, il faut que la soupape de sécurité s'ouvre. Même si je n'ai rien dit à l'époque, je n'en pense pas moins que les torts ne sont pas du côté de Christophe dans cette histoire, pas plus qu'ils ne l'étaient du côté de Christelle.

Tout cela, bien sûr, c'est de la petite histoire, mais la petite histoire est faite aussi d'histoires individuelles, d'hommes et de femmes, et souvent, il faut commencer par l'écrire avant de pouvoir écrire la Grande Histoire : le Ciel n'y pourvoira pas indéfiniment...

 

10:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (51) | Tags : bayrou, ginisty, crémiers |  Facebook | | |

jeudi, 17 décembre 2009

J'espère voter trois fois pour Alain Dolium

Dolium2.jpgAlain Dolium est l'un des candidats à la candidature pour représenter le MoDem aux régionales en île de France. Il a défrayé la chronique, tout récemment. Christelle, pour ceux qui ignorent encore qui il est en fait un portrait sommaire sur son blog.

Je vais voter pour Alain Dolium une première fois lors de la consultation interne des adhérents franciliens qui aura lieu du 18 au 21 décembre prochain. Cette consultation, organisée par le MoDem est confiée à une société indépendante. J'aime bien la démarche d'Alain Dolium à plus d'un titre : voilà quelqu'un qui se présente et choisit de faire le tour des fédérations d'île de France pour se faire connaître et répondre aux questions (légitimes) des militants. Serge semble choqué des propos d'Alain Dolium (je rappelle que c'est un entrepreneur) qui souhaite voir émerger un capitalisme social. Personnellement, le concept me plaît beaucoup, et cela recoupe exactement l'idée que je me fais du capitalisme à travers le décryptage qu'en donne Schumpeter. Le capitalisme a longtemps permis une accumulation impressionnante de richesses dont les peuples ont profité, tout du moins, jusqu'à ce que des théoriciens, au début des années 90, se réclamant (illégitimement) du libéralisme théorisent la nécessité d'une société d'inégalités croissantes qu'ils appelèrent alors "progrès". Bayrou a largement et clairement évoqué ce sujet dans son Abus de pouvoir. J'apprécie les déclarations d'Alain Dolium sur la liberté d'entreprendre, pierre angulaire de tout programme politique pour moi. Je m'étonne de ce qu'il ait pu voter à gauche, en particulier pour les Socialistes qui ne me paraissent guère enclins à favoriser cette liberté. A vrai dire, je peux aussi le comprendre en songeant que ce n'est pas mieux (pour des raisons différentes) du côté de l'UMP. Voilà qui répond peut-être aux interrogations de Serge...

Orange pressé a, dans un billet par ailleurs bien écrit, donné tout un tas de mauvaises raisons pour ne pas voter pour Alain Dolium. Orange Pressé veut «récompenser» le militantisme en attribuant à des militants les têtes de liste. Qui lui dit que c'est ce que souhaitent les militants ? Je crois qu'ils agissent avec leur coeur et leurs convictions et que la plupart d'entre eux souhaitent simplement voir émerger leur projet et leurs idées dans la sphère politique. Ensuite, être un militant de qualité ne signifie pas pour autant être un bon candidat. Ce sont des qualités différentes, et, en invoquant «l'expérience», Orange pressé me semble allègrement confondre les deux.

Il veut également «punir» Alain Dolium de ce que les militants soient mis devant le fait accompli de sa candidature. Quel fait accompli ? Il va y avoir un vote ! Par ailleurs, si quelques personnes ont fait connaître leur intérêt pour les Régionales, aucun militant n'a fait état, à l'heure actuelle, de son désir de figurer comme tête de liste du MoDem en île de France. Orange Pressé voit encore dans un vote négatif l'occasion d'une vengeance contre François Bayrou et Marielle de Sarnez. Étrange conception bien éloignée des préoccupations des régionales que celle qui voit un adhérent souhaiter voir perdre le candidat mis en avant par le Président et une vice-présidente de son parti...!

Orange pressé reproche à Alain Dolium des prestations maladroites. Primo, ce n'est pas mon avis, et secondo, on comprend aisément la réserve d'Alain Dolium : il attend de disposer d'une investiture officielle et dûment reconnue par l'imprimatur démocratique que constitue le vote des militants. C'est tout à son honneur.

