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samedi, 23 février 2013

Que faire face au pétrole ?

Je vois avec inquiétude la multiplication de gisements de gaz de schiste se produire un peu partout dans le monde. En résolvant - temporairement - le problème de l'énergie chère elle empêche la recherche sur les énergies renouvelables de progresser. 

Plus inquiétant : elle va générer de la croissance dans les pays qui exploiteront ces gisements, et, ce-faisant, la tentation deviendra très forte pour les paysà l'économie en berne qui disposent de ressources mais veulent lutter contre la pollution et les dégradations environnementales.

Je n'aime pas les taxes excessives, mais au fond, le principe de la taxe carbone n'est pas idiot : il est difficile d'estimer les dommages que le pétrole cause à la santé (gaz d'échappements) et à l'environnement, mais je crois qu'il faudrait repartir sur cette base et envisager des taxations en conséquences sur le principe de qui dégrade paie. A ce stade, il ne s'agit pas vraiment d'une taxe mais plutôt d'une réparation.

Toute la difficulté, avec une telle taxe, c'est qu'elle risque de provoquer de très méchants surcoûts, pour le producteur dans un premier temps, puis le consommateur dans un second temps. On n'arrive, pas, pour l'instant, à mettre en place des énergies renouvelables sans devoir faire exploser les coûts de l'énergie conventionnelle afin de les rendre "concurrentielles". 

Tant que les énergies salissantes et non-renouvelables ne causeront pas des dommages visibles, conséquents et continus, aucun pays n'envisagera de changer de logiciel d'autant que les solutions alternatives ne sont pour l'instant pas suffisantes pour alimenter la croissance de notre économie telle qu'elle fonctionne.

Il faut bien songer qu'un changement d'énergie implique non seulement le renouvellement de tout un parc d'appareils mais aussi la transformation et/ou la création de tout un réseau de distribution.

Il est vrai que j'ai dit beaucoup de mal d'Autolib sur ce blogue, mais l'idée de s'en servir comme tremplin pour disposer désormais d'un réseau de distribution d'énergie, et, du coup, de pouvoir enfin commercialiser l'automobile électrique est astucieuse. C'est le calcul de Bolloré, à ce que j'ai compris, qui espère enfin pouvoir rendre rentable une division de son activité qui pour l'instant lui coûte 200 millions d'euros par an.

Ces véhicules électriques polluent à l'évidence lors de leur conception et dans le futur lorsqu'il faudra les recycler, mais,  dans leur fonctionnement quotidien, ils sont à l'évidence bien moins nocifs que les engins à hydrocarbures.

Cela va être très difficile de parvenir à poursuivre dans une voie de moins en moins rentable au niveau européen. L'espoir est dans la recherche et l'adaptation de ce qui existe, mais le chemin est long et tortueux...

18:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : pétrole |  Facebook | | |

vendredi, 28 janvier 2011

Borloo, le bel écolo que voilà...

Il paraît que Borloo pourrait capter des voix écologistes à l'occasion d'une élection. Eh oui, on lui sait gré du Grenelle de l'environnement. Faisons court et simple : Borloo est un écolo comme ma grand-mère s'appelait Bonaparte. Borloo, c'est par exemple le gars qui a délivré silencieusement et l'air de rien des permis à des sociétés américaines pour sonder le sous-sol du Bassin Parisien. Ce dernier contient en effet des schistes bitumeux susceptibles de générer de fortes quantités de pétrole. Le procédé coûte cher, mais il y en a beaucoup, et avec l'envolée des prix du pétrole, cela peut être rentable. D'autres régions de France sont concernées...

Il y a juste quelques petits inconvénients : le procédé d'extraction de cet or noir est monstrueux en consommation d'eau et polluant au possible. Accessoirement, proclamer la volonté de passer à une industrie sans carbone tout en octroyant le droit à des sociétés américaines de foutre en l'air ce qu'il reste de l'éco-système parisien pour mieux alimenter les automobiles en carburant, c'est vraiment se moquer du monde.

