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  • preuves d'identité assouplies, quel hasard !...

    Tiens donc : j'apprends le dernier revirement du gouvernement pour l'établissement des pièces d'identité. Désormais, il ne sera plus nécessaire de produire actes de naissance ou certificats de nationalité simplement pour faire refaire un passeport ou une carte d'identité parce qu'un des parents est né à l'étranger. A vrai dire, la loi était si ubuesque et bureaucratique, qu'elle a fini par toucher des gens importants de toutes les sensibilités politiques et médiatiques. Et cela a donc commencé à faire boule de neige. De quoi emm... le gouvernement au mauvais moment. Car s'il n'eût été question que du citoyen lambda, ce dernier pourrait encore se gratter. J'attendais avec effarement la première expulsion d'un Français bien d'chez nous incapable de prouver son identité. Avec Hortefeux et Besson, on allait y arriver. Ce détestable gouvernement conjugue les traits les plus navrants de la bureaucratie soviétique et du fonctionnement administratif vichyste. Mais comme le plaisanterie a assez duré, fini de rire, retour à la case départ. Pas trop tôt...

  • A chaque ville son mini réacteur nucléaire ?

    Tremblez, Verts, écolos, et décroissants de toute sorte : à la suite de mon article sur les centrales solaires, le blogueur le plus écolo-sceptique de la blogosphère a surgi et m'a proposé en lien une information détonnante (j'aime bien cet adjectif...)

    Deux sociétés, l'une américaine (Hypérion), l'autre japonaise (Toshiba) ont mis au point un réacteur nucléaire de la taille d'une grosse cuve à fuel. Hyperion a pris une longueur d'avance puisque son projet est opérationnel : sa mini-centrale, avec une production de 25 mégawatts est capable d'alimenter 20 000 foyers, donc, une bonne petite ville à dimension départementale, autrement dit. Le module, d'une durée de vie de dix années, ne présente que de très faibles risques radio-actifs : en effet, son combustible principal est constitué d'hydrure d'uranium, un minerai bien moins polluant que les doses massives d'uranium 235 qu'emploient habituellement nos centrales. La quantité utilisé est trop peu importante pour atteindre une masse critique, et donc, il n'existe aucun risque de réaction eh chaîne. In fine, le volume des déchets à retraiter au bout de 10 ans n'excède pas la taille d'une noix de coco. EDF a intérêt à bien se tenir : je ne connais aucun projet français de cette sorte.

    Hypérion s'engage au terme des 7 à dix années de fonctionnement de la centrale à l'enlever et à la recharger avec une nouvelle pile. Il y a donc un service après-vente et des pièces de rechange. Très bien. Une grosse batterie, en somme.

    Il y a pas mal d'avantages : l'énergie ainsi produite coûte bien moins cher que celle qu'apportent de grosses unités et ne nécessite pas de vecteurs ni de moyens de transports. Au départ, si j'ai bien compris, il s'agissait de gros générateurs pour l'industrie minière et pétrolière. Pas idiots, avec la crise du pétrole, les dirigeants d'Hyperion ont pensé à d'autres applications.

    La seule chose que je n'arrive pas à trouver, c'est le prix d'un tel module. Cela pourrait être très intéressant pour les collectivités et introduire une vraie concurrence, sans trop de risques, sur l'énergie dans notre pays, si, régions, villes ou départements pouvaient gérer elles-mêmes leur production d'énergie.

    Tiens, Mélenchon, dont je parlais hier, nous (à nous le MoDem, je veux dire) reproche de ne pas annoncer un abandon franc du nucléaire : le MoDem a évolué sur la question par rapport à l'UDF, mais je crois qu'il reste, du côté de Bayrou au moins, l'idée que le nucléaire n'est pas forcément le mal absolu et que les pistes du nucléaire propre ne doivent pas être abandonnées. Nul doute que l'option de centrales privées sans dangers de contamination ni de dissémination (combustible quasiment inutilisable à des fins militaires) relance la réflexion sur le sujet, d'autant que ce genre de modules peut aussi être installé dans des pays aux faibles infra-structures. Très intéressant pour les pays émergents, particulièrement quand ce sont des fédérations.

    Hypérion, divinité solaire, est l'un des rares Titans qui n'a pas eu le temps de se friter avec les dieux Olympiens, dans la mythologie grecque : les autres Titans, jaloux de sa beauté l'ont flingué et failli noyer son fiston, Hélios, le Soleil. Souhaitons plus de chance à Hypérion la société face à la concurrence.

