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mercredi, 22 avril 2009

Marielle aussi a la banane

581821186.2.jpgMarielle de Sarnez, euro-députée démocrate (MoDem), vient de m'adresser un exemplaire dédicacé de son petit dictionnaire pour aimer l'Europe. Sympa. Du coup, j'ai commencé à la feuilleter. Et je suis tombé, à la lettre B, sur l'article "banane". Eh oui, parce qu'il n'y a pas que Sarko à avoir la banane. L'Europe également, et j'ai trouvé intéressant que Marielle choisisse ce fruit comme symbole d'une politique communautaire. De fait, Marielle, sans dire, rappelle que ce fruit est le plus vendu au monde et représente un marché monumental. Elle oppose dans son article la banane communautaire, issue des petites plantations des Antilles à la banane dollar qui est un enjeu prioritaire pour les plus grosses multi-nationales de l'agro-alimentaire. Or, il se trouve qu'en 1957, à la création de la CEE, une querelle avait fait rage autour de ce fruit entre l'Allemagne qui importait la banane sud-américaine et la France qui la faisait venir d'Afrique et des Antilles. Pour protéger la banane européenne, l'Europe a imposé des quotas de bananes européennes sur le marché communautaire. Or, l'OMC, au nom de la concurrence libre et non faussée souhaite que ces quotas soient supprimés. Alors Marielle a inventé un concept assez intéressant pour défendre cette banane : la banane européenne est un fruit «culturel» parce que sa culture façonne des paysages, fait vivre des milliers de petits planteurs et est partie intégrante des mémoires. Je ne sais pas si l'OMC va l'entendre de cette oreille, mais cela a le mérite d'ouvrir le débat sur l'espace dans lequel l'idée de culture peut s'exercer et sa relation avec l'identité. Une chose est néanmoins certaine : si les Européens imposent des quotas, il faudra qu'ils en acceptent aussi. Et donc, au sein de l'OMC, on pourrait envisager d'échanger ou de définir des "droits" à quotas. Cela pourrait entrer officiellement dans la législation internationale, et ce serait beaucoup plus saint. On pourrait alors imaginer de se servir de ces droits pour favoriser le co-développement en permettant l'émergence d'éco-systèmes de la richesse dans les pays les moins avancés ou en voie de développement. Une idée à creuser, mais qui pourrait faire son chemin. A mes yeux, l'essentiel, c'est l'équité. Il ne doit y avoir de passe-droits pour aucun pays, et tout doit fair el'objet d'une négociation sur des bases claires.