Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Europe - Page 10

  • Durable l'agriculture ? Ok, mais pour tout le monde, alors !

    Il y a quelque chose qui me frappe, dans notre beau continent, l'Europe. On fait tous les jours des lois pour établir des normes. On se préoccupe de plus en plus de ce qu'il est convenu d'appeler le développement durable. Or, dans le temps même où l'on exige de notre propre agriculture le respect de normes environnementales de plus en plus complexes, on trouve pas moins de sept pays européens prêts à signer des accords sans aucune condition préalable avec le Mercosur.

    Marielle de Sarnez (qui a intégré la Commission du Commerce international pour sa seconde mandature) s'en est indignée. L'euro-députée MoDem observe que cet accord inégal va fragiliser notre propre agriculture :

    Deuxièmement sur la question du Mercosur, j'ai une très grande inquiétude pour l'agriculture européenne et notamment pour l'élevage européen qui ne se porte pas bien. Ces accords vont accroître les importations de viande bovine de 70 pour cent et les importations de volaille de 25 pour cent. Ces importations vont déferler sur l'Europe à des coûts moindres puisque les productions ne respectent pas ni les normes sociales, ni les normes environnementales que nous nous imposons à nous-mêmes. Ce n'est pas une question de protectionnisme mais il faut qu'on regarde les choses de façon intelligentes. On ne pourra pas continuer longtemps à mener une politique commerciale sans regarder ce qu'il y a autour en matière sociale , en matière environnementale et en matière de création et de destruction d'emplois dans l'Union européenne. C'est la responsabilité du Parlement européen de se préoccuper de cette question.

    ça va être dur. Bruno Le Maire, le ministre de l'agriculture français n'a pas failli à sa tâche et fait valoir les mêmes arguments que Marielle de Sarnez.

    C'est toujours compliqué de négocier. Barroso escompte faire des concessions sur l'agriculture à condition que le Mercosur en fasse sur les télécommunications. Ce n'est pas gagné pour lui. Actuellement, 15 des 27 pays de l'Union se sont finalement associés pour s'opposer à toute signature d'un accord.

    Je me demande parfois quelles relations les Socialistes français ont avec Zapatero et les Socialistes espagnols. Ce sont eux qui cherchent à relancer une signature d'accord, tout comme Barroso, qu'ils avaient soutenu...

  • Le Nutella, parlons-en...

    Je crois que je vais avoir un léger différend avec le faucon et Rubin...Primo, ça veut dire quoi ce "aussi" chez le Faucon ? L'Europe ne veut pas interdire le Nutella mais juste contraindre son fabricant à prévenir les usagers que cette saleté contient une palanquée d'huiles saturées et dégueulasses, à commencer par la fameuse huile de palme.

    Je trouve fort déplaisant de ne jamais être informé de ce que je mange quand je fais mes achats dans les magasins, ou, toujours écrit en tout petit avec des noms barbares pour que je n'y comprenne goutte. Tiens, par exemple, le tocophérol...J'ai mis du temps à comprendre que c'était de la vitamine E, mais qu'on l'utilisait en fait surtout pour éviter aux aliments de rancir... Certaines huiles en contiennent énormément à commencer par l'huile de palme (si elle est bio et non raffinée) et l'huile de tournesol.

    Eh bien Nutella se contente d'informer que des huiles végétales rentrent dans la composition de sa pâte, mais se garde bien de préciser qu'il s'agit d'huile de palme. Et pas de la bio... Et cette saleté contient profusion d'acides gras, néfastes pour la santé.

    Une des petites mains de wikipedia assure avoir envoyé un courrier à Nutella pour savoir si les huiles que la société (Ferrero) utilisaient étaient hydrogénées ou non (encore plus désastreux pour la santé). Le service clientèle a répondu par la négative. La réponse figure également chez Doctissimo .

    Trop d'huile de palme, et...trop de sucre, pour l'Europe. Aux alentours de 55% pour le sucre, et 18% environ pour l'huile de palme.

    Comparativement, j'ai trouvé une pâte à tartiner équivalente (plus fluide, toutefois) chez Monoprix et biologique (certifiée AB). 48% de sucre de canne et de l'huile de tournesol.

