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mercredi, 04 mai 2011

Double-jeu du Pakistan

Cela fait un moment que je pense que le Pakistan joue double-jeu. Et je ne suis pas le seul, vraisemblablement. Ben Laden demeurait près d'une académie militaire dans une résidence hyper-fortifiée. Et personne ne se serait étonné ? En réalité, le Pakistan se moque des pays occidentaux depuis fort longtemps. D'un côté il bénéficie d'aides américaines monumentales, de l'autre, il plonge un poignard dans le dos de ses "alliés". 

Entre l'ISI qui a toujours joué la carte des Talibans et une population intégriste et fanatisée par les maîtres des madrasas, le Pakistan a prouvé qu'il était un vrai danger pour la sécurité du monde entier en participant par en-dessous aux tentatives de déstabilisation en cours en Afrique et en Asie Mineure.

Évidemment, les cartes du jeu sont troubles : le Pakistan, c'est comme ce mauvais fils auquelle on a donné une mauvaise éducation et que l'on doit assumer lorsque devenu adulte il devient un délinquant dangereux.

Bien que ce ne soit pas plaisant à admettre, on ne peut pas le laisser tomber et lui couper la pompe à financement. Imaginez une sorte de Corée du Nord, mais en version fondamentaliste islamiste ! On ne peut pas prendre un tel risque, même si la situation actuelle n'est pas vraiment satisfaisante.

Néanmoins, c'est fort peu plaisant d'avoir à financer une population qui déteste l'Occident et un régime corrompu et hypocrite, en butte, au demeurant à la paranoïa et aux thérories complotistes qui circulent au sein de sa propre population.

Le pouvoir est faible au Pakistan : en réalité, ce sont les services secrets, l'ISI, qui dictent au pays une partie de sa diplomatie, et, quand un responsable politique les gênent, ils le font abattre avec leurs alliés intégristes fondamentalistes de tout poil. 

Et ce pays dispose de la bombe atomique grâce à nos "amis" Chinois qui espéraient par le passé déstabiliser ainsi l'Inde...

Je n'aimerais pas être un dirigeant politique élu au Pakistan, à l'heure actuelle. Honnête, tu te fais abattre, et quand tu veux tenter d'être indépendant, tu n'as pas en mains les cartes de ton propre pays. Sale temps pour le Pakistan...

17:28 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : pakistan |  Facebook | | |

mardi, 28 décembre 2010

Asia, impure et infidèle...

L'opinion publique française a pu prendre connaissance du destin tragique et édifiant de la chrétienne pakistanaise Asia Bibi. Je tiens toutefois à signaler un très bon article de Célia Mercier, une envoyée spéciale du journal LiBération au Pakistan.

Il y avait dans l'histoire d'Asia, un élément qui n'avait pas manqué de m'étonner : les voisins musulmans de la famille d'Asia refusait de manger et de boire dans la même vaisselle qu'elle. Il s'agit là de quelque chose que l'on retrouve en Inde chez les Hindous, mais, à ma connaissance, pas en terre d'Islam, tout du moins, pas dans les préceptes religieux musulmans. 

Or, Célia Mercier a fait un vrai travail de journaliste, une vraie professionnelle en somme, en enquêtant sur les circonstances exactes des faits : le Pakistan est voisin de l'Inde, et, pour être lapidaire, il faut rappeler que jusqu'à 1947, le Pakistan n'était qu'une région de l'Inde. Enfin...des Indes, plutôt.

Or, pendant des siècles et des siècles, et ce en dépit de la conquête puis de la domination musulmane sur l'Inde pendant 600 ans, le système des castes a perduré dans toutes les strates de la société indienne, de l'est à l'ouest et du nord au sud. La partition de l'Inde et du Pakistan n'a rien changé à cet état de fait. 

Face à une répartition aussi rigide des statuts sociaux, seules une religion ou une idéologie universalistes et égalitaires pouvait attirer ceux-là mêmes qui se trouvaient au bas de l'échelle sociale.

C'est donc tout naturellement que les intouchables soit adhérèrent aux thèses marxistes, au cours du 20ème siècle, soit, plus tôt dans l'histoire de l'Inde, se convertirent au christianisme. 

