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dimanche, 08 janvier 2012

Sonnez, tocsins, j'ai acheté un lave-vaisselle made in France !

Et voilà. Ça n'a pas été facile de convaincre ma moitié qui était plutôt orientée "qualité allemande", mais après lui avoir fait valoir a) un classement Que choisir b) l'absence de profondeur de mon porte-monnaie c) le caractère moralement satisfaisant de l'achat, nous sommes devenus les heureux possesseurs d'un lave-vaisselle Brandt, produit à 100% en France. Aucune erreur, sa certification figure ici sur le site de Veritas : l'utile équipement de cuisine est produit à la Roche sur Yon, en Vendée. Comme quoi, le Made in France façon Bayrou, ça marche dès qu'on est informé.

Ce qui est comique, en revanche, ce sont les techniques de vente au sein du staff technico-commercial chez Darty. Pour tenter de vendre les extensions garantie à 5 ans, on fait valoir que l'appareil va certainement tomber en panne dans les 5 ans parce qu'il comporte beaucoup d'électronique. Perso, j'espère bien en avoir pris pour 10 ans ! Au moins. Le lave-vaisselle est à 499 euros et son extension coûte 129 euros. Tu parles Charles. Il paraît qu'on a une réduction de 20% sur l'achat suivant si on on s'engage à signer l'extension. 20% de 500 euros, ça fait 125 euros, primo, donc, pas l'effet est neutre, et, de surcroît, cela signifie que Darty table sur le fait que les produits vendus sont de la m... en barre. 

Très mauvaise technique de vente, j'ai failli me casser sans rien acheter.

In fine, il y a une vraie satisfaction morale à posséder un objet bien de chez nous, sur lequel des machines et des mains françaises se sont penchées. Et tout ça pour un prix particulièrement compétitif.

samedi, 24 décembre 2011

Produire en France : mais comment ?

L'Institut de l'Entreprise a organisé un sondage très intéressant auprès de plusieurs entrepreneurs sur la thématique lancée par François Bayrou, la production en France. Le sondage est intéressant parce qu'il demande aux entrepreneurs ce qui serait à leur avis nécessaire pour développer le made in France. J'ai toutefois un regret : sur 1000 contacts pris, 92 seulement ont répondu à l'Institut de l'Entreprise.

Tous s'accordent toutefois à reconnaître que la France souffre avant tout d'une perte de sa compétitivité. Particulièrement, la concurrence des bas salaires, de faibles performances en matière d'innovation et de recherche et des coûts de production trop élevés sont mis en avant.

Mais ce qui m'a surpris, c'est ce que ces décideurs ont proposé pour redresser l'industrie française : ils placent à une majorité écrasante (96%) l'éducation et la formation comme priorité pour en améliorer sa compétitivité. En deuxième position, on trouve les pôles d'innovation et de recherche. 

Cela rejoint clairement l'analyse de François Bayrou qui fait du produire et de l'instruire les deux jambes sur lesquelles la France doit marcher. Je pense, si du moins j'en crois l'analyse de Jean Peyrelevade, l'un de ses conseillers économiques, qu'il s'accorde à penser que les marges des entreprises sont trop faibles ce qui les empêche de développer leur RD. L'idée de s'appuyer sur la CSG pour financer la protection sociale, en plus d'être plus juste puisqu'elle touche tous les revenus, dégagerait sans doute quelques marges supplémentaires pour les entreprises.

Je n'ai pas été si surpris de voir arriver la question de la formation et de l'éducation en pole-position : j'avais fait savoir le 26 novembre dernier que la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises) cherchait à pourvoir 250 000 emplois. La CGPME, s'appuyant sur une enquête du CREDOC (dont Robert Rochefort, proche conseiller de François Bayrou, a longtemps été le directeur), constatait que 7 entrepreneurs sur 10 peinaient à trouver chaussure à leur pied quand ils recrutaient.

A ce sujet, il y a  eu un soupçon sur la nature et la qualité des emplois proposés : j'ai donc contacté le service de communication de la CGPME pour en savoir plus, et, voilà ce que j'ai obtenu comme éléments supplémentaires : 

- A ce jour le salaire médian proposé s’établit à 1990€ (même si la plupart des offres ne mentionnent pas cet élément.)

