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  • Crise : la danse des Yaka Faukon

    Connaissez-vous la Danse des Yaka Faukon ? C'est une sorte de chant magique accompagné de force hochements de menton que l'on entonne en temps de crise. Je me suis laissé entendre dire que la Danse provient d'un rituel magique entonné par la tribu des Yaka Faukon elle-même.

    Il suffit de marteler le sol à pas lourds en beuglant Yaka faukon !, yaka faukon !, yaka faukon !, et comme par miracle, tous les problèmes trouvent une solution. Parfois, il peut être utile d'ajouter un verset au yaka faukon, qui est l'essentiel de la formule pour que la formule opère.

    Tenez, pour la crise récente, par exemple : ben yaka réguler. Faukon prête de l'argent aux entreprises, aussi. Faukon taxe également les super-profits. Yaka relancer l'économie. Faukon moralise le système financier. Pas mal, comme mantra, non ?

    C'est marrant, tout de même, considérons les banques : on leur reproche d'avoir provoqué la crise pour avoir prêté trop facilement de l'argent. Eh bien devinez ce qu'on leur reproche, aujourd'hui ? de prolonger la crise en ne prêtant pas suffisamment d'argent aux entreprises et aux particuliers ! C'est fort, non ?

    L'avantage du Yaka Faukon, comme rituel, c'est qu'on n'a pas à se soucier d'une quelconque forme de logique ou de raison. La seule chose qui compte, c'est de réciter le mantra dans le bon ordre, et hop, ça marche. Et même si ça ne marche pas, ce n'est pas grave, on peut décliner le yaka faukon dans toutes les langues et sur n'importe quel sujet. Il suffira simplement d'adpater le rite et la formule.

    C'est simple, non ? Yaka l'faire. Faukon l'fasse, même...

  • Grande Guerre et mutineries : alors là, bravo Sarko !

    J'écrivais hier même mon ras-le-bol du 11 novembre, exaspéré par la commémoration d'une France et d'une classe politico-militaire qui a envoyé à la boucherie nombre de jeunes Français, n'hésitant pas à tirer dans le tas quand le bétail ne marchait pas le pied ferme à la mort.

    Or, j'apprends aujourd'hui par le Parisien que Nicolas Sarkozy, l'actuel Président de la République, a rendu hommage aux mutins. J'ai beaucoup apprécié cette phrase qui est exactement celle que j'attends des pouvoirs publics depuis des années :

    «ces hommes dont on avait trop exigé, qu'on avait trop exposés, que parfois des fautes de commandement avaient envoyés au massacre, à ces hommes qui n'ont plus eu la force de se battre».

    Et  je trouve très juste sa conclusion :

    «Cette guerre totale excluait toute indulgence, toute faiblesse. Mais 90 ans après la fin de la guerre, je veux dire au nom de notre Nation que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s'étaient pas déshonorés, n'avaient pas été des lâches mais que, simplement, ils étaient allés jusqu'à l'extrême limite de leurs forces»

    Je n'aurai sans doute pas souvent l'occasion de le dire, mais là, je le dis, Sarko, bravo, je te tire mon chapeau. Un dernier petit effort, maintenant, pour demander aux historiens d'ouvrir le livre noir et de s'intéresser aux décisions du haut-commandement et de la classe politique d'alors...

  • Retraite à 70 ans, l'art de faire des économies...

    Dans la catégorie des réformes bidons particulièrement pourries qui cachent leurs véritables intentions, la retraite à 70 ans tient la corde pour obtenir la palme. Le plus drôle, c'est que tout le monde ne semble y voir que du feu !!!

    Voyons, le véritable objectif, ce n'est pas de rendre le travail possible jusqu'à 70 ans : le véritable objectif, évidemment, c'est de payer beaucoup moins les retraites par un effet tout à fait mécanique.

    Soyons sérieux : on sait très bien que passé 50-55 ans, les chercheurs d'emploi n'ont quasiment aucun espoir de trouver un emploi, et que dans pas mal d'entreprises on essaie de dégager les seniors.

