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dimanche, 24 février 2013

Qu'est-ce que que Marielle de Sarnez peut apporter à Paris ?

Cela fait un moment que je cherche le titre du billet que je veux écrire sur la très probable candidature de Marielle de Sarnez à Paris et, faute de trouver une idée originale, j'ai fini par faire simple.

On sait, d'ores et déjà, que NKM et Hidalgo vont accaparer tout l'espace médiatique avec peut-être quelques miettes pour Cécile Duflot si jamais elle se présentait. Il va donc être difficile pour le MoDem de parvenir à s'intercaler.

C'est par nos différences, me semble-t-il, que nous avons un petit espoir d'éviter. 

Le logement demeure la principale préoccupation des Parisiens, et, depuis 2008,  les prix n'ont cessé de grimper tant à l'achat qu'à la location. Coincés dans une capitale trop petite, les Parisiens sont face à une redoutable alternative : payer toujours plus cher le mètre carré d'espace vital ou accepter de voir rehausser singulièrement les hauteurs maximales des constructions avec comme conséquence première une dégradation immédiate de l'environnement. C'est cette seconde voie que semble vouloir emprunter Delanoë avec ses tours triangle mais il se heurte à de très fortes résistances (les Verts et le MoDem principalement).

Marielle de Sarnez avait fait aux municipales de 2008 du logement pour les classes moyennes une priorité observant qu'il était difficile de travailler à Paris sans y habiter. Elle proposait à l'époque de mixer les logements sociaux alors que les Socialistes les réservent soit à des revenus très modestes soit aux employés de la ville de Paris. 

Jean-François Martins, le principal élu du MoDem à Paris, table sur l'extension de Paris par absorption progressive des communes avoisinantes pour au moins relâcher la pression financière sur les acquéreurs. Peut-être. Ce que je crains plutôt, c'est que cette absorption fasse grimper les prix de la petite couronne si elle se concrétise. Je suis un peu sceptique avec ce Grand Paris. C'est sans doute une nécessité, mais d'abord une vue de l'esprit. Le problème, c'est que la pressioon foncière est générale sur la totalité de la petite couronne. Je ne dis pas que ce ne soit pas une solution sur le long terme d'autant que Jean-François Martins a quelques idées astucieuses pour élargir Paris (je les ferai connaître en temps utile sur ce blogue) mais dans les mesures immédiates il va falloir une baguette magique.

Paris, ces dix dernières années, s'est spécialisée : cadres célibataires ou simplement en couple, familles à enfants uniques, parfois à deux enfants, retraités, pendant que dans le même temps, les familles nombreuses s'exilaient en banlieue. Si le MoDem veut apparaître en pointe pour les prochaines échéances municipales, il doit être capable de dire ce qu'il peut faire pour permettre aux familles de grandir au lieu de devoir partir.

J'ai revu notre clip de 2008 sur le logement : les intentions énoncées y étaient fortes, mais la réalisation maladroite au possible. Je risque d'être brutal, mais soyons clairs : quand on promeut les classes moyennes on n'illustre pas son propos par une visite dans un foyer d'immigrés ivoiriens. On choisit une famille parisienne type. Leçon à retenir pour 2014.

J'ai évoqué le logement comme principale clef de la campagne de 2014 mais il y a au moins deux autres sujets qui méritent une grande préoccupation : les transports, tout d'abord, mais aussi la santé. Paris, à son tour, commence à être touchée par la réduction du nombre de praticiens et, dans le même temps, les coûts médicaux explosent dans la capitale en raison du montant des consultations. Certains avec une démagogie insigne y voient la cupidité des médecins. Je crois que c'est surtout l'accroissement continu du coût de la vie à Paris qui contraint les praticiens à revoir leurs tarifs à la hausse. Il y a à côté de cela des hôpitaux qui se dégradent continuellement avec des urgences toujours plus surchargées et des menaces sur certains établissements. Delanoë et son équipe l'ont oubliée, mais il peut y avoir une politique de la santé à Paris, et, sur ce sujet, un certain nombre de propositions de Bayrou en 2007 puis 2013 lors de la présidentielle pourraient s'avérer pertinentes. Nous y reviendrons ultérieurement ici.

Quant aux transports, ils méritent un billet à part entière. Je m'iquiète beaucoup d'avoir vu le MoDem s'aligner complètement sur le PS dans ce domaine depuis 2008. Nous aurions pu dire et proposer autre chose. J'espère que nous serons plus originaux et créatifs pour 2014.

Il y a dans le bilan de Delanoë des choses à prendre et à laisser. On oublie souvent qu'un certain nombre de projets menés à leur terme par Bertrand Delanoë avaient été initiés par l'équipe précédente. 

Il y a en tout cas une chose dont je suis certain : courir derrière les propositions du PS lors des prochaines municipales c'est s'exposer à une claque monumentale quand la voix des Parisiens aura parlé. A la place de nos élus MoDem, sans verser dans la radicalité, j'éviterais de faire de l'opposition un peu trop constructive.

