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vendredi, 30 novembre 2007

Adoption de la résolution du Congrès extraordinaire de l'UDF

La résolution finale du Congrès extraordinaire de l'UDF a été amendée au cours de la séance plénière du Congrès, pour se présenter dans la rédaction suivante : "L’UDF, formation politique au titre de l’article 4 de la Constitution, est membre fondateur du Mouvement Démocrate auquel elle adhère pour une période transitoire de trois ans, en tant que personne morale. A dater du 1er décembre 2007, tout adhérent de l’UDF est adhérent du Mouvement Démocrate. L’UDF délègue aux instances du Mouvement Démocrate la responsabilité de l’action et de l’expression communes. Les autres instances nationales et locales de l’UDF s’intègrent aux instances correspondantes du Mouvement Démocrate. Pendant cette période transitoire, les intérêts juridiques, matériels et moraux (les idées et les valeurs) de l’UDF seront garantis et administrés par un bureau de vingt à trente membres désignés par le Congrès, sur proposition du Président dont le mandat est prorogé. Le texte final a été adopté, selon la phrase même de François Bayrou à "une grande majorité", 36 voix contre et 8 absentions sur environ 1500 votants.

Capitalisme, Socialisme et Démocratie (4) : le problème du chômage

A la fin du chapitre V, Schumpeter aborde le problème du chômage en régime capitaliste :

Cependant, qu'il soit durable ou temporaire, qu'il empire ou non, le chômage, on ne saurait le contester, est et a toujours été un fléau. Dans la prochaine partie de cet ou­vra­ge, nous aurons à apprécier son élimination possible en tant que l'un ces éléments de supériorité que le système socialiste peut faire valoir. Toutefois, je consi­dère que la tragédie réelle ne consiste pas dans le chômage en soi, mais dans le chô­ma­ge aggravé par l'impossibilité de subvenir adéquatement aux besoins des chômeurs sans compromettre les conditions du progrès économique ultérieur: en effet, de toute évidence, la souffrance et la dégradation - la destruction des valeurs humaines - que nous associons au terme chômage (mais non pas le gaspillage de ressources producti­ves inutilisées) seraient largement éliminées et le chômage cesserait pratiquement d'être un objet d'effroi si la vie des chômeurs n'était plus sérieusement affectée par la perte de leurs emplois. Certes, l'on ne saurait dénier que, dans le passé - disons, environ jusqu'à la fin du XIXe siècle -, le régime capitaliste, non seulement se serait refusé à accorder une telle garantie aux chômeurs, mais aurait même été tout à fait hors d'état de le faire. Cependant, étant donné qu'il serait désormais en mesure de leur procurer la sécurité à laquelle ils aspirent, pourvu qu'il maintienne pendant un demi-siècle le rythme de ses accomplissements antérieurs, cet argument anticapitaliste doit, dans le cas d'espèce, rejoindre au cimetière de l'histoire les tristes spectres du travail des enfants, de la journée de seize heures, de la chambre habitée par cinq personnes - c'est-à-dire de toutes les tares qu'il est tout à fait équitable de souligner quand on ap­pré­cie le coût social des achèvements capitalistes du passé, mais qui cessent d'être nécessairement pertinentes lorsque l'on soupèse les possibilités alternatives de l'ave­nir. Notre époque se situe quelque part entre les insuffisances manifestées par l'évolu­tion capitaliste au cours de ses premières phases et les réalisations susceptibles d'être accomplies par le système parvenu à sa pleine maturité. Aux États-Unis, tout au moins, la meilleure partie de l'œuvre capitaliste pourrait, dès à présent, être réalisée sans imposer une tension excessive au système. Les difficultés à surmonter ne paraissent pas tellement consister dans le défaut d'un excédent de ressources suffisant pour effacer les ombres les plus noires du tableau social - mais elles consistent, d'une part, dans le fait que de 1931 à 1940, des mesures d'inspiration anti-capitaliste ont gon­flé le nombre des chômeurs au delà du minimum inévitable et, d'autre part, dans le fait que l'opinion publique, dès qu'elle prend conscience du devoir à remplir envers les chômeurs, s'oriente immédiatement vers des méthodes irrationnelles de finance­ment des secours et vers des méthodes relâchées et onéreuses de gestion de ces secours.

