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vendredi, 21 mars 2014

A propos de Sarkozy et de la Libye

J'ai lu la lettre que Sarkozy a adressé aux Français et, dans son discours, il y a tout de même un point qui a fait mouche : une partie de la presse accuse Sarkozy d'avoir fait financer sa campagne de 2007 par la Libye et Kadhafi.

Mais si c'était vrai, comment peut-on imaginer un seul instant que les documents nécessaires pour discréditer complètement Sarkozy ne soient pas sortis pendant la campagne de Libye qui a tout de même duré 10 mois. Kadhafi et ses affidés avaient tout intérêt à provoquer une sacrée crise politique en France. S'ils ne l'ont pas fait, c'est bien qu'ils n'avaient aucun élément.

Saïf, l'un des fils de Kadhafi a lancé cette rumeur mais pas un seul document n'est venu l'accréditer.

Sur ce coup-là, Sarko me paraît donc crédible.

Je ne me prononce pas sur le reste.

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jeudi, 20 mars 2014

Soutenir Santini à Issy ou pas ?

Je suis les publications d'un groupe de militants du MoDem sur facebook et lis la plupart de leurs réactions à l'actualité de leur parti. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ne les a pas vraiment réjouis d'apprendre que le MoDem avait donné son imprimatur à André Santini à Issy-les-Moulineaux au nom de son alliance avec l'UDI.

Ce qui horripile plusieurs militants du MoDem ? Tout d'abord une condamnation pour détournement de fond dans l'affaire de la fondation Hamon puis, une réputation avérée de machisme primaire.

Récemment, je discutais avec une collègue de travail qui demeure à Issy et elle me charriait (elle connaît mes options politiques) en me faisant observer que le parangon de vertu qu'est le MoDem soutient un type condamné pour détournement de fonds.

On en est donc venu à discuter de Santini et elle m'a aussitôt et spontanément affirmé qu'il était un excellent maire, me citant une série de mesures et de dispositions prises par Santini dont sa petite famille et d'autres profitaient à plein.

C'est bien là le paradoxe et donc la question que je posais le 13 février dernier : qu'est-ce qu'un bon maire ? Le sort de Dominique Voynet à Montreuil illustre très clairement les conséquences de ce paradoxe. Voilà quelqu'un que je crois très honnête qui a voulu diriger la ville de Montreuil dans le refus absolu de toutes formes de clientélisme. Résultat des courses, la voilà rejetée et amère, poussée vers la porte au point de ne pas même prendre le risque de se représenter.

Je pense aussi à Carter, à la fin des années 70 aux USA qui avait voulu faire de la vertu le moteur de sa mandature. Les Européens l'ont à la bonne, mais ne demandez pas aux Américains ce qu'ils pensent de lui, le bilan est bien plus mitigé.

Je parlais de pollution et de moteurs diesel ces jours derniers : on aimerait tous avoir un moteur parfaitement propre, mais, dans la pratique, quand on veut intervenir dessus, on ne peut éviter de mettre les mains dans le cambouis.

En même temps, quand la corruption s'installe au coeur de l'action politique, c'est une gangrène qui pourrit lentement mais inéluctablement tout le corps social. Partout où la Maffia s'est installée en maîtresse et a imposé un pouvoir féodal aussi discrétionnaire qu'arbitraire, elle gère des oeuvres sociales et offre des "opportunités" (souvent pas légales, bien sûr) aux chômeurs et à un certain nombre d'oubliés (pas tous, car les autres deviennent des esclaves taillables et corvéables à merci !!!).

Lutter contre la corruption est un exercice très difficile tant le mal est insidieux. Personne ne pourra faire tomber Balkany à Levallois : ses administrés sont très contents de son action. Et le combat que Grébert mène contre Ceccaldi à Puteaux est extrêmement difficile. J'en suivrai d'ailleurs le résultat avec le plus grand intérêt.

