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  • Xynthia plus forte que la tempête de 99 ?

    Plus j'écoute et lis les informations et moins je regrette d'être revenu chez moi avec un jour d'avance. J'étais sur la A13 hier soir, et le marquage au sol était par endroits entièrement recouvert par l'eau (il faut dire qu'il est souvent passablement effacé...). J'avais prévu de revenir dimanche mais je me suis ravisé avec l'alerte météo. Et comme je venais de Charente-Maritime, et que j'avais contourné la tempête sur la côte via Angoulême, puis Poitiers et Le Mans, trois jours auparavant, j'ai le sentiment d'être passé à travers de sacrés aléas climatiques.

    Plus les nouvelles tombent, plus le bilan s'alourdit. On frise la cinquantaine de morts, et certains, avec l'effet des marées, parlent de mini-tsunamis sur les côtes. Même en 99, on en n'était pas arrivé jusque là.

    Une fois encore de nombreux Français sont privés d'électricité à la suite de dégâts matériels importants. Je me dis parfois que de petites unités de production autonomes seraient certainement moins vulnérables qu'un très grand réseau de distribution. Certes, cette tempête est un épiphénomène, mais d'autres formes d'intempéries peuvent frapper notre pays...

     

  • Total a-t-il vraiment le choix ?

    Je ne puis que recommander l'excellent article de l'Expansion qui permet d'y voir clair dans les tenants et les aboutissants de l'affaire de la raffinerie de Dunkerque. Contrairement à ce qu'on a pu entendre çà et là, il n'est pas dans les intentions de Total de délocaliser son activité, mais il se voit contraint de réduire ses capacités tout simplement parce que la demande mondiale de pétrole est fortement déprimée. La consommation a baissé partout dans le monde, particulièrement pour l'essence, qui compte pour une grande proportion dans la production des raffineries françaises. Si Total fait globalement des bénéfices, la branche raffinage fait de lourdes pertes. Et il n'y a aucun espoir sans reprise de la demande mondiale, or, les experts estiment qu'elle ne reviendra pas à ses niveaux d'avant-crise avant longtemps.

    On pourrait penser que Total aurait du anticiper la surproduction d'essence : c'est oublier que l'année dernière, le gouvernement était déjà intervenu pour empêcher une restructuration de ses activités : il est difficile d'expliquer à l'opinion qu'une restructuration est nécessaire alors que le bilan global est très positif. Le problème, c'est qu'un bilan très positif peut masquer une branche en très mauvais état...

    Tenter de maintenir de force la raffinerie en l'état est donc totalement idiot, et les politiques qui le proposent sont des démagogues. Ce qu'il convient d'étudier au plus près, c'est la possibilité d'une reconversion vers d'autres sources d'énergie. Évidemment, ce qui semble le plus pertinent, dans l'immédiat, c'est le diesel, mais avec des risques à court-terme.

    En réalité, la raffinerie des Flandres de Dunkerque ne fait qu'ouvrir un cycle de fermetures définitives en France, avec plus d'une centaine de raffineries amenées à se reconvertir ou à disparaître.

    Nous avions au MoDem, une euro-députée spécialiste de l'énergie, chimiste et ingénieur de formation : Anne Laperrouze. Manque de chance, elle n'a pas été reconduite par ses électeurs. Dommage, car la région pour laquelle elle se présentait comporte aussi des raffineries. J'ai vu avec plaisir qu'elle écrivait à nouveau sur son blogue. Je crois que cela vaudrait vraiment le coup de lui demander ce que l'on peut espérer à court-terme pour les raffineries.

    J'ai cru comprendre qu'Olivier Henno entendait mettre Total au piquet, mais, pour être crédible à long terme, il va falloir être plus pragmatique et trouver des solutions, sachant que l'on ne peut pas demander à une entreprise de maintenir une activité déficitaire : c'est un non-sens économique et entrepreneurial. Total perd 150 millions d'euros par mois en raison de la sur-capacité des raffineries, une somme énorme, même avec une activité globale très excédentaire.

    Le gouvernement est dans la nasse, parce que toute taxation du carburant réduira mécaniquement la consommation et, par suite, entraînera des fermetures supplémentaires de raffineries. On a là un bel exemple de dilemme cornélien entre politique et l'emploi et impératif environnemental.