Une grande partie de l'argumentation précédente vaut pour les possibilités futures (et, dans une large mesure, immédiates) inhérentes à l'évolution capitaliste en ce qui concerne la protection des vieillards et des malades, l'éducation, l'hygiène, etc. De même, en se plaçant au point de vue des foyers individuels, on pourrait raisonna­blement s'attendre à ce qu'un nombre croissant de marchandises sortent de la zone des biens économiques (et donc rares) et deviennent pratiquement disponibles jusqu'à satiété. Une telle situation pourrait être réalisée par voie d'arrangements soit conclu entre des sociétés productrices et des offices publics, soit de nationalisation ou de municipalisation, car le développement progressif de telles institutions constituerait, bien entendu, l'un des traits de l'évolution future du capitalisme même si. à tous autres égards, il devait rester libre d'entraves.

C'est tellement bien vu et bien pensé que je ne sais pas quoi dire de plus. Il a tout prévu, tout finement analysé, notamment les réactions irrationnelles de l'opinion publique en matière de chômage et plus généralement de protection sociale. Voilà, c'est exactement cela notre problème, en France... 

Et ils ne manquent pas, les responsables politiques qui soulignent l'irrationalité de la gestion du chômage. La difficulté politique, c'est de faire accepter ce fait à l'opinion publique. Mais, une chose est sûre, et cela, je ne sais pas si Schumpeter s'en est occupée, c'est que l'on ne peut rien faire accepter à l'opinion publique sans équité. Or, c'est bien le coeur du projet social et économique du MoDem et de François Bayrou. C'est à mon avis une première réponse à la difficulté soulevée par Schumpeter. 

J'aurai l'occasion d'y revenir, et notamment de comparer équité et égalité, en montrant comment la seconde est un leurre, tandis que la première est fondatrice. Et, sur ce point, j'appellerai en renfort de grands philosophes.

jeudi, 29 novembre 2007

PS à l'ouest et humour démocrate

Ce commentaire que j'ai trouvé sur le blog du MoDem en Nièvre m'a tellement fait rigoler que je le recopie intégralement. Trop fort :-D

Brrr... J'en frémis ! Désirant prendre Nicolas Sarkozy de vitesse sur la question du pouvoir d'achat, le PS fait une série de proposition, bien dans sa ligne idéologique, mais complètement irresponsable pour la plupart.

1er point : une revalorisation de 50% de la prime à l'emploi. Et où l'état prendrait-il l'argent ? Prenez une pelle et aidez moi à creuser les déficits...

2ème point : "un plan de rattrapage des traitements dans la Fonction publique" et "une revalorisation des petites retraites". Je ne suis pas contre, à-priori, mais encore faut-il avoir l'argent pour le faire. Sans parler du déficit des caisses de retraite. Reste-t-il des pelles dans la réserve ? On creuse toujours...

3ème point : la baisse de la TVA sur les produits alimentaires de première nécessité de 5,5% à 5%. Bon, on est passé de la pelle à la petite cuillère, mais on creuse toujours... (La TVA n'est pas la principale responsable de la chèreté des produits, contrairement aux marges bénéficiaires de la grande distribution)

4ème point : une conférence pour augmenter le SMIC et les rémunérations" et qui aurait pour objet de consentir des exonérations de charges sociales aux entreprises qui "augmentent effectivement les salaires", selon M. Rebsamen. Exonération de charges sociales ? Après le paquet fiscal ? Et toujours des recettes en moins pour l'état... Laissez tomber les pelles, au bulldozer, ça ira plus vite...