Les exploits du Sieur Borloo ne s'arrêtent pas là : copains comme cochons, Delanoë et lui ! et avec Sarkozy aussi ! eh oui, le sport business mérite tous les sacrifices, à commencer par celui de plantes rarissimes. Borloo a donné l'autorisation de démolir les Serres d'Auteuil à Delanoë. Généralement, je ne suis pas copain avec les Khmers Verts de l'Hôtel de Ville, mais force est d'admettre que le billet de Contassot mettant en charpie les mensonges de Delanoë est tout simplement excellent et criant de vérité. Si l'UMP et le Nouveau Centre se sont bien gardés de la ramener, le MoDem et les Verts ont protesté. Jean-François Martins, au Conseil de Paris, Béatrice Lecouturier au Conseil Municipal du XVIème, ont marqué leur colère et leur détermination à s'opposer au projet. Florent, d'Ataraxosphère a écrit un récapitulatif des projets delanoësques sur la question. La mauvaise foi du maire de Paris est édifiante.

Il existe une pétition, je le rappelle, qui en est à plus de 32 000 signatures. Ce ne sera pas suffisant. Il va falloir faire de l'agit-prop devant le siège de FFT ainsi que sous les bureaux du maire de Paris.

Évidemment, notre écolo de pacotille, récemment renvoyé dans ses pénates, s'est bien gardé d'évoquer l'affaire, lui, qui je le répète, a donné son consentement à la destruction de serres anciennes et de plantes rares. 

Ils sont comiques les Borloo et Delanoë : des écolos pour bobos. Du bla-bla, mais dès qu'on creuse, on trouve du pétrole ou de la manne de sport-business. Je ne parle, évidemment, même pas des autres dégâts collatéraux engendrés par l'extension Roland Garros...

jeudi, 01 juillet 2010

Ivre, le trader booste le cours du pétrole !

Incroyable cette nouvelle relayée par le Figaro. Un trader saoûl comme un cochon est rentré chez lui hier et a passé commande de l'équivalent de 30% de la production totale de pétrole de l'OPEP ! Hallucinant. Du coup, le cours du baril de brent a fait un bond de 71 à 73.5 dollars ! Je n'arrive pas à y croire. Finalement, c'est délirant les responsabilités qui reposent sur les épaules d'un trader. Je m'étonne qu'il n'y ait pas une sorte de cran d'arrêt pour l'empêcher de dépasser certains montants quand des opérations surprenantes se produisent. Je ne dis pas que c'est facile à mettre au point, parce que les traders doivent réagir très vite en manipulant des sommes énormes, mais franchement, la sécurité mondiale des marchés financiers en vaut la chandelle.

Imaginez un jour qu'il y en ait un qui pète un câble et revende massivement je ne sais pas moi...un bon du trésor d'un grand pays endetté, par exemple. Panique sur les marchés, on peut avoir le déclenchement d'une crise d'ampleur mondiale d'un coup !

Les mecs (et/ou les nanas), ils/elles ont le doigt sur le détonateur de véritables bombes nucléaires financières et il n'y a pas de codes de sécurité ni de valises à clefs partagées pour les empêcher de commettre l'irréparable...

vendredi, 14 mai 2010

L'euro baisse : tant mieux, non ?

Je constate que l'euro baisse par rapport au dollar depuis quelque temps. Les analystes semblent s'en inquiéter tant cette baisse traduit une réelle défiance envers la zone euro. Sans sous-estimer la signification du phénomène, je n'en tends pas moins à penser que nous y gagnons aussi un bien pour un mal. Si l'euro baisse, cela veut aussi dire que nos exportations deviennent plus compétitives, et que donc, nous avons un espoir d'améliorer notre solde commercial avec tous les pays qui utilisent le dollar comme monnaie de paiement. Pour ce que j'ai pu voir, les taux d'emprunt de la dette grecque n'ont pas monté dans le même temps sur les marchés obligataires. Je subodore donc que les deux phénomènes (fluctuation de l'euro et dette grecque) ne sont plus immédiatement corrélés.

Je pense que je ne suis pas le seul à me faire ce raisonnement : le journal algérien El Watan du 09 mai fait exactement le même calcul que moi. Mourad Preure, expert international, juge que les termes de l'échange vont pouvoir se redresser pour l'Algérie puisqu'elle exporte en dollars et importe en euros.

