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vendredi, 16 octobre 2015

Régionales en île de France : vous y comprenez quelque chose, vous ?

A chaque élection régionale, j'ai toujours le même problème : je n'arrive jamais à cerner clairement le périmètre d'intervention de la Région. Je lis et relis la fiche wikipedia, m'informe sur quelques sites plus techniques, mais rien n'y fait, j'ai toujours la sensation, après lecture, que son rôle est négligeable au regard de celui de l'État.

J'ai également du mal à déterminer dans quelle mesure on peut mener ou non des politiques fondamentalement différentes, quelle que soit l'orientation politique. Si j'en crois LCP, il n'y a guère de différences entre Valérie Pécresse et Claude Bartolone sur les transports en île de France. De toutes façons, c'est une politique au long cours dont les effets peuvent mettre près de dix années à se faire sentir. 

Il y a beaucoup d'effets d'annonce si bien que je peine à m'y retrouver. 

Il y a quelques idées intéressantes que j'ai toutefois retenues dans tout ce capharnaüm. Par exemple, la proposition de Valérie Pécresse de permettre aux élèves de lycée professionnel de passer le code de la route dans leur établissement, ça, je souscris tout à fait. Si d'ailleurs le principe pouvait être étendu à tous les lycées, pas les établissements professionnels et les CFA, ce serait encore mieux.

De manière générale, j'aime bien les choses concrètes. J'aime bien le plan de Marielle de Sarnez et Yann Wehrling (du MoDem, en somme) pour cette raison. Il annonce des mesures très précises. Par exemple, pour les transports, les deux candidats démocrates énoncent leurs priorités :  

- la désaturation en 2019 de la ligne 13 par la prolongation au nord de la ligne 14 jusqu'à Saint Denis -Pleyel et même jusqu'au Bourget en cas de JO2024 

- la prolongation d’Eole jusqu'à la Défense en 2020 pour doubler le tronçon central du RER A

- le lancement des travaux de la ligne 15 entre cité Descartes à Noisy et la Défense en commençant par les sections les plus utiles aux liaisons de banlieue à banlieue avec ouverture progressive à partir de 2020

- l’extension du métro en banlieue proche de Paris. Les lignes de métro 4, 11,12 etc. seront prolongées en banlieue et les lignes les plus chargées seront progressivement transformées en lignes automatiques. Le système actuel de pilotage automatique sera modernisé pour devenir numérique ce qui aura comme conséquence de diminuer les intervalles de rames et de traiter ainsi certaines sections très utilisées. 

Là, c'est clair. On ne parle pas dans le vide mais avec des mesures concrètes. Ils font d'ailleurs valoir une autre idée d'un bon sens élémentaire à propos des trains de banlieue : en passant sur de nombreuses rames à des wagons à étage, on résorberait leur congestion et on offrirait un minimum de confort à tout le monde.

Le programme est à vrai dire assez dense et justifie de nombreux billets. Bien qu'habitué à vulgariser les idées, je ne peux pas le présenter en un seul billet parce qu'il contient de nombreux éléments de réflexion. J'essaierai de les amener au fil des semaines prochaines parce qu'ils méritent d'être connus.

jeudi, 18 juin 2015

Régionales et île de France : le jour où l'on ne me marchera plus sur la tête.

S'il y a une rancœur, une contrariété rageuse, devrais-je même dire, que j'éprouve très régulièrement, c'est bien le sentiment de se faire marcher sur les pieds quand ce n'est pas sur la tête à longueur de temps par les décideurs des différentes sphères.

Je suis avec intérêt les premiers pas du MoDem dans l'optique des prochaines régionales en raison de la personnalité de ses deux principaux têtes de file.

J'apprécie Yann Wehrling parce qu'il respecte les petites entités. Je me méfie d'une Région hypertrophiée et bureaucratique dont les décisions verticales s'appliqueraient aux Franciliens et aux collectivités locales franciliennes sans concertation ni négociation aucune. De ce point de vue, la réflexion entamée par Yann sur les smart cities m'intéresse et je l'invite vivement à la poursuivre.

Marielle de Sarnez est un peu un OVNI politique. J'ai d'ailleurs commencé par intituler ainsi ce billet et les observateurs fins constateront que c'est le nom de l'url du billet. Dans la sphère politique, c'est la seule personne que je connaisse qui n'ait pas une vision verticale de l'exercice du pouvoir de l'État envers les individus. Elle avait inventé un concept que fort peu d'acteurs économiques ou politiques partagent, celui d'un État facilitateur. En somme, l'État n'est là ni pour emmerder les gens, ni pour les assister, mais pour leur rendre la vie plus facile.