  • Mélenchon attaque le MoDem

    Tiens, le Front de Gauche, et notamment sa composante principale, le Front de Gauche, qui monte en puissance, attaque de front, c'est le cas de le dire, le MoDem. L'un des derniers carnets de campagne de Jean-Luc Mélenchon aborde la question. J'ai du respect pour Mélenchon. C'est un type honnête, et il a eu le courage de ses opinions en quittant le PS au moment du TCE et en poursuivant coûte que coûte la construction d'un parti autonome. Il n'a pas eu peur d'y aller seul. Chapeau. Je m'agace parfois de ses attaques contre l'école privée, mais je ne trouve, en revanche, pas grand chose à redire sur l'idée qu'il se fait de l'école. J'aime bien que le Parti de Gauche nous attaque, nous le MoDem, sur nos idées. Ça, au moins, c'est de la politique au sens noble, c'est du débat, du vrai. Je crois au choc et à la confrontation des idées. Au demeurant, Mélenchon a raison au moins sur un point : oui, le MoDem n'est pas un parti de gauche, et oui encore, forcément, si le PS cherchait à s'allier avec le MoDem, en effet, il glisserait certainement plus vers sa droite que vers sa gauche.

    Je suis donc allé lire avec curiosité la brochure que Mélenchon réserve à Bayrou. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon nous reproche de vouloir interdire constitutionnellement tout déficit budgétaire, sauf investissements exceptionnels. J'en déduis donc qu'il est partisan de le laisser filer. Mélenchon a-t-il bien considéré ce qui arrive aux pays qui font preuve d'un laxisme effréné dans ce domaine ? L'exemple de la Grèce n'est-il pas édifiant ? Nous filons à grand train vers les 100% du PIB de déficit, et nous risquons à tout moment de payer encore plus cher l'argent que nous empruntons quotidiennement. Comment le Parti de Gauche trouvera-t-il de l'argent, si nous ne trouvons plus de prêteurs ? En taxant les entreprises ? Mais elles produisent une bonne part de nos richesses ! Que se passera-t-il le jour où elles ne pourront plus payer ? La Révolution, alors, le Grand Soir ? L'Étatisation complète de l'économie ? Même en admettant que notre pays demeure une démocratie avec un tel système, l'exemple de l'Inde a montré à quel point l'omniprésence de l'État peut gangrener et paralyser complètement une économie. Il n'y a pas d'espoir ni de progrès sans liberté d'entreprendre, sans libération de la créativité.

    Il faudra tôt ou tard rembourser nos dettes. Tout le monde devra payer. Non seulement il faudra en finir avec la plupart des niches fiscales, sauf celles qui profitent clairement et directement aux finances publiques, mais en plus, chaque citoyen devra payer, parce que cela ne sera toujours pas suffisant pour rembourser notre monstrueuse dette. On peut toujours faire miroiter au bon peuple une juteuse et inespérée chasse aux koulaks, il faut bien comprendre que cela ne marchera pas, que c'est un miroir aux alouettes, et que tous les pays qui s'y sont risqués en sont revenus.

    Deux emplois sans charge, coûteux pour les finances publiques ? Toujours moins que les indemnités de chômage ! Que l'on fasse le calcul, et les 8 milliards de dépense calculés par Mélenchon sont absorbés par l'argent économisé en assurance-chômage.

    Mélenchon nous accuse également de vouloir rétablir l'équilibre de la Sécurité Sociale : ben oui. Soit nous payons, soit elle implose, ce n'est pas plus compliqué que cela. Donc, en effet, on n'échappera pas à la question de savoir ce qui est dévolu à la complémentaire, et ce qui revient à la Sécu. Et moi, je préfère qu'on le dise ouvertement, plutôt qu'un jour, je me retrouve lourdement endetté pour des frais médicaux parce que le système public a volé en éclats sous le poids de ses déséquilibres. Que propose le Parti de Gauche, au fait, sur ce sujet ?

    En ce qui concerne les retraites, le MoDem n'est pas favorable à une inscription dans le marbre d'un recul du droit à la retraite à 60 ans. Mais il ne voit pas pourquoi il interdirait à ceux qui veulent travailler plus, avec des aménagements ou non, de le faire. Sauver les retraites est une mission sacrée pour le MoDem. La question ne souffre pas la moindre démagogie : l'argent n'apparaît pas par l'opération du Saint-Esprit. La France vieillit, l'espérance de vie s'allonge...Nous avons le mérite d'appeler un chat un chat, et de dire que la retraite ne peut être que fonction du temps de cotisation.

