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mardi, 15 décembre 2015

Philippine, génération montante du MoDem

Philippine LaniessePhilippine, je la connais. Nous nous sommes rencontrés à l'occasion d'une réunion chez Béatrice, une élue MoDem, il y a quelques années. Philippine illustre de façon positive l'esprit du militantisme tel que je le conçois pas tel que je l'ai dénoncé dans mon précédent billet.

Philippine n'est pas quelqu'un qui hurle, tempête, exige, réclame son dû. Ce n'est pas non plus quelqu'un qui veut faire table rase du passé, véhicule des idéaux grandioses et parle sans discontinuer des valeurs  du centre ou même des siennes.

Philippine a la tête sur les épaules. C'est une jeune femme modeste, qui accepte de participer à une édification commune, même si ce ne sont pas ses idées que l'on met en avant d'abord, même si ce n'est pas elle que l'on promeut. 

Philippine n'a pas de problème d'ego. Elle ne soumet pas à un chantage incessant ses co-listiers ni les principaux responsables politiques de son parti à l'aune de ses analyses personnelles et accepte les compromis. Elle ne juge pas non plus ceux qu'elle affronte ou au contraire avec lesquels elle s'allie sur des étiquettes mais simplement sur ce qu'ils disent et font ou ont fait. Droitier, gauchiste, sarkozyste, autant d'épithètes véhéments qui lui indiffèrent.

Philippine est sûre de son éthique personnelle : elle n'a pas besoin de se réclamer de ses valeurs à tout bout de champ ni d'en parler sans cesse parce qu'elles fondent son engagement et que son action politique est simplement leur expression.

En plus d'être intelligente, Philippine est une jolie jeune femme, ce qui ne gâche rien. Mais ce n'est pas pour cela qu'elle m'a convaincu de ré-adhérer au MoDem cette année. En fait, on n'a même pas parlé ensemble, ou, tout du moins, pas de ré-adhésion. 

Philippine m'a convaincu simplement par son action et ses préoccupations. Pas de posture politicienne quand elle s'exprime, de l'intérêt et du pragmatisme notamment sur le thème de l'emploi et de l'alternance, pour lesquels elle a des idées à proposer et à mettre en application. Elle a, à cet effet, bien en tête la possible déclinaison francilienne du Made in France en lequel je fonde tant d'espoirs, à l'instar de Bayrou.

J'ai de la chance, Philippine Laniesse est une nouvelle élue au conseil régional d'île de France, puisqu'elle figurait en bonne position sur la liste de Valérie Pécresse (je rappelle que le MoDem a fait alliance avec la candidate de la droite). Je vais donc pouvoir l'interpeller, lui proposer le fruit de mes propres réflexions, et j'ai bon espoir de pouvoir l'inviter à répondre à quelques questions ici, sur ce blog, sur le devenir de l'île de France au fil des mois qui vont passer.

dimanche, 23 janvier 2011

Bretonne, Ch'tis, persistance des identités régionales

Le dernier CD de Nolwenn, Bretonne, ex-star de la Star'Ac a fait un carton : 200 000 CDs vendus. Je suis content que cette fille qui a une voix magnifique ne se soit pas perdue dans de la soupe comme nous en sortent, la plupart du temps, tous les nouveaux chanteurs issus de la télé-réalité.

Tiens, ça me fait penser évidemment aussi aux Ch'tis et au film culte du même nom. C'est étonnant, finalement : il n'y a quasiment pas de traduction politique de cet attachement, en région, à une identité, mais, dès lors qu'il prend un tour sociétal, d'une certaine manière revendicatif, il fait un tabac.

C'est Bayrou, qui milite pour le calumet de la paix entre occitanistes et béarnisants qui s'attirait tout récemment quelques réflexions linguistiques (et un encouragement à poursuivre) d'un expert de la chose.

En Bretagne, le festival inter-celtique fait un malheur chaque année. On connaît les Corses, ou, dans un autre genre, les Alsaciens.

Bref, tout concourt, en France, à conserver, au moins dans certaines régions, une identité forte. Peut-être une réaction contre l'agaçant parisianisme.

Tout le monde tente de se faire bien voir, de plaire aux élites médiatiques de la capitale. Cela doit finir par agacer. Finalement, un artiste qui veut faire carrière, a sans doute bien plus intérêt, loin des spots et des strass à s'adresser d'abord à ceux qui lui sont proches...

dimanche, 04 juillet 2010

Zoé, on est avec toi !