Mais la culture commune n'oublia pas que ces nouveaux convertis étaient avant toutes choses des intouchables. L'animosité des musulmans pakistanais à l'égard des chrétiens locaux s'explique donc en grande partie par ce souvenir inscrit dans l'inconscient collectif indien.

Les autorités religieuses musulmanes sont conscientes, évidemment, de cette déviation par rapport à l'éthique islamique, mais elles laissent faire par impuissance ou par calcul politique. Un mollah interrogé par Célia Mercier explique ainsi : 

«Les musulmans ici n’aiment pas partager leur vaisselle avec les chrétiens. Ce n’est pas écrit dans le Coran, c’est mal de se comporter ainsi. Mais, même en tant que mollah, je ne peux pas dire la vérité, car c’est un tabou culturel. Les gens m’accuseraient d’être un infidèle !»

Aussi puissantes soient-elles, les religions monothéistes ont toujours peiné à éradiquer le substrat culturel qui les avait précédé. Soit elles l'ont récupéré (spécialité du catholicisme) soit elles l'ont laissé subsister dès lors qu'il n'entravait pas fondamentalement l'expansion politique du nouveau pouvoir religieux, choix de l'Islam en plus d'une circonstance.

Le comble de l'histoire, c'est que le Pakistan dispose d'un ministère des minorités, et qu'au final, c'est ce dernier qui finance actuellement la famille d'Asia. Le pouvoir politique pakistanais marche sur des oeufs. Évidemment, il aimerait bien exfiltrer discrètement Asia et que l'affaire s'arrête là, sans bruit. Mais de part et d'autres on ne l'entend pas ainsi : les extrémistes religieux veulent faire d'Asia un cas d'école pour asseoir leur influence et prouver qu'ils conservent la main sur la justice. Les libéraux et les progressistes (mais combien sont-ils ?) aimeraient bien enfoncer un coin dans la loi sur le blasphème. Si cette loi tombait, elle profiterait à tous ceux qui aspirent à plus de liberté, pas seulement aux Chrétiens. Mais c'est justement la confession d'Asia qui cristallise le conflit : chrétienne, elle est assimilée à l'Occident honni, et la défendre publiquement peut revenir, aux yeux d'une partie de l'opinion, à se faire les suppôts de ce même occident.

Il n'y a d'issue pour Asia que hors du Pakistan. Ce ne sont pas seulement des fanatiques qui sont prêts à attenter à sa vie, mais ses propres voisins. Je me devais de corriger ma première note : battue, violée et torturée parce Chrétienne ET Impure.

Ces derniers éléments avalisent en tout cas mon sentiment : à chaque cas de ce type, on trouve toujours une frange tiers-mondiste et lénifiante de l'opinion pour nous assurer de ne pas nous inquiéter et nous expliquer qu'une minorité d'extrémistes ne doit pas prendre en otage toute une religion (l'Islam, en la circonstance). Je suis au regret de devoir leur signifier que ce n'est pas une minorité mais une majorité, au Pakistan, qui partage nombre de vues des extrémistes de tout poil. Pire : l'enquête de Célia Mercier prouve même clairement que les religieux sont dépassés par leur base, contraints, in fine, de taire la vérité.

Il faut sauver Asia, et, assurément, la France s'honorerait à lui accorder l'asile politique ; le Brésil, par la voix de Lula, n'a d'ailleurs pas entendu pour le lui proposer. Le malheur, c'est que la cause d'Asia est perdue, même si sa famille et elle demeurent sauves.

Il eût fallu d'abord des voix fortes pour prendre sa défense, mais des voix fortes à l'intérieur même du Pakistan. Ensuite, il eût fallu aussi que ces voix fussent astucieuses : défendre Asia seulement sur la base de sa religion était risqué. On pouvait, en revanche, faire valoir que justement la condamnation n'était pas le fait de sa croyance religieuse, mais d'un ancien statut qui contredisait clairement les préceptes de l'Islam. Le malheur, c'est qu'il n'y a pas de religieux libéraux en terre de Pakistan parce qu'il n'y a pas de débat théologique.

