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  • Impact des produits dérivés sur la crise : warrants et trackers

    Yesss : un spécialiste de la finance vient sur mon blog. Passionnant débat entre Alcibiade et Olivier : reprenons l'objet du débat, d'abord de manière simplifiée ; il s'agit d'un lieu commun aujourd'hui en France : le discours d'Alcibiade est de démontrer que la finance, aujourd'hui, est découplée de l'éonomie réelle, et qu'elle fabrique des produits qui ne correspondent à aucune valeur réelle, tout du moins, en terme de production (ah, les avatars de la valeur travail...), et ce fait serait bien entendu à l'origine de la crise. Eh bien évidemment, haro sur les produits dérivés, qui sont souvent des droits sur les titres (par exemple les options). En la circonstance, il choisit les warrants et les trackers. Sur ce dernier produit, il note avec humour la commercialisation par une banque française, en 2007, d'un tracker Sarkozy et d'un tracker Royal (pour 2012, je conseille la fabrication du tracker Bayrou, à propos...). Au passage, Alcibiade a soulevé un vrai problème, je le cite :

    - Si la titrisation se bornait à ce que vous énoncez, la vie financière serait merveilleuse! Mais vous feignez d'ignorer ici ce que regroupe en pratique ce vocable : Il s'agit dans 80% des cas d'amalgamer dans un seul titre négociable une foultitude de valeurs (actions, obligations, options diverses, et sous-titres même). Si bien que même ceux qui créent ces instruments ne savent pas en réalité avec précision ce qu'ils représentent!

    Quand je dis un vrai problème, c'est dans ma perspective : l'un des aspects de la crise financière, c'est la confiance. La crise financière est d'abord une crise de confiance. Mais c'est une crise de confiance qui est éminemment reliée à l'ignorance des acteurs des marchés financiers. Ignorance que relève à juste titre (sans jeu de mots) Alcibiade.

    Olivier, expert du domaine (son métier est de structurer des financements pour des entreprises et pour le secteur public), réagit :

    Pour revenir rapidement sur la réalité du sous-jacent des produits dérivés, je rappelerai entre autres que les warrants sont des dérivés sur un sous-jacent comme des actions (donc liés à la valeur de l'action, il y a donc d'un côté une action réelle, de l'autre un acteur avec de la liquidité -réelle- qui veut avoir l'option d'acheter ou de vendre à terme à un prix donné et entre les deux une banque qui parie sur la différence et supporte le gain ou la perte -réelle-, là encore ni création ni destruction de valeur réelle. Quant aux trakers, il s'agit ni plus ni moins que de réplication d'indices; en pratique, c'est très simple, avec l'argent des investisseurs, la banque achète un panier d'actions au prorata de leur poids dans l'indice. Encore une fois on est fortement lié au réel... Enfin, comparer un volume d'instruments financiers à un PIB (qui est une création de richesses, mesurant la valeur ajoutée créée par une économie) est une absurdité sans nom que je vois pourtant très souvent. Ca revient à peu près à comparer la taille de bilan d'une société à son résultat net. Enfin, pour les trakers droite et gauche (qui sont plus une curiosité qu'autre chose), c'est effectivement un peu risible, c'est l'équivalent d'un betfair (site de paris en ligne), et même si ça n'a aucun sens économique, ça ne créé pas et ne détruit pas de valeur virtuelle; c'est juste un gadget un peu magouilleux pour particuliers, le vrai monde de la finance (et notamment les fonds qui gèrent vos économies) ne s'y intéresse pas.

    Je n'ai pas le temps de faire une réponse plus étoffée maintenant (il faut que j'aille travailler), mais je rappelle effectivement que ma conclusion vise à souligner avant tout qu'il faut éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain et de critiquer à tout va, et d'un bloc, le monde de la finance (pour autant, je ne nie pas un certain nombre de dérives réelles). Ca revient à peu près au même que de vilipender les entreprises sur la base de l'exploitation de gamins asiatiques par Nike ou la gauche pour les dérives du communisme... La politique ne sortira pas grandie de déclarations à l'emporte-pièces...

    Voili-voilou, et je fais bien sûr mienne la conclusion d'Olivier...Bon, j'avais une note sur la crise actuelle, mais je vais la reporter à demain, je pense, tant j'ai de matériau aujourd'hui !