Enfin, Orange Pressé juge outrecuidant la prétention de l'homme neuf qu'est Alain Dolium, sans expérience politique, comme le juge Orange pressé, à vouloir représenter un parti dans une élection majeure comme les Régionales. Ne pas avoir milité activement dans le parti ne signifie pas ne pas avoir d'expérience de la région ; particulièrement, on peut imaginer que l'homme d'affaires et l'entrepreneur qu'est Alain Dolium a de bonnes raisons de mieux connaître l'île de France que des individus dont la préoccupation essentielle est de disserter de la démocratie interne d'un parti depuis des mois.

Pour finir, je renvoie Orange Pressé  l'excellent et très juste commentaire de Zénon qui répond sur son blog à son billet :

Je constate, qu'une fois de plus vous faites preuve de beaucoup de mauvaise foi et d'arrogance dans vos écrits :

Concernant tout d'abord le mode de désignation des candidats :
- le mode de désignation des candidats est conforme aux statuts de notre Mouvement, statuts qui, faut-il vous le rappeler, ont été votés par les adhérents .
- les candidatures sont examinées par une commission, elles ne sont pas le simple "fait du prince" .
- les candidatures doivent-être validées par les adhérents, qui ont donc la possibilité de les rejeter, encore faudrait-il proposer une solution alternative crédible .

Concernant la candidature d'Alain Dolium :
- il me semble particulièrement malhonnête d'affirmer qu'il ne doit sa candidature qu'à un "physique se rapprochant de celui d'un dirigeant en exercice", c'est réduire un homme à la seule couleur de sa peau .
- A. Dolium s'est élevé socialement par le travail et les études, j'imagine qu'il est plus difficile pour un jeune antillais vivant à Malakoff de sortir diplomé de Sup de Co et d'HEC, que pour un jeune bourgeois de Neuilly .
-il a créé son entreprise, ce qui constitue une expérience non négligeable .
- il est certes intimidé lors de ses interventions publiques, mais avec un peu d'expérience il fera preuve de plus d'aisance . D'ailleurs les beaux parleurs ne sont pas toujours les plus efficaces dans l'action .
- vous lui reprochez de ne pas avoir milité sur le terrain, je pourrais vous citer nombre de candidats dans le même cas (ex : C. Lepage, J-F Kahn, aux européennes) leur candidature était-elle pour autant illégitime ?
-enfin, dans un de vos commentaires vous le comparez à A. Legrand, dont la candidature serait plus porteuse, d'après vous, auprès de l'électorat populaire . J'apprécie son engagement associatif associatif, mais j'avoue avoir du mal à percevoir comment un fils d'employé ou d'ouvrier peut se reconnaître en lui : il a fait de études secondaires dans un pensionnat privé réputé, le collège des Oratoriens de Juilly (les frais de scolarité sont dans cet établissement de 7500 à 8000 euros par an), puis il a préparé une maîtrise de droit, tout en voyageant beaucoup à l'étranger, enfin il s'est inscrit au cours Florent et a débuté une carrière de comédien à 27 ans . Voilà sans doute pour vous le cursus typique d'un jeune issu des milieux populaires ! 

Pour conclure, puisque vous vous préoccupez de la reconquête de l'électorat populaire, j'aimerais vous livrer cette citation d'E. Todd, qui analyse dans "Après la démocratie" pourquoi le PS s'est coupé de l'électorat populaire : "Le militant ancien faisait vivre le Parti dans la collectivité, et vivre la collectivité par le Parti . Le militant nouveau vient pour contribuer, certes, mais surtout pour s'exprimer, "s'épanouir" personnellement . Il est, dans sa section socialiste, l'un des millions de nouveaux narcisses engendrés par la révolution éducative supérieure ; il se pense "créateur" de doctrine, s'imagine que l'originalité de sa "parole" va faire avancer les choses . On peut parler de militantisme performatif, qui pense que la parole est action.(...) Avec Nicolas Sarkozy, l'exhibitionnisme bavard règne à la tête de l'Etat, mais, en ce début du XXIe siècle, il baigne l'ensemble des strates supérieures de la société française ." Puissent ces paroles être riches d'enseignement pour vous !

Rien à dire, ça, c'est envoyé !

J'ai parlé de voter trois fois pour Alain Dolium. S'il représente bien le MoDem, comme je l'espère, en mars prochain, je vais voter pour lui au premier tour. Ce sera donc la seconde fois. Et enfin, si le sort nous est propice, que notre projet est bon, qu'il réussit à le porter, et que nous parvenons à le faire connaître aux Franciliens et à les convaincre, je puis alors espérer voter une troisième fois pour lui, cette fois...au second tour !

00:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (71) | Tags : alain dolium, modem |  Facebook | | |

dimanche, 13 décembre 2009

Je suis un adhérent UDF...

C'est marrant le nombre d'individus qui évoquent l'UDF et qui oublient un petit détail : il reste des adhérents de l'UDF...et oui : en mai 2007, au moment où le MoDem a été fondé, il était encore possible de faire la réadhésion à l'UDF, ce que j'ai fait, en même temps que j'adhérais au MoDem. J'ai donc les deux cartes, celle de l'UDF 2007 et celle du MoDem 2007. Je pense donc avoir une légitimité certaine pour exprimer mon avis sur la question...En revanche que des types comme Giscard ou de Charette viennent m'expliquer ce que je dois faire alors qu'ils n'étaient plus adhérents de l'UDF depuis fort longtemps, cela m'agace.

Si Morin veut devenir le chef de l'UDF, il doit réadhérer, et ses copains du Nouveau Centre. Bon, évidemment, cela ne va pas être facile : il en a été exclu en 2007 ; toutefois, après deux années, je subodore qu'on doit pouvoir passer l'éponge...

En tout cas, au final, quoi que devienne l'UDF, il est hors de question de ne pas consulter les adhérents au préalable...Tous ceux qui veulent donc récupérer le sigle UDF  sont loin d'être au bout de leurs peines.

23:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : udf, modem, bayrou, morin, giscard, charette |  Facebook | | |

jeudi, 10 décembre 2009

UDF versus MoDem

Laurent de Boissieu a écrit, il y a quelques jours, un billet pour examiner l'évolution programmatique du MoDem, autrefois UDF. J'avais fait moi-même quelques observations il y a quelques jours. Si je salue tout à fait le travail extraordinaire réalisé par les commissions (et je dois être honnête, je ne pensais pas qu'elles seraient capables de produire un programme, et je fais donc un mea culpa), il n'en reste pas moins que plus d'un aspect du nouveau programme me chiffonne. François Bayrou, Marielle, Alain Dolium, ont beau clamer leur appartenance au Centre, ce programme n'est pas un programme centriste, désolé.

Il y a des retraits par rapport au programme de l'UDF de 2007 qui me dérangent à plus d'un égard. Le programme du MoDem ne jure plus que par le régulation. A vrai dire, la régulation, qui est dans toutes les bouches, elle me sort par les trous de yeux, pour tout dire, et le dire brutalement. Moi, je ne demande pas aux États de réguler, mais de s'assurer de l'équité des procédures. Ainsi, le programme du MoDem, s'il salue la dimension créative de l'entrepreneur, le réduit en même temps à une dimension philosophique sinon sociale, et son entreprise avec. Finalement, la manière de dire les choses, les mots ont un sens, est plus que tout révélatrice du fil conducteur d'un programme. J'aurais préféré que l'on écrive dans notre programme que le MoDem souhaitait et voulait que chaque individu puisse entreprendre sans devoir affronter des ententes illicites (oligopoles, collusions entre l'État et certaines entreprises). J'aime mieux l'État protecteur des libertés économiques que le chasseur de koulaks déterminé à taxer jusqu'à la moëlle et à poursuivre ces râclures de banquiers capitalistes...

A côté de cela, il y avait dans le programme de Bayrou quelque chose qui me plaisait, en 2007  : une référence explicite au mérite à et à l'excellence. L'UDF faisait alors valoir clairement qu'elle tenait à ce que figure dans tous les établissements scolaires de France une voie de l'excellence au même titre que celle de la remédiation. Il n'en reste plus rien dans le programme éducatif du MoDem. On y évoque vaguement des parcours diversifiés au collège, et c'est tout. En somme, tout ce qui renvoie à la responsabilité et au mérite personnel a disparu.

J'ose espérer que le programme du MoDem n'est pas un programme fermé et qu'il aura la possibilité de s'amender d'ici les présidentielles de 2012. Pour ma part, je n'ai pas rejoint un jour l'UDF pour finir dans un PRG bis. Des proches de François Bayrou lui enjoignent de prendre garde à ce centre-droit, qui existe et qu'il néglige. Il y a des voix, au sein du MoDem, pour défendre un libéralisme modéré, comme celles de Gilles Artigues ou Sylvie Goulard.