Il existe pourtant bien une opinion pakistanaise progressiste, qui s'exprime dans des journaux d'idées, mais aussi sur des blogues.

Il ne convient, néanmoins, de ne guère se faire d'illusions : tout libéraux et progressistes qu'ils soient, ces blogueurs et ces journalistes font preuve du même nationalisme étroit que leurs semblables moins éduqués. Ils n'éprouvent aucune difficulté à placer sur le même plan Aafia Siddiqui et Asia Bibi.

Or, la première, loin d'être une pauvre paysanne pakistanaise est une femme éduquée en lien avec Al Qaeda, impliquée dans des projets d'attentats. Mais voilà, même éduqués, on est prompt, au Pakistan, à invoquer le complot ou la main secrète d'Israël derrière chaque cas monté en épingle.

Conclure plus généralement, à propos des Chrétiens d'Orient, comme le fait Romain qu'il n'y a pas choc des civilisations et que la droite ne cherche qu'à faire son beurre sur cette thématique me paraît un tantinet illusoire. Et encore, c'est un euphémisme. Ce qui est vrai en revanche, c'est que si choc il y a, il n'est pas réductible à un affrontement bloc contre bloc parce que ni l'Islam, ni l'Occident et ses valeurs d'origine judéo-chrétienne ne sont monolithiques. Il y a chocs. Pas choc, mais chocs, qui se déclinent en autant de cas de figure qu'il existe de facettes des civilisations. Parfois, de ce choc, naissent des illuminations, et parfois, au contraire des cascades de malheurs.

samedi, 20 novembre 2010

Asia Bibi grâciée !

Ce n'est pas si fréquent de pouvoir annoncer une bonne nouvelle. Alors en voilà une : Asia Bibi, cette jeune mère pakistanaise battue, violée et condamnée à mort par la justice de son pays a été grâciée de matin même le Président Zirdari.

Il semble qu'une organisation qui réunit Chrétiens et Musulmans ait beaucoup oeuvré pour obtenir la libération de la jeune femme. Qu'elle soit saluée ! Il reste une lumière au Pakistan.

Pour ce qui me concerne, je suis bien sûr heureux que cette femme échappe à une mort particulièrement inique, mais je ne suis pas encore satisfait de cette issue : il reste, désormais à rendre justice, c'est à dire que ses tortionnaires soient punis de manière exemplaire.

vendredi, 19 novembre 2010

Karachigate, le SCUD minable d'Hervé Morin

Hervé Morin est un quasi-inconnu en France : il a beau avoir été Ministre de la Défense, on ignore qui il est, et quand on ne l'ignore pas, on se fiche bien qu'il ait disparu du gouvernement, il ne servait de toutes façons à rien.

François Bayrou a demandé une levée du secret-défense à propos de l'affaire des attentats de Karachi. Il s'agit de savoir si cet attentant est des représailles déguisées à la cessation de paiement de commissions et de rétro-commission à des dignitaires pakistanais en échange de la conclusion d'achats de sous-marins.

Il se dit que certaines de ces rétro-commissions auraient servi à financer la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995.

Hervé Morin a sous-entendu que puisque l'UDF avait à l'époque soutenu Balladur, les membres les plus éminents de l'UDF n'ignoraient rien des fonds qui servaient à financer cette campagne et fait observer que François Bayrou était alors président du CDS, l'une des composantes de l'UDF de l'époque.

Eh ben va-s-y mon gars : crache ton venin minable pour tenter de déconsidérer François, à l'évidence au-dessus de tout soupçon. On peut dire que l'UDF a été assainie complètement, dans les années 90, à la venue de François à la tête de l'UDF en 1997 : s'il y avait bien des pratiques qu'il ne tolérait pas, c'étaient les magouilles de toutes sortes.

Maintenant, je le prends au mot, le Morin : apparemment il sait des choses, puisqu'il le dit lui-même. Eh bien qu'il témoigne, que les Français soient édifiés. Comme l'a dit François, il en a trop dit ou pas assez.

