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vendredi, 31 août 2007

L'Impôt plancher financera le Paquet fiscal

Et voilà, je l'aurais parié. Il fallait bien que le gouvernement trouve des sous pour financer son satané paquet fiscal. Résultat des courses, les déductions d'impôt qui favorisent l'emploi vont payer les crédits d'impôts qui vont favoriser la hausse immobilière. Et ce pauvre Charles Amédée de Courson qui, je le sais, est sensible à la question de la dette, a avalisé tout cela sans broncher. Il est vrai que l'UDF prévoyait la disparition des niches fiscales, pendant les présidentielles, mais sans doute pas celles qui pesaient sur l'emploi ! Et puis c'était dans le cadre d'une réforme de l'ISF.

Manque de professionnalisme flagrant : on annonce une mesure sur le crédit d'impôt puis on la retire 2 mois plus tard, et on restreint encore davantage son champ d'application en augmentant l'avantage. Bonjour la justice sociale, et tant pis pour ceux qui avaient escompté récupérer un peu de revenus sur le crédit d'impôts. Si c'étaient les mêmes qui employaient un salarié chez eux, et qui en plus ont vu finalement leur feuille d'impôts sur le revenu augmenter à l'issue du mois d'août, ils peuvent tous chanter en coeur : Merci Nicolas Sarkozy d'avoir augmenté significativement nos impôts.  

Bon, fallait voter Bayrou, hein, on vous l'avait dit. Ou à défaut Royal : elle aurait eu le mérite de ne toucher à rien. 

Petite remarque : ne manquez pas d'acheter le Canard enchaîné du 29 août 2007, il calcule cela de manière précise, concise et frappante (surtout pour le portefeuille)... 

Small Business Act à l'européenne ? Merci Bayrou !

Nicolas Sarkozy a récemment repris une idée de François Bayrou et de l'UDF, sans doute sous l'influence du Nouveau Centre.  L'idée est de réserver une part des marchés publics aux PME, ce que François Bayrou avait appelé un "Small Business Act à la française". Evidemment, pour un sympathisant de l'UDF-MoDem, c'est toujours plaisant de voir les idées de son mouvement politique appliquées par un gouvernement, même si l'on aurait préféré que ce soit l'initiateur de l'idée, François Bayrou, qui l'appliquât à la place sa copie, Nicolas Sarkozy...

Toutefois, cette loi n'est pas gagnée, loin de là : en France le nouveau code des marchés publics ne donne aucun avantage aux PME, contrairement au code américain. Il autorise seulement la segmentationdes marchés publics en lots séparés, dont certains à destination des PME.

Pas de chance pour les PME, les gros bras, notamment ceux du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage…) et  leurs homologues belges, espagnols et italiens ont saisi le Conseil d'Etat et obtenu l'annulation de plusieurs articles du nouveau dispositif. Bien évidemment ceux qui ont pour objet de faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises à la commande publique.La Haute Cour administrative a en effet jugé  que le texte rédigé par Bercy présentait, sous certains aspects, « un caractère discriminatoire » et qu’il méconnaissait le « principe d’égal accès à la commande publique ». Adieu, donc, possibilité pour une collectivité publique de déterminer un nombre minimal de PME aptes à répondre à un appel d'offre.

La seule chose que le Conseil d'Etat a laissé passer, c'est une disposition qui permet de savoir quelle part reviendra à des PME sous-traitantes, mais sans pour autant avoir « pour effet d’autoriser le pouvoir adjudicateur à retenir les conditions de la sous-traitance comme critère de sélection des offres pour l’attribution du marché ».

Conséquence, il ne reste plus qu'à négocier au sein de l'OMC une dérogation similaire à celle des PME américaines. Or, seule la Commission Européenne peut négocier une telle dérogation, ce qui fait que ce sera à toutes les PME européennes que s'appliquera un tel dispositif s'il passe finalement.

On peut avoir bon espoir d'obtenir raison, car on ne voit pas au nom de quoi il serait juste que PME Américaines et PME Européennes  soient traitées différemment. Manifestement, sur ce point, Christine Lagarde a bien fait son boulot puisqu'elle a d'ores et déjà envoyé un memorandum à la Commission.