- 44% des offres dans le secteur des services ; 40% dans l’industrie ; 16% dans le commerce

- 69% des offres en CDI ; 31% en CDD

En termes d'emplois, il y a en tout cas un problème d'adéquation entre formation et demande. Il serait intéressant de demander aux chefs des PME s'ils pensent eux aussi que ce décalage affecte leur compétitivité.

Il est également intéressant de constater que les entrepreneurs sont une large majorité à n'avoir que faire des subventions et aides publiques. 

Il y a en revanche un impondérable qui demeure un obstacle apparemment insurmontable, c'est celui des coûts salariaux : pour les 2/3 des décideurs qui ont répondu, c'est l'obstacle principal à la production en France.

Je me suis fait sur ce point une réflexion : si ce sont les coûts salariaux qui génèrent le plus de problème, il faudrait les rendre sinon marginaux, du moins secondaires dans le coût final d'un produit. Ceci est envisageable avec une mécanisation accrue de l'industrie. En effet, une machine est une machine : si dans la production, la machine entre pour 80% et l'homme pour 10%, même si l'homme français coûte le double de l'homme chinois, par exemple, il n'impacte pas fortement le coût final du produit.

L'inconvénient, dans une telle hypothèse, c'est qu'il faut soit accroître la production en vendant plus, soit perdre significativement des emplois. Enfin, je dis ça, après tout, je ne suis ni entrepreneur, ni industriel ni économiste (pour ces derniers, on dit toutefois que Dieu les a créés pour tenir compagnie aux météorologistes...).

Bayrou organise un forum à ce sujet en janvier : nous en saurons sans doute plus à ce moment-là.

lundi, 19 décembre 2011

Bayrou/Le pen, la bataille du Made in France

Il fallait s'y attendre, à partir du moment où François Bayrou a amené dans la campagne le Made in France, tous ses concurrents allaient y aller de leur petite touche sur la question.

Le cas de Marine Le pen mérite toutefois une attention particulière. J'ai lu le programme  présidentiel de Marine Le Pen. Surprise ! On pourrait croire à un certain nombre de convergences entre Bayrou et Marine Le pen : elle aussi parle de réindustrialisation, de simplification administrative, de planification, de made in France et a même récupéré le Small Business Act de Bayrou de 2007. Mais la comparaison s'arrête là. Nombre de mesures économiques génèrent des conséquences très différentes selon le contexte dans lequel on les applique. En outre, Marine Le pen assure que le FN a toujours défendu ces propositions. C'EST FAUX. Page 41, voici le programme économique de Jean-Marie Le pen en 2007 : aucune des mesures que je cite ci-dessus n'y figure. En revanche, voici celles de François Bayrou en 2007 : il n'y a pas le commissariat au plan ni le label Made in France, mais le reste y est. Le label Made in France est une idée qui est venue à Bayrou en 2008 quand il a commencé à s'intéresser à la réindustrialisation avec Jean Peyrelevade que le sujet passionnait depuis longtemps. Le rapport de Yves Jégo lui a fourni la matière finale pour formuler ses premières propositions dans le domaine. 

Finalement, ces mesures sont comme du souffre : en tant que tel, le produit n'est pas explosif, mais mélangez-le avec du salpêtre et ça fait boum. Ainsi, le fond de la relance économique de Marine Le pen, c'est d'abord et avant tout la barrière douanière. Bayrou l'a montré très clairement dans son État d'urgence : un tel choix est suicidaire parce que la France est une nation exportatrice, et ce, même si notre balance commerciale connaît un fort déficit. Sur la question du protectionnisme, on trouve un discours similaire chez Mélenchon et plus généralement à la gauche de la gauche, comme par exemple chez le blogueur SuperNo.

Il faudra donc que FN, décroissants et Frontistes de Gauche m'expliquent ce qu'ils comptent faire des entreprises françaises qui exportent. Il y a la solution de l'autarcie, évidemment, mais les deux exemples immédiats qui me viennent en tête, la Roumanie de Ceaucescu et la Corée du Nord, ne plaident pas vraiment pour elle.

Ce que l'on peut exiger, en revanche, c'est le respect de normes communes pour tout bien vendu dans l'espace européen : le MoDem plaide de longue date en ce sens, et Marielle de Sarnez fait même souvent valoir qu'il faut porter le combat jusque dans les cercles de l'OMC.

