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  • Régionales, les douze travaux du MoDem

    Tiens, il a de la gueule, le site du MoDem pour les régionales. Ça me change des sites de campagne à la c.. que je vois généralement çà et là. Ce n'est pas non plus idiot d'avoir dégagé des problématiques communes à toutes les régions. Le tout tient en douze propositions. C'est le sixième point qui m'intéresse surtout : il s'agit de relocaliser des industries et des services dans les régions. Ben...bon courage : le MoDem a le mérite de mettre en avant cette nécessité à mes yeux essentielle, mais concrètement, j'aimerais bien savoir comment il escompte procéder. Petite remarque en passant : la réindustrialisation de la France, à la base, c'est vraiment la marque de fabrique de Peyrelevade, et plus généralement, une spécificité du MoDem par rapport à l'UDF. L'UDF parlait de promouvoir les PME mais était assez peu disert sur l'industrie. Relocaliser les services ? Oui, bonne idée, mais ce n'est pas le sens de l'actuelle mondialisation : Internet permet bien au contraire de les délocaliser pour la plupart aux quatre coins du monde. C'est bien pour cela que lorsque vous appelez les renseignements téléphoniques, par exemple, et que vous voulez blablater sur la localité du service ou de la personne dont vous voulez avoir le numéro, votre interlocuteur n'y connaît piquenidouille... Tu m'étonnes : ce n'est pas tous les jours qu'ils se rendent en France, les Sénégalais, Marocains ou Tunisiens...

    Nous ne pouvons plus demeurer spectateurs du plus vaste mouvement de délocalisations de production jamais constaté. Il faut prendre le taureau par les cornes et présenter dans chaque région un plan de recherche d’activités nouvelles dans les secteurs industriels aujourd’hui abandonnés et dans le domaine agricole en péril. L’entreprise sera l’acteur principal, la région coordonnera les appuis, c’est une œuvre de reconquête. Cela passe par un soutien et une assistance prioritaire effectifs aux artisans, TPE et PME, notamment en leur réservant une place dans les marchés publics (small business act).

    Pour avoir discuté avec le directeur de campagne d'Alain Dolium, j'ai cru comprendre que ce dernier a quelques idées pour associer l'emploi et les services et l'industrie. On verra ce qu'il s'y dit précisément le janvier, puisque c'est la date d'ouverture du site île de France. Je jugerai sur pièces.

    Le deuxième point qui m'intéressait, c'est la fiscalité :

    Il n’y a pas de véritable collectivité locale sans autonomie fiscale. Il n’y a pas de justice sans péréquation. Les choix du gouvernement actuel ont rendu les régions totalement dépendantes de l’État, et donc à terme impuissantes. Nous nous battons pour une refonte de la fiscalité qui rendra leur autonomie aux régions.

    C'est bien gentil, ça les aminches, mais voyez le coup de la taxe professionnelle du Sarko : c'est pas vous qui prenez des décisions...Donc, là encore, je serais curieux de connaître le mode d'emploi, même si la proposition m'agrée totalement.

    Ce sont à mon avis ces deux propositions qui font la valeur ajoutée du MoDem sur ces élections. On peut y ajouter l'ancien cheval de bataille de l'UDF, c'est à dire la défense d'un véritable régionalisme, avec notamment les garanties données aux langues et cultures régionales.

    J'ai vu également que le souci de préserver l'agriculture régionale était réaffirmé, mais je trouve les solutions mises en avant assez pauvres dans l'immédiat.

    Il y a tout de même deux absents de taille dans ce programme général : les transports et l'emploi (qui découle de la réindustrialisation, mais il faudrait le dire explicitement).

    On y verra sans doute plus clair avec les déclinaisons régionales de ces propositions. Attendons de lire la suite (le site IDF MoDem est en ligne, mais le programme spécifique à l'IDF pas encore) . Mention Assez bien pour l'instant.