Bon courage au gouvernement, et bravo à François Bayrou d'avoir initié cette idée, car, si elle passe, toutes les PME Européennes lui en seront redevables.

jeudi, 30 août 2007

Transports à Paris : un enjeu fort pour l'UDF !

Intervention de Didier Bariani lors des débats des 12 et 13 février 2007 au Conseil Municipal de Paris

Quant à nous, nous avons des priorités que nous estimons prioritaires par rapport aux vôtres. Et je vais vous les dire. Marielle de SARNEZ, les élus U.D.F. et moi-même nous allons les défendre avec force, l’année prochaine, devant les Parisiens. Il faut ménager des déplacements et des stationnements nécessaires aux activités économiques et sociales. C’est notamment le sens de l’application de la “Charte de bonnes pratiques des transports et des livraisons à Paris”. Vous la jugez globalement satisfaisante, mais le compte n’y est pourtant pas et je crains le pire pour l’emploi de proximité.

Nous défendons aussi depuis longtemps l’idée d’un “grand Paris”. La banlieue parisienne ne relève pas des affaires étrangères. Nous demandons que cette Conférence métropolitaine que vous avez voulue devienne un organisme permanent, doté d’un secrétariat général et d’une présidence alternée entre les maires de banlieue qui choisiront l’un d’entre eux et le Maire de Paris.

Cela nous semble participer d’une meilleure logique que de décomposer le S.T.I.F. et de doter Paris d’une agence de transport qui lui serait propre. Le S.T.I.F. vient d’être rendu aux élus après des années de combat. Pourquoi favoriser son éclatement. Nous ne voyons pas l’utilité d’une structure de plus, d’une nouvelle inflation administrative.

Nous nous sommes prononcés, Marielle de SARNEZ s’est prononcée et nous nous prononcerons naturellement en faveur de la couverture du périphérique partout où cela sera possible. Nous le demandons aujourd’hui.

Enfin et surtout - vous voyez que j’évoque des choses précises -, avant toutes les priorités, nous voulons le projet ESOPE*. S’il y avait une chose à faire pendant le P.D.P., c’était de commencer par ce projet. Ce n’est pas parce que ce projet émane de l’U.D.F. qu’il a moins de pertinence.

ESOPE permettrait de désenclaver deux gares parisiennes qui constituent encore des culs-de-sac pour les usagers : la gare Montparnasse, grande oubliée du réseau ; le terminus souterrain “Haussmann” de la ligne E du R.E.R. à la gare Saint-Lazare.

Il s’agit de relier ces deux points avec une station intermédiaire en bas des Champs-Élysées ; alors Versailles et Saint-Quentin seraient à quinze ou vingt minutes du centre de Paris ; alors 13 villes de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne disposeraient d’un accès au Centre de la Capitale et à la rive gauche. Finalement, deux millions de Franciliens verraient leurs liaisons avec Paris améliorées et cela permettrait en outre de mettre en relation le Centre de Paris et l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Enfin, nous demandons la mise en place d’un “busway”. Vous connaissez bien cela puisque c’est M. AYRAULT, à Nantes, qui le fait. C’est un tramway sur roues guidé par laser qui préserve l’environnement et dont les coûts sont moins importants que ceux d’un tramway classique pour pallier le déficit de moyens de transport. Entre la gare d’Austerlitz et la gare de Lyon, l’installation d’un “busway” serait intéressante.

Voilà, Monsieur le Maire, j’en termine. Ce sont mes trois dernières lignes d’une longue méditation sur ce point qui a duré plusieurs semaines.

Nous partageons les objectifs. Il faut rééquilibrer l’espace public en faveur des transports en commun et des circulations “douces”. Votre manière de faire n’est pas la meilleure, loin de là. Il faut une vraie offre de transport alternative. Il ne faut pas menacer le développement économique et social de la Ville. Même quand les mécanismes de décision sont complexes, et surtout à ce moment-là, il faut une présentation sincère et honnête des choses. Cela ne nous paraît pas être le cas et je crois que ce que vous nous présentez est un projet de projet qui s’égare dans les méthodes et qui se trompe dans l’état d’esprit.