Une fois de plus, le PS voit l'état comme une corne d'abondance, comme une solution miracle. Mais comme toujours, il oublie la dette, qui plombe largement les finances de l'état et réduit sa marge de manoeuvre... A croire qu'ils vivent sur une autre planète...

Excellent, vraiment excellent !  Il faudrait que l'on se fasse un concours de billets humoristiques et bien placés, au MoDem. Moi, je vote pour celui-là.

mercredi, 28 novembre 2007

Villiers le Bel, les circonstances de l'accident par un témoin

J'ai eu vent d'un témoignage de première main sur les circonstances de l'accident de Villiers le Bel. Cela n'enlève rien à ma note précédente et à ce que je pense des voyous en général, mais, en revanche, j'aimerais en savoir un peu plus long sur les différents respects de priorité dans cette affaire...

Que chacun se fasse une idée, mais avec prudence : il ne s'agit que d'un témoignage, et moi, j'attends une enquête approdondie. 

 
Dans tous les cas de figure, je me méfie malgré tout des commentaires qui surfent sur l'émotion ou sont débordés par l'émotion elle-même.
Dans une réponse à Hervé Torchet, sur le blog de Quitterie Delmas, je lui rappelais simplement ceci, à propos de la vérité, tout particulièrement autobiographique (et le témoignage rentre dans cette catégorie) :
 
Sincérité et vérité ne font pas nécessairement bon ménage, Jean-Jacques Rousseau le reconnaît lui-même au début des Confessions, en précisant qu'il ne sait pas si ce qu'il dit est vrai, mais qu'il le pense sincèrement au moment où il le dit. En clair, il n'est pas sûr de dire la vérité, mais simplement de penser la dire.
 
Une remarque à propos de l'automobile : les véhicules modernes sont prévus pour que le capot se plie au premier choc, précisément pour minimiser l'impact et pour le conducteur, et pour l'obstacle. Donc l'état de l'automobile n'est pas un argument.
 
Je sais aussi par expérience que tout témoignage est une déformation des faits, et qu'il faut toujours en recouper plusieurs si l'on veut faire émerger la vérité, et encore...
 
Je demeure dans l'expectative, et, en tout cas, maintiens que les circonstances ne justifient en aucune manière une quelconque forme d'angélisme envers les casseurs et les voyous : car eux ne se privent pas d'instrumentaliser les évènements pour mieux faire passer leur délinquance. 

Capitalisme, Socialisme et Démocratie (3) : le capitalisme, fondement de la sociale-économie

J'en suis arrivé aux chapitre V, VI, VII et VIII de Capitalisme, Socialisme et Démocratie qui figurent dans la seconde partie de l'ouvrage.

Tout d'abord, Schumpeter se livre à quelques fines observations : il note que le capitalisme, en poursuivant la perfomrance qu'il a réalisée au cours de la 1ère moitié du XXème siècle sur sa seconde moitié, éliminerait tous les symptômes de la pauvreté telle qu'elle est définie à son époque.

Sur ce point, il ne s'est pas trompé si l'on considère les pays développés. Cela vaut, évidemment, dès lors que l'on ne déclare pas la couverture de besoins primaires relative au niveau de développement de la société.

Et cela ne vaut pas pour nombre de pays pauvres, mais, on pourrait rétorquer que ces pays n'ont justement pas connu de systèmes politiques leur permettant de faire fonctionner leur économie selon des règles capitalistiques. On ne peut également incriminer des évènements politiques extérieurs tels que les guerres et les fléaux naturels, même s'il se trouvera toujours des marxistes tendance alter-mondialiste et/ou tiers-mondiste pour expliquer que c'est la nature du capitalisme d'exploiter les peuples et donc de provoquer les troubles politiques ad hoc. Dans sa première partie, Schumpeter a clairement montré comment la théorie de l'exploitation d'une classe par l'autre ne tenait pas, ce que j'ai résumé lors de mes deux premiers billets sur ce blog. Je n'y reviens donc pas.

