Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 21 juin 2010

Belleville, insécurité au quotidien

Plusieurs milliers de membres de la communauté chinoise ont manifesté à Belleville aujourd'hui. A vrai dire, ce quartier est en déliquescence depuis fort longtemps.

Pas besoin de chercher bien loin : il y a des cités de ce côté-là, et c'est clairement la racaille qui en est issue qui commet allègrement crimes et délits.

Ils tirent sur les policiers, volent les commerçants chinois, violent les femmes sans papiers qui ne peuvent se plaindre, dérobent les biens des oeuvres sociales, dealent, et bref, rendent la vie difficile aux habitants du quartier.

Oh, bien sûr, les explications sociologiques ont toujours cours dans les salons de la gauche sociale...

On trouve même des conseils de quartier (probablement à la botte des majorités locales) pour refuser la mise en place de la vidéo-surveillance.

D'accord pour juger que ce n'est pas suffisant, mais cela aide clairement à identifier des coupables, et on l'a vu notamment dans plusieurs affaires criminelles récentes.

Ce que je crains, c'est que le refus de traiter l'insécurité par les pouvoirs publics, tout comme à la fin des années 2000, n'ouvre un nouveau boulevard au Front National dans les années à venir.

Je vois bien revenir les beaux esprits hurlant à la réaction dès que l'on tient un langage ferme sur le sujet. Comme en 2002.  Tiens, je viens de lire le billet de Birenbaum sur Villepin. Il lui reproche d'avoir imposé le thème de l'insécurité en 2002. Désespérant. Il n'a rien compris à 2002. Le problème, ce n'est pas le thème, le problème, c'est de n'avoir rien fait dans ce domaine si longtemps. Les thèmes ne s'imposent pas par l'opération du Saint-Esprit : on a beau dire aux gens qu'ils fantasment, qu'ils sont hideux, qu'ils sont racistes, que ce sont des réactionnaires, et cetera, les faits sont têtus, et à les nier, ils finissent par vous revenir dans la gueule comme un boomerang.

Je voudrais éviter de voir 2012 comme une répétition de 2002. Je suis convaincu que la sécurité reviendra, parce que l'échec de Sarkozy (mais en réalité, on ne peut parler d'échec puisqu'il n'a rien fait, mis à part de l'agitation) est total et sans appel. Même Delanoë, bobo-compatible s'il en est pourtant, a compris qu'il ne fallait pas jouer au con avec la sécurité, et je le crois plutôt sérieux sur ce sujet.

 

00:01 Publié dans Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook | | |

mardi, 08 juin 2010

Le MoDem16 pour le maintien de Roland Garros à Paris

En ces temps de tennis, s'il est bien une polémique qui fait couler de l'encre, c'est de déterminer ce qu'il va advenir de Roland Garros. Le président de la Fédération Française de Tennis, qui dispose d'une concession auprès de la ville de Paris pour 1.9 millions d'euros par an, estime que Roland Garros est trop petit et que faute de pouvoir l'étendre, il faut envisager un déménagement. Versailles, Marne la Vallée ont été évoqués. Pendant longtemps inconsciente du danger, la mairie de Paris a réagi in extremis en avril dernier en proposant un plan d'extension des cours de tennis. Problème : le projet mord sur les Serres d'Auteuil et réquisitionne un stade, Georges Hébert, normalement dévolu aux scolaires. J'ai pu avoir la réaction de Béatrice Lecouturier, élue MoDem du 16ème arrondissement de Paris, aux propositions de la mairie.

document?id=13935&id_attribute=120Le MoDem du 16ème arrondissement a pris connaissance du projet d'aménagement de Roland Garros présenté par Monsieur Delanoë. Si les élus démocrates partagent avec d'autres élus la volonté de maintenir Roland Garros à Paris, ils ne peuvent admettre que cela soit au détriment des Serres d'Auteuil. Ils n'appuieront un aménagement du stade Georges Hébert que s'ils reçoivent la garantie que ce dernier continuera d'accueillir des scolaires.

