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jeudi, 23 avril 2009

Je vais le fumer, le crapaud !

Bon, j'ai réagi hier à un billet du Crapaud du Marais, mais seulement dans les commentaires et sans plus de précisions. Voilà ce que le crapouillot propose (en vrac) pour relancer la machine France.

Dans quels secteurs la France joue encore une place ou pourrait en jouer une ?

Le luxe, le tourisme, les services, l'agriculture, la culture et les technologies de pointe. La dénomination de ces secteurs peut être redondante (par exemple, le tourisme du luxe).

Et donc, parce que nous ne serions présents que dans ces secteurs, il conviendrait, selon le Crapaud, de prendre des mesures pour favoriser ces secteurs. 1ère brillante idée du crapouillot, développer l'étude quasi-exclusive de l'anglais dès la maternelle. Le crapouillot n'a rien compris à ce qu'est une langue s'il s'imagine qu'il suffit d'anôner des goud morningue et maille nême ise Krapouillot pour apprendre l'anglais. En réalité, une langue, c'est avant tout une structure de pensée dont la grammaire et son histoire propre rendent compte. Donc, pour apprendre une langue, le mieux, c'est de maîtriser les notions grammaticales qui sont communes à toutes les langues. Ensuite, si les petits Français commençaient par maîtriser le français, ils seraient certainement plus à l'aise pour apprendre l'anglais ou toute autre langue ensuite. Il faut commencer par le B-A B-A comme on dit. Surtout en maternelle...

Il m'a fait mourir de rire, le Crapaud : développer l'apprentissage du chinois...mais oui, tout cela parce qu'il imagine voir des dizaine de millions de touristes chinois déferler sur notre doulce France. Il faut dire qu'il écrit texto que notre pays va de toutes façons devenir un Eurodisney géant.

Ben désolé, mais perso, j'ai d'autres ambitions pour la France, et j'espère bien que les Démocrates (MoDem) les ont aussi.

La Crapaud propose aussi de laisser tomber tout ce qui ne sert à rien, par exemple, la psychologie, la philosophie, la géographie  ou  encore le latin et le grec. Ben voyons. Soyons des boeufs, c'est mieux. Moi, pas avoir besoin de réfléchir : moi prendre femelle dans le foin et brouter le foin après. Moi pas avoir besoin préliminaires idiots. Pas utiliser assiette et cuillère non plus.  Ça servir à rien. Meeeeuuuuuuhhh !  Quand Moi vois, moi tape, euuuuuh euh, heu heu, meeeeeeuoooûûûh ! Moi, pas avoir besoin de réfléchir , moi pas aimer les embrouilles et les mots compliqués.

Pour le latin et le grec, j'ai compris : c'est vieux, et cela ne sert à rien. Je propose justement d'appliquer le même principe aux Seniors. C'est vieux, et ça ne sert à rien, allez, hop, Soleil vert ! On va en faire du Soylent. Et pour les jolies filles (ou beaux mecs), hop, mobilier !

Bon, en ce qui concerne la fiscalité, si je rejoins l'idée de sucrer l'ISF, je suis très réservé sur l'augmentation de la TVA. Pas trop, parce que aïe l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat. D'ailleurs, pas la peine de réclamer une hausse là pour suggérer une même baisse de la dite TVA sur les activités de tourisme et de restauration.

Justement, c'est un truc qui m'énerve personnellement, et que je trouve peu flatteur pour notre pays, de le voir réduit à une simple destination touristique avec images d'Épinal à la clef. On va devenir quoi ? des mendiants tributaires du bon vouloir des Bwanas venus du Golfe et de Chine ?

Quant à accroître l'impôt sur les successions, encore un truc qui m'énerve. Je m'agace tout à fait de ce qu'en France, on s'érige le droit moral de juger qu'autrui ne mérite pas de recevoir du fric de sa famille. Et le loto, alors, c'est davantage mérité ? Toujours ce vieux fond judéo-chrétien pas sain avec l'argent. Encore une connerie qui va provoquer d'authentiques fuites de capitaux, et à raison. Dis donc, Crapaud, c'est pas la peine de se déclarer de centre-droit pour virer ensuite socialo-marxiste.