Il observe ainsi que contrairement à une idée reçue, en système capitalisme, les riches ne deviennent pas plus riches tandis que les pauvres deviennent plus pauvres. Certes, dans notre France du XXIème siècle, les écarts se sont accrus, mais, non parce que les pauvres sont devenus plus pauvres, mais parce que les riches le sont devenus en proportion plus vite que les pauvres. Les Marxistes, n'osant plus s'exprimer en valeur absolue, désormais, choissent des parts relatives pour tenter de démontrer l'immoralité des affreux capitalistes. La méthode a fait long feu, et les faits sont obstinés. Schumpeter avait raison,  et il n'est pas possible de se soustraire à l'implacable réalité ni de la tordre pour essayer de lui faire dire ce qu'elle ne peut dire.

Schumpeter observe également que les reflux réguliers de l'économie capitaliste correspondent simplement au renouvellement des structures industrielles et sont généralement suivis d'une avalanche de biens de consommation à bon  marché. Pour qui douterait de la pertinence actuelle de cette analyse, il suffit de considérer l'apparition de l'informatique au début des années 70 et ce qu'il s'est ensuivi. 

« en d'autres termes» écrit Schumpeter, «nous constatons que l'évolution capitaliste améliore progressivement le niveau d'existence des masses, non pas en vertu d'une coïncidence, mais de par le fonctionnement même de son mécanisme. L'évolution capitaliste accomplit ce résultat à travers une série de vicissitudes dont la sévérité est proportionnelle à la rapidité du progrès réalisé - mais elle l'accomplit effectivement. Les problèmes relatifs à l'approvisionnement des masses en marchandises ont été, l'un après l'autre, résolus avec succès  , au fur et à mesure qu'ils ont été placés à la portée des méthodes de production capitaliste.»  

Bien vu. 

Mieux encore : le capitalisme rend possible des avancées sociales spectaculaires. 

Citons encore Schumpeter :

« La technique et l'ambiance de la lutte pour la législation sociale obscurcissent deux faits, évidents en soi, à savoir que, en premier lieu, une partie de cette législation est conditionnée par une réussite capitaliste préalable (en d'autres termes par une création antérieure de richesses due à l'initiative capitaliste) et que, en second lieu, beaucoup de mesures développées et généralisées par la législation sociale ont été auparavant amorcées par l'action de la classe capitaliste elle-même  . Ces deux faits doivent, bien entendu, être ajoutés au total des achèvements capitalistes. Or, si le système pouvait poursuivre sa course comme il l'a fait au cours des soixante années ayant précédé 1928 et si un revenu de $ 1.300 par tête d'habitant venait ainsi à être effectivement réalisé, il est facile de voir que tous les vœux formulés jusqu'à nos jours par n'importe quels réformateurs sociaux - pratiquement sans exception, y compris même la majeure partie des utopistes - ou bien recevraient automatiquement satisfaction, ou bien pourraient être accomplis sans que le fonctionnement du système capitaliste en soit appréciablement troublé. En pareil cas, notamment, de larges allocations versées aux chômeurs représenteraient une charge parfaitement supportable, voire même légère. Certes, un laisser-aller excessif en matière de politique d'emploi ou de financement des secours de chômage pourrait, en tous temps, donner naissance à des problèmes insolubles ».  

Chapeau Schumpeter : il avait même mis en garde contre les dérives d'un système de protection sociale qui ne serait pas financé. Une demi-siècle plus tard, on retrouve la même observation, sur ce dernier point, tout du moins, dans le livre de Christian Blanc,  la Croissance ou le Chaos, et dans le programme politique et économique de François Bayrou.

 

Val d'Oise, la vérité sur les émeutes à Villiers le Bel

La vérité, elle est très simple : c'est qu'il est insupportable que des hordes de voyous terrorisent un quartier et décrètent qu'ils feront la loi à la place de la police.