00:46 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : modem, sarnez, delanoë | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour,
il se trouve que bien que vivant à Paris XIXe depuis presque 30 ans, je suis originaire de l'Ouest de France, dans une région de tradition démocrate chrétienne (I&V). Nous avons donc des idées assez proches sur bien des points de vue.
Permettez-moi d'exposer un point de vue assez radical. Il ne faut pas se disperser et essayer d'avoir des idées pseudo-originales sur tous les thèmes possibles. Le seul point qui importe vraiment aux parisiens (et aux français) c'est la dégradation de leur condition d'accès aux soins. Le reste n'est pas qu'accessoire bien sûr et il faut être solide partout. C'est là dessus, sur les sons qui vont se dégradant tout en coûtant plus cher, qu'il faut taper et enfoncer le clou. Beaucoup de praticiens se sentent laissés pour compte et par l'UMP qui vient de gravement dévisser et par le PS qui n'a pas d'idées neuves en ce domaine. Par le plus grand des hasards je suis médecin d'une espèce très particulière, a-orthodoxe, iconoclaste, pas perdreau de l'année, doté d'un assez solide bon sens et d'un sens de la répartie costaud, très acerbe si nécessaire. De plus, j'ai mes entrées à l'Académie Nationale de Médecine... Cela peu aider. Si le centre, l'hyper-centre devrait je dire, faisait des propositions originales et sensées, séduisantes pour les professionnels de santé sur le terrain, comprises également par le grand public, il pourrait y avoir un phénomène de glissement électoral d'assez grande ampleur. D'assez nombreuses cibles sont possibles et il ne faudra pas hésiter à taper à bras raccourci sur la gestion technocratique viciée de l'AP-HP par exemple, les problèmes importants posés par les génériques obligatoires, les conditions de travail et de repos des internes en médecine (immense relais d'opinion), les problèmes posés par la politique de secteur pour les soins psychiatriques, et même dénoncer fortement l'implication par trop massive des laboratoires pharmaceutiques dans la formation des futurs médecins qui est une véritable plaie, particulièrement à Paris. Il faudrait aussi insister sur les nécessités d'une alimentation saine en dénonçant les mauvaises qualités des produits dans les quartiers défavorisés et last, but not the least, taper à bras raccourci sur les fast-food en affirmant sasn bargigner que le retour de Burger King n'est pas une bonne nouvelle pour la santé des français et les comptes de la Sécurité Sociale.
Dans le XIXe, il y a par exemple Bernard JOMIER (EELV-Les Verts), un confrère, adjoint de l'actuel maire. Violette BARANDA, avant de rejoindre le Modem l'appréciait bien. Ce pourrait être une tête de liste de choix, d'autant plus que Roger MADEC (sénateur) vient de passer la main, un an avant l'échéance à un parfait crétin : son premier éditorial dans le bulletin municipal ne laisse aucun doute à ce sujet.
Enfin, il y a le choix d'un nom de liste qui fasse tilt. La semaine dernière je me suis rendu à une réunion du mouvement de Nicolas DUPONT-AIGNAN grâce à, ou à cause d'un pharmacien particulièrement sympathique et plein d'idées qui milite à Debout La République, rencontré le matin même à un colloque "Économie de la Santé" à l'Université Paris-Dauphine. J'ai mis un peu le bazar dans cette réunion... mais cela c'est bien terminé. Beaucoup trop de militants DLR ont une inertie sociologique N-A-P (Neuilly-Auteuil-Passy) qui nuit fort à la qualité de leur réflexion sur certains sujets sensibles . Et je me faisait la réflexion qu'être debout c'était déjà bien, mais qu'il fallait surtout avancer. "En avant la République" ou "La France en avant" aurait plus d'impact. Une idée à retenir pour plus tard ? Mais pour les élections prochaines, il me semble que "Paris... en avant !" serait assez percutant et très mobilisateur.
Que pensez-vous de tout cela ?
Bien à vous,
François le LiONNAIS (alias)
@Grange_Blanche sur Twitter où j'ai commencé à gazouiller depuis peu.

Écrit par : François_le_LiONNAIS | mercredi, 27 février 2013

Bonsoir François
Votre témoignage est aussi intéressant que précieux. Je me suis abonné à votre compte twitter.
Sur l'AP-HP, je vous suis parfaitement. Je me demande parfois si le mieux ne serait pas que cette structure vole en éclats et que les hôpitaux retrouvent marges de manoeuvre et liberté.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 27 février 2013

Démanteler l'AP-HP : absolument d'accord. Il faut constituter des groupes hospitaliers avec des services complémentaires qui regroupent l'ensemble des spécialités, ou presque. St-Louis/Lariboisière/Fernand-Widal par exemple. La Pitié-Salpétrière est un cas à part. L'hôpital est tellement énorme (c'est le plus grand d'Europe) qu'il devrait être une entité à lui tout seul. Etc.
Il me semble que l'on pourrait aussi instituer une forme de rivalité en terme d'efficacité gestionnaire pour que se produise une saine émulation, avec partage ultérieur des meilleures solutions.
On rentrerait alors dans un spirale vertueuse.
Il faudrait aussi instituer une direction collégiale : un gestionnaire-administratif formé à l'ENSP de Rennes bien sûr, avec un médecin et un pharmacien pour l'assister et éviter les c.nn.r..s. Un triumvirat, quoi ! Avec voix prépondérante du médecin. C'est la qualité des soins qui doit prédominer.

François Le LiONNAIS
@Grange_Blanche

@GrangeBlanche est le compte d'un confrère cardiologue lyonnais, tout à fait excellent. Et son blog est très lu.

Écrit par : François_Le_LiONNAIS | jeudi, 28 février 2013

@François
J'avais pour combler la carence de médecins à Paris une idée et je voulais vous demander ce que vous en pensez :
Vous paraîtrait-il pertinent d'imaginer une sorte de partenariat libéral/hôpital public où des médecins pourraient exercer en libéral dans certains hôpitaux ? Cela réduirait leurs coûts fixes (un cabinet médical a un coup de location très important et j'imagine que cela pèse sur la rémunération finale du médecin).

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 28 février 2013

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