* ESOPE signifie Est-Sud-Ouest-Paris-Express . A l'issue des débats, la majorité municipale a repris cette proposition de l'UDf et l'a intégrée au Plan de Déplacement de Paris.

L'Affaire du Stade Jean Bouin

 

Quel stade de rugby pour le Stade Français ?

La Mairie de Paris a adopté en février dernier un projet pour démolir le stade Jean Bouin, qui date de 1925, et le reconstruire intégralement. L'idée est aussi de donner au Sade Français, brillante équipe de rugby, un cadre adapté à ses activités. Les travaux devraient s'achever en 2011. Coût de l'opération, 69 millions d'euros. Cela paraît très bien sur le papier, et bienvenu, en ces temps d'hommage au rugby (la coupe du monde est imminente).

Mais voilà, il y a un certains nombres de dommages collatéraux que la Mairie de Paris a soigneusement omis, mais que Didier Bariani, président du groupe UDF, a lui relevé :

- il se trouve que l'Atelier parisien d'urbanisme a réalisé une étude pour le compte de la mairie de Paris afin de vérifier s'il était possible d'annexer, dans un le cadre d'un programme d'extension, le stade Geroges Hébert au stade Roland Garros. Or, cette étude a vocation à devenir une réalité puisque le directeur général de la fédération de tennis a déclaré, duex jours avant la séance du conseil de Paris ad hoc : «Les études sont positives. La proposition du site Hébert a été confirmée à deux reprises par le Maire de Paris. Calendrier 2007 : sélection de l’architecte ; 2008 : étude et instruction du permis de construire.»

Or, le stade Georges Hébert se trouve à 50 mètres du stade Jean Bouin qui est lui-même à 5 mètres du Parc des Princes.

Cela commence à faire beaucoup d'équipements sportifs pour le seul 16ème arrondissement, d'autant que les habitants du 16ème n'ont eux, rien demandé, et que dans l'est parisien, le Paris FC, par exemple, ne dispose que d'un misérable stade de 200 places. Il y a donc une autre opportunité là-bas.

De plus, comme le remarque fort justement Didier Bariani,  il entame sérieusement l’environnement, qu’on le veuille ou non : plus de stade de hockey, plus de piste d’athlétisme, réduction du nombre de tennis et galerie commerçante de 8.000 mètres carrés.

 Donc on juxtaposerait en moins de deux kilomètres carrés pas moins de trois stades. Beaucoup de mouvement sportif dans une zone restreinte. Et pour la galerie commerciale, on sait ce que ce genre de grands domaines engendre comme nuisances, à et à quel point c'est néfaste pour le petit commerce de proximité.

Accessoirement, la hauteur des murs passera de 8 à 17 mètres et des arbres centenaires seront arrachés pour permettre cette rénovation.

On ne comprend pas les réticences du Maire de Paris à installer le Stade Français à Charléty, qui est dans un autre quartier, et, qui surtout est vide ! Le Maire de Paris invoque des courants d'air (!!!) qui empêcheraient le bon déroulement d'une partie de rugby. Quand on considère la constitution des joueurs de rugby, on a du mal à les imaginer ave un rhume sauf à exploser de rire, et, de toutes façons, boucher les courants d'air en question reviendrait certainement moins cher que de financer la construction d'un nouveau stade. Outre les courants d'air, les rangs socialistes font aussi valoir le développement d'activités pour les jeunes, ce qu'ils appellent le "Vivre ensemble" et le fait, en dernier ressort que Charléty est un stade d'athlétisme. Bien sûr, aucune étude ne vient accréditer cette dernière assertion. On se demande d'ailleurs, comment le Paris UniversitaireClub a fait pour y jouer tant de matches dans le passé !

