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samedi, 29 septembre 2007

Birmanie : il faut négocier.

Il faudra tôt ou tard envisager la politique internationale sous un autre angle en Asie. Les pressions internationales demeurent vaines en Birmanie. Pourquoi ? Parce que la junte locale sait très bien que la Chine ( et même l'Inde !!!) n'attend que le départ des occidentaux pour venir prendre leur place.

Dans nombre de rapports, aujourdhui, le 1er problème, c'est la Chine. Il suffit de considérer l'évolution de la Corée du Nord ces derniers temps pour réaliser à quel point la Chine sait être influente quand elle le veut...

 Il faut de toutes façons aller négocier avec les militaires birmans, ne serait-ce qu'avec l'espoir de pouvoir jouer de dissenssions entre les généraux pour favoriser une aile plus modérée. Que les bonzes, ces moines boudhistes porteur d'une sagesse plusieurs fois millénaire, prennent la tête des revendications, c'est un fait sans précédent.

Mais, pour pouvoir manier le bâton en même temps que la carotte, il sera nécessaire de pouvoir en faire autant avec un éventuel protecteur. On doit certainement pouvoir amener l'Inde à raison, car, après tout, c'est une démocratie et il y a une opinion publique.

Pour la Chine, c'est plus difficile. Non que le gouvernement chinois soit imprévisible, mais plutôt que seules comptent les affaires pour les Chinois, et, ils ne font aucun sentiment.

Il pourrait donc y avoir une dimension commerciale à toutes négociations en ce sens là.

Il ne fait pas l'ombre d'un doute que sans protecteurs, la Birmanie ne ferait pas un pli face à de réelles sanctions économiques

A l'UDF-MoDem, nous n'avons pas beaucoup de pouvoir d'action, mais nous frapperions certainement les esprits si nous proposions à la Ligue Nationale Démocrate d'Aung San Suu Kyi de rejoindre le MoDem de François Bayrou et d'autres mouvements démocrates d'Europe et du Monde dans une grande Alliance Démocrate Internationale. Pour le reste, c'est l'Europe, l'Amérique et les négociateurs de l'ONU qui pourront le plus.

Rafale : l'erreur grossière d'Hervé Morin

On se demande si Hervé Morin a bien considéré les conséquences de ses paroles lorsqu'il a critiqué publiquement la technologie de pointe du rafale.

Ce n'est pas ce que l'on attend d'un Ministre de la Défense, d'autant qu'il s'ajotue aux conséquences économiques de ses propos des retombées stratégiques néfastes.

Hors de question de bêler ici avec les crypto-munichois qui s'époumonnent à expliquer qu'un rafale c'est x écoles ouvertes. Il va de soi que la protection militaire est l'une de fonctions constitutives d'un état.

La France est l'un des derniers pays à disposer d'une industrie d'armement indépendante. Partout ailleurs, c'est l'Amérique et la Russie qui se taillent la part du lion. Or, une telle industrie coûte très cher, et la France n'a pas les moyens de la financer sans exporter, tout en maintenant à côté une force de frappe nucléaire.

Il y a bien sûr de nécessaires économies à réaliser pour équilibrer le budget de l'état, mais, à ce compte-là, je crois que la France aurait intérêt à transférer sa force nucléaire à l'Europe,ou, tout du moins, à un noyau dur européen, et à donner dans la foulée son siège au conseil de sécurité qui n'en aurait alors que plus de force. Il va de soi que ce transfert de responsabilité justifierait un co-financement. A défaut de pouvoir s'appuyer sur un noyai dur d'état, au moins avec les Allemands avec qui nous partageons nombre d'options diplomatiques.

Nous pourrions alors avoir un ministère des affaires étrangères commun et partager la force nucléaire. Voilà qui serait bien mieux pour l'Europe, pour la France et l'Allemagne en donnant plus de force à leur siège commun au Conseil de Sécurité, et plus généralement dans leur diplomatie.

L'industrie d'armement, nous en avons besoin, sauf à accepter d'être complètement dépendant de l'Amérique pour notre défense. Je crois que ce n'est vraiment pas le moment.

En revanche, je pense que Dassault dvrait s'allier avec d'autres constructeurs européens. Il est dommage d'avoir côte à côte le Rafale et l'Eurofighter...