    Sur l'Éducation, je dois dire que je partage une partie des critiques de Mélenchon, et que je serais tenté d'en ajouter d'autres...Cela dit, à propos de la souplesse que le MoDem veut introduire, que Mélenchon comprenne bien que dans toute institution, entreprise ou administration, chaque espace de rigidité voit se produire  un espace de flexibilité accru en regard. Ce n'est pas l'autonomie des établissements qui est le coeur de la politique actuelle, mais bien le souci de réduire les dépenses d'éducation. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Concernant l'allongement du temps de travail des enseignants, c'est un mensonge éhonté de dire que l'idée est partagée par la droite. Non, Jean-Luc Mélenchon, c'est au contraire une idée agitée depuis un bon moment par vos amis socialistes, Peillon, Royal, Strauss-Kahn, Jospin et bien d'autres encore, notamment dans les commissions éducation du PS. Je n'ai jamais rien vu de tel figurer dans le programme de l'UDF en 2007, bien au contraire, et pas davantage dans celui de l'UMP...

    Il faudra un second billet pour aborder la seconde partie du document de Jean-Luc Mélenchon. A très bientôt, donc.

  • Paris Hilton défraye la chronique brésilienne

    Tiens, Paris Hilton fait encore parler d'elle. Elle vient de tourner une publicité pour une bière au Brésil, dans laquelle le comité de censure local lui reproche des poses suggestives.

    Après avoir visionné la vidéo, bon, de mon point de vue, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Je crois parfois que le combat féministe s'égare : Paris Hilton est certes une people provocante, parfois agaçante. C'est aussi une femme d'affaires redoutable, à la tête d'un des plus puissants empires financiers et immobiliers de la planète. On évoque ses revenus tirés de la sphère showbiz, mais rarement ceux qu'elles a récupéré de la chaîne d'hôtels. En effet, en 2005, le groupe Blackstone  a racheté toute la chaîne pour un montant de 20 milliards de dollars...Bien sûr, le grand-père de Paris Hilton commence à se lasser de ses frasques, semble-t-il, et envisagerait de la déshériter, mais ses propres activités ont déjà porté la fortune de la jeune femme à 950 millions de dollars...

    Il paraît qu'elle s'intéresse à Paris et envisagerait d'acheter un pied-à-terre dans le 16ème arrondissement. Derrière l'image d'écervelée légère qu'elle aime bien arborer se cache en réalité une femme d'affaires avisée aux dents longues.

    Lors d'un entretien avec le magazine Vogue, en 2006, elle expliquait ainsi :

    "J'ai 10% de contrôle sur tout, je suis productrice exécutive de ma série télé, je pose mes conditions. Beansock, la compagnie que j'ai construite sur mon nom développe et signe des licences pour des sacs à main, des lunettes de soleil, des sèche-cheveux, des montres, qu'est-ce que j'ai d'autre? Deux fois par mois, j'ai des réunions avec une vingtaine de personnes. J'aime être au courant, je vérifie tout. Je suis dure, ils doivent tous m'écouter parce que je ne les laisse pas prendre les décisions à ma place."

    On comprend nettement mieux à qui on a affaire quand on lit ce genre de réponses, mais, bien évidemment, ce n'est pas l'image qu'elle se plaît ordinairement à montrer. Des femmes qui jouent de leurs charmes, ou essaient de le faire, il y en a. Mais pour diriger une entreprise, créer un empire économique, il faut bien d'autres qualités que du charme.

    On peut bien croire que sa carrière cinématographique ou musicale fait un gros flop, ce n'est que la surface émergée des choses. En réalité, Paris Hilton a un revenu annuel qui dépasse les 200 à 300 millions de dollars. Elle a l'art de faire buzzer ses frasques au bon moment : la campagne de publicité pour la bière Devasa est d'ores et déjà réussie, compte-tenu des cris d'orfraie des père-la-pudeur. Par ailleurs, je pense que les buveurs de bière se foutent bien, en moyenne, du caractère conforme ou non à la morale des publicités pour la bière....

     

  • Régionales : Appelez le 15 ? Non, la ligne Orange !