  • L'histoire de Fannie Mae et de Freddie Mac

    Le bonheur, pour un bloggueur, c'est d'avoir des commentateurs de qualité : voici le commentaire de buidfreedom à propos de l'origine de la crise financière, suite au billet d'olivier, la méchante finance. Alcibiade a répliqué avec sa propre analyse, que je ne partage pas (du moins pas entièrement) mais dont je recommande très vivement la lecture afin de disposer d'un point de vue contradictoire argumenté.

    Le voici :

    Le libéralisme a une fois de plus bon dos, car il n'existe pas de marché plus perverti par les interventions de l'État fédéral que celui du crédit hypothécaire aux États-Unis.

    Les deux institutions joliment surnommées Fannie Mae (FNMA) et Freddie Mac (FHLMC) portent une lourde responsabilité dans les dérives financières du système bancaire américain. La première d'entre elles fut tout d'abord une agence gouvernementale, créée en 1938 par l'Administration Roosevelt, pour émettre des obligations à bas taux du fait de leur garantie fédérale, lesquelles alimentaient de liquidités un marché de prêts immobiliers à taux réduits accessibles aux familles les moins aisées.

    En 1968, l'Administration Johnson, s'avisant que les engagements de Fannie Mae garantis par l'État prenaient de l'ampleur et obéraient la capacité d'emprunt d'un Trésor empêtré dans le financement de la guerre du Vietnam, organisa sa privatisation, puis le gouvernement Nixon créa en 1970 Freddie Mac, afin d'organiser un semblant de concurrence sur ce marché du refinancement du crédit hypothécaire.

    Cette histoire a donné à Fannie Mae et Freddie Mac un statut hybride de Governement Sponsored Enterprise (GSE), privées, mais légalement tenues de s'occuper exclusivement de refinancement de prêts immobiliers sous contrôle de l'État fédéral, en contrepartie d'avantages fiscaux. Pis même, bien qu'étant officiellement privés, les deux établissements ont toujours été considérés, du fait de leur tutelle publique et de leur rôle social, comme bénéficiant d'une garantie implicite du Trésor américain !

    Bénéfices privatisés, pertes collectivisées : Un tel cocktail risquait de pousser les dirigeants des GSE à prendre des risques excessifs, si la tutelle de l'État se montrait défaillante. C'est exactement ce qui allait se passer dans les années 1990. Voilà qui rappelle un célèbre scandale bancaire hexagonal…

    La tutelle de ces deux entreprises fut transférée au Département américain du logement (HUD) en 1992, car celui-ci voulait agir sur les prêts financés par les GSE pour satisfaire un objectif majeur de tout politicien qui se respecte outre-Atlantique : l'augmentation du taux de propriétaires de logement parmi les populations à faible revenu, et notamment les minorités.

    Aussi le HUD a-t-il obligé Fannie Mae et Freddie Mac à augmenter tant le volume que la proportion de crédits subprime (jusqu'à 56 %, en 2004) refinancés. Pire, un des patrons du HUD, craignant que l'affichage des risques pris par les deux GSE pour se conformer à ces règles conduise les marchés à leur retirer leur confiance, résolut le problème en les exemptant en toute légalité de dévoiler trop en détail leurs expositions.

    Aussi Fannie Mae et Freddie Mac ont refinancé, à l'aide de produits obligataires de plus en plus complexes, plus de 5 000 milliards de dollars de crédits, soit 40 % des prêts immobiliers américains, dont plus de la moitié de crédits subprime, alors qu'elles ne disposaient pas de fonds propres permettant de s'engager sur de tels montants. Résultat, les banques émettrices de ces crédits ont pu ne pas se montrer trop regardantes sur les prêts qu'elles consentaient, puisqu'il y avait deux refinanceurs à la bourse grande ouverte derrière. La banque Countrywide, dont la politique de prêts aux familles modestes est aujourd'hui vilipendée, était encore il y a trois ans encensée par les dirigeants de Fannie Mae, pour son audace en matière d'octroi de crédits subprime.

    Mais le retournement de conjoncture économique a multiplié les défaillances d'emprunteurs, les deux GSE sont donc menacées de ne plus pouvoir servir les intérêts de leurs obligations, ce qui, par contagion, pourrait affecter tous les investisseurs institutionnels. Du coup, l'État organise dans l'urgence leur sauvetage, lequel devrait coûter plusieurs centaines de milliards de dollars aux contribuables.

