dimanche, 18 décembre 2011

La guerre des drones a-t-elle commencé ?

Je viens de finir la très bonne chronique de décembre d'EGEA. Il me semble qu'il pose également  avec pertinence la question du devenir des avions et de leur remplacement progressif par des drones.

En somme, en dehors du bombardement, l'avion ne semble plus avoir d'utilité comme unité de "corps à corps". Les duels aériens appartiennent pour l'instant à un passé révolu. La question que je me pose, à considérer l'évolution des drones, pour lesquels, d'après EGEA, on forme désormais plus d'opérateurs que de pilotes d'avions de chasse, c'est ce qu'il va advenir de la guerre aérienne. Fini les avions U2 du temps de la guerre froide. En Iran, c'est un drone qui s'est crashé.

Seules deux armées semblent avoir véritablement opéré le tournant stratégique des guerres futures : bombes à guidage laser, missiles "intelligents", "drones", sur toutes ces nouvelles armes, Israël et les USA sont en avance. 

Bien sûr, Dassault tente bien de produire des drones à son tour, mais on comprend que cette société est clairement aidée industriellement par des entreprises israéliennes, bien plus avancées, et de plus, le dernier vote du Sénat laisse apparaître clairement une distorsion importante entre le coût et de la qualité de la chose.

Nous sommes pourtant face à des choix difficiles : se doter du Reaper, le drone américain, c'est donner à nos forces armées du matériel d'une qualité supérieure, mais c'est de l'autre côté renoncer progressivement à continuer à entretenir une industrie militaire indépendante. N'est-ce pas d'ailleurs inéluctable, à terme ? Je me pose parfois la question.

Et puis il y a la question budgétaire : chaque modèle français coûte de 50 à 75% de plus que chaque modèle américain, et on parle là d'appareils dont le coût se chiffre en centaines de millions d'euros.

L'inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de mises en concurrence entre industriels français, et qu'au final, on est dans la configuration la pire : un monopole privé sur un marché d'État. Dassault comptant sur ses relais dans les gouvernements et à l'Assemblée Nationale n'éprouve nullement le besoin d'être compétitif. C'est ainsi que l'on arrive à ne vendre aucun rafale, en dépit des qualités intrinsèques de l'appareil, et à produire des drones dépassés, onéreux et peu efficaces, du moins pour nos besoins (de conception israélienne, ils sont prévus pour des observations sur petite distance).

A l'heure actuelle, l'Europe ne dispose d'aucun drone en propre. Il existe en revanche deux projets concurrents : celui de Dassault et celui d'EADS. Mais voilà, EADS a opéré un rapprochement avec des industriels turcs. Je n'ai pour ma part aucune confiance en la Turquie d'Erdogan. Ce pays ne fait pas partie de l'Union européenne, et, compte tenu de l'irresponsabilité de son dirigeant, je n'imagine pas qu'un tel pays puisse disposer d'un matériel aussi sensible.

Le chemin vers l'autonomie est donc fort long : chaque marché national est trop petit pour développer une filière. Sans une Europe de la Défense avec des armes communes, il semble bien que nous soyons condamnés à dépendre du savoir-faire américain, d'autant que nous ne pouvons envisager de jouer avec la vie de nos soldats.

Voilà des questions qui mériteraient d'inspirer nos candidats à l'élection présidentielle. Je sais que le MoDem et François Bayrou sont favorables à une Défense européenne, au contraire d'un parti comme le FN qui prône une défense purement nationale. Côté UMP, on chante l'Europe tout en accordant généreusement contrat sur contrat à Dassault. Il n'y a donc pas de stratégie clairement définie à l'heure actuelle, au sein des partis politiques, sur la défense que nous voulons. Avant d'élire un nouveau président, la question mériterait pourtant de s'inviter dans la campagne. La doctrine de chaque parti est d'autant plus indigente qu'elle se limite aux déclarations d'intention : réintégrer ou non l'OTAN, construire ou non une défense européenne, et cetera...Quid des moyens d'y parvenir ? Voilà qui mériterait un exposé et des pistes exhaustives, pourtant !...

