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jeudi, 05 juin 2008

Article du Canard Enchaîné sur le MoDem, étude de texte...

C'est marrant, ça, certains dramaturges (pour reprendre la terminologie Ginistéenne) au sein du MoDem, arguent d'un article du Canard enchaîné du 04 juin 2008 sur le MoDem, pour perpétuer (perpétrer, même...) leur agit-prop habituelle sur un prétendu manque de démocratie au MoDem.

Or, pour moi qui ai en mémoire mes bons vieux cours de grammaire française, voilà ce que je constate :

le Canard écrit :

"Leur grief : François Bayrou aurait établi le règlement intérieur du parti tout seul"

puis, plus loin, réponse du cabinet du Béarnais

"on a pourtant fait une réunion publique de sept heures sur ce règlement intérieur"

et enfin, un peu plus loin :

"Pour calmer le jeu, le MoDem vient de créer un poste - inédit en politique - de "médiateur des adhérents"."

Question de grammaire : analysez les modes utilisés dans les trois phrases ci-dessus et rappelez les caractéristiques de chaque mode.

Réponse :

phrase n°1 : conditionnel (aurait établi)

phrase n°2 : indicatif ( a fait)

phrase n°3 : indicatif (vient)

Le conditionnel est le mode de l'imaginaire, de l'hypothèse, utilisé notamment pour exprimer des iréels du passé (faits imaginaires dans le passé qui ne se sont pas réellement déroulés). J'aime bien la définition que wikipedia donne du conditionnel : Il est employé pour exprimer une action soumise à une précondition, ou pour rapporter des faits tout en exprimant un doute à leur sujet.

L'indicatif, au contraire, est le mode du réel, et sert à exprimer la réalité des faits.

Rappel des valeurs de l'indicatif selon le site Etudes littéraires :

# Les valeurs de l'indicatif :

    * Par le mode de l'indicatif (du latin indicativus, « qui indique, désigne »), on asserte, on indique.
    * L'indicatif est le mode du réel.
    * L'indicatif est le mode de ce qui est tenu pour vrai par l'énonciateur.


CQFD (ce qu'il fallait dire...ou démontrer...) ou encore, Quod erat demonstrandum...(j'aime bien le latin). Comme quoi, pas de quoi pavoiser pour nos dramaturges qui feraient bien d'étudier la grammaire avant de se lancer dans la dramaturgie...Une dernière remarque : le Canard Enchaîné n'est pas du genre à utiliser un conditionnel quand le volatile n'a pas de doutes sur la réalité des faits énoncés...

lundi, 02 juin 2008

Entretien avec Pierre Albertini

 Pierre Albertini a été l'une des pierres angulaires de la campagne de François Bayrou, lors de l'élection présidentielle. Député apparenté UDF, lors de la législature précédente, maire de Rouen de 2001 à 2008, il n'a toutefois pas suivi François Bayrou dans la construction du MoDem, sans pour autant se retrouver dans celle du Nouveau Centre. Il a accordé un entretien exclusif au blogueur l'hérétique.

 

1.Pierre Albertini, vous avez été un acteur majeur des dernières élections présidentielles : en effet, c'est vous qui avez rédigé l'avant-projet législatif de l'UDF, présenté en novembrfe 2006  à la presse et au grand public. Aujourd'hui, plusieurs acteurs de la sphère politique se réclament pour tout ou partie de ce programme : le MoDem et le Nouveau Centre, bien sûr, mais aussi le gouvernement de François Fillon sur quelques points spécifiques.
Comment estimez-vous, quant à vous, l'impact de ce programme politique, et plus largement, de tous les colloques préparatoires de l'UDF, sur les idées politiques qui sont agitées ou mises en oeuvre aujourd'hui ?

Le projet de l'UDF que j'ai écrit et présenté en 2007 est le fruit d'une réflexion collective, ponctuée par de nombreux colloques destinés à diagnostiquer les "racines du mal français". On peut en contester le contenu mais pas la cohérence. Je crois, sans fausse modestie, qu'il correspondait aux attentes de nos beaucoup de nos concitoyens, inquiets devant un avenir qu'ils redoutent, pour leurs enfants plus que pour eux-mêmes. La méthode (travail en commun puis unité de plume) a fait ses preuves comme en témoigne l'écho que ce projet a reçu. De plus, il ne comportait pas d'engagements démagogiques, impossibles à tenir mais une série de priorités pour redresser notre pays et lui rendre son tonus.