Ach so, le bon temps du goulag, hein Tovaritch Rousset : nous z'avons les moyens de faire parler la klein bedide Zoé ! Aurélie Boullet alias Zoé Shepard a eu le malheur de publier un pamphlet sur le fonctionnement du Conseil Régional d'Aquitaine. Oulah : ça ne rigole pas chez les tovaritchi zocialists de l' Union des Régions SZocialistes SZoviétiques. Bingo, elle est passée en conseil de discipline qui a proposé ni plus ni moins  son éviction des services du Conseil pour deux années avec suspension de salaire, bien sûr... Le conseiller MoDem Joan Taris est intervenu lundi dernier en séance plénière pour dénoncer cette révocation qui interdirait les portes la fonction publique à la jolie Aurélie.

"Cette sanction est totalement disproportionnée", a-t-il estimé, dénonçant "l'attitude jusqu'au-boutiste" de la collectivité. "C'est une affaire compliquée, au croisement entre le devoir de réserve et la liberté d'expression" a-t-il ajouté.

23629_331299567986_331296957986_3569301_6115954_s.jpgQuel est son tort au fait ? Oh, juste décrire, parfois férocement, l'art de pantoufler au Conseil Régional d'Aquitaine. Comment passer des heures en réunion pour ne rien décider, l'épuisement moral de chefs de service débordés par leurs jeux en ligne, la propension à recruter une équipe de bras cassés quand deux sont largement suffisants pour ne rien f... et cetera... Bref : la fonction territoriale d'État dans toute sa splendeur...

Bon, je m'ennuyais ces derniers temps et peinaient sur mes lectures, mais maintenant, je sais que chez Albin Michel, il existe un bon livre qui va bien me faire rigoler : Absolument débordée. Il y a un sous-titre, je crois : "comment faire 35 heures en...un mois ! Je le commande d'ici lundi au plus tard ! M'en vais lire le brûlot au plus tôt.

Le cabinet d'une collectivité locale est malheureusement trop souvent à l'intelligence et à l'efficacité ce que les prisons afghanes sont aux droits de l'homme. (Zoé Shepard in Absolument dé-bordée)

Si l'envie de bosser te prend, assieds-toi, prends une grande inspiration et attends que ça passe (Ibidem)

Il n'y a plus moyen de rigoler, dans ce pays.

lundi, 01 mars 2010

L'accablant bilan de JP Huchon

1386083997.jpgTrès intéressant le programme économique d'Alain Dolium, tête de liste du MoDem. J'y trouve dressé le bilan économique de la région île de France depuis 2004. Coincé entre l'agitation de la droite et l'inertie de la gauche, on peut dire qu'elle est en sérieuse perte de vitesse. Alors qu'une majorité de TPE ont une bonne opinion de leur conseil régional, il en va tout autrement des TPE franciliennes qui estiment à 60% que le Conseil Régional ne prend pas les bonnes décisions en matière de développement économique. A vrai dire, quand on considère que la moyenne des Régions consacre près de 8.5% du budget régional au développement économique contre 3% pour l'île de France, on a un premier élément de réponse. On comprend mieux, dès lors, que la croissance francilienne soit inférieure à la moyenne française et près de 2.5 fois inférieure aux grandes métropoles concurrentes que sont Londres, New-York ou Los Angeles, pour citer quelques exemples. Pas mieux pour l'emploi : quand la plupart des régions créaient 15.5% d'emplois environ, en moyenne, l'île de France plafonnait à un misérable 11%. L'emploi ouvrier, quant à lui, s'est contracté de 5% contre 1% dans les autres régions. On parle à grand bruit des fermetures d'usine dans les anciennes régions industrielles, mais on passe sous silence la mort lente du prolétaire francilien, dans le même temps, dans une région dirigée par la gauche depuis 12 années...

Pire encore : l'île de France, en dépit de ressources considérables, a le plus bas taux de création de start-up technologiques en France ! Quand Grenoble en crée 30, le Plateau de Saclay n'en crée que 6 ! Et Christian Blanc qui rêve d'en faire une Silicon Valley à la Française...dans le même temps, dans la vraie Silicon Valley, on en crée 100...

Pas fameux  tout cela, quand on sait que la région compte 500 000 chômeurs et que le chômage a crû de 25% en une année à peine.

Pour couronner le tout, une crise du transport et du logement vient aggraver le déficit d'attractivité économique de la région : qu'on y songe, en moyenne 1h30 de vie quotidienne consacrées aux transports, et 180 kilomètres de bouchon chaque matin.