En fait, il y a une seule idée que je rejoins, mais qui demande à être améliorée nettement, c'est l'idée d'une filière professionnelle d'excellence (au passage, c'est pas un peu contradictoire de vouloir les flinguer en voie générale dans le même temps ?). Mais il faudrait justement sortir du syndrôme CAP/BEP pour vraiment créer des écoles de l'artisannat avec un statut à part, synonyme d'excellence.

Ce qui me frappe, dans son projet, c'est la volonté de formater l'éducation et de faire en plus des coupes dedans. A l'opposé de ma vision personnelle, et, je le pense, de celle que Bayrou proposait dans son projet d'espoir. Cela participe d'une même logique que celle qui consisterait à réduire une France devenue franchouillarde à un gigantesque parc d'attractions. Non, non, et non.

 

mercredi, 22 avril 2009

Marielle aussi a la banane

581821186.2.jpgMarielle de Sarnez, euro-députée démocrate (MoDem), vient de m'adresser un exemplaire dédicacé de son petit dictionnaire pour aimer l'Europe. Sympa. Du coup, j'ai commencé à la feuilleter. Et je suis tombé, à la lettre B, sur l'article "banane". Eh oui, parce qu'il n'y a pas que Sarko à avoir la banane. L'Europe également, et j'ai trouvé intéressant que Marielle choisisse ce fruit comme symbole d'une politique communautaire. De fait, Marielle, sans dire, rappelle que ce fruit est le plus vendu au monde et représente un marché monumental. Elle oppose dans son article la banane communautaire, issue des petites plantations des Antilles à la banane dollar qui est un enjeu prioritaire pour les plus grosses multi-nationales de l'agro-alimentaire. Or, il se trouve qu'en 1957, à la création de la CEE, une querelle avait fait rage autour de ce fruit entre l'Allemagne qui importait la banane sud-américaine et la France qui la faisait venir d'Afrique et des Antilles. Pour protéger la banane européenne, l'Europe a imposé des quotas de bananes européennes sur le marché communautaire. Or, l'OMC, au nom de la concurrence libre et non faussée souhaite que ces quotas soient supprimés. Alors Marielle a inventé un concept assez intéressant pour défendre cette banane : la banane européenne est un fruit «culturel» parce que sa culture façonne des paysages, fait vivre des milliers de petits planteurs et est partie intégrante des mémoires. Je ne sais pas si l'OMC va l'entendre de cette oreille, mais cela a le mérite d'ouvrir le débat sur l'espace dans lequel l'idée de culture peut s'exercer et sa relation avec l'identité. Une chose est néanmoins certaine : si les Européens imposent des quotas, il faudra qu'ils en acceptent aussi. Et donc, au sein de l'OMC, on pourrait envisager d'échanger ou de définir des "droits" à quotas. Cela pourrait entrer officiellement dans la législation internationale, et ce serait beaucoup plus saint. On pourrait alors imaginer de se servir de ces droits pour favoriser le co-développement en permettant l'émergence d'éco-systèmes de la richesse dans les pays les moins avancés ou en voie de développement. Une idée à creuser, mais qui pourrait faire son chemin. A mes yeux, l'essentiel, c'est l'équité. Il ne doit y avoir de passe-droits pour aucun pays, et tout doit fair el'objet d'une négociation sur des bases claires.

mercredi, 18 mars 2009

François Bayrou érige wikipedia en modèle humaniste

Bon, ben merci à Framablog qui a repéré ces moments (ceux dont je vais rendre compte) dans l'émission du 27 février dernier à laquelle François Bayrou a participé. Très intéressant. Et très juste. Je vois qu'il partage mon enthousiasme pour cette magnifique encyclopédie. Et tout à fait l'idée que je me fais de la culture. C'est bien en ce sens que je vois la culture, comme l'un des Biens supérieurs qu'évoque le groupe Identité et Valeurs de l'Europe du MoDem sur le blog leseuropeens.fr.

