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jeudi, 27 avril 2017

Halte aux consignes de vote !

Disons-le clairement : les consignes de vote n'apportent rien. Fondamentalement, les gens votent bien ce qu'ils ont envie de voter. Qu'un responsable politique donne son avis, soit admettons à la rigueur, et encore, je me demande jusqu'à quel point cela n'est pas contre-productif.

Les ralliements de has been, du show bizz, de stars ultra-privilégiées, d'intellectuels de toutes sortes habitués des cafés de Saint-Germain, alors là, pitié, non. Taisez-vous les gars : je suis dans le camp de Macron et je ne vous supporte déjà pas, alors vous imaginez ce que vous produisez sur un électeur de Mélenchon ou même de Hamon ?

Alors j'ai une bonne suggestion de campagne de second tour : les élites auto-proclamées ferment leur gueule et laissent les deux candidats de second tour débattre projet contre projet et tenter de convaincre les Français.

Voilà.

Que cela ne nous empêche pas de discuter pour le plaisir entre militants et/ou blogueurs, évidemment, y'a pas de mal à se faire du bien.

22:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : macron, le pen, mélenchon |  Facebook | | |

lundi, 24 avril 2017

Ce que j'ai aimé chez Macron

Les résultats sont donc tombés pour le premier tour de la présidentielle. Emmanuel Macron est qualifié pour le deuxième tour. Finalement, Marine Le pen est encore celle qui ne s'en sort pas si bien que cela : on lui prédisait une première place radieuse et finalement, elle a dû batailler ferme. Fillon a finalement limité la casse et il faut admettre que Mélenchon a fait une campagne extraordinaire.

Ce que j'ai aimé chez Macron, je ne surprendrai personne en le disant, c'est d'abord que Bayrou l'a rejoint, ma principale motivation pour voter pour lui.

Mais il n'y a pas que ça.

J'ai apprécié deux choses dans sa manière de mener sa campagne :

1.Il n'a jamais cherché à dénigrer ses adversaire et a toujours fait campagne en mettant en avant ses idées au lieu de chercher à démolir le programme des autres. De plus, quand il y avait des idées qu'il partageait chez les autres, que ce soit à gauche ou à droite, il leur en a toujours donné quitus et l'a reconnu. Il s'est toujours montrer respectueux, très élégant avec Pénélope Fillon, par exemple, ce que je porte à son crédit.

2. Aucune casserole. Il n'a aucune casserole. Ce n'est pas faute que ses adversaires en aient cherché mais rien à faire, ils n'ont rien trouvé. C'est donc un homme honnête et c'est une vertu assez rare.

Sur son programme, je suis assez mitigé mais je lui reconnais un grand mérite : pas d'inventaire à la Prévert, pas de promesses mirifiques, pas de mensonges, et finalement, un assez bon souci de la protection sociale et de la solidarité sans pour autant entraver les circuits économiques. Un bon compromis, dans l'ensemble, même s'il y manque, à mon avis, les coups de génie et le supplément d'âme que seul un homme comme Bayrou peut apporter.

Il reste maintenant une autre marche à franchir : le second tour. Il ne faudra surtout pas sous-estimer Marine Le pen. Elle s'appuie sur la France des oubliés dont on continue à ne pas assez parler à mon goût. Et je ne veux pas seulement qu'on leur parle mais aussi qu'on leur propose quelque chose de concret.

Par exemple, j'ai appris récemment que la ligne de train qui va d'Angoulême à Limoges allait être supprimée. C'est une véritable catastrophe. Que vont faire ceux qui galéraient déjà en faisant une à deux heures de train aller et retour pour travailler dans la capitale ? Où est le maillage du territoire qui est censé apporter un développement pour tous ?

