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samedi, 23 février 2013

Que faire face au pétrole ?

Je vois avec inquiétude la multiplication de gisements de gaz de schiste se produire un peu partout dans le monde. En résolvant - temporairement - le problème de l'énergie chère elle empêche la recherche sur les énergies renouvelables de progresser. 

Plus inquiétant : elle va générer de la croissance dans les pays qui exploiteront ces gisements, et, ce-faisant, la tentation deviendra très forte pour les paysà l'économie en berne qui disposent de ressources mais veulent lutter contre la pollution et les dégradations environnementales.

Je n'aime pas les taxes excessives, mais au fond, le principe de la taxe carbone n'est pas idiot : il est difficile d'estimer les dommages que le pétrole cause à la santé (gaz d'échappements) et à l'environnement, mais je crois qu'il faudrait repartir sur cette base et envisager des taxations en conséquences sur le principe de qui dégrade paie. A ce stade, il ne s'agit pas vraiment d'une taxe mais plutôt d'une réparation.

Toute la difficulté, avec une telle taxe, c'est qu'elle risque de provoquer de très méchants surcoûts, pour le producteur dans un premier temps, puis le consommateur dans un second temps. On n'arrive, pas, pour l'instant, à mettre en place des énergies renouvelables sans devoir faire exploser les coûts de l'énergie conventionnelle afin de les rendre "concurrentielles". 

Tant que les énergies salissantes et non-renouvelables ne causeront pas des dommages visibles, conséquents et continus, aucun pays n'envisagera de changer de logiciel d'autant que les solutions alternatives ne sont pour l'instant pas suffisantes pour alimenter la croissance de notre économie telle qu'elle fonctionne.

Il faut bien songer qu'un changement d'énergie implique non seulement le renouvellement de tout un parc d'appareils mais aussi la transformation et/ou la création de tout un réseau de distribution.

Il est vrai que j'ai dit beaucoup de mal d'Autolib sur ce blogue, mais l'idée de s'en servir comme tremplin pour disposer désormais d'un réseau de distribution d'énergie, et, du coup, de pouvoir enfin commercialiser l'automobile électrique est astucieuse. C'est le calcul de Bolloré, à ce que j'ai compris, qui espère enfin pouvoir rendre rentable une division de son activité qui pour l'instant lui coûte 200 millions d'euros par an.

Ces véhicules électriques polluent à l'évidence lors de leur conception et dans le futur lorsqu'il faudra les recycler, mais,  dans leur fonctionnement quotidien, ils sont à l'évidence bien moins nocifs que les engins à hydrocarbures.

Cela va être très difficile de parvenir à poursuivre dans une voie de moins en moins rentable au niveau européen. L'espoir est dans la recherche et l'adaptation de ce qui existe, mais le chemin est long et tortueux...

18:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : pétrole |  Facebook | | |

Commentaires

Cette question du pétrole recouvre à mon sens un problème beaucoup plus large, celui du devenir des matières premières.

Pour faire simple : depuis une dizaine d'années, la plupart des fabricants de produits d'équipement ont adopté un business-model fondé sur le remplacement frénétique : des objets à durée de vie de plus en plus courte et quasiment impossible à réparer ou à prolonger. A titre d'exemple : il est désormais extrêmement compliqué de changer la batterie d'un ordinateur portable, alors que les modèles d'il y a dix ou quinze ans le permettaient sans difficulté.

Ce business-model conduit à un gaspillage hallucinant, des armées de laves-linge ou de téléviseurs allant pourrir chaque semaine sur les côtes d'Afrique équatoriale ou dans les décharges indiennes.

Or, les pays émergents développent actuellement une classe moyenne extrêmement nombreuse (elle représente, entre Inde, Chine, Brésil et Indonésie plusieurs centaines de MILLIONS d'individus) et prête demain à consommer de la même façon que nous.

Le business-model du gaspillage ne sera donc pas tenable. Il faudra tôt ou tard évoluer vers une économie du recyclage. Mais le temps que nous en prenions collectivement conscience et que nous mettions en place les filières requises, il y aura eu une tension phénoménale sur les matières premières : cuivre, métaux lourds, terres rares, et bien entendu pétrole permettant de fabriquer le plastique et de fournir l'énergie nécessaire à produire tous ces brols.

Il en va d'ailleurs de même pour les matières premières alimentaires. Lorsque les classes moyennes indiennes ou chinoises vont se mettre à manger des yaourts ou à boire de l'Evian, nous allons très vite le sentir passer.

