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dimanche, 19 janvier 2014

La coulée verte, c'est Avenue Foch, pas sur les Champs-Élysées !

Je me suis fié à l'annonce du JDD hier mais les termes en étaient peut-être ambigus puisque l'hebdomadaire parlait de "Champs-Élysées pour piétons" et "d'UNE artère".

Eh bien avec la version papier d'aujourd'hui, il s'avère que c'est l'Avenue Foch qui est visée par ce projet. Bien que je connaisse bien l'endroit, j'ai un peu de mal à me représenter son trafic. 1500 véhicules par heures d'après le calcul de la municipalité.

Il est vrai que cette avenue m'a toujours paru curieusement agencée, désertique, en effet, et sous-exploitée. Pour mieux se rendre compte des caractéristiques de cette avenue, le mieux est encore de jeter un oeil sur Google Maps.

C'est à Laocoon, le prêtre d'Apollon à Troie, que l'on doit cette formule fameuse quand les Troyens découvrent le Cheval de Troie dans l'Énéïde : timeo danaos et dona ferentes (je crains les Grecs, même lorsqu'ils font des présents). Vous me comprendrez si je pastiche Virgile et que j'écris "timeo socialistos et dona ferentes" ?

L'avenue Foch est la seule voie d'accès directe entre l'Étoile et la Porte Dauphine. Tous ceux qui voudront gagner ce secteur seront contraints à des contorsions improbables en automobile. Et c'est tout à fait évident que le report se fera sur les petites rues, pour l'instant plutôt tranquilles dans ce quartier.

La seule autre solution sera sinon d'emprunter l'Avenue Bugeaud puis de reprendre l'Avenue Victor Hugo, à partir de la place Victor Hugo alors qu'elle est déjà empruntée et que c'est un axe commerçant et vivant.

Dans le détail, 50% de l'Avenue Foch serait transformée serait destinée à la construction d'immeubles, mais il faut voir lesquels : hôtels de luxe, grands magasins, commerces en rez-de-chaussée et des bureaux. Les logements se feraient rares, évidemment, dans un tel ensemble. L'autre partie de l'avenue deviendrait un parc. Une sorte de grande passerelle surplomberait la Porte Dauphine comportant des espaces de conférence, un restaurant et peut-être une bibliothèque.

La gentrification dans toute son ampleur. Le Paris des bobos, quoi. 

Mais ce n'est pas tout : il y a une bande verte qui sépare le Bois de Boulogne des premiers immeubles d'habitation. Nos esprits fertiles en projets délirants proposent d'y construire des milliers de logements dont une grande partie sociaux. Dans cette zone jusqu'ici très tranquille, le Bois de Boulogne deviendra ainsi invisible. On ne sait pas trop ce que Marc Rozenblat, le promoteur immobilier du projet désigne par une bande de 2.4km2 de libre le long du Bois de Boulogne. J'imagine que la tentation de mordre dessus est très forte...

Goasguen a réagi, et pour une fois, je suis d'accord avec lui. Il y a une hargne incroyable du Soviet suprême socialiste à Paris contre le 16ème arrondissement. Faites le compte : un morceau du Jardin d'Acclimatation revendu, les Serres d'Auteuil réduites de moitié et rendues impraticables, le stade Jean Bouin enlevé aux Parisiens et donné à des clubs privés, la piscine Molitor en voie de privatisation, le stade Georges Hébert donné pour l'entraînement de Roland Garros, et ce n'est pas tout, il y a d'autres projets de démantèlement.

J'avais bien dit hier que le projet me rappelait quelque chose : je m'étais juste trompé d'avenue. Le guen, le député PS du 13ème avait fait une première proposition en ce sens il y a deux ans.

Le guen appartient à cette caste de technocrates réformistes que j'abhorre. Ces gens se passent bien des consultations populaires. Ils n'ont de yeux doux que pour les promoteurs immobiliers, les cabinets d'architecture et sociétés internationales, les fonctionnaires du FMI ou de Bruxelles, le microcosme médiatique et de manière générale pour toute cette oligarchie que je déteste, à titre personnel. Ces gens qui se connaissent et se délivrent des passe-droits auxquels le commun des mortels n'aura jamais le moindre accès. Quand ils sont socialistes, ils le font honteusement, en cachette, afin que le petit peuple qu'ils méprisent ne voient pas leurs turpitudes et l'étendue du mépris qu'ils lui portent.

