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lundi, 11 octobre 2010

Europe-Chine, un marché de dupes ?

Sur le papier, l'affiche est belle : 46 pays représentant 60% de la population mondiale et 60% du commerce international (mais seulement 29% des exportations européennes contre 45% des importations). Mais le 8ème Asian Europe Meeting (ASEM), qui se déroule cette semaine à Bruxelles, a pourtant toutes les allures d'une grand'messe. Puissance invitante, l'Union européenne est en effet incapable de répondre aux deux principales questions de l'ordre du jour : une vraie réforme du FMI, et non un simple ajustement comme ses Ministres des Finances l'ont proposé le week-end dernier, et la relance des négociations climatiques, question sur laquelle les Vingt-Sept n'ont pas encore de position commune. Du coup, la portée symbolique de ce Sommet devrait surtout profiter à la Chine, qui se retrouvera en position de force le 6 octobre pour le Sommet UE-Chine. 

Lors du dernier Conseil européen, les Chefs d'État et de gouvernement avaient promis que désormais la « réciprocité » serait le maître mot en matière commerciale. De ce point de vue, avec la Chine, le compte n'y est pas : le secteur du bâtiment, faramineux, est interdit aux étrangers; les marchés publics sont limités (par exemple, sur 22 000 licences de téléphonie, 14 seulement sont non chinoises); le pillage technologique prend des allures de désastre et des firmes aussi importantes pour le commerce extérieur français que Danone ou Alstom en ont fait cruellement les frais; enfin, la Chine est le paradis des contrefacteurs tant et si bien que les deux tiers des produits contrefaits saisis en Europe par les douanes sont d'origine chinoise (85% pour les produits dangereux !). J'ajoute que voir le premier ministre Wen Jibao annoncer à Athènes la création d'un fonds de 5 milliards de dollars pour aider les armateurs grecs à commander des navires à des chantiers navals chinois, n'est évidemment pas une bonne nouvelle pour l'emploi en Europe !

Face à un tel défi, au demeurant prévisible depuis au moins 10 ans, l’Union européenne doit enfin adopter une stratégie digne de ce nom. Les États membres doivent s’abstenir de jouer un jeu personnel qui empêcherait l’émergence d’un bloc européen uni. Cette stratégie serait d’autant plus crédible si l’Europe s’attachait aussi à définir une politique industrielle offensive, dans laquelle la France prendrait toute sa part. Les échanges commerciaux avec la Chine ne peuvent plus continuer de se faire au détriment de notre recherche, de nos brevets, de nos emplois. Poser cette question au prochain sommet UE-Chine montrerait que l’Europe a enfin décidé de ne pas laisser faire, a enfin décidé d’exister. 

Marielle de Sarnez, députée européenne 
Vice-présidente du Mouvement Démocrate 
Membre du Cabinet Shadow, responsable des Affaires étrangères et de la gouvernance internationale

Bon, je protestais contre les mesures prises par le gouvernement américain, il y a peu, mais réflexion faite, après ce que dit Marielle, il va falloir des mesures énergiques...

 

mercredi, 22 septembre 2010

Dette et droits de l'homme

Marielle de Sarnez, euro-députée et vice-présidente du MoDem, occupe désormais dans le Cabinet Fantôme de François Bayrou le poste des Affaires étrangères.

L'attitude à adopter face au dumping social et en matière de droits de l'homme me paraissent deux chapitres importants de ce domaine de gouvernance. C'est donc avec intérêt que je fais connaître la position exprimée par Marielle au Parlement Européen à propos de la Chine.

Intervenant lundi dernier en session plénière du Parlement européen, réuni à Strasbourg, lors d'un débat sur les relations entre l'Union européenne et la République Populaire de Chine, Marielle de Sarnez, vice-Présidente du MoDem, a demandé à la Commission européenne "de définir une stratégie nouvelle". La présidente de la délégation MoDem au sein du Parlement européen a proposé trois directions dans son intervention :

"Premièrement, nous avons besoin, comme le président du Conseil l'a dit, de réciprocité. Un exemple : les entreprises chinoises ne peuvent continuer à s'installer chez nous alors que nos entreprises sont interdites d'accès à leurs marchés publics. Il faut choisir. J'attends donc des mesures qui vont dans ce sens-là." 