    Par ailleurs, l'usage massif d'huile de palme contribue fortement à la déforestation.

    D'ailleurs, il y en a qui ont tout compris : plutôt que de la bouffer, ils préfèrent encore le balancer sur les flics, le nutella...

    De manière générale, j'aime bien savoir ce que j'achète exactement. J'accueille donc favorablement toutes les mesures qui contraindront les fabricants à m'informer.

    Bon je citais la pâte de Monoprix, mais je ne les dédouane pas non plus ceux-là. Par exemple, quand ils proposent pour un paquet de chips l'intitulé "chips à l'ancienne", et que je constate que l'huile utilisée est de l'huile de palme, clairement, ils se foutent de ma g... bien sûr, ma grand-mère utilisait de l'huile de palme pour préparer des chips. Et puis quoi encore...

    Bref, il faut taper fort. Très fort, même, sur ces chimistes fous qui nous truffent tout ce que l'on achète de substances qui feraient passer un poly amphétaminé pour un gentil jardinier bio.

    Alors aller râler contre l'Europe, pour l'un, un tantinet par anti-européanisme gaulliste, et pour l'autre, au nom de la sacro-sainte liberté, je crois qu'il y a maldonne et fausse route, là.

     

     

  • L'inconvénient du capital-risque, c'est le risque...

    Très intéressant, le débat actuel au Parlement européen sur les hedges funds. Les négociations sont à l'arrêt, d'ailleurs. Ce débat met à mon avis le doigt sur nos contradictions. Les hedges funds ont mauvaise presse, en France et plus généralement en Europe. On sait que ce sont des capitaux très mouvants, susceptibles de de se désengager très rapidement, sont gourmands en rendements et effarouchés aisément. L'Europe qui s'en défie, veut donc légiférer pour tenter de limiter leur participation lors des OPA (offre publique d'achat).

    Ce qui est paradoxal, c'est que dans le même temps, nous faisons, en France, tout un battage pour tenter d'attirer le capital-risque...

    Or, le capital-risque constitue justement lui-même un risque. Difficile de préparer une omelette sans casser des oeufs.

    En Amérique, où l'on prise les investissements de cette nature, on crie au crime et au protectionnisme, évidemment, devant les velléités d'encadrement de ces fonds des Européens. Michel Barnier, commissaire européen est aux premières loges. Il faut dire que ça va chauffer (pas trop fort, mais un peu quand même...) car  la directive européenne prévoit que les sociétés de capital-risque obtiennent désormais un agrément pour pouvoir opérer sur les marchés européens...

    Afin de pouvoir opérer dans l’Union européenne, tous les gestionnaires seront tenus d’obtenir l’agrément de l’autorité compétente de leur État membre d’origine. Tous les gestionnaires opérant sur le sol européen seront tenus de démontrer qu’ils possèdent les qualifications appropriées pour offrir des services de gestion de fonds alternatifs et devront fournir des informations détaillées sur l’activité envisagée, l’identité et les caractéristiques des fonds alternatifs gérés, leur gouvernance (y compris les modalités de délégation de services de gestion), les dispositions pour l’évaluation et la garde des actifs et les systèmes de soumission d’informations obligatoires, le cas échéant. Les gestionnaires devront aussi détenir et conserver un certain niveau de fonds propres.

    Pour garantir que les risques associés à l’activité de gestionnaire sont gérés efficacement sur une base permanente, les gestionnaires seront tenus de prouver à l’autorité compétente qu’ils possèdent des mécanismes internes solides en ce qui concerne la de gestion des risques, en particulier les risques de liquidité et les risques opérationnels et de contrepartie supplémentaires liés à la vente à découvert; la gestion et la divulgation des conflits d’intérêts; la juste évaluation des actifs; et la sécurité des arrangements en matière de dépôt et de garde.

    La directive proposée prévoit un niveau minimal de service et de fourniture d’informations initiales et régulières aux investisseurs (professionnels), pour les aider à faire preuve de la diligence nécessaire et assurer un niveau approprié de protection de l’investisseur. La directive proposée prévoit que les gestionnaires fournissent à leurs investisseurs une description claire de la politique d’investissement, incluant la description des types d’actifs et le recours au levier; la politique de remboursement dans des circonstances normales et exceptionnelles; les procédures d’évaluation, de dépôt, d’administration et de gestion des risques; enfin, les frais, charges et commissions associés à l’investissement.