Ce mec-là veut exister à tout prix ? Oh, eh bien il va exister, mais je ne suis pas certain qu'il soit gagnant. Parce que s'il sait des choses et qu'il l'ouvre maintenant, pas certain qu'il soit très futé de sa part de faire le vertueux... Melclalex fait le malin en réduisant la chose à une querelle de centristes, moi, j'y vois quelque chose de plus grave et de plus sale, car il s'agit bien d'une manoeuvre pour tenter d'impliquer malgré lui quelqu'un qui n'est comptable d'aucune faute. Une sorte de Clearstream à la Morin, en somme. Et c'est à ce gars-là que tu fais confiance, JP ?

samedi, 13 novembre 2010

Battue, torturée, violée et condamnée à mort parce que Chrétienne...

asia_bibi.jpgLes Chrétiens d'Orient n'en finissent plus de subir les pires outrages. Hyeronymus sur AgoraVox lançait une cri d'alarme samedi dernier : prémonitoire et rattrapé par l'actualité. Le blog Lyonnitudes relate la vie brisée d'Asia Bibi, Pakistanaise chrétienne battue, violée par des imams devant ses enfants, puis condamnée à mort pour avoir défendu sa foi parce qu'elle était prise à partie (on lui reprochait d'être impure, et on ne voulait pas ainsi boire l'eau qu'elle était allée obligeamment chercher pour les autres).

Le même blogue évoquait le sort horrible des plusieurs familles chrétiennes dans ce pays barbare, au cours des derniers mois.

La presse se désolait, à l'issue des cataclysmes récents qui ont frappé le Pakistan, du peu d'aide venue du monde, au moins dans la sphère occidentale. Vous avez envie d'aide le Pakistan, vous ? Pas moi. Les Chrétiens du Pakistan, oui, volontiers. Mais les autres, tas de fanatiques tarés, détenteurs de la bombe nucléaire en prime,  que faire d'eux ? Qui aurait envie de leur tendre la main ?

Quand je pense aux glapissements hystériques qui secouent certaines franges de l'Islam à la seule mention de l'interdiction du voile chez nous, et que je leur compare ce que les extrémistes ordinaires (finalement plus nombreux qu'on ne le pense) dans cette religion font subir à d'autres religions, particulièrement aux Chrétiens, il y a de quoi désespérer de l'existence un jour d'un Islam modéré, au moins dans cette région du monde, en tout cas.

Mais le ban et l'arrière-ban de la bonne conscience, si prompte à condamner le moindre dérapage du Pape, à vouer l'État d'Israël aux gémonies, se garde bien de porter l'étendard des martyrisés. Ça sent trop mauvais, un Chrétien ?

Asia Bibi doit vivre, et, question d'honneur, nous devons la sauver envers et contre tout. Aujourd'hui elle vient d'être condamnée à mort par l'infâme justice de l'infâme état pakistanais.

Toutefois, je vois que des Blogueurs français, mais sans doute aussi ceux d'autres pays, élèvent leur voix pour défendre cette malheureuse femme. Bravo à ces blogueurs, ce sont les premiers à s'être dressés face à l'oppression et l'injustice, la presse traditionnelle tardant à s'intéresser au sort d'Asia.

Une pétition existe pour s'adresser à nos pouvoir publics et leur demander de prendre la défense d'Asia Bibi.

vendredi, 03 septembre 2010

Pakistan, cas d'école

La crise humanitaire qui frappe à l'heure actuelle le Pakistan illustre à merveille l'absence totale de stratégie efficace en termes de soft power de l'Europe.

Là-bas, tout comme le Hamas dans la bande de Gaza ou le Hezbollah au Sud-Liban, ce sont les Islamistes qui ramassent la mise, parce qu'ils ont une stratégie humanitaire. Sitôt les premières dévastations arrivées, ils se sont précipités pour distribuer de la nourriture, aider à reconstruire, fournir des logements d'urgence, de l'eau et cetera.

A côté de cela, les dons pour le Pakistan transitent par des canaux lourds et inadaptés et arrivent dans des mains souvent corrompues.

Les guerres, elles se gagnent bien en amont des conflits militaires ou de la lutte contre le terrorisme et les guérillas, elles se gagnent dans les coeurs.

Mais l'Europe et les ONG ont une telle absence de réseaux dans les pays ou le radicalisme islamique est virulent qu'elles sont bien incapables, en dépit de moyens parfois considérables, de faire jeu égal avec les organisations islamistes.