J'ai longtemps été d'obédience libérale, mais au fil du temps, j'en infléchis certains accents. Pour assurer un développement économique sans disparités honteuses, à côté du secteur privé, il faut aussi un état stratège pour les infrastructures, communication et transports. Cela me semble vital, même. Les réseaux ferrés sont sous-entretenus, certains secteurs ne sont pas couverts par la téléphonie. C'est à l'État d'intervenir, soit par un cahier des charges avec les opérateurs privés, soit directement, afin de rétablir une couverture pour tous. L'égalité des chances à laquelle je suis très attaché est à ce prix. J'espère entendre Emmanuel Macron s'exprimer sur ce sujet, et, à défaut, le MoDem que j'aime, Marielle de Sarnez, François Bayrou, le lui souffler.

22:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : macron |  Facebook | | |

lundi, 17 avril 2017

Si Macron gagne, il y aura un bouleversement politique sans précédent

J'ai écouté plusieurs émissions politiques récemment et pas mal discuté en famille du premier tour qui s'annonce. On sait que quatre candidats peuvent désormais prétendre à la qualification pour le second tour : Emmanuel Macron, Marine Le pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Sauf séisme improbable, les autres sont désormais hors course.

La réforme du non-cumul des mandats est effective dès les prochaines élections législatives et on en voit déjà les premières conséquences : des poids lourds importants de la politique renoncent à se présenter car ils donnent la priorité à leur mandat local.

En Marche et Macron ont comme caractéristiques de ne devoir rien à personne. Ils ne dépendent ni d'un gros parti ni de forces occultes. Les adversaires de Macron ont désespérément cherché un moyen de le discréditer, ils n'y sont pas parvenus. Rien du côté de Médiapart, rien non plus au Canard Enchaîné. Circulez, ce gars est réglo sur tous les plans. Y'a rien à voir.

S'il gagne, on va donc voir une toute nouvelle génération émerger à l'Assemblée nationale. Oh, il y aura bien quelques ralliés, mais ils ne sont pas si nombreux et ils n'excéderont à eux tous pas un tiers des candidatures. Du sang neuf partout, autrement dit.

De toutes façons, tous les partis seront conduits à cause du non-cumul à mettre en avant au minimum des figures moins connues.

Il y a un second point sur lequel je m'interroge : la cinquième république survivra-t-elle à cette élection ? Soit elle fonctionne comme elle a été conçue et a toujours fonctionné et elle donne une majorité suffisante au gagnant soit l'assemblée nationale se morcelle du fait de probables quadrangulaires entre quatre forces sensiblement égales en voix. Dans le second cas, si personne n'a la majorité, je me demande ce qu'il se passera. Est-ce qu'on en viendra à des majorités de projet plutôt qu'à une majorité politique sur tout le quinquennat ? Il faudrait alors que la classe politique gagne en maturité politique. En tout cas, si cela se produit, je crois qu'une force centrale aura plus de facilité à s'accorder avec divers partenaires qu'une force clivante de droite ou de gauche.

Dernier point, enfin, dans l'hypothèse d'une victoire de Macron, de Marine Le pen ou de Jean-Luc Mélenchon, les partis de gouvernement seront battus sèchement et écartés du pouvoir car leur déroute suivra aux législatives qui suivront. Ce sera un fait sans précédent dans l'histoire de la Cinquième République. Je ne cache pas que je préfère qu'il se produise avec Emmanuel Macron plutôt qu'avec Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le pen, évidemment...Si l'un de ces deux-là venaient à gagner, cent contre un qu'il va y avoir de très violentes embardées sur les marchés boursiers. On peut s'en tamponner mais on doit penser que nos économies ordinaires sont souvent constituées d'actions et d'obligations derrière les noms abscons que portent les produits financiers des banques. 

Je serai en tout cas sur les charbons ardents jusqu'à la dernière seconde. Au-delà des considérations partisanes, cette élection est un feuilleton passionnant pour le blogueur politique que je suis.

22:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : présidentielle, macron |  Facebook | | |

mardi, 21 mars 2017

Un débat équilibré et policé

Comme dix autres millions de Français, j'ai suivi le débat d'hier. Je dois dire que je l'ai trouvé de bonne qualité et dans l'ensemble respectueux. Il n'y a eu globalement pas d'invectives, tout juste deux à trois petits éclats. Chacun a été à la place qui a été la sienne, chaque positionnement politique étant clairement identifiable.