Bon...Merci Alain Dolium, d'avoir établi le bilan de la région. Toutes ces considérations mises à part, Jean-Paul Huchon est bien sûr content de son bilan...Les Franciliens aussi, si l'on en croit les sondages...Y-ont-ils bien réfléchi ? Beaucoup d'entre eux s'apprêtent à apporter leur suffrage à Valérie Pécresse qui est la voix du gouvernement de François Fillon et Nicolas Sarkozy. Qu'ils sachent que les propositions de Valérie Pécresse, si elles prennent un jour effet (elles ne sont pas financées, à l'heure actuelle) concerneront au mieux leurs enfants (mais il paraît qu'un Francilien sur deux voudrait déménager et changer de région...) au pire leurs petits enfants...

Patience, je traiterai d'ici très peu de temps des propositions d'Alain Dolium dans ce paysage économique quelque peu cafardeux...Certaines me semblent valoir le coup qu'on s'y arrête pour examen attentif.

lundi, 08 février 2010

Programmes pour les transports en île de France

J'étudie de près les programmes des différents partis politiques pour l'île de France. C'est en fait assez simple de le résumer : Huchon et les Socialistes se satisfont du statu quo et donnent quelques touches vert pâle à leur projet. Les Verts, c'est plus simple : ils s'apprêtent à organiser la paralysie générale du transport routier et la fin du stationnement partout où ils auront le pouvoir : on peut déjà prévoir un budget spécial fourrière et PVs s'ils accèdent au pouvoir. Il faut lire leur programme , il a le mérite d'être clair : ils escomptent faire circuler davantage de bus dans des couloirs privilégiés, comme ils disent, quitte à en créer d'autres. Comme on sait qu'ils sont hostiles à toute expansion de l'espace routier, ce sera forcément par rétrécissement de l'existant. Proposer aux entreprises de se localiser de manière à réduire les temps de transport, c'est ridicule et infaisable. Les entreprises aussi ont besoin d'être mobile. Le but, c'est de pouvoir se déplacer très vite d'un point à un autre de l'île de France, c'est pas sorcier à comprendre, tout de même.

Le MoDem, c'est facile d'identifier le programme sur le transport, y'en a pas ou presque : c'est du simili-vert (en nettement plus creux) sans les aspects les plus totalitaires et ayatollesques. Alain Dolium veut faire fonctionner correctement l'existant : très bien, le problème, c'est que dans la catégorie irréaliste, en voilà une promesse sans lendemain. Les failles, c'est consubstantiel de l'organisation et du maillage du territoire par les réseaux ferrés d'île de France. Si cela pouvait se résoudre d'un coup de baguette magique, ça se saurait. Je ne lui jette pas la pierre à Alain Dolium : les autres candidats disent tous la même chose !

C'est simple à comprendre, pourtant : l'île de France est engorgée. Engorgée, et les mesures prises par  Delanoë et ses alliés verts, puis plusieurs maires de gauche de la proche-couronne déterminés à faire leur Delanoë dans leur royaume, ont aggravé les choses, en plus de coûter une véritable fortune (plusieurs milliards d'euros) en 6 années. Si, pendant ce temps, l'argent avait été investi dans des solutions de type métrophérique (une bonne idée de Christian Blanc mais à échéance trop lointaine) que de temps nous aurions alors gagné. Au lieu de cela, les différents partis en lice en sont tous à essayer de trouver des correctifs aux problèmes générés par ceux qui détiennent Paris, la Région et une bonne partie des communes d'île de France depuis 6-7 ans.

Reste l'UMP : je regrette de devoir dire que c'est pour l'instant le parti le plus proche de ce que j'attends en termes de transport. Bonne idée de prévoir un axe routier supplémentaire (et pas de les réduire, au contraire, comme veulent le faire les Verts) pour les transports propres et collectifs, bonne idée de boucler la Francilienne, et bonne idée également d'envisager un wagon réservé aux femmes en Seine Saint-Denis. Ça, au moins, ce sont des propositions concrètes.

Bon, c'est pas compliqué à comprendre : les Franciliens, ils veulent mettre moins de temps pour se rendre sur leur lieu de travail, se déplacer facilement et en sécurité. C'est hallucinant : pour se rendre du sud de l'Essone au nord du Val d'Oise, il faut jusqu'à trois quatre heures si l'on n'est pas sur un grand axe, plus de temps que pour aller de Paris à Lyon. Et vive la région...!