L'agrandissement indéfini de l'espace de Roland Garros n'est pas une fatalité pour en faire un grand tournoi. Sa dimension humaine et familiale pourrait être à l'avenir sa marque de fabrique. Raphaël Nadal déclarait récemment : « Roland-Garros a son histoire et cette histoire est ici et pas ailleurs. C’est pour ça que je voudrais que le tournoi reste ici » et encore « Ici, ça respire l’histoire du tennis. Bien sûr, le tournoi restera grand s’il va ailleurs, mais il y perdra un peu de son essence ».

Le MoDem 16 ne peut qu'approuver ces paroles empreintes de vérité. Le «Big is beautiful» ne devrait pas être l'alpha et l'oméga des aménagements urbains. Il appelle donc la majorité de la ville de Paris, et celle (UMP) du 16ème arrondissement à s'accorder pour valoriser Roland Garros autrement que par sa seule extension.

Le Big is beautiful, tiens, ça me rappelle quelque chose : n'est-ce pas Bayrou qui jugeait, récemment, que c'était le «Small», qui était «beautiful» ? En effet, il rappelait que la constitution des métropoles telles que voulues par le gouvernement allait déposséder nombre de communes limitrophes de tout droit de regard sur l'aménagement de leur territoire.

Je suis content que nous partagions, au MoDem, la même vision que Nadal. J'ai cru comprendre que Federer était moins clair, estimant aussi que s'il y avait de gros intérêts pour le déménagement, cela pouvait se comprendre. Bon, c'est Nadal qui a gagné le dernier tournoi. Tant mieux... Bref, c'est tout de même fort que plus aucun maire, et particulièrement Delanoë, ne puisse désormais envisager le développement de leur ville sans être frappé de gigantisme. Au fait, pourquoi cette question n'est-elle pas à l'ordre du jour du Conseil de Paris ? Il avait lieu hier et continue aujourd'hui...?

En la circonstance, ce n'est pas Delanoë, le principal coupable, même, si comme d'habitude, il va essayer de s'asseoir sur revendications des riverains ; le coupable, c'est un modèle de développement qui vise le "toujours plus", plus loin, plus grand, plus de spectateurs, plus de publicité, plus d'argent et...moins d'humanité...

Je suis satisfait de voir le MoDem entrer en résistance contre ce modèle sportif-là. Roland Garos peut et doit rester à la Porte d'Auteuil, parce que c'est une part de l'histoire du tennis et même bien plus. Nadal a raison.

 

jeudi, 13 mai 2010

Halles de Paris, le MoDem communique.

Alors que les défauts du projet actuel s’accumulent, Jean-François Martins, Conseiller de Paris, Mouvement Démocrate, estime que la rénovation des Halles doit faire l’objet d’un nouveau concours d’architectes pour voir émerger un nouveau projet plus solide, plus fiable et plus ambitieux

Le tribunal administratif de Paris vient de confirmer la suspension du permis de démolir du jardin des Halles suite au recours qu’avait déposé les associations locales et riverains engagés dans l’avenir des Halles.

Après l’épisode des elegissements et galléries non prévus par le maître d’œuvre et qui compromettent la possibilité de faire sur les Halles un jardin plat comme cela était prévu, c’est désormais dans la même semaine le tribunal administratif qui vient une nouvelle fois souligner le manque de précision, de maturité et de professionnalisme du projet porté par Bertrand Delanoé et son équipe.

Un jardin qui ne verra pas le jour, des frais de maîtrise d’œuvre qui dépassent chaque jour le marché initialement prévu, un projet de canopée dont la faisabilité technique n’est pas avérée et un projet urbain et humain peu clair pour cet ensemble pourtant primordial au cœur de Paris….Tout semble désormais démontrer l’échec du projet actuellement retenu et la nécessité  d’une nouvelle ambition, d’un professionnalisme accru et d’une remise à plat des projets.

Plutôt que d’en faire une question d’orgueil ou d’amour propre, le Maire de Paris doit profiter de cette décision administrative pour reconnaître que son projet est perfectible et ouvrir dès à présent un nouveau concours d’architecte pour l’émergence d’un projet pour les Halles plus sérieux, plus fiable, plus en accord avec la Ville et son histoire et résolument tourné vers l’avenir.

A vrai dire, à titre personnel, j'aurais été bien plus radical que Jean-François Martins, l'élu MoDem du Conseil de Paris. Il y a une manie de Delanoë à vouloir laisser son empreinte partout et à engager des dépenses somptuaires en conséquences.

