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samedi, 24 décembre 2011

Produire en France : mais comment ?

L'Institut de l'Entreprise a organisé un sondage très intéressant auprès de plusieurs entrepreneurs sur la thématique lancée par François Bayrou, la production en France. Le sondage est intéressant parce qu'il demande aux entrepreneurs ce qui serait à leur avis nécessaire pour développer le made in France. J'ai toutefois un regret : sur 1000 contacts pris, 92 seulement ont répondu à l'Institut de l'Entreprise.

Tous s'accordent toutefois à reconnaître que la France souffre avant tout d'une perte de sa compétitivité. Particulièrement, la concurrence des bas salaires, de faibles performances en matière d'innovation et de recherche et des coûts de production trop élevés sont mis en avant.

Mais ce qui m'a surpris, c'est ce que ces décideurs ont proposé pour redresser l'industrie française : ils placent à une majorité écrasante (96%) l'éducation et la formation comme priorité pour en améliorer sa compétitivité. En deuxième position, on trouve les pôles d'innovation et de recherche. 

Cela rejoint clairement l'analyse de François Bayrou qui fait du produire et de l'instruire les deux jambes sur lesquelles la France doit marcher. Je pense, si du moins j'en crois l'analyse de Jean Peyrelevade, l'un de ses conseillers économiques, qu'il s'accorde à penser que les marges des entreprises sont trop faibles ce qui les empêche de développer leur RD. L'idée de s'appuyer sur la CSG pour financer la protection sociale, en plus d'être plus juste puisqu'elle touche tous les revenus, dégagerait sans doute quelques marges supplémentaires pour les entreprises.

Je n'ai pas été si surpris de voir arriver la question de la formation et de l'éducation en pole-position : j'avais fait savoir le 26 novembre dernier que la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises) cherchait à pourvoir 250 000 emplois. La CGPME, s'appuyant sur une enquête du CREDOC (dont Robert Rochefort, proche conseiller de François Bayrou, a longtemps été le directeur), constatait que 7 entrepreneurs sur 10 peinaient à trouver chaussure à leur pied quand ils recrutaient.

A ce sujet, il y a  eu un soupçon sur la nature et la qualité des emplois proposés : j'ai donc contacté le service de communication de la CGPME pour en savoir plus, et, voilà ce que j'ai obtenu comme éléments supplémentaires : 

- A ce jour le salaire médian proposé s’établit à 1990€ (même si la plupart des offres ne mentionnent pas cet élément.)

- 44% des offres dans le secteur des services ; 40% dans l’industrie ; 16% dans le commerce

- 69% des offres en CDI ; 31% en CDD

En termes d'emplois, il y a en tout cas un problème d'adéquation entre formation et demande. Il serait intéressant de demander aux chefs des PME s'ils pensent eux aussi que ce décalage affecte leur compétitivité.

Il est également intéressant de constater que les entrepreneurs sont une large majorité à n'avoir que faire des subventions et aides publiques. 

Il y a en revanche un impondérable qui demeure un obstacle apparemment insurmontable, c'est celui des coûts salariaux : pour les 2/3 des décideurs qui ont répondu, c'est l'obstacle principal à la production en France.

Je me suis fait sur ce point une réflexion : si ce sont les coûts salariaux qui génèrent le plus de problème, il faudrait les rendre sinon marginaux, du moins secondaires dans le coût final d'un produit. Ceci est envisageable avec une mécanisation accrue de l'industrie. En effet, une machine est une machine : si dans la production, la machine entre pour 80% et l'homme pour 10%, même si l'homme français coûte le double de l'homme chinois, par exemple, il n'impacte pas fortement le coût final du produit.

L'inconvénient, dans une telle hypothèse, c'est qu'il faut soit accroître la production en vendant plus, soit perdre significativement des emplois. Enfin, je dis ça, après tout, je ne suis ni entrepreneur, ni industriel ni économiste (pour ces derniers, on dit toutefois que Dieu les a créés pour tenir compagnie aux météorologistes...).

Bayrou organise un forum à ce sujet en janvier : nous en saurons sans doute plus à ce moment-là.