La gauche pourtant modérée semble faire une fixation sur le Made in France dans lequel elle voit une dérive nationaliste. Dérive qu'elle oppose à l'Europe. Je l'ai déjà dit mais il me faut le répéter : le label Made in France paraît plus gênant à cette gauche-là que par exemple la certification AB pour l'écologie ou encore la mention fair trade Max Havelaar pour le commerce équitable ? Est-ce que des magazines comme Que Choisir ou 60 millions de consommateurs sont nationalistes quand ils demandent à savoir d'où vient tel ou tel produit ?

Qu'a constaté Bayrou ? Qu'il y avait un gisement d'emplois, de croissance et de productivité dans le sentiment patriotique des Français, et qu'on pouvait même espérer rééquilibrer notre balance commerciale grâce à ce gisement-là. Est-ce mal ? Lui-même, très attentif à acheter du Made in France, a constaté que c'était un vrai labyrhinte pour parvenir à trouver une information exhaustive et transparente sur le sujet. Que souhaite François Bayrou ? Éclairer le citoyen-consommateur. Est-ce mal ? La gauche modérée peut-elle m'expliquer quelle dérive nationaliste elle voit dans cette volonté ? Elle rêve de quoi, cette gauche modérée ? d'une Cinquième Internationale sans pays ni nations ? C'est le mot France qui la gêne ? Par ailleurs, Bayrou a une idée plus large, puisqu'il envisage un tel étiquetage à l'échelle européenne, tout simplement, et cet étiquetage-là profiterait à tous les citoyens européens, et pas seulement aux citoyens français. Une version expurgée et raisonnable du localisme cher aux écologistes, en somme.

Bref, entre une extrême-droite et une extrême-gauche qui ne rêvent que de barrières, une gauche bon teint qui rêve d'effacer les frontières et les pays, il me semble que la proposition de François Bayrou réalise une synthèse heureuse dans laquelle tout un chacun pourrait se reconnaître.

17:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bayrou, made in france, le pen |  Facebook | | |

jeudi, 15 décembre 2011

Acheter français ou Made in France c'est mal ?

Depuis que Bayrou a amené dans la campagne présidentielle le Made in France, on se déchaîne à gauche et à droite. 

Il est devenu de bon ton d'accuser Bayrou de nationalisme, et mon camarade de Lyonnitudes, tout comme l'équipe d'Éva Joly et même François Hollande n'ont pas manqué de marcher dedans.

Moi, j'appelle Bayrou à ne pas se laisser intimider. Non, ce n'est pas du nationalisme que d'appeler à acheter la production française ou même de la marque française. J'avoue que c'est très surprenant des Verts qui prônent le localisme que d'attaquer Bayrou parce qu'il fait valoir l'intérêt économique d'acheter ce qui se produit sur notre sol : il me semble que cela se combine très bien avec le concept qu'il développe, l'écologie positive, et puis, Hervé Torchet le démontre clairement dans son dernier billet, il est évident que cela réduit considérablement le bilan carbone du bien produit. Hervé fait au passage une observation de bon sens avec ses AOC qui sont des certificats indiscutables de localisme.

Il y a plus : Robert Rochefort, ancien président du CREDOC et expert économique du MoDem a fait un calcul très simple dont je rends compte ici : 

Tous les mois les français dépensent 36 milliards d'euros dans l'achat de produits industriels de consommation. Cela fait un peu plus de 400 milliards d'euros par an. Si l'on change uniquement 10 pour cent de notre consommation, c'est a dire 10 pour cent des produits que l'on achète qui viennent d'ailleurs que l'on transforme en produit que l'on achète en France, cela permettra de réduire de moitié le déficit de notre commerce extérieur, qui s'élèvera cette année à 75 milliards d'euros . Ces 40 milliards de plus vont permettre la relance pour l'activité économique de notre pays sans 1 euro d'impôt en plus.

L'idée tombe très bien car elle rencontre la volonté du peuple : les Français sont justement prêts à acheter made in France et même à payer 10% plus cher si le produit est certifié production locale.

Pour répondre au Parisien Libéral, la proposition de Bayrou ne concerne pas la seule indsutrie même s'il faut rappeler que c'est elle qui a la plus forte valeur ajoutée mais toute l'économie dématérialisée, cela va de soi.