Si je ne partage pas les idées de Jean-Luc Mélenchon, j'avoue que je raffole de son sens de l'humour. On peut dire qu'il a animé la soirée. J'apprécie chez Macron le soin tout particulier qu'il a de ne pas faire d'attaques ad hominem mais de toujours rester sur le terrain des idées et des propositions.

J'ai trouve que les journalistes étaient calmes et sereins et animaient avec tempérance le débat.

J'aurais aimé que l'on discute davantage de la question du financement des mesures. Je n'ai pas été surpris par les propositions émises par les candidats, je les suis tous depuis un moment et je sais à peu près quel est leur programme.

Je vais continuer à comparer les programmes dans un prochain billet en incluant tous les candidats qualifiés pour le premier tour de la présidentielle.

13:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : débat |  Facebook | | |

lundi, 06 mars 2017

Sur la corde raide...

La prudence est de mise dans cette présidentielle. L'erreur serait de croire François Fillon hors-course. En réalité, le vote est extraordinairement volatil, et, malheureusement, particulièrement celui du centre. Emmanuel Macron est donc le plus directement concerné. Ses intentions de vote peuvent à tout moment s'effondrer et l'hypothèse Juppé a montré à quel point elles pouvaient être mobiles dans les derniers sondages.

François Fillon peut très bien gagner son pari, parvenir à mobiliser son électorat en jouant le martyr et accéder au second tour.

Marine Le pen est la candidate la plus à l'abri d'un retournement, son électorat est très fiable et très sûr. 

Emmanuel Macron doit faire aussi attention sur sa gauche. Hamon ou Mélenchon peuvent jaillir à tous moments. Il devrait s'appuyer davantage sur François Bayrou et, par exemple, charger ce dernier de faire un signe fort au monde enseignant car Bayrou est la seule figure qui inspire aux professeurs de la confiance. Ils se méfient de Macron et celui-ci devrait y prêter plus d'attention.

Tout est ouvert. 

Il faut à tout prix éviter les gaffes dans les éléments de langage et se positionner intelligemment sur les points essentiels du programme en ayant à l'esprit que les Français veulent de  l'espoir, de la justice, de la sincérité et de la sécurité dans tous les domaines.

19:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : présidentielles |  Facebook | | |

dimanche, 05 mars 2017

La réforme des retraites, programmes présidentiels

Nous savons tous que notre système de retraites est à bout de souffle en l'état. Je ne crois pas qu'il ait été si mauvais que cela, d'ailleurs, mais je pense plutôt qu'il paie cash 40 ans de chômage qui ont été autant de cotisations en moins.

François Fillon le compte au chapitre de la dette. Il veut reculer l'âge du départ à 65 ans, aligner tous les régimes, fusionner retraites de base et retraites complémentaires et, conséquence logique, engager un processus mixte de retraites par capitalisation. C'est une solution très brutale qui met fin à l'héritage du CNR et laissera sur le carreau tous les petits et les victimes du chômage. Comment feront-ils pour cotiser suffisamment ? Quid de la solidarité ?

Emmanuel Macron maintient l'âge de départ à la retraite à 62 ans mais compte aligner régimes spéciaux et régimes privés. François Bayrou avait très justement fait observer un jour à propos de ce genre de solutions qu'elle n'était pas très correcte pour ceux qui s'étaient engagés avec l'idée de bénéficier de cet avantage car cela revient à modifier les termes du contrat. Je comprends que cette solution est inéluctable, mais je crois qu'il faudrait trouver un glissement progressif, étalé sur plus que cinq années comme le propose Emmanuel Macron, pour que la mesure soit acceptée dans l'opinion.

Je souscris en revanche pleinement au deuxième aspect de son projet : la retraite par points. Macron va même plus loin que le système par points que le MoDem a proposé pendant longtemps en suggérant la mise en place des comptes notionnels, système en vigueur en Suède. Le principe en est simple : on calcule une espérance de vie théorique et un seuil de fin d'activité. Pour chaque année au-delà de ce seuil, la somme moyenne qui sert à déterminer la future retraite est recalculée de manière à augmenter. On aboutit alors au résultat suivant : plus on part tard à la retraite, plus le montant de la pension est élevé. Je trouve que c'est une bonne proposition.