Le renseignement des démocraties occidentales n'est pas davantage capable d'aplanir le terrain simplement pour apporter de l'aide. Assurer la sécurité des ONG est évidemment vital, et elles se trouveront vite en butte à la haine de leurs rivales radicales ; en la circonstance, au Pakistan, ce sont les Talibans qui représentent le danger.

Il y aurait  là-bas les conditions d'une alliance objective entre organisations chiites et aide européenne. 20% des Pakistanais sont chiites ; or, ils font l'objet d'attaques très violentes de l'islamisme radical sunnite, comme l'a montré l'attaque de Lahore. On pourrait imaginer qu'ils pourraient constituer l'ossature d'un réseau, avec les deux autres fortes minorités que sont les Chrétiens et les Hindous.

Seuls les USA espèrent capitaliser de la sympathie sur leur aide à la population, mais ils n'ont pas encore mené une véritable réflexion sur la manière de pouvoir toucher le peuple au plus près. 

Pouvoir acheminer le plus rapidement et le plus efficacement possible des secours à des populations civiles touchées par un désastre est un enjeu géostratégique majeur, désormais, auquel les Etat-majors auraient  tout intérêt à prêter la plus grande attention à l'avenir.

mercredi, 29 avril 2009

Massoud, Marielle et l'Afghanistan

Tiens, nouveau scoop en lisant le petit dictionnaire pour aimer l'Europe de Marielle de Sarnez (euro-députée MoDem). Je savais déjà que Bayrou et le Général Morillon avaient rencontré Massoud, mais j'ignorais que Marielle était de la rencontre aussi. A une époque où toute la classe politique, à l'exception de Nicole Fontaine et de Brice Lalonde, refusaient de le rencontrer, rappelons-le.

La mamière de Marielle de lui rendre hommage, du moins, je le suppose, c'est d'écrire tout un article sur l'Afghanistan non à la lettre A comme Afghanistan, mais à la lettre M comme Massoud, tant il a été emblématique de l'espoir de jours meilleurs pour ce pays si tourmenté. Marielle rapporte que Massoud était venu avertir l'Europe : il mettait en garde contre les Talibans, «un système politique qui, au nom d'un Islam dévoyé, nie les droits les plus élémentaires de la personne humaine». Il était également venu parler du Pakistan, qui constituait à ses yeux la base arrière des Talibans, et d'une organisation jusque là quasi inconnue du grand public : Al Qaeda. Comme le dit Marielle, les gouvernants tant français qu'européens restèrent sourds à ses avertissements. Le 09 septembre 2001, il était assassiné, et le 11 septembre, les Twin Towers s'effondraient...

Mais la prescience de Massoud se sera exercée jusqu'au bout : j'écrivais il y a 3 jours que la bombe nucléaire ne devait pas tomber entre les mains des Talibans. On mesure aux inquiétudes grandissantes de la communauté internationale, et à l'impéritie du pouvoir pakistanais combien Massoud avait vu juste en faisant du Pakistan la base de repli des Talibans.

Marielle dresse dans son article un portrait très sombre de l'Afghanistan : pouvoir sans légitimité, forces de la coalition considérées comme une armée d'occupation, explosion de la culture du pavot, pauvreté grandissante de la population, corruption omniprésente.

Tout comme François Bayrou, elle juge que le futur de l'Afghanistan est un enjeu fondamental . Pour la lutte contre le terrorisme, mais aussi pour la stabilité de la région. Prémonition...Depuis la rédaction de cet article, les Talibans, après avoir mis à feu et à sang l'Afghanistan, rongent désormais comme un cancer le Pakistan et sont aux portes d'Islamabad...

samedi, 25 avril 2009

La bombe nucléaire ne doit pas tomber entre les mains des Talibans !