Par ailleurs, le MoDem ne doit vraiment rien à Santini. Ce dernier n'a soutenu Bayrou ni en 2007 ni en 2012 et, au fond, je me suis toujours demandé ce que ce type avait de centriste.

A vouloir être purs à tout prix, on peut risque de se condamner à l'invisibilité politique, et pour longtemps. Où placer le curseur ? Certains pensent que la politique, c'est d'abord l'action et que c'est donc de l'intérieur que l'on change les choses. D'autres, au contraire, estiment qu'il faut lutter de l'extérieur.

A Issy, il faudrait presque pouvoir reconnaître que la politique municipale de Santini est bonne (enfin, pas sur tout, il y a quelques aspects qu'il faudrait revoir) et qu'en fait, si l'on est un opposant, on a le même programme que lui...moins les détournements de fonds ! L'inconvénient, c'est que la tendance de l'électeur moyen, c'est de toujours préférer l'original à la copie.

Les élus MoDem d'Issy ont fait des choix différents : Fabienne Gambiez s'est résolument positionnée dans l'opposition tandis qu'Okan Germiyan choisissait de rejoindre la majorité municipale. Je n'adoube ni ne condamne personne pour son choix. Je crois qu'il est difficile d'adopter une ligne satisfaisante.

 

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samedi, 08 mars 2014

Les femmes qui comptent en politique

En cette journée du 08 mars j'ai pensé particulièrement justifié de considérer le spectre politique afin de déterminer quelles femmes émergent et joueront un rôle politique majeur dans l'avenir. Je circonscris à la France mon examen car il serait vraiment long de faire le tour du monde, d'autant que je ne connais pas la situation politique partout.

J'ai choisi d'écarter les coqueluches des médias : la plupart du temps, ells font pschitt faute de compétences réelles et on finit par ne plus en entendre parler. Non, je m'intéresse à celles qui ont un poids politique réel et qui l'ont prouvé.

C'est une socialiste et une nationaliste qui me viennent d'abord à l'esprit : à l'évidence, Anne Hidalgo est bien partie pour devenir un acteur majeur de la sphère politique française, sauf à ce que sa rivale et challenger, NKM crée la surprise. Maire de Paris, c'est un sacré tremplin, en France, à condition que l'on se montre capable de franchir un échelon supérieur. Marine Le pen est à l'évidence l'une des personnalités les plus emblématiques parmi les femmes. Elle a réussi à s'imposer à la droite de la droite, créant dans son sillon une dynamique qu'aucun leader d'extrême-droite n'était jusqu'ici parvenu à générer. Sa nièce, Marion, s'engouffre d'ailleurs dans le même chemin. Toujours à gauche, Martine Aubry, la maire de Lille, est assurément un femme qui compte en politique. Elle a la stature et l'esprit de décision pour accéder aux fonctions suprêmes, premier ministre ou présidente. A droite, outre NKM,  je crois que Valérie Pécresse a beaucoup de potentiel, mais il faut qu'elle le réalise.

Christine Lagarde est aussi une actrice de premier plan, mais elle est un peu éloignée des affaires de la France, et puis c'est surtout une excellente technicienne, plus qu'une politique. A vrai dire, je pense que les femmes qui se spécialisent, ou dans l'économique, comme Christine Lagarde, ou dans le social/sociétal, comme Najat Belkacem ou Christine Taubira perdent considérablement en aura politique, contrairement aux apparences. Et je ne parle pas de celles qui ne valent que par les médias.

Au centre, il y a des femmes que j'apprécie beaucoup, comme Marielle de Sarnez ou Chantal Jouanno, mais je ne les crois pas en état de percer dans l'opinion pour l'instant.