    Une authentique déclaration de guerre, quoi...Et encore, ce ne sont que des morceaux choisis. Déclaration de guerre aux Britanniques : ce sont eux qui ruent dans les brancards. Ils ont proposé de laisser une seconde chance aux opérateurs qui n'auraient pas obtenu le sésame européen de pouvoir exercer leurs activités sur les marchés nationaux. Les Britanniques ne sont pas seuls sur cette position, mais je n'ai pas réussi à repérer quels autres pays s'étaient associés à leur démarche. Pas l'Allemagne et la France, ça, c'est sûr. Évidemment, côté américain, ça hurle encore plus...

    Barnier voulait donc trouver un compromis. C'est raté. Au moins pour l'instant, en tout cas...

    Étonnant que personne ne parle de cela en France. Et pourtant, l'impact et les conséquences de ces accords sont potentiellement énormes. Les hedges funds représentent un marché de 2000 milliards d'euros susceptibles d'être investis.

    Il faut espérer, si la directive passe, qu'ils plient. S'ils trouvent les moyens de se replier ailleurs, déjà qu'on peine à attirer des capitaux privés dans nos pôles de compétitivité...

     

  • Sarkozy, Berlusconi, la charogne et moi et moi et moi !

    C'est tout de même invraisemblable : les pays européens vivent des temps difficiles, les dettes des États explosent et leurs créances sont menacées. Pour une fois, l'Europe essaie de réagir collectivement, et devinez qui la ramène pour tenter de se mettre en valeur au lieu de saluer l'action collective européenne ? Sarko et Berlu. Les voilà qui se querellent pour déterminer qui a eu le plus de poids dans la conclusion de l'accord. Comment voulez-vous que cela n'agace pas tous les autres partenaires, même si j'imagine qu'ils en ont vu d'autres avec ces deux zozos-là...

    Au passage, même si je salue cet accord entre États, je déplore que le Parlement européen ait été, comme d'habitude, complètement squizzé.

    Ce qui me frappe dans toutes les crises qui frappent les marchés économiques et financiers, c'est qu'elles ont toutes été annoncées : crise immobilière, crise des États, à chaque fois, j'en ai entendu parler au moins deux années avant qu'elles se produisent. Nous ne sommes pas face à des phénomènes qui ont pris les sociétés par surprise.

    Par exemple, pour le présent accord, Trichet a tout de suite prévenu qu'il ne fera pas long feu si États européens ne prennent pas les mesures d'assainissement de leurs finances qui s'imposent.

    On peut bien dire "ouf !" et pousser un lâche soupir de soulagement, en réalité, ce n'est pas fini, loin de là. Partout on entend parler de lutte contre la spéculation, contre la finance mondialisée, contre les profiteurs de tout acabit, mais la réalité, c'est que notre priorité, c'est d'abord d'être crédibles et de faire face à nos responsabilités. J'ajouterais même que les marchés me semblent avoir été très patients avec les États endettés, depuis fort longtemps. Difficile de les accuser dans ces conditions. Après, on peut râler contre les fonds spéculatifs, mais il faut savoir que dans la nature, il existe des charognards, et que leur rôle est utile : ils ont une fonction de nettoyeurs en se nourrissant des cadavres avant qu'ils ne se décomposent. Nombres de prédateurs s'attaquent aux proies les plus faibles et les moins aptes à survivre, assurant ainsi au reste des troupeaux cible un effectif de qualité.

    Cette métaphore filée est une facilité, et en réalité, elle n'a qu'un temps, mais il faut bien comprendre que ce ne sont pas les vautours qui font la charogne, mais bien la charogne qui attire les vautours...

  • Un répit pour l'Europe et ses États

    La Banque Centrale Européenne et la Commission ont donc pris la décision de proposer au reste du monde une action européenne commune. Faisant fi des traités, des garanties pour un montant de 750 milliards d'euros ont été prises par les pays de l'Union Européenne afin de pouvoir court-circuiter d'éventuelles spéculations et venir en aide à des pays en difficulté.