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dimanche, 24 juillet 2011

Diplomatie, culture et défense en temps de rigueur

C'est une tentation, pour un état fortement endetté, que de ponctionner sévèrement les budgets alloués à la défense et à la diplomatie. Soyons précis : c'est une tentation surtout parmi les démocraties européennes. Pas de guerres à soutenir, pas de statut à maintenir. Ce peut être aussi le fruit d'une pensée primairement anti-militariste (que l'on songe à Éva Joly qui compare la France à la Corée du Nord parce que nous organisons le défilé de nos forces le jour de notre fête nationale...).

Quand je considère la France, j'ai beau y réfléchir, je ne vois pas comment nous pourrions abaisser les crédits dont dispose notre armée nationale. Si nous voulions faire de grosses économies, il faudrait toucher à de gros postes budgétaires. On pense tout de suite à nos porte-avions, des gouffres financiers. L'inconvénient, c'est que se priver de porte-avions, c'est se priver de la possibilité d'amener une partie de notre aviation dans toutes les régions du monde. Je ne suis pas convaincu que des avions à longue portée (existent-ils seulement ?) puissent suppléer l'absence de porte-avion.

Je crois qu'il faut également bien réfléchir au type d'interventions armées que nous voulons mener. La guerre en Libye coûte cher. Certes. Mais elle ne fait aucune victime civile. A ce stade-là, c'en est même miraculeux. C'est que l'aviation française (mais aussi britannique) utilise des bombes-laser d'une extrême-précision et obéit à des règles d'engagement très strictes. Ces bombes coûtent très cher ; mais elles touchent leurs cibles, pas ce qu'il y a à côté. Des guerres à zéro mort, cela a un coût, et ce coût, il pme paraît nécessaire de le supporter. La suite logique, d'ailleurs, ce sont les drones : coûts astronomiques, mais efficacité sans égale. Ils s'amérioreront toujours plus.

Bref, il ne faut pas toucher à nos capacités opérationnelles, parce qu'elles sont au service de notre diplomatie, si maigres soient-elles au regard de nos ambitions.

Dans le domaine diplomatique, c'est, je le pense, la culture qu'il faut promouvoir par-dessus tout. Or, les centres culturels et les écoles françaises sont les premières victimes de la rigueur, en règle général. Nous devrions à mon avis leur assigner des missions culturelles stratégiques : toucher les élites des pays où ils sont implantés, populariser la culture française, dispenser des cours de langue au plus grand nombre de personnes possible. C'est un domaine où il ne faut pas lésiner. Je pense également qu'il ne faut pas faire l'effort de se replier sur la seule francophonie. Nous avons complètement abandonné tout effort de pénétration culturelle et linguistique chez nos voisins européens. C'est pourtant là qu'il faudrait mettre le paquet, de même qu'en Amérique. Pour que le monde parle français, il faut que les décideurs et les élites pensent "en français". Il faut donc avoir une stratégie audacieuse et agressive de pénétration linguistique et culturelle au sein des élites mondialisées.

Cela suppose de ne pas placer des ânes ignares qui méprisent la culture française comme le socialiste Pascal Lamy  qui considèrent le combat sur la francophonie comme un combat d'arrière-garde à des postes à responsabilité. Cela suppose aussi de recentrer nos aides et nos cadeaux à l'étranger vers la diffusion de notre culture (quel intérêt de financer un centre culturel au Chili, n'est-ce pas Monsieur Husson, sauf à ce qu'il bénificie d'une implantation culturelle du français sur place, mais ce n'est pas le cas...).

Bref, il faut avoir une stratégie et nous ne l'avons pas. C'est une dimension à laquelle François Bayrou semblait sensible en 2007 que le MoDem pourrait ajouter dans son programme politique pour 2012.

jeudi, 15 juillet 2010

france.fr versus La Défense

Profond soupir de désespoir...J'avais appris avec satisfaction que la France se décidait enfin à créer le site france.fr, futur portail de la France pour les Français et les étrangers. Devinez ce qu'il s'est produit dès le jour de son lancement...

Parce que France.fr est victime de son succès, le nombre très important de visiteurs nous contraint à augmenter la capacité de nos serveurs. Quelques perturbations dans la visite du portail dans ses 5 langues peuvent donc survenir, l'équipe de France.fr vous prie de l'en excuser. Tout sera rétabli au plus vite, merci de votre patience !

Mais c'est pas possible : quelle bande d'amateurs ! La France est la première destination touristique du monde en valeur absolue : entre 70 et 80 millions de visiteurs chaque année. C'était évident que le site france.fr allait faire l'objet d'un nombre de visites conséquent.