Et quand on leur oppose la raison ils n'ont que la modernité et le progrès à la bouche, comme si on pouvait donner aux mots les plus creux la force de la réalité.

 Évidemment, tout le monde aime bien les coulées vertes. Je ne suis pas hostile à un réaménagement de l'avenue Foch mais je suis vent debout contre l'actuel projet socialiste et je demande, de toutes façons, une étude plus sérieuse que celles qui sont réalisées par des cabinets d'experts amis pour ne pas dire engagés.

Et puis ce qui m'énerve, c'est l'insupportable méthode socialiste : il y a une volonté systématique de mettre devant le fait accompli les habitants et les élus locaux. C'est, depuis 2001, le même mépris systématique de la démocratie locale, alors que ce projet, on aurait pu en discuter et aboutir peut-être à une proposition commune.

11:10 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : avenue foch, le guen |  Facebook | | |

Les Champs-Élysées, devenus un jardin, fermés à la circulation ?

Je dois attendre quelques heures pour acheter le prochain numéro du Journal du Dimanche ; je patienterai. L'hebdomadaire expose la dernière folie socialiste largement inspirée des projets délirants d'urbanistes au raisonnement quelque peu altéré.

Tenez-vous bien : l'actuelle municipalité veut interdire complètement les Champs-Élysées à la circulation en les transformant en gigantesque parc urbain avec commerces (de luxe, cela va de soi, les modestes n'intéressent pas le PS sauf quand ils sont dans l'est de Paris pour voter pour eux ).

Comprenons-nous bien : si l'on pouvait faire des Champs une grande artère verte sans générer un chaos monumental dans la circulation, sur le principe, je ne serais pas contre, mais il est bien évident qu'il va y avoir un report de trafic sans précédent tant cette avenue est empruntée.

Au passage, j'étais là, en 2010, quand les Champs ont été transformés en "jardin". C'est bien simple, c'était impraticable. Et je parle de marche à pied. Impraticable à pied en raison de la foule et de la place prise par les espèces de bacs à plantes géants sur la voie et sur les trottoirs.

Le pire, c'est que ce projet me dit quelque chose : j'ai le vague souvenir d'en avoir lu le projet quelque part, sur un forum d'architectes et d'urbanistes, me semble-t-il, il y a un certain temps. Pas moyen de retrouver où.

Si même Skycrapercity.com n'est pas au courant, c'est que le secret a vraiment été bien gardé. Même le sujet sur les Municipales ne touche pas mot de cette histoire. Rien non plus sur le thème news urbaines et architecturales

La suite demain, quand j'en saurai plus.

EDIT du 19/01/2014 : Eh bien si le JDD sur la Toile n'est plus capable de savoir ce que son édition papier va publier...Ce ne sont pas les Champs-Élysées mais l'avenue Foch.

00:54 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : champs-élysées |  Facebook | | |

samedi, 11 janvier 2014

Mobilité douce, pour une fois, un bon point pour Hidalgo.

Cela m'arrivera rarement, surtout au beau milieu d'une campagne municipale, mais cette fois, je décerne un (petit) bon point à Anne Hidalgo.

Soyons précis : le bon point en question concerne la proposition d'autoriser les véhicules électriques à rouler dans les couloirs de bus. Après, je ne sais pas si le choix des couloirs de bus est le bon, mais le principe de permettre aux véhicules propres de passer par des itinéraires que les autres véhicules ne peuvent pas emprunter est le bon.

Mais je crois que j'ai compris : Anne Hidalgo dont le compte twitter suit depuis quelque temps (et jusqu'à nouvel ordre) le mien, a certainement dû lire mes billets.

Proposer des chemins réservés aux véhicules propres est tout à fait ce que je suggérais dans l'un de mes récents billets sur la pollution et l'automobile. J'allais même plus loin en émettant l'idée de permettre des vitesses supérieures sur le périphérique à ces véhicules.