    Il ne faut pas pour autant compter échapper à nos charges, sauf à prendre le risque d'un tour de passe-passe que nos créanciers n'apprécieraient guère (voir l'analyse de Démocratie Sans Frontières à ce sujet...). Non, en réalité, les États européens n'ont fait que gagner le répit nécessaire pour assainir leurs finances publiques. Nous n'échapperons donc pas à une politique de rigueur ; l'enjeu, désormais, c'est d'avoir encore la possibilité de choisir entre une politique de rigueur que nous maîtriserons et une politique de rigueur qui nous serait imposée. C'est ce qu'évaluait avec beaucoup de justesse le blog Humeurs de vaches, avant-hier. Il ne suffira pas d'une seule révision générale des politiques publiques, en France, faute de montants significatifs. Comme l'observe Céline Alléaume sur le blog Politicia, c'est désormais d'une réforme de l'État dont nous avons besoin, avec une questionnement sur ses missions fondamentales :

    «La Réforme de l'État, elle, est empêtrée dans les contradictions de la politique du Président. L'opinion publique ne la soutient plus, ne la comprend plus. Les déficits publics s'accumulent, l'endettement de la France atteint des niveaux vertigineux. Plus que jamais une bonne gestion publique, à commencer par une gouvernance irréprochable, est nécessaire. François Bayrou, dans son dernier ouvrage Abus de Pouvoir rappelait que « pour le citoyen, les réformes ne valent que si elles sont progrès […] » et que seules « la discussion et la définition du but à atteindre permettent une méthode de la réforme, qui donne enfin sa place aux intéressés, aux bosseurs de terrain ». La nécessité de la Réforme de l’État reste entière.»

  • Les conditions d'appartenance à l'Europe pourraient se durcir

    Intéressant édito que celui de Marielle de Sarnez dans sa dernière lettre aux Franciliens. Sans prendre parti, je le publie intégralement et le soumets à la réflexion des lecteurs. Ce qui est certain, c'est que le laxisme budgétaire commence à sérieusement énerver nos amis Allemands. D'un autre côté, il n'est pas non plus heureux d'annoncer inopportunément des mesures susceptibles de faire grimper les taux d'emprunt de la Grèce. Ce pays va avoir le plus grand mal à redresser ses finances sans graves troubles sociaux ; le devoir des pays européens, c'est d'essayer de lui créer l'environnement le plus favorable possible pour ses emprunts. Toutefois, il y a des choses, hélas douloureuses, que personne ne peut faire à la place des Grecs. Il leur faut envisager des réductions très drastiques et des coupes sombres dans leur budget. Il y aura des décisions très difficiles à prendre. J'espère que les Grecs parviendront à préserver l'essentiel. Le problème, avec notre Europe, c'est qu'il faut bien admettre qu'à un moment donné une discipline budgétaire est nécessaire, faute de quoi l'Europe cesse d'être crédible. Voilà donc l'édito :

    On peut dire :

    - que le comportement d'Angela Merkel depuis le début de la crise grecque, la première aussi grave affectant la zone euro, contraste singulièrement d'avec les attentes que laissaient espérer et l'histoire et la pratique de l'Allemagne en matière de politique européenne. Certes, la chancelière affronte le 9 mai une élection cruciale en Rhénanie-Westphalie, le land le plus peuplé du pays pouvant faire basculer la majorité au Bundesrat, et elle se doit de répondre à son électorat qui ne supporte plus l'idée préconçue selon laquelle « l'Allemagne paiera ». Mais, en désavouant publiquement son ministre des Finances, Wolfgang Schauble, qui s'opposait à l'intervention du FMI, et en allant même jusqu'à poser le débat de l'exclusion d'un État membre de la zone euro, Angela Merkel a surtout don-né l'impression de dilapider l'héritage européen d'Helmut Kohl.