Par ailleurs, je trouve fort du collier que l'équipe Delanoë prévoie à proximité de son stade rénové, précisément sur le terrain de hockey, un parking pour 500 véhicules (afin d'accueillir les automobiles des supporters, je présume !) alors qu'il fait envoyer à la fourrière les véhicules des Parisiens eux-mêmes et restreint partout les places de parking ! 

Mais à la limite, là n'est pas la question. Un stade de rugby moderne est nécessaire et le Stade Français le mérite largement, mais pourquoi pas dans l'est parisien où il n'existe pour l'instant rien de tel si ce n'est des équipements vétustes?  

 Didier Bariani, au nom du groupe UDF concluait d'ailleurs ainsi son intervention :

Si vous me disiez, demain, … vous nous demandez, allez, un fort engagement financier, sans aucun délai d’attente, pour construire ailleurs, faire les travaux ailleurs et faire que le Stade Français ait dans l’immédiateté, un nouveau stade… Je vous dirai, j’y souscris et je vous l’apporte avec enthousiasme et j’y participe.

Mais compte tenu de ce contexte de localisation et d’inopportunité géographique, compte tenu de la densité de périmètre de haut niveau dans cette partie de Paris et son absence au Nord et à l’Est, c’est la mort dans l’âme que je vous dis que je le groupe U.D.F. ne votera pas ce projet de délibération.

 

mercredi, 29 août 2007

Apprend-on mieux avec les ordinateurs ?

Exhumé grâce à une liste de lettres, cet article du Daily Telegraph de mars 2005 :

« Moins les élèves utilisent les ordinateurs à l'école et à la maison, mieux ils réussissent les tests internationaux de lecture, rédaction et mathématiques, indique aujourd’hui la plus grande étude réalisée sur ce sujet. Celle-ci soulève des interrogations quant à la décision du gouvernement, annoncée par Gordon Brown la semaine dernière, de dépenser encore £1.5 milliards pour des ordinateurs dans les écoles, en plus des £2.5 milliards déjà dépensés. M. Brown a dit : "L'enseignement et la révolution éducative ne peuvent se faire avec des tableaux noirs et de la craie, mais avec des ordinateurs et des cartables électroniques." Cependant, l'étude éditée par la Société Royale d’Economie indique : "En dépit des nombreuses réclamations de politiciens et de fournisseurs de logiciels, l'utilisation d'ordinateurs dans les écoles n’aide à l’évidence aucunement les élèves à acquérir les qualifications de base en mathématiques, en lecture ou en rédaction". Au c ontraire, plus les élèves utilisent l’ordinateur, plus leurs performances dans ces domaines sont mauvaises, ont indiqué Thomas Fuchs et Ludger Wossmann, de l'université de Munich. Les chercheurs ont analysé les comportements à l’école et à la maison de 100.000 adolescents de 15 ans dans 31 pays participant à l'étude Pisa. L'étude montre que plus les élèves ont accès à des ordinateurs à la maison, plus leurs résultats sont bas. De même, les élèves font moins bien dans les écoles généreusement équipées d’ordinateurs, où l'instruction automatisée a remplacé des formes plus efficaces d'enseignement. »

En fait, je suis partiellement en accord avec cet article, car la réalité est que le problème n'est pas l'ordinateur, mais bien la pédagogie, c'est à dire ce que l'on veut en faire et comment on compte l'utiliser.

La plupart des jeunes n'utilisent leur ordinateur que pour jouer ou chatter, ou, au mieux, copier-coller des informations sans aucun discernement. Il y a donc un apprentissage nécessaire derrière ainsi que la conception non moins nécessaires d'exercices ad hoc. Enfin, un ordinateur peut être utilisé par un enseignant comme un tableau, mais un tableau ultra-sophistiqué. A preuve que cette idée a désormais au moins atteint l'esprit des fabricants, c'est que l'on trouve de plus en plus de tableaux inter-actifs sur le marché.

Par ailleurs, on ne lit pas ou l'on étudie peu sur un ordinateur. Rien d'étonnant, donc, à ce que plus l'on y passe du temps, moins on étudie et moins on lise. La seule solution, c'est de bloquer la plupart des sites et des protocoles et ne laisser accessibles que quelques grands domaines de connaissance aux jeunes élèves.