    Donc, on se doute que les gens ne travailleront pas jusqu'à 70 ans. En revanche, pour le calcul des cotisations, ce ne sera plus 60 ans mais bientot 70 ans qui sera pris en compte.

    Cela permettra donc de baisser à bon compte le montant des retraites actuelles en arguant que les années de cotisation ne sont pas complètes. Ingénieux, non ?

    Conclusion, François Bayrou a bien eu raison de voler dans les plumes du gouvernement sur cette question.  Il a en effet très bien compris l'enjeu qu'il énonce nommément, et je le cite :

    «Un tel amendement ne peut avoir comme objectif que d'inscrire dans un texte que 70 ans est un âge normal pour la retraite", afin d'en faire "une référence».

    Il a très bien compris. Et devinez quoi ? Pas un média n'a repris son intervention. Pire, même sur Internet, je crois être le seul sur Google Actualités à avoir relayé ses déclarations. Même sur la blogosphère MoDem il n'y quasiment pas eu d'échos. Je me disais, il va y avoir une levée de boucliers sur ce coup-là...ben non, silence radio général...

    Au passage, il observe que pas mal d'emplois ne sont exerçables que dans la force de l'âge : en décrétant les 70 ans, on s'assure de payer moins la retraite des gens concernés parce qu'ils ne pourront pas aller jusqu'à 70 ans, sauf à crever à la tâche...

    J'imagine la tête de Zola qui a tant été frappé par la misère de la condition ouvrière s'il devait lire les projets gouvernementaux actuels...

     

  • Et si on envoyait une alerte à Darcos ?

    Tiens, et si on envoyait un méga gros signal d'alerte à Darcos, histoire de bien rigoler ? Parce que je viens de lire ce sympathique appel d'offres émanant du Ministère de l'ÉDucation Nationale...

    Tenez-vous bien, les amis, il s'agit de repérer  les ferments de la contestation sur la Toile et de les étouffer dans l'oeuf.

    Voici le genre de sympathiques objectifs que l'on peut trouver dans le Cahier des Charges

    - Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et
    leur capacité à se constituer en réseau

    - Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
    - Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
    - Suivre les informations signifiantes dans le temps
    - Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires,
    audience, etc.)
    - Rapprocher ces informations et les interpréter
    - Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
    - Alerter et préconiser en conséquence
    - Envoyer les fauteurs de trouble au bagne (pardon, ça, c'est une extrapolation de ma part...)
    - Les soumettre à un odieux mais efficace chantage au salaire (testé avec les directeurs d'école, ça marche bien)

    Entre autres joyeusetés on trouve aussi cet instructif paragraphe :

    La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)

    Voyons, voyons, suis-je :

    a) un commentateur ?

    b) revendicatif ?

    c) informatif ?

    d) participatif ?

    e) politique ?

    f) et cetera...?

    Bon, en tout cas, puisque Darcos veut du buzz, il va en avoir : je propose à tous ceux qui liront le billet de relayer l'information (à chacun sa manière) et la traiter à sa façon. Faut lui donner sa première alerte à not'bon Ministre de l'Éducation Nationale. Décidément, le fichage, c'est maladif et obsessionnel chez la majorité actuelle et son gouvernement...

    J'espère bien que la blogosphère MoDem ne va pas laisser passer, et puis je crois qu'on peut aussi compter sur les blogs de gauche pour réagir et peut-être quelques blogs libéraux pour lesquels le libéralisme a encore  un sens un minimum philosophique...

    Ah, tiens, tant que j'y suis : cette géniale idée va tout de même coûter 220 000 euros...

     

  • Ras le bol du 11 novembre !

    Tiens, ça, cela fait un moment, plusieurs années même, que je veux l'écrire, et puisque j'en ai l'occasion et le temps aujourd'hui, je vais le faire.

