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  • Que préside Nicolas Sarkozy ? La France ou un parti ?

    Je ne peux qu'abonder dans le sens de François Bayrou : j'attends d'un Président de la République qu'il représente tous les Français et pas seulement ses électeurs, a fortiori les membres de son parti.

    Il devrait laisser à l'UMP le soin d'organiser sa propre campagne sans s'impliquer. On le voit constamment présent dans les réunions de son parti, faisant des déclarations à la presse ad hoc, et le voilà, maintenant, qui veut s'inviter dans les élections régionales. Aux régionales correspondent des enjeux régionaux. Qu'est-ce que ce président qui reçoit en grande pompe les têtes de liste d'un seul parti ?

    Indépendamment de toute conviction politique, c'est une attitude qui ne laisse pas de m'agacer et je ne suis sans doute pas le seul.

  • Identité nationale : l'Islam modéré contre-attaque !

    De retour du blog de Christian Romain, Démocratie Nanterienne, j'y lis une information fort intéressante : un collectif laïque de citoyens de sensibilité musulmane, Mosaïc, a lancé ce week-end un appel : le collectif rejette toute forme d'appropriation de l'Islam qui se ferait au service d'éléments radicaux. L'appel précise qu'aucune religion ne peut justifier l'asservissement de l'être humain. D'un même élan, ils rejettent les ignorants et les sectaires :

    Aucune religion monothéiste ne peut édicter des préceptes et des règles contraires au droit des femmes et qui asservissent l'individu. (…) Nous rejetons donc comme appartenant au même camp, le camp des ignorants et des sectaires, ceux qui imposent la burqa au nom de l'Islam, ceux qui confondent la burqa et l'Islam, ceux qui font des amalgames réfléchis, ceux qui caricaturent les jeunes musulmans, ceux qui ethnicisent les banlieues, ceux qui prétendent que le Coran est incompatible avec la laïcité, ceux qui - au nom de l'Islam ou contre l'Islam - déclarent que les musulmans ne seront jamais des Français comme les autres.

    Christian Romain signale que Dalil Boubakeur, le Recteur de la Mosquée de Paris, a signé cet appel. C'est un bon signe, car cet homme est un philosophe et un théologien fort éclairé.

    Le président du collectif réagissait le 04 décembre dernier au vote suisse sur les minarets ; j'ai trouvé très pertinente et intelligente l'une de ses réflexions : «Nous ne sommes pas ici dans le choc des civilisations mais dans le choc des ignorances». Très justement dit. Bravo ! L'entretien qu'il donne sur le site de Mosaïc est très intéressant à suivre.

    J'apprécie beaucoup également le renvoi à une phrase fameuse de la reine Rania de Jordanie, une femme aussi intelligente que belle et sage :

    Nous, Musulmans, devons nous lever et faire savoir qui nous sommes. Si nous voulons changer les stéréotypes, nous devons commencer par nous définir. Et cela ne va pas se faire en restant assis à la maison et en attendant que les gens le comprennent par eux mêmes.

    Cela dit, si le mouvement veut avoir une véritable force de frappe, il doit essaimer et surtout ne pas se cantonner aux murs de la Mosquée de Paris ainsi qu' à l'intelligentsia boboïsée parisienne. Mosaïc doit se répandre dans les banlieues, là où l'Islam est le plus présent et où se trouve la grande majorité des Musulmans. C'est là-bas que se jouera sa crédibilité si cette fédération veut parler haut et fort.

    Un très bon défi, par exemple, serait d'être capable d'avoir un référent partout où l'UOIF en a un en France. Cette dernière organisation est réputée conservatrice, parfois en lien avec des éléments beaucoup plus radicaux qu'elle, mais elle a jusqu'ici toujours adopté des positions légitimistes et intégrationnistes. A preuve, par exemple, sur son site, où elle marrie fort intelligemment culture française et culture musulmane en proposant à la lecture un poème de Victor Hugo sur le prophète Muhamad.

    Mosaïc, pour avoir voix au chapitre, doit être aussi rassurant pour les Musulmans qu'il veut l'être pour l'opinion publique "gauloise". Cela suppose d'organiser des rencontres, pas seulement avec des universitaires et des intellectuels, mais avec le petit peuple des banlieues, de contribuer aux oeuvres sociales, de s'implanter et de disposer (en les popularisant) de références théologiques et philosophiques qui plongent leurs racines aussi bien dans la culture française que dans l'Islam.

  • Pas achetable !

    Il y a des moments de vie, comme on dit, qui enseignent mieux que la lecture d'un pavé de sociologie. Je faisais récemment mes courses dans un Monoprix d'un beau quartier de Paris en pékin tout à fait ordinaire. Pris d'un accès de fainéantise (ce qui se comprend compte-tenu du monceau d'achats que comportait mon chariot), je décide de me faire livrer. Mais voilà qu'une fort jolie brune me supplie de la laisser passer, arguant qu'elle avait fait par erreur la queue à la caisse. Comme je ne sais pas dire non à une jolie jeune femme, je lui cède bien évidemment la place. Seulement voilà : le caissier ne voulait pas la laisser passer. Comme j'insiste en précisant que cela ne me dérange pas, il maugrée et la prend en caisse. Le problème, c'est ce qu'il m'a appris après : en fait, elle n'avait sans doute pas fait de file, mais, en revanche, lui avait proposé 20 euros pour passer devant moi. Devant son refus (le gars a été indigné, je crois, que l'on puisse penser qu'il était achetable de cette manière) elle est en fait venue s'adresser à moi. Si j'avais su, j'aurais fait monter les enchères, zut alors...