Évidemment, nos importations libellés en dollars vont également grimper, mais cela va concerner surtout les matières premières, et, il me semble bien que depuis quelques années, de gros exportateurs demandent à être payés en euros justement pour lutter contre les fluctuations du dollar. C'est notamment le cas de l'Iran, si j'ai bon souvenir, et c'est ce que l'Irak avait commencé à faire avant la guerre de 2003. Les pays de l'OPEP y pensent tout de même fortement depuis un moment, même si l'heure actuelle penche pour la préservation au moins temporaire du dollar, dans la mesure où il existe un effet de yoyo entre dollar et pétrole.

 

dimanche, 28 février 2010

Total a-t-il vraiment le choix ?

Je ne puis que recommander l'excellent article de l'Expansion qui permet d'y voir clair dans les tenants et les aboutissants de l'affaire de la raffinerie de Dunkerque. Contrairement à ce qu'on a pu entendre çà et là, il n'est pas dans les intentions de Total de délocaliser son activité, mais il se voit contraint de réduire ses capacités tout simplement parce que la demande mondiale de pétrole est fortement déprimée. La consommation a baissé partout dans le monde, particulièrement pour l'essence, qui compte pour une grande proportion dans la production des raffineries françaises. Si Total fait globalement des bénéfices, la branche raffinage fait de lourdes pertes. Et il n'y a aucun espoir sans reprise de la demande mondiale, or, les experts estiment qu'elle ne reviendra pas à ses niveaux d'avant-crise avant longtemps.

On pourrait penser que Total aurait du anticiper la surproduction d'essence : c'est oublier que l'année dernière, le gouvernement était déjà intervenu pour empêcher une restructuration de ses activités : il est difficile d'expliquer à l'opinion qu'une restructuration est nécessaire alors que le bilan global est très positif. Le problème, c'est qu'un bilan très positif peut masquer une branche en très mauvais état...

Tenter de maintenir de force la raffinerie en l'état est donc totalement idiot, et les politiques qui le proposent sont des démagogues. Ce qu'il convient d'étudier au plus près, c'est la possibilité d'une reconversion vers d'autres sources d'énergie. Évidemment, ce qui semble le plus pertinent, dans l'immédiat, c'est le diesel, mais avec des risques à court-terme.

En réalité, la raffinerie des Flandres de Dunkerque ne fait qu'ouvrir un cycle de fermetures définitives en France, avec plus d'une centaine de raffineries amenées à se reconvertir ou à disparaître.

Nous avions au MoDem, une euro-députée spécialiste de l'énergie, chimiste et ingénieur de formation : Anne Laperrouze. Manque de chance, elle n'a pas été reconduite par ses électeurs. Dommage, car la région pour laquelle elle se présentait comporte aussi des raffineries. J'ai vu avec plaisir qu'elle écrivait à nouveau sur son blogue. Je crois que cela vaudrait vraiment le coup de lui demander ce que l'on peut espérer à court-terme pour les raffineries.

J'ai cru comprendre qu'Olivier Henno entendait mettre Total au piquet, mais, pour être crédible à long terme, il va falloir être plus pragmatique et trouver des solutions, sachant que l'on ne peut pas demander à une entreprise de maintenir une activité déficitaire : c'est un non-sens économique et entrepreneurial. Total perd 150 millions d'euros par mois en raison de la sur-capacité des raffineries, une somme énorme, même avec une activité globale très excédentaire.

Le gouvernement est dans la nasse, parce que toute taxation du carburant réduira mécaniquement la consommation et, par suite, entraînera des fermetures supplémentaires de raffineries. On a là un bel exemple de dilemme cornélien entre politique et l'emploi et impératif environnemental.

Je crois qu'il faut avoir le courage de dire que l'État ne peut pas se substituer à une entreprise ; bien sûr, on peut espérer la venue de champions européens de l'industrie automobile comme l'espère Jean-Luc Benhamias, mais c'est pour l'instant une vue de l'esprit en raison des divergences entre États européens sur la question.