 

Halles1.jpg

 

Je trouve le quartier fort plaisant et esthétique à l'heure actuelle. Je ne vois nullement l'intérêt de travaux pharaoniques, en revanche, comme Parisien, j'en considère bien les conséquences : les impôts locaux ne cessent de flamber ! Encore +10% l'année prochaine ! Ces temps difficiles pour les Français auraient justifié un réajustement sensible des ambitions municipales. Une rénovation en sous-sol et un toilettate en surface. Mais non, il faut toujours qu'il en rajoute et qu'il fasse son Haussman alors que le jardin actuel est à maturité et satisfait plus que largement ses usagers. Quid de la place René Cassin ? Quid du jardin d'aventures Claude Lalanne ? Quid de la vue sur Saint-Eustache, définitivement gâchée par une canopée de verre qui coûtera une fortune en nettoyage ?

Une délibération devrait avoir lieu en juin au Conseil de Paris pour autoriser le maire à démolir : j'espère que l'élu MoDem s'y opposera vigoureusement.

00:43 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : modem, halles, paris, martins, delanoë |  Facebook | | |

samedi, 08 mai 2010

Tabagisme, l'autre bilan de Sarkozy

C'est à un bilan sans concession que s'est livré Juan de Sarkofrance, aujourd'hui : trois années d'échecs de la politique sarkozyste en terre de France. A vrai dire, je n'ai pas grand chose à ajouter à cette charge tant elle me paraît particulièrement lucide. Je vais toutefois apporter ma petite pierre à l'édifice avec un sujet qui me tient à coeur : le tabagisme des jeunes.

L'augmentation de la consommation de tabac chez les collégiens et lycéens parisiens est tout simplement hallucinante depuis 2007 : +144%. Pire, +170% chez les filles. La campagne de Jacques Chirac, des années 2003 et 2004 semblaient pourtant avoir atteint son but avec un effondrement de la consommation de tabac au sein de la jeunesse. L'association Paris Sans Tabac accuse les arbitrages opérés à l'Élysée depuis 3 ans : suppression des subventions aux associations, réduction des fonds affectés à la prévention, fleurs aux fabricants de tabac, et cetera.

Je ne suis pas en mesure de vérifier ces affirmations, mais si un plan et une action des associations semblaient avoir donné des résultats, c'est une vue à très court-terme et une bêtise que de leur avoir coupé le robinet à subventions.

Pour ce que je vois des campagnes anti-tabac, je constate qu'elles peinent à convaincre les jeunes, parce qu'elles ne sont pas conçues spécifiquement pour ces derniers. On l'oublie souvent, mais le cerveau d'un adolescent n'est pas fini (c'est d'ailleurs fort plaisant de le leur rappeler...). Particulièrement, toute la sphère de l'anticipation et de la projection dans le temps ne fonctionnent pas comme chez les adultes ; il est donc sans doute assez peu efficace de baser un message sur les dégâts opérés dans le temps.

En revanche, les adolescents sont très soucieux de leur image, préoccupation caractéristique de leur âge, et de leur intégration sociale parmi leurs pairs. Il faut donc appuyer là où cela fait mal : qu'on parvienne à les convaincre que puer de la gueule au tabac froid, c'est tout sauf séduisant, et on peut franchir un premier pas. Qu'on les amène ensuite à se représenter qu'un fumeur n'a rien d'un rebelle mais au contraire relève du serial-loser catégorie tobacco-victim, et on pourrait obtenir d'autres avancées. Cela ne dispense évidemment pas de les prévenir incidemment sur les risques qu'ils encourent en terme de santé et de développement intellectuel.

Aucune campagne ne pourra être efficace sans travailler de concert avec les leaders d'opinion auprès des jeunes. Un vrai travail de fond qui demande autre chose que du saupoudrage.

18:01 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : société, paris, tabac, sarkozy |  Facebook | | |

lundi, 03 mai 2010

Paris pollue-t-il Issy ?