    Pour terminer dans la bonne humeur, il y a un militant UMP malin qui a créé un blogue chez le Nouvel Obs : le blogue s'appelle Régionales IDF 2010 et se veut «sans conformisme partisan» mais comme son auteur a chaussé une paire de gros sabots, l'avertissement ne fait pas long feu. A consulter tout de même, on y lit des choses intéressantes.

  • Berk, un militant !

    Je suis venu en politique pour ...faire de la politique. Souvent, je m'interroge sur la nature de l'engagement militant dans un appareil politique : en fait, et je l'ai déjà dit ici, il n'y a rien de moins démocratique qu'un parti politique. Non pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser à cause de ses institutions et dysfonctionnements (pas pires qu'un appareil d'État) mais bien plutôt en raison de la base qui le constitue.

    Non seulement un parti est le fait d'individus qui pensent tous la même chose à quelques nuances près, mais, de surcroît, le principe même de l'engagement pousse les militants à la fanatisation.

    L'UDF, du temps où elle existait encore, me semblait relativement échapper à ce travers : son origine fédérale avec des gens divers, démocrates-chrétiens, libéraux, indépendants et autres lui avait certainement appris l'art de la composition et le pragmatisme.

    Quand le MoDem est né, je me suis immédiatement inquiété du mot d'ordre de sa fondation : il s'agissait de faire de la politique autrement. Personnellement, je me contre-fous de la faire de la politique autrement. En fait, non, je ne m'en contre-fous pas : cela ne m'intéresse pas et même, je ne veux pas faire de la politique autrement. Je veux faire de la politique tout court. Avec un tel mot d'ordre, il était évident que le MoDem allait récupérer un grand nombre d'individus attirés par les idéaux, mais finalement, assez peu par l'action pratique et la négociation permanente.

    Entre les bisounourseries de toute sorte et les délires fantasmagoriques des fanatiques de la démocratie, le MoDem allait assez vite se trouver en proie à des déchirement internes et à une inefficience impressionnante. D'ailleurs, depuis deux ans, nous multiplions les postures, les positions de principe indignées, les grands discours, et cetera.

    Au moins, les militants socialistes, quand ils signent une pétition de principe, ils savent que c'est du flan ou que, cela peut servir un objectif clairement politique voire politicien. Il n'y a que les militants démocrates pour croire le contraire. Cela devient comique (mais cela ne me fait pas rire) quand je constate que le MoDem tente de doubler le PS par sa gauche, de temps à autre.

    Paradoxalement, j'épargne une grande part de nos élus ou ex-élus : si jamais je devais quitter le MoDem, ce serait plutôt par écoeurement face aux petites mesquineries, aux haines ordinaires, à l'arrivisme déçu, aux jalousies et à la rage furieuse de bien de ces "nouveaux" militants qui l'ont rejoint très tôt plutôt qu'à l'attitude de nos principales têtes. Des Gilles Artigues, Jean Lassalle, Marielle de Sarnez (en dépit de désaccords sur la stratégie et l'éducation), Sylvie Goulard, Robert Rochefort, François Bayrou demeurent des références pour moi : c'est pour eux que je ne suis pas encore parti complètement dégoûté (mais ça me tente vraiment, parfois...).

    Beaucoup de ces militants sont venus du secteur associatif. Or, le temps associatif est rarement celui du politique ; je rassure mes lecteurs : les "associatifs", par delà les "causes" défendues ne sont pas moins capables de coups tordus, pourris et dégueulasses que les politiques. Ils sont juste moins expérimentés,  et surtout, bien moins patients, c'est tout. Pour en être à mon second parti politique et avoir oeuvré dans plusieurs associations et syndicats différents, je sais de quoi je parle.

    Tiens, Thierry me demande ce que je proposerais immédiatement si la démocratie directe existait ? Eh bien de la supprimer sur le champ, pardi...