Plusieurs de ses propositions ont inspiré et inspirent encore le débat public : Europe, renforcement des pouvoirs du parlement, pluralisme des médias, importance de la formation, régulations économiques et environnementales pour corriger le capitalisme de ses propres excès...En revanche, les thèmes de la solidarité et de la cohésion sociale, tout en suscitant l'intérêt, n'ont pas, à mon sens, suffisamment imprégné le débat et donc l'action publique. On en paie les conséquences aujourd'hui.

2.Avez-vous définitivement tiré un trait sur la politique rouennaise, puisque vous avez déclaré ne plus avoir l'intention de vous présenter à la municipalité de Rouen ? Vous reconnaissez-vous, toutefois, dans la démarche du blog Rouen Perspectives ?


Je continue de porter un vif intérêt à Rouen et à son agglomération  même si je n'ai plus d'ambition personnelle, sur le plan électoral. Je ne serai pas la "mouche du coche" de l'équipe actuelle mais je reste attentif aux grands dossiers. Ainsi, j'ai dit clairement combien le "détricotage" du GPV me paraissait funeste, pour les quartiers comme pour la ville entière.

Quant à Rouen perspectives, c'est une initiative bienvenue, la minorité municipale veut pratiquer une opposition constructive, c'est louable et encourageant.


3. Dans votre billet du 12 avril dernier, vous avez émis des réserves sur l'action gouvernementale depuis un an. Vous avez notamment écrit :
Il est inutile d'espérer en un redressement significatif de la lisibilité et de la popularité de l'action gouvernementale tant que deux conditions n'auront pas été remplies :

-expliquer sans détours aux Français les données du nouvel environnement international (financier et économique)
-reconnaître la nécessité d'une correction temporaire de trajectoire et rejalonner l'action à venir sur deux ou trois ans, autour de priorités simples. C'est le cap que nos concitoyens ne perçoivent plus !
Le nouvel environnement se précise de lui-même, mais, quand vous parlez de correction de trajectoire, pouvez-vous être plus précis ? Que faut-il corriger ? Et quelles sont les priorités simples auxquelles vous songez ?

Outre la méthode de gouvernement et la pédagogie à corriger, je pense sincèrement que l'action présidentielle et gouvernementale gagnerait à être ordonnée autour de quelques priorités lui donnant du sens :
- la réduction des déficits et le rétablissement des finances publiques
- la redéfinition du rôle de l'Etat et la clarification des compétences des collectivités territoriales ( la loi de 2004 est un échec à cet égard)
- l'apprentissage des outils fondamentaux, avant l'entrée au collège
- les éléments fondamentaux de la solidarité (santé et petites retraites).

Aujourd'hui, le Président est sur tous les fronts (préparation de la présidence de l'UE, 35 heures, réforme de l'audiovisuel, retraites, Constitution, ports, Grenelle de l'environnement...L'agitation ne fait pas l'action !


4. La réforme constitutionnelle occupe les esprits de la sphère politique. Or, le 30 janvier 2003, vous présentiez un projet de loi visant à introduire une dose de proportionnelle au sein de l'assemblée nationale : pour 57 élus, seulement. Vous écriviez notamment dans les motifs, ce commentaire sur le bipartisme :
Ainsi, le bipartisme à marche forcée, provoqué par la réforme constitutionnelle de 1962, n'exerce plus, sauf exception, le même effet de coagulation. Si un affrontement binaire prévaut encore lors des seconds tours de scrutin, les majorités comme les oppositions sont désormais plurielles, dans l'expression des électeurs si ce n'est dans leur représentation, traduisant la diversité du débat politique. Faut-il rappeler, pour s'en convaincre, l'extraordinaire dispersion des voix enregistrée lors du premier tour de l'élection présidentielle du 21 avril 2002 ?