 

Il est vrai que l'exportation d'armes pose un dilemme de conscience dès lors qu'elle se fait vers des états qui brillent bien peu par leurs moeurs démocratiques. Il y a là un cercle vicieux, hélas, dans lequel il est difficile de ne pas rentrer, car l'Amérique, la Russie ou la Chine n'ont aucune sorte de scrupules dans ce domaine.

Or, la France n'a guère le choix : elle doit vendre ou renoncer à son  indépendance pour l'industrie d'armements. En tout cas, Morin comparant le Rafale au F-16 a fait tout l'inverse de ce qu'il faudrait faire. On attendarait une action intelligente et discrète pour trouver d'autres états prêts à aprticiper à un nouveau programme pour un rafale II, par exemple, mais bien loin de là, notre non-ministre de la défense ne songe qu'à assommer l'une de nos dernières ressources.

 

A lire, l'article de Wikipedia très bien documenté. 

16:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : rafale, Morin, défense |  Facebook | | |

lundi, 17 septembre 2007

Politique étrangère : ras-le-bol !

Voilà, cela va être simple et net : j'en ai assez à titre personnel, mais je ne suis pas le seul, qu'un seul homme décide de toute la politique étrangère en France. Ras la casquette que le Parlement ne contrôle rien et qu'il n'y ait pas de débat. On entend Morin critiquer la politique étrangère française alors qu'il faut lui reconnaître une certaine tenue ces dernières années, en dépit de sacrés couacs, Kouchner qui joue les pyromanes : par le passé il voulait nous envoyer en Irak, maintenant, il déclare la guerre à l'Iran.

En Afghanistan, on renforce la présence française quasiment sans que personne ne soit informé. Cela suffit maintenant.

Messieurs les Députés, faites le travail pour lequel vous avez été élus par les Français ! 

dimanche, 09 septembre 2007

Afghanistan : nous voulons un débat parlementaire

A l'occasion du triste anniversaire de l'assassinat du Commandant Massoud, le blog Démocratie et Hérésie économique estime que l'Assemblée Nationale devait se pencher sur la politique qu'il convient d'adopter en Aghanistan. Ceci ne peut plus relever du pouvoir discrétionnaire du Président de la République. Or, nous apprenons par le Canard Enchaîné que Nicolas Sarkozy escompte accroître la présence française là-bas, et cela sans en avoir fait part ni au ministère des Affaires étrangères, ni au Quai d'Orsay, et surtout ni à l'Assemblée Nationale.

Il y a eu trop d'erreurs et de fautes morales envers cette nation de la part de la France par le passé pour laisser cette grave question entre les mains d'un seul homme fût-il entouré d'un comité d'experts.

Aussi, je demande à nos quatre élus UDF-MoDem, François Bayrou, Jean Lassalle, Thierry Benoît et Abdoulatifou Aly de se saisir de cette légitime demande et d'interpeler et le gouvernement, et l'Assemblée Nationale.

François Bayrou et le Lion du Panshir

Il y a très exactement 6 ans, jour pour jour, le commandant Massoud mourait. Qui se souvient qu'il était venu, durant l'été 2001, en France, pour mettre en garde le monde politique français contre le risque d'une prise de pouvoir définitive par les Talibans et d'une recrudescence à venir d'attentats en Occident ?

Pas grand monde, et pour cause : seuls François Bayrou (il déjeuna avec lui à Strasbourg le 05 avril 2001) et le Général Morillon, élus UDF, le reçurent. Socialistes et Populaires de l'époque (tous les représentants des partis qui allaient un jour fonder l'UMP)  l'ignorèrent totalement. 

Françoise Causse, proche de Christophe de Ponfilly, journaliste et ami de Massoud écrira :

« Il fallait se battre, en France, à cette époque, pour diffuser des informations sur la résistance afghane quand le Quai d’Orsay, lui, faisait du lobbying sur la scène internationale et des pressions auprès des médias pour obtenir la reconnaissance officielle du régime obscurantiste de Kaboul.

Il était de bon ton alors, de ridiculiser les journalistes qui faisaient honnêtement leur boulot (voire quelques politiques, tels le général Morillon, Nicole Fontaine et Brice Lalonde), en les faisant passer pour des militants romantiques, béats et naïfs, et Christophe sera en première ligne.»