Laurent de Boissieu a judicieusement mis en garde contre une confusion entre acheter français et acheter Made in France. Je pense que Bayrou est clair sur le sujet. Il s'agit bien de Made in France dont il veut parler. Toutefois, le fait d'acheter français ne ferait pas pour autant de lui un nationaliste comme je l'ai entendu, et ensuite, évidemment, le fait d'acheter des marques françaises contribue aussi à l'enrichissement de notre pays. C'est je pense ce que fait observer le Parisien Libéral. Nous sommes d'accord, il s'agit de jouer sur les deux tableaux, mais certainement pas avec des mesures protectionnistes comme veut le faire le Front National.

A droite, on dénonce un mesurette, mais on s'empresse d'embrayer sur le même discours. Tous ces gens-là, au fond, ne me semblent pas partager une conviction profonde de Bayrou qui est une donnée fondamentale dans sa manière de raisonner. Bayrou, et plus généralement toute la tradition libérale et centriste depuis Montesquieu, a toujours fait de l'individu le centre de toute action. Or, Bayrou croit profondément dans le pouvoir du citoyen-acteur. Le citoyen n'est pas de son point de vue un être passif qu'il faut mener à la shlague ou au contraire qu'il faut couver façons Care à la Martine Aubry. C'est d'abord un individu libre, capable d'agir sur son environnement. Acheter Made in France, c'est agir sur l'environnement économique. Il y a une efficience naturelle du citoyen-acteur en laquelle François Bayrou place une profonde confiance. Il a observé la manière dont l'intelligence collective, quand on ne la recouvrait pas d'une chappe de plomb, se montrait capable de réaliser les productions les plus efficaces et les plus inventives. Wikipedia, par exemple, qui fascine Bayrou. Bayrou est un humaniste car il croit en l'être humain. C'est cela la marque de fabrique de l'humanisme. Il ne suffit pas de le dire pour être un humaniste. Il faut en prendre acte dans son mode opératoire de pensée. 

Libérer les énergies, les initiatives, c'est l'idée de départ du programme du MoDem, le parti de François Bayrou. C'est aussi pour cette raison que l'État bayrouiste n'a pas pour vocation d'écraser l'individu, ni de se déinstéresser de son sort, pas davantage de prendre des décisions à sa place mais, au contraire, de lui faciliter ses choix, car c'est la liberté de l'individu qui est l'objet principal de cet État-là. Et il y a un lien consanguin, à n'en pas douter, entre la liberté et le bonheur.

Il est indigne de chercher à culpabiliser les adeptes du Made in France, comme cherchent à le faire ignominieusement la gauche et quelques autres beaux esprits ; il faut au contraire en faciliter le choix par le citoyen en lui garantissant une information fiable, le label à étoiles de Bayrou autrement dit.

L'humanisme de Bayrou se retrouve à nouveau à travers sa conception du rapport de l'homme à la nature : ce qu'il appelle l'écologie positive. C'est autour des liens que l'homme tisse avec la nature que l'écologie doit s'avancer. Ainsi les abeilles dont les écologistes ne parlent plus assurent 50% de notre alimentation. Pourquoi se concentrer exclusivement sur le nucléaire ? Yan Werhling faisait observer fin novembre que le vrai problème, ce n'est pas tant le nucléaire que les énergies fossiles en général qui nous mèneront immanquablement vers une crise similaire aux crises financières que nous vivons. Bref, notre écologie doit être empreinte d'un pragmatisme certain et dégagé de toutes formes d'idéologie et de jugements moraux en soi. J'aurai l'occasion d'y revenir dans un prochain billet.

lundi, 12 décembre 2011

Made in France by François Bayrou

Le Made in France façon Bayrou suscite manifestement des adhésions nombreuses mais également des interrogations. A vrai dire, j'ai fait comme François Bayrou : j'ai consulté avec la plus grande attention le rapport d'Yves Jégo sur le Made in France. Évidemment, Yves Jégo rit un peu jaune : ce n'est pas dans son camp (celui de Nicolas Sarkozy) mais en face, dans l'opposition, qu'on lit ses rapports. Bayrou s'intéresse depuis un bon moment à cette piste : en fait, il suit avec beaucoup d'attention les études qui paraissent et enquête lui-même depuis la fin 2008.

Le Made in France côté acheteur n'est évidemment qu'un aspect de la stratégie globale de François Bayrou pour stimuler la production française, mais je vais m'y intéresser en particulier. 