L'inconvénient, je crois, c'est que dans le domaine des énergies fossiles, personne ne sait clairement où l'on va. Cette incertitude qui pèse en permanence sur ce secteur empêche les entreprises pétrolières d'anticiper d'éventuelles reconversions. L'écologie a percé dans les mots, mais pas dans les faits, tout du moins, pas en Europe et certainement pas en France, et, de surcroît, elle est victime d'un conflit entre décroissants et pragmatiques, les premiers tenant le haut du pavé de bloquant toute réflexion industrielle dans le domaine de l'écologie.

Il existe pourtant des pistes intéressantes que des esprits inventifs ouvrent pour l'économie et l'industrie humaines. A témoin cette remarquable trouvaille d'ingénieurs américains qui ont mis au point un substitut de kérosène à partir de la dégradation du sucre des plantes.

J'ai parfois le sentiment que les solutions techniques existent, que des issues économiques viables sont mêmes possibles, mais que notre monde peine à changer de logiciel, pour plagier une formule chère à Corinne Lepage (Vivre Autrement).

J'avoue que je n'ai pas d'idées ; je suis à cent lieues d'être un expert de l'énergie, et n'ai pas la compétence économique pour me montrer génial. Mais je ne désespère pas de tomber sur quelqu'un qui aurait ces traits indispensables dans ces temps difficiles. J'espère, en tout cas, que sur cette question, le MoDem va se démarquer du concert bien-pensant ambiant, essayer de placer les partenaires autour de la table, en tout cas, au moins le proposer, et réfléchir à des solutions pratiques.

jeudi, 11 décembre 2008

Pétrole, l'occasion manquée

Le baril de pétrole a vu son prix chuter lourdement depuis quelques mois. Quand j'y réfléchis, je me dis que notre gouvernement, mais il n'est pas le seul, les autres gouvernements européens aussi, a raté une occasion historique. Puisque les Français, et plus généralement les Européens, avaient pris acte du prix du pétrole, il eût été intelligent d'augmenter les taxes à proportion de ce que le prix des carburants redescendaient. De cette manière, les États auraient pu constituer rapidement et à peu de frais une cagnotte de bonne taille.

Avec cette cagnotte, on pouvait alors investir pour sauter le pas décisif qui nous permettrait de basculer d'une énergie fossile à une énergie verte, en tout cas, moins polluant. C'est d'ailleurs ce que François Bayrou proposait dans sa conférence de presse samedi dernier. Étant donné les montants importants des factures énergétiques, on pouvait espérer ainsi collecter plusieurs milliards d'euros en très peu de temps. En effet, entre un baril de pétrole à 200 dollars, et un baril à 60 dollars, il y a une marge phénoménale qu'il eût convenu d'exploiter.

Dommage...

vendredi, 04 juillet 2008

Problématique du pétrole

Excellent morceau choisi trouvé chez Quindi à propos de la 3ème crise pétrolière(je fais un copié-collé sans scrupule):

Quindi... Bien que certains vantent les mérites d'une crise pétrolière pour la limitation des externalités négatives du pétrole (pollutions des airs, des sols, des mers, des sources d'eau, des moyens de production, de raffinage et de transport; les effets dévastateurs sur la santé en milieu urbain des consommations pétrolières; la sur-abondance des produits dérivés du pétrole dont les plastiques, etc.), les effets induits sur la croissance d'un tel réalignement des ressources énergétiques et des moyens de production et consommation seront très importants sur le court et le moyen terme (les prix garantis à long terme  par les opérateurs d'électricité nationaux, pour l'acquisition d'énergie générée par des opérateurs privés, pouvant aller jusqu'à 10 fois le prix de vente actuel de l'électricité), en particulier pour les ménages n'ayant pas les capacités d'investissement en moyens de production de proximité  ou en réseaux énergétiques privés (panneaux solaires, parcs d'éoliennes et hydroliennes privés, etc.) dans les pays à faible investissement public. C'est dans ce cadre qu'il est nécessaire d'intégrer l'impossibilité de démultiplier, en un temps court, les productions énergétiques alternatives dans les domaines de la fission nucléaire (bien que le problème de la limitation des ressources se posera à nouveau avec l'uranium et que l'augmentation des déchets nucléaires rencontre des oppositions politiques considérables en Europe), de l'énergie renouvelable (solaire, éolien, hydroélectrique, géothermique, marémotrice, hydrolienne, maréthermique, des vagues, biomasse) y compris du projet (long terme) de fusion nucléaire (ITER). C'est ce qui explique la popularité grandissante chez certains décideurs (cf. campagne électorale américaine, paquet énergie de l'Union Européenne, etc.) de la séquestration géologique du dioxyde de carbone et du  charbon "propre"; l'option des biocarburants ne rencontrant plus les faveurs des pouvoirs public internationaux depuis la mise en perspective de la crise alimentaire.