    - que l'Allemagne est parvenue à imposer ses conditions, c'est-à-dire une intervention du FMI, contre l'avis publiquement affirmé (avant le Sommet des 25 et 26 Mars) du président de la BCE et du président de l'Eurogroupe. Jean-Claude Trichet et Jean-Claude Juncker qui se sont toutefois postérieurement rallié à cette solution. La Grèce a commencé à lever 5 milliards d'euros d'emprunts obligataires. Le taux qui lui est consenti, non seulement n'a pas baissé mais même augmenté à 7% ! Cet accord (qui n'aurait été activé que si la Grèce n'avait pu lever d'argent sur le marché) n'a donc que moyennement rassuré les investisseurs : ils prêtent, mais le différentiel de taux d'intérêt (spread) grignote les efforts très lourds consentis par les Grecs pour réduire leur déficit. Autrement dit, l'austérité imposée ne sert pas entièrement à rétablir l'économie mais à payer pour partie des pénalités d'intérêt que la Grèce n'aurait pas à payer si l'Allemagne avait accepté le système de garantie proposé par Guy Verhofstadt, qui aurait permis d'émettre des euro-obligations à un meilleur taux.

    - qu'Angela Merkel assorti ce plan déjà très restrictif d'une condition de long terme : le durcissement du pacte de stabilité. Le Conseil européen a ainsi appelé à un renforcement de la gouvernance et de la surveillance économique, y compris des sanctions. Celles-ci ne sont pas précisées, mais chacun garde en tête les menaces d'exclusion de certains pays de la zone euro.

    - que la question de la création d'un Fonds monétaire européen est également posée. Herman Van Rompuy devant remettre un rapport d'ici la fin de l'année, qui examinera « toutes les options juridiques possibles ». En filigrane, c'est peut-être la réouverture des traités qui s'annonce.

  • Accord Corée-UE, quid de l'industrie européenne ?

    En sa qualité de membre de la commission du Commerce International du Parlement européen, Marielle de Sarnez est intervenue lors de l'échange de vues sur la proposition prévoyant les modalités d'application de la clause de sauvegarde telle que définie dans le cadre de l'accord de libre-échange UE-Corée.

    Le texte prévoit que seuls un État ou la Commission peut décider d'enclencher une demande de mise en action de cette clause. Quand la clause est activée, le produit concerné peut se voir taxé avec des droits de douane. L’accord comprend une clause de sauvegarde bilatérale qui prévoit la possibilité de rétablir le taux NPF lorsque, en raison de la libéralisation des échanges, des marchandises sont importées dans des quantités tellement accrues, en termes absolus ou par rapport à la production intérieure, et à des conditions telles qu’elles causent ou menacent de causer un préjudice grave au secteur industriel de l’Union produisant des marchandises similaires ou directement concurrentes. Pour que ces mesures soient opérationnelles, une telle clause de sauvegarde doit être intégrée au droit de l’Union européenne, d’autant plus qu’il convient de préciser les aspects procéduraux de l’institution de mesures de sauvegarde ainsi que les droits des parties intéressées, tels que le droit de la défense.

    J'avais bien noté que Marielle avait intégré le groupe de travail de l'ADLE sur le Commerce International. Un certain nombre de problèmes n'ont pas échappé à sa sagacité, et elle a donc posé, en compagnie d'autres députés, particulièrement de l'ADLE, les questions qui dérangent...

    L'Union européenne a paraphé l'accord de libre-échange Union européenne - Corée du Sud, qui aura des conséquences pour diverses industries. La Commission pourrait-elle dire quelles économies sont prévues pour nos exportateurs du fait de la réduction ou de l'élimination des droits de douane?

    La Commission a-t-elle procédé à une évaluation d'impact concernant les conséquences du régime de ristourne de droits pour les différents secteurs, en particulier l'industrie automobile, qui seront concernés?

    Quand la Commission compte-t-elle donner aux députés au Parlement européen un premier aperçu des résultats de cette évaluation d'impact?

    L'accord de libre-échange fait état d'une clause de sauvegarde générale, en cas d'augmentation des importations originaires de la Corée du Sud. La Commission pourrait-elle expliquer comment cette clause sera activée?

    L'accord prévoit un mécanisme de règlement des différends. Quels principes et quelles règles ont-ils été convenus et dans quels délais ce mécanisme sera-t-il mis en place? Des dispositions spécifiques sont-elles prévues pour le règlement des différends entre investisseurs et États?

