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jeudi, 11 avril 2013

Qui a agressé Wilfred ? Aux sources de l'homophobie.

J'avais écrit une première version de ce billet mais elle a été très mal accueillie, y compris par mes propres amis, sans doute parce qu'elle était maladroite. Je n'en ai pas moins l'intention de dire ce que j'avais à dire.

Je reprends :

Une photo d'un homosexuel agressé violemment ce week-end tourne pour dénoncer l'homophobie en plein débat au Sénat sur le mariage pour tous.

Les victimes déclarent être dans l'incapacité de désigner leurs agresseurs. Cela m'a semblé fort étrange. Une chose en tout cas, était claire, c'est que l'agression avait un caractère homophobe puis le groupe d'individus qui s'en est pris à Wilfred et son compagnon les a apostrophés de manière à bien leur faire comprendre qu'ils étaient identifiés comme homosexuels.

Aux racines de l'homophobie, on distingue deux sources en France, même si l'une et l'autre se sont entretenues dans le terreau fertile en haines d'une société patriarcale.

Il y a d'abord l'homophobie traditionnelle, dont le christianisme avec son rejet de la licence sexuelle romaine est très certainement la source, mais il y a aussi un courant plus récent, quasiment l'une des marques de fabrique des cités de banlieue, l'homophobie qui a prospéré au sein d'une culture nord-africaine et proche-orientale imprégnée d'Islam.

L'Islam a des qualités indéniables, mais certainement pas dans le domaine de la tolérance sexuelle. Plusieurs pays islamiques condamnent les homosexuels à mort, ou, à défaut, à de lourdes peines. A niveau de vie équivalent, aucun pays chrétien n'en fait autant. Il y a donc un rejet particulier de l'homosexualité, propre à l'Islam, plus fort que dans les autres religions.

Côté occidental, c'est l'intégrisme religieux et les courants politiques qui font l'apologie d'une société patriarcale, comme c'est le cas à l'extrême-droite, qui rejettent le plus violemment l'homosexualité.

Wilfred a accusé  Guaino, et d'autres apôtres de la manif pour tous d'avoir suscité son agression. Si Wilfred et son compagnon ont été agressés par des intégristes du genre de Civitas, on peut penser que l'état de tension entretenu par certains discours est en effet propice à des réactions toujours plus violentes. Mais si les agresseurs sont plutôt ces voyous, très précisément que je qualifie de racaille, qui se targuent d'Islam sans en respecter l'essence pour faire valoir le droit du plus fort, le leur, alors je doute que Guaino y soit pour quelque chose. C'est plus vraisemblablement la culture toute patriarcale mâtinée d'Islam qui florit en Afrique du Nord particulièrement qu'il faut mettre en cause.

En plein XIXème arrondissement, je penche plutôt pour les seconds que les premiers. Mais l'enquête finira de toutes façons par l'établir puisque Wilfred a porté plainte.

Je doute fort que la voyoucratie des cités écoute Guaino (ce qui ne le dédouane pas pour autant). La racaille s'en est toujours prise aux homosexuels, avec ou sans débat à propos du mariage homosexuel.

Les lecteurs un peu trop bien intentionnés ont crié haro sur le baudet immonde à la lecture du premier jet de ce billet, faisant valoir que je pointais l'immigration nord-africaine. Je ne pointe pas les immigrés en général. Je dis simplement que cette homophobie-là, oui, est importée. Ceci ne signifie pas que les immigrés seraient tous des agresseurs homophobes, comme on a tenté de me le faire dire en commentant mon billet. 

 On ne résoud pas un problème en l'occultant et il émergera d'autant plus fortement qu'on a cherché à le celer profondément parce qu'il était dérangeant.

Il y a une corrélation entre le sort qu'une culture patriarcale réserve aux homosexuels et la manière dont elle traite les femmes. Si cette culture méprise les femmes, elle verra dans l'homosexualité un miroir de la femme et méprisera aussi les homosexuels.

L'immigration nord-africaine, bien heureusement, est loin d'être réductible à cette culture-là. Et cette culture-là n'est pas non plus exclusivement constitutive du Maghreb ou du Proche-Orient. Il n'y aurait pas eu d'Omar Khâyyam, de Nomhäs d'Avicenne, d'Averroès, de Khalil Gilbran, d'Al-Arabi et bien d'autres sages et esprits libres de cette région du monde encore si cette réduction était exclusive.