Pourquoi est-ce que je suis intéressé par l’univers des logiciels libres ? Pourquoi est-ce que je suis intéressé par l’univers wiki ? Parce que ce sont des modèles de société non marchands. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des gens qui à partir du logiciel libre ne font pas du marchand, ne créent pas des activités économiques, mais Wikipédia, pour prendre un exemple, c’est tout de même impressionnant qu’il y ait une encyclopédie de centaines de milliers de pages sur tout sujet, sans que personne n’ait été là pour des raisons marchandes.

(…)

Mais pour l’essentiel, ne prenez le petit défaut ou la petite faille, prenez le fait massif. Il y a là une encyclopédie, free, libre d’accès, à disposition de tout le monde, qui a été développée par des esprits généreux qui ont simplement voulu faire partager à d’autres ce qu’ils savaient. Vous ne trouvez pas que c’est intéressant. Vous ne trouvez pas que c’est intéressant que on ait des logiciels, des systèmes d’exploitation, qui soient constamment enrichis, bénévolement ou gratuitement. Et donc pour moi il y a là un projet de société qui est intéressant au moins à regarder et à réfléchir parce qu’il veut dire que la loi du profit ne commande pas tout. Qu’elle n’est pas totalement absente, on n’est pas naïf, bien sûr que les raisons économiques sont à prendre en compte. Mais elles ne doivent pas prendre la place de toutes les autres raisons de vivre : raison de chercher, raison d’enseigner, raison de transmettre, raison de s’élever, raison de créer, etc.

(…)

C’est important pour beaucoup de ceux qui vous écoutent sur le Net en particulier. Il y a là quelque chose qui donne de l’espoir dans la nature humaine. Alors comme tout, pas que de l’espoir. Mais il y a là quelque chose qui permet d’avoir une autre vision de l’avenir de l’humanité que cet avenir écrasé qu’on nous promet par ailleurs. Parce que si vraiment, ce que je crains, on est en train en France de mettre en place un réseau d’influence et de pouvoir sur des secteurs entiers de la société, où est la capacité de résistance ? Si vous êtes un citoyen moyen, un jeune garçon, une jeune fille ? Qu’est-ce que vous pouvez faire ? Vous défilez une fois, et après il n’y a plus de défilés comme vous le savez. Bon et bien il y a là, dans cette culture civique, quelque chose qui donne de l’espoir, qui en tout cas à moi me donne de l’espoir.

vendredi, 23 janvier 2009

Michel Barnier et l'exception culturelle

J'ai entendu que Michel Barnier serait tête de liste UMp en île de France. Très bien, l'UMP ne pouvait mieux choisir, c'est un Européen convaincu. Seulement, voilà, j'ai en mémoire l'affaire de l'exception culturelle française, qui date de 2003, et qui fait que je ne saurais voter pour Michel Barnier, même si je n'étais pas engagé au MoDem. A l'époque, Pascal Lamy (PS) et Giscard souhaitent, comme beaucoup de fédéralistes, passer à la règle de la majorité qualifiée sur les questions culturelles. Michel Barnier est alors commissaire européen. Il est évident qu'une telle décision aurait alors sonné le glas de l'exception culturelle française. Giscard sous la pression du gouvernement Villepin essayait alors de trouver un compromis, et ce, en dépit de la position de Michel Barnier qui était de vouloir de la majorité qualifiée partout ! La position de l'UDF, l'ancêtre du MoDem, sur la question s'était avérée fort astucieuse : Majorité qualifiée comme arme offensive pour adopter des lois de protection à l'échelle internationale, unanimité (donc droit de veto de fait) pour pouvoir défendre la diversité culturelle chaque fois qu'elle est menacée.

Ce que j'ai conclu de cette affaire, c'est que Michel Barnier n'était pas prêt à défendre la culture française, bien au contraire, mais plutôt à la sacrifier sur l'autel de l'Europe du commerce.

Or, François Bayrou l'a dit à maintes reprises, et deux groupes thématiques Europe du MoDem (Culture, Identité et valeurs) travaillent justement entre autres sur ce thème, la culture fait partie, du point de vue du MoDem, d'une catégorie de Biens, dits Supérieurs, qui ne sont pas merchandisables (pardonnez l'horrible néologisme). C'est en ce sens que l'UDF avait étendu la notion d'exception culturelle à celle de diversité culturelle, estimant que chaque nation avait droit à son exception et que ce n'était pas négociable.