    Le comble, c'est qu'elle s'était en plus garée sur la place de livraison du camion du Monoprix, contraignant ce dernier à bloquer toute la rue, au grand dam des conducteurs qui escomptaient passer...

    Bon, elle avait beau être bien mignonne et à mon goût, il y a des choses qui ne se font pas. Notamment, le mépris ordinaire pour les "gens du commun", cela a le don de m'agacer, puisqu'imaginer que l'on peut ainsi acheter autrui, c'est vraiment le mépriser. C'est aussi, quelque part, refléter ce que l'on est et l'importance et la valeur que l'on accorde à l'argent. Pas seulement un moyen d'échange, mais un passe-droit, dans cette affaire...

    Consolation : il existe d'autres jolies brunes, j'en connais, qui en plus ont des valeurs. Cela leur donne plus de saveur...

  • Béatifier Pie XII ?

    Je ne suis pas catholique, et on pourrait donc me dire que la béatification de Pie XII ne concerne que les Catholiques, mais c'est oublier que le Catholicisme est une religion universelle qui a vocation à rayonner bien au-delà de la communauté de ses fidèles. Ensuite, si je ne suis pas catholique, je suis néanmoins de culture catholique et donc, je me sens impliqué par les décisions de l'Église et du Pape.

    Le débat fait rage sur la Toile, actuellement : on reproche à Pie XII sa passivité pendant la Seconde Guerre Mondiale face aux forces nazies et fascistes. On lui reproche également les Accords du Latran.

    Sur ce premier point, on oublie un point tout à fait essentiel : le Vatican n'est pas seulement le chef-lieu de la chrétienté, c'est aussi un État. Dans l'histoire de l'Italie, qui n'est unifiée que depuis un siècle à peine, c'est même un État bien avant d'être le centre du catholicisme. Analyser les accords de Latran à la lueur de ce fait historique souvent méconnu par les analystes (a fortiori par les journalistes) permet de les recontextualiser dans une perspective diachronique. En 1929, ce qu'a tenté avant toutes choses l'État du Vatican, c'est de se mettre à l'abri des visées centralisatrices du fascisme triomphant. Ensuite, en décrétant le catholicisme religion d'état, il s'est assuré de conserver un certain contrôle sur les consciences à un moment où de forts courants paganistes traversaient l'extrême-droite italienne (tout comme en Allemagne d'ailleurs).

    Il va de soi que de con côté, le fascisme n'a que pour but de fasciser l'église catholique. Ni les uns ni les autres ne réussiront dans leur entreprise respective, mais les relations demeureront pacifiées jusqu'à la fin.

    Face aux Nazis, le pape Pie XII n'a pas agi autrement que bien des États neutres. A tout moment, le Vatican pouvait être envahi, ou, du moins, soumis à un blocus mortel. Si elle n'a pas toujours dénoncé haut et fort l'entreprise maléfique nazie, notamment contre les Juifs, la papauté a fini par la condamner de plus en plus vivement. Vraisemblablement, il a tente de temporiser, tout en s'indignant plus ou moins officiellement des exactions nazies. Il reste le seul dirigeant européen, parmi les neutres, à avoir condamné à mots à peu près clairs les horreurs nazies en temps de guerre. Il est établi que le Vatican a organisé de nombreux réseaux de protection et de fuite pour les Juifs là où il pouvait agir. L'article de wikipedia, bien documenté, en rend assez bien compte.

    Si l'on veut pouvoir juger l'action de Pie XII, il est essentiel de ne pas oublier qu'il portait une double casquette : chef des Catholiques et chef d'État. Comme chef des Catholiques, il a été somme toute assez ordinaire. Mais comme chef d'État, il a bien agi.

    Dans la religion catholique, la béatification est rite par lequel on déclare bienheureux (et on rend un culte public) à un catholique dont la vie a été exemplaire. Pie XII est controversé parce que son existence n'est pas exemplaire. Ni plus, ni moins que les papes qui l'ont précédé ou suivi. D'ailleurs, bien réfléchi, sans doute plus que bien des papes qui l'ont précédé.

    In fine, il ne mérite ni excès d'honneurs, ni excès d'iindignités. Il a, je le crois, essayé d'agir comme il pensait qu'il devait le faire en temps de guerre, sans trop lâcher de lest sur les valeurs. On ne le béatifiera sans doute pas, mais on le réhabilitera certainement tôt ou tard.