J'ai trouvé assez comique l'interrogation d'une élue socialiste d'Issy les Moulineaux. En novembre dernier elle s'étonnait de que la municipalité d'Issy ne renouvelle pas une concession à AIRPARIF en vue de mesurer les taux de pollution dans la zone. Kathy Similowski n'a pas manqué d'y voir une stratégie de la majorité de Santini pour éviter de devoir publier des chiffres désagréables pour la qualité de l'air à Issy les Moulineaux.

Les causes ? Les voilà selon cette élue :

L'accroissement du flux de circulation automobile en bord de Seine (RD7, RD1) mais aussi périphérique et boulevards extérieurs d'une part, et le fonctionnement à plein régime d'Isséane d'autre part, font-ils craindre aux politiques des retombées nuisibles en terme d'images mais aussi de santé (maladies cardio-respiratoires ; asthme, infarctus.. et certains types de cancers) ?

J'aurais bien aimé qu'elles finissent son raisonnement, cette élue : qui engorge le périphérique par sa politique de circulation depuis maintenant bientôt dix années ? Le périphérique, et bien sûr, toutes les déports qui peuvent exister sur la proche banlieue...C'est l'ami Delanoë. En somme pour satisfaire sa clientèle boboisée et shootée à l'écologie de salon, il envoie toutes les fumées d'échappement de Paris sur ses proches voisins... Kathy Similowski devrait lui envoyer une lettre de réclamation : je la signerai volontiers, en ce qui me concerne. Moi aussi, j'aimerais bien qu'Airparif vienne prendre la mesure de l'air là où les blocages des grands axes et les travaux de voiries ont entraîné un report de circulation sur des petites rues avoisinantes...

18:26 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : paris, issy, pollution, delanoë |  Facebook | | |

mercredi, 21 avril 2010

Voies sur berges, position officielle du MoDem parisien

La presse n'a repris qu'une seule phrase du communiqué officiel à l'AFP de Jean-François Martins, conseiller de Paris pour le MoDem. L'hérétique se l'est procuré dans son intégralité pour l'édification de ses lecteurs et des Parisiens. Le voici :

 

La reconquête de la seine et de ses abords par les parisiens pour les loisirs, les promenades et un nouveau partage de l'espace public est sans aucun doute le bon cap à suivre. Paris est aujourd'hui l'une des rares grandes villes fluviales a faire si peu profiter ses habitants de ses bordures de Fleuve. C'est exactement le sens de la proposition que nous défendons depuis 2008 de "création d'une coulée bleue" à Paris, à l'image de la promenade plantée - coulée verte - de l'est parisien.
Cependant la solution qui consiste à faire ce choix au détriment des parisiens, en sacrifiant le centre de Paris à l'engorgement systématique et en supprimant une option utile et efficace pour traverser Paris de part en part est une mauvaise solution qui nous conduirait à sacrifier la qualité de vie de centaine de milliers de Parisiens pour cet objectif pourtant juste d'aménagement urbain"
"La reconquête des bords de Seine est un tournant majeur de l'aménagement parisien et la ville de Paris ne peut le faire contre ses habitants, j'appelle donc à l'ouverture de concertations et d'une étude publique de l'impact de la fermeture des voies sur berges  et l'étude exhaustive de toutes les autres options permettant de créer cette "coulée bleue" tout en garantissant la fluidité de toutes les mobilités le long de la seine. Des solutions nouvelles et durables doivent être imaginées au delà des solutions temporaires et précaires proposées aujourd'hui pendant les 5 semaines annuelles de Paris plage où les berges sont fermées."

Ouf ! Cela méritait d'être dit. J'ai cru comprendre que l'autre famille centriste parisienne avait un avis relativement similaire ; je l'aurais bien fait connaître ici, malheureusement, leur site est infoutu d'afficher un lien correct sur la question, ce qui est des plus agaçants.