Le projet du MoDem annonce en introduction haut et fort sa méthode : le réformisme. Je suis désolé, mais le réformisme, c'est une référence de gauche politiquement. Or, finalement, le projet du MoDem, c'est finalement un honnête projet social-démocrate plus ou moins édulcoré pour lui donner une tonalité centriste. En règle générale, je m'intéresse aux réformistes, et j'ai une certaine proximité avec, mais ce n'est pas mon courant politique. Je suis un peu plus proche des sociaux-libéraux, bien que plus à droite. Je pense, d'ailleurs, que le programme du MoDem peut convenir sans difficulté aux sociaux-libéraux, et on retrouve un grand nombre d'idées de ce courant politique dans le programme du MoDem. Mais, à certains égards, je me demande si l'on peut encore compter les sociaux-libéraux au sein de la famille libérale.

In fine, il n'y a désormais, en France, plus aucun parti qui défende un tant soi peu l'idéal libéral. L'UDF aura été le dernier, le MoDem lui tourne définitivement le dos.

 

Frêche, le Diable du Languedoc

C'est assez frappant de voir le landernau électronique et médiatique hurler au loup avec un bel ensemble contre Georges Frêche. On les entend de Paris, les vertueuses voix indignées de ceux qui se bouchent d'ores et déjà le nez avec une paire de pinces à linge.

On a fait et on fait encore grief à Frêche d'avoir insulté en termes violents une délégation de harkis en la qualifiant de sous-hommes. Or, dans cette frasque, fâcheuse il est vrai, de Frêche, il est très clair que les termes n'avaient aucune connotation raciale : Frêche était furieux contre ces harkis parce qu'ils avaient décidé de soutenir le candidat UMP alors que lui-même jugeait avoir fait beaucoup pour cette communauté. Je ne donne pas raison à Frêche d'avoir beuglé comme un goret dans cette histoire, parce que j'estime que la politique que l'on mène comme élu ne doit pas avoir de finalité clientéliste, mais en revanche, je suis à peu près sûr que son coup de gueule n'a strictement rien à voir avec le racisme. Il aurait pu dire cela à n'importe quelle délégation (ç'aurait pu être une délégation d'une corporation professionnelle, par exemple) qui lui aurait fait ce coup-là.

Sur la composition de l'équipe de France, son propos n'est pas fin, mais j'aimerais que l'on m'explique clairement où se trouve le racisme dans le fait de dire que la composition ethnique de l'équipe de France n'est pas représentative de la société française. Par ailleurs, le seul propos qui pourrait être relevé allant dans le sens d'une provocation "raciste" (ce mot finit par m'énerver à force d'être galvaudé) ce serait sa conclusion, «les blancs sont nuls». Bref, encore une accusation ridicule. Après, que ce soit un propos à l'emporte-pièce, c'est incontestable, mais je crois que c'est l'une des caractéristiques du bonhomme...

Il y a un billet intéressant, écrit par Hervé Torchet, qui reprend ces deux saillies du Diable du Languedoc... L'individu vient apparemment de se signaler par une nouvelle polémique sur les prisonniers de guerre. Je n'ai pas tout le contexte et donc je ne me prononcerai pas, mais, pour ce qui est incriminé, je ne vois pas où se trouve l'apologie des crimes de guerre (il aurait laissé entendre que les prisonniers de guerre des Allemands, lors de la seconde guerre mondiale, fricotaient avec les gretchen pendant que les maris se battaient sur le front russe).

En tout cas, plus la classe médiatico-politique pousse des cris d'orfraie, plus elle va renforcer sa popularité, ça c'est sûr. Bayrou a dit de lui que c'était une grande gueule, mais qu'il l'aimait bien. Je crois que cela résume en effet bien le personnage, d'autant que ce qu'il a fait à Montpellier n'est pas rien. C'est un homme de culture.

Je ne valide bien évidemment pas sa politique si son fonctionnement, mais quelques unes de ses tirades les plus fameuses me font bien rire :

«Les cons sont majoritaires, et moi, j'ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les "engraner"»

« … n’est-ce pas le B-A-BA de la politique ? Deux ans d’impopularité, deux ans de calme, deux ans favorables avec des fleurs et des petits oiseaux, et vous êtes réélu : tout cela est d’une facilité déconcertante

Bon, un homme comme celui-là est sûrement casse-pied et mérite une opposition sans merci, mais ne peut pas être fondamentalement mauvais :-) Je préfère de loin ce type d'individus aux technocrates et  idéologues prétentieux et insupportables dont la principale activité est de donner des leçons de morale au tout au venant...