"Deuxièmement, l'Union ne peut plus accepter plus longtemps sans réagir le dumping social, sanitaire, environnemental qui est responsable directement de trop nombreuses délocalisations de notre territoire européen. Les coûts dérisoires de main-d'œuvre ou les conditions de travail déplorables ne doivent plus être considérés par la Commission comme des "avantages compétitifs naturels". Sur ce point, je demande vigoureusement, Monsieur le Commissaire, un changement de doctrine de la Commission."

"Troisièmement enfin, nous ne pouvons plus faire l'impasse sur la question des droits de l'Homme. Et le soutien ostensible, par exemple, de Pékin à l'Iran, à la Corée du Nord ou à la Birmanie, pose évidemment problème. L'objectif de l'Union européenne a toujours été de favoriser l'émergence de la démocratie, de démocraties. Sur cette question, là encore, nous ne devons rien céder", a conclu Marielle de Sarnez.

Bon, très bien sur le principe, mais à la suite de cette intervention de Marielle, il demeure pour moi deux questions assez importantes en suspens :

- primo, est ce que la diplomatie française en matière de dumping social et de droits de l'homme passe désormais exclusivement par l'Europe ? En somme, la France dispose-t-elle encore d'une diplomatie propre, capable d'agir sans relais européen ?

- secundo : j'entends bien qu'il s'agit d'imposer à la Chine des normes acceptables tant sociales que juridiques, mais j'imagine bien que la Chine va réclamer des choses en échange ! La diplomatie est yun art de la négociation, et si l'Europe est une grande puissance qui peut parler d'égale à égale à la Chine, elle n'a pas le pouvoir de lui imposer quelque chose sans un retour. Qu'est-ce que l'Europe doit mettre dans la balance dans ces conditions ?

- tertio, je voudrais rappeler que la Chine possède de nombreux titres d'emprunts d'État des pays occidentaux. Près de 850 milliards de dollars, par exemple, pour l'Amérique.

En fait, mon questionnement dépasse le seul cas de la Chine. Près de 80% de résidents étrangers détiennent la dette française. Quel peut être notre poids diplomatique quand nous évoquons les droits de l'homme et le dumping social face à des pays dont nous sommes débiteurs ?

Il y a là une vraie problématique géostratégique que nous ne pouvons éluder. Peser pour obtenir le respect des droits de l'homme a un coût, parfois très élevé. Combien sommes-nous prêts à payer ? Et même si nous sommes prêts à payer, en avons-nous seulement les moyens ?!

dimanche, 27 juin 2010

Durable l'agriculture ? Ok, mais pour tout le monde, alors !

Il y a quelque chose qui me frappe, dans notre beau continent, l'Europe. On fait tous les jours des lois pour établir des normes. On se préoccupe de plus en plus de ce qu'il est convenu d'appeler le développement durable. Or, dans le temps même où l'on exige de notre propre agriculture le respect de normes environnementales de plus en plus complexes, on trouve pas moins de sept pays européens prêts à signer des accords sans aucune condition préalable avec le Mercosur.

Marielle de Sarnez (qui a intégré la Commission du Commerce international pour sa seconde mandature) s'en est indignée. L'euro-députée MoDem observe que cet accord inégal va fragiliser notre propre agriculture :

Deuxièmement sur la question du Mercosur, j'ai une très grande inquiétude pour l'agriculture européenne et notamment pour l'élevage européen qui ne se porte pas bien. Ces accords vont accroître les importations de viande bovine de 70 pour cent et les importations de volaille de 25 pour cent. Ces importations vont déferler sur l'Europe à des coûts moindres puisque les productions ne respectent pas ni les normes sociales, ni les normes environnementales que nous nous imposons à nous-mêmes. Ce n'est pas une question de protectionnisme mais il faut qu'on regarde les choses de façon intelligentes. On ne pourra pas continuer longtemps à mener une politique commerciale sans regarder ce qu'il y a autour en matière sociale , en matière environnementale et en matière de création et de destruction d'emplois dans l'Union européenne. C'est la responsabilité du Parlement européen de se préoccuper de cette question.