Plus généralement, c'est la méthode Delanoë qui est en question : à l'heure du Grand Paris, on ne peut pas prendre des décisions en montant une catégorie de Parisiens contre l'autre (automobilistes et piétons), et plus grave encore, Franciliens et Parisiens. Il n'est pas non plus acceptable de ne proposer comme alternative que la seule augmentation des temps de trajet, choix dont s'est vantée l'équipe de Bertrand Delanoë.

mardi, 20 avril 2010

Le MoDem et les voies sur berge à Paris

J'ai écouté avec attention l'intervention de Jean-François Martins à propos des voies sur berge à Paris, grande marotte de Delanoë. Sur le fond, le MoDem de Paris estime en effet que le sens de l'histoire et de l'urbanisation ne va pas vers un accroissement de la circulation automobile à Paris, mais au contraire vers une réduction du trafic, et que la récupération des berges est un objectif à long terme ; c'est ce que Marielle de Sarnez appelait la coulée bleue dans son programme municipal en 2008. La grande différence avec Delanoë, c'est que le MoDem se refuse à prendre en otage les automobilistes en lançant une grande croisade contre la bagnole, contrairement à Delanoë et ses amis Khmers verts (cette dernière formulation est de moi). Jean-François Martins l'a clairement exprimé sur France 3, le MoDem ne peut approuver le projet de Monsieur Delanoë que si ce dernier propose une alternative valable en termes de transports et de trafic.

Ce n'est évidemment pas la méthode de Bertrand Delanoë, qui fort de ses 57% au second tour en 2008 (mais avec un taux de participation en fort recul par rapport à 2001 !), estime qu'il peut passer en force sur tous ses projets et prendre en otage toute l'île de France pour satisfaire ses amis bobos (tiens, ça, c'est pour PMA ...).

Bref, la position du MoDem, elle est simple : récupération des voies sur berge, oui, prise d'otages, non. Le premier ne devant se faire au détriment des seconds, pour l'instant, c'est non au projet. Et comme Delanoë n'est de toutes façons pas crédible dans le domaine des transports, domaine où il a réalisé des dépenses mastodontestques (3 milliards et demi d'euros pour la seule voirie de 2001 à 2007) pour des trajets au final accrus en temps, ce n'est pas demain la veille que le MoDem risque de voter son projet...

vendredi, 16 avril 2010

Voies sur berges, Delanoë déterminé à congestionner Paris !

J'ai bien aimé la chronique d'Éve Ruggieri, hier sur France Info, le matin : un condensé de tout ce que je reproche au projet de Delanoë. Elle y critique rudement le maire de Paris, estimant que ceux qui travaillent commencent à trouver les blagues de Delanoë pour leur rajouter du temps de parcours de moins en moins drôles.

En fait, il trouve qu'il n'y a pas assez d'encombrements, et il escompte en susciter davantage en fermant définitivement les voies sur berges. Résultats, les temps de parcours vont exploser pour ceux qui les empruntent, de même que la pollution sur les itinéraires de délestage. Heureusement, il y a eu des protestations, à commencer par celles du Nouveau Centre et du MoDem : les néo-centristes ont estimé que Delanoë allait asphyxier Paris de cette manière, et, du côté du MoDem, Jean-François Martins (qui a remplacé Marielle de Sarnez au Conseil de Paris) a jugé que c'était là une mauvaise solution. Côté UMP, les protestations sont risibles : l'UMP parisienne pense que Delanoë n'en fait pas assez...L'UMP devrait comprendre que ce n'est pas en copiant la gauche qu'elle parviendra à construire un projet alternatif à celui des bobos socialistes.

Dans la majorité même de Bertrand Delanoë, cela a grogné sérieusement aussi : Dominique Bertinotti est un peu las de la fête et du loisir perpétuels chers à Delanoë et veut que les activités économiques bénéficient en priorité des nouveaux aménagements. Aménagements qui vont coûter 40 millions d'euros, à nouveau financés par les impôts des Parisiens ! Taxes d'habitation et taxes foncières ont augmenté de plus de 10% ces deux dernières années, et de nouvelles hausses sont prévues ; je crois qu'il faut vraiment assommer de taxes les Parisiens pour qu'ils comprennent enfin que financer les fêtes, ça va un temps, mais que là, cela n'amuse plus personne ! D'autant qu'ils vont être les premiers à payer cash la congestion de Paris ! C'est bien simple, c'est 40 000 véhicules par jour qui vont se trouver déportés dans les rues de Paris, jusqu'à 4000 en même temps aux heures de pointe !

Bref, assez des delanoconneries ! Il faut s'opposer très fermement à ce projet en déposant autant d'avis négatifs que possible lors des consultations. Cela dit, pas d'illusions : seuls les tribunaux feront reculer Bertrand Delanoë. La démocratie locale et les pseudo-consultations populaires, on sait qu'il a l'habitude de s'asseoir allègrement dessus.