Simone Veil s'est retirée du monde politique et Ségolène Royal est définitivement hors-course, désormais. Je ne vois donc pas d'autres noms qui attirent suffisamment mon attention pour que je les joigne à la liste que je viens d'établir.

vendredi, 07 mars 2014

Bayrou-Juppé, le Pacte d'Aquitaine

Qu'est-ce que vous associeriez au mot Aquitaine, vous, quand vous l'entendez ? Voici ce qui me vient à l'esprit pour ce qui me concerne :  Aliénor d'Aquitaine,  le poème de Gérard de Nerval, Je suis le veuf, le ténébreux, le Prince d'Aquitaine à la tour abolie et Bordeaux. Si je creuse, je pense aussi à Juppé, forcément, tant son nom est lié à la capitale de la Gironde, et puis sinon, aux vins, bien sûr.

Pas taper, svp, amis du MoDem. Cela ne me vient jamais à l'esprit que Pau est une ville d'Aquitaine. Je ne sais pas pourquoi, mais je tends toujours à penser le Béarn comme une sorte de village gaulois autonome, indépendant de toute autre entité administrative. Alors, Pau, vous imaginez...

45 années de magistrature socialiste n'en ont pas vraiment fait ce que la ville devrait être. Comparons avec le bilan de Bordeaux qui a bénéficié de la direction de deux édiles extraordinaires avec Chaban-Delmas par le passé puis Juppé depuis une quinzaine d'années.

On peut comprendre, dans ces conditions, que Bayrou rêve d'un tout autre destin pour les Palois. Un dernier sondage, celui d'Ipsos, le donne gagnant nettement dans tous les cas de figure. Ipsos, généralement, ne se trompe pas.

Ils ont tout pour s'entendre, Bayrou et Juppé. Le compagnonnage ministériel du milieu des années 90, des valeurs communes, le goût commun pour la culture et les lettres, la rigueur, la modération, et puis une solide amitié personnelle, tout simplement. Même quand les choix politiques qu'ils ont faits les ont placés dans des camps différents.

Bayrou a toujours été un électron libre (c'est ce que j'adore chez lui, cette liberté de penser, de parler et d'agir qu'il s'est toujours octroyée) et Juppé ne s'en est jamais laissé compter. Excellent ministre des Affaires européennes, comme premier ministre, il m'avait impressionné en envoyant paître les Chinois qui voulaient l'empêcher d'évoquer le Tibet et les droits de l'homme. A leur grande surprise, il avait purement et simplement annulé le sommet prévu. Pour une fois qu'on ne se laissait pas marcher sur les pieds pour gagner des contrats...

Juppé est populaire dans l'opinion en France, j'imagine avec ravissement un ticket Juppé-Bayrou en 2017. L'inconvénient, c'est que chacun des deux leaders doit faire son chemin. Bayrou doit revenir au centre du jeu politique (c'est en cours) et Juppé parvenir à dépasser Sarkozy dans l'opinion de l'électorat de la droite et de l'UMP. Un long chemin à parcourir, encore mais une perspective qui n'est plus exclusivement du domaine de la pure spéculation.

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samedi, 22 février 2014

Le MoDem va bien, merci.

Estelle Gross, du Nouvel Observateur demande ce qu'il reste du MoDem. J'ai une bonne nouvelle à lui annoncer. Il en reste quelque chose.

J'avoue être quelque peu fatigué par les oiseaux de malheur qui prédisent tous les jours la mort du parti. Que voulez-vous : oui, le MoDem a basculé du centre-gauche au centre-droit. Oui, cela ne se fait pas sans douleur et je rappelle à cet égard un précédent historique chez nos amis Allemands : quand le FDP est passé du SPD à la CDU, forcément, il a perdu du monde. Mais il n'est pas mort et au milieu des années 2000 on l'a retrouvé à 15% dans les votes. S'il a chuté depuis, c'est en raison de la nullité de son leader et de son apport au gouvernement de coalition avec Merkel, mais ça, c'est une autre histoire.

Ce qui me fatigue encore plus que les croque-mort et les pompes funèbres, c'est le choeur de pleureuses hystériques qui brandissent à grands cris et tous les jours les valeurs que le MoDem aurait perdues.