J'entends beaucoup de commentateurs assurer qu'il s'agit là de la reprise d'une vieille idée ; c'est bien possible, mais Bayrou y ajoute une dimension typiquement de notre époque : l'information. Il ne suffit pas de dire qu'il faut acheter français, il faut s'assurer que l'information donnée sur l'origine du produit ne soit pas biaisée et trouver un moyen de centraliser les données.

Et on est là au coeur du problème. Tenez, chez moi, mon lave-vaisselle est à l'agonie et rend l'âme. Du coup, j'escompte hâter ses funérailles et le remplacer, cette fois, par un lave-vaisselle français. Je me suis rendu sur hexaconso puis la fabrique hexagonale mais pas d'informations sur l'électro-ménager français là-bas. Nada également sur le site Made in France. J'avais par chance entendu parler de l'association Pro-France, dont Yves Jégo est le président : ouf, j'ai trouvé là-bas un lien qui renvoyait au site Veritas, organisme de certification : une fois sur le site Veritas, j'ai fini par repérer la liste des produits labellisés Made in France. J'ai compté le nombre de clics, sans parler des lectures de page nécessaires : plus d'une douzaine. Ça va, je suis persévérant... Bon, dans la liste, on trouve les lave-vaisselles Fagor-Brand-Sauter-De Dietrich, ouf ! Après, évidemment, il restait à savoir si de gros distributeurs assuraient la vente des marques concernées. Ouf une deuxième fois : c'est le cas chez Darty ! IL ne me reste plus qu'à devenir moyennant un prix très raisonnable l'heureux possesseur d'un lave-vaisselle français. Cela devrait venir pour Noël. Au passage, les peix pratiqués par Fagor tordent le cou à l'idée que le produit français serait plus cher que les autres ; au contraire, chez Darty, les lave-vaisselle fagor font partie des moins coûteux.

Inversement, quand je me rends sur des sites de fabricants français, notamment dans le textile, je vois qu'ils ne sont pas distribués dans les chaînes de textile. Je m'extasiais récemment d'avoir trouvé des chaussettes françaises chez Arthur, mais en fait, bleuforêt, archiduchesse en produisent depuis longtemps. D'une certaine manière, je me demande si ce n'est pas le commerce électronique qui pourrait sauver ces petits fabricants, puisque les gros ne les distribuent pas ; mais même sur internet, il est préférable de s'organiser en centrales. 

En fait, il manque une très grosse centrale de l'envergure d'un priceminister ou quelque chose de ce genre pour lancer en grandes pompes le Made in France. Cela reste à inventer, puisqu'actuellement, ce sont des volontaires (Hexaconso, la fabrique hexagonale,Made in France, Pro France) qui font à leur manière le job. 

J'ai lu et entendu dans la presse cette semaine que Bayrou faisait du neuf avec du vieux puisque l'idée était ancienne. Je pourrais répondre avec humour qu'il entre en force dans l'économie du recyclage, technologie particulièrement novatrice à l'heure actuelle. Mais au fond, ce sont ses contradicteurs qui n'ont pas perçu l'étendue exacte de son idée. 

Il a raison de créer un buzz énorme sur la question et les fabricants français peuvent le remercier, parce que juste avant Noël, c'est du pain bénit pour eux : on en parle partout, et, du coup, les Français vont davantage penser à acheter français. Cet homme-là n'est même pas encore élu qu'il stimule déjà la production française... :-)

Nous vivons dans une société d'hyper-communication : une communication spécifique, quand les circonstances s'y prêtent, peuvent générer une vraie lame de fond. Comment croyez-vous qu'Apple soit sorti de l'ornière il y a dix ans ? On la voyait morte, puis l'idée géniale a fait surface, assortie d'une communication extraordinaire. Quand j'y pense : Apple est sorti du marché des ordinateurs il y a une dizaine d'années et revient aujourd'hui par la porte des tablettes avec leur i-pad, et plus généralement l'internet mobile. Or, l'informatique mobile remplace désormais les outils statiques...Qui l'eût cru ? Mais ils ont aussi une communication extraordinaire : ils réussissent à faire faire des heures de fils à une floppée de fan à chaque sortie d'un nouveau produit. Vous imaginez un peu ce que cela serait si on parvenait, en France, à orchestrer une campagne de ce niveau sur le Made in France ? On ferait exploser les compteurs et les chaînes de fabrication des producteurs français !