    Une seconde intervention publique a amplifié les excès bancaires dans l'octroi de crédits à des familles insolvables. Dans les années 1990, des études révélèrent que les refus de prêts aux membres des communautés noires et hispaniques étaient un peu plus nombreux que vis-à-vis des Blancs ou des Asiatiques, quand bien même ces refus ne concernaient qu'une demande de prêt sur quatre. Certains lobbies y virent non le reflet logique de la moindre richesse de ces communautés, mais la preuve d'un prétendu racisme du monde financier.

    Une loi antidiscriminatoire de 1977, le Community Reinvestment Act (CRA), fut donc renforcée en 1995 pour rendre plus ardu le refus de crédit aux minorités par les banques, sous peine de sanctions renforcées. Celles-ci durent donc abandonner partiellement le rôle prudentiel qu'elles jouent habituellement lorsqu'elles refusent un prêt à une personne objectivement peu solvable. Pas si grave : Fannie Mae et Freddie Mac étaient là pour refinancer ces prêts délicats !

    Aujourd'hui, nombre d'experts estiment que sans le CRA, sans les GSE, l'accès à la propriété des minorités se serait tout de même développé, moins rapidement mais plus sainement. En voulant accélérer artificiellement ce que l'économie libre accomplissait à son rythme, c'est l'État, tantôt régulateur, tantôt législateur, qui a poussé à l'irresponsabilité les acteurs de la chaîne du crédit, provoqué une crise financière grave, et acculé à la faillite nombre de familles qu'il prétendait aider.

  • A propos de la méchante finance

    Mille mercis à Olivier dont le commentaire trouvé sur le blog d'Hervé en réponse à l'article l'illusion d'une illusion m'épargne l'effort d'écrire un billet en substance similaire.

    Je fais donc un simple copier-coller :

    Ah, ça me fait bien rire, toutes ces élucubrations sur la méchante finance. Elle démontre surtout l'ignorance crasse des gens. Il est clair qu'UNE PARTIE de la finance est sérieusement vérolée, et appelera des mesures sérieuses de régulation, mais jeter le bébé avec l'eau du bain, c'est faire preuve d'une méconnaissance impressionnante...