La boboisation hypocrite de Paris devient insupportable.

jeudi, 11 mars 2010

L'Ascenseur

Je ne suis pas habitué à proposer une vidéo telle quelle, mais celle-là est assez bien vue. Imaginez un huit-clos dans un ascenseur, condensé des tracas des soucis des Franciliens : ascenseur qui s'arrête, dernier étage pour accéder à l'espace de travail, et cetera...une discussion s'engage entre les trois interlocuteurs qui se trouvent par hasard dans l'Ascenseur.Joli. Très bien vu.

J'aime bien le concept. Tiens, un petit défi : à quel moment entend-on Alain Dolium, la tête de file du MoDem en île de France s'exprimer ? Ah, et tant que j'y suis, il y a deux autres épisodes.

mercredi, 10 mars 2010

La bagnole est-elle l'avenir du Francilien ?

J'ai bien rigolé, en lisant le dernier billet de Vincent Bénard : je me suis imaginé l'oeil exorbité de l'écolo lisant l'article. A vrai dire, il prend vraiment à rebrousse-poil la doxa ambiante sur le transport. On ne jure plus que par les transports collectifs notamment ferroviaires, or, Vincent Bénard observe qu'ils coûtent une véritable fortune en termes d"investissements, alors qu'ils assurent moins de 5% des déplacements. A comparer avec l'automobile qui en garantit 86% ! Vincent Bénard remarque que le chemin de fer est apparu au XIXème siècle : c'est un moyen de transport qui a connu son âge d'or aux deux derniers siècles, mais, fondamentalement, ce n'est pas un manière de se déplacer qui correspond à la demande de mobilité qui est la nôtre. En réalité, rien, absolument rien n'égale la performance de l'automobile, sauf à lui mettre des bâtons dans les roues, ce en quoi excellent Socialistes et Verts.

Sur la foi de ce qu'il affirme, je me plais parfois à faire un calcul : combien coûte la mise en place d'un TER ? Il cite par exemple la ligne Nantes-Chateaubriant qui coûtera 200 millions d'euros d'investissement. Voyons, 200 millions d'euros d'investissement, c'est le prix de 10 000 berlines genre peugeot 407 (on trouve de belles remises en 1 litre 6 diesel, actuellement). Voyons, selon le Direction Régionale de l'Équipement, on peut tabler sur 4 000 trajets quotidiens. Donc, en gros, si le Conseil Régional faisait l'acquisition de 4 000 407 peugeot, ça lui coûterait 60% de moins, pas de frais d'entretien massif, en comparaison du matériel roulant du rail (estimé à 40 millions d'euros) pour le même résultat...

Extrapolons : c'est peut-être plus rentable de payer une ligne de bus, avec un bus rapide, confortable et performant pour les voyageurs qui ne veulent vraiment pas de la voiture, et des automobiles pour les autres. En outre, quand je compte 4000 407, c'est un passager par véhicule. Si je remplace une 407 par une 107 peugeot, par exemple, ce n'est plus 4000 bagnoles mais 12 000 que l'obtiens comme parc.

Bon, évidemment, il faut avoir le courage d'investir dans les infra-structures routières. A défaut d'un carburant, propre, on peut mettre en place des véhicules électriques. C'est plus cher que des automobiles diesel, mais toujours moins que la ligne de chemin de fer...

Côté bilan Carbone, on l'ignore, mais ne pas oublier que l'automobile recycle 90% de ses composants. Une sacrée performance. Pourquoi Peugeot ? Parce que Peugeot maintient 2/3 de ses emplois en France, alors que Renault en délocalise la même proportion. Alors autant favoriser l'industrie qui se trouve sur notre sol.

J'ai pris cet exemple dans les Pays de la Loire, mais en île de France, il y a de la marge aussi. Vincent Bénard observe que 60% des déplacements se font de banlieue à banlieue : il vaudrait mieux finir de boucler l'A86 une bonne fois pour toutes, et penser à de nouvelles voies de circulation plutôt que de construire des lignes tangentielles coûteuses, peu pratiques et peu exploitées.