    J'en ai assez que l'on célèbre cette date alors que cette célébration repose sur un mensonge éhonté, et qu'il est grand temps de rétablir la vérité.

    Cette guerre a été un massacre abominable parce qu'au moins du côté français, les combattants ont été envoyés de force, dans des conditions épouvantables au front, avec une stratégie de passage en force dont les généraux de l'époque n'ignoraient nullement qu'elle provoquerait des morts.

    Matériel insuffisant, tranchées non aménagées, canons français qui tirent sciemment sur les fantassins français, exécutions sommaires par des caporaux en mal de reconnaissance, j'en passe des vertes et des pas mûres. Quand donc quelqu'un se chargera-t-il d'écrire le Livre Noir de ce satané mythe ? De ce prétendu élan de la nation ?

    Je me dis, d'ailleurs, que rien n'a changé quand je vois que nos soldats en Afghanistan doivent repousser les Talibans avec un matériel insuffisant et se payer parfois eux-mêmes des gilets pare-balles corrects...Là encore, on y va pour la gloire...

    Les mêmes dirigeants abjects qui ont envoyé se faire tuer pour rien de jeunes français ont préparé la seconde guerre mondiale en cherchant à humilier à et mettre à genou l'Allemagne par des conditions insensées.

    J'en ai assez de cette hypocrisie. Ce qui me sidère, c'est qu'il y a en tout et pour tout pour la dénoncer le seul Jacques Tardi, à travers ses bandes dessinées, que je remercie, car il a contribué à me donner un oeil critique sur cette période.

    Je ne dis pas que lors d'une guerre, il n'y a pas de morts, mais je trouve que pendant la Grande Guerre, il y a eu beaucoup de morts inutiles, et que le procès des généraux de cette époque n'a toujours pas eu lieu. Au contrtaire, on leur rend hommage et on nomme des rues à leurs noms !

    C'est marrant d'ailleurs : on a retenu un nombre très faible de fusillés, mais c'est un mensonge : outre les exécutions extra-judiciaires, il y a eu aussi ceux que l'on a forcé à marcher au front avec l'intention de les faire mourir.

    Bref, cette guerre est l'une des plus dégueulasses de notre siècle, et elle ne mérite pas d'être célébrée, tout du moins, comme une victoire. Le 08 mai 1945 symbolise la fin de la barabarie nazie, mais le 11 novembre 1918 représente le triomphe des hypocrites.

    J'espère que la France se penchera un jour vraiment sur les évènements de cette période, et réalisera qu'un nombre impressionnant de morts de cette époque aurait pu être évité sans la morgue et l'incompétence des généraux et des politiques d'alors.

    Par ailleurs, pour se faire une petite idée du genre de contre-vérités que l'on continue à lire dans les livres d'histoire ou à entendre ici et là, un petit tour sur cet article de Marrick & Kevin .

     

    EDIT : tant que j'y suis, un petit oeil ici, sur le site du CRID (Collectif de Recherche International et de Débat sur la Guerre 14-18) , c'est salutaire...On y retrouve en substance une bonne part de mon avis sur ce que je pense du nationalisme du XIXème siècle et ses lourdes conséquences sur le XXème siècle.

  • Franck Noël (MoDem) possible député de Reims ?

    FranckNoel.jpg

    Franck Noël a décidé de se présenter à la députation les 7 et 11 décembre 2008 sous les couleurs du Mouvement Démocrate. J'ai bien aimé la conclusion de sa profession de foi, car en faisant de l'homme le centre de toutes choses, Franck Noël établit une filiation avec l'esprit de la Renaissance et donc l'idéal humaniste. J'aurai l'occasion dans d'autres billets de revenir sur son action de terrain à Reims et sur les problématiques de la circonscription de vote.

    Voici ce qu'il déclarait le 17 octobre dernier sur son site :


    Abandonnant les Rémois pour New York, la démission du député UMP a pour conséquence de demander aux électeurs de retourner aux urnes. Cette élection partielle coûtera 107.000€ aux contribuables rémois. Bien que nous ne connaissions pas encore la date de cette élection (officieusement les 7 et 14 décembre sont évoqués), je vous fais part de ma candidature à la députation.