Dès qu'on construit un projet politique pour une région avec cette idée fixe en tête, je pense qu'on doit pouvoir éviter les principaux écueils et folies des grandeurs consubstantiels des mandatures de nos élus.

L'île de France doit faire face à un défi énergétique et écologique de taille. Elle ne produit que 11% de l'énergie qu'elle consomme ! Il y a donc une réflexion à entamer sur la question. Anne Hidalgo à Paris et pas mal d'autres communes d'île de France concentrent leur action "écologique" sur le matraquage des automobilistes. Ignorent-ils (ou est-ce par incompétence ?) que le secteur du bâtiment est en effet à l’origine de 60% des consommations énergétiques et de près de la moitié des gaz à effet de serre de la Région ? La rénovation énergétique des bâtiments m'apparaît dans ces conditions comme un enjeu de premier plan. Mais qui en parle ?

Il y a pourtant des enjeux à l'échelle territoriale qui me paraissent clairs :

 - repenser l’aménagement du territoire pour limiter les déplacements, ce qui ne signifie pas pour autant emmerder autant que faire se peut les automobilistes.

-  réfléchir aux opportunités de production locale d’énergie. 

- identifier les activités à maintenir ou à réintroduire sur le territoire pour favoriser les cycles courts (agriculture, traitement des déchets, …), les emplois locaux, entre autres.

- réfléchir à la conception d'éco-quartiers basse-consommation (pas comme le monstre énergivore que nous prépare Anne Hidalgo à la Porte de Versailles avec sa Tour Triangle). 

Un billet qui dit trop de choses d'un coup devient trop long. Je réserve donc mes réflexions suivantes pour un article ultérieur, mais j'en annonce déjà les thématiques : le tissu entrepreneurial parisien se caractérise par une faible proportion d'ETI (entreprises de taille intermédiaire). J'y ai réfléchi et lu pas mal de documents, et en fait, je suis arrivé à la conclusion suivante. Leur faible présence procède de la structure de la place financière parisienne. Les capitaux et les produits financiers que Paris propose, notre fiscalité, sont des handicaps pour les ETI au lieu d'être des atouts. Tout le volontarisme du monde échouera donc si on ne parvient pas à créer les conditions nécessaires pour une mutation en douceur de la finance francilienne. Je développerai ma pensée dans un prochain billet.

 

 

mercredi, 29 avril 2015

Une Alternative indépendante ?

Mon ami démocrate Olivier m'invite à signer une pétition dont il est le promoteur. Pour l'essentiel, elle invite l'UDI et le MoDem à se constituer en alliance indépendante de l'UMP.

Je vais répondre à Olivier avec un cas pratique. En île de France, Valérie Pécresse a appelé les centres à la rejoindre dès le premier tour sans pour autant leur forcer la main. Chantal Jouanno pour l'UDI souhaite construire une liste indépendante pour le premier tour puis, fusionner au second. Marielle de Sarnez pour le MoDem se montre toute prête à saisir la main tendue de l'UMP puisqu'elle considère Valérie Pécresse compatible avec le MoDem.

J'ai déjà discuté l'année précédente de la question des alliances avec Marielle, il s'agissait alors de l'élection municipale. J'avais alors bien entendu ses arguments et en somme, je vais les donner à Olivier car je les avais trouvés convaincants. 

On ne doit pas perdre de vue la finalité d'une élection : il ne s'agit pas de compter ses forces ou de montrer son poids mais de faire valoir des idées originales avec l'objectif final de les appliquer une fois la magistrature politique visée obtenue.

En somme, à quoi bon monter une liste indépendante en île de France au premier tour si, en définitive, on fusionne de toutes façons au second tour, mais, plus encore, si on négocie un accord programmatique acceptable au premier tour avec la force principale ?

Si nous parvenons à nous mettre d'accord avec Valérie Pécresse autour d'une plate-forme programmatique pertinente pour la région île de France, tout le monde sera gagnant. Nous aurons plus d'élus pour faire valoir les solutions que nous voudrons proposer, les discussions ne se feront pas à la va-vite entre deux tours mais auront le temps d'être mûries, et, d'un point de vue politique, nous serons en ordre de marche.

Nous avons vocation à rassembler, mais aussi à participer aux rassemblements. C'est de la vanité inutile que de vouloir être les initiateurs exclusifs de ces derniers. 

Olivier me paraît donc très sévère de qualifier d'alliances de circonstance les accords que le MoDem pourrait passer. Le centre ne saurait constituer un objectif politique en soi. Si je soutiens François Bayrou depuis si longtemps, ce n'est pas parce qu'il est centriste mais bien parce que sa voix originale n'est similaire à aucune autre en France. J'aimais l'UDF parce qu'elle participait de ce projet particulier et je me suis défié assez vite du MoDem (tout en y adhérant) parce que ses discours ressemblaient par trop à ceux du PS.