Ah, ça la fout mal pour une mise en route un 14 juillet, franchement. Bravo pour l'image donnée de nos savantes équipes numériques...

Tiens, le Ministère de la Défense m'avait convié précisément mardi à un petit déjeuner festif afin de me présenter son nouveau site. Les joyeux copains de france.fr devraient prendre exemple. Voilà un site opérationnel qui a fonctionné de suite sans anicroche.

Bon, évidemment, il ne faut pas s'attendre à des révélations sur le site, mais il a le mérite de couvrir tout le spectre d'intervention de nos forces militaires et d'offrir des données précises et complètes.

Dans la catégorie Actualités, je recommande en particulier l'onglet Analyses en bas à droite qui devraient certainement intéresser nos amis blogueurs experts en géostratégie...

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mercredi, 25 février 2009

Désengagement militaire, Bayrou l'avait dit...

Je viens de lire à quelques heures d'intervalle l'entretien d'Hervé Morin (Ministre de la Défense) dans l'Itinérant n°472. Il y annonce clairement l'objectif de passer de 13 000 hommes à 10 000 hommes en opérations extérieures et d'économiser ainsi jusqu'à 150 millions d'euros. Tiens, amusant, cela me rappelle exactement ce que Bayrou a dit en avril 2008. Je le cite :

«Dans les circonstances budgétaires que l’on nous annonce, et auxquelles les décisions de gestion du gouvernement prises dès le début de son mandat, nous contraignent plus que jamais, il ne sera pas possible de maintenir des hommes sur des théâtres d’opération aussi divers que le Kosovo (2000 femmes et hommes), la Côte d’Ivoire (2400), le Liban (1500), le Tchad (1100), bientôt le Darfour (2000), le détroit d’Ormuz (au moins 500), et l’Afghanistan (2900) ! Un homme sur le terrain en raison de la règle des trois tiers, service, préparation, repos, oblige à la mobilisation de trois hommes. Ce sont donc si je compte bien presque 40 000 personnels de nos armées qui sont ainsi requis, avec les questions de logistique, d’équipement, d’armement qui se posent et qui suscitent vous le savez, dans leurs rangs, bien des débats. La multiplication de ces interventions n’a jamais été à portée des armes de la France, et en tout cas ne le sera pas dans l’avenir. Il y a comme un divorce entre ces interventions tous azimuts et les moyens qui sont ceux de notre armée. Ce divorce posera des problèmes considérables.»

Il y eu un débat à l'Assemblée Nationale le 28 janvier dernier, à propos des Opex. Or, j'y ai lu avec attention l'intervention de Philippe Folliot au nom du Nouveau Centre. Il conclut en annonçant le soutien du Nouveau Centre à «la prolongation de l’intervention des forces armées en Côte d’Ivoire, au Liban, au Tchad et en République centrafricaine». Il a précisé qu'il était favorable aux réductions d'effectifs là-bas.

En Côte d'Ivoire, Hervé Morin, dans son entretien avec l'Itinérant déclare qu'il ne juge pas utile de «maintenir un tel niveau». Au Tchad, il annonce un toilettage des effectifs.

Ce que je retiens des débats, finalement, c'est que sur le fond, la France n'a plus les moyens de se maintenir en Afrique, mais qu'elle le fait tout de même pour sécuriser les zones du continent, du moins, là où elle est présente. Ce qui est fâcheux, c'est que sa présence ne se fait presque jamais avec l'aval des institutions internationales. Pour certains députés (essentiellement ceux de la majorité) la lenteur de l'ONU dans les situations d'urgence en est la cause.

Pour ma part, je pense qu'il faut en finir avec la Françafrique, que rien n'a remplacé actuellement, faute de mieux, mais qu'il ne faut pas prendre le risque de laisser un vide à la place. C'est d'ailleurs sans doute ce qu'ont craint non seulement les Français mais plusieurs autres États Africains jusqu'ici.