Nous avons donc, au MoDem, une divergence de fond avec Michel Barnier, qui considère manifestement la culture comme un produit commercial comme un autre...

vendredi, 31 octobre 2008

Jean Lassalle et la politique de civilisation de Nicolas Sarkozy

Lassalle.jpgEt paf, il ne l'a pas loupée la Christine, not' bon Jean : voyez donc plutôt sa question écrite au gouvernement sur la fameuse politique de civilisation de Nicolas Sarkozy...(question écrite 32005)

M. Jean Lassalle attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur les éventuelles difficultés que celui-ci pourrait éventuellement connaître dans la mise en oeuvre de la "politique de civilisation" prônée par le Président de la République, au regard notamment de l'orientation qui semble être prise en matière de politique culturelle. Dans le domaine muséal, la suppression de la direction des musées de France va effectivement entraîner une autonomie administrative qui débouchera très certainement à plus ou moins long terme sur une autonomie financière. Il est à craindre que cette autonomie, conjuguée avec une éventuelle application du projet d'aliénabilité des collections de nos musées, ne les ramène à une situation dramatique de malthusianisme économique. Alors, condamnés à choisir entre le maintien, la survie de nos musées, chapelles intemporelles de notre patrimoine culturel, et la vente des oeuvres qui constituent ce même patrimoine, on peut redouter l'appauvrissement forcé de nos collections. Ainsi donc, l'État remplirait ses caisses en vidant sa vitrine. En conséquence, il lui demande de fournir les explications nécessaires à la compréhension de notre future politique de civilisation. (j'adore cette conclusion de Lassalle :-) Moi aussi je ne comprends pas la politique de civilisation du Président !!!)

Juste une petite remarque, au fait ; le JO avait publié, le 15 janvier dernier, la question 14807 de Jean Lassalle sur l'inaliénabilité des collections publiques d'oeuvre d'art. Je crois même que j'avais fait une note à ce sujet (oui, ça me revient : c'était sur les musées et la Caverne d'Ali Baba. J'aurais du l'intituler Les musées, la Caverne d'Ali-Baba et les 40 voleurs, tiens...Je republie la question, toujours sans réponse à ce jour :

M. Jean Lassalle interroge Mme la ministre de la culture et de la communication sur l'inaliénabilité des collections détenues par les musées français. Dans la lettre de mission en date du 1er aout 2007 remise à Mme la ministre conjointement par le Président de la République et le Premier ministre, il lui a été demandé « d'engager une réflexion sur la possibilité pour les opérateurs publics d'aliéner des oeuvres de leur collection sans compromettre naturellement le patrimoine de la nation, mais au contraire dans le souci de le valoriser au mieux ». Sachant que la majorité des conservateurs se sont élevés contre cette idée, notamment par l'intermédiaire de M. Loyrette, président-directeur du Louvre, et Mme Francine Mariani-Ducray à la direction des musées de France, sachant que les risques de dérives mercantiles sont à craindre dans la perspective d'une aliénabilité des oeuvres, sachant que le mythe des cavernes d'Ali Baba enfouies sous nos musées a été démenti par les conservateurs eux-mêmes à plusieurs reprises, il est possible de se questionner sur la nécessité d'un tel projet. Par ailleurs, cette politique de commercialisation des collections, déjà pratiquée aux États-Unis, a prouvé sa dangerosité en rendant possibles les erreurs d'évaluation des oeuvres, qui ont entraîné des drames financiers pour les musées concernés. Il lui demande en conséquence de prendre en compte ces éléments afin de procéder en concertation avec les acteurs concernés à une réelle évaluation de cette problématique.

mardi, 28 octobre 2008

Europe et identités nationales

Flaminia Bussacchini, adhérente démocrate, membre d'un groupe de travail du MoDem sur l'Europe, nous fait l'honneur de publier sur notre blog cette réflexion sur la construction de l'Europe.