ça va être dur. Bruno Le Maire, le ministre de l'agriculture français n'a pas failli à sa tâche et fait valoir les mêmes arguments que Marielle de Sarnez.

C'est toujours compliqué de négocier. Barroso escompte faire des concessions sur l'agriculture à condition que le Mercosur en fasse sur les télécommunications. Ce n'est pas gagné pour lui. Actuellement, 15 des 27 pays de l'Union se sont finalement associés pour s'opposer à toute signature d'un accord.

Je me demande parfois quelles relations les Socialistes français ont avec Zapatero et les Socialistes espagnols. Ce sont eux qui cherchent à relancer une signature d'accord, tout comme Barroso, qu'ils avaient soutenu...

mardi, 15 juin 2010

Austérité ? Rigueur ? Qui, comment, où ?

Tous les jours François Fillon promet aux Français de la sueur, du sang et des larmes. D'accord. On a compris. Tous les jours, François Fillon lance des chiffres à l'emporte-pièces. 100 milliards, dernièrement. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy s'est plié aux conditions allemandes sur les sanctions qui toucheraient désormais les pays de l'Europe qui feraient joujou avec la barre des 3%. Nous, c'est pas joujou, ce serait plutôt Disneyland catégorie grand 8...

Quand va-t-on donc passer aux choses sérieuses ? C'est à dire discuter précisément de nos dépenses, déterminer qui va payer, pour quoi et comment ? C'est ce que Marielle de Sarnez réclame à François Fillon, et elle a bien raison.

Au Mouvement Démocrate, nous avons les idées claires là-dessus : nous savons ce que nous voulons garder et ce à quoi nous renonçons. Nous savons aussi quels efforts nous sommes prêts à consentir. Alors ouvrons ce nécessaire débat.

15:21 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : sarnez, rigueur |  Facebook | | |

dimanche, 23 mai 2010

Agriculture, réfléchir avant de signer...

On a un sacré problème de méthode, en Europe. Pas mieux que Marielle : je ne comprends pas comment on ne peut commencer par réfléchir d'abord à ce que l'on veut, et ensuite, seulement, envisager de signer un traité...

À l’occasion d’une audition de la commission du commerce international du Parlement européen, Marielle de Sarnez a interpellé le Commissaire De Gucht sur le volet agricole des négociations en cours entre l’Union européenne et les pays du Mercosur -Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay-.

Marielle de Sarnez s’est en effet étonnée de la précipitation de la Commission européenne pour l’ouverture de ces négociations. Pour la vice-présidente du Mouvement Démocrate, « on prend le problème exactement à l’inverse, car la bonne question qu’on devrait se poser est : quel est notre niveau d’exigence à nous ? Quel est le niveau d’exigence et d’ambition de l’Union européenne en matière agricole ? Quel est le niveau d’exigence des Européens en matière agricole ? »

« A ce moment-là, s’étant posé cette question, et y ayant répondu nous pourrions entamer ces négociations avec un mandat précis », a-t-elle ajouté.

Marielle de Sarnez a conclu en rappelant « les enjeux de la question agricole : c’est une question de sécurité, c’est une question de santé, c’est une question d’économie, c’est une question de croissance et c’est une question aussi de modèle de société européen. La mission de la Commission est de veiller à l’intérêt général européen et donc je préfèrerais que, sur ce type de question, nous ayons une position offensive plutôt que défensive ».

A l’occasion du Sommet UE – Amérique latine qui s’est tenu les 17 et 18 mai à Madrid, l’Union européenne et le Mercosur ont engagé la négociation d’un accord de libre-échange (ALE) après six années d’interruption. Les discussions avec le bloc latino-américain (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) avaient été gelées en 2004 suite à plusieurs désaccords dont l’impact négatif d’un accord commercial sur l’agriculture européenne (le déficit commercial agricole de l’UE vis-à-vis du Mercosur a atteint 21 milliards d’euros en 2008).