J'ai noté dans ce débat parlementaire deux observations qui me paraissent essentielles. La première d'Axel Poniatowski qui s'interroge sur l'implication des États Européens dans leur défense :

«La France, la Grèce, la Pologne et le Royaume-Uni consacrent chaque année environ 2 % de leur PIB à la défense, alors que les autres pays de l’Union européenne restent tous en dessous de la barre de 1 %. Il faudra engager tous nos partenaires européens dans une réflexion approfondie, sans tabou, pour examiner quelles ressources supplémentaires ils sont prêts à accorder à la défense des intérêts européens, qui sont les leurs

Et puis celle de Jacques Myard, bien que je ne partage pas ses conclusions :

«Pour paraphraser Churchill, l’Afrique est malheureusement devenu le « ventre mou » de l’Europe et de la France, qui subiraient directement les conséquences d’une déstabilisation de ce continent. En effet, comment maîtriser les flux migratoires si les pays d’émigration connaissent des troubles incessants ?»

Je ne suis pas du tout convaincu que la France prenne un grand plaisir à être présente en Afrique. Je pense que c'est une charge à tous points de vue pour elle. Il est grand temps que l'Europe s'empare de la question et remplace la France. Nous ne pouvons plus, surtout avec la crise, supporter indéfiniment de tels coûts  seuls. Et puis cela ne peut plus être de la responsabilité exclusive de la France, a fortiori quand c'est à demi-décidé par la seule présidence de la République (il y avait certes un débat en assemblée, mais avec bien trop peu d'éléments et dans la hâte, et puis il ne s'agit que de débattre de la prolongation d'opérations militaires déjà en cours).

Il y a un pas qui n'est pas facile à franchir et que j'aurais aimé voir abordé lors de la présidence de l'Europe par la France, c'est la passation de pouvoirs entre la France et l'Europe. Et il faudra bien un jour parler également du siège français au Conseil de sécurité et de la dissuasion nucléaire. Il faut tenir le temps que l'Europe soit prête à les récupérer, mais je crois qu'à terme, nous n'avons plus la puissance nécessaire pour tout cela. Nous avons trop de  problèmes, trop de difficultés à régler dans notre propre pays.

Il me semble qu'il faudrait se concentrer sur les points les plus chauds et les plus importants pour la sécurité du monde : frontière Pakistan-Afghanistan en priorité et Darfour où personne ne fait rien et où les morts s'accumulent par centaines de milliers. Je ne dis pas, bien sûr, que le reste n'est pas important, mais soyons réalistes : le matériel militaire est en mauvais état, nos dettes s'accroissent, notre industrie est en plein marasme. Nous n'avons plus les moyens d'être présents partout. Pas à ce coût-là, en tout cas.

J'ajoute une dernière chose à propos de l'OTAN : ce n'est pas la France qui doit la réintégrer, quand bien même les Russes considéreraient la France comme un contre-poids à l'Amérique, mais l'Europe comme bloc cohérent. L'OTAN ne devrait pas être une alliance des USA et de divers pays Européens, mais une alliance à deux têtes, l'une Américaine, l'autre Européenne. Une telle alliance n'est pas possible tant qu'une défense européenne n'est pas construite. Le chemin sera long...beaucoup de pays européens se satisfont très bien de la situation et regardent d'un sale oeil un éventuel accroissement de leurs dépenses militaires pour assurer leur sécurité. Et même quand ce n'est pas le cas, un certain nombre d'entre eux ne croient qu'au leadership américain, tout simplement parce qu'il s'est montré efficace pendant un demi-siècle en Europe...

La quasi-invisibilité européenne en Bosnie dans les années 90 n'a pas amélioré les choses...

 

16:14 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : armée, opex, bayrou, morin, défense | | |  Facebook

mercredi, 23 juillet 2008

Armée : la mise en garde de Philippe Nogrix

nogrix.jpgPhilippe Nogrix, Sénateur UDF-MoDem, est, entre autres, un spécialiste des questions militaires. En novembre 2007, il présentait au nom de la commission des Affaires étrangères du Sénat ses analyses sur le budget consacré à la préparation et l'emploi des forces militaires, dans le projet de loi de finances 2008. La conclusion de son rapport me paraît particulièrement d'actualité à l'heure où le gouvernement a choisi de sévèrement réduire les effectifs militaires.

La voici :

Les crédits de fonctionnement courant des armées constituent la principale variable d'ajustement du budget de la défense : leur compression ne suscite pas d'effets négatifs immédiats, à la différence de ceux affectés aux personnels, et ne semble pas affecter l'avenir, contrairement à ceux consacrés à l'équipement.

Or les effets d'un budget de fonctionnement courant insuffisant sont insidieux, et ne révèlent leurs potentialités négatives qu'avec retard.