Marine Le pen propose de rétablir le départ à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. La candidate du FN compte financer cette mesure par des économies qu'elle compte tirer de la sortie de l'euro et le quasi-arrêt de l'immigration. J'attends toujours la preuve de ces futurs revenus. Le problème, c'est que Madame Le pen n'a pas tout écrit dans son programme puisqu'elle a  dit aussi la chose suivante

« Si après avoir fait (toutes ces économies), on s'aperçoit que nous sommes obligés de nous tourner vers vous, Français, pour vous demander de faire un certain nombre de sacrifices, alors nous le ferons, nous reviendrons vers vous, et vous comprendrez pourquoi. »

Ce que je comprends de ces propos c'est qu'il n'y a pas d'engagement sur les montants des retraites et surtout que la promesse du projet n'est pas du tout pérenne. Voilà donc une mesure en peau de lapin...

Benoît Hamon me semble vouloir laisser à peu près les choses en l'état. C'est un aspect qui est très peu développé dans son programme, pour une raison que j'ignore. Il y a quelques mesures de revalorisation et une prise en compte de la pénibilité plus importante. Laisser les choses en l'état nous conduit inéluctablement à la banqueroute, on le sait. Ce n'est donc pas une solution viable à mes yeux.

Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le pen, veut aussi rétablir la retraite à 60 ans et 40 annuités de cotisation, avec au passage une idée assez originale : payer les femmes le même salaire que les hommes à poste égal. C'est ce manque à gagner qui aurait plombé les régimes de retraites. Je souscris à cette idée, naturellement, mais je doute que cela soit suffisant pour équilibrer les comptes des retraites pour une simple raison, c'est que souvent, les femmes n'ont justement pas le même poste que les hommes. J'apprécierais néanmoins de la voir intégrée dans le programme du MoDem, de François Bayrou et d'Emmanuel Macron. L'inconvénient, c'est que cela ne se fera pas d'un coup de baguette magique. C'est une réforme de fond, mais elle ne répond pas à l'urgence.

Nicolas Dupont-Aignan propose de maintenir le système en l'état. Il fait d'ailleurs une observation qui me paraît pertinente sur le recul de l'âge de départ à la retraite : le taux de chômage des 63-67 ans serait tel que la mesure ne sera pas efficace et qu'elle risquerait même de coûter plus cher que la situation actuelle. Pour lui, la solution, c'est de relancer l'emploi car cela augmente le nombre de cotisants. Le raisonnement n'est certes pas faux, mais qui peut garantir que chômage baisse de deux millions en un temps record, car c'est son pari ? Bien trop incertain, aucun pays n'est parvenu, avec une population comparable à la nôtre, à réaliser une telle performance. Je note qu'il est favorable à un décompte par points et un régime universel.

Nathalie Arthaud , j'ai eu plus de mal à trouver le programme, mais je l'ai :  37.5 années de cotisation, alignement de tous les régimes sur le plus favorable, plus de cotisations et à la place un impôt sur le patronat. De toutes façons, on sait que Lutte Ouvrière rejette la démocratie libérale et l'économie de marché. Difficile d'analyser leurs propositions dans le contexte qui est le nôtre. Si elles étaient appliquées dans la société telle qu'elle fonctionne, elles aboutiraient en un temps record à un effondrement, et dans un autre système, à chacun de voir sir le Venezuela, la Corée du Nord ou même l'ancienne Union soviétique lui semble un modèle enviable...

10:58 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraites |  Facebook | | |

vendredi, 03 mars 2017

Retrait de Fillon, attention au déni de démocratie...

Je pense que ma note va surprendre dans le contexte tel qu'il est mais j'avoue que je suis tout de même quelque peu troublé par l'agitation et l'effervescence autour de Fillon.