    Jamais Bayrou n'aurait du déclarer vouloir faire de la politique autrement. Il fallait simplement dire : voilà mon projet, voilà mes idées, voilà ce que nous tenterons de promouvoir si nous accédons petit à petit au pouvoir : me suivez-vous ?

    Je voulais terminer sur quelques mots à propos des idéalistes : un idéaliste est un individu qui voit avant toutes choses tout par la lorgnette de son idéal. Un idéaliste déçu, c'est assez vite un maniaque, un paranoïaque (pathologie mentale quasi-impossible à guérir), dans le meilleur des cas un dépressif. Psychologiquement, cela s'explique : imaginez l'esprit d'un militant comme un cercle. Ce cercle n'est pas complet, il dispose d'une ouverture plus ou moins large par laquelle rentrent les informations et ressortent les réactions. Quand l'ouverture devient très étroite, l'information ricoche sur le cercle sans rentrer à l'intérieur, et celle qui parvient à accéder à l'esprit du militant ne le fait que selon un angle quasi-unique et particulier.

    Divisons ce cercle en deux zones : zone primaire, c'est l'impulsion, la spontanéité, la zone secondaire plutôt la pensée discursive. Si le zeste d'information reste dans la zone primaire, cela donne le militant déçu explosif, beuglant à tout va et dès la moindre anicroche contre : le siège, Bayrou, "on" et cetera... Si elle va dans la zone secondaire, c'est plus fâcheux : on a là des gens dont la haine ordinaire mature en solitaire, médite, échafaude une vengeance dont ils seront les seuls à comprendre les aboutissants. Ils sont bons pour l'asile psychiatrique, mais comme ils sont intelligents et calculateurs, habitués à imposer leurs volontés aux autres, pas aisément repérables, ils attendent le moment propice pour expurger la haine accumulée. Moins idéalistes que les primaires, ils sont autrement plus ambitieux, et il n'y a rien de plus féroce qu'une ambition déçue...

    Un parti politique, c'est Florence tous les jours, même si à Venise, on préfère des masques bien utiles pour mieux masquer les turpitudes locales...Les mêmes qui crachent dans la soupe aujourd'hui n'ont pas été les derniers à échanger moult bisounourseries en leur temps...J'ai déjà traité de l'écologie de ces créatures le passé. Ils correspondent remarquablement bien aux militants primaires que j'évoquais. Les secondaires, c'est plutôt dans la catégorie Alien (comme le film). Ils croissent et grossissent aux dépens d'un hôte malheureux, puis, après lui avait fait éclater les intestins, tentent d'éliminer tout l'équipage. Excessivement dangereux, ils sont maîtres dans l'art de la dissimulation. On l'aura compris, il y a quelques Aliens qui se trimballent dans le staff du MoDem, peut-être parmi les élus, et à coup sûr sur la Toile. La mesure prophylactique eût été d'éradiquer sans sommation la chose avant qu'elle ne prospérât. Aujourd'hui...il est bien tard...

    Vous l'aurez compris, je fatigue...Je continuerai à soutenir le MoDem au premier tour, mais, sans prendre de véritable distance, je vais peut-être marquer quelques pauses dans mon engagement.

  • Dette et retraites, Sarkozy marche sur des oeufs

    La situation financière de la France est telle qu'elle a désormais la corde au cou. Pendant toute la campagne présidentielle, François Bayrou a averti sur les risques mortels que faisait peser sur l'économie nationale la dette de la France : en vain. Plus récemment, Marielle de Sarnez exprimait de fortes inquiétudes à ce sujet. Hélas, nous y sommes : nous devions aller dans le mur, et nous y sommes quasiment. Pourquoi ? pour une raison très simple : les agences de notation (dont dépendent les notes des États sur les marchés financiers, et, par suite, le montant de leur taux d'emprunt pour lever des fonds) estiment qu'au-delà de 80% du PIB de dette publique, un pays ne peut pas conserver sa notation AAA. En 2011, notre ratio devrait être de l'ordre de 90% et plus. Nous aurons donc crevé le plafond. Le seul espoir de la France, c'est de faire valoir que cette augmentation exponentielle de la dette est d'ordre conjoncturel et que nous allons remettre de l'ordre au plus vite dans les comptes publics. En fait, si les pouvoirs publics français ne montrent pas leur détermination, les agences de notation n'attendront même pas 2011. Si nos taux d'emprunt grimpent, la charge de la dette augmentera dans le budget, et les économies à faire seront encore plus importantes. Bayrou a maintes et maintes fois expliqué ce mécanisme.