Cet effet « retard » entraîne deux conséquences majeures : il contribue à une démoralisation des personnels, sans être toujours clairement identifié. Pourtant, le fait de travailler, de s'exercer, de résider dans des locaux insuffisamment entretenus, dégradés, ravaudés avec des « bouts de ficelle » pèse indéniablement sur l'image que le ministère de la défense donne de la mission qui lui est confiée par la Nation, et aussi sur les personnels qui y concourent.

De plus, les financements requis par une rénovation s'effectuant au terme d'une trop longue période de délaissement s'en trouvent considérablement accrus.

La qualité de l'entraînement, qui est la meilleure « assurance-vie » du combattant, peut être également affectée par des financements trop « justes » en carburant, en munitions, voire en tenues.

Moi, j'ai entendu que nos soldats en Afghanistan manquaient des moyens nécessaires pour pouvoir identifier et se protéger des mines et explosifs associés...

Le bon déroulement de ces exercices peut être entravé par la pénurie financière qui touche souvent les petits programmes de cohérence dont l'impact semble infime au regard de celui des équipements majeurs. Mais les chars, les bâtiments, comme les aéronefs de dernière génération technologique requièrent, pour fonctionner, un approvisionnement continu en pièces de rechange.

Quand je pense que Philippe Nogrix a rendu son rapport en novembre dernier...Prémonitoire à tous points de vue pour qui a lu le Canard Enchaîné ces deux derniers mois : 50% de notre matériel militaire est hors-service, et une opération de sauvetage d'otages français a bien failli capoter parce que nos navires tombent en panne...

Il y a donc à la fois une facilité et un danger à sous-estimer ce type de crédits, d'autant que les armées se sont attachées, parfois de leur propre initiative, à mutualiser leurs besoins et leur gestion depuis la professionnalisation pour en réduire les coûts.

Les coûts élevés requis par le MCO des matériels modernes, notamment aéronautiques, ont été reconnus, et des structures ont été mises en place (SIMMAD, SIAé) pour concilier impératifs industriels et maîtrise des financements.

En revanche, le recours à la location de services pour assurer des fonctions annexes au métier militaire, comme l'entretien des locaux et des espaces verts, leur gardiennage éventuel, le transfert des personnels, l'entretien de leurs tenues, semblait économiquement et fonctionnellement raisonnable, avec la professionnalisation des armées.

Leur coût, parfois prohibitif au regard de la qualité du service rendu (constatation qui n'est pas limitée au seul secteur des armées !) pose la question de leur éventuelle réintégration au sein des personnels de la défense.

 

 

07:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nogrix, modem, défense, armée | | |  Facebook

mardi, 17 juin 2008

Armée, éducation, même combat...

C'est impressionnant de voir comment les mêmes raisonnements produisent les mêmes effets. Après avoir massacré l'Education Nationale, Sarkozy et Fillon s'apprêtent à décapiter  notre armée nationale.

54 000 postes en 4 ans de supprimés. Si vraiment nous n'avons plus de moyens, qu'il cesse de promettre l'intervention de la France sur 36 théâtres d'opération, ce qui coûte très cher, et qu'il utilise nos fonds pour moderniser et réparer notre matériel. Et au moins protéger ceux qui sont au contact d'opérations armées ! Nos soldats en Afghanistan n'ont pas de protection contre les mines !

J'en ai assez, moi, des marioles. Nos militaires sont estimés dans le monde entier pour leur professionnalisme, et cela, Sarko and co s'apprêtent aussi à l'anéantir. Et pendant ce temps, il a fait dépenser des sommes considérables pour des mesures à la c.., socialement injustes. Ras-le-bol de cette présidence à courte-vue !

Mais comme d'habitude, c'est la même manière de raisonner qui prévaut : pas question de repenser une armée moderne adaptée aux conflits de notre temps ; non, tout comme pour l'éducation nationale, du verbiage et des boniments avec pour unique objectif de réaliser le maximum d'économies. Comme d'habitude, Sarkozyet son gouvernement affichent un objectif chiffré de postes à supprimer, au lieu de réfléchir à l'évolution souhaitable de notre défense et de nos forces armées, et, APRES seulement, à définir les secteurs où l'on peut réaliser des économies. Par ailleurs, nous devons aussi adapater notre doctrine à nos moyens. Absolument rien de cela n'est fait. Et je parie que les crédits de la recherche militaire sont rognés, de même que ceux du renseignement, alors que ce sont deux secteurs tout à fait cruciaux.