    J'avoue que voilà une initiative pour le moins atypique : le Mouvement Démocrate vient de créer une ligne téléphonique pour répondre aux questions des Français sur les élections régionales et la région. Insolite, mais bonne idée. C'est toujours mieux que l'agit-prop des Jeunes Démocrates qui n'ont rien trouvé de mieux à faire que de vouloir décerner un bonnet d'âne à Valérie Pécresse. Complètement idiot. Cela ne sert à rien, et cela m'agace de nous voir imiter l'activisme gauchiste. Il eût été plus intelligent de lui remettre notre programme, nos propositions et de lui suggérer de les reprendre ou de s'en inspirer, ou encore de lui remettre une série de questions précises sur le financement de son programme pour l'île de France.

    Pour revenir à la ligne orange, en voici le numéro : 01 53 59 26 15 du lundi au samedi de 14h00 à 20h00. Pas mal ! on notera que les Démocrates vont bien au-delà des horaires de bureau et couvrent une tranche horaire en dehors des heures de travail de la majorité des Français. Si cela marche, il faudra assumer le succès de la chose ensuite. Je ne vais pas manquer de tester le sérieux du dispositif et en donnerai des nouvelles.

     

  • L'échiquier, MAJ très importante !

    Salut à tous les membres de l'Échiquier. Une information très importante : l'adresse du flux change ! c'est désormais http://www.google.fr/reader/shared/user/10618186637961354659/label/L'Échiquier?hl=fr

    Conséquemment, le script à ajouter dans l'habillage de votre blogue, pour ceux qui l'utiliseraient est désormais :

    <img src="http://tbn0.google.com/images?q=tbn:FMEKH6nfrHgaeM:http://heresie.hautetfort.com/images/echiquier.jpg" />
    <script type="text/javascript" src="http://www.google.fr/reader/ui/publisher-fr.js"></script>
    <script type="text/javascript" src="http://www.google.fr/reader/public/javascript/user/10618186637961354659/label/L'Échiquier?<span style=">n=5</span>&callback=GRC_p (%7Bc%3A%22black%22%2Ct%3A%22%5C%22L'%5CxC9chiquier%5C%22%20via%20 Heretic%22%2Cs%3A%22false%22%2Cb%3A%22false%22%7D) %3Bnew%20GRC"></script>

    Le flux actuel sera maintenu encore un mois, après quoi, il ne sera plus mis à jour. J'aimerais bien également en finir avec le widget box, trop lourd à afficher sur les blogues. Est-ce que certains d'entre vous y tiennent vraiment.

    J'en profite également pour vous appeler à bien prendre garde à la charte éthique de l'Échiquier :

    - respect de la législation française, notamment, pas d'anti-sémitisme, pas de racisme, pas d'homophobie, pas d'appel à la violence (ni contre les étrangers ni contre les patrons) et cetera...

    - pas de diffamations les uns envers les autres

    - respect du choix de l'expression (notamment de l'anonymat pour ceux qui désirent user de cette forme afin de s'exprimer plus à leur aise ou à l'abri d'éventuelles pressions de leurs employeurs, par exemple).

    - affichage du flux sur son blog

    - qualité de l'écriture (pas de texto, SMS, textes truffés de fautes d'orthographe et/ou de style et de syntaxe)

    - billets originaux (les blogs participants ne doivent pas se limiter à être de simples relais de l'AFP, de la presse ou des communiqués d'un parti politique)

    J'ajoute que vos synthèses sont les bienvenues dès lors qu'elles impliquent trois blogues au moins. Désolé, je n'ai pas eu le temps d'en publier de nouvelles depuis un moment, mais je vais essayer de m'y remettre.

    Et puis bien sûr, s'il y a d'autres candidats à l'adhésion au flux, ils sont les bienvenus dès lors qu'ils s'engagent à en respecter la charte.

  • Desert Tec, poumon solaire de l'Europe ou de l'Afrique ?