    Je crois qu'il faut avoir le courage de dire que l'État ne peut pas se substituer à une entreprise ; bien sûr, on peut espérer la venue de champions européens de l'industrie automobile comme l'espère Jean-Luc Benhamias, mais c'est pour l'instant une vue de l'esprit en raison des divergences entre États européens sur la question.

    L'inconvénient, je crois, c'est que dans le domaine des énergies fossiles, personne ne sait clairement où l'on va. Cette incertitude qui pèse en permanence sur ce secteur empêche les entreprises pétrolières d'anticiper d'éventuelles reconversions. L'écologie a percé dans les mots, mais pas dans les faits, tout du moins, pas en Europe et certainement pas en France, et, de surcroît, elle est victime d'un conflit entre décroissants et pragmatiques, les premiers tenant le haut du pavé de bloquant toute réflexion industrielle dans le domaine de l'écologie.

    Il existe pourtant des pistes intéressantes que des esprits inventifs ouvrent pour l'économie et l'industrie humaines. A témoin cette remarquable trouvaille d'ingénieurs américains qui ont mis au point un substitut de kérosène à partir de la dégradation du sucre des plantes.

    J'ai parfois le sentiment que les solutions techniques existent, que des issues économiques viables sont mêmes possibles, mais que notre monde peine à changer de logiciel, pour plagier une formule chère à Corinne Lepage (Vivre Autrement).

    J'avoue que je n'ai pas d'idées ; je suis à cent lieues d'être un expert de l'énergie, et n'ai pas la compétence économique pour me montrer génial. Mais je ne désespère pas de tomber sur quelqu'un qui aurait ces traits indispensables dans ces temps difficiles. J'espère, en tout cas, que sur cette question, le MoDem va se démarquer du concert bien-pensant ambiant, essayer de placer les partenaires autour de la table, en tout cas, au moins le proposer, et réfléchir à des solutions pratiques.

  • Une algue pour le Sahel ?

    n1011294568_3652.jpgViolaine Neto-Gameiro vient de recevoir le prix Terre de femmes de la fondation Yves Rocher. Elle a eu l'idée excellente de créer une ferme-école destinée à la culture et la commercialisation de la spiruline. La spiruline est une sorte de petite algue bleue aux propriétés nutritionnelles extraordinaires : elle contient deux fois plus de protéines que le soja et trois fois plus que le boeuf, est truffée de vitamines, regorge de fer et comporte des nutriments rares. Elle se cultive hors sol, ne nécessite que peu d'investissements et garantit donc un bon retour sur ces derniers. On la trouve dans les lacs d'eau douce en zone tropicale, notamment dans la région du Sahel. Découverte dans les années 50 au Tchad, elle pourrait expliquer le bon état de santé général des peuples mitoyens de son éco-système. Une exploitation familiale de l'algue est très aisée et nécessite peu de moyens (un bassin de récupération tout au plus). Et pour la cuire...le soleil ne manque pas au Sahel, et fabriquer un four solaire est chose facile et peu onéreuse.

    Les Aztèques, pas fous, semblent en avoir fait aussi une consommation massive au XVIème siècle : apparemment, ils en faisaient même des gâteaux ! Arthrospira figure dans un codex aztèque, le Codex de Florence. Pour ceux qui auraient quelques connaissances en nahuatl, la recette, c'est ici...(lexique du vocabulaire nahuatl utilisé dans l'ouvrage disponible ici...)

    mod10_laureate_01-bulle.jpgLa présidente de l'Association Spiruline Solidaire me semble donc avoir eu une excellente idée à tout point de vue qu'il faut saluer et faire connaître. Pour ma part j'y vois tout à fait l'illustration des bonnes pratiques dont Prahalad donne tant d'exemples dans son ouvrage, Quatre milliards de nouveaux consommateurs. Il y a là un éco-système de marché parfaitement adapté à la base de la pyramide.

  • Kung-fu pand...heretica !

    Tiens, je me suis mis à la pratique du kung-fu, il y a un mois environ. J'avais déjà risqué la chose il y a presqu'une quinzaine d'années, en même temps que du karaté, mais, après avoir passé 12 mois à faire le tour de mon adversaire en tendant le poing à longueur de cours, et à essayer dans une salle bondée (près de 50 personnes) d'imiter des taos auxquels je n'y comprenais goutte, j'avais fini par bifurquer vers le karaté.