Aujourd'hui, nous nous recentrons. Tant mieux. 

Pour le reste de ce que propose Olivier, j'aimerais comme lui préférer des alliances MoDem-UDI, mais quand c'est pertinent et possible seulement, pas pour chercher à se compter.

Enfin, je soutiens à 200% la création d'un shadow-cabinet mixte et actif. L'idée a plusieurs fois été voulue par nos deux formations politiques mais l'une et l'autre ne se sont pas montrées capables de la tenir sur la durée. Nous devrions avoir présent à l'esprit l'exemple des libéraux-démocrates anglais avant leur alliance avec les Tories. Leur shadow-cabinet avait tenu et avait généré un programme politique très complet. 

Même si j'approuve plusieurs des points développés par Olivier, je ne signerai pas pour autant sa pétition. Son centre indépendant est un mirage. Non pas parce qu'il n'est pas possible, mais parce qu'il n'est pas un objectif pertinent en soi pour la France et qu'il nous détourne de nos véritables priorités.

En revanche, si Olivier construit un jour une plate-forme programmatique et que je m'y retrouve, je m'y associerai très volontiers. J'observe d'ailleurs que c'est souvent ainsi que s'y prennent les associations. Elles présentent des chartes ou une liste de mesures aux partis politiques et elles leur demandent de signer des engagements. Nous serions certainement plus efficaces ainsi, et je pense d'ailleurs que le MoDem dans son ensemble pourrait toujours procéder ainsi, validant un nouveau fonctionnement, plus sincère, pour un parti politique.

 

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dimanche, 19 avril 2015

Régionales : reconduire l'Alternative en île de France ?

Je ne connais pas suffisamment les situations spécifiques à chaque région pour exprimer un avis, tout du moins, pour l'instant. En revanche, j'ai une assez bonne vision de l'île de France. Je ne pense pas que les divergences soient très grandes entre Chantal Jouanno et Yann Wehrling, têtes de file respectifs et potentiels de l'UDI et du MoDem. Les deux ont la fibre verte, les deux sont modérés et pondérés. Un sondage confidentiel (enfin, il était censé l'être...) donne 10% à l'UDI et 5% au MoDem lors des prochaines régionales en île de France. Compte-tenu du profil des têtes de liste et des électorats, cette fois, je crois que les scores doivent pouvoir à peu près s'additionner, au moins au premier tour, en tout cas.

Il me semble qu'on doit aussi pouvoir discuter avec Valérie Pécresse. Il reste à savoir si cela doit se faire au premier ou au second tour.

J'avoue que j'ignore, à l'heure actuelle, ce que les deux candidats centristes concoctent du côté de leur programme. Quoi qu'ils produisent au final, je ne saurais trop leur rappeler que l'île de France, ce n'est pas que Paris et sa petite couronne, pas davantage ses cités mal en point, mais qu'il y a aussi une foultitude de petits territoires ruraux ou semi-ruraux oubliés de la sphère médiatique et de l'action politique.

Les compétences de la région se sont accrues cette dernière décennie avec notamment plus d'influence en économie et en développement durable.

Ce qui est regrettable c'est qu'on ne trouve pas trace de débats et de propositions à l'heure actuelle sur les politiques régionales. Il existe quelques documents d'experts, qu'il faudrait prendre le temps de lire et d'analyser, mais aucun parti politique ne semble avoir mis en route de groupes de réflexion.

Il y a, me semble-t-il, d'ores et déjà, deux visions qui vont s'opposer à propos de l'île de France. D'un côté, on trouvera les «big i beautiful» qui rêvent d'une gigantesque mégalopole aux projets architecturaux d'autant plus titanesques qu'ils écraseront de leur masse les individus et la démocratie locale avec. Et de l'autre, il y a une autre vision de l'île de France et plus généralement des communautés urbaines. C'est ce que Yann Wehrling appelle les «smart cities». Il vient juste de rendre compte d'une intervention à ce sujet sur son blog. On y trouve des idées très intéressantes qui pourraient être adaptées à un programme régional. J'apprécie dans son projet quelques points forts pertinents. En voici quelques uns :

- les petites et moyennes communes ont des besoins souvent similaires. Elles pourraient mutualiser leurs commandes et faire des achats groupés afin de constituer une force de frappe plus conséquente pour négocier prix et conditions auprès des fournisseurs.

- les petits acteurs privés sont des relais efficaces de la ville intelligente, notamment pour communiquer. Par exemple, chaque conducteur particulier est potentiellement un mini-transport en commun par le développement de services de co-voiturage. On pense toujours les transports sous l'angle de la route ou sous celui d'investissements massifs et lourds de gros transports. Il existe pourtant des voies médianes. 