    J'ai écouté avec attention l'intervention de Marielle de Sarnez sur la destination du projet Desert Tec. Pour mémoire, il s'agit d'un projet d'investissement mastodontesque, 400 milliards d'euros, pour construire des panneaux solaires immenses au Sahara, afin d'y capter l'énergie solaire abondante là-bas, et de produire ainsi des quantités massives d'électricité. On pourrait ainsi combler 15% des besoins énergétiques de l'Europe toute entière de cette manière. L'Allemagne est sur les rangs et plusieurs entreprises allemandes se sont constituées en consortium pour envisager des investissements directs là-bas. Comme d'habitude, au demeurant, les Français sont à la traîne, voire absents, sur un projet de pointe. Marielle pose en fait deux questions auxquelles il faut à mon sens apporter une réponse :

    primo, est-ce que l'on investit là-bas pour fournir l'Europe, ou pour approvisionner l'Afrique ? secondo, n'y a-t-il pas moyen de générer des investissements en provenance du sud pour le sud, plutôt que spécifiquement européens, ou alors, des investissements solidaires (qu'elle appelle "désintéressés".

    Son calcul repose sur l'idée qu'un projet d'une telle ampleur amènerait des pays qui n'y sont pas nécessairement naturellement portés à coopérer. De fait, le Sahara s'étend sur pas moins de dix pays : le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et...le Sahara Occidental à l'existence juridique fort incertaine.

    Sacré sac de noeuds en perspective : Algérie et Maroc s'opposent sur le Sahara Occidental, et la Lybie et le Tchad est en proie à l'hostilité de ses voisins immédiats (Lybie, Soudan). De tous ces pays, pas un n'est une démocratie digne de ce nom, le pays le plus libéral en la matière semblant être le Maroc, et le Soudan est l'un des pires repères d'islamistes radicaux du monde...

    L'Europe doit diversifier ses ressources d'énergie, mais à choisir entre être dépendant des Pétro-monarchies et de la Russie d'un côté, et les pays d'Afrique du Nord de l'autre, je ne suis pas certain que nous soyons gagnants à dépendre des seconds.

    L'autre aspect, c'est qu'il n'est pas pensable d'investir 400 milliards d'euros désinteressés. Les investisseurs doivent y trouver leur compte. Cela dit, il est vrai que le commerce apporte la paix et la croissance pour tous. Un projet Euro-Méditerranéen de cette ampleur a un intérêt évident à cet égard. Bref, projet à suivre de près : l'euro-députée MoDem a tout à fait raison  de se pencher sur le sujet.

  • Trash et société civile

    Je ne résiste pas à l'envie de faire découvrir à mes lecteurs deux nouveaux blogues oranges : Teo Toriatte et la Baronne Orange. Je rebondis, précisément sur leurs dernières cogitations, car elles m'interpellent. J'aime bien ces blogues politiques et militants décalés, qui vont à rebours de la pensée dominante. Je suis certain, d'ailleurs, que les deux billets que je vais faire découvrir à mes lecteurs vont plaire à mon crapaud favori.

    Teo Toriatte s'agace à juste titre de ce que l'on fasse de la société civile la panacée universelle de l'action politique. C'est très tendance, à l'heure actuelle, d'avoir des membres de la société civile sur une liste. Bien évidemment, le militant politique, lui, pue et sent le vomi. Donc, par les temps qui courent, il est de bon ton de l'éviter. Du côté de la Baronne, on s'indispose de l'autre tendance de la politique : le trash, la ferme aux bouffons. On essaie de provoquer, de balancer la petite information qui tue, d'en faire le plus possible, pour se montrer sous un jour toujours plus avantageux. Sorte de ferme des Célébrités grandeur réelle où chacun fait son Michaël Vendetta. Un sourire fluoré, comme dit la Baronne, et ça devient lumineux en mode trash de balancer une vanne bien grasse à la mamie qui fait la file dans une boulangerie. Le Trash, c'est faire mal, humilier en public si possible, chier sur les autres sans scrupules jusqu'à l'incontinence. Bref, pas joli joli...

    Sur cette note pleine d'optimisme et de bonne humeur, je vous laisse découvrir mes nouvelles trouvailles...

    Tiens, moi, je vais m'astiquer la statistique (j'ai lu ça quelque part, mais je ne parviens pas à me rappeler où exactement), je crois qu'il y a Gaël qui me relance pour mon opération vérité. 17649 visites seulement ce mois en données Google analytics. Eh oui, il n'y a que 28 jours en février, et la dernière semaine, je n'ai pu que balancer des notes programmées. 12082 visiteurs uniques en données hautetfort, 121719 pages vues et 32550 visites. Nicolas, comme d'habitude, a dégainé le premier. Petit mois pour lui aussi. Il passe trop de temps à la Comète, à mon avis...Laurent de Boissieu devrait bien finir par publier les siennes, c'est une question de temps. On n'est plus beaucoup à faire connaître nos stats ouvertement. Il y a le Privilégié, les Bills, et puis c'est à peu près tout.

