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  • Kadhafi, à force de se faire des ennemis...

    Je me disais, tout de même : en dehors de Chavez, toujours prêt à prendre la défense des pires dictatures de la planète, Kadhafi s'est mis tout le monde à dos.

    Il a cherché à déstabiliser les nations arabes, ses voisins africains, il a encouragé le terrorisme et tenté de concurrencer al-qaeda. Résultat des courses, personne n'a envie de l'aider.

    Il a son clan (mais pour combien de temps ?), son argent, et ses mercenaires, et c'est tout...

    L'intervention de la coalition a permis d'éclaircir le ciel et de rendre inopérants les blindés. Désormais, la voie est libre pour les insurgés, même si, à l'évidence, il faudra encore beaucoup se battre...

  • L'Europe peut-elle encore quelque chose ?

    J'avoue que l'Européen pourtant convaincu  que je suis devient de plus en plus sceptique, ces derniers temps, vis-à-vis de l'Europe. L'incoyrable faiblesse de ses instances, quand il s'est agi de soutenir les rebelles en Libye me paraît du plus mauvais augure.

    J'ai parfois le sentiment que l'Europe est devenue tout juste bonne à transmettre des directives de commissions occultes nommées par les États, pas même par le Parlement européen.

    La culture de la négociation qui règne au Parlement finit par se confondre avec celle de la compromission dans bien des cas. En fait, l'Europe ressemble de plus en plus à l'ONU, c'est à dire un machin bureaucratique juste bon à fixer des règles financières et économiques, et encore. Une zone de libre-échange avec des règles communes, en somme. Jamais l'Europe politique n'a paru aussi lointaine.

    Finalement, dans l'affaire libyenne, le moteur européen, c'est la bonne vieille alliance franco-britannique. A cette dernière s'ajoutent le Danmark, la Belgique, la Norvège et l'Espagne dont les apports sont loin d'être négligeables (plusieurs avions de combat, ce n'est pas rien !). Il y a bien sûr le Canada, allié de toujours, et l'Amérique qui participent en fournissant la logistique ou des avions. Des avions qataris, enfin, pays le plus libéral du Golfe, serait en route vers les côtes libyennes.

    Hélas, l'Europe est avant tout un polygone à géométrie variable : selon que cette dernière soit économique, politique, militaire et/ou diplomatique, le polygone prend des formes diverses, s'étend ou se rétrécit, sans former clairement une figure définie. Marielle de Sarnez le disait  il y a peu, 

    Quand un peuple se trouve livré à la menace meurtrière de son dirigeant, c'est bien de l'essentiel qu'il s'agit. Alors grâce aux efforts de la France et de la Grande-Bretagne une résolution a été adoptée. Nous avons pu empêcher que Kadhafi n'atteigne Benghazi, mais la division de l'Europe est consternante !

    J'adore ce que Juppé a dit à propos de l'Europe jeudi (il est vraiment exceptionnel, comme Ministre des Affaires étrangères, cet homme-là !) : 

    «Pour beaucoup de nos partenaires, l’Union européenne est une ONG humanitaire. Ce n’est pas notre conception.»

    Tout à fait. Et pas la mienne non plus. J'ai trouvé, au passage, sa position sur le rôle de l'Europe dans l'affaire ivoirienne très juste : 

    «l’Union européenne n’a pas vocation à régler tous les problèmes de la planète. D’autres organisations doivent prendre leurs responsabilités».

    Tout pareil. Il pense à l'Union africaine ou encore à l'ONU. La France peut jouer un rôle diplomatique, mais elle n'est pas le pompier de la planète.

  • Libye : stupide presse française !

    Décidément, côté presse française, on n'a pas compris que la JIRNA, l'agence d'information kadhafiste est avant tout un instrument de propagande. Quand je vois le Parisien reprendre idiotement les communiqués de la dite agence, la moutarde me monte au nez. La JIRNA annonce 114 morts civils à cause des bombardements de la coalition. Pourtant, même si on reste prudent du côté des alliés coalisés, on fait valoir que les objectifs visés sont très précis. Par ailleurs, au milieu de la semaine, l'aviation britannique a renoncé à une mission par crainte de toucher des civils. Dans la tactique de la coalition, c'est le paramètre prioritaire.

