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dimanche, 27 mai 2012

Christine Lagarde nouveau boulet ?

C'est le FMI qui les rend minables ou quoi ? Christine Lagarde expliquant qu'elle n'avait pas envie de pleurer sur les Grecs parce qu'il y avait des petits Africains plus malheureux, je crois qu'on a vraiment touché le fond du fond.

Non seulement, l'argumentation est minable, mais en plus, elle vient de quelqu'un qui devrait avoir un devoir de réserve.

Il lui faut quoi à Lagarde ? Que les Grecs soient réduits à manger du rat crevé pour qu'elle les prenne en pitié ? 

Quelle attitude condescendante misérable ! Je souhaite à Christine Lagarde d'être réduite un jour à l'état de SDF, ou, tout du moins, de connaître le surendettement. Voilà quelqu'un à qui la vie n'a vraiment pas donné assez de leçons. 

Je pensais jusque là qu'il s'agissait de quelqu'un d'honorable, mais là elle vient de tomber à -200% dans mon estime. Accessoirement, son discrédit rejaillit sur la France qui l'a faite entrer au poste qu'elle occupe.

Au fond, c'est aussi à cela que l'on voit la crise morale qui frappe notre pays : DSK, Lagarde, voilà tout ce que nous sommes capables de produire, aujourd'hui, au PS et à l'UMP.

Je ne dis pas que Camdessus était toujours ma tasse de thé, mais c'était tout de même autre chose que les deux guignolos que l'on vient d'asseoir coup sur coup sur le siège suprême du FMI.

vendredi, 27 mai 2011

le FMI aux BRICS ? Ah non...

Je suis sûr que l'on va trouver de beaux esprits pour expliquer qu'il est de bon aloi que les pays émergents prennent toute leur place dans les institutions internationales, à commencer par le FMI.

Je voudrais simplement rappeler quelques évidences oubliées : il n'y a rien de plus favorables à la dérégulation que les BRICS (Brésil,Russi,Chine,Inde, Afrique du Sud) parce qu'elle sert fondamentalement leurs économies et parce que certains de ces pays vivent du dumping social.

On y trouve, selon le magazine Forbes, la plus grande proportion de nouveaux milliardaires, gens souvent parvenus, rarement à la force du poignet, assez souvent par des collusions avec le pouvoir.

Ces cinq pays n'ont rien de démocraties exemplaires. La Chine est une dictature, mieux vaut ne pas croiser le chemin d'un Oligarque en Russie, l'Afrique du Sud est le pays du viol, l'Inde, en dépit de ses institutions démocratiques, vit encore largement de manière féodale dans nombre de régions, et le Brésil, vous savez, c'est ce pays où les archevêques imposent leur loi en interdisant d'avorter à une gamine de 9 ans violée par son géniteur sans que la classe politique ne pipe mot ou presque.

Cela dit, tout comme Bayrou, je suis plus que sceptique sur l'opportunité de placer Christine Lagarde à la tête du FMI. Certes, elle parle très bien anglais, connaît le droit anglo-saxon, d'accord. Mais à côté de cela, elle est empêtrée dans l'affaire Tapie, et elle a montré en la circonstance qu'elle était capable de confier à des tribunaux de commerce un différend qui oppose sur des sommes importantes et publiques l'État et un ex-chef d'entreprise. Tout ça pour accélérer la procédure et alors que rien ne disait qu'un vrai tribunal enjoindrait à l'État de verser plusieurs centaines de millions d'euros à Monsieur Tapie.

Enfin, comme Bayrou encore, je suis sceptique quant à ses inclinations économiques.

15:54 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : fmi, lagarde, brics, bayrou |  Facebook | | |

dimanche, 26 décembre 2010

Président de la France ou directeur du FMI ?

C'est une Arlésienne que de savoir si DSK sera candidat ou non à l'élection présidentielle en 2012. Michel Rocard semble avoir une idée sur la question : il juge qu'il est bien plus utile et efficient comme directeur du FMI que comme Président de la France. La surveillance des économies est désormais l'un des rôles majeurs du FMI, bien au-delà de la seule stabilité monétaire. J'ai du mal à me faire une idée, en ce qui me concerne, de son bilan après trois années passées à la tête du FMI. Il me semble qu'il a géré au mieux de ce qu'il était possible de faire la crise grecque.

