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samedi, 17 novembre 2007

Capitalisme, Socialisme et Démocratie (2) : Théorie de la Valeur

Schumpeter aborde au chapitre III de la première partie de Capitalisme, Socialisme et démocratie, intitulé "Marx l'économiste" une question essentielle, car son retentissement se fait entendre à nos oreilles jusqu'à nos jours, non en raison de sa pertinence économique, mais bien d'attentes éthiques qui la jouxtent.

Marx, comme Ricardo, a bâti une théorie de la Valeur basée sur le travail. L'un comme l'autre énoncent que la valeur de chaque marchandise (dans l'hypothèse de la concurrence parfaite et de l'équilibre parfait, chez Ricardo)  est proportionnelle à la quantité de travail incorporée dans cette marchandise, pourvu que ce travail ait été effectué conformément aux normes existantes de l'efficacité productive (en somme que nul n'ait sciemment feignassé, si je puis me permettre l'expression, ou encore qu'un incompétent fini n'ait dirigé la fabrication, accroissant ainsi le temps "socialement nécessaire".

 Or, Ricardo et Marx, en ramenant la valeur à la quantité d'heures de travail, négligent bien des aspects :

- la situation de monopole, ou à défaut d'oligopole.

- la question de savoir si le travail est une source ou la cause de la valeur économique

Outre que cette théorie n'est utilisable qu'en cas de concurrence parfaite, elle nécessité aussi que le travail soit totalement homogène, faute de quoi, il devient nécessaire d'introduire des hypothèses supplémentaires.

Il faut ajouter un autre élément qui est la nécessaire rentabilité du capital investi.

Or, pour contourner cette difficulté (qui ne faisait pas sourciller Ricardo !) Marx a introduit entre le capital constant et le capital variable.

 Marx a raisonné sur ce point en pur économiste : il a considéré le travail comme une marchandise comme une autre, et non comme un phénomène distinct, et à ce titre, a estimé qu'on pouvait lui appliquer une théorie de la valeur. De là, il estime que le nombre d'heures ouvrées entrant dans la production du stock de travail emmagasiné sous forme du corps d'un travailleur correspond à la quantité d'heures ouvrées nécessaires pour le vêti, le loger, le nourrir et cetera... 

Or, dit Mzrx, une fois que les Capitalistes ont acquis ce "stock" ils sont en mesure de le faire travailler davantage que ce qu'il a coûté en temps de "fabrication".

En s'appropriant cette plus-value, les Capitalistes, selon Marx, "exploitent" le travailleur. Et voilà comment Marx applique sa théorie de la valeur au travail humain.

 Seulement, pour que cette théorie tienne ne serait-ce qu'un tout petit peu, il faudrait que

1. La situation soit celle d'une concurrence pure et parfaite

2. La situation économique soit complètement statique, ce qui est contradictoireavec l'essence même du capitalisme.

La seule chose que l'on pourrait admettre , c'est que ces plus-values se recréent incessament parce que le système capitaliste peine à demeurer durablement en équilibre.

Enfin, encore faut-il admettre que la marchandise-travail ait une valeur équvalente à la quantité d'heures ouvrées appliquées à sa production, or, une telle affirmation n'a évidemment rien d'une évidence, et ce n'est pas peu dire... 

Enfin, dernier aspect, si la plus-value repose  uniquement sur la valeur de l'énergie laborieuse, cela revient aussi à dire que le capital constant (c'est à dire celui que l'on n'affecte pas aux salaires) ne produit aucune valeur.

Donc, si l'on suit la logique marxiste, pour réaliser un maximum de profit, il faudrait que la composition organique des capitaux des entreprises soient dirigées vers le travail de l'ouvrier, ce qui est économiquement complètement idiot. 

Marx ajoute que les Capitalistes convertissent en moyens de production les plus-values réalisées sur le dos des ouvriers ; on peut traduire cette affirmation par l'équation "épargne=investissement". Mais, en réalité, l'investissement est nécessaire non pour accumuler les moyens de production, mais surotut pour pouvoir se transformer , tant l'essence du Capitalisme est d'être une lutte incessante entre entrepreneurs. et le fléchissement des profits ne vient pas des contradictions du capitalisme, mais de ce que se prépare une nouvelle vague dans le processus capitaliste : l'économie capitaliste ne saurait être stationnaire, elle doit être révolutionnée de l'intérieur en permanence, par des initiatives nouvelles, des marchandises nouvelles, de nouvelles mthodes de production, ou de nouvelles possibilités commerciales.

Les vagues de plus-value permettent de préparer cette évolution. Car toute entreprise est contrainte de procéder à des investissements pour survivre.La concentration des capitaux s'inscrit évidemment dans cette logique, et non dans celle d'accroître les profits sur le dos des travailleurs.