La vérité, c'est qu'il y a une mini-moto qui a coupé la route d'une voiture de police, qui n'allait pourtant pas vite, en lui grillant la priorité.

La vérité, c'est que les familles feraient bien de s'interroger sur les fameuses mini-bikes et le danger qu'elles représentent pour leurs enfants, d'autant plus qu'elles ne sont pas homologuées pour rouler dans une rue.

La vérité, c'est que cela commence à bien faire, la suspicion dont la police est systématiquement l'objet dans les quartiers sensibles, avec la complicité d'une partie de la classe politique, gauche en tête, et de plusieurs médias.

La vérité, c'est que Michèle Alliot-Marie et François Fillon ont raison d'appeler un chat un chat quand ils parlent de "criminels" à propos de ceux qui tirent sur les policiers

La vérité, c'est que les habitants sont exaspérés par ces voyous, comme l'atteste l'interview d'une mère de famille du quartier, Solange, sur France Info. 

La vérité, c'est que c'est pour les commerçants ruinés et les victimes des émeutiers qu'il faut avant tout compatir, et cesser de "comprendre" les "jeunes en colère". Je ne vois pas pour ma part de "jeunes en colère". Je vois des voyous. 

 Alors il n'y a pas à prendre de gants avec les fauteurs  de trouble.

MAIS :

La vérité, c'est aussi qu'il y a beaucoup de frustrations dans ces quartiers sensibles, parce qu'il n'y a pas d'emploi, et que depuis 2005, la situation n'a pas changé.

La vérité, c'est aussi que la police doit rétablir un lien social avec les quartiers, si elle veut espérer y être entendue, et qu'il est grand temps de rétablir la police de proximité en cessant de faire de l'idéologie : ce n'est parce que Jospin l'a mise en place que c'est une mauvaise chose. Il faut au contraire reprendre cette idée et l'améliorer

La vérité, c'est qu'il y a aussi des jeunes qui en veulent là-bas, mais ceux-là, ils sont inaudibles, et c'est aux émeutiers que l'on accorde de l'attention.

La vérité, c'est que l'un de deux jeunes qui ont péri était un gars sympathique et dur à la tâche, pâtissier de son état, qui se levait à 4 heures du matin pour aller bosser

La vérité, c'est que Nicolas Sarkozy n'a rien prévu pour améliorer la situation des banlieues si ce n'est des drones et des tasers. Or, il ne peut y avoir de répression efficace sans alternative crédible à la délinquance. Plus que tout, ce dont notre société a besoin aujourd'hui, c'est d'équité, or, en dans nombre de ces banlieues difficiles, nous sommes très loin du compte.

Je me contenterai de citer François Bayrou :

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. »

 

mardi, 27 novembre 2007

Et si un candidat MoDem remplaçait DSK ?

Dominique Strauss-Kahn a du démissioner de son poste de député en raison de sa nomination à la tête du FMI. Une législative partielle va donc avoir lieu dans la 8ème  circonscription du Val d'Oise. Jean-Michel Cadiot , qui postule à la députation sous l'égide de l'UDF-MoDem, dresse un bilan en demi-teinte de l'action de DSK, saluant ses réussites, mais soulignant aussi ses insuffisances.

Il faut dire que ce candidat est assez atypique, en raison de son parcours qui l'a mené sur plusieurs continents, mais aussi de ses origines : son grand-père fut un proche de Marc Sangnier, inspirateur idéologique de la Démocratie Chrétienne, et travailla également avec Geroge Bidault, l'un des résistants les plus fameux de la France Libre ; sa grand-mère était, quant à elle, la fille d'une Alasacienne juive convertie au catholicisme et ayant opté pour la France en 1870.

Six années journaliste parlementaire, pendant lesquelles il a suivi nombre de séances nocturnes, Jean-Michel Cadiot connaît particulièrement bien les rouages du Parlement pour les avoir observés de très près. On peut donc tabler sur son efficacité s'il est élu, il est très loin d'être tombé de la dernière pluie.