Je crois avoir trouvé un bon surnom en l'appelant le Diable du Languedoc, mon Frêche...

10:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : frêche |  Facebook | | |

mardi, 08 décembre 2009

Identité nationale et identité de l'UDF

Le Figaro est tout de même gonflé, en ces temps de débats sur l'identité nationale. Tiens, l'un des principes les plus avérés du droit français c'est que chaque individu, chaque personne morale n'a qu'une identité et une seule. Et l'usurpation d'identité est punie par la loi. Il me fait rire, de Charette, à donner des droits qu'il ne possède pas, et le Figaro à titrer des informations fallacieuses.

C'est bien gentil, au Nouveau Centre, de vouloir reprendre le nom de l'UDF, mais le problème, c'est que l'UDF existe toujours !!! C'est même la composante principale du MoDem ! Est-ce que moi je vais demander à Monsieur de Charette si je peux m'appeler Hervé Morin ou François Sauvadet ? Bref, pendant qu'on blablate sur la notion d'identité nationale, le Nouveau Centre ferait bien d'en revenir aux fondamentaux du droit en la matière...

Pourquoi le Nouveau Centre ne défie-t-il pas l'UMP ?

Je ne comprends pas le Nouveau Centre. Hervé Morin est venu voir Nicolas Sarkozy, il y a peu, avec un sondage secret, montrant que si le Nouveau Centre présentait dans plusieurs régions des députés de son groupe, généralement connus, il pouvait y obtenir entre 9 et 12% des suffrages. Pourquoi choisit-il, dans ces conditions, de ne pas affronter l'épreuve du suffrage universel tout seul ? Même si Sarkozy hurle et crie à la trahison, que l'UMP s'étrangle, le Nouveau Centre aurait bien plus de poids dans la majorité s'il montre qu'il peut peser près de 10% lors d'une élection. Avec 10%, il serait en position de faire valoir ses convictions et son projet dans l'actuelle majorité, et ce serait, bien évidemment, bien mieux pour le centre en France. La stratégie d'Hervé Morin permet peut-être d'avoir des élus, mais elle est suicidaire pour son parti. Avec les régionales, c'était l'une des dernières opportunités pour le Nouveau Centre d'exister. Et même si le résultat final avoisinait plutôt 5-6% que 9-10%, ce n'est pas rien. Surtout par ces temps difficiles où l'UMP n'a plus de réserves de voix.

Je suis un militant MoDem, et on pourra me dire que cela ne me regarde pas, mais je pense qu'une proportion non négligeable d'électeurs, de sympathisants et même de militants du MoDem est susceptible d'appuyer le Nouveau Centre dans certaines élections, à condition qu'il existe...

09:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : nouveau centre |  Facebook | | |

lundi, 07 décembre 2009

Le libéralisme face à la social-bourgeoisie

C'est marrant, aujourd'hui, en France, si vous voulez afficher un énorme chiffon rouge, brandissez l'étendard du libéralisme : vous êtes à peu près certains d'être chargé par une horde de bovidés enragés.

C'est qu'en effet, l'on accuse le libéralisme de tous les maux. Curieux. Moi, je ne vois pas de libéralisme nulle part, mais au contraire, une mainmise grandissante des États sur la vie économique, les libertés et les existences de chaque individu.

A travers la fiscalité, les États démocratiques nous taxent jusqu'à la moëlle, tandis que les régimes autoritaires limitent autant qu'ils le peuvent les libertés individuelles. Pour la fiscalité, vu l'endettement record des États, ils n'ont pas fini de nous taxer : ils devront rembourser tôt ou tard, et, à ce moment-là, ils chercheront de l'argent partout où ils pourront en trouver. Et je n'évoque pas non plus les libertés publiques qui en prennent un coup, depuis quelques temps, dans nos états démocratiques, à commencer par la France...