L'Europe s'est construit et a trouvé sa principale raison d'être sur les ruines laissées par les Etats européens nationalistes. Elle s'est principalement construit contre les nationalismes des Etats coupables des pires horreurs et tragédies humaines. L'Europe s'est donc fondée sur le principe selon lequel il fallait transcender nos propres identités au bénéfice d'une plus fédératrice, civilisatrice, moins partisane parce-que portée par l'intérêt commun, l'identité européenne.
Le principe unitaire était que plutôt de se faire la guerre, il fallait travailler ensemble et faire la paix. Le projet commun était l'Union sans cesse croissante entre tous les peuples. En fait, l'identité européenne émergerait quelque part d'un principe utilitariste: les hommes étant devenus raisonnables et rationnels, cette identité européenne se forgerait au fil des ans et serait la résultante d'un constat, ayant travaillé ensemble, les ressortissants européens comprendraient ce qui les lie et se forgeraient une nouvelle identité basée sur l'intérêt commun. L'identité européenne se basait sur le principe de la raison contre celui de la déraison portée par les nations.

Or, la globalisation et ses transformations économiques et sociales sans précédent, l'uniformisation des modes de vie ont accentué la crainte chez de plus en plus de citoyens de la perte de repères, de la dilution de la souveraineté nationale au profit d'entités perçus comme étant technocratiques et anti-démocratiques. Qui plus est, l'élargissement à douze nouveaux Etats européens a considérablement changé la donne. Font désormais partie de l'Europe des Etats qui ont fait le choix d'autres modèles économiques, sociaux et sociétaux, accentuant l'hétérogénité des situations et des spécificités nationales. La base de ce socle commun devient de moins en moins homogène, stable et appelle à différentes interprétations.

Le principe utilisariste qui a fondé l'identité européenne trouve quelque part ses limites dans la mesure où toute société requiert un affectio societatis -quelque part un élément qui ne relève pas de la raison mais de la volonté de vivre en commun. Et cette volonté de vivre en commun se fonde sur une communauté de partage et de destin. Quelque part, si les ressortissants européens se déclarent européens, se sentent-ils pour autant partie d'un même destin, commun à l'ensemble des peuples d'Europe?

De manière remarquable, l'identité européenne a quelque chose d'un négatif. Elle se forge contre quelque chose et elle se ressent quand elle est opposée à d'autres choix, d'autres modèles de société. Je ne me suis jamais sentie aussi européenne -et surtout fière d'être européenne - que quand j'étais aux Etats-Unis. Là je me suis rendue compte que nous défendions un autre modèle de société et de civilisation, qui nous est propre et fait notre richesse. mais c'est aussi ce modèle qui force l'admiration d'autres régions du monde, qui nous l'envie et qui souhaitent s'en inspirer. L'ironie dans l'histoire est qu'au sein de nos frontières, nous avons du mal à trouver cet affectio societatis mais qu'en dehors de nos frontières nous comprenons réellement sa valeur et spécificité et combien ce modèle exerce un force d'attrait incroyable sur d'autres peuples et nations.

Comment sortir de ce dilemne? L'Europe de demain c'est une Europe qui accepte les sentiments nationaux, qui ne se fonde plus sur leur négation ou condamnation sous prétexte que ces sentiments exacerbent la part de toute homme, celle de la folie, de l'irrationnel. C'est une Europe qui reconnait ses diversités nationales, qui fait une place à tous dans l'idée que notre richesse vient de notre diversité. Et que l'un n'exclut pas l'autre, au contraire. Le ciment de l'Europe de demain viendra à mon sens de sa capacité de projection sur la scène internationale. En défendant sur la scène internationale les valeurs en lesquelles elle croit, elle donnera un sens, une raison d'être "positive" cette fois à son action. Nous vivons un moment historique, une formidable fenêtre d'opportunité de faire entendre la voix de l'Europe, cette Europe qui depuis si longtemps a toujours défendu et promu un modèle de société où l'homme est au centre. Elle a cette chance extraordinaire d'influer sur le cours du monde et en même temps de rendre de la fierté à ses peuples et de leur donner à croire en un destin commun.