vendredi, 09 avril 2010

Les conditions d'appartenance à l'Europe pourraient se durcir

Intéressant édito que celui de Marielle de Sarnez dans sa dernière lettre aux Franciliens. Sans prendre parti, je le publie intégralement et le soumets à la réflexion des lecteurs. Ce qui est certain, c'est que le laxisme budgétaire commence à sérieusement énerver nos amis Allemands. D'un autre côté, il n'est pas non plus heureux d'annoncer inopportunément des mesures susceptibles de faire grimper les taux d'emprunt de la Grèce. Ce pays va avoir le plus grand mal à redresser ses finances sans graves troubles sociaux ; le devoir des pays européens, c'est d'essayer de lui créer l'environnement le plus favorable possible pour ses emprunts. Toutefois, il y a des choses, hélas douloureuses, que personne ne peut faire à la place des Grecs. Il leur faut envisager des réductions très drastiques et des coupes sombres dans leur budget. Il y aura des décisions très difficiles à prendre. J'espère que les Grecs parviendront à préserver l'essentiel. Le problème, avec notre Europe, c'est qu'il faut bien admettre qu'à un moment donné une discipline budgétaire est nécessaire, faute de quoi l'Europe cesse d'être crédible. Voilà donc l'édito :

On peut dire :

- que le comportement d'Angela Merkel depuis le début de la crise grecque, la première aussi grave affectant la zone euro, contraste singulièrement d'avec les attentes que laissaient espérer et l'histoire et la pratique de l'Allemagne en matière de politique européenne. Certes, la chancelière affronte le 9 mai une élection cruciale en Rhénanie-Westphalie, le land le plus peuplé du pays pouvant faire basculer la majorité au Bundesrat, et elle se doit de répondre à son électorat qui ne supporte plus l'idée préconçue selon laquelle « l'Allemagne paiera ». Mais, en désavouant publiquement son ministre des Finances, Wolfgang Schauble, qui s'opposait à l'intervention du FMI, et en allant même jusqu'à poser le débat de l'exclusion d'un État membre de la zone euro, Angela Merkel a surtout don-né l'impression de dilapider l'héritage européen d'Helmut Kohl.

- que l'Allemagne est parvenue à imposer ses conditions, c'est-à-dire une intervention du FMI, contre l'avis publiquement affirmé (avant le Sommet des 25 et 26 Mars) du président de la BCE et du président de l'Eurogroupe. Jean-Claude Trichet et Jean-Claude Juncker qui se sont toutefois postérieurement rallié à cette solution. La Grèce a commencé à lever 5 milliards d'euros d'emprunts obligataires. Le taux qui lui est consenti, non seulement n'a pas baissé mais même augmenté à 7% ! Cet accord (qui n'aurait été activé que si la Grèce n'avait pu lever d'argent sur le marché) n'a donc que moyennement rassuré les investisseurs : ils prêtent, mais le différentiel de taux d'intérêt (spread) grignote les efforts très lourds consentis par les Grecs pour réduire leur déficit. Autrement dit, l'austérité imposée ne sert pas entièrement à rétablir l'économie mais à payer pour partie des pénalités d'intérêt que la Grèce n'aurait pas à payer si l'Allemagne avait accepté le système de garantie proposé par Guy Verhofstadt, qui aurait permis d'émettre des euro-obligations à un meilleur taux.

- qu'Angela Merkel assorti ce plan déjà très restrictif d'une condition de long terme : le durcissement du pacte de stabilité. Le Conseil européen a ainsi appelé à un renforcement de la gouvernance et de la surveillance économique, y compris des sanctions. Celles-ci ne sont pas précisées, mais chacun garde en tête les menaces d'exclusion de certains pays de la zone euro.

- que la question de la création d'un Fonds monétaire européen est également posée. Herman Van Rompuy devant remettre un rapport d'ici la fin de l'année, qui examinera « toutes les options juridiques possibles ». En filigrane, c'est peut-être la réouverture des traités qui s'annonce.