    41.3% d'accès directs, et toujours pas mal de visiteurs en provenance de Marianne2 et de Wikio (3.1 pour le premier, 2.9 pour le second). h16 est à 1.7, le blog des régionales du Monde à 1.1 et Connexion Démocrate à 1.0. A noter que Segorama.fr m'a envoyé 1.3 et twitterfeed 2.0.

    Enfin, ce mois-ci, c'est l'hérétique qui est le mot-clef le plus recherché avec plus de 500 requêtes. Le blogue devrait en principe franchir la barre des 25 000 commentaires ce mois-ci.

  • La France entre le Soleil et l'atome...

    Je prends connaissance, via Rumeur publique sur Twitter d'un communiqué commun des professionnels de l'énergie solaire. En France, les tarifs auxquels l'électricité produite par des indépendants est achetée par EDF sont fixés par l'État, et en particulier le Ministère de l'écologie, de l'économie et du développement durable. Or, en substance, si les tarifs sont arrêtés pour les petits producteurs, il en va tout autrement pour les gros producteurs qui ne se voient aucun prix garanti. Or, en ce qui concerne le solaire, il faut de gros investissements pour une grosse unité de production. Ces derniers ont besoin, comme tous les entrepreneurs en phase d'investissement, de pouvoir se projeter un minimum en avant pour prendre le risque d'investir dans de l'équipement fort onéreux.

    Pour que la crédibilité même de la parole de l’État ne puisse pas être mise en cause, il convient a minima que les projets qui étaient à un stade significatif d’engagement réel à la date de publication du nouvel arrêté, soit le 12 janvier 2010, puissent bénéficier des tarifs sur lesquels leur équilibre financier était bâti, faute de quoi de nombreux opérateurs sérieux et de bonne foi risquent de mettre la clé sous la porte.

    Pour l’avenir, l’approche pragmatique consistant à introduire une différence de traitement en fonction de la taille des projets mérite d’être soulignée car elle signe la prise en compte d’une réalité bien connue des professionnels : entre une installation de quelques dizaines ou centaines de mètres carrés (quelques kW à quelques dizaines de kW) et un système de plusieurs dizaines, voire centaines, de milliers de mètres carrés (quelques MW à dizaines de MW), les coûts ne sont pas les mêmes.
    Les tarifs d’achat ne variant pas en fonction de la puissance, la taille des projets est un critère déterminant de leur rentabilité, même si ce n’est pas le seul. Ce constat étant fait, et la volonté affichée étant d’optimiser le mécanisme des tarifs d’achat pour, entre autres, préserver le pouvoir d’achat des Français tout en soutenant efficacement la filière photovoltaïque, il serait logique que l’arrêté tarifaire rectificatif introduise pour le proche avenir une dégressivité des tarifs en fonction de seuils de puissance, comme cela avait été proposé par nos organisations lors des négociations du printemps 2009.
    Au total, tirant les leçons de l’expérience douloureuse qui vient d’avoir lieu, les objectifs du futur nouvel arrêté doivent être d’abord de ne pas anéantir les investissements effectués depuis parfois plusieurs années par les porteurs de projets sérieux, ensuite de garantir un niveau de rentabilité correct à toutes les typologies et toutes les tailles de systèmes photovoltaïques, y compris ceux posés sur bâti et non intégrés qui représentent un potentiel considérable pour un coût réduit, qui plus est sans risque de conflit d’usage des sols, et enfin d’assurer une bonne visibilité tarifaire aux acteurs de la filière, nécessaire pour leur permettre d’investir sereinement pour développer des solutions performantes
    .

    Cela me paraît clair. On est, en France, dans un système totalement opaque : on ne peut même pas tenter d'anticiper le marché, parce que le marché n'est pas libre ; les producteurs d'énergie dépendent de l'arbitraire du pouvoir politique et de celui d'EDF qui est en situation de quasi-monopole. Comme l'observe 4E dans le même panier, les marchés sont de moins en moins transparents.

    En apparence, le photovoltaïque pourrait sembler plus coûteux que le nucléaire et l'on pourrait juger indu ce qui s'apparente à des subventions. La réalité est autre : jamais, dans ses coûts d'exploitation, EDF ne prend en compte la gestion des centrales nucléaires qui seront arrivées à terme et/ou même leur frais de remplacement.