Je pense qu'Anne Hidalgo devrait inclure les véhicules hybrides dans les catégories autorisées dans la mesure où elles ne fonctionnent qu'à électricité ou presque à petite vitesse. En tout cas, cette opportunité serait à étudier.

Il y a juste un point qui me chiffonne, c'est qu'il ne faudrait pas non plus que les bus commencent à être ralentis. Après, il faudrait mener une réflexion globale sur un plan de déplacement qui ne sacrifie pas la voiture individuelle, obsession qui demeure chez Anna Hidalgo puisqu'elle en impute le tort à la droite et à NKM.

Autre bon point : la prolongation du tramway de manière à ce qu'il achève sa boucle autour de Paris, très exactement ce que je prônais sur mon blogue tout récemment. Cette fois, c'est sûr, mes idées sont pillées... :-)

Pour une fois que cela va dans le bon sens...(il ne reste plus qu'à revenir sur l'abaissement de la limitation de vitesse du périph qui n'a aucun sens).

vendredi, 10 janvier 2014

Périph à 70km/heure, coûts et pollution majorés...

Je jugé imbécile, démagogique et contre-productive la limitation de la vitesse sur le périphérique parisien depuis que l'idée a surgi dans un certain nombre de cerveaux malades.

A vrai dire, je ne suis pas un expert, mais simplement un citoyen ordinaire qui a des notions d’arithmétique. 

En diminuant la vitesse, on retarde le dégagement des bouchons quand la circulation redevient plus fluide et on augmente donc a) les bouchons b) le temps passé sur le périphérique.

Je ne vois pas du tout comment la pollution pourrait diminuer avec un temps de présence accrue sur la périphérique. En revanche, je vois très bien comment elle pourrait augmenter. Quand les moteurs tournent dans les bouchons, la consommation de carburant est maximale. Et je défie quiconque de venir m'affirmer le contraire, je sais ce que consomme mon véhicule et à quels moments. En ville, je fais 500 kilomètres avec un plein, sur route, presque 1200 kilomètres. Et je bouffe d'autant plus d'essence que je me suis retrouvé dans les bouchons. Donc, plus on congestionne le trafic pour emmerder les conducteurs, plus on crée de pollution. La vitesse optimale pour le rejet de substances nocives est de 70 km/h, mais c'est une moyenne. Or, sur le périphérique, la vitesse moyenne va passer de 43 km/h à 40 km/h grâce à la dernière delanoconnerie de la mairie. Les conducteurs vont donc payer plus et polluer plus. Bien joué les bobos écolo-gauchos. Plus de pollution, plus de dépenses, plus de consommation d'énergie pour une mesure 100% inefficace.

Le plus ridicule, c'est l'argument de la vitesse moyenne : on voit que tous ces gens-là n'ont aucune notion de statistique. La vitesse moyenne n'est pas significative car elle est calculée sur une journée entière. Dire que l'on roule à 40 km/h en moyenne ne signifie pas que l'on y roule tout le temps à 40 km/h. En fait, on peut très bien rouler à 80 km/h à minuit et à 10-15 km/h à 9 heures du matin. Ensuite, il ne faut pas concevoir le périphérique comme une ligne continue, mais comme une succession de tronçons. Pour parvenir à des mesures réalistes pour ne pas dire réelles, il faut effectuer les calculs tronçon par tronçon et non sur l'ensemble du parcours.

Rien qu'en temps perdu (sans compter les surcoûts de consommation) la réduction de la vitesse sur le périphérique va griller près de 100 millions d'euros supplémentaires simplement en temps perdu. C'est la réduction des dépenses façon Hidalgo...

En attendant, la municipalité socialiste avait les moyens de réduire significativement la pollution des véhicules : elle pouvait acquérir une flotte propre au lieu de gaspiller l'argent du contribuable dans des projets pharaoniques. Elle pouvait également pousser la RATP à en faire autant. C'est un choix inverse qui a été fait avec le rachat de 400 véhicules lourds au diesel (les plus polluants !).

En fait, pas un spécialiste sérieux ne reçoit la diminution de la vitesse sur le périphérique comme efficiente pour la pollution ou même le bruit (un seul décibel de gagné). Même du point de vue de l'accidentologie, l'argumentation de la gauche et des verts n'est pas recevable : la corrélation entre vitesse et accidents ne vaut que sur des routes rurales en ligne droite et peu fréquentées.