    Étonnant, en fait, une fois qu'on peut disposer des éléments pour effectuer des comparaisons : pour le karaté, je travaillais plutôt sur l'endurance (l'encaisse) et la musculation. Pour le kung-fu, mon prof a été clair : pas d'avancées possibles sans souplesse, donc, assouplissements à hautes doses... Je ne vous raconte pas quand il faut que la poitrine touche le sol, une fois assis...J'essaie de tricher avec la bedaine qui pend par-dessus le jogging, mais le prof m'a clairement fait comprendre que ce genre de triche facile pour des gens de mon âge n'était pas considérée comme valable. 'tain...à ce rythme, je vais finir par me péter un tendon, moi... En plus, je suis tombé sur un prof qui enseigne le style du sud, même si on commence par un taolu du nord. Sur les déplacements dans l'espace, tant qu'on ne fait pas des bonds partout, c'est assez comparable au style de karaté que j'avais pratiqué (Wado ryu), mais alors pour la position des mains...Pas du tout la même manière de serrer les poings, primo, et beaucoup d'attaques main ouverte...main ouverte, moi, ça me rappelle surtout de m'être fracassé à quelques reprises les phalanges contre un tibia lors de combats à l'issue incertaine...

    Nul doute que le kung-fu est plus esthétique que le karaté...enfin...euh...ça dépend de la souplesse du pratiquant, hein...

  • Qui veut adhérer au Matraque club Society ?

    massue.jpgTiens, l'un des Bills a été emmerdé récemment par un jeune déçu, comme dirait H16. Du coup, cela a réveillé en moi une idée que j'avais depuis un moment : pourquoi ne pas créer une chaîne de blogues convaincus des vertus pédagogiques de la matraque pour les jeunes déçus qui ne trouvent pas à s'occuper ?

    Pour le logo, c'est tout vu, j'ai trouvé...

  • Histoire de carpettes...

    Il y a des choses qu'il faut relayer, cela me paraît une évidence : le sieur Descoings s'est à nouveau distingué, jugez-en donc : il vient de recevoir le premier prix de l'Académie de la Carpette Anglaise. Je relaie le communiqué :

    PRIX 2009 DE LA CARPETTE ANGLAISE 
    COMMUNIQUÉ DE l’ACADÉMIE DE LA CARPETTE ANGLAISE


    L’académie de la Carpette anglaise1 s’est réunie le 16 Décembre 2009. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif2 et littéraire.

    DescoingsAu premier tour de scrutin, par huit voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2009 a été décerné, à M. Richard DESCOINGS, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid.

    Par ailleurs, deux voix ont été attribuées à Philippe Varin, président du directoire de Peugeot Citroën, pour promouvoir l’anglais dans le nom de produits de la marque Citroën, la documentation technique et la communication professionnelle.

    À titre étranger3, la Carpette anglaise a été décernée au premier tour de scrutin, par six voix contre quatre, à M. Jean-Louis BORLOO, ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, pour avoir signé, le traité de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) dont la seule langue de travail est l’anglais, en invoquant l’urgence, alors que cinq pays importants ne l’ont toujours pas signé.

    Anne Cublier, Hervé Bourges, Claude Duneton, Alain Gourdon, Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie.

    1) La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

    2) Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC). 

    3) Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.


    Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
    Courriel : parlerfranc@aol.com

    Académie de la Carpette anglaise, chez le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris

     

     

  • LOPPSI 2 : un militant MoDem écrit à son député

    Cela ne les enchante pas du tout, les militants démocrates, le projet de loi sur la sécurité intérieure LOPPSI 2 ; Claude Moriange, l'un d'entre eux, à écrit une lettre à son député qui me semble largement valoir le coup d'être publiée ici...