    Nicolas Sarkozy est donc dos au mur : il doit absolument donner des gages de bonne volonté. Il ne peut donc faire autrement que de réformer les retraites, quel qu'en soit le coût politique, et il doit l'annoncer maintenant. Il ne peut pas attendre le lendemain des élections régionales, parce que nos prêteurs n'attendront pas jusque là, eux, pas plus que les agences de notation.

    Cette situation est très grave. Martine Aubry l'a certainement compris. Elle fait preuve de responsabilité. Le MoDem également. Toutefois, PS et MoDem ne devraient pas accepter de rattraper les erreurs de Nicolas Sarkozy sans contrepartie.

    Accepter de discuter sur les retraites, soir, mais Nicolas Sarkozy doit aussi revenir sur les réformes fiscales qui ont plombé les finances de la France. La France n'a plus le choix. Et je crois aussi à titre personnel, qu'il faut déballer toute la dépense publique et la remettre à plat. Non seulement il va falloir payer des impôts pour sortir de la nasse, mais il va falloir également réduire singulièrement nos finances.

    Plutôt que de procéder à des ajustement dans tous les services publics, rendant ainsi chaque jour chacun d'eux toujours plus inopérant, il apparaît nécessaire, je le dis une nouvelle fois, de déterminer ce que nous voulons conserver et ce que nous sommes prêts à abandonner.

    C'est comme dans un jeu : vous avez un sac à dos, mais ce qui est dedans est trop lourd pour votre force : il faut donc jeter des objets. A vous de choisir, les amis... Autre image, vous êtes en ballon, mais il menace de se perdre corps et âme : il faut jeter du lest. Faites le tri, et grouillez-vous de balancer ce que vous ne voulez pas garder, parce que si le ballon descend trop pas, pour reprendre de la hauteur, ce ne sera pas seulement des objets qu'il faudra balancer, mais peut-être bien un passager...

  • Ils sont pénibles free, avec hashtable

    Un très court billet pour simplement signaler que free a une fois de plus mis hashtable en erreur 403 et que ça commence à gonfler les lecteurs du blog. Ce n'est pas la première fois de surcroît. C'est d'autant plus fâcheux que j'avais besoin de citer un billet chez lui.

    C'est pénible...

  • Hallucinant : les suicides des profs vont exploser !

    Je lisais un blog du journal Libération sur la réforme de la formation des enseignants actuellement engagée. C'est tout de même hallucinant, la fameuse masterisation. J'imagine le jeune prof tout plein d'espoirs débarquant dans des classes de 30 élèves en établissements difficiles avec une semaine complète, à laquelle viendront s'ajouter les sottises UIFMesques hebdomadaires.

    Ils vont morfler les jeunots. C'est un fait ignoré, mais, parmi les cadres, les enseignants constituent l'un des secteurs professionnels où il y a le plus fort taux de suicides. Mais là, ça va exploser ! les dépressions, les suicides, il va y avoir un boom comme jamais ce secteur n'en aura connu. Des jeunes seront acculés à la démission, et ils réaliseront que tout ce pour quoi ils ont étudié pendant des années sera à l'eau complètement. Ils vont comprendre la vanité et l'inanité de leurs aspirations. Ils vont en prendre plein la gueule, les jeunes profs. Plein la gueule. L'un des principaux facteurs d'épuisement psychique, c'est la multiplicité des relations sociales. Que ces relations soient continues et un tantinet conflictuelles et l'on fait un premier pas vers l'Enfer. Ne l'oublions pas, le public des enseignants est avant tout un public captif. Il n'est pas là par choix. Qu'il rue dans les brancards, et c'est tentant dans notre société d'hyper-loisirs, et le prof n'est guère mieux placé qu'un geolier dans une prison surpeuplée.