Ce que j'invite mes lecteurs à faire, c'est à entreprendre la lecture du rapport de Rémy Prudhomme, urbaniste diplômé d'HEC et Harvard, ex-directeur adjoint pour l'environnement à l'OCDE. Ils seront édifiés.

18:42 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : périphérique, pollution |  Facebook | | |

dimanche, 05 janvier 2014

La délicate question du diesel à Paris

La pollution de l'air s'est invitée dans tous les programmes des candidats à la mandature suprême à Paris.

C'est le projet de Marielle de Sarnez qui a fait l'objet de la meilleure couverture médiatique mais, bien entendu, tous les candidats ont présent à l'esprit cette problématique. Le diesel ne représente pas la totalité de la pollution atmosphérique, loin de là, mais bien 25 à 30% sans doute.

Je parle en connaissance de cause : j'ai un véhicule diesel et j'habite Paris. Cela fait un moment que je fais mes comptes et mes décomptes. Il n'y a rien à faire : quelle que soit la solution envisagée, je suis vraiment perdant financièrement si j'opte pour la solution sans voiture ou pour l'achat d'un véhicule propre. La seule location d'une automobile pour partir en vacances me coûterait l'équivalent de l'entretien de mon véhicule personnel pendant un an. Si je devais ajouter les frais d'utilisation d'autolib et ceux des transports en commun en prime, je double voire triple mon budget de déplacement. Sans véhicule, tous mes temps de transport sont de doublés à triplés et cela m'occasionnerait d'autres frais (gardes d'enfants entre autres) et un inconfort bien supérieur (sans automobile on doit renoncer aux visites en banlieue, aux départs en vacances au moment souhaité et, sur le lieu de vacances, à toute forme de mobilité).

En somme, l'absence d'automobile est une perte terrible de mobilité, particulièrement si l'on a une famille relativement nombreuse.

Face à cela, il y a les effets de la pollution de l'air. Des maladies respiratoires à répétition : asthmes, pharyngites, bronchites, laryngites et cetera. Sans en être la conséquence directe , elles "bénéficient" d'un environnement devenu propice.

S'il est évident que le trafic automobile dégrade la qualité de l'air, il n'est pas évident du tout que sa réduction améliore les choses. Une étude de l'ANPAA semble même démontrer une très faible incidence des mesures de ce type.

Accessoirement, la pollution ne connaît pas de frontières : à Paris subit par exemple toute la pollution venue d'île de France et inversement d'ailleurs. On peut toujours pointer du doigt la voiture, mais c'est un plan global, incluant les autres sources de pollution, qui peut avoir quelques chances d'améliorer la situation.

Si on considère l'histoire de la pollution de l'air on voit que ce sont les retenues et filtres à la source qui sont les plus efficaces en matière de pollution atmosphérique. C'est très net en Europe.

Je n'ai pas de solution miracle, mais je vois que la majorité socialiste à Paris a favorisé l'achat de centaines de bus au diesel quand il eût été possible de choisir du GNV. Et pendant ce temps, des centaines de millions d'euros, peut-être même des milliards, ont été gaspillés en projet qui n'amenaient rien à la qualité de l'air à Paris.

Paris a toutefois un vrai problème : la municipalité ne contrôle pas la flotte de véhicules qui la parcourt parce qu'une très grande partie d'entre eux viennent de banlieue, de province ou de l'étranger.

Il existerait sans doute des solutions pour amener un air propre à Paris, mais elles seraient brutales : prévoir de gigantesques parkings aux portes de Paris, voire même un peu plus loin  pour tous les véhicules extérieurs à la capitale (sauf ceux qui sont propres) et prévoir des taxes records pour ceux qui polluent intra-muros. 

De telles mesures sont inconcevables si elles ne s'accompagnent pas d'un quadrillage parfait, propre, fréquent, et à toute heure du jour et de la nuit de toute la ville. Ce n'est pas le cas actuellement. Prévoir une voie réservé aux transports en commun et aux taxis sur le périphérique, en soi, ce n'est pas stupide, à condition que ces transports soient propres et rivalisent en régularité, prix et vitesse avec le véhicule individuel. Nous n'y sommes absolument pas y compris là où des couloirs spécifiques ont été créés. 