Comme disait Graeme Allwright, "Demain sera bien"...

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 24 février 2013

@Christian
Oui, on est dans une problématique plus vaste en effet, et très inquiétante. Robert Rochefort tente d'y apporter une solution avec ses services associés aux biens et plus généralement les effets d'usage. Mais pour faire rentrer cela dans les moeurs, il y a un travail immense.
L'informatique, pourtant partiellement immatérielle, a suivi le même chemin : on aurait pu imaginer une branche industrielle dont les profits se feraient sur la conception de logiciels toujours plus fûtés. A la place de cela, il faut racheter une machine tous les 5 ans maximum pour pouvoir suivre les évolutions et ne pas ramer. Cela m'insupporte. Nous sommes prisonniers de ce modèle, et, à moins de vivre en marge de la société humaine, je ne vois pas comment faire pour lutter.
Il faudrait des AMAP dans tous les domaines, pas seulement agricoles. Internet pourrait être une solution car il permet un contact direct entre producteurs et consommateurs et donc davantage de négociations sur les services associés aux biens et sur leur durabilité, mais, pour l'instant, on est loin du compte, hélas...
Notre croissance est fondée sur le matérialisme et rien d'autre ce qui empêche tout raisonnement de nature différente.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 24 février 2013

@ l'hérétique & ch. romain :

Vous vous faites trop de soucis tous les deux, la seule raison pour laquelle le changement que vous appelez tarde à venir c'est que pour le moment il ne serait profitable à personne :

1- L'augmentation du prix au baril permet aux groupes pétroliers de mettre en place des exploitations qui n'auraient pas été rentable avant.
Si on remplace le pétrole la demande chutera, le prix suivra et ils pourront s'assoir sur leurs investissements.

2- Si à termes il sera effectivement nécessaire de remplacer tout le parc, il serait très prématuré de s'y mettre maintenant.
Comme toutes les technologies, celles liées aux énergies renouvelables vont grandement progresser à mesure que la demande augmentera (voir téléphonie, informatique ...). Investir aujourd'hui c'est se ruiner pour des produits dont le prix va chuter (beaucoup) avec en plus l'assurance de les voir rapidement devenir obsolètes.

3- C'est le même problème avec les équipementiers automobiles : les premiers à remplacer leurs outils de productions vont payer excessivement cher en prenant le risque que ce soit en pure perte si la concurrence sort quelque chose de plus efficace/plus simple à mettre en place aux vues des infrastructures déjà existantes.

Écrit par : skunker | dimanche, 24 février 2013

@skunker
Tu mets très exactement le doigt sur le problème. Oui, actuellement, ce n'est pas rentable. Tu tables sur la loi de l'offre et de la demande pour rétablir la balance le jour venu : j'espère simplement qu'il ne sera pas trop tard. j'observe que dans le domaine de la pêche, par exemple, cela n'a pas fonctionné et que des espèces ont disparu.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 24 février 2013

@ l'hérétique :

Le pétrole étant à l'énergie ce que le saumon est à la pêche. C'est bon mais remplaçable.

Ce qui est inquiétant c'est de voir que les multinationales (équipementiers, constructeurs, pétroliers ...) rachètent des brevets à tour de bras sans les exploiter ...

Écrit par : skunker | dimanche, 24 février 2013

La philosophie et les énergies renouvelables ne remplacerons jamais les hydrocarbures ajoutant des taxes qui enrichissent autant les producteurs que les administrations publiques. Ajoutons aussi les diverses agences qui produisent des slogans.
Le pétrole et l'électricité se sont développés par des investissements spontanés suite à leur efficacité économique.

Écrit par : MIRICA | lundi, 25 février 2013

@ MIRICA

"La philosophie et les énergies renouvelables ne remplacerons jamais les hydrocarbures"

Votre boule de cristal, elle fonctionne à l'essence ou à l'électricité ? ;-)

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 25 février 2013

C'est pas vraiment comme si on avait le choix de toute façon, s'il faut le rappeler les hydrocarbures ne sont pas en quantité illimité.

Écrit par : skunker | lundi, 25 février 2013

C'est mal parti pour les énergies renouvelables l'Allemagne vient d'autoriser l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique.

Écrit par : airlane | jeudi, 28 février 2013

Les commentaires sont fermés.