    La CNIL : « Nous sommes inquiets par ce projet de loi. Nous redoutons une utilisation excessive de ce système d’espionnage par la police, qui pourrait mettre en danger la protection des sources journalistiques. Le cadre de mise en œuvre de la captation des données informatiques doit être plus clairement défini. Nous demandons aux parlementaires de présenter des amendements pour mieux encadrer ce projet. »

     

    LOPPSI 2, Lettre à mon député :

    A Monsieur Lionel Tardy député de la Haute Savoie 
    Monsieur le député, 
    La Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure(LOPPSI 2) sera examinée par l'Assemblée nationale les 9 et 10 février prochains. 
    J’ai suivi avec intérêt votre engagement courageux lors de la discussion de la loi HADOPI. 
    Mercredi 27 janvier 2010, dans le cadre de la Loi LOPPSI 2, vous avez à nouveau présenté, devant la Commission des Lois de l'Assemblée Nationale, deux amendements qui, malgré le désaccord du rapporteur, ont été adoptés à l'unanimité par les députés. 
    Or, jusqu'à présent, le texte prévoyait que le blocage d’un site Internet pouvait être décidé par une autorité administrative, sans recours au juge. Ces amendements imposent maintenant un jugepour le blocage de tout site Internet, au nom de tous les internautes français, soyez en remercié. 
    Néanmoins, la présence d'un juge ne sera pas obligatoire pour les mesures de filtrage automatique , ce texte contient pour ce faire un vaste dispositif de contrôle et de surveillance des échanges sur Internet, dont La CNIL s'est déjà émue le 24 juillet 2009 : «  Nous sommes inquiets par ce projet de loi. Nous redoutons une utilisation excessive de ce système d’espionnage par la police, qui pourrait mettre en danger la protection des sources journalistiques. Le cadre de mise en œuvre de la captation des données informatiques doit être plus clairement défini. Nous demandons aux parlementaires de présenter des amendements pour mieux encadrer ce projet. ». Un tel mécanisme n'est pas sans rappeler celui qui a causé la censure par le Conseil constitutionnel de la première loi HADOPI
    Un certain nombre de dispositions de ce projet de Loi restent très inquiétantes pour les libertés individuelles :

    • Une obligation de filtrage des adresses électroniques désignées par arrêté du ministre de l'intérieur
    • Une liste noire des sites, non rendue publique ,sera établie par l'administration , les fournisseurs d’accès (FAI) seront quant à eux tenus de bloquer l'accès à ces sites
    • La police, sur autorisation du juge des libertéspourrait utiliser tout moyen (physiquement ou à distance) pour s'introduire dans des ordinateurs et en extraire des données dans diverses affaires , allant de crimes graves (pédophilie, meurtre, etc.) au trafic d'armes, de stupéfiants, au blanchiment d'argent, mais aussi au délit « d'aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irréguliers d'un étranger en France commis en bande organisée » sans le consentement des propriétaires des ordinateurs.

    Les moyens de lutter contre la pédopornographie existent déjà et sont principalement humains qui permettent d'ordonner le retrait des contenus et d'arrêter les individus qui les créent. Des accords internationaux de coopération entre services de police et de justice existent déjà pour faire retirer le contenu quel que soit le pays où sont localisés les serveurs. Les autorités disposant dès à présent de tout l’arsenal nécessaire pour combattre la cybercriminalité, je crains, malgré les bonnes intentions affichées, qu’il s’agisse en réalité, d’avantage question de surveillance des citoyens que du combat contre la cybercriminalité. Des pratique similaires ont été appliquées par la STASI en ex RDA et sont toujours pratiquées en République populaire de Chine on sait avec quelle efficacité. 
    Comme les autorités françaises sont incapables remonter les filières, elles mettent en place un système qui va permettre, sous prétexte de nous protéger des cybercriminels, de contrôler les flux entrants et sortants d'internet. Absolument inefficace pour arrêter les criminels, mais très efficace pour contrôler la population, à l’instar du système mis en place par l’administration américaine de George Bush le " Patriot Act
    Connaissant vos compétences, vous savez comme moi, professionnel de l’informatique et des réseaux, qu’il s’agit maintenant de défendre les libertés individuelles
    Merci d’avance pour ce que vous allez faire dans ce sens. 
    Je vous prie d'agréer, Monsieur le député, l'expression de ma respectueuse considération. 
    Claude Mauriange

  • Bayrou vote contre la LOPPSI II

    Conformément à ses engagements en matière de protection du citoyen et à la position du Mouvement Démocrate, François Bayrou a voté, ce mardi 16 février, contre la loi dite LOPPSI 2 qui contient des dispositions liberticides et institue un modèle de société basée sur la méfiance et la peur de l'autre. 

    Le Mouvement Démocrate avait déjà exprimé cette semaine sa position sur le projet LOPPSI 2 par la voix de Robert Rochefort qui avait qualifié ce projet de loi "provocation consistant à "la mise en place de mesure dangereuses, inefficaces et restrictives des libertés fondamentales".