C'est un trait, une manière de penser qui m'agace à gauche et chez les Verts. Par idéologie, ils prennent des mesurettes qui ne sont satisfaisantes pour personne au lieu d'attaquer le mal à la racine en commençant par le plus efficace et le plus pratique.

Il en va dans les transports comme pour tout le reste : c'est une affaire de concurrence. Tant que les transports collectifs ne sont pas concurrentiels (et la concurrence, ce n'est pas seulement une histoire de prix), ils ne peuvent emporter la victoire.

 

jeudi, 02 janvier 2014

J'ai lu le pacte pour Paris : je suis sceptique.

J'ai le parti pris, en politique, de toujours aller lire ce que proposent les uns et les autres afin de me faire une idée de ce qu'ils feraient s'ils étaient élus. J'ai donc jeté un oeil au Pacte pour Paris de Charles Beigdeber, puisqu'il tente de fédérer les dissidences de droite.

Il y a une chose qui me frappe dans cette municipale parisienne, c'est qu'à la lecture des programmes, quels qu'il soient, il n'y a jamais de chiffrage, tout du moins, de chiffrages de dépenses.

Beaucoup de voeux, d'intentions qui se ressemblent, mais le concret, comment on fait, ça, nada. Le projet de Beigdeber ne déroge pas à la règle.

Par exemple, le pacte évoque le projet de creuser des parkings un peu partout dans Paris : je suis désolé, mais notre capitale est déjà un gros gruyère qui menace de s'effondrer. A moins de se diriger vers le noyau terrestre en descendant toujours plus bas, j'ai du mal à imaginer qu'il y ait beaucoup de marges de manoeuvre. Alors évidemment, quand il est question en plus de créer une gigantesque autoroute souterraine qui traverserait Paris, je demande à voir le coût et la faisabilité de la chose même si l'idée paraît astucieuse.

Cette autoroute aurait vocation, je suppose à permettre à tous les véhicules qui traversent la capitale ou s'y rendent de ne pas passer en surface. J'imagine déjà les bouchons aux sorties d'une telle voie. En parallèle, Beigdeber veut imposer un péage à l'entrée de Paris. C'est une véritable déclaration de guerre à la banlieue. Où construira-t-il les parkings gratuits qu'il propose à la périphérie ?

De manière générale, sur tous les projets de réhabilitation de friches, de couverture de voies, de creusement de parkings et cetera, qui figurent dans tous les programmes des candidats, j'aimerais bien avoir l'avis d'urbanistes, d'architectes et de techniciens et ingénieurs du bâtiment histoire de déterminer ce que l'on peut faire ou non. Et à cela, il faudrait ajouter des économistes, des experts et des banquiers capables de chiffrer le coût de l'opération.

Il y a sinon des choses qui me conviennent dans ce projet : toute la partie sécurité, par exemple, qui me paraît juste et qui ne verse ni dans la langue de bois ni dans le politiquement correct.

  • - lutter efficacement contre l’insécurité
    • Sanctionner systématiquement toute incivilité
    • Convoquer les parents aux commissariats lorsque les « incivilités » ont été commises par des mineurs
    • Imputer les amendes pour contraventions liées à ces « incivilités » sur allocations perçues par des familles concernées
    • Rétablir les « inspecteurs de cour » et renforcer le gardiennage dans les ensembles sociaux
    • Expulser les familles à problèmes pour troubles de jouissance en cas de non-respect systématique du règlement intérieur des ensembles sociaux
    • Accélérer le déploiement de caméras de vidéo-surveillance

Ce qui est dit en culture et savoirs me paraît juste aussi, mais je rappelle que l'ouverture sur des horaires plus étendus a un coût : qui l'assumera ? Surtout quand il s'agit de musées nationaux. Et quitte à ouvrir les équipements de la ville, j'aimerais bien qu'on en fasse autant des équipements sportifs dont une large part demeurent inaccessibles. Par exemple, toutes les piscines et les stades fermés de Paris devraient pouvoir ouvrir jusqu'à minuit (en payant bien sûr en heures abondées ceux qui en assureraient la surveillance). Cela permettrait à ceux qui rentrent tard d'en profiter, sachant qu'en journée, les scolaires en utilisent déjà largement les possibilités d'occupation.