    Pourquoi suis-je candidat ? Militant politique et associatif, fidèle à mes convictions centristes placées sous le signe de l’engagement et de l’humanisme, mon expérience d’Adjoint au Maire de Reims chargé de la Jeunesse m’autorise aujourd’hui à défendre un bilan. Elu local, j’ai initié le projet des Maisons de quartiers, administré la Cartonnerie dès sa création, développé Reims Vital’Ado, mis en place le forum job rémois en tant que Président du Centre Régional d’Information Jeunesse, etc. Enfin, mon positionnement entre un candidat UMP introuvable et un candidat très socialiste, qui n’a pas hésité à augmenter ses indemnités de 36% (et les impôts locaux de 114€ par ménage) me fait dire que l’heure du Centre a enfin sonné !!

    Quel genre de député serai-je ? Un député à temps plein engagé à l’Assemblée Nationale et sur le terrain. Un député qui n’appartient pas un clan, capable de voter les textes qui vont dans le bon sens (plan de sauvetage des banques…) et de ne pas voter ceux qui ne sont pas justes (ficher EDVIGE) ; et qui se battra pour moraliser la politique et le monde économique dans une période où les français sont de plus en plus confrontés à des difficultés de logement, de pouvoir d’achat, d’emploi…

    En un mot : je serai un député de terrain qui, à votre écoute, soutiendra tous les textes qui replacent l’Homme au « centre » de toute chose.

  • Noires fureurs, Blancs menteurs, trouble affaire !

    J'ai appris par causeur.fr que SOS-Racisme avait été déboutée de son procès contre Pierre Péan. Ce dernier a repris la genèse des massacres inter-ethniques au Rwanda au début des années 90, et en est venu à une interprétation peu facilement admise par la communauté médiatique : pour lui, et après enquête, ce sont les Tutsis qui sont à l'origine des massacres et non les Hutus. Il essaie de démontrer , dans son ouvrage, que le FPR ne représente pas les Tutsis du Rwanda, mais des Tutsis chassés à la fin des années 50 vers l'Ouganda parce qu'ils représentaient l'ancienne monarchie. Or, ce sont ces Tutsis-là, non les Tutsis rwandais, qui ont organisé l'assassinat du président rwandais, le 06 avril 1994, Juvénal Habyarimana. Dans son livre, Pierre Péan, en introduction, fait valoir à quel point l'art de la dissimulation imprègne la culture politique du Rwanda, particulièrement au sein de l'ethnie Tutsi.

    SOS Racisme y a vu du racisme et a attaqué immédiatement Pierre Péan pour racisme. Les Florentins cultivent aussi l'art de la dissimulation, c'est un trait de civilisation hérité d'abord des Étrusques, peuple aux moeurs sophistiqués, mais, plus proches de nous, du règne des Médicis : doit-on dire que je suis raciste envers les Florentins parce que je lance une telle affirmation, pourtant encore reconue par ceux qui négocient avec les Toscans aujoud'hui ?

    J'ai une méfiance instinctive envers cette association qui a longtemps usé et abusé de démagogie à tout cran. La vérité, c'est que SOS-Racisme ne sait plus quoi faire pour attirer l'attention sur elle. Cette organisation n'a aucune pudeur et a même réussi à faire témoigner l'ancien président de l'UEJF pour tenter d'associer la Shoah à cette affaire. Sur ce point, Causeur.fr, très prompt à prendre parti pour Péan, s'est bien gardé d'expliquer pourquoi l'UEJF est intervenue : l'UEJF est intervenue parce que Péan, fort imprudemment, il faut le dire, s'appuie sur les éructations d'un certain Paul Dresse , historien à la petite semaine dans les années 40, très proche de l'extrême-droite de l'époque (donc des nazis, in fine) : cet individu voit dans le Tutsis le germe sémitique du mensonge. On peut comprendre, dans ces conditions, que l'UEJF ait bondi ! Je suppose que l'ouvrage en question doit être celui-ci : le Ruanda d'aujourd'hui publié en 1940 aux éditions Ch.Dessart. Malheureusement, pas moyen de feuilleter le livre, car j'aurais bien aimé voir de mes propres yeux ce qu'il y est écrit.