    Alors, quelques petits rappels (ou informations) en vrac:
    - Non, la finance n'est pas déconnectée de l'économie réelle, en fait mis-à-part la fantastique connerie du mark-to-market (l'enregistrement comptable à la "valeur de marché"), la finance ne créé par de richesse à partir de rien (à une exception près, qui est la création par les banques centrales, qui prêtent aux banques de l'argent -qui n'existe pas, donc qu'elle créé- qu'elles réinjectent dans l'économie, mais rappelons que ces prêts ne se font pas n'importe comment, sinon, on aurait une inflation délirante de la masse monétaire mondiale). Une banque utilise les dépôts des clients, les financements interbancaires, sa dette de marché et les fonds propres amenés par les actionnaires, pour prêter de l'argent. Cet argent ne vient pas de nulle part, il vient de l'économie réelle et repart dans l'économie réelle. Une partie de cet argent est placé (notamment sur les marchés financiers) pour le compte de tiers (dont l'argent vient de quelque part... L'économie réelle) ou pour compte propre. Et même dans ce cas, sur un marché financier, il y a toujours échange, ce qui veut dire qu'il y a d'un côté un actif qui existe, de l'autre de l'argent qui vient de quelque part.
    - Qui sont les coupables dans cette crise? Les prêteurs subprime (souvent des petites banques spécialisées), certaines équipes de titrisation et les agences de notation (il y a assez de littérature sur le sujet depuis un an pour que vous connaissiez ces métiers...). Les premiers ont fait faillite, ce qui d'ailleurs est mérité (mais soit dit en passant, ça montre aussi qu'ils avaient gardé une partie du risque, contrairement à une croyance répandue). Les seconds sont virés (vous allez me dire, ils gagnaient des bonus mirobolants... En fait, non, ils gagnaient bien leur vie, certes, comme des cadres supérieurs, mais on est très loin des bonus des traders...). Les troisièmes se portent bien alors qu'ils portent la plus grosse responsabilité, ça c'est scandaleux en revanche! Maintenant il faut bien comprendre deux choses: (i) la titrisation en soi n'est pas absurde (à partir du moment où on vend les actifs au juste prix), c'est même un astucieux moyen de rencontre entre ceux qui ont besoin d'argent (ou ceux qui veulent libérer des fonds propres pour continuer à exercer leur activité, quitte à abandonner une partie de leurs profits -c'est le cas des banques et des compagnies d'assurances) et ceux qui en ont et veulent diversifier leurs classes d'actifs (d'ailleurs, beaucoup de banques, d'assureurs et de fonds, sont beaucoup plus victimes que coupables dans cette histoire: elles avaient besoin d'avoir des actifs peu risqués, on leur vend des actifs AAA, elles croient en toute bonne foi que ce sont des actifs de qualité, assez sûrs, qui équilibrera bien leur portefeuille en complément d'actifs plus risqués comme des actions ou des options, et hop, parce que des incompétentes -ou malhonnêtes- agences de notation se sont complètement plantées pour faire plaisir à leurs clients -les équipes de titrisation, ou plutôt je le répète CERTAINES équipes-, elles se retrouvent avec des bousins radioactifs qui font des gros trous dans leur belle comptabilité IFRS / US GAAP gorgée de valeur de marché virtuelle).
    - Le plan Paulson, 700 milliards aux frais des contribuables? Bien sûr que non, déjà il y a des garanties, et de plus ces actifs n'ont pas non plus une valeur nulle et sont déjà vendus à la casse. D'ailleurs, un de mes collègues pense (et ce n'est pas le seul) qu'en fonction des prix de rachat de ces actifs (suivant la méthode de valorisation), il se pourrait que le contribuable américain s'en mette plein les poches! En effet, il y a une telle psychose sur tout ce qui s'appelle RMBS, CDO, etc... (des produits de titrisation, pas tous nécessairement pourris d'ailleurs), que leurs prix de marché sont parfois bien en-dessous de leur réelle valeur économique, ce qui est d'ailleurs le cas de la quasi-totalité des actifs financiers actuellement (soit dit en passant, c'est l'avis également d'un certain nombre de hedge funds, qui achèteraient massivement ces actifs bradés, s'ils n'avaient pas peur d'être bloqués par un problème d'illiquidité de ces marchés, i.e. personne ne voudrait en racheter au moment où ils voudraient -ou devraient, pour cause de retrait de fonds- vendre! Parce que même pour un actif pourri vendu 100 mais valant réellement 50, si vous l'achetez à 30, vous faites quand même une bonne affaire).

    Bon, il y aurait probablement des dizaines d'autres idées reçues à dézinguer, mais bon, mon commentaire deviendrait interminable...

  • L'hérétique recommande la BNP

    J'ai vu que Quitterie venait de publier un billet sur les classifications opérées par l'organisation les Amis de la Terre : il s'agit d'établir un classement des banques dont l'activité a l'impact le moins néfaste sur l'environnement social et écologique. Dans le tas, il y a en tête la Caisse d'Epargne, une banque très exposée actuellement (jetez donc un oeil sur le Canard Enchaîné d'aujourd'hui).

    Je me suis dit, du coup, que moi aussi j'allais faire mes recommandations :-) Or, en parcourant les divers titres de la presse économique, spécialisée ou non depuis une année, je constate que la BNP n'est jamais citée dans les établissements financiers à risque. Elle est réputée également pour sa gestion prudente. Ses propositions de rachat de Fortis montrent qu'elle dispose de bonnes réserves et également qu'elle n'achète pas n'importe quoi à n'importe quel prix. Je ne dis pas qu'une action BNP est un bon placement financier, mais que le BNP est une banque fiable. Ce b'est d'ailleurs pas nouveau, c'était l'une des réussites au milieu de pas mal de privatisations mi-figue, mi-raisin, sous le gouvernement Balladur en 1993. Si elle subit des soubresauts sectoriels, comme pas mal d'établissements bancaires, le cours de ses actions varie nettement moins que les cours des autres banques. Elle publie des résultats en progression depuis plusieurs années, avec des bénéfices importants. Bref, pas de risque qu'elle s'écroule. Sur 12 mois, son cours est en progression de 12% alors que les autres grandes banques perdent, mais surtout, dans un marché d'anticipations comme le nôtre, elle a un énorme atout : elle inspire confiance ! Elle est notée AA sur les marchés financiers, et ses pairs la considèrent comme une référence, au point que son intérêt pour Fortis a contribué à calmer le jeu ces jours derniers : les marchés se sont dits que si la BNP s'intéressait encore à Fortis, c'est que tout ne devait pas être complètement pourri dans cette société.