Le pluralisme est une force, une richesse pour la démocratie. Le conformisme de la pensée est toujours un appauvrissement.

La question est donc clairement posée : est-il normal que des millions d'électeurs ne puissent, du fait de la loi, avoir des représentants à l'Assemblée nationale? Certainement pas d'un point de vue strictement arithmétique; encore moins s'agissant de la logique politique et des devoirs qu'impose la chose publique. En effet, est-il sain pour notre démocratie de la diviser ainsi, avec d'un côté des élus qui agissent, prennent des risques et exercent leurs responsabilités et, de l'autre, ceux qui protestent, se nourrissent des difficultés sociales sans pour autant assumer la moindre obligation? A l'évidence, la réponse est négative.

Au regard de ce que vous avez écrit ce jour-là, avec l'assentiment d'Hervé Morin, aujourd'hui président du Nouveau Centre, comment analysez-vous le renoncement de l'homme et du parti politique à une mesure pourtant phare du programme politique de l'UDF  ? L'histoire semble se répéter, puisque l'actuelle majorité, héritière de la précédente, ne semble pas davantage encline à améliorer la représentativité électorale.

Plus que jamais, l'introduction d'une dose de proportionnelle est nécessaire, pour assurer le pluralisme et lutter contre le conformisme de la pensée. Je ne renie rien de ce que j'ai écrit antérieurement. Hélas, je regrette que d'autres élus qui se disent également centristes aient renoncé à conduire ce combat pour la "biodiversité politique". J'ajouterai enfin que le non-cumul des mandats est la condition de l'efficacité du contrôle parlementaire : sur ce point, beaucoup ont changé d'avis, récemment. Il y a, il est vrai, "les principes et les circonstances" !

5. Dans un entretien avec Paris-Normandie, le 15 mars dernier, vous avez évoqué les élections européennes : vous êtes prêts à vous y investir. Au sein de quelle formation ? MoDem ? Nouveau Centre ? Comme centriste indépendant ? Dans quel groupe européen siégeriez-vous alors ? Quelles sont selon vous les grandes questions qui attendent les Européens, et notamment les Français au sein de l'Europe ? Par exemple : comment gérer le problème des ressources naturelles qui s'épuisent quand leur épuisement est au coeur de filière professionnelle sinistrée (par exemple la pêche) ? Quid de l'exception culturelle si sur tous les sujets, le parlement européen adopte la règle de la majorité qualifiée et non celle de l'unanimité ? Quelle culture commune pour l'Europe, et à cet égard, que pensez-vous des associations d'enseignants en langues anciennes qui proposent d'articuler cette culture commune autour de l'enseignement des langues et cultures grecques et latines dans tous les systèmes éducatifs européens ? Quelle politique de sécurité pour l'Europe, et comment l'articuler avec l'OTAN ?

Je ne recherche rien, électoralement parlant. Si je pouvais être utile, dans le débat européen à venir, je saisirais cette occasion. A une condition qui n'est pas réunie aujourd'hui : que se constitue une liste ouvertement européenne, largement affranchie des clivages partisans et soucieuse de prendre les Français à témoin :  Europe politique à construire ou espace de libre-échange ouvert à tous vents ?

C'est, pour moi, l'essentiel du débat. Il inclut naturellement les questions de défense et de sécurité, de régulations économiques et financières, de flux migratoires, de répartition des richesses dans le monde, de protection de la planète.Veut-on, ou non, que l'Europe soit un  pôle d'équilibre, de stabilité et de promotion de nos valeurs humanistes ?

 
6. Dernière question : quelles sont vos relations actuelles avec François Bayrou ? S'il se présentait, en 2012, avec un programme  proche, dans l'esprit, de celui de 2007 : le soutiendriez-vous ? Y compris si se présente face à lui un candidat du Nouveau Centre ?

Je n'ai pas vu François Bayrou (comme les autres leaders politiques) depuis l'automne dernier.
J'observe et garde mon indépendance de jugement.
Sur quel projet, autre que présidentiel, se construira le MODEM ?
Le PS penchera-t-il à gauche ou au centre ?
L'UMP résistera t-elle aux forces centrifuges qui menacent son unité ?
Une fédération des centres (que j'appelle de mes voeux) verra -t-elle le jour ?