    J'ai tout de même vu que Paul Dresse avait publié dans des maisons d'éditions nationalistes, telles que le Trident, Charles Dessart ou encore l'Écran du Monde et qu'il avait eu de très bons contacts avec l'Action Française. Les Cahiers Mosans dont il dirige la rédaction affirment explicitement leur filiation maurassienne.

    D'ailleurs, peut-être convient-il de donner le nom complet de Paul Dresse : il s'agit d'un aristocrate belge du nom de Paul Dresse de Lébioles, politiquement royaliste et écrivain de son état . Il a écrit une longue lettre en hommage à Mauras à la mort de ce dernier. Bref, un personnage fort peu recommandable politiquement.

    Clairement, ce n'est certainement pas la référence la plus sérieuse de Péan dans son ouvrage. Comme ce dernier ne peut se retenir de verser dans l'outrance à tire-larigot, évidemment, cela jette un voile sur la crédibilité de son livre, d'autant qu'un journaliste d'investigation n'est pas un historien.

    Il n'en reste pas moins qu'il fait l'objet d'un lynchage médiatique excessif. On peut très bien juger son ouvrage mal ficelé et inconséquent sans pour autant hurler au loup, avec le soutien, d'ailleurs, d'associations vraisemblablement partiales.

     

  • La Chine peut-elle être un partenaire commercial fiable ?

    Les récentes affaires de produits importés de Chine dangereux ont récemment défrayé la chronique : lait à la mélanine mortel, bottes allergisantes. Je crains hélas que ce ne soient les premiers d'une longue liste à venir, et ce pour une raison bien précise : pour échanger et vendre des biens finis et/ou semi-finis, dans une économie de marché, il faut respecter un cahier des charges. Pour contrôler le respect de ce cahier des charges, des organismes indépendants, clair et transparents sont nécessaires. or, la structure du pouvoir en Chine, particulièrement celui des bureaucraties locales, assimilables à de véritables fiefs dans tout le sens le pire de ce que représente la féodalité, est un véritable obstacle à la moindre transparence.

    Je ne vois pas comment la Chine pourrait, dans ce cas, respecter une déontologie ferme en matière de contrôle, sauf à ce que l'oligarchie au pouvoir soit elle aussi concernée.

    A vrai dire, on trouve cette idée très bien mise en évidence par Montesquieu bau début du Tome II de l'Esprit des Lois, qui porte sur le commerce, mais aussi chez Tocqueville, à le fin du Tome I de "De la démocratie en Amérique", le commerce convient avant tout aux nations de moeurs républicaines, particulièrement les décmoraties. En effet, seul un régime de type républicain peut donner des garanties suffisantes aux commerçants pour qu'ils puissent prendre les risques nécessaires à son entreprise et à l'accumulation de biens. Comment peut-on épargner, dans un régime de type despotique, dès lors qu'à tout moment, le tyran peut décider de vous spolier sur la foi de son seul bon plaisir ?

    Il n'échappe à personne, aujourd'hui, que la Chine se range dans les régimes de type despotique, même s'il ne s'agit pas d'une tyrannie comparable aux dictatures d'Amérique du Sud des années 70 et 80.

    Il n'en reste pas moins que la problématique du lien indissoluble entre droit, commerce et démocratie, lui échappe largement, et que l'on voit mal la Chine continuer à progresser dans le commerce mondial si sa puissance économique croissante ne va pas de pair avec un système de droit non moins croissant. Or, jusqu'à nouvel ordre, aucun autre régime mieux que la démocratie ne peut garantir un tel système de droit.