    Cela dit, une telle confiance est à double-tranchant : c'est parce que la BNP Paribas avait fermé trois fonds que la crise des subprimes s'est déclenchée, même si elle serait vraisemblablement survenue de toute façon.

    C'est l'une des banques dont la dépréciation d'actif est l'une des moins forte (1.3 milliards d'euros à comparer avec les 4.5 milliards d'euros de la Deutsche Bank, par exemple).

    Bref, fiable, par les temps qui courent.

  • Les salauds de pauvres et les gentilles subprimes

    Je ne résite pas au plaisir de signaler à mes lecteurs la très belle histoire du Père Castor que j'ai trouvée sur J'aime pas les blogs. Une occasion de se retrouver paisiblement au coin du feu avec sa petite famille, en lisant cette très belle histoire, en particulier s'il neige dehors et qu'il fait très froid, et que vous venez de faire l'aumône à un salaud de pauvre. C'est vraiment un très beau conte sur les salauds de pauvres et les gentilles subprimes !

  • De l'hydrogène pour l'Europe !

    Zut, alors, cela m'avait échappé ! Je viens de voir que le 03 septembre dernier, les parlementaires européens ont voté un texte très positif pour promouvoir l'utilisation d'un hydrogène produit proprement pour les automobiles. Je pense que nous devrions, au MoDem, créer une commission spécifique à l'énergie. Je crois que notre euro-députée Anne Laperouze, qui est aussi rapporteur pour l'ADLE et ingénieur spécialisée dans la chimie, est toute désignée pour animer une telle commission. Elle appartient par ailleurs à la commission européenne Industrie, Recherche et Energie.

    Les parlementaires européens ont souhaité qu'un certain nombre de composants des automobiles à hydrogène soient soumis à une homologation commune.

    Voici légalement e communiqué du Parlement Européen sur le sujet :

    En approuvant par 644 voix en faveur et 2 voix contre le rapport d'Anja Weisgerber (PPE-DE, DE), le Parlement a approuvé un amendement de compromis qui permettra l'adoption définitive d'un règlement visant à établir dans un premier temps, l'harmonisation des normes techniques pour l'homologation des véhicules alimentés par hydrogène. Cette harmonisation vise essentiellement à prévenir l'adoption de normes différentes d'un État membre à l'autre et à assurer le bon fonctionnement du marché intérieur.

    La plupart des fabricants investissent déjà dans le développement de cette technologie et ont commencé à mettre ces véhicules sur le marché. Dans les années à venir, la proportion de véhicules alimentés par l'hydrogène est susceptible d'augmenter. Il était donc nécessaire de préciser les exigences quant à la sécurité de ces véhicules. Comme les fabricants ont des approches parfois différentes pour le développement de ces véhicules, il était nécessaire d'établir des exigences de sécurité "technologiquement neutres".

    Des voitures aussi sûres…

    Dans la mesure où l’utilisation de l’hydrogène pour la propulsion des véhicules suscite des craintes, il convenait de s'assurer que ces systèmes soient aussi sûrs que les technologies de propulsion classique. Ce type de voiture devrait se distinguer par un marquage informatif mais non stigmatisant. C'est pourquoi le PE, dans le texte adopté aujourd'hui, préfère parler d'identification des voitures plutôt que d'étiquetage, comme le propose la Commission européenne. Les députés soulignent qu'il s'agit de voitures aussi sûres que celles qui sont munies de moteurs traditionnels, essence ou diesel. Le marquage d'identification permettrait notamment aux services de secours d'identifier le type de moteur dans un véhicule en cas d'un accident de la route. A l'avenir, il devrait être électronique.

    …et plus propres?

    Les véhicules à hydrogène ne rejettent pas de polluants à base de carbone ou n'émettent des gaz à effet de serre. Dans le débat qui a précédé le vote, les députés ont souligné l'importance de l'adoption de ces nouvelles mesures non seulement pour le marché mais aussi pour l'environnement. En effet, il s'agit d'une technologie d'avenir qui devrait contribuer à la baisse des émissions du CO2. Mais pour que cet objectif soit atteint, il faut que l'hydrogène, qui est un vecteur de propulsion et non un combustible, soit fabriqué à partir de sources d'énergies renouvelables.