    Je pense que les jeunes qui se destinent à l'enseignement devraient reconsidérer leurs objectifs et penser à l'avenir. Leur avenir. Entre les Cohn-Bendit and co qui veulent faire croître leur temps de travail tout en les insultant, et les Sarkozy and co bien déterminer à les faire trimer jusqu'à la psychose, il  me semble que leur sort est scellé. Tiens, toutes proportions gardées, cela me fait penser à ces pauvres gendarmes auxquels Sarkozy et Besson demandent du chiffre tout en réduisant leurs effectifs. Il ne fait pas bon être flic non plus, par les temps qui courent.

    Bref, jeunes gens qui voulez devenir profs et qui me lisez, il est encore temps de vous réorienter !

    P.S. Quelques précisions pas inutiles chez le Privilégié...

  • L'Afrique du Sud, accueillir la coupe du monde ?

    On le sait, l'Afrique du Sud est le pays organisateur de la Coupe du Monde de football en juin prochain. Je ne saurai déconseiller cette destination aux touristes à l'avenir. Je savais déjà que ce pays était le plus criminogène du monde : on y est presqu'autant en insécurité qu'en territoire contrôlé par des Talibans en Afghanistan. Mais, jusqu'ici, on pouvait penser que la criminalité était le fait des délinquants.

    En réalité, il semble bien que la police de Johanesburg soit aussi dans le coup. Le témoignage d'une journaliste de Libération est édifiant. En Afrique du Sud, parce que votre compagnon conteste une amende, vous pouvez avoir le visage aspergé de spray au poivre à plusieurs reprises, demeurer avec les yeux brûlants, sans eau, pendant 48 heures, et voir votre compagnon tabassé au sang, les yeux enflammés par les aspersions de lacrymogène. Pas de droit, pas de justice, pas de possibilité de contestation, pas d'avocat. L'Afrique du Sud va de plus en plus mal. On a longtemps glosé sur le racisme des Boers et de l'Apartheid. La situation ne me paraît pas meilleure aujourd'hui. J'ajoute qu'il y a tout de même quelque chose qui m'a dérangé, dans cet article : on y trouve l'idée clairement suggérée que le policier commet ces brutalités parce que c'est un blanc qui a l'habitude d'avoir eu le pouvoir. Et l'idée que les mentalités n'ont pas bougé depuis le temps de l'apartheid. Je ne puis m'empêcher de penser, qu'un journaliste de gauche, pourtant brutalisé, ne peut pas s'empêcher d'instrumentaliser son propre calvaire au service d'une idéologie. Parce qu'en substance, que veut dire la journaliste ? eh bien en Afrique du Sud, les Blancs sont toujours les méchants, et les Noirs toujours les victimes puisqu'ils demeurent soumis.

    Cette manière de faire du journalisme m'agace. On a compris que les prisonnières ne sont pas des blanches non plus, mais qu'elles sont très humaines. Les gentils officiers noirs sont très gentils aussi, ils aimeraient bien témoigner de la compassion, mais ils ne le peuvent pas.

    Le texte laisse apparaître une telle orientation que cela finit par jeter le discrédit sur ce qu'il relate. Je crois pourtant à la véracité de ce témoignage : était-ce nécessaire d'entonner l'éternel coupler anti-apartheid sur l'Afrique du Sud ? Point trop n'en faut, comme disait l'autre...