Au-delà ce cet aspect, ce qui est novateur, dans l'approche de Bayrou, c'est d'avoir compris qu'il y avait une demande forte en ce sens. Les sondages convergent pour garantir un effet certain de la mesure qui consisterait à attribuer un pourcentage de label Made in France.

Bayrou a dressé dans son État d'urgence une esquisse de sa stragégie : une prise en tenaille entre d'un côté le sentiment du consommateur, fortement favorable à son label et de l'autre un environnement favorable à l'entreprise en jouant sur la fiscalité : pour l'instant, seuls les salariés et l'entreprise financent l'essentiel de notre protection sociale. Ce n'est pas juste, car la protection sociale concerne la totalité de notre société. Comme l'observe parfois Jean Peyrelevade, les entreprises françaises sont celles qui obtiennent les marges les plus faibles d'Europe sur leur valeur ajoutée. Or, ce sont précisément ces marges qui permettent d'investir en recherche et développement. Rééquilibrer le coût de la protection sociale permettrait en passant aux entreprises de desserrer l'étau qui les étrangle. Une CSG qui taxerait TOUS les revenus (plus-value,capitaux, travail,retraites, et cetera...) favoriserait donc l'investissement sur notre sol. Plus généralement, à l'inverse de ce qui est fait depuis des années, le projet de François Bayrou est spécifiquement orienté vers l'offre et non vers les demande.

François Bayrou a fait de la production sur le territoire national son principal cheval de bataille. Le «Made in France» est l'axe stratégique principal de son programme économique. La seule autre force politique à s'en préoccuper, même si ce n'est qu'un axe secondaire de son projet, c'est le Front National .

Sauf que le FN propose, en fait de programme économique et industriel, de taxer moins les biens produits en France et plus ceux venus de l'étranger. Programme dangereux s'il en est : les pays touchés par ces mesures ne manqueront pas d'en faire autant et toute l'industrie d'exportation française sera frappée durement. C'est bien les risques de ce protectionnisme-là contre lesquels Bayrou met en garde dans son État d'urgence ; je pense d'ailleurs qu'il vise directement le Front National dans son livre sur ce sujet.

Les autres forces politiques essaient d'enfourcher un cheval de bataille qu'elles ont toujours délaissé : l'UMP n'a pas cru bon de prêter aux travaux d'Yves Jégo l'attention qu'ils méritaient, quant aux autres...dans les milieux de gauche aisés, quand on prononce le mot "France" ou qu'on évoque les identités régionales, on est renvoyé au nationalisme et aux dérives identitaires. Autant dire que ce n'est pas la gauche bien-pensante qui risque d'avoir ce genre d'idées : elle traite le made in france comme elle traite la francophonie. Par le mépris.

Ce n'est pas un hasard si c'est un agrégé de lettres classiques, pétri d'humanités françaises qui a cette idée : Bayrou s'est toujours montré en pointe dans la défense d'une certaine idée de la France. Rappelez-vous les Européennes de 2009 : on lui a reproché de parler de la France quand il s'agissait d'élections européennes. J'entends parfois, à l'inverse, certains le qualifier d'européiste.

 Sa démarche marque bien, pourtant, à quel point il croit à une France forte. Forte, mais pas isolée : il ne la dissocie pas de l'Europe, mais, comme le disait le MoDem en 2009, l'Europe est forte de ses nations, et les nations européennes sont fortes de l'Europe. C'était la conclusion du groupe Identités et Valeurs du MoDem. C'est cette dialectique dans laquelle évolue Bayrou, ce qui permet à la fois de dire de lui qu'il a une posture gaullienne, et en même temps de reconnaître en lui un Européen convaincu.

 

 

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dimanche, 04 décembre 2011

Chaussettes françaises !

Aaaaah ! J'ai enfin trouvé des chaussettes 100% Made in France ! Figurez-vous que je déambulais dans les rues de Paris à la recherche d'un cadeau pour mon frérot lorsque je vois sur mon chemin une boutique Arthur. L'heure étant tardive, je dois me décider, et comme je ne sais pas ce qui ferait vraiment plaisir à mon frérot, à tout hasard, je me rabats sur l'utile : la chaussette, quoi. Je maugrée par avance de ne pas avoir anticipé, parce que je connais les produits Arthur, et, en principe, ils ne sont pas fabriqués en France.