ça, c'était la problématique. Et voilà l'issue, toute schumpeterienne, d'ailleurs, à mon avis :

Cependant, les investissements en renouvellement du parc énergétique, du transport énergétique (une part importante de l'énergie étant consommée lors du transport sur des distances longues), des moyens de locomotion (qui représentent 60% de la consommation pétrolière des pays de l'OCDE; et qui pourraient baisser en favorisant les moyens de transport privés à faible consommation et les transports publics; le renouvellement total du parc automobile pouvant prendre jusqu'à 15 ans), et des stations énergétiques d'avenir (la transformation progressive des stations essence en stations électriques), lanceront non seulement des pans entiers des secteurs énergétiques de haute technologie, de la construction immobilière et des industries automobiles et aéronautiques, ainsi que les chantiers navals, mais aussi le financement de la recherche (en technologies propres) et le développement (favorisant tous les gains de productivité possibles). Cette dynamique pourrait potentiellement compenser les pertes de croissance liées aux coût pétroliers croissants, et leurs effets induits sur les secteurs les plus dépendants de cette forme d'énergie à court terme; mais uniquement dans les pays pouvant user de moyens redistributifs publics importants, et / ou ayant des secteurs privés d'investissements efficaces, permettant une adaptation rapide  (que ce soit du point de vue construction de moyens énergétiques de remplacement, ou de réduction des consommations).

Voili voilou, je ne vois pas grand chose à ajouter : je crois que Qundi ca magistralement cerné la problématique énergétique. On y retrouve d'ailleurs tout à fait les éléments de l'analyse shcumpeterienne, avec des pertes de croissance et d'emplois à court-terme, mais un très fort développement à moyen-terme. Nous devons, au MoDem, impérativement raisonner avec cette problématique en tête, si l'on ne veut pas bâtir des chateaux en Espagne, comme on dit. En somme, il y a une phase de transition inévitable : c'est cette phase sur laquelle il faut réfléchir, notamment aux moyens del'accompagner en douceur, afin de ne pas risquer de casser la mécanique. Je n'ai malheureusement pas le temps de commenter et développer davantage cet aspect, mais il me semble essentiel.

07:35 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pétrole, énergie, modem |  Facebook | | |

mercredi, 11 juin 2008

Total a bon dos...

Je lisais tout récemment la note du Chafouin, sur le blog Pensées d'outre-politique. Et cela m'inspire un certain nombre de réflexions : il est devenu de bon ton, aujourd'hui, de faire porter à Total le chapeau pour toute la misère du monde, et cela m'agace. On parle des super-profits de cette compagnie pétrolière, on l'accuse de profiter, d'être responsable de la hausse des prix, alors qu'elle n'est en aucun cas comptable de la hausse du pétrole.

La réalité, c'est que les pays émergents imitent notre modèle de société de consommation, et que nos dirigeants politiques n'ont absolument rien fait pour réorienter notre politique énergétique, et ce en dépit des avertissements nombreux des économistes et des mouvances écologiques.

Il y a un cynisme et une malhonnêteté impressionnante, au sein de la classe politique, à tomber à bras raccourcis sur cette compagnie pétrolière, qui se contente simplement d'accompagner un mouvement de fond de l'économie mondiale et de nos sociétés.

Ce qu'il faut, et depuis un moment, c'est développer un nouveau modèle énergétique pour nos sociétés gourmandes, et c'est certainement le sens des deux derniers billets de Corine Lepage sur les marins pêcheurs puis la crise pétrolière.