Mais elle en est un élément constitutif, qui demeure puissant encore, de la même manière que le patriarcat du XIXème siècle en Europe sur fond de nationalisme a préparé les guerres terribles qui ont secoué par la suite l'Europe.

Il ne faut donc se voiler la face ni d'un côté...ni de l'autre si on veut lutter efficacement contre la pestilence homophobe.

16:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : immigration, homophobie |  Facebook | | |

samedi, 20 octobre 2012

Immigration : ce n'est pas le nombre le problème.

A droite, j'ai entendu un choeur de pleureuses se récrier quand Manuel Valls a annoncé qu'il allait faciliter les procédures de naturalisation.

En fait, j'ai compris qu'il allait surtout supprimer le QCM (moyen complètement idiot pour juger de l'appétence ou non d'un étranger pour notre culture) et cesser de faire ch... les étudiants étrangers (pas trop tôt).

La droite n'a décidément toujours pas compris. Le problème, ce n'est pas l'immigration en tant que tel. Le problème, c'est qui vient. Quand ce sont des étudiants étrangers formés dans nos universités que l'on naturalise, cela ne pose aucun problème. En règle générale, ils ont intégré à plus de 90% nos moeurs. Le problème, c'est quand on fait venir des individus dénués de qualification, arriérés et réactionnaires en matière de droits, de libertés et de moeurs.

Pour ma part, c'est là-dessus que je juge et c'est pour cela que je condamne fermement Giscard puis les Socialistes jusqu'aux années 2000.

L'idée d'immigration choisie de Sarkozy n'était pas idiote dans le principe mais je n'aimais pas du tout sa formulation primo, et secundo qu'elle soit basée exclusivement sur nos besoins économiques.

C'est bien sûr un aspect, mais c'est sur l'adhésion aux valeurs européennes (liberté d'expression, laïcité, droits des femmes, démocratie) que devraient se faire nos choix en matière d'immigration.

En tout cas, en faire une question de chiffres comme le faisait Guéant montrait qu'à droite, on n'avait toujours pas réfléchi sérieusement à ce que l'on voulait dans ce domaine.

Ce qui heurte les Français, ce n'est pas la présence d'étrangers : ce qui les heurte ce sont ceux qui se permettent de leur cracher dessus et violentent quotidiennement ce en quoi ils croient.

Voilà pourquoi, au fond, immigration et naturalisation devraient se traiter au cas par cas et non par des consignes ministérielles chiffrées comme cela a pu être le cas par le passé.

10:26 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : immigration, valls |  Facebook | | |

mardi, 01 mai 2012

Non, Sarko n'est pas le mal...

Je finis par trouver exaspérantes les incantations morales à gauche, mais aussi dans l'appareil militant du MoDem à voter pour Hollande parce que Sarkozy serait le "Mal". Ridicule. Risible. Pitoyable niveau d'argumentation. Moi, la bonne conscience dégoûlinante, cela me hérisse, c'est justement ce qui me fait repousser avec aversion le vote de gauche. De voir à quel point le militant MoDem et une partie de son appareil central peuvent se montrer à ce point soluble dans cette gauche arrogante et hypocrite, j'avoue que cela me fait faire des bonds devant mon clavier.

Il y a des raisons de ne pas voter Sarkozy, mais ce n'est pas celles que la gauche brandit

J'ai visionné le clip de Nicolas Sarkozy. C'est clair qu'il tend la main aux électeurs du Front National. Et alors ? Oui, l'immigration est un problème. Oui, il a raison de demander à ce que les étrangers deviennent français s'ils veulent avoir le droit de vote aux élections locales. De même, l'examen de français, l'adhésion à nos valeurs, je suis pour aussi. Le problème, au fond, ce n'est pas qu'il parle de l'immigration, le problème, c'est qu'il ne dit que ça. Comme si l'avenir de la France devait s'articuler autour de la seule question de l'immigration alors que c'est un problème secondaire au regard d'enjeux bien plus majeurs.

J'ai à ce sujet une difficulté avec la gauche. François Hollande, évoquant les régularisations de "sans-papiers" comme on dit, juge qu'il faut considérer la chose au cas par cas. Cela a toujours été ma position, c'était aussi celle de François Bayrou. Il souhaite également limiter l'immigration économique. En revanche, pas de numerus claussus sur les étudiants étrangers. On est sur la même longueur d'ondes pour l'instant.

L'inconvénient, c'est qu'à côté de ces positions correctes, il y a aussi les Éva Joly, le Front de Gauche ou tout simplement Martine Aubry il y a à peine 3 ans qui exigeait la régularisation de tous les immigrés en situation irrégulière ayant résidé 5 années en France. Il va faire quoi, Hollande ? 