Je crois que le pire des maux qui assaillent notre civilisation démocratique, c'est le copinage généralisé au plus haut sommet des états mais aussi des très grandes entreprises. A coups d'entente et d'accords privilégiés, ces réseaux anéantissent petit à petit les libertés, à commencer par les libertés économiques ! Cette nouvelle forme de pouvoir n'a été analysée que par peu d'individus : par Jean François Kahn, d'abord, qui a le grand mérite de comprendre qu'il ne s'agit pas là du libéralisme que l'on dénonce habituellement, mais aussi par certains blogueurs libéraux particulièrement incisifs. Je renvoie ainsi à l'excellente définition de la social-bourgeoisie par Vincent Bénard sur son blog, objectif liberté :

Pourquoi "Social Bourgeoisie" ? , car cette doctrine politique est très interventionniste, elle est donc apparentée au socialisme. Cette forme particulière d'interventionnisme public très fort dans l'économie consiste à se montrer aussi dépensier que ne le seraient des socialistes purs et durs, et parfois plus que des socialistes réformateurs étrangers. "Bourgeoise", parce que les clientèles principales de ces interventions ne sont plus des familles modestes ou "ouvrières", comme aux débuts de l'essor du socialisme de masse, mais les milieux d'affaires les mieux connectés au pouvoir, c'est à dire les grandes entreprises, et surtout les banques et compagnies d'assurances, alliées indispensables des états qui creusent chaque année un peu plus le trou de leur dette publique. Ceci, afin, nous dit-on, de "favoriser l'économie et l'emploi".

Vincent Bénard achève avec intelligence son analyse, observant que des interventions sectorielles d'un état sont aux antipodes des thèses libérales traditionnelles, d'une part, et qu'ensuite, si on les confond avec le libéralisme, c'est qu'elles se font souvent au détriment d'acquis sociaux et syndicaux, en faveur de la très petite minorité de très grandes entreprises et de grandes banques qui en bénéficient. Il y a, en fait, des interventions incessantes des états depuis de nombreuses années, à commencer par les USA, mais elles se font en faveur de quelques acteurs et au détriment des autres.

Pour ma part, je le dis et je le redis : le coeur du libéralisme, dans le domaine économique, c'est la concurrence libre et non faussée. Ce libéralisme économique doit s'appuyer sur un libéralisme politique : pas de concurrence libre et non faussée sans transparence, pas de transparence sans libertés publiques (dont la liberté de commercer, d'acheter ou de consommer sans devoir faire face à des entendesz illégales appuyées par des états, par exemple).

Voilà pourquoi les libéraux ne peuvent absolument pas se reconnaître dans le nouvel ordre mondial, et encore moins dans le bonapartisme de Nicolas Sarkozy. Non au capitalisme de connivence, car il détruit petit à petit tous les acquis que le capitalisme avait pu amener grâce à l'incroyable accumulation de richesses qu'il avait permis !

L'état, au lieu d'intervenir à tout va, ferait bien de s'occuper de remplir convenablement sa première fonction : contrôler l'équité des échanges, de l'information, assurer le transparence, prévoir des lois qui permettent aux petits entrepreneurs et aux consommateurs de se défendre. Récemment, les class actions n'ont pas été retenues dans la Loi de Modernisation de l'économie. Pourquoi, parce que cela gênait les plus grosses entreprises. Il y a donc bien eu collusion entre l'état et ses copains...En définitive, c'est une élite qui truste toutes les places du pouvoir et empêche toute saine émulation grâce à ces réseaux. C'est aussi ce que dénonce, je le crois, François Bayrou dans son Abus de pouvoir, et c'est à cela qu'il faut mettre fin si l'on veut retrouver, au moins en France, aux blocages de toute sorte à tous les niveaux de l'économie et de l'état...

 

10:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : libéralisme |  Facebook | | |

dimanche, 06 décembre 2009

MoDem/Cap21, restons bons amis, SVP

Les accords entre Cap21 et Europe écologie se multiplient. Marc Vasseur annonce une nouvelle alliance, encore, en île de France, cette fois. Cela pose un problème, car Cap21 est censé être membre fondateur du MoDem. Je comprends le fort désir de nombre de membres de Cap21 de revenir à la source écologique, surtout si l'on considère qu'Europe écologie est un label plus ouvert que les Verts. Je leur conseille toutefois de ne pas s'y tromper : ils s'exposeront à mon avis à des désillusions, car sur le fond, ce sont les Verts qui contrôlent (et utilisent à leur profit !) le label Europe écologie et pas l'inverse.

Ce qui me paraîtrait sain, c'est que Cap21 se sépare du MoDem pour former à nouveau un parti politique autonome. Ceci n'empêcherait ensuite pas des accords de parti à parti, localement, mais au moins, cela aurait le mérite d'être clair.

16:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (75) | Tags : modem, cap21 |  Facebook | | |