18:24 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : sarnez, europe, grèce, allemagne, merkel, dette |  Facebook | | |

dimanche, 28 mars 2010

Nos retraites

Tiens, Jean-François Copé s'intéresse à l'avenir de nos retraites. Intéressant, puisqu'il prend une position très claire en faveur de la retraite par répartition. Il n'envisage pas non plus de toucher au montant des pensions : c'est en tout cas ce qu'il dit dans son édito. Il a décidé de créer un groupe de travail sur cette délicate question, avec des élus de l'UMP et du Nouveau Centre. La question posée au citoyen lambda sur l'une des pages du site indique que le groupe de travail de Copé envisage prioritairement l'allongement du temps de travail. Il me semble bien avoir lu dans des sondages récents que les Français sont très hostiles à cette solution. Le site a néanmoins le mérite d'exposer clairement à quelle situation nous risquons d'être confrontée dans les années à venir. Patrick Joly, un collègue blogueur après avoir rappelé récemment la position du Parti Socialiste (élargir l'assiette en taxant le capital), envisage lui aussi un accroissement de la durée de cotisation. Le MoDem reprend à peu près l'idée de Bayrou de 2007 de proposer un système de retraites à points, en encourageant l'activité partielle au-delà de la limite légale de la retraite.

La réforme des retraites est un serpent de mer : il paraît à peu près inévitable d'aligner régimes spéciaux et régimes publics sur les régimes privés, mais cela va être très difficile, car il faut s'attendre à une véritable bronca des fonctionnaires. Il faudra donner quelque chose de fort en contrepartie pour que cela puisse être accepté. Il faut bien comprendre qu'elle était calculée jusqu'ici sur les six derniers mois. En passant aux 25 dernières années, cela va générer des dommages considérables dans les revenus de ces retraités qui pourront se retrouver avec parfois deux fois moins que ce qu'ils avaient prévu.

S'il y a un embryon de solution, c'est de distinguer ceux qui s'engagent maintenant dans la fonction publique, en remaniant d'ores et déjà leur contrat dans ce domaine. Pour ceux qui ont signé par le passé, difficile de revenir sur un engagement d'État, sauf à ne vraiment pas pouvoir faire autrement. Il faudrait un expert pour chiffrer cela exactement, mais à mon avis, plus on tarde à faire cette réforme, plus on aggrave les déficits futurs des caisses de retraites.

Le Parti Socialiste essaie à mon avis d'éviter d'affronter le sujet en suscitant l'espoir fou que le «Kapital» paiera...

Cela me paraît très difficile : nous sommes dans une économie mondialisée, et toute taxe sur le capital a des répercussions sur les mouvements de capitaux. Pour établir des taxes sur les capitaux, il faut passer des accords avec au moins la moitié des pays de la planète. Cela me paraît un peu le miroir aux alouettes.

Il me semble que Copé pose le problème en termes clairs dans l'article qu'il a écrit sur Slate. Marielle de Sarnez, dans un entretien avec Linternaute, avait été assez claire : elle estimait que l'on pouvait conserver le principe d'un droit à partir en retraite à 60 ans, mais qu'il serait sans doute nécessaire de travailler plus longtemps pour espérer que ce départ se fasse à taux plein.  Elle soulignait, toutefois, qu'en amont de la question des retraites, on trouvait d'abord celui de l'emploi des Seniors. Elle aussi, se montre tout à fait hostile à une retraite par capitalisation, solution que privilégient de nombreux libéraux. A titre personnel, je suis, pour ma part, très méfiant avec les retraites par capitalisation : que des fonds de pension s'écroulent, et des millions de retraités peuvent se retrouver sans ressource aucune du jour au lendemain. Donc, je ne l'exclus pas, mais pour moi, il faut des garanties d'État derrière et un encadrement très strict des placements autorisés avec ce genre de fonds, en contraignant au passage les établissements financiers à séparer leurs activités dans ce domaine , de manière à ce que d'éventuels fonds de pension soient garantis.

En tout cas, il y a là un débat qui doit absolument dépasser les clivages partisans et auquel nous devons tous prendre part.

 

06:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : retraite, démographie, sarnez |  Facebook | | |

samedi, 27 mars 2010

Joyeux anniversaire, Marielle !