    Et pendant ce temps, on trouve des organes de presse pour relayer avec des titres péremptoires la propagande kadhafiste. Ils ont des actions dans le régime ou quoi ? Le bon sens eût été de titrer quelque chose du genre "la JIRNA affirme que..." , pas "Libye les raids de la coalition ont tué 114 civils". 

    Cela donne juste une idée du niveau de rigueur du Parisien dans la couverture des évènements.

  • Tours triangle et péages franciliens : la chasse aux gueux est ouverte chez les Socialistes !

    On se déchaîne chez les Boboï ? Quès Acquo les Boboï ? On a retrouvé tout récemment des manuscrits inédits. Des codex, enfin plutôt des volumen. On s'est rendu compte que la Guerre des Gaules, celle-là même que Jules César écrivit il y a un peu plus de 2000 ans n'était pas tout à fait complète, en fait.

    On sait qu'à Lutèce, au temps des Gaulois, il y avait plusieurs tribus : les Parisii, les Sequanes, ça, c'était connu, mais, grâce à de toutes nouvelles recherches, on a découvert, en mettant la main sur un chapitre manquant de l'oeuvre célèbre du grand Jules, une autre tribu gauloise francilienne : les Boboï et leur chef suprême Delanopourix.

    Delanopourix qui avait voyagé du côté de Babylone (Babel, quoi) rêvait de construire des tours d'une ampleur similaire dans la bonne ville de Lutèce. A cela s'ajoutait qu'il voyait d'un mauvais oeil les tribus alto-séquanes et dionyso-séquanes, qui jouxtaient Lutèce et lui faisaient de l'ombre. Pour s'assurer la tranquillité, Delanopourix s'était associé aux Verdix et à leur chef Baupinus Detritus. Ce remuant allié pouvait être casse-pied, mais sur le fond, il servait les plans secrets de ce chef local, en lui apportant une caution nécessaire pour faire bonne figure le jour du Municipe à Lutèce, quand il s'agissait de nommer un chef pour les années qui suivaient. 

    Outre les Alto-Séquanais et les Dionyso-Séquanais, il pouvait se mêler à ces proches voisins des Sénons et des Carnutes, venus respectivement du sud-est et du sud-ouest des environs de Lutèce.

    Delanopourix supportait difficilement les effluves puantes des chariots à purin de ces peuplades lointaines. Il était difficile de leur déclarer la guerre, mais, avec ses alliés Socialii, il avait trouvé la parade : l'octroi ! Mais attention, un octroi astucieux : plutôt que de risquer  de réclamer tribut à ses propres administrés, il était autrement plus fûté de réclamer taxes, dîmes et gabelles aux gueux Sénons et Carnutes (entre autres). Chaque fois que ces derniers empruntaient les viae bâties à la sueur de leur front par les Romains qui observaient ces querelles lilitputiennes d'un oeil amusé, Epafunetax, l'édile favori de Delanopourix leur prélevait quelques menues sesterces. De sesterces en deniers, de deniers en as, et d'as en sesterces, cela finissait par faire de belles sommes ; toutefois, la source vint un jour à tarir, Sénons et Carnutes renonçant à se rendre à Lutèce.

    Delanopourix tenait à sa botte l'assemblée des édiles de Lutèce. Oh, certains faisaient bien semblant de lui mener une guerre sans merci, mais, sur les grands principes (faire payer les gueux, engager Epafunetax à s'employer autant qu'il le pouvait, construire des tours de Babel) ils se retrouvaient.

    Toutefois, un édile, de pauvre condition mais fier, Johanus Franciscus Martius de la petite tribu des Democratix, résistait encore et toujours aux boboix et à leurs alliés.