Moi, de loin, derrière mes journaux, calé dans mon fauteuil de Français, je l'aimais bien Massoud, et je suivais les péripéties de son héroïque résistance depuis le début des années 90, m'étonnant de ce qu'aucun pays en Occident n'eût l'idée d'aller lui porter assistance.

L'Islam que Massoud vivait et proposait, c'était celui qu'il définissait ainsi : Un islam qui reflète l'aspiration du peuple, un islam qui peut vivre avec tous les pays autour de nous ainsi qu'avec les occidentaux

 Quel gâchis, quel aveuglement de notre part ! Qu'ils étaient loin ces jours d'été 2001 tous ceux qui se plaisent à parader pour les grandes causes.

François Bayrou fut l'un des premiers à apprendre la mort de Massoud :

« Moi je pense que la vérité officielle est la vérité vraie. Si vous voulez je... j'aimais beaucoup Massoud que j'ai rencontré avec qui j'ai discuté. C'est Massoud qui m'a appris l'existence de Al Qaïda. Que je connaissais pas. Et de son chef que je ne connaissais pas. Et qui m'a expliqué ce que c'était que cette organisation et que cet homme. C'est Massoud qui me l'a appris. Je n'avais jamais entendu le mot de Al Qaïda avant que Massoud me le raconte. Et le jour où on a assassiné Massoud, je vous rappelle que c'est le 9 septembre, je crois le 9 ou le 8, enfin deux jours avant le 11 septembre, j'ai... je me souviens très bien de l'endroit où la nouvelle m'a atteint. D'ailleurs les amis qui m'ont appelé m'ont dit " il est mort mais on le dira pas avant vingt-quatre heures ... c'est fini ". J'ai fait un communiqué  dans lequel j'ai écrit  c'est la guerre mondiale qui... commence. Puis je me suis... après je l'ai relu en arrivant  à Bruxelles  où j'allais de Par... de Bruxelles à Paris, enfin c'était dans un sens ou dans l'autre, c'était dans le Thalis...  je l'ai relu et je me suis dit non tu peux pas écrire ça donc je l'ai pas envoyé. Et deux jours après c'était le 11 septembre. »


samedi, 11 août 2007

Turquie, Lybie, Iran, futures démocraties ?

Bon, je sais, c'est provocateur, mais j'ai lu avec intérêt les déclarations récentes de Seif el Islam, le fils de Khadafi. Il a (enfin!) reconnu que les infirmières bulgares n'étaient pas coupables et qu'elles avaient été victimes de sévices, de même que le médecin palestinien.

A ce sujet, la Bulgarie a porté plainte contre la Lybie devant un tribunal des Nations Unies, et, il faut absolument la soutenir. La justice lybienne corrompue, sadique et malhonnête ne doit pas s'en tirer comme cela, pas plus que Khadafi père qui a fermé les yeux sur toute cette affaire, puis l'a utilisée comme monnaie d'échange le moment venu. 

Au-delà ce ces dernières péripéties, le fils de Khadafi a aussi affirmé vouloir mettre en place en Lybie une constitution ratifiée par tous les Lybiens. Un proche de Kadhafi, le professeur de droit public français Edmond Jouve précisait ainsi dans un entretien tout récent avec un journaliste « Les fondements existent : la déclaration de 1977, le livre vert, exposé de la doctrine du guide, et la grande charte verte des droits de l'homme. Avec ces trois textes, on peut fort bien écrire une Constitution »

 C'est à suivre, à mon avis. Bien sûr, en l'état, nous sommes très loin du compte, mais, il existe peut-être en Lybie au moins un courant doté d'une volonté réformatrice. Reste à savoir ce qu'elle représente réellement dans l'opinion.

En même temps, on peut avoir des surprises. Prenons l'exemple de la Turquie : Erdogan installe tout doucement une sorte de mouvement politique islamo-démocrate qui a beaucoup de similitudes avec la démocratie-chrétienne des origines. L'Iran lui-même est une théocratie qui s'asseoit sur une démocratie (cela dit, je suis bien gentil de dire qu'elle s'asseoit dessus : disons plutôt qu'elle l'écrase), tout du moins, du point de vue des institutions. Tout n'est donc pas perdu dans ces pays que l'on a cru longtemps livrés au pouvoir de conservateurs religieux tendance ultra.