Nom de Zeus, en jetant un oeil sur la fiche wikipedia de Marielle, je me suis rendu compte qu'elle était née un 27 mars !

anniversaire.jpgBon, alors, comme le dit la chanson :

Joyeux anniversaire
Acceptez de bon cœur
Nos vœux les plus sincères
De joie et de bonheur
Levons tous notre verre
En ce jour de gaieté
Et pour l'année entière
Buvons à la santé
Joyeux anniversaire
Acceptez de bon cœur
Nos vœux les plus sincères
De joie et de bonheur
Quel trésor sur la terre 
Puis-je mieux vous offrir
Devenez centenaire
C'est mon plus cher désir
Joyeux anniversaire
Acceptez de bon cœur
Nos vœux les plus sincères
De joie et de bonheur
Joyeux anniversaire
Acceptez de bon cœur
Nos vœux les plus sincères
De joie et de bonheur
La vie est plus légère
Quand on chante et l'on boit
Comme disait ta grand-ère
On ne vit qu'une fois
Joyeux anniversaire
Acceptez de bon cœur
Nos vœux les plus sincères
De joie et de bonheur

C'est tout de même mieux qu'happy birthday, non ?

23:24 Publié dans Insolite | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : sarnez, anniversaire |  Facebook | | |

samedi, 20 mars 2010

Accord Corée-UE, quid de l'industrie européenne ?

En sa qualité de membre de la commission du Commerce International du Parlement européen, Marielle de Sarnez est intervenue lors de l'échange de vues sur la proposition prévoyant les modalités d'application de la clause de sauvegarde telle que définie dans le cadre de l'accord de libre-échange UE-Corée.

Le texte prévoit que seuls un État ou la Commission peut décider d'enclencher une demande de mise en action de cette clause. Quand la clause est activée, le produit concerné peut se voir taxé avec des droits de douane. L’accord comprend une clause de sauvegarde bilatérale qui prévoit la possibilité de rétablir le taux NPF lorsque, en raison de la libéralisation des échanges, des marchandises sont importées dans des quantités tellement accrues, en termes absolus ou par rapport à la production intérieure, et à des conditions telles qu’elles causent ou menacent de causer un préjudice grave au secteur industriel de l’Union produisant des marchandises similaires ou directement concurrentes. Pour que ces mesures soient opérationnelles, une telle clause de sauvegarde doit être intégrée au droit de l’Union européenne, d’autant plus qu’il convient de préciser les aspects procéduraux de l’institution de mesures de sauvegarde ainsi que les droits des parties intéressées, tels que le droit de la défense.

J'avais bien noté que Marielle avait intégré le groupe de travail de l'ADLE sur le Commerce International. Un certain nombre de problèmes n'ont pas échappé à sa sagacité, et elle a donc posé, en compagnie d'autres députés, particulièrement de l'ADLE, les questions qui dérangent...

L'Union européenne a paraphé l'accord de libre-échange Union européenne - Corée du Sud, qui aura des conséquences pour diverses industries. La Commission pourrait-elle dire quelles économies sont prévues pour nos exportateurs du fait de la réduction ou de l'élimination des droits de douane?

La Commission a-t-elle procédé à une évaluation d'impact concernant les conséquences du régime de ristourne de droits pour les différents secteurs, en particulier l'industrie automobile, qui seront concernés?

Quand la Commission compte-t-elle donner aux députés au Parlement européen un premier aperçu des résultats de cette évaluation d'impact?

L'accord de libre-échange fait état d'une clause de sauvegarde générale, en cas d'augmentation des importations originaires de la Corée du Sud. La Commission pourrait-elle expliquer comment cette clause sera activée?

L'accord prévoit un mécanisme de règlement des différends. Quels principes et quelles règles ont-ils été convenus et dans quels délais ce mécanisme sera-t-il mis en place? Des dispositions spécifiques sont-elles prévues pour le règlement des différends entre investisseurs et États?

Les règles concernant les ristournes de droits contiennent une clause de sauvegarde qui permet leur suspension sur la base de certains critères. Comment la Commission entend-elle recueillir les données nécessaires pour faire éventuellement jouer cette clause?

Comment la Commission entend-elle démontrer une augmentation de 10% des biens importés sur le marché sud-coréen?

La Commission peut-elle expliquer ce que seront les implications du protocole sur la coopération culturelle et quelles seront ses conséquences pour le secteur culturel européen?