- une commune, mais pourquoi pas la région, peut devenir un médiateur intelligent entre entreprise et salarié pour faire gagner du temps et de l'argent à l'une et à l'autre. Dans les emplois de bureau du type assurances ou banques, est-ce qu'une connexion à très haut-débit ne serait pas aussi efficace que plusieurs aller et retour dans des bureaux d'entreprise au centre de Paris ? Une commune pourrait recenser les CSP de ses habitants et développer un stratégie d'investissements publics ciblés et finalement peu coûteux adaptée, d'autant qu'un projet de ce type offre également l'avantage de réduire la pollution.

Il serait long de reprendre tout l'article de Yann, mais il regorge d'idées très intéressantes et mon intuition me dit qu'on pourrait assez facilement en faire l'ossature d'un beau projet régional, astucieux, peu coûteux et fort différent des lettres aux Père Noël que ne manqueront pas de proposer nos concurrents.

samedi, 11 avril 2015

Vacuité insondable au MoDem et à l'UDI

Je n'écris plus très souvent sur mon blogue. J'avoue que j'ai souvent la flemme de faire l'effort de rédaction et de recherche que des notes approfondies exigeraient. Mais la démotivation vient aussi de l'insondable écho de citerne vide que renvoie le centre depuis un bon moment.

Côté MoDem, j'écoute bien sûr Bayrou ou Marielle quand ils interviennent, mais dans l'ensemble, je ne retiens depuis quelque temps de leurs interventions que des appels au consensus ou l'idée que la France ne doit pas être dirigée camp contre camp. D'accord très bien. Cette idée n'est pas fausse. Mais je l'entends en boucle depuis 2007. Nous sommes en 2015. Il y a un côté disque rayé qui devient lassant. A l'heure actuelle, j'aimerais entendre autre chose, c'est à dire des propositions et des contre-propositions pour notre pays, notamment dans le domaine économique. Il me semble qu'il y a des choses à dire, pourtant.

Côté UDI, c'est encore moins excusable. Le MoDem fonctionne avec trois francs six sous, et on peut à la rigueur comprendre qu'il n'ait pas les moyens d'organiser l'alimentation de sa matière grise pour produire des idées. Mais l'UDI, elle dispose de moyens conséquents. Elle était censée avoir monté un contre-gouvernement. Il a fait long feu. C'est le néant intégral.

Au passage, les deux partis ne disposent même pas d'un service de communiqués de presse digne de ce nom, ou alors, ils n'alimentent pas leurs sites respectifs avec. Pas de réaction à l'actualité, pas de prise de position forte, ils sont aux abonnés absents.

Mais le plus saoûlant, ce sont les comptes twitters et les groupes facebook. Je vais me désinscrire, d'ailleurs. Je n'en peux plus. Je vais me faire emporter par une vague d'ennui fatale.

On ne parle que de "nos valeurs", du "centre éternel", du Bien et du Mal, quoi, de notre tête haute et d'autres choses de ce genre toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Super, et instructif. De temps en temps, il y a quelques remarques sur notre supériorité éternelle sur Sarkozy, ou encore quelques regrets sur l'occasion manquée de la gauche social-démocrate. Le pied, quoi.

Je ne sais pas, on pourrait discuter de la politique de l'énergie en France, réfléchir à ce que nous ferions, évoquer la situation de la santé, parler de l'école et des réformes à la c.. des Socialistes, avoir quelques mots sur les PME, éviter de verser dans la diatribe populiste contre pèle-mêle les PDG, les banques, l'agro-alimentaire, les laboratoires pharmaceutiques, les très grosses entreprises, Total, et cetera et avoir à la place une pensée, une réflexion. Ben non. C'est bien plus passionnant de parler de "nos valeurs".

Tiens, du coup, j'en ai tellement ma claque que je vais me désinscrire illico presto de tous ces groupes à la c... que je perds mon temps à voir passer sur ma timeline.

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mardi, 17 mars 2015

Encéphalogramme plat au centre...

François Bayrou a fait observer à plusieurs reprises qu'à brandir sans cesse le FN on le plaçait au centre du jeu politique aux prochaines échéances électorales. Il dit également souvent que l'on ne gagne pas contre le programme d'une force politique mais sur le sien. Je le suis sur ces deux analyses, mais, là où le bât blesse, c'est que je n'entends absolument plus rien en provenance du centre, en tout cas, du MoDem, ma formation politique. Le problème n'est pas qu'il est inaudible, j'ai de grandes oreilles, mais bien qu'il ne dit plus rien. J'écoutais Marine Le pen défendre avec vigueur la persistance des départements ce matin sur France info. Je suis contre ce maintien et je le dirai après pourquoi, mais cela me frappait de constater qu'elle avait été la seule, jusqu'ici, à présenter un programme spécifique aux cantonales alors que les autres forces politiques se perdent en banalités ou en spéculations sur les échecs probables ou non de leurs adversaires.