    Il avait observé que la généralisation de l'octroi pesait singulièrement sur les bourses pourtant très aplaties des Senons et des Carnutes, et que la construction de très grandes tours, comme à Babylone, contraindrait à garantir plusieurs centaines de coudées à la ronde de sécurité autour de chacune d'entre elles. Or, elles étaient censées fournir dans le sens vertical ce que Lutèce n'offrait plus dans le sens horizontal faute de place. Il y avait donc là un paradoxe fâcheux qui ne semblait pas frapper plus que cela Delanopourix et ses Boboï. A cela s'ajoutaient des coûts d'entretien et d'exploitation que Delanopourix comptaient bien faire régler d'une part à ses Boboï, mais d'autre part et surtout, aux gueux taillables et corvéables à merci. 

    Pas fou, Delanopourix, suivant en cela un exemple bien romain, s'était toutefois assuré le soutien d'une partie de la plèbe lutécienne. En effet, il versait l'annone, comme à Rome, à certains d'entre eux. Cette manne inespérée pour certains permettait une division salutaire de la plèbe ; inspiré par la pratique romaine, Delanopourix garantissait panem et circenses au bon peuple de Lutèce tout au long de l'année. Ainsi, ayant endormé les consciences et acheté les estomacs, il pouvait, par le fait du prince, mener et malmener bâtisses voies et taxes de Lutèce à sa volonté.

  • Le droit des filles

    Je ne connaissais pas les Enfantastiques que je viens de découvrir : c'est une chorale d'enfants de l'école d'Ermitage à Maisons-Laffite. Ils ont dédié leur dernière composition aux filles et à la condition des filles dans le monde. J'aime beaucoup. Plan France a pu utiliser ce morceau original dans le cadre de sa campagne en faveur du droit des filles. J'en profite pour rappeler quelques chiffres, issus de leur site.

    - 96 millions de jeunes femmes contre 57 millions de jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans ne savent ni lire ni écrire
    - 50 % des agressions sexuelles du monde entier concernent les filles âgées de moins de 15 ans.
    - 82 millions de filles vivant dans les pays de développement et âgées de 10 à 17 ans se marieront avant leurs 18 ans. Plus de 70 000 adolescentes se marient chaque jour.
    - Les femmes ne gagnent que 10 % des revenus mondiaux alors qu’elles effectuent les 2/3 des heures travaillées dans le monde
    - 7,3 millions de jeunes femmes vivent avec le virus du VIH/SIDA comparé à 4,5 millions pour les jeunes hommes
    - 14 millions de filles âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année dans le monde entier.

    Tout à fait accessoirement, ce morceau de musique peut à mon avis percer et débarquer sur toutes les radios rapidement s'il est bien relayé. Au niveau mélodique, il vaut les plus grands succès populaires. Écoutez, vous aimerez...

  • Tout ça pour deux robes longues ?

    J'ai entendu qu'à Saint-Ouen, on veut interdire à quatre élèves de porter des robes longues dans un lycée. Je me demande si on ne pèche pas par excès, en la circonstance.

    Bien sûr, ne nous leurrons pas : il s'agit bien de jeunes filles qui portent le voile en dehors de l'école et dont l'islamisme est patent. Pour autant, dans l'enceinte de l'école, elles en respectent le règlement, portent des tenues de sports quand cela leur est demandé, et cetera.

    Il ne faudrait pas que la chasse au fondamentalisme vire au maccarthysme hystérique. On a le droit de se couvrir le corps si l'on désire l'exposer le moins possible. 

    Soit on impose un uniforme à tout le monde, et la règle est claire, soit on laisse chaque individu s'habiller comme il l'entend, dans les limites de la décence, de l'absence de prosélytisme et de respect des lois de la République.

    Cela dit, les jeunes filles en question n'ont jamais été menacées d'exclusion. On leur a simplement rappelé la nécessité de ne pas faire preuve d'ostensation pour leur pratique religieuse. Il est clair qu'en ajoutant le voile à la robe longue, ne fût-il que sur la tête, elles cherchent certainement la castagne. Et puis quand on voit qui les soutient, ça ne donne pas envie de les défendre. Ce sont là certainement des gamines intoxiquées qui font leur crise d'identité, sans doute avec l'aval au moins partiel de leurs familles.