Il a pris des engagements forts en cas d'élection à la députation :

- Agir pour l'augmentation du pouvoir d'achat, la baisse des prix alimentaires de première importance, l'accession des salariés à une part importante des bénéfices, la revalorisation des petites retraites.

- Obtenir la garantie des moyens de l'Education nationale, amplifier l'accompagnement scolaire, permettre la scolarité des enfants handicapés.

- Combattre pour que les rénovations urbaines se fassent sans expulsions ou départ des familles de petits revenus. Contrôler l'application des lois sur le logement opposable et le logement social. Réorienter la politique de la Ville dans une direction plus sociale que territoriale.

- Lutter pour le maintien des services publics de qualité et de proximité, dans les domaines sociaux, de la police et de la justice. La sécurité ne doit pas être réservée à certains quartiers.

- Agir pour maintenir la sécurité sociale, la modernisation des hôpitaux. Proposer une loi permettant l'hospitalisation de tous ceux dont l'état de santé le nécessite.

- Encourager les PME et l'artisanat.

- Se faire le porte-parole de tous les habitants de la circonscription, rester à l'écoute de la population et de ses besoins.

- Défendre à l'Assemblée Nationale le pluralisme démocratique, le rôle du Parlement ; éviter un régime présidentiel.

- Veiller à l'application du "Grenelle de l’Environnement".

- Faire avancer la construction européenne et oeuvrer pour une politique étrangère d'équilibre, favorable au multilatéralisme, agir pour des relations économiques mondiales équitables.

Voilà un programme que ne renierait sans doute pas DSK, par ailleurs, et qui est , au final, tout à fait en phase avec les propositions de François Bayrou lors de l'élection présidentielle. 

Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter la meilleure réussite possible à Jean-Michel Cadiot, et inviter les électeurs de la 8ème circonscription du Val d'Oise à voter massivement pour lui. 

 

lundi, 26 novembre 2007

Réponse à Jean-Marie Cavada

Cher Jean-Marie Cavada,

 

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris votre ralliement à la liste UMP à Paris. Je regrette profondément que vous choisissiez de vous présenter sur la liste d'un mouvement politique dont nous récusons, au MoDem, le programme politique, tout du moins, en l'état.

Il est vrai que plusieurs démocrates parisiens demandaient des primaires, mais justement, Mairelle de Sarnez a décidé de mettre en place un comité d'investiture dont le spectre politique (au sein du MoDem) est assez large.

Croyez-bien que si l'on demande leur avis aux adhérents parisiens, vous pouvez être certains qu'ils ne seront pas d'accord avec vous : pas d'accord pour rejoindre une liste UMP sans même avoir essayé de savoir ce que nous valons, car c'est cela qui nous donne notre force.

Aussi, nous ferons bloc autour de Marielle de Sarnez à Paris, pour soutenir l'émergence d'un MoDem fort à Paris.

En dépit de nos divergences, vous n'êtes pas notre ennemi, et, à devoir choisir, si vous êtes présent au second tour contre une liste autre que MoDem, je vous préfère à n'importe quel socialiste parisien (quand je dis vous, c'est vous, Jean-Marie Cavada, pas vos co-listiers !).

Vous n'êtes pas notre ennemi, et je condamne fermement ceux qui vous accusent d'aller à la soupe, car si tel était votre désir, vous auriez pu avoir une large part de la marmite depuis longtemps.

Cela dit, vous n'en portez pas moins un large tort au MoDem, en donnant un très mauvais exemple aux cadres de notre mouvement. Je ne souhaite pas votre exclusion, et si vous êtes élu, je continuerai à vous considérer comme un élu MoDem, mais vous, vous expérimenterez que ce sera à l'UMP que vous devrez votre élection, et à quel point cela pèsera sur votre liberté de parole. 