    Un projet de recherche européen, organisé selon le principe du partenariat public-privé, devrait concrétiser cet objectif avant 2020. A cette date, les voitures à hydrogène pourraient représenter 5% du parc de voitures dans l'UE. La technologie devrait être non seulement propre mais aussi moins coûteuse pour que les voitures à hydrogènes puissent trouver facilement des acquéreurs.

    Faciliter la distribution

    Le texte adopté souligne que le succès des véhicules à hydrogène sur le marché dépend de la disponibilité en Europe d'une infrastructure suffisante en termes de distribution. Le règlement demande à la Commission de prévoir des mesures pour soutenir la constitution, au niveau européen, d'un réseau de distributeurs de véhicules à hydrogène.

    Faire respecter la règlementation

    Enfin, le règlement oblige les États membres à mettre en place des sanctions à imposer aux fabricants en cas de violation de ses dispositions d'application et à prendre les mesures nécessaires pour assurer leur mise en œuvre. Les sanctions prévues devront être "efficaces, proportionnées et dissuasives" et communiquées à la Commission dans les dix-huit mois après la date d'entrée en vigueur de la réglementation.

    Tant que j'y pense, tous ceux qui s'intéressent à l'hydrogène en tant qu'énergie ont tout intérêt à consulter le blog H2, qui se tient très régulièrement au courant de cette actualité-là. J'ajoute que je suis déçu de l'absence de nouveauté dans ce domaine au Mondial 2008 de l'automobile à la Porte de Versailles. Au salon de Francfort, en 2007, Peugeot avait présenté un nouveau véhicule, la peugeot Flux, mais on ne peut aps dire que son design la destine à un grand public pour l'instant...Il y a actuellement un certain nombre de modèles qui fonctionnent, on aimerait els voir se développer sur les marchés européens.

  • Afghanistan année zéro

    Je crains bien que l'Afghanistan soit revenu à la situation qui prévalait au tout début des années 90. Un pouvoir central faible et corrompu, des seigneurs de la guerre ou, du moins, des chefs tribaux, qui établissent leurs lois là où ils sont, et des Talibans de plus en plus puissants et populaires. L'Europe, en Afghanistan, est confrontée à une impossible équation, tout comme l'Amérique, d'ailleurs. Soit USA et Européens quittent l'Afghanistan, mais ils courent alors le risque que cet état devienne le foyer du terrorisme mondial. Soit ils restent, mais sont considérés comme des armées d'occupation, et renforcent alors la popularité de leurs opposants, c'est à dire les Talibans principalement, et Heykmatar secondairement.

    Nous ne pouvons pas imposer la démocratie aux Afghans, parce que la démocratie ne s'impose pas : elle se désire. Ceci ne signifie pas que les Afghans ne désirent pas la démocratie, mais plutôt qu'ils ne sont pas en état de la désirer : la misère, la faim, la corruption, la guerre les préoccupent tout autrement.

    Et, même ainsi, je me retrouve dans l'analyse de Montesquieu, dans l'Esprit des Lois, pour dire que le régime de type républicain, dont la démocratie est la forme la plus accomplie, est le régime qui repose le plus sur les moeurs des peuples. Une démocratie ne peut pas s'établir si les moeurs ne sont pas préalablement de nature démocratique. Or, le système qui prévaut en Afghanistan est de nature féodale, et pour l'instant, personne, là-bas, ne semble vouloir le contester. Hamid Karzaï avait eu une idée de génie en convoquant une Loyia Jirga, mais il a échoué. Le Canard enchaîné le révèle ce matin, plusieurs ambassadeurs de plusieurs pays sont d'avis de retirer les troupes présentes, et d'espérer la venue d'un pouvoir fort.

    Pour l'instant, il faut choisir entre la peste et le choléra, j'en ai bien l'impression, ou alors, proposer une trêve aux Talibans, et les convier à la Loyia Jirga. Ceci suppose une révision de stratégie déchirante, mais nécessaire. Il faudrait alors espérer que les Talibans les plus modérés acceptent la proposition. Il est évident, si le compromis aboutit, qu'il n'en ressortira ni un régime progressiste, ni une démocratie, mais, cela peut contribuer à limiter la casse.