Je fais une violente allergie au mot «valeur», à force. Quand on galvaude jusqu'à l'écoeurement un mot, il perd tout son sens. C'était la méthode favorite des communistes tchèques et Vaclav Havel a très finement analysé cette dérive perverse un jour, devant le Bundestag en Allemagne. Aujourd'hui, c'est le joujou favori très en vogue parmi les élus ou parfois militants MoDem qui ont choisi de s'allier coûte que coûte avec la gauche. On les entend même hurler au déni de démocratie alors même que le Conseil National du MoDem (son Parlement, en somme) a validé à une écrasante majorité la stratégie actuelle. Choix démocratique qui leur vaut les qualificatifs les plus "aimables" de nos experts en démocratie. Les voilà devenus des toutous à son bon maître, des traîtres, des lâches au garde-à-vous, et cetera...Il y en a quelques uns qui ont tout de même du mal à admettre les effets du vote démocratique...

Évidemment, dans nos alliances nouvelles, il y a des choses qui ne me font pas toujours plaisir. Quand je vois PCD accolé au sigle du MoDem, je l'ai évidemment très mauvaise. Je ne peux pas voir Boutin en peinture. Je ne peux la saquer, ni elle ni son parti. L'un et l'autre représentent l'idée exactement inverse de celle que je me fais de la foi et de son expression. En allant faire la guignole un voile sur la tête en Iran, Boutin a simplement montré qu'elle avait du Catholicisme la même représentation que celle que les pires intégristes islamistes ont de l'Islam. 

Alors évidemment, quand elle revendique l'héritage de la démocratie-chrétienne, j'ai comme un haut le coeur. 

Mais bon, je m'égare à nouveau.

Comme le dit Jean-François (Martins), après les élections municipales, le MoDem aura plein d'élus. Et il n'aura pas perdu son âme pour autant.

J'avais dit que je ne voulais plus prononcer le mot "valeurs" mais allons-y puisqu'il faut en parler. Je n'aurais pas la bêtise d'associer les Communistes actuels à Staline ou Mao ni à la Corée du Nord. Je crois qu'ils condamnent autant que moi les dérives de l'URSS, de la Chine à leur période la pire ou de la tyrannie atroce qui sévit au nord de Séoul. 

Oui, ils les condamnent, mais, sur le font, ils ne remettent pas en question les principes économiques qui ont prévalu dans ces pays, y compris au moment des pires famines de leur histoire. Or, si la Chine et l'URSS ont fait 20 à 40 millions de morts chacune, ce n'est pas seulement sous l'effet des fous furieux qu'elles avaient porté à leur tête ou encore de l'essence totalitaire de leur régime, mais aussi de leurs choix économiques. Je lis chez les alliés d'Anne Hidalgo toujours la même condamnation de l'économie de marché. Pourtant, on ne peut pas dire que l'économie socialiste, fut-elle autogestionnaire, ait amené un développement probant chez les peuples qui en ont subi les errements.

Alors les valeurs, c'est quoi ? Parce que personnellement, cela me mettrait mal à l'aise de m'associer avec des individus qui prônent au fond des principes économiques aussi calamiteux. En tout cas, c'est du même tonneau que de copiner avec le PCD et les affidés de Boutin en règle générale. Et encore, je suis assez gentil, parce que si les Communistes sont assez modérés, finalement, il n'en va pas toujours de même d'un certain nombre de verts ou de membres du parti de gauche qui eux érigent en vertu la spoliation au nom de la lutte contre le Grand Capital. Ces gens-là, très peu pour moi. Et en creusant, je peux leur trouver quelques autres travers qui n'auront pas grand chose à envier à ceux de la guignole à voile de Téhéran.

L'UMP n'est pas le Diable, même si elle a porté à sa tête une girouette opportuniste et parfois malfaisante (après un vote aux résultats un tantinet contestés, tout de même...). Il est de bon ton chez nos moralistes de pacotille d'assurer que l'UMP aurait ouvert la porte aux revendications du FN. Je crois pour ma part que toute la classe politique a une responsabilité dans la montée en puissance de ce parti nationaliste et xénophobe, mais, au premier chef, toute une intelligentsia réformiste, dégoûlinante de bonne conscience, affectionnant le multiculturalisme pour les autres, et détestant l'expression populaire non-conforme à sa représentation de la mondialisation heureuse.