10:05 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : culture, europe, identité, modem |  Facebook | | |

mardi, 21 octobre 2008

L'Europe ignore sa culture

Je reviens à nouveau sur la problématique de la culture européenne : ce qui me frappe, c'est l'absence de projet en Europe sur ce sujet. La culture ne représente que 0.03% du budget européen. Et ces 0.03% ne financent que des programmes de découverte réciproque des cultures européennes. Je ne crois pas qu'il y ait une volonté sciente de laisser la culture de côté au sein des commissions et du Parlement européens, mais je crois plutôt qu'ils ne savent pas comment faire.

Dire ce qu'est la culture européenne, c'est un enjeu fondamental, car cela permet d'établir pas uniquement sur des bases mercantilistes les raisons pour lesquelles l'Europe va accepter une nation plutôt qu'une autre en son sein. Cela contribue à permettre de dire si la Russie, la Turquie, par exemple, sont européennes ou non. Cela permet également de contingenter le raisonnement géostratégique réduit à lui-même. Je ne dirais pas que cette question apporte LA réponse à toutes les autres, mais elle est fondatrice à plusieurs titres.

C'est un sac de noeud qu'il n'est pas aisé de démêler. Est-il pertinent ou non, par exemple, de chercher le plus petit dénominateur commun aux cultures européennes ? Comment définir une culture européenne, et j'emploie bien ici "une" dans sa catégorie grammaticale d'article indéfini.

Un article de wikipedia tente de sérier sans prétention, mais avec rigueur ce qui contribue à définir une culture européenne. Il n'y a pas de réponse mais des élements avec leurs limites : prégnance de l'indo-européen (mais pas seulement) dans les langues, culture politique et juridique commune issues du droit romain et de la philosophie grecque, fonds mythologique gréco-latin dans l'art européen, par exemple.

Il appartient au Mouvement Démocrate, et, je l'espère au Parti Démocratique Européen ainsi qu'à l'ADLE de s'emparer de cette problématique tout à fait centrale, et abondamment négligée par les autres partis européens, ou, tout du moins, réduite aux poncifs qu'un Charles Courtel dénonce à juste titre.

 

 

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lundi, 20 octobre 2008

Culture de l'Europe ou Europe des cultures ?

Je viens de lire une analyse passionnante et très puissante de Charles Coutel, doyen de la faculté de droit Alexis de Tocqueville de Douai : l'objet de son écrit, intitulé "Y-a-t-il une culture européenne" est d'interroger le rapport de l'Europe à sa culture. Outre de nombreuses réflexions très intéressantes sur l'intégration d'autres cultures au sein d'une culture européenne, Charles Coutel pose une hypothèse très forte : il n'y a pas de culture européenne, mais il y a une européanisation des cultures.

J'aime beaucoup sa démarche : il observe que l'appauvrissement de l'idée de culture génère une occultation de la complexité que recouvre l'idée d'Europe. Ainsi, il remarque que l'on parle plus volontiers d'environnement socio-culturel que de nécessité de se cultiver, par exemple.

Il dénonce le règne du bon sentiment et des poncifs de toutes sortes, à commencer par le fameux droit à la différence dont l'effet pervers le plus notable est de margninaliser une approche universaliste et humaniste de la culture : dans cette dernière optique, la culture permet une expérience très riche de proximité avec la culture de l'autre qui est pourtant différente.

En somme, le lieu commun de la diversité des cultures empêche les cultures diverses de ses définir un lieu commun pour parler de leur altérité et leur identité...

Or, la construction de chaque langue montre justement qu'un culture, dont elle est le reflet, peut accueillir en son sein l'altérité : l'anglais, le français, par exemple, sont emplis de mots issus de cultures et de langues étrangères. Cet accueil de l'autre n'est pas une négation de soi, mais plutôt une forme d'hospitalité (j'aime beaucoup ce terme, employé par Charles Coutel).

Cette réflexion est essentielle pour se représenter le ferment d'une culture européenne commune : cette communauté intègre un subtil processus d'imitation, de même que les Romains se définissaient comme les héritiers des Grecs et intégraient chaque nouvelle culture des peuples conquis.