Mais bon, me voilà à parler de l'immigration alors la question de la réindustrialisation de la France n'est abordée ni dans le clip de Nicolas Sarkozy ni dans celui de François Hollande. A vrai dire, Hollande utilise une vieille fibre éculée : il promet tout à tout le monde. Si l'on en croit les annonces publicitaires de sa réclame, tout le monde va être heureux dans un monde socialiste et meilleur. Pas une seule annonce de mesure claire là-dedans, même si j'admets qu'un clip de campagne n'y est pas propice.

Au fond, ce que je constate, c'est que ces deux clips sont aussi indigents l'un que l'autre, bien que pour des raisons différentes.

mardi, 13 mars 2012

Corps intermédiaires

Il y avait, le 2 mars dernier, sur le site du quotidien Le Monde, un article intéressant sur les corps intermédiaires. Qu'est-ce que sont les corps intermédiaires ? La définition de François Hollande me semble juste lorsqu'il répond : «Ça veut dire quoi les corps intermédiaires ? Ca veut dire tout simplement les citoyens qui s'organisent. Vous êtes de ce point de vue un corps intermédiaire.» Hollande a ensuite associé les corps intermédiaires  aux associations, mouvements mutualistes, collectivités locales, syndicats, organisations professionnelles et quelques autres encore.

On peut court-circuiter les corps intermédiaires de deux manières : par le sommet de la hiérarchie en prenant des décisions au plus haut sommet de l'État (par exemple l'Élysée) sans l'aval ni l'avis des corps concernés ou, au contraire, par la base en appelant le peuple à s'exprimer (procédure référendaire).

Dans son esprit des lois, Montesquieu a toujours craint que ce soit le sommet plutôt que la base qui ne respecte pas les corps intermédiaires.

Il est dangereux de montrer du doigt les corps intermédiaires au motif d'un déni de démocratie. Mais il n'est pas moins nocif de leur confier l'exclusivité du pouvoir.

En ce sens, je trouve que Bayrou réalise une synthèse harmonieuse des relations qui doivent s'établir entre ces corps, le peuple, et les dirigeants.

Bayrou est assez favorable au principe référendaire, mais seulement quand il concerne la nation dans son ensemble : comme lorsque les François doivent choisir d'avaliser un traité européen, par exemple.

Vouloir désigner à la vindicte populaire une catégorie de la population sur une décision qui ne concerne que cette catégorie, c'est certainement une faute politique. C'est pourtant ce qu'avalise Nicolas Sarkozy contre les chômeurs.

Je n'aime pas trop le principe d'un référendum sur l'immigration, d'une part parce qu'elle revient à demander son avis à la population d'une manière négative et d'autre part parce qu'il suffit d'être clair, sur ce point, sur le programme qu'il entend défendre. C'est son droit de refuser de régulariser des étrangers en situation irrégulière, qu'il fasse figurer cette proposition dans son programme. Attention aux situations humaines et au désespoir qu'une telle décision appliquée sans discernement engendrerait ensuite.

Je me souviens encore de ce jeune garçon du Caucase, lauréat d'un concours d'orthographe, qui s'est jeté par une fenêtre pour échapper à la police.

Mieux vaudrait fixer des conditions d'intégration de régularisation et de naturalisation fermes et imprescriptibles en laissant la gauche piailler au nationalisme puisqu'on la sait fondamentalement laxiste sur le sujet.

Dans tous les cas de figure, un appel au peuple ne me paraît pas censé sur un tel sujet.

lundi, 26 septembre 2011

Alors comme ça il devait y avoir pénurie de main d'oeuvre ?...

Je me souviens encore des articles d'idées que l'on trouvait dans plusieurs magazines et journaux de gauche il y a encore trois à quatre ans. L'immigration de travail y apparaissait comme un phénomène inéluctable en raison du vieillissement de l'Europe et des besoins croissants en main d'oeuvre. Ah oui.

Sauf qu'aujourd'hui, l'OIT (Organisation Internationale du Travail) tire la sonnette d'alarme. Ce sont des dizaines de millions d'emploi qui sont menacés de disparition dans les années à venir, dans les seuls pays du G20. Et elle observe justement qu'une part croissante de ceux qui ont un emploi l'ont sous un statut précaire.