Conclusion : fichons un peu la paix à Total, sauf, évidemment, quand il soutient des régimes pas nets afin de faciliter l'extraction d'hydro-carbures, et concentrons-nous sur le véritable noeud du problème :

Il faut développer les énergies de substitution, or, Peugeot a parié de longue date sur le diesel, en France, et la voiture électrique de Renault se fait toujours attendre. Pendant ce temps, je vous le donne dans le mille, comme je le notais en janvier dernier, un constructeur indien rachète les brevets innovants des inventeurs français... La One Cats sera indienne et sortira sur les chaînes de production de Tata, pas sur celles de PSA ou de Renault.

Les dirigeants de Total ne sont pas idiots. Je suis à peu près persuadé qu'ils ont sous le coude des carburants ou des procédés de substitution. Ils attendent simplement une initiative des pouvoirs politiques en place, et qu'également émerge une demande...

J'ajoute que taxer Total parce que le pétrole augmente, c'est passer haut la main  le mur du son de la démagogie la plus avérée. Cela sent la chasse aux Koulaks, vieux réflexe mesquin inspiré de la gauche bien-pensante qui m'insupporte.

Je propose de faire aussi un sacrifice humain quand les intempéries abîment les récoltes, tant qu'on y est. Le raisonnement procède du même mécanisme de pensée. 

On peut décréter qu'il faut taxer Total, mais cela doit être au moins pour de bonnes raisons, pas pour des motivations aussi minables que clientélistes. Et puisça suffit, les fantasmes délirants sur les actionnaires de Total. On entend n'importe quoi en France, a fortiori de la part de ceux qui n'ont absolument rien compris aux mécanismes boursiers, mais, en revanche, qui sont les premiers à jouer aux apprenti-sorciers.

Le pompon, c'est not'bon maire, à Paris, jamais en retard quand il faut enfoncer une porte ouverte, accusant Total de se goinffrer, comme il dit...Et Royal n'a pas été en reste en qualifiant les profits de Total de bien collectif. N'importe quoi. Les profits de Total sont les profits de Total.

Au moins, là-dessus, Devedjian et  Accoyer ont fait preuve d'un relatif bon sens, en demandant à ce que l'on  ne s'acharne pas trop sur cette entreprise.

Bayrou a suggéré une solution à court-terme, en jouant sur la TIPP. C'est la moins pire des solutions, mais, il le reconnaît lui-même, cela ne fonctionne que sur le court-terme. C'est une cautère, pas un remède. D'une part, cela réduit les recettes fiscales, d'autre part, cela marche quand le marché est en proie à des soubresauts, or, là, ils 'agit d'une hausse vertigineuse et continue, que d'ailleurs, les économistes ont annoncé il y a deux ans environ. En réalité, nous sommes dos au mur : nous n'avons pas de choix autre que de changer de modèle énergétique, et, dans un premier temps, réduire notre consommation. C'est ce que soulignait tout récemment François Bayrou lors de la Convention du MoDem sur l'Europe.

 

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mardi, 13 mai 2008

Le sorgho et MoDempedia

607417789.jpgDans la catégorie desb bio-carburants, voilà un nouveau (en fait ancien)  très prometteur. Il s'agit du sorgho. Il pousse dans des terrains secs, tolère bien la chaleur, des sol détrempés ou à forte salinité et requiert peu ou pas d'irrigation qui nécessite des pompes à eau coûteuses en carburant fossiles émettant du CO2.

Il est donc capable de produire en zones semi-arides à la fois du biocarburant et des aliments sans impact néfaste sur le marché alimentaire mondial et l'environnement.

Bref, un nouveau pétrole, la pollution en moins. Le sorghum bicolor (rigolo, c'est son nom latin) fait donc une entrée fracassante sur le marché des bio-carburants. L'Inde où des expériences ont lieu est sur les rangs, d'autant qu'elle pourrait satisfaire à ses besoins en carburant uniquement avec du sorgho.