Une fois entré, mon oeil acéré louche sur des chaussettes laine-coton qui me semblent de bon aloi. Et Soudain, divine surprise : je lis Made in France, chaussettes fabriquées à Troyes. Ça fait plaisir, ça, parce que moi, le Made in France, j'y suis extrêmement sensible. Je pense d'ailleurs que Bayrou a bien raison d'en faire l'axe majeur de son projet économique et de la planification incitative qu'il envisage pour ce faire.

Tiens, c'est la fabrique hexagonale qui titrait il y a deux semaines, pour Noël faites des cadeaux Made in France. Ils ont même édité un catalogue du Made in France (ça, je trouve que c'est une excellente idée. Excellentissime. Je vais twitter leur catalogue et le partager sur facebook, google+ et cetera, tiens). Cela dit, les chaussettes que j'ai trouvées n'y sont pas. Je ne sais pas comment on pourrait mettre en place une sorte d'outil collaboratif du Made in France sur la Toile, recensant tout ce qui existe en Made in France vendu en France. Il faudrait évidemment les moyens de contrôler : il ne s'agit pas de se faire arnaquer, genre l'assemblage, ou pire encore, la conception seulement, se fait en France. Il faut que cela soit toute la chaîne. Je crois que Bayrou dans son État d'urgence prévoit d'ailleurs d'attribuer des pourcentages selon la proportion de réalisation en France. Bonne idée.

Je crois que les Français sont souvent prêts à porter une attention particulière à ce qu'il se produit dans leur pays, un sondage de l'IFOP l'a démontré. Encore faut-il ne pas laisser des pans entiers de notre production s'expatrier...

mardi, 08 novembre 2011

Le bio entre bilan carbone et Made in France...

Pourquoi achète-t-on bio, finalement ? Par respect pour la planète et ses habitants ou pour s'assurer de ne pas ingurgiter trop de cochonneries ?

Quand je vais faire mon petit marché et que je regarde les étals de fruits et légumes, j'observe toujours attentivement la provenance des produits. Le logo AB, c'est fort sympathique, mais pas une garantie carbone. A quoi me sert-il de savoir que mes tomates favorites ont poussé sans l'aide de phosphates ou de nitrates s'il a fallu les acheminer du chili en container et par tanker ? Le bilan global en termes de pollution, c'est clair qu'il explose celui de notre bonne vieille Marmande...

En fait, la logique bio, c'est d'acheter français, puisque c'est le moins loin de chez nous, et, quand c'est possible, régional. J'ai vu que mon Monoprix favori s'y mettait : assez régulièrement il propose des productions locales. Parfois, c'est au prix d'une explosion de mon budget alimentaire, mais parfois, ce sont tout simplement des fruits qui ont été plantés dans le Bassin Parisien. Par exemple, je vois assez souvent des lots de fraises ou de framboises, même si cela se fait rare ces derniers temps (logique, ils ne sont bientôt plus de saison).

En somme, achetons français, achetons bio, voilà un bon slogan. Ceci suppose toutefois que l'agriculture française s'y mette au bio, parce que c'est assez agaçant de constater que, la plupart du temps, les produits certifiés AB viennent des quatre coins de l'Europe voire du monde, mais pas de nos belles régions...

mercredi, 05 janvier 2011

J'ai failli me la garder...

lordson-lord.jpgÇa faisait un moment que je devais un cadeau à mon frérot cadeau. Je lui avais acheté il y a quelques mois une chemise Arthur en lin, mais trop grande pour lui. Du coup, je l'ai récupérée pour mon compte. Mais il lui fallait bien une compensation.

Comme je l'ai dit récemment, je suis déterminé à acheter français aussi souvent que cela me sera possible.

J'ai fait la découverte d'un fabriquant de chemises extra : bon, ça coûte bonbon, mais franchement, magnifique les chemises.

Comme je ne refuse rien à mon frérot, je me suis dit que j'allais lui offrir un super-cadeau. Et paf, j'ai investi la somme nécessaire dans l'achat de cette chemise de Lord anglais, un travail spécifique à Lordson. Élégante, racée et stylée, non ?

Bon, ça a été dur : je suis resté à baver devant la chemise pendant un bon 1/4 d'heure, pesant si je donnerais comme adresse de livraison plutôt mon adresse ou celle de mon frérot. Le sens du devoir l'a emporté.