A côté de cela, comme je l'ai observé récemment, il ne faut pas confondre l'immigration de travail et la recherche désespérée d'un petit job par les étudiants étrangers. Cela ne frappe pas Guéant plus que cela.

Autant je pense qu'il ne faut pas avoir trop d'états d'âme avec l'immigration irrégulière, autant les étrangers qui viennent étudier ici devraient être protégés, et d'ailleurs, ils sont en règle.

Après, si beaucoup d'étudiants étrangers viennent en France, c'est très certainement aussi parce que nous avons réduit notre présence partout à l'étranger. Il serait bien plus astucieux que nos grandes écoles développent des antennes un peu partout dans le monde, et pas seulement des programmes d'échanges avec les super "high-schools" chères au sieur Descoings.

Si ces antennes existaient, elles auraient bien sûr vocation à se mettre en relation avec les entreprises locales ou avec les entreprises françaises produisant à l'étranger.

Cela suppose une véritable diplomatie culturelle pour promouvoir la francophonie. Autant dire qu'on est loi, voire très loin, du compte depuis fort longtemps.

samedi, 24 septembre 2011

Application aussi c.... que guéantesque du containment...

S'il y en a bien un qui mérite la palme de la mesure la plus débile, ces derniers temps, c'est Guéant. Guéant, comme son chefaillon, est déterminé à montrer avec force moulinets de bras que la France lutte activement contre l'immigration.

Seulement voilà : cet imbécile abruti individu intellectuellement défaillant a donné des ordres, et comme on connaît la propension naturelle de l'administration française à obéir aux ordres les plus cons, fussent-ils absurdes jusqu'à l'entropie, elle les applique à la lettre.

Donc, actuellement, il faut refouler de l'étranger. Résultat des courses, on fait chier autant que faire se peut en France actuellement les étudiants étrangers. Soumis à une politique du chiffre discrétionnaire, du jour au lendemain, ils peuvent se voir refuser l'autorisation de rester sur notre territoire ou encore de travailler. 

Et l'administration française, elle s'y connaît en tracasseries, quand on la flatte dans le sens du poil.

On est même en-deçà de l'immigration choisie : s'il y a bien une catégorie d'étrangers qu'il faudrait aider, protéger, câliner (allez, je me lâche, surtout les jolies étrangères, en fait), ce sont bien les étudiants. Ils représentent l'élite mondiale de demain. Ce sont eux qui porteront en ambassade notre culture, notre langue, nos valeurs.

Et qu'est-ce qu'on fait connement à l'heure actuelle ? Eh bien on les emmerde au maximum. Le témoignage de Marie-Sandrine Shgerri, chroniqueuse du Point est tout à fait édifiant.

En ensuite, on va pleurer parce que les élites mondiales partiront se former en Amérique. Merci, Guéant (et son adjudant chef Sarkozy...) ! Bravo la diplomatie culturelle et la promotion de la francophonie. Je parie que ce n'est même pas par Air-France qu'il les renvoie en charters, ces pauvres étudiants, en plus.

C'est insupportable, car cela signifie que nous humilions continuellement les individus cultivés et francophiles venus de l'étranger à cause des mesures débiles de Guéant. Ce n'est pas cette immigration-là qui est gênante, abruti demeuré pauvre c... type !...

jeudi, 07 avril 2011

La gauche dégoûlinante est de retour, la droite qui brasse du vent toujours là !

J'ai bien rigolé en me battant les mains sur le ventre à la lecture des premières réactions socialistes aux dernières déclarations de Guéant sur l'immigration.

En fait, le PS et ses satellites (associations comme SOS-racisme comprises) font leur grand retour. Surtout, ne pas contrôler ni réduire l'immigration. Pas étonnant, notez : la gauche caviar nous assure que c'est le seul remède à la dénatalité et que nous allons devoir ouvrir massivement les vannes dans les 10 prochaines années.

A droite, le Guéant s'agite pour tenter de récupérer l'électorat UMP réfugié au FN en s'engageant à faire ce que son maître n'a su faire depuis qu'il est au pouvoir. Il cible cette fois le regroupement familial. Pas trop tôt. En effet, il faut le limiter, peut-être drastiquement, même. Mais il reste aussi les 200 000 naturalisations par an...Pour paraître sérieux, il va falloir en toucher un mot de celles-là.

Les Sénateurs centristes ont voté contre un amendement qui souhaitait rétablir la volonté dans l'acquisition de la nationalité. Il s'agissait de demander aux jeunes gens concernés d'écrire une lettre demandant officiellement la nationalité française. Ils ont eu tort.