    Bref, elles se moquent du monde en essayant de contourner la loi. Ce qu'a signifié le lycée à ces élèves, c'est qu'il ne fallait pas trop prendre sa direction pour des imbéciles. 

    Elles ont testé, elles ont vu, maintenant, elles devraient chercher à calmer le jeu : par exemple, garder leur robe longue, mais cesser de venir avec leur voile (elles voient bien que cela énerve passablement la société française, donc qu'elles évitent de faire de la provocation...).

     

  • Une droite pas assez à droite ?

    C'est très amusant toutes les analyses que je lis sur le FN ces derniers jours. On reproche à Sarkozy d'avoir droitisé le FN et d'avoir ainsi ouvert la voie au FN. Ben non, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est de ne pas avoir droitisé ses actes. Quand j'écoute les gens qui votent pour FN, il y a tout de même des antiennes qui reviennent :

    - le sentiment d'être abandonnés, certes, mais, constamment, l'insécurité et l'immigration. Alors, certes, cela ne préoccupe peut-être qu'une minorité de Français, mais pas de chance, la minorité en question vote pour le FN. 

    - il est possible de faire reculer le FN. C'est juste une question de volonté. Il suffit de donner les moyens matériels et humains appropriés à la police, la gendarmerie et la justice pour fonctionner. C'est tout. A la limite, l'immigration n'est que secondaire, car elle ne préoccupe les Français que pour autant qu'elle génère de l'insécurité. Alors bien sûr, l'insécurité générée est le fait d'une minorité, mais le problème, c'est que cette minorité, on la voit sur tous les fronts des mauvais coups et de la délinquance. Les journalistes ont beau parler de jeunes, de jeunes gens, d'adolescents, de rixes entre bandes, personne n'est dupe. On sait très bien, dès que l'on se penche sur les faits, que ce sont majoritairement des jeunes d'origine immigrée qui sont impliqués.

    - finalement, une politique sécuritaire, une vraie politique de répression, avec les moyens qui vont avec, c'est le plus sûr moyen de faire reculer la xénophobie. 

    Je ris quand j'entends des chroniqueurs parler de ces petits villages ruraux et paisibles qui ne connaissent ni insécurité ni immigration et qui votent pourtant FN. C'est parfaitement faux. En fait, d'ores et déjà, dans certains de ces ensembles péri-urbains, il y a des bandes qui débarquent et sèment sinon la terreur au moins la peur. Alors, certes, peu de faits signalés, mais la peur est là. 

    Ce que Sarkozy et l'UMP ne parviennent pas à comprendre c'est qu'ils ne regagneront pas l'électorat qu'ils ont perdu avec des mots. Il faut des actes, et ces actes ne sont possibles qu'avec des moyens ad hoc. Falsifier les chiffres en annonçant des réussites mirobolantes n'y changera rien. La température, ce sont les faits qu'i fleurissent çà et là dans la presse. Quand les faits (qui sont décidément têtus) baisseront vraiment, c'est à dire qu'on fera parler la matraque et le gnouf chaque fois que nécessaire, à ce moment-là, le FN reculera. 

    Il existe d'autres causes qui favorisent le vote FN, mais j'y reviendrai dans un second billet. De toutes façons, les sondeurs politiques qui sont habitués à raisonner sur des faits et pas sur des discours idéologiques expriment de manière claire ce qu'il en est globalement. 

    Enfin, bon, de toutes façons, je me répète : cela ne fait jamais que quatre ans que je dis les mêmes choses à l'envie sur ce blogue. J'adore d'ailleurs, quand on vient me qualifier de réactionnaire de facho, de droitier, ou encore de sous-marin du Front National...

     

     

  • Dragons of Atlantis, compassion pour le Japon

    A mes heures perdues, je me livre à un vice commun sur la Toile : le jeu. Pas un jeu d'argent, mais un vulgaire jeu de stratégie, de gestion et de guerre, assez peu sophistiqué, au demeurant. Comme il est possible d'y constituer des alliances, l'esprit de camaraderie, le goût partagé pour son caractère ludique, compensent son absence de développement et de possibilités. Dragons of Atlantis fait partie de ces nombreux applets qui foisonnnent sur facebook.