01:08 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : bayrou, industrie, made in france, entreprise | |  Facebook | | | |

Commentaires

http://www.xerficanal.com/pour-une-politique-de-consommation-durable-vincent-chriqui-46.html
;))

Écrit par : Martine | samedi, 24 décembre 2011

Bonsoir l’hérétique
Se baser sur un sondage ayant moins de 10% de réponse ce n'est pas crédible preuve que L'Institut de l'Entreprise ne fait pas bien son boulot.D'ailleurs je ne savais même pas qu'il existait cet institut. Vous désirez donnez comme moi un élan aux PME et PMI alors virons tout ces organismes qui gravitent autour d'elles sans apporter de valeur et qui leur coûtent.
Cela fait plus de 30 ans que je travaille dans les PME. Elles offrent quoi les PME en France par rapport au grand groupe.
Vous évoquez la CGMPE qui recrute pour ses adhérants 250000 personnes mais à quelle condition. Sincèrement il est préférable aujourd'hui de chercher à travailler à L'Institut de l'Entreprise qui se permet de diffuser un résultat aussi nul.
La majorité des adhérants de la CGPME ne font pas évoluer leur personnel, il n'est pas étonnant qu'il se retrouvent avec un tel manque de compétence.
Je travaille dans une PME qui fonctionne principalement sur la base de marchés publiques. Nos produits sont soumis à des normes très strictes de fabrication. Nous n'avons pas les moyens financiers de protéger notre savoir faire. Il est fréquent de constater que l'année suivante nos idées soient reprises par des sociétés Offshore purement financières(des PME également en théorie composées de 3 personnes un directeur, un commercial et un financier avec beaucoup de moyen). Je ne blâme pas les responsables des achats dans les marchés publiques ils font leur travail mais quelles propositions pour lutter contre ce fléau?
Pas de besoin de faire de grand calcul pour relancer l'emploi, tout simplement une dose de bon sens
Cette année ma boite a licencié 1/3 de son personnel. L'année prochaine si rien ne change elle fermera!

Écrit par : Jacques Berthe | samedi, 24 décembre 2011

@Jacques
J'essaie de recouper des sources. En fait, il s'agit plutôt d'une enquête que d'un sondage. Ils avaient 1000 contacts parmi les décideurs, 92 ont répondu. Mais je suis d'accord avec vous sur le fait que cela reste léger. Toutefois, quand on obtient un score de 96% sur un item, cela a tout de même une signification.
Sur le fait que les PME ne disposent pas du pouvoir de cabinets juridiques éprouvés, c'est l'une des grandes préoccupations de Bayrou.
Vous pouvez m'en dire plus sur ces sociétés Offshore et leur manière de procéder ? Cela m'intéresse et j'aimerais publier un billet à ce sujet.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 24 décembre 2011

Oui, cette enquête est très intéressante, malgré le taux de réponse limité — mais ordinaire, et même plutôt élevé, pour une enquête par courrier : les PME concernées ne sont pas membres de l'Institut de l'Entreprise et n'avaient aucune "raison" de répondre, sinon l'intérêt pour le sujet.

Disons que c'est juste l'opinion de 92 dirigeants de PME, à prendre et discuter comme telle. Et elle me semble singulièrement juste… et bien loin du jus de crâne UMP et PS sur les mêmes sujets.

Écrit par : FrédéricLN | samedi, 24 décembre 2011

pas de baisse possible de couts salariaux sans revision de la facon dont on concoit notre systeme de protection sociale.

Écrit par : Le Parisien Liberal | samedi, 24 décembre 2011

@Parisien Libéral
Oui, ça ils le disent dans la page de solutions proposées.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 24 décembre 2011

Merci L'Hérétique pour ces informations très intéressantes. Le paradoxe est que pour créer des emplois, l'entreprise doit être compétitive, remporter des marchés en étant meilleure, plus performante et pour cela être plus rentable en réduisant ses coûts, c'est à dire souvent en détruisant des emplois soit grâce à une amélioration de sa productivité, soit en sous-traitant à des tiers ou en délocalisant dans des pays à plus bas salaires. Selon une étude de DG-trésor datant de juin 2010, 2 millions d'emplois industriels ont été perdus en trente ans, depuis 1980. 13% sont expliqués par les délocalisations ou achats à l'étranger (détérioration de notre balance d'échanges extérieurs import>export) avec accélération ces dernières années (25% depuis 2000), 28% sont expliquées par l'amélioration de la productivité et 25% par la soustraitance (interim, services informatiques,...)qui a déplacé des emplois de l'industrie vers le service. Ceux qui comme Mélenchon, Montebourg et M.Le Pen désignent la mondialisation comme cause des pertes d'emplois industriels devraient donc relativiser leur accusation. Cela dit, on ne peux pas dénoncer l'amélioration de productivité, qui fait que grâce à elle les entreprises ont survécu à la concurrence ... On ne peut pas non plus vouloir supprimer la concurrence au motif qu'elle engendre cette logique. La dénonciation du libre-échange, de la politique libérale, est un leurre.

Écrit par : Marie-Anne Kraft | dimanche, 25 décembre 2011

92 répondants pour 1000 contacts, ça n'est vraiment pas très glorieux. Un chiffre aussi faible devrait inciter à la prudence sur l'interprétation des résultats : l'échantillon des répondants est-il bien représentatif ?