Outre le plaisir d'offrir un chouette cadeau à mon frérot, il y a aussi le plaisir savouré de savoir que l'argent investi ira dans la poche d'ouvriers du textile français. Comme mon frérot ignore l'existence de mon blog, je peux bien m'épancher ici, il ne risque pas de tomber là-dessus sauf improbable coup du hasard. Onze emplois qui vont se partager le magot. On achète tellement de c****ries, que franchement, ça vaut bien le coup de se faire plaisir, de faire plaisir, et de faire circuler la monnaie sonnante et trébuchante en Gaule !

Bref, dès que j'aurais suffisamment thésaurisé (l'ignoble capitaliste exploiteur du peuple que je suis, réactionnaire et pré-fasciste nationaliste a un raisonnement parfois anti-économique au possible), je sens que je vais m'en payer une pour aller parader me pavaner dans ma basse-cour.

Tiens, en visitant l'espace presse de Lordson, j'ai découvert qu'il existait un portail des enseignes vestimentaires de la mode française ! Lordson y figure, évidemment. Attention, je ne suis pas sûr que les marques qui y figurent soit forcément du made in France. Mieux vaut se fier à Hexaconso ou à la Fabrique hexagonale pour acheter en terrain sûr (et gaulois).

Bien le bonjour à Saint-Marcel dans l'Indre, bon travail, les gars et les filles !

vendredi, 17 décembre 2010

L'AOC France, label national ?

Quand j'évoque les possibles mesures à prendre pour favoriser la production française, on me fait valoir qu'il suffit  d'agir au niveau européen. 

C'est par exemple ce que suggérait Vincent, en commentaires :

Promouvoir la fabrication en France ne pourra pas se faire sans agir sur ces leviers, avec un réajustement des monnaies, une taxe sociale et écologique servant à favoriser l'implantation industrielle, et une politique d'audit sérieuse dans les pays exportant en France, que ces actions soient françaises ou européennes.

Je crois que cela n'est pas simple. Prendre une décision au niveau européen prend énormément de temps : il faut consulter le Parlement, la Commission, les États et traduire, in fine, la directive en droit national. Un sacré parcours qui ne convient ni au calendrier politique, ni à l'urgence économique.

Ce n'est donc qu'en actionnant les leviers locaux, à différents étages, que l'on peut agir relativement vite. La principale difficulté, c'est d'établir une norme qui ne soit pas contournable et qui ne puisse pas non plus être assimilée à du protectionnisme. Si l'on décide de favoriser fiscalement la production française, nous nous exposerons à des mesures de rétorsion de nos partenaires commerciaux. C'est quelque chose qu'il est absolument nécessaire de comprendre.

Il vaut donc mieux concevoir des normes contraignantes, qui favorisent en douce nos entreprises, mais qui en droit rendent égales les entreprises devant la loi. Observons, d'ailleurs, que c'est ce que ne manquent pas de faire les marchés les plus fermés, comme ceux de la Chine, du Japon ou encore de la Corée.

Je ne sais pas si nous pouvons fixer un label national sans être retoqué par le droit communautaire, en revanche, je sais que les Appellations d'origine contrôlée sont parfaitement valables puisqu'ils font partie des Appellations d'Origine protégée, reconnues, elles, par le droit de l'Union. On peut donc imaginer des procédures relativement similaires pour notre production industrielle.

Estrosi voulait mettre en place un label "made in France" en avril dernier. Éric Besson l'a remplacé et on ne sait pas ce qu'est devenue l'idée. C'est fort dommageable, parce que les études d'opinion montrent que l'indication a un poids non négligeable dans la décision d'achat.

Je ne suis pas le seul blogueur à m'intéresser à la question (heureusement !!!). J'en profite donc pour signaler deux   billets du blog Économique et Social sur le sujet. J'attire l'attention des lecteurs sur une de ses remarques, qui me paraît fort pertinente : il y a délocalisation quand une entreprise produit à l'étranger des produits destinés aux Français ; mais implanter une unité de production à l'intention d'un marché domestique me paraît en effet de bon sens.

Je conclus en mettant en garde contre une tendance de nos analystes en ce qui concerne le made in France : ce serait à mon sens une erreur de ne viser que la production de luxe en tablant sur le développement d'une bourgeoisie des pays émergents déterminés à acheter français pour montrer leur statut social nouvellement acquis. Je crois que nous devons aussi viser la base de la pyramide, qui représente, in fine, un très gros marché, avec simplement des produits et une distribution adaptés aux possibilités et au mode de vie de cette pyramide.