dimanche, 04 mai 2008
Que se passe-t-il au Relais du bois de Boulogne ?
Tiens...je me promenais tranquillement du côté du pré Catalan dans le Bois de Boulogne cet après-midi, et, en passant près du Relais du Bois de Boulogne (il s'agit d'un restaurant), j'ai constaté que l'établissement était fermé, et que des banderoles avaient été accrochées sur les fenêtres : on y lisait notamment que le personnel du Relais était en grève et très en colère, non contre la direction, mais contre la mairie de Paris : en effet, la municipalité a apparemment décidé la fermeture de ce restaurant, d'où l'inscription "personnel au chômage" sur l'une des banderoles.
Sur le coup, cela m'a étonné, parce que je ne vois pas comment une municipalité peut faire fermer un restaurant. Du coup, un petit tour sur la Toile, et je suis tombé sur le site du Relais.
C'est là que j'ai appris que le lieu est en fait une concession (sans doute de la mairie). Cela sent le coup de Traflagar à plein nez, cette histoire. Hélas, je n'ai pas plus d'informations sur le sujet, et il semble bien que je vais être le premier à signaler cet évènement sur la Toile.
C'est sans doute la nouvelle manière de Delanoë de lutter contre le chômage à Paris. Toujours est-il que j'aimerais bien connaître le fin mot de l'histoire, et que j'espère que les intéressés vont se manifester...
22:10 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : relais du bois de boulogne, pré catelan, delanoe, emploi, chomage
vendredi, 30 novembre 2007
Capitalisme, Socialisme et Démocratie (4) : le problème du chômage
A la fin du chapitre V, Schumpeter aborde le problème du chômage en régime capitaliste :
Cependant, qu'il soit durable ou temporaire, qu'il empire ou non, le chômage, on ne saurait le contester, est et a toujours été un fléau. Dans la prochaine partie de cet ouvrage, nous aurons à apprécier son élimination possible en tant que l'un ces éléments de supériorité que le système socialiste peut faire valoir. Toutefois, je considère que la tragédie réelle ne consiste pas dans le chômage en soi, mais dans le chômage aggravé par l'impossibilité de subvenir adéquatement aux besoins des chômeurs sans compromettre les conditions du progrès économique ultérieur: en effet, de toute évidence, la souffrance et la dégradation - la destruction des valeurs humaines - que nous associons au terme chômage (mais non pas le gaspillage de ressources productives inutilisées) seraient largement éliminées et le chômage cesserait pratiquement d'être un objet d'effroi si la vie des chômeurs n'était plus sérieusement affectée par la perte de leurs emplois. Certes, l'on ne saurait dénier que, dans le passé - disons, environ jusqu'à la fin du XIXe siècle -, le régime capitaliste, non seulement se serait refusé à accorder une telle garantie aux chômeurs, mais aurait même été tout à fait hors d'état de le faire. Cependant, étant donné qu'il serait désormais en mesure de leur procurer la sécurité à laquelle ils aspirent, pourvu qu'il maintienne pendant un demi-siècle le rythme de ses accomplissements antérieurs, cet argument anticapitaliste doit, dans le cas d'espèce, rejoindre au cimetière de l'histoire les tristes spectres du travail des enfants, de la journée de seize heures, de la chambre habitée par cinq personnes - c'est-à-dire de toutes les tares qu'il est tout à fait équitable de souligner quand on apprécie le coût social des achèvements capitalistes du passé, mais qui cessent d'être nécessairement pertinentes lorsque l'on soupèse les possibilités alternatives de l'avenir. Notre époque se situe quelque part entre les insuffisances manifestées par l'évolution capitaliste au cours de ses premières phases et les réalisations susceptibles d'être accomplies par le système parvenu à sa pleine maturité. Aux États-Unis, tout au moins, la meilleure partie de l'œuvre capitaliste pourrait, dès à présent, être réalisée sans imposer une tension excessive au système. Les difficultés à surmonter ne paraissent pas tellement consister dans le défaut d'un excédent de ressources suffisant pour effacer les ombres les plus noires du tableau social - mais elles consistent, d'une part, dans le fait que de 1931 à 1940, des mesures d'inspiration anti-capitaliste ont gonflé le nombre des chômeurs au delà du minimum inévitable et, d'autre part, dans le fait que l'opinion publique, dès qu'elle prend conscience du devoir à remplir envers les chômeurs, s'oriente immédiatement vers des méthodes irrationnelles de financement des secours et vers des méthodes relâchées et onéreuses de gestion de ces secours.
Une grande partie de l'argumentation précédente vaut pour les possibilités futures (et, dans une large mesure, immédiates) inhérentes à l'évolution capitaliste en ce qui concerne la protection des vieillards et des malades, l'éducation, l'hygiène, etc. De même, en se plaçant au point de vue des foyers individuels, on pourrait raisonnablement s'attendre à ce qu'un nombre croissant de marchandises sortent de la zone des biens économiques (et donc rares) et deviennent pratiquement disponibles jusqu'à satiété. Une telle situation pourrait être réalisée par voie d'arrangements soit conclu entre des sociétés productrices et des offices publics, soit de nationalisation ou de municipalisation, car le développement progressif de telles institutions constituerait, bien entendu, l'un des traits de l'évolution future du capitalisme même si. à tous autres égards, il devait rester libre d'entraves.
C'est tellement bien vu et bien pensé que je ne sais pas quoi dire de plus. Il a tout prévu, tout finement analysé, notamment les réactions irrationnelles de l'opinion publique en matière de chômage et plus généralement de protection sociale. Voilà, c'est exactement cela notre problème, en France...
Et ils ne manquent pas, les responsables politiques qui soulignent l'irrationalité de la gestion du chômage. La difficulté politique, c'est de faire accepter ce fait à l'opinion publique. Mais, une chose est sûre, et cela, je ne sais pas si Schumpeter s'en est occupée, c'est que l'on ne peut rien faire accepter à l'opinion publique sans équité. Or, c'est bien le coeur du projet social et économique du MoDem et de François Bayrou. C'est à mon avis une première réponse à la difficulté soulevée par Schumpeter.
J'aurai l'occasion d'y revenir, et notamment de comparer équité et égalité, en montrant comment la seconde est un leurre, tandis que la première est fondatrice. Et, sur ce point, j'appellerai en renfort de grands philosophes.
07:50 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Capitalisme, Socialisme, démocratie, Schumpeter, chômage