Plus généralement, j'ai le sentiment qu'il a d'abord réhabilité vraiment le FMI aux yeux de l'opinion publique mondiale, ce qui n'est pas rien. Les conseils désastreux de cette institution lors des crises argentines avaient largement entamé sa crédibilité.

Héritant d'un FMI dénué de moyens, il a su convaincre les grands pays donateurs de mettre la main à la poche, ce qui a permis au FMI de disposer de fonds conséquents, par émission de DTS (Droits de Tirage Spéciaux) au moment des crises, et donc de pouvoir prêter de l'argent aux pays émergents au bon moment. Il a su aussi débloquer des prêts pour les pays les plus pauvres et leur consentir pour des périodes limitées le non-paiement de leurs intérêts. 

Évidemment, le FMI ne s'est pas pour autant transformé en oeuvre de bienfaisance, et quand il s'est agi de conseiller de dégraisser à certains pays (Roumanie, Lettonie) il n'y a pas eu d'états d'âme. Le patron du FMI a beau se réclamer du keynésianisme, point trop n'en faut quand il s'agit de dépenses publiques...

Mais enfin, dans l'ensemble, force est de constater qu'il a dans l'ensemble bien géré la boutique, et que surtout, pendant la crise, le FMI a joué le rôle de pompier plutôt que d'incendiaire.

Néanmoins, son amitié avec le sinistre Pascal Lamy, m'inspire toutes les défiances, tant ce dernier individu incarne le mondialisation technocratique dans ce qu'elle comporte de pire, à commencer par le mépris des nations, des cultures et des peuples.

Il ambitionne, j'imagine, de faire du FMI le gendarme financier du monde. Pari fort difficile à réaliser, tant les gouvernements des différents États n'y tiennent pas plus que cela. Les pays occidentaux, en particulier, refusent de lâcher leurs droits de votes au Tiers-Monde et aux pays émergents.

18:05 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : dsk, lamy, fmi |  Facebook | | |

mardi, 18 mai 2010

Désirs d'Avenirs-PS, DSK, et tout ça...

Je visite de temps à autre le site de Désirs d'Avenir, le mouvement de Ségolène Royal, et, particulièrement ses forums participatifs. Je suis aussi quelques uns de ses soutiens sur le Post ainsi que quelques blogues royalistes. Cela me frappe, tout de même, de voir le changement de ton de militants que j'avais repérés, par le passé, vis à vis du PS. J'ai le sentiment que la pilule du Congrès de Reims n'est jamais passée. Les partisans de Ségolène Royal demeurent convaincus qu'il y a eu tricherie, et rien ne pourra le leur ôter de la tête. Le ton se fait dur vis-à vis du Parti Socialiste. Désirs d'avenir n'est pas encore un parti politique, mais c'est déjà clairement plus qu'une association ou un think tanks.

Ce qui est à peu près clair, dans la ligne politique choisie par Ségolène Royal vis-à-vis du PS, c'est qu'elle est déterminée à ne respecter aucune discipline de parti et, le cas échéant, à couper l'herbe sous les pieds des caciques du PS chaque fois que cela sera possible.

Par exemple, sur les retraites, elle a pris de court, à l'évidence, les Socialistes, en adoptant une position plus ouverte, tout en récusant tout retour sur la retraite à soixante ans. En termes de méthode, tout comme le MoDem, elle a choisi de consulter ses militants en ouvrant un forum participatif sur les retraites. J'y ai lu une idée intéressante, d'ailleurs, d'un de ses militants (Jérémie), qui me rappelle pas mal l'aménagement du temps de travail proposé par le MoDem pour les Seniors : il suggère de mettre en place un départ progressif en retraite. A 60 ans, un 3/4 temps, à 61 ans, un 1/2 temps, à 62 ans, 1/4 temps, et, à 63 ans, une retraite définitive, par exemple. Il suggère également de garantir le droit de départ à la retraite à 60 ans tout en supprimant toute limite légale, afin de permettre à ceux qui le veulent de pouvoir continuer à travailler.

J'ai vu aussi que quelques militants de DA sont favorables à la mise en place d'un système de retraites par points, ce que préconisait François Bayrou en 2007 et dont le MoDem et le Nouveau Centre soutiennent, désormais, une version améliorée : le compte notionnel.