Cette sympathique herbacée a tout pour plaire, étant donné qu'elle est aussi consommée par des animaux et des êtres humains. Et les Chinois en font un alcool relevé. Je le souviens que Bayrou, en 2002, avait fait la campagne présidentielle dans un bus au colza ; là, avec le sorgho, on a mieux. La France devrait tout de même s'intéresser à la question, compte-tenu des prix du pétrole. J'aimerais bien, tout de même, que l'on redémarre les commissions nationales du MoDem et que l'on réfléchisse à ce genre de choses. Les propositions de bayrou.fr dateront bientôt en grande partie. Il est grand temps de les mettre à jour et d'ouvrir de nouveaux champs de réflexions ; il me semble que l'articulation entre crise alimentaire et crise énergétique est une question majeure, qui mériterait certainement plus de temps que les embrouillamini sur le règlement intérieur.

Si des adhérents et militants MoDem le veulent bien, j'aimerais bien repartir des propositions de Bayrou, amender ces dernières et développer une véritable base programmatique où des militants experts dans leur domaine viendraient contribuer.

Un wiki me semble un espace idéal pour cela. Il me faudrait simplement quelqu'un techniquement capable de mettre en place le wiki, sur le même modèle que celui de wikipedia. Outre les propositions de Bayrou, il existe de nombreux rapports très précis et pertinents des sénateurs MoDem et centristes, qui peuvent aussi nous servir pour alimenter cette base. Sans compter les experts identifiés au sein du MoDem (je pense à Quindi) dont on pourrait reprendre les analyses.

Bref, je suis preneur de tous ceux qui sont intéressés, en espérant que l'un d'entre eux sache installer et gérer un wiki. Pour le nom du wiki, c'est tout vu : MoDempedia !

samedi, 19 avril 2008

Le pétrole toujours plus haut !

Je m'étonne du silence quasiment absolu de toute la classe politique française sur la hausse vertigineuse du pétrole. Et silence radio aussi du côté des constructeurs automobiles. Un nouveau cap a été passé avec un montant de 115 dollars par baril de pétrole.

On sait que les Verts sont des adeptes de la décroissance et se contentent de dire qu'il faudra rouler et se déplacer en avion moins. Ce n'est pas ce que je souhaite. Ce que j'attends de la classe politique, c'est un plan ambitieux pour promouvoir de nouvelles énergies, renouvelables bien sûr, et pas que des mots, cette fois, mais une mise en place d'un véritable politique en la matière. J'attends également que les constructeurs automobiles français se bougent !  Mais qu'est-ce qu'ils f..... bon sang !? Les Français sont prêts, je pense à acheter des voitures propres, dès lors qu'elles offrent un minimum de performances. Si nous utilisons des énergies propres et renouvelables ou construisons des véhicules à faible consommation, nous savons aussi que nous rééquilibrerons notre balance commerciale. Mais qu'est-ce qu'on attend ?!!!

J'aimerais, sur ce sujet, que le MoDem soit à la pointe, en présentant un programme économiquement viable, c'est à dire adapté à notre société marchande, dans le domaine des énergies propres.

Cela dit, la France est la championne de la parlotte : je me souviens très bien de l'exemple qu'a développé François Bayrou, le 21 octobre 2006, en ouverture du colloque ded l'UDF sur le développement durable :

Un sourire avant de commencer. Toi qui es conseiller régional d'Ile-de-France, qui nous a fait part du programme du Conseil régional sur les panneaux solaires. En sortant du portail, tourne à droite et regarde l'immeuble de verre sur le trottoir de gauche. Tu vas découvrir qu'il est fait de panneaux striés, de cellules photovoltaïques prises dans le verre, plus exactement de faux panneaux solaires. Pourquoi ? Parce que les promoteurs et architectes qui avaient déposé un permis de construire pour un immeuble alimenté par panneaux solaires, ont dû attendre si longtemps une réponse qu'ils ont été contraints de construire avec de faux panneaux solaires. C'est un des grands maux de la France : on fait semblant de discuter. On n'écoute pas les interlocuteurs, ou si on les écoute, on se contente de leur dire "ce que vous demandez est déjà fait". On passe son temps à pondre des décisions qui ne sont de nul effet, et ajoutent à la pile des décrets, arrêtés, recommandations, lois que nous votons et qui ne changent rien à la réalité du pays. 

Voilà, c'est typiquement ce qui m'agace en France...

13:58 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pétrole, automobile |  Facebook | | |