En tout cas, il n'est plus acceptable que le Président de la République Française décide de la participation ou non de notre armée à des conflits armés ou des opérations de maintien de la paix vu l'état de notre matériel et de notre armée. Le Parlement doit réagir une bonne fois pour toutes et se saisir de la question.

15:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : armée, défense | | |  Facebook

jeudi, 12 juin 2008

Défense : péter plus haut que son c...

J'ai lu l'article du Canard d'hier sur l'état du matériel militaire français. C'est édifiant. Nous n'avons plus une machine qui fonctionne. Vient un moment où il faut cesser de faire cocorico les pieds dans le fumier et où le principe de réalité doit s'appliquer. Soit la France fait vraiment un effort budgétaire (mais le peut-elle ?) pour avoir une défense digne de ce nom, soit, dans le cas inverse, elle se retire de la plupart des théâtres d'opération et adopte un profil bas. Un jour, cela va mal finir, ce seront les missiles nucléaires qui seront rouillés...

Bref, comme d'habitude en France, on se gargarise de mots, et c'est insupportable. Pas la peine pour Nicolas Sarkozy de faire de grandes déclarations et de bomber le torse s'il n'a pas de forces militaires dignes de ce nom. Encore un budget qui va morfler pour d'autres priorités (crédits d'impôts et tout ça et tout ça...)

07:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : défense, armée | | |  Facebook

mardi, 25 mars 2008

Quel avenir pour le nucléaire militaire ?

 Les grands esprits se rencontrent, ce matin, je me pose les mêmes questions que Frédéric, le webmestre du très bon blog Démocratie sans frontières.

Qui de notre dissuasion nucléaire dans l'avenir ? Frédéric note avec acuité que le nucléaire militaire représente 20% de notre effort de défense. Nicolas Sarkozy envisage de faire des réductions de dépense sur cet armement en ne lançant pas le porgramme de modernisation de ces équipements. A vrai dire, quand l'on considère que le dit programme comporte la mise en service de quelques missiles inter-continentaux longue portée, on se demande quel objectif est visé.

Le monde a changé de nature, et l'histoire récente nous montre tout de même que les dangers les plus impérieux ne sont pas ceux d'une attaque conventionnelle, mais plutôt des guérillas et du terrorisme, voire une guerre économique.

Je renvoie à certains extraits du discours de clôture de  François Bayrou lors d'un colloque de l'UDF, en juin 2006, sur la place de la France dans le monde.

Tout le monde a à l’esprit, les éléments de ce monde qui a changé. L’effacement, l’éclipse peut-être, de la menace soviétique, et en même temps la prolifération des menaces identitaires, ethniques, religieuses ; déséquilibres au détriment de sociétés traditionnelles, la déstabilisation de sociétés structurées, le changement de visage de la guerre, de plus en plus civile, de plus en plus urbaine, utilisant à la fois des moyens ultra-technologiques, les satellites et lasers, et les moyens les plus archaïques, la guerre économique dont vous n'avez pas voulu parler Monsieur Caillaud mais extrêmement importante, la guerre d'opinion. Tout cela exige d'autant plus de réflexion que ces questions de sécurité n'ont pas encore été reformulées

Je pense que c'est justement énoncé, et, pour ma part, il me semble que nous avons un effort tout particulier à réaliser sur le renseignement sous toutes ses formes :

On a besoin d'ouvrir un chapitre nouveau dans le chapitre de l'observation et du renseignement. Un observateur me disait que la capacité de renseignement française était de 1 à 10 par rapport à la capacité britannique - qu'on vante rarement par rapport à celle des Américains, et en tout cas, les moyens du renseignement américain sont de 10 à 1 par rapport à ceux du Royaume-Uni.

J'ajoute pour ma part, quelques réflexions supplémentaires. On sait que nous serons confrontés de plus en plus à des ennemis qui utilisent les populations humaines comme des boucliers pour exercer leurs activités terroristes, et n'hésitent pas à se fondre, pour cela, au sein des populations civiles.