Je suis lassé d'entendre parler de "stigmatisation" sur tous les modes et à toutes les sauces, alors que je ne vois là que des pratiques bien naturelles et justes. Il faut arrêter. Il n'y a pas mort d'homme. 

J'ai pris connaissance de la circulaire Guéant à propos de Lampedusa. Elle ne me paraît pas monstrueuse, mais bien légitime. On demande aux gens d'avoir des papiers en règle pour circuler en Europe et en France. Vous allez voir à gauche : on va venir braire en glapissant à l'atteinte aux droits de l'homme et à la stigmatisation.

Attention avec les mots : c'est comme tout, cela finit par s'user.

11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : immigration |  Facebook | | |

mardi, 22 mars 2011

Une droite pas assez à droite ?

C'est très amusant toutes les analyses que je lis sur le FN ces derniers jours. On reproche à Sarkozy d'avoir droitisé le FN et d'avoir ainsi ouvert la voie au FN. Ben non, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est de ne pas avoir droitisé ses actes. Quand j'écoute les gens qui votent pour FN, il y a tout de même des antiennes qui reviennent :

- le sentiment d'être abandonnés, certes, mais, constamment, l'insécurité et l'immigration. Alors, certes, cela ne préoccupe peut-être qu'une minorité de Français, mais pas de chance, la minorité en question vote pour le FN. 

- il est possible de faire reculer le FN. C'est juste une question de volonté. Il suffit de donner les moyens matériels et humains appropriés à la police, la gendarmerie et la justice pour fonctionner. C'est tout. A la limite, l'immigration n'est que secondaire, car elle ne préoccupe les Français que pour autant qu'elle génère de l'insécurité. Alors bien sûr, l'insécurité générée est le fait d'une minorité, mais le problème, c'est que cette minorité, on la voit sur tous les fronts des mauvais coups et de la délinquance. Les journalistes ont beau parler de jeunes, de jeunes gens, d'adolescents, de rixes entre bandes, personne n'est dupe. On sait très bien, dès que l'on se penche sur les faits, que ce sont majoritairement des jeunes d'origine immigrée qui sont impliqués.

- finalement, une politique sécuritaire, une vraie politique de répression, avec les moyens qui vont avec, c'est le plus sûr moyen de faire reculer la xénophobie. 

Je ris quand j'entends des chroniqueurs parler de ces petits villages ruraux et paisibles qui ne connaissent ni insécurité ni immigration et qui votent pourtant FN. C'est parfaitement faux. En fait, d'ores et déjà, dans certains de ces ensembles péri-urbains, il y a des bandes qui débarquent et sèment sinon la terreur au moins la peur. Alors, certes, peu de faits signalés, mais la peur est là. 

Ce que Sarkozy et l'UMP ne parviennent pas à comprendre c'est qu'ils ne regagneront pas l'électorat qu'ils ont perdu avec des mots. Il faut des actes, et ces actes ne sont possibles qu'avec des moyens ad hoc. Falsifier les chiffres en annonçant des réussites mirobolantes n'y changera rien. La température, ce sont les faits qu'i fleurissent çà et là dans la presse. Quand les faits (qui sont décidément têtus) baisseront vraiment, c'est à dire qu'on fera parler la matraque et le gnouf chaque fois que nécessaire, à ce moment-là, le FN reculera. 

Il existe d'autres causes qui favorisent le vote FN, mais j'y reviendrai dans un second billet. De toutes façons, les sondeurs politiques qui sont habitués à raisonner sur des faits et pas sur des discours idéologiques expriment de manière claire ce qu'il en est globalement. 

Enfin, bon, de toutes façons, je me répète : cela ne fait jamais que quatre ans que je dis les mêmes choses à l'envie sur ce blogue. J'adore d'ailleurs, quand on vient me qualifier de réactionnaire de facho, de droitier, ou encore de sous-marin du Front National...

 

 

mercredi, 02 mars 2011

Marine Le pen prête à jeter à la mer des réfugiés...

radeaumeduse.jpgJe ne titrerai pas comme Laureline Dupont de Marianne, immigration, Marine Le pen la rechute, mais en revanche, je rejoins totalement Laureline pour mettre à jour l'embrouille à laquelle se livre Marine Le pen.

Bien loin de se réjouir de voir les despotismes  tomber au Maghreb, Marine Le pen n'a qu'une inquiétude : voir des réfugiés lybiens et tunisiens débarquer en France.