Je ne légitime pas l'alliance avec l'UMP dans certaines villes, mais j'ai des hurlements électroniques qui me font encore sonner les tympans virtuels. 

Il y a et il y aura encore des frictions pendant les élections municipales, principalement auprès des élus de 2008, d'ailleurs. Gaël Vaillant, du JDD, qui affirme que le MoDem se déchire, admet cependant en conclusion de son article que le MoDem devrait conserver la majorité de ses troupes.

Moi je pense une chose : le MoDem sera beaucoup plus fort après les municipales parce qu'il aura commencé à constituer un réseau d'élus et c'est ce qui lui manque. Les militants cesseront de tourner en rond parce que ces élus pourront leur confier des missions et les coordonner. J'ajoute que jusqu'à ce que le MoDem soit assez fort, il a intérêt à rééditer cette stratégie. Donc, pour ceux qui s'interrogent sur les Régionales, je peux par avance donner la réponse : la stratégie sera identique. Alliance avec la droite républicaine au premier tour, parfois au second seulement.

Cela n'empêchera pas le MoDem d'assurer une opposition constructive et de donner son aval, bien sûr, aux mesures du Président Hollande qu'il jugera pertinentes. 

La seule chose qui pourrait changer la donne serait un très gros score aux européennes. On y travaille...

00:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (49) | Tags : modem |  Facebook | | |

jeudi, 13 février 2014

C'est quoi un bon maire ?

Ce qui frappe souvent les observateurs de la vie politique c'est la facilité avec laquelle des maires condamnés pour des abus de toutes sortes sont réélus avec une facilité déconcertante.

On trouve toujours des listes citoyennes pour tomber dans le panneau et présenter une liste "propre" après avoir signé une charte anti-corruption. Quelque chose de totalement inefficace électoralement.

A vrai dire, pour être honnête, je n'aurais pas envie de voter pour quelqu'un dont le seul programme consiste dans la volonté d'être pur.

Quand on se présente à une élection municipale, on doit d'abord réfléchir à ce que l'on peut faire pour améliorer la vie de ses futurs administrés. Et dans ce domaine, il faut bien se dire que le ressenti compte au moins autant que les faits.

Pourquoi Balkany passe à chaque élection à Levallois avec une majorité écrasante ? Parce que les rues sont propres et sûres, la ville tranquille et disposant de suffisamment de services pour la demande locale.

Si on veut lutter contre la corruption, il faut agir au niveau national en faisant voter des lois qui interdisent à un individu condamné pour détournement de fonds publics de se représenter à une élection pour le restant de son existence.

Au niveau local, faire des promesses de morale et de pureté, cela ne sert à rien. Vraiment à rien du tout. Les Français sont l'un des peuples d'Europe qui hésite le moins à reconduire un élu condamné dès lors qu'il s'agit d'une élection locale. Les élus nationaux sont perçus comme malhonnêtes et retors parce qu'ils paraissent éloignés du peuple. Mais les élus locaux bénéficient eux de toute la mansuétude des électeurs.

23:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : maire, corruption |  Facebook | | |

jeudi, 06 février 2014

Chasse aux dépenses, c'est parti !

Les choses sérieuses commencent à prendre corps : Hollande a assuré qu'il allait réduire les charges des entreprises, et, pour cela, il sait qu'il doit réduire les dépenses.

D'après les Échos, le Ministre du Budget commence à recevoir tous ses collègues, mais j'ai cru comprendre que l'Élysée entendait piloter la chose. C'est en tout cas ce que je lis dans Le Figaro.

J'ai lu que François Hollande voulait en finir avec les coupes budgétaires aveugles mais réfléchir, désormais, sur les causes structurelles des dépenses et notamment redéfinir les missions de l'État.