Avant 2012, il y aura sans doute plus de décomposition qu'on ne le croit. J'espère qu'elle préparera des jours politiques meilleurs pour notre pays.  Dans cette attente, je n'exclus ni ne confirme mon soutien à François Bayrou. L'un comme l'autre serait prématuré. 

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mercredi, 28 mai 2008

Energie Démocrate passe à l'action !

J'ai bien aimé le dernier billet de Pierre Braun sur le blog Energies démocrates (j'aime bien le nom aussi, d'ailleurs) : enfin un billet qui annonce vouloir recadrer les vrais fondamentaux du débat parmi les différents courants des Jeunes Démocrates.

Il s'agit de débattre sur le fond, des grandes questions qui agitent notre hexagone, et notamment sur celles qui vont concerner directement les jeunes Français.

MAIS

J'ai relevé notamment ce passage :

- la hiérarchisation des réformes à mettre en place en France. Si nous sommes d’accord sur un corpus d’idées, jeunes et “ainés” ne sont pas forcément d’accord avec la définition des objectifs prioritaires. Les étudiants issus de familles aux revenus peu élevés ne peuvent plus attendre pour vivre dans une résidence universitaire décente. Les jeunes couples ne peuvent plus attendre pour trouver un logement à un prix accessible. Les jeunes des banlieues ne peuvent plus attendre pour qu’on trouve des solutions à leur mal être plutôt que de les stigmatiser…

Attention aux "ne peuvent plus" : ils sonnent comme des "yakafaukon". Concrètement, qu'est-ce qu'Energies Démocrates propose ? Voilà la question à laquelle il faut répondre. De manière générale, quand je lis le billet, je mets en garde contre un travers qui gagne petit à petit de nombreuses strates du MoDem : attention à ne pas se cantonner au social, à l'environnemental et à l'humanitaire ! L'économie, l'entreprise, la finance, sont systématiquement ignorés, et pourtant, à Paris, par exemple, ce sont pas moins de 400 000 emplois dans le secteur bancaire qui vont être amenés à être créés ou remplacés. On peut évidemment toujours parler des systèmes de santé, de la justice sociale, et cetera, mais quid de l'inseretion dans la vie professionnelle ? Je constate, pour l'instant, que les Jeunes Centristes sont bien plus percutants que les Jeunes Démocrates sur tous ces sujets. J'attends donc des intiatives fortes au sein du MoDem et espère ne pas voir sa jeunesse se transformer en un ersatz de MJS bis à la sauce bisounourse.

Bref, des déclarations d'intention auxquelles je souscris (celles de vouloir parler du fond)  mais attendons de voir la suite, maintenant.

mardi, 27 mai 2008

Qui est libéral chez les Socialistes ?

c'est assez rigolo, le débat sur le libéralisme chez les Socialistes, à l'heure actuelle...A ce sujet, je signale l'excellent billet de Laurent de Boissieu sur son blog politique.

C'est comique, parce qu'en effet, les trois principaux candidats à la direction du PS (et à l'élection présidentielle de 2012) appartiennent tous les trois à l'aile social-démocrate du PS, de tendance plutôt libérale.

Bon, on peut faire des distinguo subtils : DSK est presque un social-libéral, mais cela ne peut pas se voir tant qu'il reste au PS. Royal est une blairiste, donc une réformiste de gauche, avec un côté jacobin prononcé qui séduit le peuple (ordre, autorité, famille, travail et cetera...). De plus, c'est une provinciale élevée à la dure, issue d'une famille nombreuse, et qui est sans ostentation de quelque sorte que ce soit. Delanoë,lui, c'est plutôt le socialiste gestionnaire tendance libertaire. Libéral, mais pas trop quand même ; il préfère évidemment parler de ceux qui se couchent tard (pour cause de fête) que de ceux qui se lèvent tôt (pour cause de boulot afin de payer entre autres les prunes que collent les agents de police parisiens, plus affairés à traquer les automobilistes qui se rendent au travail que les fêtards qui rentrent ivres de la fête). En ce sens, toute sa rhétorique s'oppose radicalement à celle de Royal.