Bien sûr, ce n'est pas excusable d'avoir utilisé des fonds publics pour salarier sa famille et surtout un délit si la dite famille n'a pas effectué les missions qu'elle était censée réaliser. MAIS, il ne faut pas non plus oublier qu'un bon quart des parlementaires est dans une situation comparable depuis longtemps sous pas mal d'égards. Vivement une loi qui interdise de recruter des membres de sa propre famille, comme le propose Macron, je pense que cela sera plus sain et évitera des épisodes comme ceux que nous connaissons aujourd'hui.

Il y a un autre point : il faut tout de même se souvenir que Fillon a nommément et largement été désigné par plus de trois millions de votants pour représenter la droite. En comptant la participation de la gauche, on peut même dire qu'il a rassemblé sur sa tête près des trois quarts des votes des sympathisants de droite qui ont participé à la primaire. Ces électeurs-là ont très clairement écarté Alain Juppé.

Et là, il y a quand même quelque chose qui me chiffonne : exercer des pressions pour l'amener à se retirer, quelles que soient ses fautes, est-ce que ce n'est pas un déni de démocratie envers ceux qui l'ont choisi ? Il ne représente pas l'avis des Français, soit, mais cela, c'est bien le travers de la primaire qui tend à radicaliser les choix, ce dont Bayrou se défie de longue date. Soit on fait une primaire et on en respecte les conséquences, soit on n'en fait pas, mais on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

Je suis de culture démocrate. Cela me gêne que cela soient des sondages et des médias qui fixent la légitimité de François Fillon à représenter sa famille politique même si j'admets qu'après tout, ce ne sont pas vraiment mes oignions. 

A débattre.

21:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : filllon |  Facebook | | |

Le MoDem maintiendra son alliance avec Macron même si Juppé se présente

Et voilà, Marielle de Sarnez a confirmé ce que je pressentais. C'est de toutes façons logique. Le MoDem ne lâchera pas Macron. Mais bon sang, que de rebondissements dans cette présidentielle ! Un vrai thriller. Il faudra écrire son histoire plus tard, d'autant que, je le suppose, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

J'avais souligné la possibilité d'un accord Mélenchon-Hamon mais il y a d'autres options auxquelles je n'avais pas pensé jusqu'ici : les parrainages des maires sont publics, désormais, et de plus, pas mal d'entre eux sont passablement lassés des requêtes et jugent que l'on ne s'occupe pas d'eux, particulièrement pour les petites communes.

Imaginons un scénario de folie : 

a) Macron n'obtient pas les 500 parrainages car le PS essaie de le bloquer tandis que l'UDI maintient son alliance avec les LR. C'est possible d'autant que, comme je l'ai fait observer, c'est une erreur de décréter unilatéralement la baisse de la taxe d'habitation. C'est aux administrés et à leurs maires de voir cela entre eux. Une décision venue de l'État sonne comme un gros déni de démocratie et prive ou donne le sentiment de priver les petites communes de leur principale source de revenus.

b) Marine Le pen n'obtient pas ses parrainages. Cela me semble peu probable parce que le FN dispose désormais d'un solide réseau d'élus et je rappelle que potentiellement, il y a 47 000 parrains même si beaucoup sont tenus par leur majorité politique.

c) Mélenchon n'obtient pas ses parrainages. Je suppose que c'est peu probable aussi. Le Front de gauche a des élus, mais, comme il ne s'est plus allié au PS depuis un moment, il en a beaucoup moins que ce dont disposait autrefois le PC. 

Il n'y a pas de risques pour les deux partis de pouvoir.

Dans les trois cas que j'ai cités, si jamais une candidature devenait impossible, ce serait quand même un sacré déni de démocratie. Gageons que de tels retournements ne se produiront pas.

d) les sondages sont si incertains, qu'ils font erreur et que le score de Marine Le pen est bien supérieur à celui qu'annoncent les sondeurs et ce aux deux tours. C'est le risque le plus probable même si le FN est suffisamment normalisé, désormais, pour que les sondés ne cherchent plus à cacher leur vote. Je continue à ne pas exclure une victoire de Marine Le pen au second tour, que ce soit contre Macron, Juppé ou Fillon. 