    Les règles concernant les ristournes de droits contiennent une clause de sauvegarde qui permet leur suspension sur la base de certains critères. Comment la Commission entend-elle recueillir les données nécessaires pour faire éventuellement jouer cette clause?

    Comment la Commission entend-elle démontrer une augmentation de 10% des biens importés sur le marché sud-coréen?

    La Commission peut-elle expliquer ce que seront les implications du protocole sur la coopération culturelle et quelles seront ses conséquences pour le secteur culturel européen?

    Peut-elle également donner des explications concernant les dispositions relatives aux règles d'origine et aux prix d'entrée ainsi que leurs conséquences?

    La Commission envisage-t-elle de proposer au Conseil l'application provisoire de l'accord avant son entrée en vigueur officielle?

    Comment envisage-t-elle d'associer le Parlement à cet égard?

    La Commission proposerait-elle l'application provisoire de l'accord avant même l'entrée en vigueur du règlement relatif aux clauses de sauvegarde?

    La Commission peut-elle expliquer de quelle manière il est tenu compte de l'acquis communautaire dans le chapitre relatif à la propriété intellectuelle?

    La Commission peut-elle décrire les conséquences pour l'emploi dans les différents secteurs concernés par l'accord?

    La Commission envisage-t-elle l'application de mesures et de politique de rééquilibrage pour les secteurs qui sont le plus touchés par l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud?

    Dans l'affirmative, sous quelle forme seraient-elles mises en oeuvre?

    Quelles sauvegardes l'accord de libre-échange contient-il concernant les droits environnementaux et syndicaux?


    Marielle de Sarnez a conclu ainsi

    « il faut analyser cet accord majeur au regard du Traité de Lisbonne mais il faut davantage encore l'analyser au regard de la crise économique que nous vivons en Europe Nous vivons une destruction d'emplois, nous vivons une remise en cause de nos propres industries sur nos propres territoires {...}. Je demande que ce soit aussi à l'aune de la situation économique qui n'est pas bonne et des perspectives de situation économiques qui ne sont vraiment pas bonnes que nous puissions analyser profondément cet accord.»

  • Demander à Corinne Lepage de démissionner de son mandat est une erreur, mais...

    Je pense que c'est une erreur de demander à Corinne Lepage de démissionner de son mandat européen. S'il est vrai qu'elle a été élue en partie grâce aux voix des électeurs MoDem, un parti n'est pas non plus propriétaire d'un vote. En revanche, elle s'honorerait en demeurant dans le groupe ADLE, de la même manière que Benhamias est resté dans le groupe des Verts européens jusqu'à ce qu'il soit réélu sous l'étiquette MoDem/ADLE en juin dernier. Cela dit, je peux comprendre la colère du sénateur démocrate Jean-Marie Vanlerenberghe, de la région Nord-Ouest, qui peut être fondé à l'avoir un peu mauvaise.

    Nous avons la manie de l'invective au MoDem, quand quelqu'un part ; j'aimerais qu'on en finisse avec cette très mauvaise habitude. Évidemment, ce n'est pas très fair-play de partir après avoir été élue sous nos couleurs, moins d'une année auparavant, mais au pire, cela passera par pertes et profits.

    Ni Marielle ni Bayrou n'ont d'ailleurs demandé quoi que ce soit sur le sujet. Ils sont, je le pense, bien trop occupés à penser à l'avenir. Corinne Lepage aurait tout de même pu au moins attendre le second tour des régionales. A vrai dire, le MoDem, de son côté, aurait été inspiré d'attendre également l'issue du second tour avant de la convoquer en CCC...

    J'espère également que tous ceux qui ont fait profession de cracher sur le MoDem depuis des mois et des mois vont enfin pouvoir s'investir positivement en participant au projet écolo-démocrate de Corinne Lepage. Qui sait si dans l'avenir nous ne nous retrouverons pas à nouveau pour porter un espoir commun ?

    In fine, je rejoins la réaction mesurée de Frédéric :

    Je crois encore et toujours qu'un avenir meilleur pour notre pays passe par un grand mouvement collectif, majoritaire, démocrate. Comme avant mon adhésion (à l'UDF), les querelles nombrilistes des partis qui, en France, ont en partage l'inspiration démocrate, me désolent. J'espère l'étincelle qui les soudera peut-être, et qui au moins mettra ces politiques sur la route d'un emploi durable : celui de bâtisseurs de l'espérance démocratique.