Mais il demeure qu'aucun des trois n'évoque jamais la société marchande dans laquelle nous vivons, et pas davantage le commerce, pour reconnaître son rôle fondateur dans l'établissement des libertés.

J'entends souvent évoquer Montesquieu pour identifier le libéralisme de Delanoë. Certainement pas. Outre que Delanoë n'accorde aucune place aux corps intermédiaires, il faut rappeler que Montesquieu consacre les livres XX et XXI de l'Esprit des Lois pour établir le lien profond qui existe entre commerce et liberté.

J'aime bien, d'ailleurs ce qu'il écrit au chapitre 4 du livre XX de l'Esprit des Lois :

Le commerce a du rapport avec la constitution. Dans le gouvernement d'un seul, il est ordinairement fondé sur le luxe; et quoiqu'il le soit aussi sur les besoins réels, son objet principal est de procurer à la nation qui le fait, tout ce qui peut servir à son orgueil, à ses délices, et à ses fantaisies. Dans le gouvernement de plusieurs, il est plus souvent fondé sur l'économie. Les négociants, ayant l'œil sur toutes les nations de la terre, portent à l'une ce qu'ils tirent de l'autre

Suivez mon regard et regardez ce que Delanoë met en avant à Paris...Bref, le libéralisme de Delanoë est tout relatif. Et puis comme le note Laurent de Boissieu, J-M Bockel, qui a fini par gagner le camp sarkozyste, a présenté pendant des années une motion comportant le mot libéralisme aux congrès du PS pour ne même pas obtenir 1% des suffrages au final...

lundi, 26 mai 2008

Naturellement de droite...

Tiens, une anecdote assez marrante, mais véridique sur la différence entre gauche et droite. Elle est arrivée à quelqu'un que je connais bien, et qui est de gauche modérée aujourd'hui, tout en demeurant relativement allergique à la droite.

Petite fille, elle demande, avec l'une de ses soeurs,  un jour à sa grande soeur la différence entre la droite et la gauche. Et sa grande soeur de lui répondre : ben la gauche, c'est quand tu es dans un jardin où tout le monde peut venir, et la droite, c'est quand le jardin, il est à toi et que tu décides qui y vient.

Le croyez-vous ? Sa soeur et elle déclarèrent immédiatement préférer la droite...

14:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : gauche, droite |  Facebook | | |

dimanche, 25 mai 2008

Le MoDem comme une traînée de poudre

Le MoDem au Danemark vient de rejoindre le flux MoDem. Quand j'y songe, je me dis que c'est impressionnant : aucun autre parti ne dispose d'un tel réseau ainsi organisé. C'est bientôt 130 à 150 blogs des quatre coins de France, mais aussi du monde, qui s'agrègent pour former un lien inégalé sur la Toile.

Qui sait ? Antonin entrera peut-être dans la légende du MoDem un jour comme mythique Grand Ancien : on dira de lui qu'il fut l'un des tout premiers à tenter d'agréger les démocrates sur la Toil, et le premier à y parvenir...

Quel formidable outil que la widget box, et quel développement impressionnant du MoDem sur la Toile, le mouvement politique sans doute le plus actif à l'heure actuelle, j'en ai bien l'impression, sur Internet.

08:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : modem |  Facebook | | |

samedi, 24 mai 2008

La croissance, c'est Villepin, pas Sarkozy

Le gouvernement actuel se félicite du regain de croissance inattendu tout récent. En réalité, ce sont surtout des chiffres moins mauvais que prévus. Le gouvernement pariait sur 2.5% de croissance, et la France a finalement 2.1 après avoir failli tomber à 1.9.

En outre, ce chiffre pas si mauvais est à mettre au crédit des 6 premiers mois de l'année 2007, c'est à dire... de Dominique de Villepin. On ne verra les conséquences des premières mesures de Nicolas Sarkozy que dans le courant de l'année 2008...

Par ailleurs, c'est surtout les allègements fiscaux de Dominique de Villepin, qui ont un peu relancé la croissance, et, je ne pense pas que cela ait été une bonne idée de les faire, compte-tenu de notre déficit budgétaire.