On pourrait imaginer un label EN avec un logiciel de contrôle, délivré gratuitement aux parents, permettant de filtrer protocoles et sites afin de ne laisser que des sites utiles pour l'instruction des élèves de l'école primaire et du collège. La formation au tri d'information viendrait alors plus tard, une fois que l'élève aurait acquis suffisamment de maturité. 

mardi, 28 août 2007

Regards sur la France

On a , je le crois, longuement glosé sur la faiblesse actuelle du milieu intellectuel français. Mais, ce commentaire de Karim Emile BITAR en introduction de l'ouvrage collectif Regards sur la France est trop juste et percutant pour ne pas mériter d'être écrit sur le champ sur ce blog-ci.

« Certes les intellectuels de l'après-guerre, ceux de la génération de Sartre, ont commis énormément d'erreurs et se sont fourvoyés à de multiples reprises. Mais ils ont laissé une oeuvre immense. Ceux qui cherchent à se glisser aujourd'hui dans le costume de ces intellectuels engagés d'autrefois se sont trompés tout autant que leurs aînés sur les grands sujets du monde contemporain, mais, à la différence de leurs prestigieux prédécesseurs, ils ne laisseront à la postérité que le souvenir  d'un brouhaha médiatique et d'un tapage inutile. Le culot n'a jamais remplacé le talent. »

Voilà : de toute beauté. J'adhère à 100% . Plus avant dans cette introduction, Karime Emile Bitar relève par ailleurs, que la France ne manque pas d'esprits brillants, mais que ce sont ces mêmes pseudo-intellectuels qui les ont marginalisés. Karim Bétar stigmatise au préalable les déclinologues, notant à juste titre que ces derniers en rajoutent toujours avec l'espoir de refourguer leur indigeste et saumâtre idéologie.

Comme bien d'autres, il observe la faiblesse de la recherche et de l'Université française, et juge, finalement, à la lueur des faits, que le déclin français n'est pas là où on le croit.

Car, à plus d'un égard, certains de nos chiffres sont flatteurs. Notre système de santé est considéré comme le meilleur du monde par l'OMS tant par la qualité des soins que par la couverture, notre démographie est la plus forte d'Europe, notre espérance de vie supérieure de 12.5 années à celle d'un Américain, et le taux de chômage des femmes y est le plus bas d'Europe. Notre système de crèches et d'écoles maternelles est à cet égard tout à fait unique au monde.

Mais voilà, nous sommes de plus en plus faibles dans le secteur des nouvelles technologies, et nos prix nobels se font rares... 

Sur ce dernier point, il faut distribuer un bon point aux dernières mesures de François Fillon et de Nicolas Sarkozy : faire en sorte que la totalité des dépenses de recherche et développement d'une entreprise soient prises en compte pour le crédit d'impôt. 

Le gouvernement de François Fillon compte donner un statut à la jeune entreprise universitaire. Très bien : attendons de voir et nous jugerons sur pièces. Rappelons simplement la promesse du candidat Sarkozy le 24 avril dernier :

Je ferai de toutes les universités des zones franches; les étudiants qui créeront une entreprise sur leur campus ne paieront pas d'impôt pendant cinq ans.

Rappelons tout de même ce que proposait François Bayrou dans son Small Business Act à la française :

« Ensuite, protection, notamment des jeunes entreprises. Je propose une protection fiscale : exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires, notamment si l’argent gagné est réinvesti dans l’entreprise ; progressivité de l’impôt sur les sociétés étudiée pour permettre une tranche allégée à 18 %. Je propose également une protection active de la trésorerie de ces entreprises, ou plus exactement de l’équité des marchés, par une diminution des délais de paiement des grandes entreprises et de l’Etat à l’égard des PME. »

J'aimerais ajouter une dernière remarque : à mon sens, la faiblesse de la recherche en France et le déclin de ses intellectuels vont de pair. L'absence de réelle curiosité intellectuelle, le culte de la poudre aux yeux (si chère à la technostructure de l'Education Nationale, au passage), l'effacement de toute forme d'excellence contribuent à l'évidence à gommer toute forme d'initiative et par là, d'innovation.