La R&D, bien sûr, la R&D... Il faut creuser un peu derrière cette tarte à la crème. Pour dire que les jeunes pousses manquent singulièrement de partenaires financiers en phase d'amorçage. Pour dire aussi aussi que pour certaines PME, le CIR représente parfois un effet d'aubaine qui mériterait d'être mieux encadré et que l'impartialité des jurys qui tranchent pour les appels à projets collaboratifs mériterait aussi d'être examinée de près... Pour rappeler enfin que les Pôles de compétitivité ne peuvent pas prospérer à l'échelle de chaque... canton ! Allez expliquer à un chercheur californien qu'il existe 3, 4 ou 5 pôles de compétitivité français dédiés à la mobilité, vous comprendrez...

Sur les "coûts salariaux" je ne suis pas d'accord. Il ne sont pas plus élevés en France qu'ailleurs en Europe. Et la productivité des salariés français reste une des meilleures en Europe. Il reste qu'il faudrait remettre toute chose à sa place et que la politique familiale de la nation, par ex, n'a pas à être financée par les entreprises.

Écrit par : Pierre Schweitzer | dimanche, 25 décembre 2011

92 répondants pour 1000 contacts, ça n'est vraiment pas très glorieux. Un chiffre aussi faible devrait inciter à la prudence sur l'interprétation des résultats : l'échantillon des répondants est-il bien représentatif ?

La R&D, bien sûr, la R&D... Il faut creuser un peu derrière cette tarte à la crème. Pour dire que les jeunes pousses manquent singulièrement de partenaires financiers en phase d'amorçage. Pour dire aussi aussi que pour certaines PME, le CIR représente parfois un effet d'aubaine qui mériterait d'être mieux encadré et que l'impartialité des jurys qui tranchent pour les appels à projets collaboratifs mériterait aussi d'être examinée de près... Pour rappeler enfin que les Pôles de compétitivité ne peuvent pas prospérer à l'échelle de chaque... canton ! Allez expliquer à un chercheur californien qu'il existe 3, 4 ou 5 pôles de compétitivité français dédiés à la mobilité, vous comprendrez...

Sur les "coûts salariaux" je ne suis pas d'accord. Il ne sont pas plus élevés en France qu'ailleurs en Europe. Et la productivité des salariés français reste une des meilleures en Europe. Il reste qu'il faudrait remettre toute chose à sa place et que la politique familiale de la nation, par ex, n'a pas à être financée par les entreprises.

Écrit par : Pierre Schweitzer | dimanche, 25 décembre 2011

@Marianne, Républica etc.
Tu es pitoyable! Meme pas apte dans ta ville de savoir, dans quelle librairie pour les dédicaces^^^.
Quand au reste^^^J'ai subi suffisamment ...Je le crois^^^ tes interventions soporiphiques n'apportent rien aux débats.
Quand à certains(es) médiateurs, ou récupérateurs^^^, qui se sentent tous-t-te-tes puissant-s(-es)...
Les choses sont dites, ne reviendrai pas.

Écrit par : Martine | lundi, 26 décembre 2011

Oups," marianne, républica"...Que représentez-vous pour moi? Vous et certains de vos affidés?:
La mort.
Vous ne l'avez pas vécu dans votre chair^^^ Heureuse pour vous, cependant pour l'avoir fréquentée à l'insu de mon plein gréé, je sais à présent la reconnaitre, meme masquée!

Écrit par : Martine | lundi, 26 décembre 2011

Dslée Marie K, ou Marianne, ou Républica etc.
Ne comptez pas sur moi pour soutenir, vot' débilité.
Vous prétendez "soutiendre FB" Quand je sais qu'il n'en est rien pas récent Euroéennes) un sénateur^^^Itou! Envers certains députés tout pareil.
Vous ne m'intéressez pas, pour la simple raison que vous ne proposez rien ui "sorte de vos tripes, ensuite vous ne connaissez rien ni à vot' ville, ni à la circonscription, vous allez etre laminée...Croyez-vous que je vais m'en réjouir? oh que non! Mais vous ne l'aurez pas volée, vot' volée!!

Écrit par : Martine | lundi, 26 décembre 2011

pourquoi la france admet ses journalistes chez un candidat malheux etienne tshisekedi se pour semer la guerre dans le pays que la france cherche ou quoi? notre pays est encore jeune democratiquement il ne faudrait pas le comparer a le votre.
s'il vous plait chercher d'autres moyen pour gagner vos interets .nos ames sont comme les votres.
merci

Écrit par : jean pierre monga | mardi, 27 décembre 2011

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