Il convient donc de définir une hospitalité réciproque entre les cultures européennes afin de semer le germe non d'une culture européenne, mais bien d'une européanisation des cultures. Cette hospitalité a vocation à intégrer l'aspiration à l'universalité de chaque culture européenne, parce que cette aspiration est la maison commune de toutes ces cultures.

Je n'ai pas exactement repris l'analyse de Charles Coutel, mais m'en suis librement et largement inspiré pour construire ma propre réflexion sur le sujet. Je voudrais ajouter, toutefois, que la culture gréco-latine est un exemple d'européanisation (et même plus largement) de plusieurs cultures avant la lettre. Elle a donc vocation à nous servir de référence, et à constituer, à cet égard, la fondation de notre maison commune européenne.

 

jeudi, 10 juillet 2008

Ras le bol de la mixité sociale

S'il y a bien un concept dont on nous bassine les oreilles tant à droite qu'à gauche, c'est la fameuse mixité sociale, concept fumeux par excellence.

Alors, hop, un bon coup de pied dans la fourmilière pour déterrer les arrière-pensées.

Parce que le credo, c'est de se dire que l'on va mélanger les classes sociales, et que par l'opération du Saint-Esprit, les classes sociales défavorisées vont s'élever.

Du flan.

La vraie question, c'est de savoir si l'on veut que l'ascension sociale soit possible. Or, absolument rien ne garantit que la dite mixité sociale garantisse cette possibilité d'ascension. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi sous les 3ème et 4ème républiques l'ascension sociale a ététrès forte, alors que la France vivait dans une société encore rurale avec plus de 80% de citoyens à la campagne, et des barrières nettes entre classes sociales ? Il est vrai que nous vivons dans une société urbaine et de loisirs. Autrefois, il fallait choisir entre les durs travaux de la ferme et les études. Aujourd'hui, on doit faire le choix entre le savoir et la play-station.

Donc, je refuse l'équation mixité sociale = ascension sociale. La gauche, et particulièrement les bourdieusistes ont contaminé à l'envie la sphère politique avec cette idée reçue. 

Une vraie politique sociale, c'est donner la possibilité à toutes les classes sociales d'intégrer les élites de la nation dans tous les domaines, sachant, que bien évidemment, cela ne pourra concerner qu'un nombre restreint d'individus. Il y a aura donc une sélection, et elle se fera au mérite et à la compétence.L'illusion égalirariste, c'est de dire qu'il y en aura pour tous.

Un véritable objectif de mixité sociale, c'est de favoriser la perméabilité entre classes sociales, et, pour cela, il faut permettre aux individus les plus ambitieux et les plus compétents de pouvoir s'extraire de leur milieu ambiant. Le mélange des milieux ambiants, je suis loin d'être convaincu que cela soit productif. On asseoit au contraire le règne de la médiocrité.

Pas de classes d'excellence pour produire des élites, par exemple, dans les écoles, irresponsabilité généralisée au sein des entreprises (les grosses, du moins) et des administrations.

17:31 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : social, mixité, culture, école |  Facebook | | |

jeudi, 05 juin 2008

Albanel va nous faire passer pour des charlots..

Dans la série "le ridicule ne tue pas", cette initiative aussi comique que navrante de l'actuel Ministère de la culture : lancer un appel d’offres afin d’assurer la traduction en huit langues, par système automatique, des sites internet du Ministère.

Evidemment, pas de relectures pour les traductions ainsi obtenues. Effet boeuf garanti auprès de nos interlocuteurs étrangers...

Bref, le Syndicat national des traducteurs professionnels (SFT) et l’Association des Traducteurs Littéraires de France (ATLF) ont manifesté leur étonnement auprès de la ministre . Mais, dotés d'un sens de l’humour certain, ils ont envoyé la missive à Mme Albanel en deux versions : la version française originale, et une version française retraduite en français d’après une version anglaise par le logiciel Google que ses services comptables semblent appeler de leurs voeux.

Il faut lire les deux versions, et ne pas boire de café, coca ou chocolat devant le clavier en lisant la chose...

http://www.atlf.org/IMG/pdf/LettreMmeMinistre.pdf

Imaginons la même chose dans d'autres langues, et on comprendra pourquoi on va passer pour des charlots aux yeux du monde entier...