Il y a actuellement quatre blocs à peu près égaux en poids, mais avec une proportion dominante pour le FN. S'il doit y avoir pendant les législatives qui suivront des triangulaires, a fortiori des quadrangulaires, on peut dire que le FN gagnera à tous les coups. S'il y a un front républicain, on avalisera l'impression qu'il y a un establishment qui se ligue contre le FN et cela fait monter ce parti. Il n'y qu'à voir l'évolution des votes et des sondages au fil des élections. Autant dire qu'il y a là une martingale macabre...

Bref, la France, comme tant d'autres pays depuis quelques années, est entrée dans un futur incertain.

 

18:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : modem, macron |  Facebook | | |

Si Juppé revient dans la course...

Chez Les Républicains on pense très fort à Alain Juppé ce que je peux comprendre d'autant que les sondages lui sont plus que favorables. Que feraient alors le MoDem et Bayrou ?

J'ai une grande estime pour Alain Juppé, mais franchement, là, désolé, mais c'est vraiment trop tard. Je sais que cela n'est pas de sa faute, mais il faut bien voir qu'il n'y a pas qu'une question d'homme mais aussi ce que portent le parti et ses sympathisants. Juppé se trouvera tout de même avec une base militante qui ne l'a pas choisi et, au niveau programmatique, cela risque d'être difficile.

Le MoDem s'est engagé envers Macron et Macron a intégré de nombreuses demandes de François Bayrou dans son projet. Ce n'est pas possible de lui faire faux bond maintenant, ce ne serait vraiment pas correct.

Si Juppé devient le candidat des LR eh bien...on aura une campagne très digne, a fortiori si le second tour aboutissait à un affrontement Macron-Juppé.

Si cette situation se produit, pour ma part, j'adopterai une ligne 100% objective en considérant les idées, les programmes, les projets et les alliances et en sélectionnant ce qu'il y a de meilleur et chez l'un et chez l'autre. Ça nous changerait d'avoir des débats respectueux, honnêtes et de fond.

Mais, au final, je voterai pour Macron. Je ne reviendrai pas en arrière, ce n'est pas possible. 

Pour l'après, il faudra réfléchir. Si deux partis très raisonnables voient le jour, on peut essayer de s'accorder sur certaines réformes clef et, en respectant les différences, choisir le mieux pour la France. 

Le lot de consolation de cette histoire serait de ne pas voir Marine Le pen au second tour. Quelle claque (méritée !!!) pour le FN et quelle satisfaction intense pour moi !

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jeudi, 02 mars 2017

Tout est bon dans le Macron

Cela faisait trop longtemps que je voulais placer ce titre de billet, je suis content. Sérieusement, j'ai pris connaissance du programme définitif de Macron sur le site d'En Marche.

Pas mal.

Je ne vais pas tout décortiquer ici (z'avez qu'à aller le lire vous-mêmes, tas de fainéants) mais quand même relever quelques mesures qui me plaisent bien.

Il y a chez Macron un vrai souci des femmes. Je l'avais noté déjà dans plusieurs de ses interventions, et c'est un bon point pour lui ; ce souci se manifeste sous toutes ses formes : parité dans les entreprises, parité dans les candidatures politiques, lutte contre le harcèlement et les insultes avec tolérance zéro dans la sécurité. Ça, j'aime bien.

Dans le domaine de la santé, quelques bons points aussi : les maisons médicales dans les espaces désertés, la lutte noir sur blanc contre les pesticides et les perturbateurs endocriniens, lien étant fait avec la multiplication des cancers pédiatriques.  Ce que je regrette, en revanche, c'est le faible lien entre sécurité sanitaire et agriculture. C'est bien joli d'accroître la part du bio dans les cantines, mais, primo, 50%, ce n'est pas suffisant, je voudrais 100% pour ce qui me concerne, et secundo, je ne trouve rien comme initiative pour favoriser la conversion des exploitations. Les agriculteurs bio s'en sortent mieux que les propriétaires de grosses fermes. Il faut aller dans ce sens, small is beautiful pour pasticher François Bayrou qui critiquait un jour le Big is beautiful symptomatique du productivisme débridé.