Je pense qu'il faudrait donc mener une réflexion sur les armes non létales, car rien n'est plus néfaste que de toucher les civils dans les situations de guérilla. Cela crée de nouveaux martyrs, et, de fait, les groupes terroristes comptent généralement là-dessus. Lancer un nouveau concept de guerres, indolores autant que faire se peut, est à mon avis une nécessité stratégique évidente.

Il faut travailler non plus sur des armes qui tuent, mais sur des armes qui neutralisent.

11:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : défense, dissuasion, nucléaire, bayrou | | |  Facebook

samedi, 29 septembre 2007

Rafale : l'erreur grossière d'Hervé Morin

On se demande si Hervé Morin a bien considéré les conséquences de ses paroles lorsqu'il a critiqué publiquement la technologie de pointe du rafale.

Ce n'est pas ce que l'on attend d'un Ministre de la Défense, d'autant qu'il s'ajotue aux conséquences économiques de ses propos des retombées stratégiques néfastes.

Hors de question de bêler ici avec les crypto-munichois qui s'époumonnent à expliquer qu'un rafale c'est x écoles ouvertes. Il va de soi que la protection militaire est l'une de fonctions constitutives d'un état.

La France est l'un des derniers pays à disposer d'une industrie d'armement indépendante. Partout ailleurs, c'est l'Amérique et la Russie qui se taillent la part du lion. Or, une telle industrie coûte très cher, et la France n'a pas les moyens de la financer sans exporter, tout en maintenant à côté une force de frappe nucléaire.

Il y a bien sûr de nécessaires économies à réaliser pour équilibrer le budget de l'état, mais, à ce compte-là, je crois que la France aurait intérêt à transférer sa force nucléaire à l'Europe,ou, tout du moins, à un noyau dur européen, et à donner dans la foulée son siège au conseil de sécurité qui n'en aurait alors que plus de force. Il va de soi que ce transfert de responsabilité justifierait un co-financement. A défaut de pouvoir s'appuyer sur un noyai dur d'état, au moins avec les Allemands avec qui nous partageons nombre d'options diplomatiques.

Nous pourrions alors avoir un ministère des affaires étrangères commun et partager la force nucléaire. Voilà qui serait bien mieux pour l'Europe, pour la France et l'Allemagne en donnant plus de force à leur siège commun au Conseil de Sécurité, et plus généralement dans leur diplomatie.

L'industrie d'armement, nous en avons besoin, sauf à accepter d'être complètement dépendant de l'Amérique pour notre défense. Je crois que ce n'est vraiment pas le moment.

En revanche, je pense que Dassault dvrait s'allier avec d'autres constructeurs européens. Il est dommage d'avoir côte à côte le Rafale et l'Eurofighter...

 

Il est vrai que l'exportation d'armes pose un dilemme de conscience dès lors qu'elle se fait vers des états qui brillent bien peu par leurs moeurs démocratiques. Il y a là un cercle vicieux, hélas, dans lequel il est difficile de ne pas rentrer, car l'Amérique, la Russie ou la Chine n'ont aucune sorte de scrupules dans ce domaine.

Or, la France n'a guère le choix : elle doit vendre ou renoncer à son  indépendance pour l'industrie d'armements. En tout cas, Morin comparant le Rafale au F-16 a fait tout l'inverse de ce qu'il faudrait faire. On attendarait une action intelligente et discrète pour trouver d'autres états prêts à aprticiper à un nouveau programme pour un rafale II, par exemple, mais bien loin de là, notre non-ministre de la défense ne songe qu'à assommer l'une de nos dernières ressources.

 

A lire, l'article de Wikipedia très bien documenté. 

16:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rafale, Morin, défense | | |  Facebook

lundi, 17 septembre 2007

Politique étrangère : ras-le-bol !

Voilà, cela va être simple et net : j'en ai assez à titre personnel, mais je ne suis pas le seul, qu'un seul homme décide de toute la politique étrangère en France. Ras la casquette que le Parlement ne contrôle rien et qu'il n'y ait pas de débat. On entend Morin critiquer la politique étrangère française alors qu'il faut lui reconnaître une certaine tenue ces dernières années, en dépit de sacrés couacs, Kouchner qui joue les pyromanes : par le passé il voulait nous envoyer en Irak, maintenant, il déclare la guerre à l'Iran.

En Afghanistan, on renforce la présence française quasiment sans que personne ne soit informé. Cela suffit maintenant.

Messieurs les Députés, faites le travail pour lequel vous avez été élus par les Français !