Peut-elle également donner des explications concernant les dispositions relatives aux règles d'origine et aux prix d'entrée ainsi que leurs conséquences?

La Commission envisage-t-elle de proposer au Conseil l'application provisoire de l'accord avant son entrée en vigueur officielle?

Comment envisage-t-elle d'associer le Parlement à cet égard?

La Commission proposerait-elle l'application provisoire de l'accord avant même l'entrée en vigueur du règlement relatif aux clauses de sauvegarde?

La Commission peut-elle expliquer de quelle manière il est tenu compte de l'acquis communautaire dans le chapitre relatif à la propriété intellectuelle?

La Commission peut-elle décrire les conséquences pour l'emploi dans les différents secteurs concernés par l'accord?

La Commission envisage-t-elle l'application de mesures et de politique de rééquilibrage pour les secteurs qui sont le plus touchés par l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud?

Dans l'affirmative, sous quelle forme seraient-elles mises en oeuvre?

Quelles sauvegardes l'accord de libre-échange contient-il concernant les droits environnementaux et syndicaux?


Marielle de Sarnez a conclu ainsi

« il faut analyser cet accord majeur au regard du Traité de Lisbonne mais il faut davantage encore l'analyser au regard de la crise économique que nous vivons en Europe Nous vivons une destruction d'emplois, nous vivons une remise en cause de nos propres industries sur nos propres territoires {...}. Je demande que ce soit aussi à l'aune de la situation économique qui n'est pas bonne et des perspectives de situation économiques qui ne sont vraiment pas bonnes que nous puissions analyser profondément cet accord.»

mardi, 02 mars 2010

Desert Tec, poumon solaire de l'Europe ou de l'Afrique ?

J'ai écouté avec attention l'intervention de Marielle de Sarnez sur la destination du projet Desert Tec. Pour mémoire, il s'agit d'un projet d'investissement mastodontesque, 400 milliards d'euros, pour construire des panneaux solaires immenses au Sahara, afin d'y capter l'énergie solaire abondante là-bas, et de produire ainsi des quantités massives d'électricité. On pourrait ainsi combler 15% des besoins énergétiques de l'Europe toute entière de cette manière. L'Allemagne est sur les rangs et plusieurs entreprises allemandes se sont constituées en consortium pour envisager des investissements directs là-bas. Comme d'habitude, au demeurant, les Français sont à la traîne, voire absents, sur un projet de pointe. Marielle pose en fait deux questions auxquelles il faut à mon sens apporter une réponse :

primo, est-ce que l'on investit là-bas pour fournir l'Europe, ou pour approvisionner l'Afrique ? secondo, n'y a-t-il pas moyen de générer des investissements en provenance du sud pour le sud, plutôt que spécifiquement européens, ou alors, des investissements solidaires (qu'elle appelle "désintéressés".

Son calcul repose sur l'idée qu'un projet d'une telle ampleur amènerait des pays qui n'y sont pas nécessairement naturellement portés à coopérer. De fait, le Sahara s'étend sur pas moins de dix pays : le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et...le Sahara Occidental à l'existence juridique fort incertaine.

Sacré sac de noeuds en perspective : Algérie et Maroc s'opposent sur le Sahara Occidental, et la Lybie et le Tchad est en proie à l'hostilité de ses voisins immédiats (Lybie, Soudan). De tous ces pays, pas un n'est une démocratie digne de ce nom, le pays le plus libéral en la matière semblant être le Maroc, et le Soudan est l'un des pires repères d'islamistes radicaux du monde...

L'Europe doit diversifier ses ressources d'énergie, mais à choisir entre être dépendant des Pétro-monarchies et de la Russie d'un côté, et les pays d'Afrique du Nord de l'autre, je ne suis pas certain que nous soyons gagnants à dépendre des seconds.

L'autre aspect, c'est qu'il n'est pas pensable d'investir 400 milliards d'euros désinteressés. Les investisseurs doivent y trouver leur compte. Cela dit, il est vrai que le commerce apporte la paix et la croissance pour tous. Un projet Euro-Méditerranéen de cette ampleur a un intérêt évident à cet égard. Bref, projet à suivre de près : l'euro-députée MoDem a tout à fait raison  de se pencher sur le sujet.