Ajoutons que c'est, apparemment, une hausse du pouvoir d'achat allemand qui aurait dopé nos exportations...bref, pas de quoi pavoiser, pour l'instant...

18:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sarkozy, croissance, villepin |  Facebook | | |

vendredi, 23 mai 2008

Bayrou, il ne se renie pas, Monsieur Sauvadet...

1975713113.jpgVoilà ce que François Sauvadet a récemment déclaré à propos de François Bayrou :

« François BAYROU n’a fait que des déclarations qui n’ont été suivies d’aucune proposition. Mais où sont donc les amendements tant attendus de Monsieur BAYROU ? Après avoir défié le Nouveau Centre de traduire concrètement ses engagements, je constate que François BAYROU n’a déposé que 7 sous-amendements dont 1 sur un amendement Nouveau Centre. C’est le constat d’échec de sa démarche incantatoire. » 

Il y a une imposture derrière cette déclaration :
- ce n'est pas une vraie règle d'or qui va être inscrite dans la constitution mais seulement un objectif d'équilibre pluri-annuel. Rien à voir avec un budget en équilibre chaque année.
Et pour la proportionnelle, les Socialistes la demandent déjà (alors que Nouveau Centre y a renoncé sous la pression des députés UMP).
Il y a une manière de présenter l'information pas tout à fait objective...

Pour ma part, je suis très déçu par le Nouveau Centre, dont j'espérais au moins un effort pour peser sur la majorité. Or, le Nouveau Centre n'a pas même essayé et accepte de voir les grands principes du projet présidentiel de l'UDF être complètement galvaudés.

Abandon de la proportionnelle, équilibre budgétaire à l'économie (sans jeu de mots...). Je ne souhaite pas l'échec de la stratégie du Nouveau centre, et j'aimerais, au contraire, que le Nouveau Centre pèse, mais je constate son échec. 

Quant aux reniements, Maître Rembrandt a su avec art en rendre l'expression saisissante dans un tableau à propos d'un certain Pierre... 

Et puis voilà également la pensée que Charles Baudelaire prête à ce même Pierre :

-Certes, je sortirais, quand à moi, satisfait
D'un monde où l'action n'est pas la soeur du rêve ;
Puissé-je user du glaive et périr par le glaive !

jeudi, 22 mai 2008

Delanoë le libéral

 Bertrand Delanoë se déclarant libéral, c'est à mourir de rire ! son libéralisme résonne davantage avec un écho libertaire reconverti au socialisme gestionnaire qu'avec les accents d'un Tocqueville ou d'un Montesquieu qu'il invoque à l'appui de ses dires. Maintenant, il va falloir qu'il montre son courage politique, et ça, cela va être autre chose, parce que Bertrand Delanoë, il ne sait pas ce que c'est que de prendre des coups.

Voilà quelqu'un qui se réclame de Jospin. Or, Jospin, s'il n'a rien d'un gauchiste, n'en représente pas moins exactement le socialisme que je rejette et qui m'a fait un jour fuir loin du vote PS : l'archétype de la bonne conscience, le "faites ce que je dis, pas ce que je fais", le socialisme bon teint de la techno-structure de l'éducation nationale, la dénégation permanente du ressenti des petites gens, sans cesse renvoyées à de prétendus fantasmes ; une adhésion à l'économie de marché qui ne s'assume pas clairement; un rapport malsain à l'argent et à l'économie en général ; des mesures prises en catimini ; l'arrogance et la certitude d'avoir toujours raison ; 

Evidemment, je préfère un Delanoë se réclamant du libéralisme que du trottskisme, mais je ne manquerai pas de le rappeler à la doxa libérale, ici-même, chaque fois qu'il y dérogera, et je pense que les dérogations seront la règle générale.

Voici ce que Delanoë a exactement déclaré :

«Le libéralisme est à la liberté ce que la république est à la démocratie, une forme supérieure d’évolution. Je suis libéral. La droite d’aujourd’hui ne l’est pas. La gauche doit se réapproprier, avec fierté, et le mot et la chose. […] Si les socialistes du XXIe siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme, s’ils ne tiennent plus les termes de "concurrence" ou de "compétition" pour des gros mots, c’est tout l’humanisme libéral qui entrera de plein droit dans leur corpus idéologique.» 