  • L'Europe doit protéger la Grèce, nous aussi !

    Je ne vais pas écrire un billet long, parce que Quatremer a écrit dix fois mieux que moi ce que j'aurais voulu dire. Des gros cons espère déboulonner l'euro et s'amusent à alimenter les rumeurs les plus folles sur la Grèce afin de lui imposer des taux d'emprunt délirants, supérieurs à ceux que l'on consent généralement aux économies les plus instables de la planète.

    Les Européens doivent faire comprendre aux gros connards que ce n'est pas eux les chefs. Mieux, avec une bonne réaction bien coordonnée, ils doivent faire en sorte de leur faire perdre le plus de fric possible. Je suis à cet égard en complet désaccord avec le raisonnement d'Aurélien Véron.  Une nuance, toutefois, par rapport aux remarques de Quatremer : voilà aussi ce qu'il se produit quand un État joue aux apprentis sorciers avec ses finances publiques depuis trop longtemps. Les gros connards attaquent peut-être la Grèce, mais la Grèce leur a largement prêté le flanc...

    La France n'est pas à l'abri d'un mouvement de panique sur les marchés financiers. Cela fait un moment que la crise des dettes des États est annoncée, et qu'il aurait fallu y parer. On attend toujours des propositions de Sarkozy...

  • Grèce, le dilemme de l'Europe

    S'il y a bien un pays dans lequel, à mon avis, l'Europe n'est pas pensable, c'est bien la Grèce. Or, la Grèce risque de provoquer de sacrés cas de conscience à Bruxelles : la Grèce a pu adhérer à l'euro en truandant plus que largement les chiffres de son économie. J'avais publié une note, il y a un an d'une des mes lectrices, Fotini, qui connaît d'autant mieux la situation qu'elle est elle-même grecque. Elle y dressait un état des lieux assez dramatique de la Grèce. La Grèce vient de voir sa note dégradée de A- à BB+ pour ses emprunts sur les marchés financiers par l'agence Standard and Poor's. La Grèce reconnaît un déficit budgétaire monstrueux (12.7% mais il pourrait être plus important). Elle avance à grand pas vers une dette publique de l'ordre de 120% du PIB, et rien ou presque, dans les mesures actuelles ne laisse penser que les choses puissent s'arranger. La Grèce va devoir contenir ses déficits publics en pleine explosion sociale : un pari difficile dans ce pays gangrené par la corruption et les réseaux.

    Le problème, c'est que la Grèce va devoir amener l'Europe à prendre position : que doit faire l'Europe vis-à-vis des pays qui ne respectent pas le pacte de stabilité et n'engagent pas les réductions budgétaires nécessaires à la cohésion de la monnaie européenne ? Sanctionner la Grèce par une amende pour déficit excessif va aggraver les problèmes de la Grèce. En même temps, la Grèce est victime sa corruption et de son imprudence avant toutes choses. La Grèce est dominée par deux partis, le Pasok et la Néa Démocratia, qui trustent tous les pouvoirs. Il n'y a pas de Bayrou grec, et pas de parti centriste et/ou libéral en Grèce pour pouvoir brandir la dette comme un étendard. Voilà une affaire qui va retomber sur le dos de l'Europe alors que la Grèce bénéficie plus que largement des fonds structurels européens.

    La Grèce ne fera pas l'économie d'un grand nettoyage : administration corrompue, agitation gauchiste rémanente, népotisme aux plus hauts sommets du pouvoir, chômage massif des jeunes, recours massifs au crédit pour consommer, tous les ingrédients d'une explosion sociale et économique sont en place. Le pire, mais pas totalement à exclure, serait une sortie de la Grèce de l'Europe si jamais des éléments radicaux parvenaient à déstabiliser suffisamment le pays pour le rendre ingouvernable. Toutefois, je ne crois pas que l'Europe puisse de permettre de laisser ce pays plongé dans le chaos. Il faut donc en appeler à la responsabilité de la classe politique grecque, en espérant que de nouvelles têtes émergent...