J'aurais aimé que le MoDem développât une réponse électorale sur la question du département. Marine Le pen faisait observer ce matin qu'elle était hostile à la disparition du département parce que ce serait des intercommunalités et des très grosses collectivités municipales ou territoriales qui en feraient leur beurre, laissant une fois de plus pour compte les "petits".

Je me méfie du "Big is beautiful" contre lequel Bayrou mettait déjà en garde aux prémisses de la réforme actuelle. Je conchie l'intercommunalité, monstre bureaucratique sans aucune légitimé démocratique et machine à dépenser des sous alors qu'elle avait vocation à mutualiser pour faire des économies. Je me défie des métropoles, vraies chausses-trappe à démocratie.

Parce que le vrai problème, dans cette histoire, c'est bien celui-là : l'expression démocratique.

Si, une fois de plus, la technocratie, bien abritée derrière la sphère politique, parvient à imposer au petit peuple ce dont il ne veut pas, ce déni de démocratie finira par mal tourner et engendrer des crises qui provoqueront l'effondrement du paysage politique tel que nous le connaissons. Le FN prospère sur ce déni-là.

J'avais bien aimé le projet initial de Bayrou qui était de fusionner les Conseils Généraux dans les Assemblées régionales. De cette manière, les compétences existantes n'étaient pas perdues et les doublons prenaient fin progressivement. Évidemment, les départements auraient ainsi disparu, mais pas de manière brutale. Et Bayrou proposait d'élire le Président de Région au suffrage direct, et, dans le même temps, de désigner les représentants de l'Assemblée régionale à la proportionnelle intégrale.

La dalle d'Épidaure chère à François Bayrou autrefois n'émet plus le moindre écho. Qui parle des départementales au MoDem ? Personne. Et encore, ce que j'évoque ci-dessus relève d'un programme général. Les Départements ont encore un certain nombre de compétences à ma connaissance. Pourquoi n'y a-t-il presqu'aucun débat sur ce qu'ils doivent financer ou non au sein de la classe politique ? Ils interviennent dans les collèges, gèrent les ressources en eau, ont la charge des CAF, allouent des aides aux personnes âgées pour les aider à rester à domicile, aménagent les routes, s'occupent des bibliothèques, bref, la liste est longue.

Bien sûr toutes ces compétences ont un coût et se répercutent en impôts. Cela pourrait faire l'objet d'un débat. Faut-il les garder toutes ? 

Je trouve que Thomas Guénolé résume assez bien ce que valent les actuelles professions de foi en les assimilant à des Lettres au Père Noël. Je ne vois pas les choses autrement, et j'avoue que de tels programmes ne m'inspirent aucune confiance.

En tout cas, sur le site du Mouvement Démocrate, à l'heure actuelle, sur les départements, il n'y a rien. Il y avait dans le programme de Bayrou de 2012 une réflexion sur la gestion des territoires avec quelques mesures que le MoDem a fait siennes. Je me serais imaginé que la réflexion aurait pu continuer sur cette base, mais apparemment, elle s'est arrêtée là et les compteurs sont bloqués depuis.

 

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lundi, 23 février 2015

Plan anti-pollution d'Anne Hidalgo : qu'en penser ?

Si vous me demandez ce que je pense du plan anti-pollution d'Anne Hidalgo, je commencerai par vous dire qu'il va me coûter au bas mot plus de 30 000 euros, et encore, si je suis éligible aux aides et qu'elles sont confirmées ! En effet, je ne peux me passer de mon véhicule sans doubler si ce n'est tripler tous mes temps de trajet et il tombe en plein dans la ligne de mire du plan de la municipalité. 

Pour ceux qui ont des diesels, comme moi, assez anciens, pas la peine de se rabattre sur des essences d'occasion : à terme, les restrictions toucheront tous les véhicules thermiques. La seule option, c'est de se rabattre sur une électrique ou une hybride, et encore, une hybride rechargeable, plutôt. Les électriques n'ont pas assez d'autonomie sauf la Tesla, mais son prix la met hors de portée pour l'écrasante majorité des Parisiens, sans parler de sa contenance assez limitée. Du côté des hybrides rechargeables, il n'existe que deux berlines capables de convoyer une famille : la Toyota prius rechargeable et un SUV Mitsubishi qui coûtent, neufs de 37 000 à 43 000 euros.