  • J'aime pas les blogs

    Mais non, voyons, ce n'est pas moi qui n'aime pas les blogs, c'est lui ! Un blog tout récent, mais regorgeant de riches idées pour faire face aux problèmes de société que nous vivons.

    La crise financière ? Ce sont les banquiers qui l'ont provoquée : pendons les haut et court ! (enfin, j'exagère, c'est d'abord la suggestion qu'il fait à notre Président bien-aimé au début de l'article)

    Les enfants commettent des incivilités ? Stérilisons leurs parents, et leurs morveux avec afin d'éviter qu'ils se reproduisent !

    Le réchauffement climatique, la pollution ? Laissons la planète crever ! L'écologie, de toutes façons, c'est un caprice de riches.

    Bref, un blog bien comme je les aime, et dont je partage pas mal de remarques et d'analyses pour ce que j'en ai lu. Je le recommande, bien évidemment.

    Ah un truc à l'auteur s'il me lit : est-ce qu'il veut dégager son espèce de musique de pré-suicidaire (ça a fait du bien quand j'ai fermé l'onglet de firefox), svp, quand on ouvre la page. Et après, il se plaint de ce qu'avec ses titres, les lecteurs vont croire qu'il a des goûts morbides !

     

  • Plan Paulson : papy Hervé vient d'écrire une grosse connerie !

    Je reviens de faire un tour sur le blog d'Hervé et j'ai bien failli avoir une attaque ! Dans sa dernière note, il propose tranquillou-billou de laisser s'effondrer le système financier... Il a des économies au fait ? Qu'est-ce qu'il dirait le père Hervé s'il retrouvait demain son compte à zéro pour cause de faillite de sa banque ? Lui que je sais historien ne devrait pas ignorer que l'ascension des totalitarismes a commencé par la ruine des classes moyennes, justement sur fond de crise financière. Il aurait viré alter-mondialiste, Hervé, j'aurais encore compris le raisonnement à la c... (c'est consubstantiel à l'alter-mondialisme) mais là...se réjouir de l'échec du plan Paulson...?! Je considère Daboliou depuis le début de son mandat comme un abruti fini, mais, sur la crise financière, j'avoue qu'il m'a heureusement surpris en faisant preuve d'un pragmatisme et d'un réalisme que je ne lui connaissais pas. Si certes il ne faut pas accepter n'importe quel plan, il en faut un tout de même. En revanche, il serait légitime que quelques parlementaires démocrates là-bas suggèrent que Wall Street mette la main à la pâte en imposant (faiblement, mais tout de même, il faut le faire) toutes les transactions de titres pour quelque temps au moins. Que les incendiaires (surtout ceux qui ont consenti des crédits sans se soucier de la solvabilité des emprunteurs d'abord, mais aussi ceux qui ont titrisé les risques, c'est à dire les banques) contribuent financièrement à limiter la casse, cela serait bien le moins.

    Cela dit, n'importe quel plan de relance, même injuste, vaut mieux que pas de plan du tout et un effondrement avec le cortège de ruines que cela entraînerait. Généralement, il dit des choses pertinentes, papy Hervé, mais là, il a du avoir une crise d'Alzheimer précoce...

    Au passage, je salue la déclaration très intelligente de François Bayrou, qui appelle à la convocation d'un sommet européen afin que ceux qui partagent une monnaie commune aient une réaction commune à la crise financière. Franchement, on se demande ce que fout l'actuelle présidence de l'Union Européenne, elle aurait du commencer par là...

  • Technorati ignore CoZop

    Je m'étonnais de ne plus trouver mes liens avec CoZop sur technorati depuis quelque temps, mais, j'ai fait un test avec dix autres blogs, et je trouve exactement le même cas de figure.

    Depuis le 20 juillet 2008 très exactement, plus aucun lien CoZop n'est relevé par Technorati, à la notable exception du blog CoZop. Le reste, hop, à la trappe. Voilà qui n'est pas de très bon augure quant à la qualité de l'indexation Technorati , car on peut aisément supposer que d'autres réseaux sociaux ne sont pas non plus intégrés dans leurs relevés. Or, comment mesurer l'influence des blogs si, en plus d'ignorer les flux (c'est, je crois, le cas de technorati) technorati écarte les réseaux sociaux. Bref, c'est du grand n'importe quoi...