Alors les billets gratuits, les zones pass et compagnie, c'est secondaire à côté. Ça peut venir, mais après, après avoir amélioré le temps de transport.

samedi, 10 octobre 2009

Bayrou soutiendra une réforme des collectivités équitable

Dans un entretien au journal Le Monde, François Bayrou s'est engagé à soutenir la réforme sur les départements et les régions...à condition qu'elle soit équitable !

La réforme des collectivités va-t-elle dans le bon sens ? L'idée principale, rapprochement des départements et des régions, je la défends depuis longtemps. Je suis donc disposé à la soutenir et à la voter, à une condition impérative : qu'il y ait une loi électorale juste, représentant équitablement les grandes sensibilités du pays, comme le fait la loi électorale allemande.

Pour information, je rappelle sa position, qui est aussi celle du MoDem :

Je propose de rapprocher les conseils généraux et les conseils régionaux dans une seule collectivité locale, avec les mêmes élus. Les mêmes élus administreraient les départements et les régions au lieu de l’empilement, des incohérences et des mises en concurrence.D'abord on fera des économies ; ensuite, par une fédération des efforts, les citoyens y verront plus clair et auront un véritable interlocuteur en matière d'aménagement du territoire. 
Je souhaite également l’élection du président de région au suffrage universel. 
Les régions, qui fédèreront les départements, auront la plénitude des pouvoirs d’aménagement du territoire, d’équipement et de solidarité ; l’État assumera une redistribution pour équilibrer les ressources des régions. En revanche, je suis défavorable à la régionalisation de l’Education nationale : la déconcentration des moyens est déjà effective dans ce domaine, et les présidents de conseils régionaux n’ont aucune légitimité pour mener la politique de l’Education nationale.

Je partage exactement son avis : une représentation proportionnelle à la Région et un Président de Région élu au suffrage universel. On est d'accord à 100%.

 

vendredi, 02 octobre 2009

Régionales en IDF, le MoDem s'organise !

Chapeau ! Je viens de recevoir deux courriels à 15 jours d'intervalle et de la présidence départementale du MoDem à Paris, et j'avoue que je suis impressionné par l'organisation de la chose. Pas moins de trois documents, le premier interpelant l'adhérent (ou le sympathisant) pour proposer des idées (en les argumentant) et exprimer ses priorités pour la campagne du MoDem, le second pour faire une synthèse du travail des élus actuels et présenter l'île de France en chiffres, et le troisième pour faire acte de candidature avec un questionnaire substantiel. J'aime beaucoup.

Je ne serai pas candidat sur une liste, mais, en revanche, j'ai bien l'intention de travailler sur le projet de la campagne et faire des propositions pour la région. Les adhérents et militants ont jusqu'au 20 octobre pour se déclarer et faire des propositions. Entre deux, le 10 octobre, un forum est prévu au siège avec les adhérents.

Ah, au fait, un quatrième document (en fait, c'est le premier) précise toute la procédure. L'organisation me plaît bien et me paraît de bon augure. Il ne reste plus qu'à formuler des propositions précises et décliner un projet complet, innovant et cohérent pour les Franciliens.

Au travail !

22:44 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : modem, paris, région, île de france |  Facebook | | |

jeudi, 17 septembre 2009

Et pourquoi pas Corinne Lepage en île de France ou dans l'Ouest ?

Une précision avant toutes choses : ce que je propose dans ce billet est purement personnel, en aucun cas soufflé par qui que ce soit. Je coupe ainsi court à toutes les spéculations.

Je songeais simplement que ce ne serait pas une mauvaise idée de propulser Corinne Lepage en tête de liste soit dans l'Ouest (Normandie) soit en île de France aux prochaines régionales. Pour moi qui parcourt la Toile (même si la Toile ne saurait à elle seule être le miroir de la société française) j'observe sa popularité grandissante. On la sait compétente, sérieuse, d'une conviction verte éprouvée, et avec des propositions originales et novatrices. Il y a un inconvénient, il est vrai qu'elle est députée européenne. Mais cumuler une députation et une représentation locale n'est pas gênant, et bien au contraire, peut à mon avis se compléter. A l'heure actuelle, je pense qu'elle serait une très bonne candidate. Dès que j'aurai un peu de temps, je commencerai à commenter son tout nouveau livre téléchargeable (à ce sujet, un sommaire eût été fortement apprécié...).

A discuter...

lundi, 17 novembre 2008

Des Régions de plus en plus puissantes !