Il est difficile d'émettre un avis bien documenté sur le plan de la maire de Paris parce que les études auxquelles j'ai eu accès sont contradictoires. Le principal problème, c'est de bien identifier la cause principale de la pollution parisienne et notamment des émissions de particules. Si les automobiles n'en sont à l'origine que pour 15% cela signifie que les mesures ratent leur cible. A ce que je comprends, peu de mesures peuvent être efficaces si elles ne sont pas prises au niveau de la Métropole, et à défaut, au moins à celui de la Petite Couronne. 

Paris est une petite capitale, au regard des grosses métropoles où de telles mesures ont été expérimentées si bien qu'il va être difficile d'établir des comparaisons fiables. 

Bien sûr les objections sur la pertinence du plan ne doivent pas devenir un prétexte pour ne rien faire. Si je considère l'ensemble du projet d'Anne Hidalgo, je retrouve certaines mesures présentes dans le projet municipal de Marielle de Sarnez, fin 2013. Je sais très bien qu'on ne peut pas continuer à ne rien faire, même si mon portefeuille n'est pas exactement du même avis que moi. Mais je voudrais être sûr de ne pas faire un sacrifice inutile. Certains analystes disent que ce sont les pneus des véhicules qui génèrent le plus de pollution dans la circulation routière, pas leur moteur. Une étude fait observer que la pollution des métros et RER souterrains est bien plus nocives pour les organismes humains que celle qui est relevée sur le périphérique. C'est dire ! Donc, plus on pousse les gens vers ce mode de transport, plus on altère leur santé, car il va bien de soi que le vélo ne saurait absorber les besoins de transport à Paris. C'était d'ailleurs l'un des points qui faisaient l'originalité du projet du MoDem : Marielle de Sarnez et Yann Wehrling semblaient bien les seuls, à Paris, à avoir pensé à cet aspect. Malheureusement, il est totalement absent de son homologue socialiste.

Je n'ai pas passé en revue toutes les modalités des mesures, mais je trouve qu'elles tapent surtout sur les automobilistes, ignorent les autres sources de pollution, assomment les Franciliens et que les mesures d'aide sont ineptes et inefficaces : il va se soi qu'on ne peut passer d'un véhicule personnel à une autolib quand on a vraiment besoin de son automobile. Il aurait mieux valu abonder le bonus écologique du gouvernement pour l'acquisition d'un véhicule propre, par exemple (ce que proposait NKM en 2014, si j'ai bon souvenir).

Je ne pense pas que j'aurais voté contre ce plan si j'avais été conseiller de Paris, mais je n'aurais pas non plus voté pour car je demeure très circonspect.

jeudi, 16 octobre 2014

Élections internes au MoDem : pour qui voter ?

Si l'on attend (enfin, au moins les militants centristes) les résultats de l'élection interne à la présidence de l'UDI, d'autres échéances électorales bien plus feutrées s'annoncent au sein de l'autre parti centriste, le MoDem. Le MoDem Parisien s'apprête à renouveler ses instances le 16 novembre prochain puis, du 04 au 11 décembre, c'est au niveau national que le parti centriste élira un nouveau collectif national, sorte de parlement interne.

Ce qui me fait peur, en politique, ce sont les gens qui sont assoiffés de reconnaissance sociale ou personnelle, qui attendent des récompenses, menacent de démissionner à chaque désaccord ou à chaque contrariété, qui se sentent importants pour ne pas dire indispensables et tiennent à le faire savoir. Voilà une première catégorie de personnes qui n'auront pas ma voix.

Je me défie autant des révolutionnaires, des idolâtres et des adeptes de l'agit-prop en tout genre, fussent-ils centristes. Voilà une deuxième catégorie à laquelle je n'accorde pas davantage ma voix.

Je ne souhaite donc pas pour me représenter à Paris des personnes qui changent d'avis selon leurs humeurs, font du chantage ou considèrent avec la plus grande arrogance leur propre personne.

Je ne souhaite pas non plus me retrouver avec des représentants qui détestent l'UMP par principe, haïssent les banquiers, voient dans les "riches" l'ennemi juré, entretiennent une phraséologie complotiste ou encore ne jurent que par l'éradication des moyens de transport individuels. 

Idéalement, j'aimerais des représentants qui ne se contentent pas de formules creuses, ne se satisfassent pas d'idéologie et de théorie mais soient actifs au plus proche des Parisiens et de leurs problèmes, de mes problèmes, d'ailleurs, parce que je suis parisien.