La situation au Pakistan est très préoccupante.Les Talibans qui ont toujours su utiliser la poreuse frontière entre Pakistan et Afghanistan ont réalisé que le Pakistan était en fait militairement très faible. Ils n'ont donc pas tardé à mettre à profit l'absence de décision et de résolution à Islamabad et se sont enfoncés dans la vallée du Swat.
La réflexion stratégique occidentale a longtemps vécu avec l'impression que la supériorité technologique suffisait, même dans une guerre conventionnelle, pour venir à bout de l'adversaire. Or, rien n'est moins sûr : en Afghanistan et au Pakistan, la guerre que mène les Talibans n'est pas seulement une guerre de guérilla, comme on aimerait le croire, mais par moments, une vraie guerre conventionnelle. Les Français qui ont perdu 10 soldats il y a peu dans un épisode de guerre classique ont vocation à être les premiers à y réfléchir. A Dien Bien phû, à sa grande suprises, l'armée régulière française s'est fait battre à plat de couture dans une bataille tout à fait conventionnelle.
Avec un armement suffisant, même s'il n'est pas technologiquement avancé, il se pourrait bien que les forces talibanes soient capables de battre l'OTAN dans le cadre d'une guerre conventionnelle.

Nous ne devrions pas écarter d'un oeil dédaigneux une telle hypothèse, mais la prendre très au sérieux. Au Pakistan, la bombe nucléaire a tenu en respect l'Inde pendant des années, mais elle est sans effet face aux Talibans.

Le silence de l'armée pakistanaise est extrêmement surprenant : les Talibans sont à 100 kilomètres au plus du centre de commandement militaire du Pakistan, et pourtant, le gouvernement se contente d'un improbable cessez-le-feu !

Le monde civilisé ne peut pas prendre le risque d'attendre que les Talibans s'emparent des armes nucléaires du Pakistan. Il ne le peut à aucun prix. Je ne sais pas si les Américains ou les Européens ont prévu un plan B, mais ils feraient bien de s'interroger très vite.

Hilary Clinton va devoir user de tous ses talents de diplomate pour oeuvrer à restaurer la sécurité de la région. Zardari, sans surprise, et le PPP sont le manifeste même de l'incompétence, de la corruption et du népotisme. On a présenté le Parti du Peuple Pakistanais comme une force de progrès. J'ai eu l'occasion de dire ce que je pensais de Benazir Buttho et de son clan sur ce blog. Une famille qui maintient le servage dans son fief ne saurait constituer une force de progrès.

La situation est très grave. Je ne suis ni stratège ni tacticien, ni militaire de carrière, mais il y a au Pakistan les ingrédients d'un cocktail explosif et nucléaire. Le programme iranien, à côté, c'est du pipi de chat.

L'armée pakistanaise a les yeux rivés vers l'Inde, sans prendre garde que le scorpion que ses services secrets ont nourri s'apprête à la piquer. Étrange paradoxe que le sort de ces malheureux pakistanais : les dernières élections ont montré que l'islamisme fanatique reculait là-bas. Les attentats incessants des suppôts des Talibans ont retourné l'opinion publique Pakistanaise contre l'Islam radical et terroriste. Mais les Pakistanais sont tétanisés et attendent en silence, comme hypnotisés par un cobra, leur mort.

Si le terrorisme islamique s'empare des armes nucléaires, il les utilisera. Nous ne pouvons courir ce risque. Ne faut-il pas se préparer d'ores et déjà pour la première fois depuis 60 ans à une véritable guerre ? Non une guerre de guérilla, non une guerre coloniale ou néo-coloniale, mais à une vraie guerre ?

Post scriptum : en farfouillant à droite et à gauche, j'ai trouvé dans un magazine israélien qu'il y aurait un plan se secours : déménager l'arsenal nucléaire en lieu sûr !

lundi, 23 mars 2009

Nucléaire, l'Iran n'est pas un danger

Bien que l'on désigne l'Iran comme un danger potentiel assez régulièrement, je pense, sur le fond que c'est une erreur d'appréciation stratégique que de considérer ce pays comme dangereux pour l'Europe. Et ce, même s'il détenait la bombe nucléaire. Les Iraniens ne sont pas fous et ne sont pas gouvernés par des fous, voilà un élément décisif pour déterminer la dangerosité d'une nation. En réalité, la théocratie persane est avant tout une oligarchie, et, de surcroît, une oligarchie plutôt structurée puisque l'Islam chiite est organisée de manière assez comparable à l'Église catholique. Un ayatollah ne peut pas dire n'importe quoi non plus qu'un mollah, car il doit en répondre devant une autorité politico-religieuse.