Je reviens de chez Bob, l'un de mes apostats favoris, créateur du premier blog néo-centriste de la blogosphère (en un temps, d'ailleurs, où le Nouveau Centre ne portait pas encore son nom mais s'appelait parti-social-libéral-européen), et il se trouve que Bob consacre un deuxième billet sur la disparition probable des départements. Il loue, au passage, l'action réformatrice de Nicolas Sarkozy. J'ai récemment écrit un billet sur la Danse des Yaka Faukon, et je me demande, parfois, si notre président n'est pas un Yaka Faukon qui s'ignore, avec cette particularité qu'il est doté de pouvoirs extraordinaires : ceux d'un Président. Je pense, que de bonne foi, Nicolas Sarkozy s'imagine que pour les Régions, pour devenir efficaces économiquement et mieux gérer les dépenses publiques, Yaka supprimer les départements, et d'ailleurs, Faukon le fasse.

Je ne suis pas sûr pas hostile à une rationnalisation des échelons politiques et administratifs, mais, pas n'importe comment, notamment pas à la hussarde et surtout, pas sans une réflexion sur l'esprit de la démocratie.

Au lieu de faire disparaître les départements par amuissement progressif de leurs prérogatives (nulle doute qu'ils ne se laisseront pas faire aussi aisément) il serait bien plus censé, comme le proposait François Bayrou, de fusionner les deux entités, Région et Département, dans une même structure, avec des pouvoirs égaux. Ensuite, étant donné la puissance et les prérogatives d'une telle entité, il apparaîtrait légitime, d'une part que l'élection de ses représentants se fasse au suffrage proportionnel, d'autre part que le Président de la Région soit élu au suffrage universel direct. Bob note avec amertume que personne ne s'intéresse à la réforme en cours. Mais Bob, patience : quand vont venir les Régionales, nul doute que ces sujets vont venir sur le tapis !

Bob, en pragmatique (caractéristique de l'esprit du Centrisme, dans lequel je me reconnais) a bien compris qu'il n'est pas question de virer les employés des départements, mais, que par le jeu des départs à la retraite, ce qui fait double-emploi sera automatiquement supprimé. De fait, avec la génération qui s'en va, il y a une occasion historique d'améliorer la gouvernance locale de la France. Il ne faudrait pas non plus rater l'occasion historique d'en faire un processus transparent et démocratique.

J'ajoute que je me défie d'un des aspects de la réforme en cours : les Conseillers Généraux sont tout de même élus au suffrage universel direct. Or, il est question de confier nombre de leurs missions aux agglomérations et communautés de communes : or, ces associations disparates d'élus n'ont absolument aucune légitimité démocratique, mais, du seul fait du Prince en place dans les communes, sont élus par les maires et les conseillers municipaux de chaque ville de la zone inter-communale. Or, ces associations ont de plus en plus de pouvoirs qui pèsent directement sur les habitants de chaque ville, sans que les dits habitants les aient désignés. Il y a donc là un déficit démocratique que notre République ne peut pas tolérer, et qui, à coup sûr, favorisera toutes les formes d'opacité.

En réalité, les conclusions de Bob sont mi-figue, mi-raisin. Moi, je suis beaucoup moins optimiste encore : je pense qu'une réforme est en train de se faire à l'insu des Français, en catimini, qui ne se doutent de rien, et que ces réformes leur enlèvent de plus en plus le pouvoir de choisir ceux qui représenteront ce qu'ils veulent. Au contraire, nous allons vers des systèmes où des blanc-seings vont être données aux majorités, et où des ententes quasi-maffieuses vont voir le jour...

J'espère que le Mouvement Démocrate initiera un mouvement de protestation de grande ampleur pour ne pas laisser passer d'éventuels dénis de démocratie...

jeudi, 08 février 2007

Trinité pour la Croissance

 

Les constructions économiques du XXème siècle sont devenues désormais d'authentiques châteaux de cartes, colosses aux pieds d'argile prêts à ensevelir ceux qui ont eu la mauvaise inspiration de ne pas moderniser leurs matériaux. Il faut donc de nouveaux matériaux, de nouvelles pratiques, et au final de nouveaux pactes économiques.

La Trinité de ces concordats nouveaux s'appelle désormais l'Université, la PME/PMI et la Région ...

