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mercredi, 09 décembre 2009

Grèce, le dilemme de l'Europe

S'il y a bien un pays dans lequel, à mon avis, l'Europe n'est pas pensable, c'est bien la Grèce. Or, la Grèce risque de provoquer de sacrés cas de conscience à Bruxelles : la Grèce a pu adhérer à l'euro en truandant plus que largement les chiffres de son économie. J'avais publié une note, il y a un an d'une des mes lectrices, Fotini, qui connaît d'autant mieux la situation qu'elle est elle-même grecque. Elle y dressait un état des lieux assez dramatique de la Grèce. La Grèce vient de voir sa note dégradée de A- à BB+ pour ses emprunts sur les marchés financiers par l'agence Standard and Poor's. La Grèce reconnaît un déficit budgétaire monstrueux (12.7% mais il pourrait être plus important). Elle avance à grand pas vers une dette publique de l'ordre de 120% du PIB, et rien ou presque, dans les mesures actuelles ne laisse penser que les choses puissent s'arranger. La Grèce va devoir contenir ses déficits publics en pleine explosion sociale : un pari difficile dans ce pays gangrené par la corruption et les réseaux.

Le problème, c'est que la Grèce va devoir amener l'Europe à prendre position : que doit faire l'Europe vis-à-vis des pays qui ne respectent pas le pacte de stabilité et n'engagent pas les réductions budgétaires nécessaires à la cohésion de la monnaie européenne ? Sanctionner la Grèce par une amende pour déficit excessif va aggraver les problèmes de la Grèce. En même temps, la Grèce est victime sa corruption et de son imprudence avant toutes choses. La Grèce est dominée par deux partis, le Pasok et la Néa Démocratia, qui trustent tous les pouvoirs. Il n'y a pas de Bayrou grec, et pas de parti centriste et/ou libéral en Grèce pour pouvoir brandir la dette comme un étendard. Voilà une affaire qui va retomber sur le dos de l'Europe alors que la Grèce bénéficie plus que largement des fonds structurels européens.

La Grèce ne fera pas l'économie d'un grand nettoyage : administration corrompue, agitation gauchiste rémanente, népotisme aux plus hauts sommets du pouvoir, chômage massif des jeunes, recours massifs au crédit pour consommer, tous les ingrédients d'une explosion sociale et économique sont en place. Le pire, mais pas totalement à exclure, serait une sortie de la Grèce de l'Europe si jamais des éléments radicaux parvenaient à déstabiliser suffisamment le pays pour le rendre ingouvernable. Toutefois, je ne crois pas que l'Europe puisse de permettre de laisser ce pays plongé dans le chaos. Il faut donc en appeler à la responsabilité de la classe politique grecque, en espérant que de nouvelles têtes émergent...

10:51 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : europe, grèce |  Facebook | | |

Commentaires

Je ne sais pas ce que cela va donner à plus long terme, parce qu'entre un état en faillite et des anarchistes s'amusant avec coktails molotov et compagnie ...

Écrit par : Un démocrate | mercredi, 09 décembre 2009

@ démocrate
Oui. Et qui utilisent le statut particulier des facultés pour y fabriquer des armes et des projectiles.
La jeunesse grecque ne va pas bien, et le pays est en proie aux démagogies de toutes sortes, généralement les plus dures.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 09 décembre 2009

Je ne savais même pas qu'ils qu'ils utilisaient les facs comme arrière base, m'enfin est ce si différent en France ?

Écrit par : Un démocrate | mercredi, 09 décembre 2009

@ démocrate
Oui, s'il y a violence, la police peut tout de même entrer dans les facultés. Pas en Grèce...et les anarchistes radicaux en profitent.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 09 décembre 2009

ah, je vois que la peur fantasmée des ravachol-à-la-marmite est toujours bien vivace.

Écrit par : archenemy | jeudi, 10 décembre 2009

La Grèce va devoir faire comme l'Irlande qui a pris des mesures drastiques comme par exemple la diminution de 5% du salaire des fonctionnaires.

Le problème comme le souligne l'Hérétique c'est que la Grèce a truandé plusieurs fois en mentant par exemple sur le taux de son déficit. Elle a d'abord indique qu'il de 3% , puis 6%, puis lors du changement de gouvernement il est apparu qu'il était de l'ordre de 12%...

La Grèce peut-elle encore restée dans la zone Euro?

Avec un pays comme la Grèce qui ne joue pas franc jeu( comme d'autres ?) on peut comprendre la réticence de certains pays à s'opposer à un grand emprunt européen.

Un grand emprunt européen pourrait se faire avec la caution des pays crédité AAA pour avoir les taux les plus intéressants( c'est le but). Mais comment dès lors ces pays qui serviraient de caution peuvent-ils prendre le risque de s'engager si des pays ne jouent pas la transparence et ne font pas tout pour éviter la dérive de leurs déficits....

Écrit par : europium | jeudi, 10 décembre 2009

@ archenemy
C'est quoi les ravachol à la marmite ???
@ europium
C'est le problème. Et pourtant, à mes yeux, une Europe sans la Grèce est inimaginable.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 10 décembre 2009

Je ne connais pas les critères pour qu'un pays puissent sortir de la zone Euro de façon volontaire ou forcée...Est-ce même possible?

Pour sortir de l'UE, pour la première fois un traité(Lisbonne) donne a un pays la possibilité de la quitter "volontairement".

Écrit par : europium | jeudi, 10 décembre 2009

Un élément de réponse à la question que je posais ci-dessus
http://www.fondation-res-publica.org/Peut-on-sortir-de-l-euro_a285.html

Écrit par : europium | jeudi, 10 décembre 2009

On se calme les amis! La France et les médias français sont très forts pour critiquer et accentuer les déboires de la situation politique et sociale des autres pays. Du moment que ce n'est pas l'Allemagne, l'Angleterre ou l'Italie on fustige à tout va! Regardons d'abord les problèmes de notre république(alors qu'on veut nous faire croire que la crise est passé que tout va bien) et arrêtons de porter un regard hautain sur la Grèce en détresse.
Ce pays a connu une histoire difficile le siècle dernier comme les 27 pays membres de l'UE actuelle et il tente de se reconstruire sur de bonnes bases. Malheureusement, les choses vont plutôt mal actuellement mais l'Europe doit être présente pour aider ce pays (et je ne pas parle pas de manière financière mais de lui apporter un soutien moral) qui ne l'oublions pas a fondé les bases de notre démocratie.

Écrit par : nico | jeudi, 10 décembre 2009

@ l'hérétique

référence aux anars de la fin du XIXe qui faisaient des bombes artisanales pour faire "tomber le système bourgeois". Inutile de dire qu'ils n'ont rien fait tomber (à part leur tête sur la guillotine pour les moins chanceux).

Bref, les gauchistes excités adeptes du cocktail molotov sont très loin, à mon humble avis, de représenter une menace majeure et sérieuse pour la Grèce actuelle.

Écrit par : archenemy | vendredi, 11 décembre 2009

L'UE qui possède un fond d'aide des pays européens en difficulté ne pourra pas se servir de ce fond pour aider la Grèce car l'UE ne peut en aucun ca se servir de ce fond pour aider la Grèce car cette dernière fait partie de la zone Euro( cest une règle)...L'UE ne peut aider financièrement que les pays or zone Euro comme elle l'a fait pour la Roumanie et la Hongrie par exemple .

Il ne restera que le FMI pour aider la Grèce financièrement ce qu'elle ne veut pas car le FMI ne prête que sous conditions consistant en une politique de rigueur très contraignante...

Écrit par : europium | vendredi, 11 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.