Plus généralement pour la culture, au fond, ce ne devrait pas être à la ville de créer l’événement : ceci devrait rester du ressort des associations et du mécénat, mais, en contrepartie, la ville devrait avoir vocation à leur en faciliter l'organisation.

Sur la partie transport, comme je l'ai dit, j'ai un doute sur la faisabilité des travaux envisagés, mais il y a une mesure que je salue : en permettant les 3/8 pour les travaux de voirie, on éviterait certains encombrements ou du moins, on les limiterait dans le temps.

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mardi, 31 décembre 2013

Le très mauvais conseil de Goasguen à NKM

Claude Goasguen fait partie de cette droite parisienne qui s'est montrée incapable de reconquérir Paris depuis 2001. Et je ne m'en étonne pas quand j'écoute les raisonnements de l'individu : il suggère à Nathalie Kosciusko-Morizet de "nationaliser" l'élection municipale parisienne sous prétexte que les résultats de l'actuel gouvernement socialiste ne sont pas fameux.

Surtout pas malheureux ! 

En voilà un qui ne comprend rien à rien. L'électorat parisien n'est pas comparable aux autres, primo, et, secundo, les problématiques de la ville ne sont qu'en partie celles du pays.

Tout au contraire, la campagne doit être locale. La vraie difficulté, c'est de trouver le moyen de proposer un projet aux Parisiens sans se montrer à la remorque d'Anne Hidalgo. Il faut éviter à tout prix le Delanoëlike, et ça, ce n'est pas simple.

Il se dit qu'à droite on enterre déjà NKM. Pourtant, si l'on considère les sondages, elle a régulièrement progressé depuis son annonce de candidature et elle est sur un score final qui est le meilleur à droite, à Paris, depuis bien longtemps. Je ne sais pas si elle parviendra à l'emporter, mais elle aura tout de même remis en selle la droite dans la capitale, en dépit de ses baronnets et des chausse-trappe.

Vaincre Hidalgo est une vraie gageure. Elle est bien implantée et confortée par l'exercice du pouvoir. Elle connaît évidemment bien sa ville. Ses principales failles, ce sont ses promesses et le renchérissement incessant du coût de la vie à Paris. La schizophrénie socialiste est aussi une aide précieuse : taper sur les riches et se faire élire par les bobos. La pathologie trouve toutefois ses limites : j'ai eu la surprise de voir des électeurs/électrices de gauche commencer à s'enquérir du parcours et des propositions de candidats UMP. Ils/elles escomptaient voter MoDem, voire Alternative, à l'origine, par mécontentement envers la gauche, mais faute de listes indépendantes au centre, les voilà à considérer ce qui se dit à droite. 

Je parle de personnes qui n'ont JAMAIS voté à droite.

La personnalité de NKM joue aussi beaucoup. J'ai eu un échange récemment avec une blogueuse fameuse qui la considérait d'un bon oeil, bien que ne prisant guère l'UMP. Quelque chose d'imprévu et d'imprévisible.

En somme, tout n'est pas perdu. Si je comprends bien que NKM doit soigner sa droite, qu'elle songe aussi au centre. A Paris, c'est Marielle de Sarnez qui l'incarne. Je pense que NKM a très intérêt à l'associer ainsi que le MoDem, car l'électorat auquel je fais allusion un peu plus haut dans le billet y est sensible. De ce point de vue, ce n'est pas forcément une très riche idée que de n'avoir proposé à aucun MoDem une tête de liste. Non qu'il s'agisse de se battre pour des sièges d'élus, mais plutôt qu'il sera plus difficile d'argumenter pour montrer que le rassemblement voulu par NKM va bien au-delà de la droite et que les adversaires d'hier y participent.