 

 

 

Une stratégie de relance pour l’économie française

 

Remarques préliminaires

 

 Au-delà des positionnements politiques, il est une donnée totalement incontournable, c’est qu’aucun redressement durable de la France n’est possible sans croissance économique. Il faut ajouter que la croissance économique n’est pas tout : si l’on veut qu’elle soit durable, elle doit s’organiser autour d’axes forts et solides. Par exemple, une croissance riche en matières premières pourrait être propulsée par la raréfaction d’une énergie fossile indispensable à l’économie mondiale. Une telle croissance n’est pas pour autant génératrice de progrès économique, Que se passe-t-il une fois les réserves d’énergie épuisées ou en cas de retournement de la conjoncture sur les matières premières ?

De même, il paraît fort imprudent de n’occuper qu’un nombre limité de créneaux économiques, sans pour autant devoir se disperser, en raison de la vulnérabilité potentielle d’un tel positionnement.

Enfin, que l’on préconise l’amélioration de la protection sociale ou la baisse des charges, rien n’est possible sans recettes fiscales abondantes, et donc sans croissance économique.

La France, aujourd’hui doit relever un défi paradoxal : elle doit faire mieux avec des budgets plus serrés. En effet, la dette de l’Etat, et donc, par conséquent, des Francçais !, a crû dans des proportions aussi phénoménales qu’inquiétantes ces 20 dernières années au point d’absorber chaque année à peu près 20% du budget de l’Etat : une somme colossale !

Plus inquiétant encore : ces déficits budgétaires à répétition n’ont pas servi à financer des investissements pour l’avenir, mais des dépenses de fonctionnement courant !

Dans le même temps, jamais les disparités sociales n’ont été aussi fortes et la demande de protection aussi nécessaire. Se contenter de répéter sur le monde de l’incantation qu’il faut à tout prix réduire le déficit budgétaire, quel qu’en soit le prix ne saurait être une formule satisfaisante pour les citoyens les plus touchés par la nouvelle pauvreté, qui ne vivent parfois qu’avec quelques centaines d’euros par mois...

La stratégie de Lisbonne

Voici les objectifs que se fixait l’Union Européenne en mars 2000

pour la décennie à venir : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale. La réalisation de cet objectif nécessite une stratégie globale visant à :

- préparer la transition vers une société et une économie fondées sur la connaissance, au moyen de politiques répondant mieux aux besoins de la société de l’information et de la R&D, ainsi que par l’accélération des réformes structurelles pour renforcer la compétitivité et l’innovation et par l'achèvement du marché intérieur ;

- moderniser le modèle social européen en investissant dans les ressources humaines et en luttant contre l’exclusion sociale ;

- entretenir les conditions d’une évolution saine de l’économie et les perspectives de croissance favorables en dosant judicieusement les politiques macroéconomiques.

Une économie de l’innovation

La recherche et le développement jouent un rôle central dans la croissance économique et, par suite,  la création d'emplois puis la cohésion sociale.

Il faut en particulier rendre l'environnement plus propice à l'investissement privé dans la recherche, aux partenariats de recherche et développement et aux jeunes sociétés spécialisées dans la haute technologie, en recourant à des mesures fiscales et au capital–risque .

Des accords entre entreprises européennes pourraient même être soutenus par la Banque Européenne d’Investissement.

Il serait bon de favoriser l'accès le plus large possible aux capitaux d'investissement, et pas seulement au niveau national, mais  à l'échelle européenne, y compris pour les PME.

Les PME, pierres angulaires de l’emploi et de l’innovation.

La compétitivité et le dynamisme des entreprises sont directement tributaires d'un environnement règlementaire favorable à l'investissement, à l'innovation et à l'esprit d'entreprise. Des efforts sont nécessaires pour réduire tant les coûts inhérents aux activités commerciales que l'excès de bureaucratie, qui constituent une charge considérable pour les PME. L’Etat français, mais également  les autorités régionales et locales devraient  accorder une attention particulière aux incidences des règlementations proposées et aux coûts qu'entraîne la mise en conformité avec celles-ci : il est impératif de communiquer avec les entreprises et les citoyens en gardant à l'esprit cet objectif. Il est également nécessaire d'encourager spécifiquement les interfaces clés dans les réseaux d'innovation, c'est-à-dire les interfaces entre les sociétés et les marchés financiers, les établissements de Recherche et Développement et de formation, les services de conseil et les marchés technologiques.

Il est nécessaire également moderniser règles relatives aux marchés publics, afin de les rendre accessibles aux PME

De même, il faut prendre les mesures nécessaires pour que les marchés publics puissent être passés en ligne.