Il y avait eu un débat serré sur ce blogue, au sujet du bouclage de l'A86 entre Alain Lipietz et moi, au moment de la législative partielle de Plaisir dans les Yvelines, en octobre dernier. Je suis très étonné, comme Vincent Bénard de ne pas voir ressurgir le sujet pendant ces régionales. Pas de chance : il y avait une liste centriste qui voulait en faire l'une des pierres angulaires de son programme, Plan d'Urgence, mais elle n'a pas réussi à se constituer. Cette liste observait que les autres listes cèdent à des effets de mode sans considérer l'île de France à long terme.

Ils sont un peu durs : il y a tout de même une liste qui a eu le courage d'en parler dans son programme. Je suis content que cette liste soit celle d'Alain Dolium, donc, du MoDem.

Q33 : Je ne bénéficie pas de transports en commun car j’habite dans une zone rurale. Pour me déplacer, je prends ma voiture mais aller à Paris est une vraie galère. Comment améliorer la circulation ?

1. l’achèvement des rocades de contournement pour détourner les trafics de la zone centrale de l’agglomération ;

2. la mise à l’étude de voies dédiées au fret routier pour limiter le nombre de camions en transit ;

3. la mise en place d’une voie supplémentaire sur certains tronçons de route ;

4. le développement de l’information en temps réel (IdF trafic 24/24) sur des supports variés.

Se pose également la question des tronçons d’autoroutes payants en Île-de-France (A10, A4, A6 ou A14) : quand les réseaux de transports en commun font défaut, il s’agit de trouver des solutions compensatoires (que la Région pourrait engager avec l’État et les concessionnaires d’autoroutes) en faveur des automobilistes concernés. Il nous parait indispensable que la Région puisse avoir une compétence régionale spécifique pour les voies autoroutières régionales, afin d’optimiser le réseau. Enfin, des voies spécifiques dédiées aux deux-roues permettront de diminuer le flux sur certains axes.

Q34 : Les poids lourds provoquent des nuisances lors des traversées d’agglomérations, existe-t-il un moyen pour réduire le flux de ces camions ?

R34 : Le transport routier répond encore à une nécessité de notre tissu économique. La protection de notre environnement nous impose cependant de concevoir le transport de marchandises en fonction des objectifs de développement durable. La priorité est de réduire le flux de camions qui traversent la région sans s’y arrêter. C’est pourquoi, nous proposons de :

- Mettre en place un schéma régional pour le fret, de façon à limiter les transits par camion de marchandise dans la région : fret à grande vitesse, ferroutage et voies fluviales ;

- Aider à l’acquisition de véhicules propres pour les collectivités et les transporteurs assurant des dessertes locales. Nous développerons aussi des zones intermédiaires de stockage logistique pour limiter les déplacements de poids lourds dans les agglomérations.

Pas de risques de trouver quelque chose de ce genre ailleurs. Chez Europe écologie, même pas la peine d'y penser, même en rêve, et côté UMP et PS on cherche bien trop à surfer sur la vague de l'écologie pour se risquer à de telles déclarations. Sans surprise, le MoDem reprend la position qui était celle de Richard Bertrand à la législative partielle sur la nécessité des bouclages de contournement.

Conclusion, ceux qui se retrouvaient dans le programme de Plan d'Urgence, peuvent en retrouver quelques éléments dans celui du MoDem.

Tiens, je lisais le dernier numéro de l'Itinérant, un journal de rue francilien vendu par des SDF: ça fait deux trois numéros que Ladislasz Von Martinidesz, l'éditorialiste, leur taille un sacré costard aux écolos, avec un certain nombre de réflexions de bon sens sur les incertitudes climatiques (par exemple, que les effets d'un réchauffement climatique se font sentir plus de 200 ans après son début, ou encore qu'il y a 8 000 ans, l'ours polaire existait déjà et a survécu à un réchauffement bien plus intense que celui auquel on s'attend à l'heure actuelle). Clairement, l'Itinérant s'est rangé dans le camp de ceux qu'on appelle les climato-sceptiques, et goûte très modérément, c'est le moins que l'on puisse dire, l'écologie boboïsée et les leçons de morale de nos écolos de salon...

14:50 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : transports |  Facebook | | |