Vous savez, il y a un rhéteur grec fameux dans l'Antiquité, du nom de Libanios, qui a vécu au 4ème siècle après Jésus Christ. Et ce rhéteur, qui était aussi avocat, avait mis au point toute une série d'exercices pour ses élèves fain de leur apprendre à argumenter.

Pour la beauté de l'art, il a choisi, dans un discours de démonstration, de prendre la défense d'un avorton dont il n'est question que 61 lignes dans l'Iliade d'Homère : il s'agit d'un être contrefait et boîteux du nom de Thersite, qui vocifère contre les principaux chefs grecs, Agamemnon, Achille et Ulysse.

Sa présence dans l'histoire se finit par quelques glapissemens et pleurs après avoir pris quelques solides coups de bâton d'Ulysse.

Mais le génial Libanios au eu une idée de génie : il a renversé les apparences en montrant comment Thersite, en choisissant d'attaquer de front Agamemnon , le roi des rois, qui s'arrogeait une large part du butin (le paquet fiscal de l'époque ?)  , et de tenir tête à Achille (le meilleur guerrier) et Ulysse (le plus astucieux) avait en réalité fait preuve d'un grand courage et avait usé de ce que les Grecs appelaient la παρρήσια  que l'on traduit par liberté de parler.

Eh bien voilà, nous sommes sans doute tous des Thersite, au MoDem, nous sommes petits, boîteux, laids et contrefaits, mais il y a une chose à laquelle nous ne renoncerons jamais, c'est notre liberté de parler, notre parrhésia. Et vous, en choisissant de vous présenter sur la liste de l'UMP, vous l'avez largement hypothéquée

NDLR : la traduction de l'Eloge de Thersite  disponible sur le site du Portique. 

Les centristes en tête en Roumanie !

Voilà qui est une consolation pour nous autres démocrates de nos vicissitudes actuelles :  le parti d'opposition centriste l'emporte en Roumanie, devant les socialistes et devant les libéraux !

Le Parti démocrate du président Traian Basescu (opposition parlementaire centriste) est arrivé en tête dimanche lors des élections au parlement européen qui avaient lieu en Roumanie, selon les premiers résultats communiqués lundi matin.

Le Parti démocrate a obtenu 29,2% des suffrages, suivi par le PSD (Parti social-démocrate), à 21,7%, et les Libéraux du Premier ministre Calin Tariceanu sont à la traîne avec 13,2% des voix.


Ces premiers résultats portent sur les trois quarts des bureaux de vote. Les Roumains devaient élire 35 députés, et ce scrutin a pris valeur de test pour les grandes formations politiques à l'approche des élections législatives prévues fin 2008.

 Comme quoi ce n'est pas impossible, et il y a de l'espoir pour nous autres démocrates français !

 

Chine : pas de jeux olympiques sans démocratie !

Reporters sans frontières demande aux Comités nationaux olympiques, au CIO, aux athlètes, à tous les amoureux du sport et aux défenseurs des droits de l’homme d’exprimer publiquement leur inquiétude face aux innombrables violations de toutes les libertés fondamentales en Chine populaire.

Après la désignation de Pékin en 2001, Harry Wu, dissident chinois qui a passé dix-neuf ans dans les prisons de son pays, a déclaré qu’il regrettait profondément que la Chine n’ait "pas l’honneur et la récompense d’accueillir les Jeux olympiques en pays démocratique".

"Politiquement, une grave erreur ; humainement, une bassesse ; juridiquement, un crime." Le cri d’indignation lancé par le dissident russe Vladimir Boukovski contre la tenue des JO à Moscou en 1980, reste d’actualité en 2008.

3e673a3eef85d7ed8f58a713e9fa27b3.jpgéchantillon des instruments de torture utilisés en Chine, en particulier contre les bonzes du Tibet.

Voilà qui devrait faire réfléchir les zélateurs de la participation aux JO.