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vendredi, 10 janvier 2014

Périph à 70km/heure, coûts et pollution majorés...

Je jugé imbécile, démagogique et contre-productive la limitation de la vitesse sur le périphérique parisien depuis que l'idée a surgi dans un certain nombre de cerveaux malades.

A vrai dire, je ne suis pas un expert, mais simplement un citoyen ordinaire qui a des notions d’arithmétique. 

En diminuant la vitesse, on retarde le dégagement des bouchons quand la circulation redevient plus fluide et on augmente donc a) les bouchons b) le temps passé sur le périphérique.

Je ne vois pas du tout comment la pollution pourrait diminuer avec un temps de présence accrue sur la périphérique. En revanche, je vois très bien comment elle pourrait augmenter. Quand les moteurs tournent dans les bouchons, la consommation de carburant est maximale. Et je défie quiconque de venir m'affirmer le contraire, je sais ce que consomme mon véhicule et à quels moments. En ville, je fais 500 kilomètres avec un plein, sur route, presque 1200 kilomètres. Et je bouffe d'autant plus d'essence que je me suis retrouvé dans les bouchons. Donc, plus on congestionne le trafic pour emmerder les conducteurs, plus on crée de pollution. La vitesse optimale pour le rejet de substances nocives est de 70 km/h, mais c'est une moyenne. Or, sur le périphérique, la vitesse moyenne va passer de 43 km/h à 40 km/h grâce à la dernière delanoconnerie de la mairie. Les conducteurs vont donc payer plus et polluer plus. Bien joué les bobos écolo-gauchos. Plus de pollution, plus de dépenses, plus de consommation d'énergie pour une mesure 100% inefficace.

Le plus ridicule, c'est l'argument de la vitesse moyenne : on voit que tous ces gens-là n'ont aucune notion de statistique. La vitesse moyenne n'est pas significative car elle est calculée sur une journée entière. Dire que l'on roule à 40 km/h en moyenne ne signifie pas que l'on y roule tout le temps à 40 km/h. En fait, on peut très bien rouler à 80 km/h à minuit et à 10-15 km/h à 9 heures du matin. Ensuite, il ne faut pas concevoir le périphérique comme une ligne continue, mais comme une succession de tronçons. Pour parvenir à des mesures réalistes pour ne pas dire réelles, il faut effectuer les calculs tronçon par tronçon et non sur l'ensemble du parcours.

Rien qu'en temps perdu (sans compter les surcoûts de consommation) la réduction de la vitesse sur le périphérique va griller près de 100 millions d'euros supplémentaires simplement en temps perdu. C'est la réduction des dépenses façon Hidalgo...

En attendant, la municipalité socialiste avait les moyens de réduire significativement la pollution des véhicules : elle pouvait acquérir une flotte propre au lieu de gaspiller l'argent du contribuable dans des projets pharaoniques. Elle pouvait également pousser la RATP à en faire autant. C'est un choix inverse qui a été fait avec le rachat de 400 véhicules lourds au diesel (les plus polluants !).

En fait, pas un spécialiste sérieux ne reçoit la diminution de la vitesse sur le périphérique comme efficiente pour la pollution ou même le bruit (un seul décibel de gagné). Même du point de vue de l'accidentologie, l'argumentation de la gauche et des verts n'est pas recevable : la corrélation entre vitesse et accidents ne vaut que sur des routes rurales en ligne droite et peu fréquentées.

Ce que j'invite mes lecteurs à faire, c'est à entreprendre la lecture du rapport de Rémy Prudhomme, urbaniste diplômé d'HEC et Harvard, ex-directeur adjoint pour l'environnement à l'OCDE. Ils seront édifiés.

18:42 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : périphérique, pollution |  Facebook | | |

Commentaires

La consommation de carburant est avant tout liée à la température du moteur. À froid, il consomme plus. Donc il est logique de consommer plus lors de petits trajets urbains que lors de longs trajets sur route, quelque soit la vitesse.

Écrit par : guij | vendredi, 10 janvier 2014

on s'était habitué à plus de sérieux de votre part, à croire que la bagnole est un sujet sur lequel vous perdez votre sang froid.

Pour être édifié, on est édifié, cette "étude" est une vaste blague, et de même que M. Allègre n'est pas le mieux placé pour parler climat, je vois mal en quoi un diplômé en commerce et droit a la moindre autorité (pour ne pas dire compétence) pour traiter d'un problème notamment de mécanique des fluides???
c'est en plus bourré d'erreurs de raisonnement, et de mauvaise foi. C'en est dramatique!

je vais essayer de commenter raisonnablement cette tribune, mais par pitié, ne faites pas passer ça pour quelque chose de sérieux.

Écrit par : benoitdd | vendredi, 10 janvier 2014

Depuis longtemps je me pose la question de savoir si nos gouvernements successifs sont bien transparents quant à leur interventionnisme sur le prix des carburants? Par hasard ne chercheraient-t-ils pas à soutenir nos constructeurs nationaux qui sont en pointe sur les moteurs diesels?
Petite recherche sur internet ce matin, voici un lien :
http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/structuration-des-prix-de-l-essence-et-du-gazole-france
Quelques chiffres:
- En 2013, les taxes pétrolières revenant à l’État français constituent environ 56% du prix du litre d’essence et 49% du prix du litre de gazole à la pompe.
- En 2013, les coûts de transport-distribution constituent environ 7,3% du prix à la pompe de l’essence et 6,4% de celui du gazole.
En 2013, le coût du raffinage constitue 3,2% du prix à la pompe de l’essence et 6,6% de celui du gazole.
- en France, la marge est en moyenne de 10 c€/l d’essence et de 7,5 c€/l de gazole en novembre 2013
Tout cela n'est pas très clair, vu le peu de temps consacré il est prématuré d'en tirer des conclusions, mais je crois que le sujet vaudrait d'être creusé, je ne suis pas très confiant dans tous ces experts si souvent dépendants de leurs commanditaires, voir à ce sujet sur le site de Remy Prud'homme qui conclut :" que les camions payent déjà bien plus que leurs coûts dans à peu près tous les cas." Alors que c'est le syndicat des transports routiers qui est son client ...
On peut aussi se demander pourquoi en Amérique du Nord c'est l'essence qui est le carburant le moins cher!
Wait and see.

Écrit par : Michel | samedi, 11 janvier 2014

@Michel
Je crois que le doute n'existe pas : il est très clair que le diesel est soutenu en raison de la production massive de moteurs ad hoc de ce type en France...

Écrit par : l'hérétique | samedi, 11 janvier 2014

Très franchement, l'héré, je crois pas que se chamailler pour plus ou moins 10km/h, sachant qu'en toute manière il est très improbable de jour de pouvoir circuler à 70 ou 80 km/h sur le périph en totalité, et de nuit l'été encore plus improbable avec les travaux de maintenance deci delà.
Sinon, je vous donne raison quand vous parlez de troncons et ne remercie pas certains ingénieurs de travaux publics d'autrefois dans leurs conceptions...

Écrit par : Martine | samedi, 11 janvier 2014

la reduction de la vitesse ne changera rien
ni en matière d'accident, pollution ou bruit

c'est encore un combat d'idées, rien de plus

Écrit par : sebastien | dimanche, 12 janvier 2014

Les commentaires sont fermés.