On imagine donc mal l'Iran, y compris vis-à-vis d'Israël, se lancer dans des opérations dont les conséquences pourraient être dévastatrices pour son territoire et sa population. Bien plus dangereux est un pays comme la Corée du Nord : d'une part, elle dissémine à n'importe qui la technologie nucléaire et d'autre part elle est dirigée par un tyran. Or, on ne sait jamais ce qui peut passer par la tête d'un tyran, ces derniers étant fortement sujets à des psychopathologies aussi variées que dangereuses.

L'oligarchie n'est pas une garantie de bon sens : la Chine, pendant longtemps, n'a pas hésité à transmettre sa technologie nucléaire. Mais ce faisant, par exemple avec le Pakistan qu'elle a soutenu pour emm.... l'Inde, elle a joué à l'apprenti-sorcier.

Le Pakistan est la paradis du fondamentalisme, et les insurrections ouïgours pourraient trouver à Karachi des soutiens aussi discrets qu'efficaces et meurtriers, jusqu'au jour où une bombe radio-active et sale (comprenez une bombe de terroriste) pètera à la gueule des Chinois, de préférence dans une grande ville. Il sera alors bien temps de reconsidérer la dissémination de la technologie nucléaire.

Le Pakistan, lui est dangereux en raison de l'éparpillement et la semi-vacance du pouvoir. Le PPP ne contrôle que partiellement l'État, et armée et services secrets jouent un jeu trouble sans que l'on sache qui est qui. Les liens du Pakistan avec les Talibans afghans sont anciens. Et les Talibans Afghans sont ceux-là même qui ont hébergé les fanatiques les plus tarés de l'Islam. Ceux qui rêvent tous les jours d'un  holocauste rédempteur.

En réalité, on est bien plus à l'aise pour négocier avec une partie adverse que l'on connaît et dont le pouvoir est structuré et hiérachisé. En ce sens, mieux vaut, par exemple, un Irak ou même un Afghanistan sous contrôle iranien que ces deux pays livrés au chaos. C'est géo-stratégiquement bien moins dangereux. Ce constat n'est pas un plaidoyer pour une telle solution mais simplement un constat.

Pour finir, sur l'Irak comparé à l'Iran : l'Irak avec un tyran et son clan à sa tête était en réalité bien plus dangereux que l'Iran. Parce qu'un tyran est incontrôlable. Il me semble donc que c'est à, l'aune de chaque type de régime qu'il convient d'adapter sa diplomatie et d'estimer le danger. Et je ne m'étonne pas d'y retrouver les considérations de bon sens de Montesquieu, particulièrement sur le despotisme.

mardi, 03 mars 2009

Fatima Bhutto peut-elle succéder à Benazir ?

Apparemment, je suis le seul blogueur français ou presque à m'intéresser à Fatima Bhutto. Et même dans la sphère politique, je suis le seul tout court. Même pas presque. C'est curieux, parce que son nom agitait drôlement les moteurs de rechercher hier. J'ai dépassé les 1000 visites uniques quasiment sur son seul nom. Il est vrai qu'elle défraie la chronique parce que George Clooney est, paraît-il, amoureux d'elle. J'en avais parlé il y a deux-trois semaines.

Fatima Bhutto m'intéresse, parce que je la sais démocrate sans concessions et radicale. Elle pourrait incarner l'espoir d'un renouveau au sein du PPP (parti du peuple pakistanais) au Pakistan. Et ce pays, et ce parti, en ont bien besoin. Le PPP plus qu'un parti démocratique est surtout la chose d'un clan, et très précisément d'un fief avec toute la dénotation féodale que peut avoir ce mot. Fatima Bhutto a déjà fait observer que c'est sous Benazir Bhutto que le Pakistan a reconnu le régime taliban en Afghanistan (un des trois seuls pays au monde à le faire à l'époque) et qu'en dépit de toute la mythologie qui court sur ses supposées convictions démocratiques  (paix à son âme, toutefois) elle n'a jamais aboli le servage dans son propre fief électoral.