C'est un point de vue que je défends depuis fort longtemps ici. François Hollande aura-t-il le courage de mécontenter ses clientèles et de proposer aux Français de vrais choix ?

J'attends de voir, parce que par exemple, sur la réduction du nombre de collectivités locales, on peut dire qu'il a commencé d'emblée par une reculade.

Et pour l'instant, la méthode utilisée demeure la lettre de cadrage. C'est le chemin naturel de la coupe budgétaire aveugle, dont je me méfie énormément. Le coup de rabot, ça ne marche pas et cela crée des mécontents en grande quantité. 

Je suis blasé et passablement lassé des déclarations sans lendemain. Mais, si vraiment le président Hollande se résout à s'engager dans des réformes d'envergure, sait éviter les écueils idéologiques venus de tout horizon, pas seulement de la gauche, mais aussi de certains cercles libéraux extrémistes, alors peut-être y-a-t-il la place pour une grande politique sociale-libérale en France.

Mais je le dis tout de suite : le débat ne fait que commencer même si on en devine quelques prémices dans la presse.

jeudi, 23 janvier 2014

L'étonnant rassemblement de François Bayrou à Pau

J'avoue être un peu soufflé par les réussites de François Bayrou à Pau. J'avais été l'un des premiers à écrire ici que je lui déconseillais d'y aller parce que je pensais que c'était très casse-gueule pour parler familièrement.

Mais, dans les faits, Bayrou est d'abord parvenu à unifier tout le centre autour de lui, puis une bonne partie de l'UMP, et, aux dernières nouvelles, des élus de gauche venus de l'équipe de Lignères-Cassou. Ils regrettent la gestion sectaire de cette dernière et saluent les choix courageux de Bayrou. Avec le ralliement de Saubate, cela commence à faire une majorité de plus en plus large. Il faut voir comment cela se traduira dans les sondages, mais la logique serait de voir la proportion de Palois se reconnaissant dans une telle alliance s'accroître significativement.

A vrai dire, la campagne de Bayrou est bien particulière : il a quasi-complètement disparu des écran-radars de la sphère médiatique depuis un bon moment. Un choix volontaire, il est tout entier tourné vers Pau. Même pour nous, militants du MoDem, quand nous ne faisons pas partie des sections présentes sur le terrain palois, nous ne sommes pas vraiment au courant de ce qui se dit à Pau. Quelques échos surgissent de temps à autre dans la presse, surtout régionale à vrai dire.

Ce qui est intéressant, c'est que Bayrou est en passe de réussir le rassemblement qu'il a si longtemps proposé à l'échelle nationale. L'exemple palois deviendra un cas d'école s'il remporte les élections et gagne ainsi son pari.

J'ai bien vu qu'il avait quelques idées assez atypiques pour Pau mais je ne crois pas utile de les évoquer pour l'instant sur ce blogue, pas vraiment local. Il sera toujours temps d'y revenir. Je retiens toutefois deux choses : a) l'idée d'évaluer les élus. Très bonne idée, j'y suis favorable : on est trop souvent confronté à des fainéants qui se permettent d'être méprisants envers l'ouaille ordinaire. b) ses bus à haute fréquence de passage plutôt qu'un tramway. Aussi efficaces que le tramway et solution dix fois moins onéreuse.

Franchement, pour les Palois, je dis «Persévère, François ! A Paris, on a laissé Delanoë et ses bobos faire leur tram à la place du PC parce que ça faisait "bien" pour l'image de la ville et on s'est mangé dans les dents des dépenses monumentales et plus de 40% de hausses d'impôts locaux ! » De manière générale, les Socialistes de Pau ne sont pas différents de ceux de Paris, à ce que je vois : ils aiment bien paralyser la moitié d'une ville avec des travaux incessants et dépenser sans compter... 

 

23:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bayrou, pau |  Facebook | | |

mardi, 21 janvier 2014

Mais où Hollande compte-t-il économiser pour financer ses mesures ?