  • Le MoDem a bien géré son scrutin interne

    Le MoDem a achevé sa consultation pour déterminer ses futures têtes de file aux élections régionales prochaines. Globalement, les choix opérés par les Unions régionales ont été les bons, puisque les candidats proposés ont obtenu de bons scores. Ils ne sont toutefois pas staliniens, et, dans certaines régions, l'existence d'un vote négatif non-néligeable montre que les choix n'ont pas toujours remporté une adhésion totale. Cette remarque demeure toutefois à relativiser : la tête de liste la plus "mal élue" obtient toutefois à peu près 65% des voix.

    Le MoDem avait choisi pour ce scrutin une procédure de type référendaire, le but étant évidemment de viser le plébiscite. Cela n'a pas trop mal réussi, globalement, mais dans deux régions, il n'a pas même été possible de mettre en place le scrutin, les têtes de liste se défilant les unes après les autres...

    Évidemment, plusieurs militants auraient aimé être associés aux choix des Unions Régionales (je n'en fait pas partie) mais globalement, il faut admettre qu'elles ont plutôt bien fait leur boulot. On trouvera comme d'habitude quelques voix pour expliquer qu'il ne s'agissait que d'un simulacre de scrutin, que les dés étaient pipés, que la participation est peut-être faible et j'en passe. Oui, on les trouvera, ces voix-là, et elles crieront d'autant plus fort qu'elles sont minoritaires, et largement minoritaires, même, le scrutin l'a montré nettement.

    Il n'en reste pas moins qu'aucun autre parti n'a pris le risque d'une semblable consultation sur tout le territoire français. Les têtes de listes retenues par le suffrage universel auront une légitimité indiscutable. Ce n'est pas la garantie de bons scores électoraux, mais au moins l'assurance de pouvoir compter sur les adhérents et les militants.

    Une mention particulière pour Danielle Jeanne, en Haute-Normandie, qui obtient une unanimité rare avec 95.28% des suffrages exprimés. Chapeau aussi à Marc Fesneau, dans la région Centre qui dépasse les 90%. En île de France, en dépit de l'appel à voter contre lui de blogueurs influents, Alain Dolium récolte un peu plus de 75% des voix. Un score plus qu'honorable qui lui assure de disposer du soutien de la base pour sa campagne.

  • Firefox 3.5 -Internet Explorer7.0 1-0

    Et voilà, cela devait arriver : Firefox 3.5 est devenu le navigateur  le plus utilisé dans le monde entier devant Internet explorer 7.0. Internet explorer 8.0 ne vient qu'en troisième position. Les courbes montrent d'ailleurs nettement que la progression du premier se fait au détriment du second. Autrement dit, les utilisateurs abandonnent internet explorer 7.0 pour migrer vers firefox 3.5 ! La répartition par navigateur est également disponible sous forme d'histogramme chez Download Squad. A 22% le navigateur se taille une part conséquente dans le gâteau. En outre, avec le renouvellement des logiciels, les versions anciennes d'Internet explorer pèseront de moins en moins dans le décompte. Il est vrai en effet, qu'il y a une transition entre la version 7.0 et 8.0 d'Internet Explorer qui pèse pour beaucoup dans ce succès d'estime. Néanmoins, il faut aussi y voir la vitalité d'un navigateur issu du libre, toujours plus performant que jamais. Google qui est en embuscade depuis un moment ne risque pas de faire défaut à la fondation Mozilla. La société de Mountain View observe, j'en suis sûr avec la plus grande satisfaction cette évolution, attendant le moment propice pour porter un coup fatal à sa rivale...

    C'est historique, en tout cas,  depuis l'ère de Netscape, et une belle revanche pour la communauté Mozilla.

  • Christian Blanc à la Haussmann

    Christian Blanc a obtenu avec le plateau de Saclay une mission qui lui tient à coeur de longue date. Dans la croissance et le chaos, il estime que cette zone, qui a tout pour être une Silicon Valley à la française est emblématique du gâchis des atouts français : autant d'institutions travaillant à côté les unes des autres sans aucun lien horizontal mais attendant les signaux verticaux que lui impulsera l'autorité de l'État.

    Et Pourtant, c'est via ce même État dont il dénigre souvent l'impéritie que Christian Blanc a choisi de passer, suivant ainsi une tradition bien française de centralisation du pouvoir. Tout comme le fit Haussmann en son temps, d'ailleurs, puisqu' il anéantit le Paris gothique pour donner sa forme à notre Paris actuel et intégra de force les villages avoisinants récalcitrants.

    Avec son métrophérique et ses expropriations, Christian Blanc qui avait pourtant fait de la Région l'échelle politique idéale pour agir ne pratique pas autrement qu'Haussmann. Vieille habitude du temps où il était préfet, peut-être ?

    Le plateau de Saclay va obtenir des fonds, principalement les universités, via le grand emprunt. J'imagine que Christian Blanc va chapeauter particulièrement tout ce qu'il va se faire dans cette région. Je suivrai avec attention l'évolution de cette zone de la région parisienne, avec l'espoir de voir Christian Blanc parvenir à réaliser là l'un de ses fameux clusters...