  • éco-système de la démocratie

    La dernière note de Toréador sur Haïti m'interpelle : en substance, il questionne la pertinence d'amener démocratie et droits de l'homme dans une nation qui n'a pas les moyens de se les offrir. Il observe, en effet, que dans le drame qui touche ce pays, il y a une large part d'impéritie de l'État. Toréador utilise même les termes d'État failli.

    Quand on pense à la démocratie, on y associe très souvent les droits de l'homme, l'égalité, la liberté. Il me semble que c'est réducteur, et puis surtout, que d'un point de vue fonctionnel, il n'y a là rien qui garantisse l'exercice effectif de la démocratie. Les exemples de nations qui se proclament "république" et qui ne le sont à aucun point de vue regorgent.

    A mon sens, l'un des tous premiers critères pour l'instauration d'une démocratie, c'est en premier lieu la transparence. La transparence est la première des garanties contre la corruption. L'ONU diffusait tout récemment un sondage effectué en Afghanistan : il en ressort que la préoccupation première des Afghans, ce n'est pas l'insécurité mais la corruption ! Ce qui est plus grave encore c'est que plus de la moitié de la population considère ONG et organisations internationales dans le pays comme corrompues.

    L'existence de codes et de lois écrites ne suffit pas : ce qui importe, c'est la manière dont les lois deviennent effectives au niveau local. L'entassement des lois les unes sur les autres génère par exemple, comme l'observe C.K Pralahad (4 milliards de nouveaux consommateurs) une prolifération de micro-règles dont l'interprétation dépend du bon vouloir bureaucratique. Ceci favorise l'émergence d'un secteur informel et non codifié. En somme, trop de lois tuent les lois ou valent absence de lois. Ce qui vaut, aux yeux de Pralahad pour les mécanismes de marché s'applique aux miens largement pour l'établissement de la démocratie.

    Il vaut mieux donner des dizaine de millions d'euros aux juges et aux forces de police chargés de faire appliquer la loi, si nous devons apporter une aide aux pays les plus en difficultés, que de construire des écoles, des dispensaires ou de faire don de nos surplus alimentaires (sauf urgence, évidemment).

    Or, à l'heure actuelle, aucune nation occidentale développée n'a fait des ces axes majeurs une priorité absolue. C'est à mon avis l'une des causes principales de l'échec de nos politiques de droits de l'homme dans  les pays en proie à la misère.

    C'est une erreur non moins entretenue que de s'imaginer que la priorité absolue de ces peuples, c'est de manger d'abord. A l'exception des cas de famines, leur priorité, c'est de pouvoir devenir industrieux et développer leur commerce.

    Notre vieux fond judéo-chrétien nous pousse à leur faire la charité : c'est là montrer bien du mépris pour ces nations. Par un paradoxe étonnant, la plupart des nations les plus pauvres sont en réalité très riches. Mais, potentiellement, seulement. Il faut donc pouvoir leur donner la possibilité d'exploiter leur potentiel, c'est à dire leur faire confiance, et leur permettre d'établir des marchés transparents avec des états impartiaux. Ce devrait être, même, la seule et unique aide que nous devrions leur apporter.

    Nous n'avons cessé, sous l'effet des repentances diverses et variées, notamment issues de la décolonisation, de nous comporter en gentils bwanas dispensateurs d'aumônes.

    J'aimerais voir mon parti, le MoDem, amorcer un virage radical, par rapport à toutes les autres formations politiques, et adopter cette perspective pragmatique, issue essentiellement d'économistes libéraux modérés, venus non de la bien-pensance intellectuelle occidentale mais au contraire, des pays en voie de développement.