Difficile de ne pas se poser la question : 30 milliards de charges en moins pour les entreprises, baisse des prélèvements sur les ménages, compte-tenu des sommets atteints par le budget de l'État, impossible à réaliser sans une réelle stabilisation des dépenses de l'État en euros courants (en euros constants, cela revient à une diminution). C'était d'ailleurs une des principales mesures de Bayrou en 2012.

Je ne suis évidemment pas le seul à poser la question et certainement pas le plus compétent pour imaginer des pistes. Je peux en revanche commencer ce que disent la presse et les experts.

Ce qui est certain c'est que j'abonde sur un point dans le sens de la Cour des Comptes : des coupes à l'aveugle vont mettre à mal le service public. Ce sont donc des réformes structurelles qui sont nécessaires.

Ce qui risque d'être douloureux c'est que 50% de nos dépenses proviennent de la sphère sociale. Soit on réduit les avantages sociaux pour tout le monde uniformément, soit on les rend plus difficiles d'accès. On peut aussi combiner les deux. Il va falloir faire un tri et tenter déjà d'en finir avec les abus, même si je doute que cela soit le principal gisement d'économies.

On peut espérer une réforme de l'État, mais, comme jusqu'ici elle n'a consisté qu'à donner des objectifs de réduction de frais, je ne crois guère à des miracles de ce côté-là. 

Je voudrais faire une remarque sur la réduction du mille-feuille administratif : ce n'est pas tant la suppression d'une fonction ou d'un échelon local (par exemple le département) qui génère en soi des réductions de la dépense que la disparition des individus qui en inventent ! Moins d'élus = moins de promesses, tout simplement. Moins d'échelons = moins d'avantages à distribuer aux clientèles électorales de toutes sortes, moins de marchés truqués et faisandés. Mais, dans le même temps, pour éviter la constitution de véritables féodalités, il est impératif de reprendre la réforme des territoires en instaurant partout le suffrage proportionnel intégral avec quelques seuils afin d'exclure les effets d'aubaine des lobbies de toutes allégeances.

Le chemin risque d'être long et la majorité de François Hollande de renâcler. C'est pour cette raison qu'il a intérêt à tenter des gros packs de réformes par la voie royale par excellence : le référendum.

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lundi, 20 janvier 2014

MoDem et UDI : une ascension continue...

J'ai bien noté la progression constante dans l'opinion de l'UDI et du MoDem depuis plusieurs mois, creusant désormais nettement l'écart avec les autres partis. S'il est clair que l'Alternative a apporté à l'un et à l'autre, il n'y a pas que ça.

a) je me suis échiné à expliquer depuis plusieurs années déjà qu'il existe un gros espace au centre-droit : l'Alternative le comble désormais, sachant que pour l'instant, nous sommes sur un plancher (10% environ) mais que notre amplitude monte à 20%

b) la modération de Bayrou et de Borloo plaît aux Français

c) la ligne qu'adopte Hollande (en paroles seulement pour l'instant) est peu ou prou ce que proposent les deux partis, particulièrement François Bayrou et son MoDem, depuis un moment déjà.

En quelques lignes, le MoDem et l'UDI, avec quelques variations entre les deux partis, c'est une politique de l'offre favorable à l'entreprise, la réduction des déficits et la baisse de la dépense publique, une approche modérée, consensuelle et libérale des questions de société, des filets de sauvegarde pour préserver la solidarité et protéger les plus faibles, le refus des stigmatisations et des divisions artificielles, qu'il s'agisse de l'immigration ou qu'il s'agisse des "riches".

Le défi qui nous attend, désormais, ce ne sont pas les municipales même s'il existe quelques bisbilles çà et là mais l'Europe. De très grands défis nous attendent car il s'agit d'amorcer la mutation de l'héritage européen avec des propositions nouvelles afin d'en faire une entité efficace, transparente et proche des Européens, à commencer par les Français, c'est bien là son principal travers.

L'Alternative est en cours de construction mais elle a désormais des cartes intéressantes en mains. 

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