François Bayrou l'avait bien compris, lui qui estimait que la culture était la clef de voûte de la société et qui voulait réhabiliter les parcours d'excellence dans tous les établissements scolaires français. Mais il est vrai que les parcours d'excellence sont aussi des parcours d'exigence. Je relèverai cette dernière corrélation : les fermetures de classes de latin et de grec n'ont cessé de s'accentuer, au fur et à mesure que se tarissait le génie  français. Bien sûr, la désagrégation progressive des humanités classiques, voulues et organisées aussi bien à gauche qu'à droite ne saurait à elle seule expliquer un tel phénomène, mais, à mon sens, elle en est clairement symptômatique. Un Claude Allègre dont François Fillon ne cesse de vanter l'efficience, n'a eu de cesse de s'attaquer aux lettres, et un Luc Ferry, archétype de l'intellectuel infatué de lui-même et incompétent, a fermé plus de classes de latin et de grec que tout autre ministre de l'Education Nationale avant lui. Quand on sait que l'individu se réclame d'un nouvel humanisme, on apprécie d'autant mieux à sa juste valeur le propos de Karim Emile Bitar : le culotn'a jamais remplacé le talent.

 

Réorganisation de la Poste

Yves Détraigne, sénateur UDF, vient d'interpeller Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé des Entreprises, sur le projet de réorganisation des activités de la Poste actuellement à l'étude. Celui-ci prévoirait la création d'une direction commerciale regroupant tout le personnel du même type, direction qui serait elle-même subordonnée à la Banque Postale. A terme, un tel projet pourrait aboutir à ce que les activités de la Banque Postale se substituent aux activités classiques des bureaux de poste… Connaissant les difficultés actuelles des activités postales en zones rurales, le sénateur s'inquiète donc du risque de transformation desdites agences en agences bancaires ordinaires et a demandé au ministre de préserver la mission première de la Poste…

lundi, 27 août 2007

Jean Lassalle et le Syndrome du Somport

Je viens de lire un courrier qui vaut son pesant d'or : la lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo datée du 12 août dernier. Depuis mmaintenant près de 15 ans, Jean Lassalle se débat contre la cacophonie, l'anarchie et in fine l'inertie des pouvoirs publics quant à l'usage du tunnel du Somport.

Je cite particulièrement ce passage de la note écrite par Jean Lassalle ; éclairant...

« Pendant plusieurs années, l'absence d'un réel arbitre au-dessus des parties, à contraint notre région à vivre au rythme des manifestations de plus en plus nombreuses et sous l'éclat des projecteurs. On vient à ce moment là de très loin lutter contre le tunnel du Somport comme on partait jadis libérer le tombeau du Christ. Tout est mélangé dans un salmigondis invraisemblable : pour ou contre la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ; pour ou contre le tunnel du Somport ; pour ou contre l'aménagement d'une autoroute en Vallée d'Aspe (dont il n'a jamais été question, cette dernière devant entraîner aux dires de ceux qui en propagèrent et firent vivre la rumeur, la fin des derniers ours des Pyrénées) ; pour ou contre la bretelle autoroutière Pau-Oloron ; pour ou contre les Ours, et enfin pour ou contre la biodiversité...

Bref, il y en eut pour tous les goûts. La malheureuse Vallée d'Aspe et ses 2700 habitants, totalement pris en otage par les tenants des différents partis d'aménagement ou de non-aménagement, ont essuyé un véritable déluge de communication, de manifestations, de contre-manifestations.

Avec les « moyens du bord », en l'occurrence la vigueur de son histoire et le sang froid de ses habitants, la Vallée fit face, attendant que les « grands esprits » qui animaient cette mascarade  consentent enfin à s'apaiser. A l'heure actuelle, un semblant de calme est revenu.