Il convient enfin de enfin  simplifier l'environnement réglementaire, y compris le fonctionnement de l'administration publique.

Agrégations économiques

Christian Blanc dans son livre la Croissance ou le Chaos évoque fort clairement ce qui permet à toute une zone de devenir un pôle économiquement compétitif :

-         Tout en demeurant en concurrence, plusieurs entreprises peuvent se grouper, par exemple, pour réaliser leurs achats de matières premières si elles opèrent dans l’industrie.

-         Afin de demeurer compétitives, elles investissent dans la recherche et le développement. Si la mutualisation du savoir se fait sainement et efficacement, elles passent des partenariats avec les universités et les instituts de recherche locaux.

-         Un cycle vertueux s’enclenche agrégeant d’autres entreprises tandis que l’information circule plus facilement et que l’innovation génère de nouveaux besoins, et, au final, de nouveaux emplois.

Ces agrégats économiques offrent des conditions optimales dans le système économique du XXIème siècle. Finalement, il y a là un terreau fertile, propice au développement de nouvelles cultures industrielles et économiques. Contrairement aux grands complexes industriels, ces agrégats ont une capacité d’amortissement, en cas de chocs de la conjoncture, qui leur permet de rebondir rapidement. Quand un complexe industriel ferme ses portes parce que les délocalisations ont définitivement altéré sa compétitivité, c’est un drame pour toute une région. Mais dans un agrégat économique d’innovations, la formation continue et la matrice à idées nouvelles que consituent universités et instituts de recherche sont les garanties d’une évolution permanente. Ainsi, ce terreau ne se stratifie jamais.

Une réactivité indispensable

Dans une économie mondialisée comme la nôtre, la réactivité est indispensable : notamment, les décisions importantes ne peuvent se permettre de remonter vers un grand centre décisionnel avant de redescendre dans une multitude de ramifications. Un tissu économique moderne quadrille le terrain et donne la part belle aux flux transversaux.

Le local doit dont l’emporter, pour que ces nouveaux agrégats économiques fonctionnent, sur le national. Il faut parfois réagir en 24 heures, ou, en tout cas, dans la quinzaine de jours, pas au bout de six mois. Pour cela, il faut libérer les forces qui ont vocation à travailler ensemble.

Les Universités

Au premier chef, les universités doivent gagner en autonomie, et disposer de leur propre budget, voire, jusqu’à un certain degré, définir leurs enseignements. Toutefois, cette licence doit connaître un frein : une licence de chimie ne doit pas se transformer en licence de caoutchouc industriel pour pneu Michelin. Les effets pervers d’une spécialisation professionnelle à outrance serait de casser le caractère national des diplômes, et, finalement,  de limiter la mobilité des étudiants et des apprentis. L’Etat, même s’il libère l’Université, doit lui intimer de respecter un cahier des charges. Mais ce cahier des charges pourra laisser la part belle aux modules professionnels, et, à charge sur ce point pour l’Université de s’organiser comme elle l’entend.

Il ne suffit pas de donner toutefois, la liberté pédagogique à l’Université : il faut la rapprocher des acteurs locaux. Dès lors, elle a vocation à être financée non par l’état centralisé, mais par la Région et les acteurs économiques locaux qui sont partie prenante des projets de l’université. Et, bien entendu, les conseils d’administration des Université doivent être recomposés pour prendre acte de cette nouvelle gouvernance. Le cahier des charges national demeure la garantie que l’Université ne sacrifie pas aux réalités économiques de terrain l’une de ses dimensions essentielles : faire accéder une classe d’âge à l’instruction, à la culture et au savoir. En effet, les Régions doivent garder présent à l’esprit que le savoir de l’Université ne peut être entièrement merchandisé. Dans un tel cas de figure, tous les enseignements non immédiatement rentables (lettres, philosophie, humanités, par exemple) seraient anéantis, ou, au mieux, réduits à la portion congrue. D’où l’importance d’un cahier des charges, fût-il négocié, entre l’Etat et la Région.

Les collectivités locales

Il existe actuellement en France trois échelons locaux : la mairie, le département et la région. Il y en a à l’évidence au moins un de trop, d’autant que l’Etat vient se surajouter à ces trois échelons, complexifiant à outrance l’administration.

Les collectivités locales ont vocation à favoriser les rapprochements en organisant des forums, des salons, des journées d’information, et, le cas échéant, en agissant sur le levier fiscal. Corollairement, pour que leur pouvoir d’action croisse, elles doivent disposer de plus de moyens de collecter des recettes, et, bien évidemment, de plus de recettes. Un nécessaire transfert de pouvoirs entre l’Etat et la Région apparaît donc nécessaire.

