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dimanche, 27 juin 2010

Durable l'agriculture ? Ok, mais pour tout le monde, alors !

Il y a quelque chose qui me frappe, dans notre beau continent, l'Europe. On fait tous les jours des lois pour établir des normes. On se préoccupe de plus en plus de ce qu'il est convenu d'appeler le développement durable. Or, dans le temps même où l'on exige de notre propre agriculture le respect de normes environnementales de plus en plus complexes, on trouve pas moins de sept pays européens prêts à signer des accords sans aucune condition préalable avec le Mercosur.

Marielle de Sarnez (qui a intégré la Commission du Commerce international pour sa seconde mandature) s'en est indignée. L'euro-députée MoDem observe que cet accord inégal va fragiliser notre propre agriculture :

Deuxièmement sur la question du Mercosur, j'ai une très grande inquiétude pour l'agriculture européenne et notamment pour l'élevage européen qui ne se porte pas bien. Ces accords vont accroître les importations de viande bovine de 70 pour cent et les importations de volaille de 25 pour cent. Ces importations vont déferler sur l'Europe à des coûts moindres puisque les productions ne respectent pas ni les normes sociales, ni les normes environnementales que nous nous imposons à nous-mêmes. Ce n'est pas une question de protectionnisme mais il faut qu'on regarde les choses de façon intelligentes. On ne pourra pas continuer longtemps à mener une politique commerciale sans regarder ce qu'il y a autour en matière sociale , en matière environnementale et en matière de création et de destruction d'emplois dans l'Union européenne. C'est la responsabilité du Parlement européen de se préoccuper de cette question.

ça va être dur. Bruno Le Maire, le ministre de l'agriculture français n'a pas failli à sa tâche et fait valoir les mêmes arguments que Marielle de Sarnez.

C'est toujours compliqué de négocier. Barroso escompte faire des concessions sur l'agriculture à condition que le Mercosur en fasse sur les télécommunications. Ce n'est pas gagné pour lui. Actuellement, 15 des 27 pays de l'Union se sont finalement associés pour s'opposer à toute signature d'un accord.

Je me demande parfois quelles relations les Socialistes français ont avec Zapatero et les Socialistes espagnols. Ce sont eux qui cherchent à relancer une signature d'accord, tout comme Barroso, qu'ils avaient soutenu...

Commentaires

Marielle de Sarnez a bien fait de s'en indigner, il est hors de question de fragiliser encore plus notre propre agriculture !

Écrit par : Motercalo | dimanche, 27 juin 2010

Au-delà des questions liées au protectionnisme, et ne serait-ce que pour l'environnement, mais pas seulement, on peut se demander à quoi cela sert d'importer du bout du monde des produits que l'on trouve sur place facilement. Importer des litchis et des mangues je peux comprendre, des tomates et du poulet, j'ai un peu plus de mal.

Écrit par : archenemy | lundi, 28 juin 2010

Bonjour,

TOUT ce que pensent les socialistes français sur l'agriculture sur ce lien :

http://agriculture.parti-socialiste.fr/2010/06/04/pour-une-revolution-agricole-et-alimentaire/

Vous y retrouverez aussi une vision protectrice, mais pas protectionniste...

A faire circuler

A+

Écrit par : Jean | lundi, 28 juin 2010

Bonjour,

TOUT ce que pensent les socialistes français sur l'agriculture sur ce lien :

http://agriculture.parti-socialiste.fr/2010/06/04/pour-une-revolution-agricole-et-alimentaire/

Vous y retrouverez aussi une vision protectrice, mais pas protectionniste...

A faire circuler

A+

Écrit par : Jean | lundi, 28 juin 2010

@Jean
Bon, moi aussi, je tends à penser qu'il faut protéger l'agriculture un peu partout, mais cela a un coût. Quand le PS parle de solidarité nationale, je subodore fortement qu'il prévoit des subventions importantes pour financer la production locale.

Il faudra bien poser tôt ou tard la question de ce que les Français, les Européens, et même d'autres pays dans le monde, sont prêts chacun à payer pour protéger leur production locale.
Il est clair que pour les pays du sud, la réforme agraire est une nécessité préalable à tout décollage économique.

In fine, si les AMAP sont en effet difficiles à généraliser, le fait est que la piste de la coopérative producteurs-consommateurs est à explorer. Ça nous changerait des géants de l'agro-alimentaire...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 28 juin 2010

Les commentaires sont fermés.