Pour autant, le débat dit « du Somport » (avec  son  « autoroute tueuse d'ours », sa ligne de chemin de fer Pau-Canfranc noyée dans la montagne), a fait jurisprudence, au point qu'aujourd'hui plus aucun dossier n'avance en partie montagneuse.»

 Pauvre Vallée d'Aspe... Il faut ajouter que Dominique Perben, ex-ministre de l'équipement, a autorisé le transport de produits dangereux à travers le tunnel en février 2005, ce contre quoi Jean Lassalle a essayé en vain de lutter. Dans sa lettre, il interpelle Jean-Luis Borloo afin qu'il interdise, en signe de bonne volonté, le transport de tels produits à travers la vallée.

« Compte tenu de l'état actuel de la RN 134 où, vous le savez, certains tronçons sont très dangereux, de son passage devant les collèges et lycées d'Oloron-Sainte-Marie, cette décision est l'une des plus irresponsables que j'ai jamais vu prendre par le gouvernement de mon pays tout au long de ma carrière. Bonjour le combat pour le maintien de la biodiversité ! C'est la raison pour laquelle une interdiction immédiate de ces véritables « bombes roulantes » sous le tunnel du Somport apparaîtrait comme un signe de bonne volonté marquant la résolution de l'Etat Français à revenir à une attitude responsable

Voilà, à mon sens, une occasion de tester ce que vaut Borloo comme ministre du développement durable. De Lassalle, en tout cas, on peut dire que voilà un député dont les deux pieds ne restent pas dans le même sabot ! Chapeau, Monsieur le Député ! 

François Fillon et la vérité

Entre deux chapitres de Montesquieu, je me suis interrompu pour parcourir intégralement l'ouvrage de François Fillon (écrit avant les élections), La France peut supporter la vérité.

Je ne sais pas, à la suite de cette lecture, si la France peut supporter la vérité, mais je me demande du coup si la France va parvenir à supporter François Fillon...

Bien sûr, sur un certain nombre de constats, j'approuve François Fillon : notamment, je pense qu'il a une vision très juste de la haute administration française. A l'occasion de son passage à l'Education Nationale, il s'est offusqué de ce que nombre de directives restaient lettre morte parce qu'il y a à l'Education Nationale une alliance objective de la technostructure, de plusieurs syndicats et des associations de parents d'élève pour estimer ce qui est bon ou non pour l'éducation des jeunes Français.

Bravo à lui de l'avoir dit et de lui avoir résisté. J'ai adoré notamment cette réflexion :

«Quand un ministre perd un arbitrage sur la nomination d'un haut fonctionnaire, il perd en même temps une bonne partie de son autorité. Pire, son poids politique et son influence sont pesés par ses subordonnés au trébuchet de ces actes de nomination.»

Très bien dit. Il a très bien compris le problème. Pour cette raison, je suis convaincu qu'il y aura un clash un jour entre Nicolas Sarkozy et François Fillon, car c'est tout à fait dans les habitudes de l'Omniprésident de passer dans le dos de ses ministres. 

François Fillon a cette qualité de vouloir vraiment gouverner, et je le crois honnête et sincère.

Il fait de justes observations sur la décentralisation, mais Ségolène Royal, Christian Blanc et François Bayrou ont fait les mêmes.

« Chaque échelon administratif intervient à tort et à travers dans des domaines qui ne sont pas ou qui ne sont plus de sa compétence, ce qui dilue toute responsabilité. Puisque tout le monde s'occupe de tout, personne n'est responsable de rien. »

En effet, c'est bien le problème. Sur ce point, il a une idée originale : il suggère que les élus du département (Conseil Général ) et de la Région (Conseil Régional) pourraient être les mêmes, ce qui réduirait la confusion des genres et les interlocuteurs. J'ai trouvé que ce n'était pas idiot. Il écrit notamment :

«En élisant des conseillers territoriaux au scrutin majoritaire qui siègeront à la fois au conseil général pour traiter des sujets de proximité et au conseil régional on aurait pu enclencher un processus de fusion à long terme des deux collectivités».