Je suis un peu déçu par sa fiscalité que j'espérais plus libérale. Dommage de ne pas avoir fait sauter complètement l'ISF, impôt idiot et spoliatoire, mais il l'avait annoncé. Je me doute bien que son impôt sur la rente immobilière va être un ISF-bis. Quid du patrimoine liquide, ce n'est pas clair à mes yeux dans son programme. Je suis également sceptique sur le gain engendré par la baisse des cotisations puisque la CSG va être remontée.

Les emplois francs dans les quartiers déshérités, très bonne idée. J'espère que cela marchera et que cela permettra d'y réduire le chômage. Il faut évidemment que s'y installer n'y soit pas dangereux ce qui suppose d'avoir maté en amont la racaille. Sur la sécurité, ses projets sont parfaitement à l'équilibre : ni réactionnaires, ni laxistes, cela me convient bien. Création de places de prison, recrutement de 10 000 policiers, tolérance zéro, ça me convient très bien, y a plus qu'à...

Sur l'école, pas beaucoup de mesures, mais celles qui sont annoncées vont dans le bon sens : 12 élèves par classe en ZEP pour les CP et les CE1, c'est bien, mais Macron ne doit pas oublier qu'il n'y a pas que les ZEP en France. Ce devrait être un objectif pour l'ensemble des CP et des CE1. Très bonne idée de payer 3000 euros nets de plus les Instits qui y iront, ça va motiver les troupes. Très bien de laisser aux communes le soin de déterminer les rythmes scolaires, c'est ce qu'il fallait faire. Très bien également de rétablir les classes bilangues, le latin et le grec dans les collèges. Bien aussi l'alternance dans les lycées professionnels. Après, sur tous ces points, faut voir à la pratique...

Du côté du travail, le projet a l'air assez équilibré : l'assurance chômage pour tous, y compris en cas de démission, me paraît un bon compromis puisqu'il comporte en contrepartie un resserrement des conditions de l'indemnisation (recherche active, ne pas refuser une offre acceptable). Dommage ne pas défiscaliser les heures sup. Il y aura bien un abaissement de charges, mais ce seront les entreprises qui en profiteront. Bonne idée de faire rentrer les syndicats dans les Conseils d'administration. Ok pour les référendums d'entreprise, mais pour le reste, j'espère bien ne pas voir une resucée de la loi El Khomri. Très malheureuse formule de sa part que d'avoir dit qu'il allait faire une loi El Khomri puissance dix, au demeurant.

Sur l'Europe, Macron a acté le fait qu'on ne peut avancer qu'avec les pays qui veulent faire de même. Projet d'une Europe à plusieurs cercles, là encore, il faut voir à la pratique.

Pour la vie publique, je ne vois pas trop l'intérêt de réduire d'un quart le nombre de députés à l'Assemblée. J'attends de voir quelle dose de proportionnelle il y aura vraiment. Je regrette qu'il n'y ait pas grand chose sur l'optimisation du mille-feuille territorial. Proposer de fusionner les conseils généraux et régionaux afin de faire disparaître les départements, une très bonne idée que François Bayrou avait exprimée par le passé.

J'ai bien vu qu'il n'y aurait pas d'allongement de la durée de cotisation sur les retraites mais qu'à la place, Macron prévoit de mettre fin aux régimes dits spéciaux. Cela signifie que d'une manière ou d'une autre, les fonctionnaires vont morfler. Je ne vois pas comment il peut en être autrement. 

Il était indispensable de prévoir une très nette revalorisation du budget de la Défense. 2%, ce n'est pas si mal. A charge pour les militaires d'établir nos besoins et au futur Président et à son parlement de déterminer le spectre de nos interventions.

 

17:28 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : macron, programme |  Facebook | | |