Quant aux rapports entre lois et religion, Montesquieu écrit au chapitre XIV du livre XXIV de judicieuses remarques :

Comme la religion et les lois civiles doivent tendre principalement à rendre les hommes bons citoyens, on voit que lorsqu'une des deux s'écartera de ce but, l'autre y doit tendre davantage: moins la religion sera réprimante, plus les lois civiles doivent réprimer.

[...]

Lorsque la religion condamne des choses que les lois civiles doivent permettre, il est dangereux que des lois civiles ne permettent de leur côté ce que la religion doit condamner; une de ces choses marquant toujours un défaut d'harmonie et de justesse dans les idées, qui se répand sur l'autre.
  

Ce qui est dit ci-dessus, la plupart des pays qui vivent sous régime islamique devraient en prendre de la graine, surtout le second paragraphe. Quel idéal de modération entre religion et pouvoir politique nous propose là Montesquieu ! Il me semble que c'est la voie qu'a choisi Erdogan en Turquie, du moins pour l'instant, et c'est ce qui rend l'expérience turque intéressante. J'ai le sentiment aussi que Mohamed VI, l'actuel roi du Maroc est un peu dans cet esprit.

Nous restons, toutefois, encore loin, dans tous ces pays, de nos normes démocratiques, mais, qui sait, peut-être y-a-t-il des lueurs d'espoir. 

mercredi, 16 mai 2007

ça se gâte aux affaires étrangères...

La diplomatie de la France pourrait bien être la grande perdante des récentes élections : on savait déjà que Nicolas Sarkozy avait jugé la France arrogante, au temps de l'invasion américaine en Irak, mais il faut savoir que Bernard Kouchner, notre bon French Doctor était lui, carrément favorable à un engagement militaire en Irak. A vrai dire, il avait la naïveté de croire que le fait de renverser la dictature de Saddam Hussein était en soi une bonne chose.

J'ai de l'affection et même de l'estime pour Barnard Kouchner, mais s'il y a bien un domaine où je le crois incompétent, c'est bien les affaires étrangères. Ne pas avoir compris dès le début que jamais les Américains ne pourraient refermer la boîte de Pandore qu'ils avaient ouvert dénote une singulière absence de vue sur le Moyen-Orient.

Villepin ou Chirac étaient d'authentiques diplomates, avec une vision saine et équilibrée de la gouvernance mondiale. Un ticket Sarkozy-Kouchner, c'est l'alliance de la naïveté érigée en dogme au service de l'Atlantisme. 

Par chance, les Américains en reviennent, et les Démocrates, eux, ont bien compris qu'il fallait absolument se sortir du guêpier irakien, d'autant qu'il y a également l'Afghanistan qui s'irakise à grande vitesse.

Sur ce point, j'espère que Nicolas Sarkozy a été sincère en jugeant que la France n'avait pas vocation à demeurer là-bas. Les Américains ont attaqué l'Afghanistan des talibans pour répliquer à une attaque terroriste sur leur sol : seulement, le jour où les Français ont eu dans leur collimateur Ben Laden, un ordre venu du commandement suprême (américain en Afghanistan) leur a interdit de tirer. On comprend, dans ces conditions, que l'Amérique poursuit d'autres buts.

En somme, Kouchner est un brave type, mais il dit et fait facilement des conneries, alors...

 

mercredi, 09 mai 2007

9 mai : Journée de l'Europe

C'est la journée de l'Europe, et je viens de réaliser que, pris dans l'élection présidentielle, j'ai laissé passer le 25 mars 1957, date exacte du traité de Rome Il y a 50 ans se mettait en place la CEE, l'idée la plus extraordinaire de ce siècle, le système de redistribution le plus généreux et le plus massif jamais mis au point jusqu'alors. Une coopération sans équivalent, une assurance-vie pour une paix et un avenir meilleur.

Mais la naissance même de l'idée Europe, c'est du 09 mai 1950 qu'elle date, et c'est un certain Schuman qui la porta aux fonds baptismaux...

Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères de la France, propose que la France et l'Allemagne mettent en commun leurs ressources en charbon et en acier dans une organisation à laquelle d’autres pays d’Europe pourraient participer.
Sa proposition relative à une nouvelle organisation de l'Europe avait pour but le maintien de relations pacifiques entre les différents pays européens.
Ce discours, désormais appelé communément « déclaration Schuman », est considéré comme l'acte de naissance de l'Union européenne, souvent appelée aujourd'hui Europe.
Pour rendre hommage à cette déclaration, le 9 mai a été décrété « La journée de l'Europe ». Avec la monnaie unique (l'euro), le drapeau et l'hymne et maintenant la devise, le 9 mai représente un des symboles forts de l’Europe.

09:55 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Europe |  Facebook | | |

mercredi, 21 mars 2007

Scandaleux accord d'extradition entre la France et la Chine !

 Note reprise directement du forum news.zoologique.org/presidentielle.2007 de l'usager e-o

Ce 20 mars 2007 a eu lieu dans une très grande discrétion médiatique la signature du traité d’extradition entre la France et la République Populaire de Chine, alors que ce pays est l’un des plus cruels en ce qui concerne les droits de l’Homme et la peine de mort.


Triste jour pour les libertés publiques et la démocratie française.

Le 18 avril 2005 été signé un accord de coopération judiciaire entre la Chine et la France par les Ministres de la Justice respectifs, Zhang Fusen et Pascal Clément.

Le Sénat français l’a ratifié le 11 janvier 2007 (1).

Et ce mardi 20 mars 2007, le traité était signé place Vendôme, à Paris (2), et est mis en attente de sa ratification par l’Assemblée Nationale après les prochaines élections législatives de juin 2007.

De quoi s’agit-il ?

C’est un traité dont l’origine politique s’est établie au plus haut niveau, selon la volonté du Président chinois et du Président français lors de la venue à Pékin de Jacques Chirac en octobre 2006.

C’est tout bonnement un accord d’extradition mutuelle entre la France et la Chine.

Certes, le traité propose un certain nombre de garanties, comme l’a exposé Pascal Clément (2). En fait, seulement trois :

1. « L’extradition ne pourra être accordée par la France, lorsque la peine de mort sera encourue [en Chine], que lorsque [son] gouvernement aura donné des garanties "jugées suffisantes" par la France, que la peine capitale ne sera pas prononcée, ou ne sera pas exécutée. ».

Mais comment préjuger à l’avance d’un verdict ou d’un acte de clémence aléatoire ?

2. « Rejet des demandes d’extradition fondées sur des infractions considérées comme des "infractions politiques" ou comme "des infractions militaires". ».

Et si ces infractions politiques ou militaires étaient transformées en infractions économiques par exemple, c’est tellement plus simple d’un point de vue moral ?

3. « Les mandats d’arrêt délivrés par une autorité de police [doivent être] également validés par une autorité judiciaire. ».

Alors que l’autorité policière délivre la majeure partie des mandats d’arrêt, la revalidation par une autorité judiciaire chinoise est-elle de nature à rassurer plus ?

Pour chacune de ces trois réserves, faites uniquement de "considérations" ou "jugements", notions vagues, le gouvernement chinois et sa justice ou sa police auront donc la possibilité facile de contourner, et obtiennent grâce à la France un brevet de bonne justice.

Pascal Clément a osé conclure son allocution en estimant que le « processus d’entraide judiciaire fondera la confiance des magistrats de nos deux pays ».

Quelle confiance accorder à ce pays dans ce domaine ?

C’est une honte qu’un tel accord soit signé par la France.

Qu’un pays qui ne respecte pas les Droits de l’Homme, qui a érigé la peine de mort (Pascal Clément, autrefois favorable à celle-ci en France en n’ayant pas voté son abolition en septembre 1981, préfère parler de peine capitale) en mode de gestion normal de ses opposants, puisse coopérer judiciairement avec la France est une honte.

Qu’un tel traité soit signé dans la plus grande confidentialité des médias (ce 20 mars, je n’ai entendu cette information que sur RFI) est également une honte.

Il est important que les candidats à l’élection présidentielle donnent leur position sur ce traité qui nécessite d’être approuvé par la prochaine majorité parlementaire.

Nicolas Sarkozy, qui est Ministre de l’Intérieur de ce gouvernement, est évidemment d’accord avec cette coopération s’il n’en est pas l’instigateur.