Cela pourrait assez bien cadrer avec ce que Ségolène Royal serait prête à accepter du gouvernement, c'est à dire une augmentation de la durée de cotisation.

Dans le même temps, le pS a confié sa réflexion sur les retraites à des comités d'experts, mais n'a pas cherché à consulter sa base, comme le MoDem ou Désirs d'avenir. Sur une réforme d'une telle importance, je crois pourtant profondément que c'est nécessaire. Il y a en tout cas une chose à peu près certaine : impossible de mettre en place une réforme des retraites sans revoir la fiscalité. Ça gronde de partout dans les bases militantes, jusqu'au sein même de l'UMP. Aucune réforme ne pourra faire l'impasse sur une nécessaire équité fiscale et sociale.

Pour revenir à Ségolène Royal, je crois que sur le fond, les Socialistes ont la trouille de ce qu'elle peut faire ou non. Plusieurs responsables socialistes s'imaginent qu'elle serait balayée lors de primaires au PS, persuadés que DSK est désormais sous les feux de la rampe. C'est oublier à quel point Ségolène Royal demeure populaire dans les classes populaires, contrairement à DSK qui plaît beaucoup à l'électorat de droite et celui du centre, à une bonne partie de la gauche aussi, mais certainement pas à la gauche de la gauche.

En fait, ce que craint le PS, c'est que Ségolène Royal passe outre les primaires et se lance toute seule à l'assaut de la prochaine élection présidentielle. A vrai dire, si jamais elle a le sentiment qu'il s'est tramé dans son dos des coups fourrés pour tenter de l'éliminer, il est très probable qu'elle le fera, d'autant que sa base militante l'y encouragera et qu'elle dispose d'un réseau d'élus suffisant pour tenter l'aventure.

DSK, s'il est le candidat du PS, aura du mal à faire campagne contre Sarkozy alors qu'il lui doit sa place en partie. Par ailleurs, s'il y a un poste qui est vraiment intéressant, à l'heure actuelle, c'est bien celui de directeur du FMI. Notre planète vit des heures troubles, et de grandes mutations dans le fonctionnement de l'économie mondialisée pourraient surgir de ces troubles. DSK a le mérite d'être un pragmatique : il n'applique pas des recettes toute faites qui marchent ou ne marchent pas, comme cela avait pu se produire par le passé, mais adopte une démarche empirique. Il n'en marche pas moins sur des oeufs : le rôle du FMI, quoi qu'on en dise, est tout de même  de morigéner les États et de serrer les cordons de la bourse. Les Allemands ne s'y sont pas trompés :  s'ils souhaitent la présence du FMI dans tout plan de relance européen, c'est qu'ils jugent cette institution bien plus fiable que l'euro-groupe dont les atermoiements n'augurent rien de bon pour l'avenir. Pas commode : pour redonner confiance aux prêteurs, le FMI donc DSK doit incarner la rigueur, et, pour conserver une stature de présidentiable, DSK doit passer pour le "gentil" aux yeux des Français...

Par ailleurs, le FMI dépend encore largement du financement américain, et, de côté-là, la solidarité commence à se fissurer aussi : les 94 sénateurs américains ont fait passer un amendement pour pouvoir bloquer les fonds à destination du FMI quand il s'agit de prêts à un pays qui n'offre pas des garanties sérieuses de remboursement à leurs yeux...

Je ne sais pas si DSK sera finalement candidat, mais, finalement, on pourra assez aisément identifier ses différences programmatiques avec Ségolène Royal si elle vient le concurrencer. Si c'est entre Martine Aubry et Ségolène Royal que se joue la candidature socialiste, il en ira tout autrement : comme beaucoup de commentateurs, j'ai quelques difficultés à bien distinguer les différences entre le "care" de Martine Aubry et le projet "fraternel et solidaire" de Ségolène Royal. Les deux, en tout cas, me semblent des émanations de la vieille tradition social-démocrate du welfare state, qui vécut son âge d'or dans l'immédiat après-guerre à la suite du second conflit mondial.

dimanche, 08 novembre 2009

Vive les banques et les banquiers...français !

S'il y a un lieu commun  qui m'énerve, par les temps qui courent, c'est l'hystérie généralisée autour des banques et des banquiers, dont on fait la cause universelle de tous les maux qui frappent les économies occidentales. J'admets que l'on mette en accusation certaines banques américaines, mais je ne vois pas ce que l'on peut reprocher aux banques françaises, dans l'ensemble.