Et elle met dans le même sac l'immigration ordinaire (qu'il faut en effet juguler et arrêter complètement) et l'accueil de réfugiés, que l'on ne peut pas même qualifier d'immigration, au demeurant, et qui a un caractère parfaitement temporaire.

Il y a eu un sondage récemment sur le sujet, c'est sans doute ce qui a donné des idées à Madame Le pen. Comme 2/3 des Français, je pense aussi qu'il faut privilégier des secours sur place. 

Mais quand j'entends Marine Le pen déclarer « L’union européenne est totalement impuissante à nous protéger, il faut passer un accord bilatéral avec l’Espagne et l'Italie pour permettre à nos marines de préserver nos eaux territoriales et repousser dans les eaux internationales les migrants qui voudraient entrer en Europe. » difficile de ne pas faire un bond.

Il ne faudrait pas être sur le Radeau de la Méduse avec elle, celle-là : elle aurait vite fait de vous balancer un coup de rame sur la tronche pour vous jeter à la flotte, parce qu'en gros, c'est exactement ce qu'elle propose. Elle veut refaire le coup des boat people crevant de soif et d'inanition dans les années 70, repoussés de partout, en somme. Allez, ouste, les Lybiens et les Tunisiens, à la mer, quoi...

Il y a peut-être un moyen terme entre l'accueil d'immigrés et celui, temporaire, de réfugiés terrorisés, chose qui ne semble pas frapper plus que cela Madame Le pen.

jeudi, 10 février 2011

Entre externalisation, relocalisation et immigration

Dans ce qu'il faudra porter au passif de Nicolas Sarkozy, il y a l'immgration. Je me souviens très bien du candidat de 2007 clamant haut et fort que l'immigration serait à 40% de travail, désormais. Tu parles Charles, 200 000 naturalisations par an. En réalité, il faut deux mesures fortes pour stopper l'immigration :

1. Fermer clairement les vannes à l'arrivée en France

2. Promouvoir un véritable co-développement

Je développe le 1er point : quand je parle de fermer les vannes, j'entends par là qu'il faut poser des conditions drastiques à la venue en France. A vrai dire, ce ne devrait pas être des conditions de ressources, du moins pas en priorité, contrairement à ce qu'exigeait Nicolas Sarkozy, mais des conditions de culture et de maîtrise de la langue française. En somme maîtrise du français et connaissance des lois et de notre culture exigées pour venir s'installer et travailler en France, sauf quand il y a un accord spécifique avec une entreprise qui expatrie l'un de ses salariés. Nous devrions être intraitables. Les "sans-papiers" n'ont rien à faire ici dès lors qu'ils ne maîtrisent pas notre langue et n'adhèrent pas à notre culture et à notre projet social, sociétal et politique.

Évidemment pour que de tels pré-requis aient un sens, il convient de développer considérablement la francophonie et dans ces conditions de réhabiliter et de doter les alliances françaises partout où elles existent. Il faut pouvoir dispenser des cours de langue et de culture française dans les pays d'émigration et y faire une sélection sur place, et non chez nous. Tout l'inverse de la politique menée depuis près de 10 ans.

Passons au second point : soyons clairs et ne jouons pas avec les mots. Pour assurer un véritable développement dans les pays d'immigration, il est nécessaire d'y créer des emplois, cela va de soi. Une bonne partie de ces emplois ne peuvent être que des services externalisés ou des productions délocalisées de pays déjà industrialisés et développés. Les hot-line des FAI par exemple, aboutissent en Tunisie ou au Maroc, parfois en Afrique noire. Une des raisons qui rendent entre autres ridicule le programme d'un parti comme le FN, c'est l'assurance dans ses propositions de concilier jugulation de l'immigration et protectionnisme. Cela ne tient pas.

Bernard Kouchner, il y a de cela plusieurs années, avait eu le courage de reconnaître que pour partager la croissance à l'échelle mondiale, il fallait admettre un certain niveau de délocalisations. Le tout est de déterminer avec précision lesquelles nous acceptons ou non. Cela devrait faire l'objet d'un programme politique clair et explicite.

Bayrou d'abord, puis Royal ensuite, en 2007, avaient eu cette intuition de la nécessité du co-développement, sans toutefois l'approfondir au point de l'intégrer dans un programme économique complet.

J'en suis convaincu, les liens entre réindustrialisation/relocalisation, externalisation et immigration, s'ils ne sont inexctricables, sont du moins étroits. Il n'existera pas de projet valable qui ne les associent les uns aux autres de manière cohérente.