L'affirmation de notre identité centriste, les boîtes à idées collaboratives de toutes sortes ne m'intéressent pas, elles m'ennuient. Ce que je veux, c'est que l'on me propose des projets de mesures concrètes pour ouvrir les équipements sportifs, à commencer par les piscines, plus tard, c'est à dire aux heures où une bonne partie des Parisiens peuvent s'y rendre, que l'on réfléchisse sur les obstacles de toute sorte et incessants qui entravent la circulation et le stationnement parisiens, que l'on écrive à la Municipalité pour l'inviter à cesser de centraliser tout à commencer par le recrutement des animateurs dans les écoles parisiennes.

Des lièvres de cet acabit, j'en ai quelques autres à lever. On ne m'interroge jamais dessus, ni d'ailleurs aucun Parisien. 

Ce que je souhaite c'est des représentants qui développent un militantisme de témoignages, d'alertes (concrètes !!!), pas d'une théorisation fumeuse dont nous avons trop souffert.

Idéalement, j'aimerais aussi que mes représentants soient des gens actifs, présents, pas forcément sur tous les fronts, mais sur quelques uns qui seraient utiles. J'aimerais aussi qu'ils me répondent quand je soulève des problèmes qui sont spécifiques à notre ville. Je n'ai pas envie d'être écouté quand je pérore, je sais que je suis alors totalement inintéressant. En revanche, quand je fais part d'une difficulté sur un ton raisonnable, ma voix mérite de porter peut-être un peu plus loin que le seuil de mon appartement.

Et alors ? Avec tout ça ? Pour qui dois-je voter à l'intérieur du MoDem ? Eh bien j'ai choisi la liste Ensemble pour un Paris Démocrate.

Je le dis tout de suite, elle n'est pas parfaite. Mais elle est conduite par Maud. J'ai une entière confiance en Maud. Je l'ai vue à l'oeuvre, je sais que c'est quelqu'un qui ne fera pas n'importe quoi. De tous les co-listiers (au moins ceux que je connais, je ne puis m'exprimer pour les autres) il n'y en a pas un qui ne soit pas toujours montré modéré et pondéré. J'ai vu à l'oeuvre plusieurs d'entre eux, je les ai entendus émettre des avis souvent empreints de bon sens. Denis, Philippine, Béatrice, Bruno pour en citer quelques uns, je sais que ce sont des personnes fiables et dynamiques. Je connais un peu moins bien Armand, mais je n'ai pas souvenir de l'avoir vu se retrancher sur des positions éruptives. Je suis une partie des autres sur leurs comptes twitter quand ils en ont un rien ne me choque jamais quand je les lis.

 

 

18:54 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : modem, élections |  Facebook | | |

jeudi, 22 mai 2014

Au FN, on croit à la danse de la pluie

Je sais que ce n'est pas une bonne pratique de s'occuper de ses adversaires quand on mène une campagne politique. Je le sais. D'ailleurs, je recommande à tous mes lecteurs un programme pour l'Europe digne de ce nom, celui des Européens (UDI-MoDem). Mais quand je vois des énormités, c'est plus fort que moi, je me sens obligé de réagir.

Je viens de lire le dossier du FN sur l'euro.

Lors d’une dévaluation, la valeur de la monnaie ne baisse que pour les importations. Or, les biens et services importés ne représentent que 14,5 % en moyenne de la dépense de consommation des ménages. La grande majorité de ce que nous consommons est produite sur le territoire français. De plus, certains pays comme l’Espagne ou l’Italie dévalueraient plus que la France, les biens importés de ces pays seront donc relativement moins chers. Globalement, l’effet inflationniste, du fait des réévaluations (du Mark notamment), des dévaluations, sera très limité

J'ai compris comment le FN a concocté son programme économique. Il est allé voir Élizabeth Tessier. Vous savez, celle qui fait des prévisions astrologiques. Enfin, je dis ça...peut-être que c'était un voyant à bas prix, genre marabout de banlieue, finalement. C'est picaresque leur histoire. Ce que feraient Italie ou Espagne, qui peut le dire ? Qui peut dire que le Mark serait réévalué ? Cette dernière affirmation est particulièrement ridicule. Le franc était quasi-arrimé au mark bien avant l'émergence de l'euro. Le FN aime la politique-fiction, en somme.

C'est ça le problème de l'argumentation  du FN. Même pas de l'approximation. Des incantations autour d'un totem en espérant que ça marche. Dans leur raisonnement sur les effets de l'une dévaluation, rien ne tient ou presque. Quant à affirmer que 14% de notre consommation seulement, comme ils le font plus haut, est importée, je me demande d'où les rebouteux du FN tirent ce chiffre, et, en supposant qu'il ait une origine, sur quelle base il est calculé.