    L'équipe de développement a néanmoins eu une idée originale, tout récemment, en réaction au séisme et à la catastrophe nucléaire qui frappe le Japon. En temps normal, on peut acheter tout une série d'articles servant à implémenter le jeu en payant en "rubis", pierres virtuelles que l'on achète à prix d'or en faisant chauffer sa carte bleue.

    Or, parmi les articles en question, j'en ai découvert un d'un nouveau genre : le Coffre de Compassion. Il donne droit à quelques tickets de loterie ainsi qu'à quelques menus dispositifs de jeu, mais surtout, l'argent versé pour son achat est intégralement reversé à la Croix Rouge pour le Japon. Bref, une invitation à joindre l'utile à l'agréable. Je trouve le principe intelligent et bien pensé.

    Je signale sinon que la Croix-Rouge française dresse un état des lieux de la catastrophe au Japon et a mis un formulaire de don en ligne. C'est peut-être mieux que ce que j'ai fait lundi dernier, parce qu'en donnant directement à la croix-rouge japonaise, je pense que je me suis grillé pour la réduction d'impôt.

  • Pensons aux civils libyens !

    Il y a quelques bisbilles entre Britanniques et Français à propos de Kadhafi. Le Foreign Office estime que le mandat de l'ONU l'autorise à viser spécifiquement Kadhafi. Ce n'est pas la position (et à raison !) du Quai d'Orsay. Notre mission devrait juste se limiter à neutraliser l'aviation et les blindés de Kadhafi. Le reste est entre les mains du peuple libyen. S'il veut se débarasser de Kadhafi, il s'en débarassera, et s'il souhaite le garder, il le gardera. 

    En revanche, ce que nous pourrions faire, avec une protection militaire, c'est d'aider les populations civiles à coups de parachutage d'eau et de vivres.

    De même il ne faut en aucun cas prendre le moindre risque avec des civils. J'ai appris que ce matin, les Anglais avaient abandonné une opération en cours en raison de la présence de civils. Ils ont eu tout à fait raison. Ce doit être même une priorité stratégique absolue : aucune perte civile.

    Par ailleurs, beaucoup de pays souhaiteraient que l'OTAN prenne le relais de coalition : surtout pas malheureux !!! Catastrophe dans l'opinion arabe si un tel choix était fait. La France renâcle à cette substitution, et elle a tout à fait raison. 

    Tout de même, depuis que Juppé est aux affaires, c'est autre chose, notre diplomatie...

    Toute la difficulté, désormais, cela va être de prendre langue avec la société civile libyenne. On connaît très peu de choses sur la Libye. Pour ma part, je me souviens très bien qu'à l'époque où je dévorais les publications de l'IFRI sur le monde arabe, je ne trouvais rien sur la Libye, pays qui m'intéresse de longue date.

    Il y a tout de même un élément qui m'interpelle depuis le début de la révolte : Benghazi est le chef-lieu de la Cyrénaïque, Tripoli de la Tripolitaine. La première est plutôt proche de l'Égypte, la seconde de la Tunisie. C'est de Cyrénaïque que se sont produites les tentatives d'assassinat de Kadhafi au début des années 2000 et également là-bas que des groupes salafistes se sont développés, notamment à Benghazi. Je ne fais évidemment pas de procès d'intention aux insurgés, mais j'observe tout de même que les premières armes ont été prises via une attaque-suicide contre une caserne...

    Il me semble que notre diplomatie devrait être très prudente sur ce point : il ne s'agirait pas d'apparaître comme des alliés de la Cyrénaïque contre la Tripolitaine.

    Kadhafi a bien des travers, mais il ne faut pas le réduire à son seul despotisme : la Libye est aussi le pays le plus développé d'Afrique, du point de vue des conditions de vie des individus, et, il a également fait beaucoup pour la condition des femmes libyennes en leur ouvrant la voie des études et en reculant l'âge du mariage.

    A cela s'ajoute qu'il existe près de 150 tribus différentes dont nous ne connaissons quasiment rien. Le renseignement français a du boulot, et il ferait bien de s'ateler à la tache assez vite...