    Ce ne sont pas seulement les marchés et les prix qui ne sont pas transparents, mais aussi les coûts. Il faut dire qu'EDF dispose d'un avantage inappréciable sur les marchés financiers : impossible de réaliser une OPA hostile sur son capital, il est détenu à plus de 85% par l'État français.

    A vrai dire, bien que penchant sur le libéralisme, je suis très réservé sur l'opportunité de libéraliser un secteur aussi stratégique que celui de la fourniture d'électricité. Que se passerait-il si la seule rentabilité immédiate devenait l'unique critère de distribution d'électricité ? Imagine-t-on des villages coupés du monde, faute de fourniture en énergie, parce que pas rentables ?

    Toutefois, sur ce dernier point, on pourrait imaginer que cela soit l'occasion pour de petites unités de production, voire de simples individus, de devenir fournisseur de petites communautés. Mais nul doute alors, que cela générerait de fortes disparités dans les prix de l'électricité, d'une localisation géographique à une autre... In fine, il semble, dans de semblables circonstances, que ce soit la TPE productrice d'énergie qui soit la plus souple, dans un tel contexte : idéalement, il faudrait mettre au point des unités démontables pour s'adapter aux aléas de la consommation et du marché.

  • L'accablant bilan de JP Huchon

    1386083997.jpgTrès intéressant le programme économique d'Alain Dolium, tête de liste du MoDem. J'y trouve dressé le bilan économique de la région île de France depuis 2004. Coincé entre l'agitation de la droite et l'inertie de la gauche, on peut dire qu'elle est en sérieuse perte de vitesse. Alors qu'une majorité de TPE ont une bonne opinion de leur conseil régional, il en va tout autrement des TPE franciliennes qui estiment à 60% que le Conseil Régional ne prend pas les bonnes décisions en matière de développement économique. A vrai dire, quand on considère que la moyenne des Régions consacre près de 8.5% du budget régional au développement économique contre 3% pour l'île de France, on a un premier élément de réponse. On comprend mieux, dès lors, que la croissance francilienne soit inférieure à la moyenne française et près de 2.5 fois inférieure aux grandes métropoles concurrentes que sont Londres, New-York ou Los Angeles, pour citer quelques exemples. Pas mieux pour l'emploi : quand la plupart des régions créaient 15.5% d'emplois environ, en moyenne, l'île de France plafonnait à un misérable 11%. L'emploi ouvrier, quant à lui, s'est contracté de 5% contre 1% dans les autres régions. On parle à grand bruit des fermetures d'usine dans les anciennes régions industrielles, mais on passe sous silence la mort lente du prolétaire francilien, dans le même temps, dans une région dirigée par la gauche depuis 12 années...

    Pire encore : l'île de France, en dépit de ressources considérables, a le plus bas taux de création de start-up technologiques en France ! Quand Grenoble en crée 30, le Plateau de Saclay n'en crée que 6 ! Et Christian Blanc qui rêve d'en faire une Silicon Valley à la Française...dans le même temps, dans la vraie Silicon Valley, on en crée 100...

    Pas fameux  tout cela, quand on sait que la région compte 500 000 chômeurs et que le chômage a crû de 25% en une année à peine.

    Pour couronner le tout, une crise du transport et du logement vient aggraver le déficit d'attractivité économique de la région : qu'on y songe, en moyenne 1h30 de vie quotidienne consacrées aux transports, et 180 kilomètres de bouchon chaque matin.

    Bon...Merci Alain Dolium, d'avoir établi le bilan de la région. Toutes ces considérations mises à part, Jean-Paul Huchon est bien sûr content de son bilan...Les Franciliens aussi, si l'on en croit les sondages...Y-ont-ils bien réfléchi ? Beaucoup d'entre eux s'apprêtent à apporter leur suffrage à Valérie Pécresse qui est la voix du gouvernement de François Fillon et Nicolas Sarkozy. Qu'ils sachent que les propositions de Valérie Pécresse, si elles prennent un jour effet (elles ne sont pas financées, à l'heure actuelle) concerneront au mieux leurs enfants (mais il paraît qu'un Francilien sur deux voudrait déménager et changer de région...) au pire leurs petits enfants...

    Patience, je traiterai d'ici très peu de temps des propositions d'Alain Dolium dans ce paysage économique quelque peu cafardeux...Certaines me semblent valoir le coup qu'on s'y arrête pour examen attentif.