Si on veut que l'euro soit une force, il faut faire une bonne fois pour toutes ce que préconisent le MoDem et l'UDI :

CRÉER UN VÉRITABLE GOUVERNEMENT DE LA ZONE EURO. Afin de rendre plus efficace les politiques, en particulier dans le domaine économique, nous voulons créer un véritable gouvernement de la zone euro pour mener des politiques nouvelles et engager l’indispensable convergence de nos systèmes sociaux et fiscaux. Les parlementaires européens de la zone euro, avec les Parlements nationaux, seront amenés à contrôler ce nouvel exécutif.

DOTER LA ZONE EURO D'UN BUDGET AUTONOME ALIMENTÉ PAR DES RESSOURCES PROPRES. Cette autonomie budgétaire facilitera la mise en oeuvre de politiques communes en faveur de l’emploi et d’un programme ambitieux d’investissement d’avenir permettant, en particulier, de favoriser les relocalisations d’entreprises.

UNE REPRÉSENTATION EXTÉRIEURE UNIFIÉE DE LA ZONE EURO. Le gouvernement de la zone euro doit être représenté en tant que tel au FMI, à la Banque mondiale, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et dans les organisations internationales spécialisées.

C'est quand même plus crédible...

18:56 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : euro, fn, modem, udi |  Facebook | | |

Chouette, un pote de gauche qui vote UDI-MoDem !

Savoureuse discussion, ce midi, avec un collègue de travail. Il entreprend d'évoquer les européennes de ce dimanche et ses intentions de vote et me dit tout de go :

«Tiens, je vais te dire quelque chose qui va te faire plaisir : je vais voter UDI-MoDem à ces élections. Ce sont les seuls qui ont une ligne européenne claire».

Hop, une voix de plus pour Marielle et les Européens :-)

C'est intéressant parce qu'on a discuté des postures des différentes listes mais surtout du gouvernement. Comme moi, ce collègue est exaspéré par les doubles discours (qu'il reprochait déjà à Sarkozy et à l'UMP) sur l'Europe, et tout particulièrement l'anecdote que je relevais dans un précédent billet : rien de plus hypocrite et misérable que Moscovici, Ayrault ou Hollande expliquant que le précédent gouvernement allait négocier son déficit à Bruxelles.

Ça me chauffe quand j'entends ça. Bordel, les commissaires de Bruxelles sont nommés par les États ! Alors pas la peine de venir pleurnicher après alors que l'État ne fait en réalité qu'appliquer ses propres décisions.

Et d'un.

Bordel de m...On ne réduit pas notre déficit pour faire plaisir à Bruxelles mais bien plus prosaïquement parce que c'est une obligation économique. Vivre en empruntant indéfiniment et dépenser toujours plus, ça s'appelle du surendettement. Tous les particuliers qui l'ont vécu savent très bien comment cela finit : par une catastrophe personnelle. L'État a beau avoir les épaules plus solides que le particulier, qui peut imaginer un instant qu'il en ira autrement pour lui ? Foutage de gueule.

Et de deux.

J'ai vu le Front de Gauche qui distribuait des tracts. On est au moins d'accord sur le premier point, c'est écrit noir sur blanc chez eux : le gouvernement se moque du monde en accusant Bruxelles puisque Bruxelles est une émanation du gouvernement. Content qu'on se retrouve au moins sur ça.

Ça s'arrête là, toutefois, le copinage avec le Front de Gauche. Il propose de voler tous ceux qui ont prêté de l'argent à la France de deux manières : en ne remboursant plus, purement et simplement, ou alors, plus subtil, en dévaluant tellement l'euro qu'il ne vaudra plus que des clopinettes pour ceux qui ont prêté de l'argent aux États européens. Cet aspect, malheureusement pour le Front de Gauche ne vaut que pour ceux qui ont prêté de l'argent en dollars à la France. Pas de chance, l'essentiel de nos prêteurs sont européens. En somme, le Front de Gauche nous invite à être malhonnête avec tous ceux qui ont été sympas avec nous. J'ajoute qu'une dévaluation aurait comme qui dirait un "léger" impact sur toutes les importations hors zone euro, et il y en a un paquet. Les ménages français se serreraient la ceinture, au sens propre, pas au sens figuré...

Enfin, le Front de Gauche reste un parti qui propose tout de même un programme européen. Rien de tel avec le FN qui a juré d'avoir la peau de l'euro. Petit problème : 26% des Français y sont favorables contre près de 60% qui sont contre...De toutes façons, le problème n'est pas l'euro mais ce qu'on en fait. Le FN se plante complètement d'analyse (rien de nouveau sous le soleil, d'ailleurs).

15:32 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : udi, modem, européennes |  Facebook | | |