16:53 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : nkm |  Facebook | | |

jeudi, 26 décembre 2013

Logements sociaux et insécurité dans le 15ème

J'espère que je vais enfin réussir à faire fonctionner ce ""#satané $$£ °! lien google drive : il s'agit du compte-rendu d'un conseil du quartier Georges Brassens de juin 2010, dans le 15ème arrondissement de Paris. La lecture est édifiante parce que les interventions des participants, sans d'ailleurs que cela soit leur intention, montre bien qu'il y a un lien direct entre incivilités, insécurité et logement social.

Si ce lien existe, c'est parce que le mode d'attribution des logements sociaux n'est pas le bon. NKM a proposé que ce soient des citoyens tirés au sort et constitués en jury qui déterminent leur affectation. Cela va dans le bon sens, d'autant que cela évitera aux élus de se refiler des logements les uns aux autres et à la gauche de se servir du logement social pour disséminer des familles à problèmes avec leurs délinquants dans les arrondissements de l'ouest parisien.

J'ai un autre témoignage : celui d'un gardien qui travaille place rue Saint-Charles, près de la place Charles Michels. Avec l'implantation de nouveaux logements sociaux il a vu apparaître une série d'incivilités, comme on dit, dans le bloc d'immeubles : défécation dans les escaliers et les ascenseurs, cendriers brisés contre les vitrines, adolescents et enfants parfois fort jeunes traînant en permanence et tard dans la rue, et cetera.

Les maires d'arrondissement devraient au moins avoir un pouvoir de blocage sur les individus que la majorité PS cherche à imposer dans leur quartier et pouvoir examiner évidemment les dossiers. Ce n'est pas le cas actuellement.

Les logements sociaux ne devraient pas être attribués pour une durée indéterminée mais, dans un premier temps, pour un bail de 3 à 6 ans à l'issue duquel la situation du locataire serait réexaminée. La mention de plaintes du voisinage au dossier serait alors un élément décisif pour chasser les contrevenants.

Compte-tenu du fonctionnement actuel des logements sociaux, je comprends très bien tous les riverains des différents quartiers qui font des pieds et des mains pour s'opposer à leur implantation.

J'ai entendu NKM suggérer de donner une priorité à l'utilité sociale pour le logement social. Policiers, infirmières ou personnels de crèche en particulier pourraient disposer d'un bonus pour se le voir attribuer. Cela me paraît une bonne idée.

lundi, 23 décembre 2013

Les listes de droite dissidentes me font bien rigoler à Paris

Les annonces se multiplient sur la droite de l'échiquier parisien : des listes dissidentes çà et là, des discours enflammés contre NKM. Mais la vraie raison, vous voulez savoir où elle se trouve ?

Très simple. Des gens qui n'ont pas eu la place qu'ils voulaient avoir sur les listes. C'est ça et uniquement ça et rien d'autre. Une simple question d'ego et de place autour de la table où la soupe est servie.

Il y a quelques exceptions, malgré tout : quelques MoDem qui souhaitaient des listes indépendantes au premier tour voire au second, plus rarement des UDI sur la même ligne et quelques élus de droite qui sont dissidents depuis 5 ans.

Je pense, pour ces derniers, à David Alphand et Laurence Dreyfus dans le 16ème, Dominique Baud dans le 15ème,  et Serge Federbusch, l'auteur du Delanopolis.

On peut ne pas être d'accord avec eux mais on doit leur reconnaître une crédibilité. Je n'exclus toutefois pas chez eux un certain dépit de ne pas avoir été appelés par NKM pour figurer sur ses listes...

Les autres, c'est vraiment de la dissidence de la dernière heure.

20:45 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : municipales, nkm |  Facebook | | |

Municipales à Paris, quel(le) candidat(e) choisir ?

Je me faisais la réflexion suivante à propos des municipales parisiennes : dans tous les cas de figure, il ne faut jamais oublier le bon sens le plus élémentaire.

Le programme est bien sûr un critère de vote, mais, dans le détail, les personnes pour lesquelles on vote, arrondissement par arrondissement, c'en est un aussi.