  • L'est où, l'vélo d'Mamère ? (500 euros à gagner)

    Quand je dis Mamère dans le titre, ce n'est pas ma mère (ma mère n'utilise pas de bicyclette, à ma connaissance). Non non, il s'agit juste de Noël Mamère, vous savez, ce député vert qui adore faire des leçons de morale et se vante de ne se déplacer qu'à bicyclette...(merci, Phil, au fait)

    Du coup, je vous propose un jeu très amusant, chers lecteurs : je donne 500 euros à celui qui parvient à trouver le vélo de Noël Mamère dans la vidéo. Je donne ma parole de tenir ma promesse et de payer les 500 euros si quelqu'un le trouve.
    En tout cas, pour moi, c'est clair , les Verts sont au moins bons dans le recyclage : ils ont récupéré avantageusement la tradition du "faites ce que je dis pas ce que je fais" si chère aux Socialistes jusqu'alors.
    Entre Yves Cochet qui veut supprimer les allocations familiales dès le troisième enfant, Gabriel Cohn-Bendit qui hait les enseignants, Augustin Legrand qui fait le kéké SDF alors qu'il est né dans une bonne famille de Neuilly (où il a passé son enfance) et a fait ses études dans un collège privé très select [EDIT : Caramba : je me suis fié à une source manifestement pas fiable : merci à Sylvie de m'avoir alerté], Cécile Duflot qui prend ses vacances aux îles Maldives après avoir conspué les transports aériens pollueurs, voilà maintenant Mamère qui arrive à bicyclette dans une automobile et affirme repartir en métro (ah bon ? mais...il n'était pas arrivé en bicyclette ?...)
    J'attends avec impatience le prochain couplet de Noël Mamère sur l'honnêteté en politique...

    [EDIT] Bon, Jeans veut que je mette la réponse de Noël Mamère. D'accord, on me connaît, je suis quelqu'un de transparent et j'accorde très aisément des droits de réponse. La voilà, mais je suis désolé de dire à Jeans que je ne suis pas convaincu : cela ne règle pas le fond de de mon reproche. [/EDIT]

  • Internet pour les ados, une Porsche sans permis...

    Passionnant l'entretien du dernier numéro de l'Itinérant avec Béatrice Copper-Royer, une psychologue spécialisée dans la clinique de l'adolescent. Elle y considère que les adolescents ont perdu le sens de l'intimité et de la pudeur dès lors qu'ils évoluent dans des univers virtuels. Internet est un terrain semé de chausse-trappe qui se dérobe à tous moments sous les pieds de ceux qui n'en connaissent pas les méandres. Des adolescentes refuseraient de poser nues IRL (in real life) mais parce qu'Internet a un pied dans le virtuel et un autre dans la réalité, elles n'hésitent pas à s'exposer en toute inconscience sur le net. Ce qui est gravissime, c'est que le pied virtuel d'Internet masque fourbement le pied bien réel, lui. La pornographie est devenue si accessible qu'elle a envahi l'imaginaire érotique de l'adolescence, sans même que cette jeunesse-là, par absence de maturité, n'en ait réellement conscience.

    Notre société est obnubilée par le corps et l'image du corps. Il faut rester jeune, en forme, performant...les adolescentes n'échappent pas à cette prégnance et développent une forme de narcissisme exacerbé.

    Le piège est pourtant prompt à se refermer sur l'imprudente. Un cliché de poitrine devient très vite, entre les mains d'un maître-chanteur pervers, une pièce maîtresse pour amener l'enfant vers des photographies pédopornographiques.

    Les adolescentes et les adolescents ne réalisent pas qu'ils n'ont aucun contrôle sur ce qu'ils diffusent : un vieux proverbe latin dit que les paroles s'envolent, mais que les écrits demeurent (verba volant, scripta manent). Les adolescents sont complètement dépassés par l'outil qu'ils ont entre les mains : comme l'image très subtilement Béatrice Copper-Rover, le net, c'est une Porsche que l'on donnerait à conduire à des gamines de 13 ans sans permis.