    Résultats du scrutin...

  • Guerre et condottiere

    A la Renaissance, en Italie, une catégorie d'hommes de guerre, qui essaimera bientôt dans toute l'Europe, émerge : les Condotttieri, que l'on pourrait aussi traduire par capitaines. Ils ont leur matériel, leurs hommes, leurs armes et leur propre intendance. Ils guerroient pour les compte des États ou des cités et se paient en pillant et rançonnant les populations. Le blogue de l'Alliance Géostratégique tente un parallèle audacieux mais fort intéressant entre ces mercenaires du passé et la privatisation rampante des guerres en Occident, prenant acte de l'amuïssement progressif des armées nationales en terre démocratique, non sous l'effet d'une réduction des budgets, mais plutôt sous le poids des opinions publiques, portées à ne plus tolérer de morts. On peut, par exemple penser à Black Water, en Irak, aux armées privées utilisées par la France, comme celles de Bob Denard, dans les années 70 ou d'autres encore. Mais, le mieux, c'est encore de consulter le billet de l'Alliance Géostratégique...

     

     

  • Grand emprunt et désendettement

    Je ne peux que souscrire, une nouvelle fois, à 100% au discours du sénateur du Val-de-Marne, Jean-Jacques Jégou sur le Grand Emprunt et le désendettement. Il commence à vraiment me plaire celui-là :-) Comme le dit Number One (c'est une private joke) un Jégou a toujours raison...

    On ne peut contester que le grand emprunt entre guillemets, même plus raisonnable, a un impact immédiat et massif sur notre déficit budgétaire, puisque il s’établira aux alentours de 149 milliards en 2010 au lieu des 117 milliards votés en loi de finances initiale. Il n’y a pas de secret, un emprunt supplémentaire de 35 milliards, cela fait 35 milliards de dépenses supplémentaires et 35 milliards de dettes supplémentaires, même si ce ne sont que 22 milliards qui seront empruntés. Emprunter davantage, c’est s’endetter davantage, et c’est voir la charge de la dette augmenter ! 

    L’aggravation du déficit budgétaire devra être couverte par un recours accru à l’emprunt, qui conduira à une augmentation de la dette publique, pour s’établir aux alentours des 1 650 milliards d’euros en 2010, soit plus de 83 pour cent du PIB. La charge de la dette représentera, quant à elle, 43 milliards d’euros cette année, en augmentation de plus de 5 milliards par rapport à 2009. Cette augmentation ne peut que nous inquiéter compte tenu de l’augmentation inéluctable des taux d’intérêt : le risque est bien que très prochainement la charge de la dette n’absorbe la totalité de nos « maigres » marges de manœuvre budgétaires. 
    Cela veut dire, comme l’indique le récent rapport annuel de la Cour des comptes, que le recours supplémentaire à l’emprunt pour financer les investissements d’avenir ne peut qu’aggraver la perspective d’un endettement approchant les 100 pour cent du PIB dès 2013. Or, les capacités de l’Etat français ne sont pas extensibles à l’infini, puisqu’elles dépendent des capacités d’absorption par les marchés des émissions massives de titres. 

    A terme, le risque que fait courir à notre pays l’ampleur des déficits et de l’endettement publics est bien d’aboutir à une dégradation de la qualité de la signature de la France, qui aurait des conséquences particulièrement négatives sur le service de la dette. De la capacité de notre pays à assainir ses finances publiques dépend sa crédibilité aux yeux de ses créanciers. Il y a donc urgence. 

    A ce propos, je citerai la commission Juppé-Rocard que j’approuve totalement sur ce point : « la situation et les perspectives préoccupantes de nos finances publiques plaident pour que, dans la durée, ce soit par le redressement de la situation budgétaire et par la réallocation des dépenses que l’Etat trouve d’abord les moyens de financer ses investissements. » Les conclusions de la deuxième conférence sur les déficits publics nous permettront de mesurer sa détermination dans la réduction du déficit structurel, non lié à la crise, qui représente comme l’a clairement établi la Cour des comptes, la moitié des 8 pour cent du déficit de 2009. Je ne peux que paraphraser Thierry Breton lorsqu’il écrit que le « véritable investissement d’avenir, c’est le désendettement ! »