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Ferry

  • Je n'aurais pas aimé connaître Joffrin sous l'Occupation...

    Joffrin vient de faire exploser le connomètre. La machine est hors d'usage. Imaginez que cet abruti a déclaré, à la suite des révélations de Luc Ferry, qu'il n'aurait pas aimé connaître ce dernier sous l'Occupation.

    Ah. C'est donc mieux de celer la vérité avec la complicité de tout le landernau médiatico-politique dont Monsieur Joffrin est si friand ?

    Alain Juppé a finalement bien raison : ce qu'on peut reprocher à Luc Ferry, c'est de bavasser dans la presse plutôt que de saisir la justice.

    A vrai dire, si l'on procède par élimination...Avant 2002, Ministre de l'Éducation Nationale, habitué de Marrakech...Qui cela peut être ?

    Jean-François Kahn (j'espère qu'il ne va pas faire une nouvelle Kôahnnerie) assure que ce n'est pas Jack Lang mais que tout le monde sait. Eh bien qu'il parle, bon sang, parce que dans ces conditions, l'étau se resserre, et en lançant une telle affirmation, il fait planer le doute sur les ministres précédents. Donc si il sait, que la justice le saisisse au même titre que Luc Ferry. 

    Bref que tous ces gens-là parlent.

  • Regards sur la France

    On a , je le crois, longuement glosé sur la faiblesse actuelle du milieu intellectuel français. Mais, ce commentaire de Karim Emile BITAR en introduction de l'ouvrage collectif Regards sur la France est trop juste et percutant pour ne pas mériter d'être écrit sur le champ sur ce blog-ci.

    « Certes les intellectuels de l'après-guerre, ceux de la génération de Sartre, ont commis énormément d'erreurs et se sont fourvoyés à de multiples reprises. Mais ils ont laissé une oeuvre immense. Ceux qui cherchent à se glisser aujourd'hui dans le costume de ces intellectuels engagés d'autrefois se sont trompés tout autant que leurs aînés sur les grands sujets du monde contemporain, mais, à la différence de leurs prestigieux prédécesseurs, ils ne laisseront à la postérité que le souvenir  d'un brouhaha médiatique et d'un tapage inutile. Le culot n'a jamais remplacé le talent. »

    Voilà : de toute beauté. J'adhère à 100% . Plus avant dans cette introduction, Karime Emile Bitar relève par ailleurs, que la France ne manque pas d'esprits brillants, mais que ce sont ces mêmes pseudo-intellectuels qui les ont marginalisés. Karim Bétar stigmatise au préalable les déclinologues, notant à juste titre que ces derniers en rajoutent toujours avec l'espoir de refourguer leur indigeste et saumâtre idéologie.

    Comme bien d'autres, il observe la faiblesse de la recherche et de l'Université française, et juge, finalement, à la lueur des faits, que le déclin français n'est pas là où on le croit.

    Car, à plus d'un égard, certains de nos chiffres sont flatteurs. Notre système de santé est considéré comme le meilleur du monde par l'OMS tant par la qualité des soins que par la couverture, notre démographie est la plus forte d'Europe, notre espérance de vie supérieure de 12.5 années à celle d'un Américain, et le taux de chômage des femmes y est le plus bas d'Europe. Notre système de crèches et d'écoles maternelles est à cet égard tout à fait unique au monde.

    Mais voilà, nous sommes de plus en plus faibles dans le secteur des nouvelles technologies, et nos prix nobels se font rares... 

    Sur ce dernier point, il faut distribuer un bon point aux dernières mesures de François Fillon et de Nicolas Sarkozy : faire en sorte que la totalité des dépenses de recherche et développement d'une entreprise soient prises en compte pour le crédit d'impôt. 

    Le gouvernement de François Fillon compte donner un statut à la jeune entreprise universitaire. Très bien : attendons de voir et nous jugerons sur pièces. Rappelons simplement la promesse du candidat Sarkozy le 24 avril dernier :

    Je ferai de toutes les universités des zones franches; les étudiants qui créeront une entreprise sur leur campus ne paieront pas d'impôt pendant cinq ans.

    Rappelons tout de même ce que proposait François Bayrou dans son Small Business Act à la française :

    « Ensuite, protection, notamment des jeunes entreprises. Je propose une protection fiscale : exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires, notamment si l’argent gagné est réinvesti dans l’entreprise ; progressivité de l’impôt sur les sociétés étudiée pour permettre une tranche allégée à 18 %. Je propose également une protection active de la trésorerie de ces entreprises, ou plus exactement de l’équité des marchés, par une diminution des délais de paiement des grandes entreprises et de l’Etat à l’égard des PME. »

    J'aimerais ajouter une dernière remarque : à mon sens, la faiblesse de la recherche en France et le déclin de ses intellectuels vont de pair. L'absence de réelle curiosité intellectuelle, le culte de la poudre aux yeux (si chère à la technostructure de l'Education Nationale, au passage), l'effacement de toute forme d'excellence contribuent à l'évidence à gommer toute forme d'initiative et par là, d'innovation.

    François Bayrou l'avait bien compris, lui qui estimait que la culture était la clef de voûte de la société et qui voulait réhabiliter les parcours d'excellence dans tous les établissements scolaires français. Mais il est vrai que les parcours d'excellence sont aussi des parcours d'exigence. Je relèverai cette dernière corrélation : les fermetures de classes de latin et de grec n'ont cessé de s'accentuer, au fur et à mesure que se tarissait le génie  français. Bien sûr, la désagrégation progressive des humanités classiques, voulues et organisées aussi bien à gauche qu'à droite ne saurait à elle seule expliquer un tel phénomène, mais, à mon sens, elle en est clairement symptômatique. Un Claude Allègre dont François Fillon ne cesse de vanter l'efficience, n'a eu de cesse de s'attaquer aux lettres, et un Luc Ferry, archétype de l'intellectuel infatué de lui-même et incompétent, a fermé plus de classes de latin et de grec que tout autre ministre de l'Education Nationale avant lui. Quand on sait que l'individu se réclame d'un nouvel humanisme, on apprécie d'autant mieux à sa juste valeur le propos de Karim Emile Bitar : le culotn'a jamais remplacé le talent.