Ce surcroît de pouvoir doit entraîner un surcroît non moins important de représentativité démocratique. Une remise à plat du mode électif du conseil régional, dans une telle hypothèse, est à envisager sérieusement, afin que ce dernier reflète clairement le suffrage universel direct, et non des marchandages d’appareils politiques...

La formation continue

Dans une économie réactive, l’enjeu de la formation continue est tout simplement vital. Chaque usine qui ferme engendre un long et triste cortège de charrettes de condamnés. Nombre de travailleurs modestes se retrouvent sans emploi, accroissent les disparités et viennent grossir le flot des mécontents. Il est tout à fait crucial de donner aux acteurs des secteurs industriels en particulier les moyens de changer de voie. Sur ce point, on pourrait envisager un partenariat entre les PME/PMI, les universités et les Chambres de Commerce et d’Industrie afin de garantir plus que le droit à la formation continue : la nécessité d’une formation continue, condition sine qua non de la pérennité des emplois. Il y a toutefois très gros à faire dans ce domaine. Actuellement, la formation continue est une énorme usine à gaz, qui consomme beaucoup et rapporte très peu. Il faut réorienter la formation continue exclusivement vers l’emploi, et accélérer la mise en place de diplômes professionnels à l’Université conjointement avec la validation des acquis de l’expérience. Il faudrait qu’un salarié puisse par l’expérience acquise valider automatiquement une part des modules professionnels des diplômes professionnels à venir, afin de pouvoir se consacrer à l’acquisition de savoirs et de savoir-faire innovants.

Parallèlement à cette mutation, la Région pourrait gérer elle-même une agence pour l’emploi en confiant à cette dernière la mission d’entrer en contact avec les PME/PMI pour identifier les emplois menacés à court et moyen-terme. Le rapport de ces missions seraient ensuite confiés à la Région, aux Chambres de Commerce et de l’Industrie et aux universités afin de moduler les formations nécessaires aux reconversions.

Conserver la maîtrise des grands enjeux

Si PME, Universités et Régions ont vocation à constituer le fer de lance de cette économie nouvelle, l’Etat ne doit pas moins conserver la maîtrise des grands enjeux stratégiques. Et sur ce point, ces lignes qui se sont largement inspirées de la stratégie de Lisbonne, au point d’en reprendre parfois le texte même, vont aller à rebours du Conseil Européen de Lisbonne.

Non, il ne faut pas libéraliser et soumettre à la concurrence libre et non-faussée l’énergie et les transports. Imagine-t-on un instant, une guerre des prix autour de la fabrication de centrales nucléaires ? Comment se permettre pour tous les Etats de mener une politique sur le long-terme, sur l’énergie et le maillage du territoire national, mais aussi européen, si ces leviers sont distribués à la concurrence et notamment à des entreprises qui peuvent disparaître en une décennie.

Le siècle dans lequel nous sommes entrés s’annonce crucial sur la question de l’énergie. Il faudra peut-être envisager de modifier radicalement notre consommation énergétique et d’anticiper l’épuisement des énergies fossiles.

Plus que tout, l’anticipation peut induire de pouvoir jouer, via la fiscalité, sur le type d’énergies choisies pour produire telle ou telle consommation nécessaire. Sans les taxes sur le pétrole, le nucléaire serait à peine rentable. Sans des investissements massifs de l’Etat, nous ne serions pas arrivés, aujourd’hui, en France, à une maîtrise sans égale de cette énergie. Si demain, parce que l’on sait que dans 20 ans il n’y aura plus de pétrole, il faut décider de ne plus faire appel qu’à des énergies renouvelables, solaire, géothermique, éoliennes ou autre, il est clair qu’il faudra mener une politique fiscale et de recherche en conséquence. Et cela,  une région seule et encore moins des entreprises privées, fussent-elles mandatées par l’Etat, ne peuvent le faire.

S’il faut choisir de développer économiquement une zone isolée, il faut que l’Etat conserve les moyens de choisir ses prestataires s’il fait appel à des prestataires privés, ou de faire appel à une entreprise nationale.

A la rigueur, on peut envisager une délégation via un cahier des charges et des appels d’offre pour certains secteurs, mais les Etats doivent demeurer maîtres d’oeuvre, et, idéalement, s’entendre pour instituer une agence européenne de l’énergie et des transports.