    Plus que jamais, l'éducation à l'usage d'internet, les filtres, les signalétiques, sont nécessaires ; je n'en suis pas moins sceptique, voire pessimiste : les adolescents ont de grandes difficultés à se projeter dans l'avenir. Il n'y a là rien d'étonnant, c'est neurologique, leurs cerveaux ne sont pas achevés et leur conscience du temps n'est pas la nôtre. En réalité, Internet a été conçu par les adultes pour les adultes. Rares sont ses acteurs à avoir développé une réflexion particulière pour l'enfance et l'adolescence. Toutes les mesures prises aujourd'hui ne sont que des cautères tardives et inopérantes pour tenter d'enrayer le mal qui se répand comme une gangrène...

  • Les prédateurs aiment leurs proies

    Ils m'amusent, les gros partis, avec leurs invectives contre les formations politiques plus petites : au PS, on se moque de François Bayrou en raison de son refus de voir ses forces se fondre avec d'autres au premier tour. En dépit du scrutin majoritaire, d'autres partis que les mastodontesques PS et UMP sont parvenus à se maintenir à flot. Le MoDem fait partie de ceux-là. Le Front de gauche, le NPA, créations récentes, comme le MoDem, ont décidé de partir au combat électoral en toute indépendance. C'est leur droit le plus strict, et, d'ailleurs, la seule certitude d'exister. J'entends, çà et là, que l'on reproche à François Bayrou de ne pas réaliser son arc central en refusant des alliances au premier tour avec les Socialistes (ou avec d'autres forces au second tour). Il se désole également des atermoiements de certains militants de Cap21. François Bayrou ne refuse pas la mise en place d'un arc central, c'est juste qu'il n'a pas envie d'être mangé tout cru par les super-prédateurs de la politique que sont devenus le PS, l'UMP et à moindre mesure Europe-écologie...

    Le MoDem a renoncé à s'allier avec l'Alliance Centriste en Val de Loire. Je le déplore, mais il nous fallait l'assurance de pouvoir demeurer indépendant au second tour. Or, apparemment, cela, Jean Arthuis n'est pas prêt à le concéder. Soyons justes, le MoDem local, et sans doute Bayrou lui-même, n'ont peut-être pas été clairs non plus avec des alliances à gauche.

    Pourtant, en Aquitaine, en Bretagne, il est désormais acquis que le MoDem sera indépendant au premier et au second tour. Je crois que Jean Arthuis et Laurent Gérault (mais aussi Bayrou) ont lâché l'affaire trop vite dans les Pays de la Loire. Il était peut-être possible d'arriver à un modus vivendi. On a préféré l'invective de part et d'autre. Je le regrette.

    A cet égard, nous devrions, au MoDem, faire preuve de plus de pondération avec les centristes qui font d'autres choix que les nôtres. Le choix d'Alexis Blanc est dommageable, mais c'est une lourde erreur que de l'invectiver. Les centristes qui se sont alliés à d'autres formations à ces élections ont vocation à nous rejoindre un jour, y compris quand ils viennent de nos rangs. Leur tomber sur le râble est un très mauvais calcul.

    In fine, sur la question des alliances, je crois qu'il y a au contraire de ce que titre le Post, une très grande clairvoyance de François Bayrou : pour vivre, il faut pouvoir s'assumer. Un proverbe chinois dit : si tu donnes un poisson à quelqu'un, tu le nourris pour un jour ; mais si tu lui donnes une canne à pêche, tu le nourris pour toujours. Il en va de même des formations politiques : que leur pitance dépende des grands partis et elles n'ont plus de raison d'être : du jour au lendemain, elles peuvent disparaître. Qu'elles ne doivent qu'à leur force de conviction auprès des citoyens leurs mandats, et c'est leur avenir qu'elles assurent ainsi.

    Aucune formation politique ne doit pouvoir nous enlever le pouvoir de choisir. C'est pour cela que nous, le MoDem, désirons demeurer une force politique indépendante.