Bien pensé sauf pour le scrutjn majoritaire. Je trouve au contraire que la gestion de tels échelons a besoin de consensus, et donc que le scrutin proportionnel y est à la fois plus juste et plus utile. Mais François Fillon qui se déclare homme de dialogue est souvent, dans son ouvrage, tout prêt à ne pas considérer l'opposition politique. Il ne comprend pas que la définition de la majorité donnée autrefois par Thucydide n'est plus valide. Une démocratie n'est plus le gouvernement d'une majorité sur une minorité, mais nécessite des points d'accord entre majorité et minorité afin d'éviter de graves turbulences. Je crois que Bronislaw Geremek a fait à ce sujet de fines observations (dans le livre Regards sur la France, que je lis aussi et dont je parlerai dans une prochaine note)  dont François Fillon pourrait avec profit s'inspirer.

Mais, ce qui me navre par dessus tout, c'est son manque d'imagination en matière économique. Il ne propose ni plus ni moins dans son ouvrage que les recettes éculées de la droite française, et, à le lire, tout le monde à tort sauf lui. Les chiraquiens, les Socialistes, les syndicats, personne ne trouve grâce à ses yeux.

Il ne s'y trouve aucune idée nouvelle, et aucune réflexion novatrice sur les moyens de relancer la croissance française. Mis à part les poncifs sur l'économie de l'intelligence, sur l'assainissement des finances publiques (mais qui ne le dit pas, mis à part les communistes aujourd'hui ?) et sur les charges trop lourdes.

Il y a d'ailleurs une très forte communauté d'idées entre François Fillon et Nicolas Sarkozy, et on retrouve énoncées avec force conviction des âneries du genre  «travailler plus pour gagner plus».

A lire, finalement, et à comparer avec l'action gouvernementale. 

 

jeudi, 23 août 2007

Finance et mauvaise conscience

Je pensais récemment aux municipales, et je me faisais intérieurement, le bilan du passage de Delanoë à la Mairie de Paris, tout en envisageant les perspectives d'avenir.

Si incontestablement Delanoë a apporté une réelle transparence et enclenché un mouvement pour les transports, il n'en a pas moins congestionné le trafic et a été incpable de s'entendre avec son compère Huchon, président de la région IDF pour lancer un projet de grande ampleur.

Notamment, Delanoë et les socialistes et verts parisiens se targuent d'avoir fait de Paris une ville festive, mais ils oublient qu'il n'y a pas que des fêtards à Paris.

Parce que les Socialistes demeurent honteux dès que l'on parle d'argent, vieux réflexe marxiste oblige, ils ne se sont jamais intéressés au développement financier  et économique de Paris, ou alors de très loin.

C'est dans ce domaine que j'attends l'UDf - MoDem, car je crois que nous ratons ainsi à Paris des dizaines de milliers d'emplois faute de proposer et d'informer entreprises et investisseurs. A la place, Paris subventionne quelques vagues projets et ne se tient surtout pas informée de ce que font ses concurrentes.

En fait, Delanoë n'imagine pas gérer sa ville autrement que comme une grosse capitale de province.

J'omets volontairement l'UMP, parce que eux, c'est encore plus simple : ils n'ont pas de projet tout court, et ils en sont restés encore à la vision de Tibéri pour Paris, autant dire le néant. Si j'étais de droite et moderne aujourd'hui à Paris, je me dirais que le seul vote possible, c'est un vote UDF.

Je les juge donc totalement disqualifiés pour présenter une opposition crédible à Delanoë. En réalité, la seule alternative aux socialistes et aux verts, c'est l'UDF, Cap21 et le MoDem.

L'UDF propose depuis longtemps de faire émerger un grand Paris susceptible de générer de nouveaux investissements, développements et emplois. Nicolas Sarkozy a fini par rempomper cette idée à l'UDF d'ailleurs, tout récemment. Mais dans l'action, nous sommes les seuls à avoir une position claire sur le sujet.

Dans les prochaines semaines, j'exposerai quelques lignes des projets Démocrates pour Paris. 

 

00:30 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : UDF, Paris, Delanoë, socialiste, UMP, Cap21, MoDem |  Facebook | | |