Je prends l'exemple du 15ème : il va y avoir sur la liste d'union de la droite et du centre Maud (Gatel), une jeune femme que je connais bien. C'est une militante MoDem de la première heure, et avant, UDF. Je sais que c'est quelqu'un de sérieux, parce que je l'ai vue à l'oeuvre. Je sais aussi qu'elle réagit quand on  essaie de la contacter. Je pense qu'elle sera une élue qui fera son job, ce qui n'a rien d'une évidence, croyez-moi, à Paris. C'est donc un bon point pour elle et pour sa liste.

Je ne connais pas Yann (Werhling) comme élu mais je sais, en revanche, qu'il a travaillé d'arrache-pied sur le plan air de Marielle de Sarnez. J'ai donc un a priori favorable.

Après, il reste un troisième critère : les prises de position sur les grands dossiers de la capitale. Et là, il ne faut pas oublier que les premiers de liste ont vocation à devenir des élus au Conseil de Paris et donc, se prononcer sur la totalité des dossiers qui concernent la capitale, pas seulement leur quartier.

Je vais prendre l'exemple du 16ème, cette fois, avec Béatrice (Lecouturier) et Valérie (Sachs) que je connais bien. 

Béatrice a été une conseillère d'arrondissement investie. Elle a vraiment été présente et entrepris des consultations auprès des habitants sur la plupart des grands dossiers auxquels elle a été confrontée.

Valérie, quant à elle, avait dès le départ un projet économique pour le 16ème et plus généralement pour Paris. Je le sais parce qu'au départ, elle l'a bâtie pour l'UDF et j'y ai apporté ma très modeste contribution (nous avons travaillé ensemble au sein d'un petit groupe qu'elle animait).

L'une et l'autre ont donc les qualités que j'identifie dans mes deux premiers critères. Il reste donc à voir leurs positions sur les grands dossiers du 16ème : Stade Jean Bouin, Stade Hébert, Serres d'Auteuil et Roland Garros, Piscine Molitor, Jardin d'Acclimatation et Fondation Vuiton (mandature 2001-2008).

L'une et l'autre ont été favorables à l'extension de Roland Garros sur les Serres d'Auteuil. Valérie a même déploré en Conseil de Paris que des associations puissent bloquer le projet municipal. C'est un très mauvais point, pour Béatrice d'abord, et plus encore pour Valérie (quid des corps intermédiaires, alors ? Il faut leur passer dessus ?). Au passage, j'observe que Valérie donnait aussi raison à LVMH contre les défenseurs du Jardin d'Acclimatation. 

Sur Jean Bouin, en revanche, les deux se sont opposées au projet final même si le MoDem avait approuvé le projet initial.

Il est important de connaître l'actif et le passif des personnes pour lesquelles on peut envisager de voter lors d'une élection.

Par exemple, j'ai aussi entendu que David Alphand allait présenter une liste dissidente dans le 16ème contre Goasguen. Voilà quelqu'un qui a combattu tous les projets pourris de la majorité au lieu de faire semblant de s'y opposer comme Goasguen. Autre point positif, il a été l'un des premiers (avec Laurence Dreyfuss), tant sous Sarkozy que Hollande à inviter à saisir les biens d'Assad à Paris.

Il a en revanche fait partie des soutiens à la Manif pour tous, comme Goasguen, Goujon et Lamour, au demeurant. Ni Béatrice ni Valérie n'ont pris position sur ce sujet.

Le logement social est un autre thème sur lequel les prises de position des candidats sont importantes. Sur ce sujet, je suis très en phase avec les idées originales de Béatrice. Par principe, Béatrice n'est pas opposée aux logements sociaux, mais elle proposait aussi en 2012 un système dans lequel la mairie servait d'interface et de garantie pour mettre en relation bailleurs et demandeurs de logements sociaux. Un bon système. Je n'ai entendu ni Alphand ni Valérie s'exprimer sur le sujet , en revanche, je sais que Goasguen a toujours freiné des quatre fers sur le sujet. Côté PS, on a compris très tôt qu'il y avait une volonté de politiser le débat pour essayer de mettre en porte à faux la droite. 

Arrondissement par arrondissement, il faut tenter d'éplucher les votes et les prises de position des uns et des autres. C'est un biais relativement fiable pour se faire une idée de ce que feront ensuite ceux auxquels on aura donné sa voix.

01:03 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : municipales |  Facebook | | |