Comme le disait Baudouin Prot sur France Info récemment, si les banques remboursent aussi tôt leurs emprunts, c'est tout simplement qu'elles avaient des bases saines. Maintenant, bien sûr, elles ne pourront pas éviter les soubresauts sectoriels qui continueront d'agiter la finance mondiale, mais il me semble qu'elles constituent un modèle de bonne gestion à imiter dans de nombreux pays, à commencer par ceux de la sphère anglo-saxonne.

Toutes les banques françaises ont remboursé les aides reçues, soit 12.7 milliards d'euros, avec des intérêts de 713 millions en sus : chapeau les artistes ! Cela dit, c'est le modèle d'activité universelle de la BNP qui remporte la palme : une fois encore cette banque est un modèle pour le monde entier. J'ai cru comprendre, d'ailleurs, qu'elle lorgnait discrètement à nouveau sur la Société Générale...

Le vrai problème, et il faut le dire, c'est, une fois encore, l'attitude des USA qui refusent de tirer les conséquences de la crise financière et persévèrent dans les mêmes errements.

Taxer les transactions financières pour constituer des réserves au cas où le système bancaire souffrirait à nouveau n'est pas inintéressant, mais ni le Canada ni les USA ne veulent en entendre parler, et DSK, directeur du FMI, au nom de cette institution, juge qu'une telle taxe est impossible à mettre en oeuvre. Les choses ne risquent pas de changer... Cela dit, le FMI étudie l'opportunité d'une taxe proportionnelle aux risques pris sciemment par les banques. L'inconvénient, c'est que j'aimerais bien savoir comment on va évaluer les risques en question, et qui va le faire. Et puis l'idée ne fait pas encore consensus, même si, du côté britannique, on a clairement évolué sur la question...

 

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mercredi, 22 octobre 2008

Affaire DSK : le piston puni ?

Autant  j'estime que DSK n'a pas à être attaqué sur ses moeurs, et je donne sur ce point la primauté aux Français sur les Anglo-saxons, autant, en revanche, sur la seconde affaire, j'espère pour lui qu'il ne s'agit pas d'un coup de piston à une amie de famille, et, sur ce second point, c'est aux Anglo-Saxons que je donne raison.

Il y a une détestable tradition de pistonnage en France, pas seulement au sein de la classe politique, destinée à favoriser un tel ou un tel pour des postes ou positions en principe soumis à la concurrence.

Cette habitude est insupportable. Si DSK est démis de ses fonctions, ce sera une bonne leçon pour la classe politique française tout entière. Elle n'a pas à se croire en territoire conquis au sein d'une institution internationale et s'imaginer que les pratiques prémafieuses et autres coups de pouce qui caractérisent nombre de promotions çà et là dans notre pays, ont vocation à être exportées.

J'espère vraiment que DSK est sans tâche dans cette histoire, car je le crois un économiste compétent, mais, si ce n'est pas le cas, il n'aura plus d'une quelconque manière mon soutien. Pour moi, ce n'est pas une peccadille, et trop de gens honnêtes ont souffert et souffrent encore de ce genre de pratiques en France. Je rejoins entièrement l'avis exprimé par Authueil à ce sujet.

Si je me suis engagé aux côtés des Démocrates, au sein du MoDem, c'est entre autres précisément parce que ces pratiques-là me révulsent littéralement. J'ajoute toutefois qu'il faut distinguer un coup de piston et une recommandation. Il y a recommandation quand elle vient d'une personne qui n'est pas juge dans la décision. Je juge l'avis de Pierre, un commentateur de l'article d'Authueil très éclairé sur la question, et je le transcris donc ici :

Doctorant en économie du développement, je suis convaincu que la totalité des stages dans les départements de la recherche de ces institutions internationales sont obtenus par des personnes étant recommandés à divers titres par des collègues de chercheurs de ces départements. C'est le mode de fonctionnement du système universitaire mondial, cela ne vaut pas qu'en France. Si personne ne vous recommande, vous n'existez pas et n'existerez jamais dans le domaine de la recherche en économie, impossible de trouver un job.

La question n'est pas de savoir si cette personne a été pistonnée, mais de quelle manière et si cette recommandation correspond au processus "normal": "je vous certifie que machine m'a convaincu de XXX qualités et vous le recommande chaudement" vs. "vous voudrez bien embaucher ma nièce". La frontière est ténue quand cela vient d'un supérieur hiérarchique...