Benazir Bhutto était une femme forte et habile, une politicienne de haut niveau. Mener profession politique dans un pays aussi instable et féodalisé que le Pakistan, c'est extrêmement dangereux. Benazir Bhutto en a payé le prix du sang : elle a été assassinée vraisemblablement par des terroristes islamistes inquiets de sa popularité.

Comment la frêle Fatima pourrait-elle assumer une telle charge de pouvoir, de responsabilité et de péril ? Voilà la question que les Pakistanais se poseront si elle vient sur le devant de la scène.

La situation au Pakistan est explosive :

- ce pays qui appartient au club nucléaire ne contrôle quasiment plus sa frontière avec l'Afghanistan au point d'admettre qu'une juridiction religieuse d'origine talibane soit mise en place dans ces zones en lieu et place de ses propres tribunaux. Bien sûr, le PPP traîne des pieds, tente de limiter la portée de l'accord, mais in fine, il co-partage au mieux le pouvoir dans cette région. Imagine-t-on qu'autrefois, on appelait cette région, la Vallée du Swat, la Suisse pakistanaise. C'est dire le niveau de la dégradation économique, sociale et culturelle de l'endroit...

- ensuite, le Pakistan est miné par une menace étatique interne : personne ne contrôle plus vraiment l'ISI, les services secrets pakistanais, qui sont de tous les mauvais coups. Je dirais même que dans l'ISI lui-même, il 'nest pas certains que les membres de ce service secret sachent toujours qui est qui exactement. On ne sait si c'est l'ISI qui a infiltré les talibans et Al-Qaeda ou l'inverse. Le fait est que les frontières sont pour le moins poreuses, en tout cas. Pire, il n'y a pas que l'ISI : si le PPP ne vient pas à bout des islamistes dans la vallée du Swat alors que les partis laïques ont infligé une râclée électorale à des derniers aux récentes élections législatives, c'est que l'armée n'obéit plus et poursuit d'autres buts plus occultes : ménager l'influence talibane en Afghanistan afin de contrecarrer les réseaux Indiens qui s'y développen,t de plus en plus. Cela au détriment de la propre paix civile du Pakistan dont l'armée n'a cure, évidemment.

- Corollairement, le Pakistan ne contrôle pas les mauvais coups qui partent de son territoire. Sa réputation est exécrable et son image en Occident très mauvaise. Les USA se défient de leur allié et n'hésitent plus, désormais, à poursuivre certaines opérations militaires contre les Talibans en territoire pakistanais. Quand le Pakistan a été victime l'année passée d'un cataclysme naturel, très peu de dons privés sont venus des pays occidentaux, à l'inverse de ce qu'il s'était produit pour le Tsunami dans les pays d'Asie. L'individu ordinaire a du mal à admettre de donner de l'argent à celui qui forme ou finance ceux qui viennent ensuite poser des bombes chez lui : on sait que l'Islamisme le plus radical et le plus violent prend sa source dans les Madrasas pakistanaises dont le nombre a plus que centuplé en deux décennies. Il n'y a plus de sécurité au coeur même du territoire pakistanais : ce matin même l'inoffensive équipe de cricket du Sri-Lanka a été attaquée à l'arme lourde par un groupe de terroristes non loin de Lahore, usant de procédés qui n'étaient pas sans rappeler les récents attentats de Bombay.

- A cause du conflit au Cachemire entre autres, la menace permanente d'une guerre plane avec l'Inde, avec le risque de la voir dégénérer en conflit nucléaire.

- la situation économique n'est pas reluisante, avec une dette publique qui explose et une inflation de plus de 15%. En octobre dernier, le pays était au bord de la faillite.

Voilà les défis qu'aurait à affronter Fatima Bhutto si elle décidait d'entrer en politique au Pakistan. Comment cette jeune femme, poétesse et journaliste en Occident, pourrait-elle réussir sans réseaux ? Au moment où j'écris ces lignes, je l'ignore, mais je lui souhaite bonne chance si elle prend la décision de le faire. George Clooney qu'on dit amoureux d'elle et qui s'est souvent engagé pour de justes causes  la suivra-t-il jusqu'au Pakistan si elle y revient ?