Cela me fait assez rigoler, quand je vois qu'il invoque, à travers son titre, Danton.  Or, lisons la biographie de Danton, et on voit bien que cet individu, est un pré-socialiste. Un homme qui, tout en faisant de violentes déclarations enflammées, face aux Jacobins, avait des accointances avec les orléanistes. Un individu qui n'a cessé d'attaquer Lafayette, un homme droit et modéré. Un homme qui se faisait payer par la cour, et  payait les révolutionnaires de mots : ça, il savait le faire. Tout en attaquant la monarchie de l'intérieur.

Danton était un montagnard, pas un girondin, même s'il tenta de réconcilier Montagne et Gironde. Ce n'est certainement pas un libéral, et, sur le fond, cela ne m'étonne pas que Delanoë l'ait pris pour référence implicite. 

A propos  de la proposition d'alliance de Royal à Bayrou, il écrit :

«On pouvait s’adresser aux électeurs de Bayrou du premier tour, montrer dans la transparence, lors du débat, les points d’accord et de désaccord. Mais renverser les alliances, c’est autre chose. […] Est-ce bien sérieux de concevoir une alliance allant du centre à l’extrême gauche ? C’est sympathique. Mais il faut un minimum de cohérence.» 

Il a la mémoire courte : Rocard, l'un de ses mentors, a été l'un des premiers à appeler à cette alliance. Pour le reste, je suis d'accord avec lui : une alliance qui va de l'extrême-gauche au centre n'a pas de sens. Sauf que lui a choisi l'extrême-gauche...Très libéral, comme choix...

Bref, la seule chose que je lui concède, c'est son jugement sur Sarkozy :

«Quant au sarkozysme, ce bonapartisme modéré par la désinvolture […], il est profondément antilibéral. […] Sarkozy n’est pas libéral, il est conservateur. Il l’a prouvé à plusieurs reprises : étatiste, protectionniste, il impose à tous les échelons l’omniprésence d’un Etat que, dans le même temps, il désarme.»

C'est vrai. Mais lui-même, à la mairie de Paris, impose la municipalité à tous les échelons de la vie parisienne. Bref, wait and see. Je serai vigilant. 

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mercredi, 21 mai 2008

Règle d'Or, pipeau d'or...

Je me demande ce qu'il va rester des mesures que le Nouveau Centre se glorifiait de faire inscrire dans la constitution. La Règle d'Or qui se définit par le refus de présenter un budget en déséquilibre , sauf dépenses d'investissement, finit en eau de boudin dans le dernier amendement proposé par Gilles Carrez.En effet, il n'est plus question d'équilibre des finances, mais de lois s'inscrivant dans un objectif d'équilibre. Autant dire que c'est du flan, il n'y a aucune obligation derrière un tel effet d'annonce.

Et puis comme cela ne s'appliquera qu'en 2012...

S'ajoute à cela que le Nouveau Centre a officiellement renoncé à l'introduction de la proportionnelle, même à dose homéopathique, dans la constitution.

En fait, l'UMP n'a strictement rien concédé : pas de proportionnelle au sénatoriale, et pas davantage aux législatives. Pourtant, ces points seraient favorables au Nouveau Centre, autant qu'au MoDem.

Ce que je constate, c'est l'échec de la stratégie du NouveauCentre qui n'obtient finalement aucune de ses demandes.

C'est dommage, car sur le principe de l'équilibre des comptes, je trouve le raisonnement de Charles de Courson très sain :

"Chacun doit assumer ses choix: si je veux faire des milliards de dépense, je lève les recettes correspondantes", a-t-il estimé. "Et de même pour les ultra-libéraux" partisans des baisses d'impôts: "dans ce cas, ils doivent aussi couper dans les dépenses".

François Bayrou a apparemment les mêmes doutes que moi sur ces amendements. Voilà sa réaction...

"Si nous voulons écrire dans la constitution que les déficits devront être désormais bannis sauf accident, il faut l'écrire sous cette forme et de manière transparente. Tout le reste, c'est de la ruse"