Lors de son récent voyage en Chine, Ségolène Royal s’était déclaré également en accord avec l’accord d’extradition et en avait profité pour sortir une horreur politique monumentale, en citant l’exemple de la justice chinoise expéditive pour souhaiter une justice plus rapide en France.

Je souhaite au moins que François Bayrou, fort de ses valeurs de démocratie et de liberté, soit favorable à la remise en cause de ce traité.

Je suis évidemment favorable à une coopération économique voire scientifique et technologique avec la Chine qui a beaucoup à apporter à la France et à l’Europe dans ce domaine, mais je refuse absolument tout accord politique ou technique qui verrait les justices française et chinoise coopérer.

Cela donne froid dans le dos.

(1) Le projet de loi adopté par le Sénat le 11 janvier 2007. http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/projets/pl3565.pdf

(2) L’allocution du Ministre de la Justice à la signature du traité du 20 mars 2007. http://www.justice.gouv.fr/discours/d200307.htm

lundi, 04 décembre 2006

Diplomatie : les ratés de Royal et de Sarkozy

Electeur français lambda, je commence à être sérieusement inquiet de ce que laissent augurer les deux candidats les plus populaires à l'élection présidentielle en matière de politique internationale.

Ségolène Royal multiplie les fautes graves sur tous les dossiers internationaux : elle refuse le nucléaire civil à l'Iran alors que c'est l'essence du TNP (Traité de Non-Prolifération nucléaire), elle salue le redressement de l'Irak (dont les morts se comptent par dizaines de milliers depuis le début de l'occupation américaine au point qu'on en vient à souhaiter la libération de Saddam !) puis elle acquiesce aux propos outranciers d'un parti qui a largement contribué à mettre à feu et à sang le Liban, le Hezbollah.

S'ajoute à ces méfaits une absence totale de déclarations sur l'Europe et la construction européenne au moment même où cette pauvre Europe en aurait bien besoin. Pas la moindre idée sur la question, et encore moins d'idées sur le le rôle que la France pourrait jouer pour promouvoir une grande diplomatie européenne. 

Pas mieux chez Nicolas Sarkozy qui piétine allègrement les seules réussites d'envergure de Jacques Chirac sous son mandat : « Il n'est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l'embarras ou de donner l'impression de se réjouir de leurs difficultés. » puis « J'ai toujours préféré l'efficacité dans la modestie plutôt qu'une grandiloquence stérile. Et je ne veux pas d'une France arrogante et pas assez présente. » lors de son entretien avec Daboliou a-t-il déclaré, faisant clairement allusion à la position de la France sur la guerre en Irak, et cela, alors que le Congrès Américain est justement en train de réévaluer la position des Etats-Unis vis à vis de la France et de l'Allemagne, jugée bien trop arrogante.

Mais quelle vision de la France et de l'Europe ont donc ces deux candidats ? Ségolène Royal croit-elle que ses recettes nationales (on apprend tous ensemble la politique via désirs d'avenir et la démocratie participative, stigmatisation à bon compte d'une catégorie qui a bon dos par les temps qui courent, les enseignants) peuvent fonctionner dans des pays en proie à une quasi guerre civile ? 

Et Nicolas Sarkozy qui assouplit les contrôles de sécurité des voyageurs en provenance de l'Algérie, comme le rapportait récemment le Canard Enchaîné, afin de se mettre dans la poche certains jeunes de banlieue, alors que les Renseignements Généraux parviennent à identifier via ces mêmes contrôles une trentaine de membres des réseaux islamistes chaque année, croit-il que le pays qu'il entend gouverner et sa politique d'immigration doivent être au seul service de ses ambitions personnelles ? A fortiori quand on voit, par exemple, de jeunes enfants d'origine roumaine être renvoyés de force dans leur pays à deux mois de l'entrée de la Roumanie dans la CEE , parce que cela fait du chiffre pour justifier ses effets d'annonce en termes de politique sécuritaire ?

Il faut bien plus de prudence, de retenue et de jugement pour gérer la diplomatie d'un grand pays. A cet égard, l'amateurisme de Ségolène Royal, et les déclarations à l'emporte-pièce de Nicolas Sarkozy paraissent effrayantes pour l'image que la France renvoie.Il va falloir apprendre très vite, Madame Royal, Monsieur Sarkozy, car pour l'instant, loin de m'avoir convaincu, vous me faites peur !