Enfin, une dernière précision : choisir un collaborateur, même rémunéré, dans le cadre de l'exercice de fonctions exclusivement politiques, suppose tout de même une certaine accointance d'opinions. Dans ces conditions, cela ne me choque pas que l'on choisisse un individu plutôt qu'un autre, pas exclusivement sur des critères de compétence. J'exclus ce cas de figure du champ d'application d'une libre concurrence.

10:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : dsk, fmi |  Facebook | | |

mardi, 21 octobre 2008

DSK fait son Bill (Clinton)

piroska.jpgSacré DSK ! Toujours vert :-D  J'avais bien compris qu'il y avait une sombre histoire au FMI, mais je n'avais pas compris encore les tenants et les aboutissants de la chose. C'est une histoire de Nagy, mais pas Bocsa. Une jeune femme, apparemment, qu'il aurait séduite aux mois de janvier et février 2008.

Cela dit, on va mettre les points sur les "i" : les Américains ne vont pas nous faire ch... avec leurs standards à la c... sur les moeurs. L'Europe et DSK n'ont pas de comptes à rendre en matière de moeurs aux hillbillies américains. Le FMI est une institution mondiale, pas américaine. Allez, DSK, on te soutient, d'autant qu'elle n'est pas laide ta conquête d'un soir, et que j'ai entendu dire que c'était une économiste très compétente.

 

09:54 Publié dans Insolite | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : piroska, dsk, fmi, amérique |  Facebook | | |

lundi, 29 septembre 2008

Quel rôle pour le FMI ?

François Bayrou a estimé dimanche soir sur BFM Tv qu'il revenait au FMI d'imposer un ordre mondial au système financier :

« Parce que c'est par là que passent un certain nombre de virus qui démolissent la confiance dans le système économique». «Que le FMI s'occupe de cela, je trouverais ça très important ».«Cela fait un an maintenant que Dominique Strauss-Kahn est en situation de responsabilité, je trouverais bien que l'on passe des paroles aux actes».

Vous avez entendu, DSK , puisque vous-même vous disiez hier dans le JDD :

«Le Fonds monétaire international peut le faire. Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela. Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d'un bien public global: la stabilité financière, au service de l'économie. En 1944, ce qui menaçait, c'était l'anarchie monétaire. Aujourd'hui, il faut faire face, en plus, à l'anarchie financière: l'opacité, la cupidité, l'irresponsabilité d'un système qui s'est developpé sans rapport avec l'économie réelle... La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique»

C'est en effet exactement le rôle du FMI , mais, il y a un problème de taille : les USA disposent d'un pouvoir de veto au sein du FMI et ils y détiennent à eux seuls presque 17% des voix (l'UE en détient 32% mais en additionnant tous les pays de l'UE). Il faut revoir les quote-parts, et, ce-faisant, la pondération des voix (ou, tout du moins, leur fonctionnement). Une bonne partie des crises vient d'Amérique (subprimes, par exemple) or, c'est le seul pays qui n'a pas à se soucier du cours de sa monnaie. Un rééquilibrage au sein du FMI est donc tout à fait nécessaire.

Je voudrais également faire une remarque : quand l'Argentine s'est économiquement effondrée, en 2001, faute de trouver des liquidités sur les marchés financiers, c'est aussi parce que beaucoup d'agents de ces marchés avaient pensé que le FMI rembourserait les crédits argentins. Et les agents argentins qui empruntaient ont fait le même raisonnement. C'était en 2001, et cela rappelle étrangement les fameuses subprimes et la crise du crédit qui frappent le système financier aujourd'hui. Bis repetita non placent...

Si le FMI veut devenir un acteur majeur des régulations dans le système financier, il va devoir se réformer en profondeur, puisque jusqu'ici, ses politiques d'ajustement structurel ont justement amené à de profondes dérégulations , au moins dans les pays en voie de développement. En somme, il faudra un FMI beaucoup moins idéologue, et beaucoup plus pragmatique, particulièrement sur les questions d'intervention des Etats dans l'économie. On voit avec la crise actuelle, que leur rôle demeure essentiel dans les circonstances exceptionnelles.

10:58 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : fmi, bayrou, dsk |  Facebook | | |