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vendredi, 28 décembre 2007

François Bayrou réagit à l'assassinat de Benazir Bhutto

François Bayrou a qualifié jeudi d'"acte épouvantable" l'attentat meurtrier contre la "femme courageuse" qu'était Benazir Bhutto, y voyant "un très mauvais signe" pour le monde. "C'est un acte épouvantable qui vient de frapper et de tuer Benazir Bhutto", a-t-il déclaré. "Après de nombreux attentats qui la prenaient pour cible, celui-là a hélas emporté une femme courageuse, engagée jusqu'au bout pour reconstruire un pays en décomposition". "Comme lors de l'assassinat du commandant Massoud, le fanatisme a ainsi atteint son but et c'est un très mauvais signe pour la situation dans cette région du monde et probablement dans le monde tout entier", a poursuivi le président du MoDem. toutes les personnes de bonne volonté doivent joindre leurs efforts pour que le processus démocratique puisse se poursuivre en dépit des rancoeurs et de la douleur", a conclu le député des Pyrénées-Atlantiques.

 

Benazir Bhutto, l'icône brisée

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire ce que je pensais de Benazir Bhutto et de prendre notamment le parti de Fatima, sa nièce. Benazir Bhutto est une icône brisée parce qu'elle représentait des espoirs pour nombre de Pakistanais laïques et pour les pays occidentaux, face à l'extrémisme. Il est bien évident que son assassinat profite à Al Qaeda. Mais Elle est aussi une icône brisée parce qu'elle a donné par le passé l'image la plus détestable de la démocratie. Parce que par son attitude, elle a associé démocratie et corruption, parce que face aux intégristes, au moment où elle aurait pu agir, elle a joué avec le feu, notamment en reconnaissant le régime intégriste des Talibans et en ne luttant pas contre le pouvoir maléfique des madrasas pakistanaises. Et enfin, parce que comme le rapporte Fatima, sa nièce, elle a au moins laissé assassiner son frère qui s'opposait à sa politique.

Peut-être avait-elle changé. Peut-être. Mais, quelque part, l'attentant ignoble qui l'a emporté, lui est aussi revenu comme un boomerang.

Il y a une porosité incroyable entre l'ISI (services secrets pakistanais)  et les éléments extrémistes de toute sorte à commencer par les soutiens d'Al Qaeda. On ne sait pas encore qui a commandité l'attentat. On se doute, évidemment, que les fanatiques ne se voulaient pas voir privés du leadership de l'opposition, ce que Benazir était en partie capable de faire. Mais les rouages du pouvoir sont tellement tordus, au Pakistan, qu'allez savoir si ce ne sont pas des intégristes qui n'ont pas été manipulés par des éléments plus ou moins controlés au sein du pouvoir.

Certains s'imaginent que Fatima, la nièce de Benazir, pourrait être un nouvel espoir. Mais elle courrait un danger terrible si elle se rendait au Pakistan, et, de toutes façons, je ne crois pas qu'elle ait la moindre envie d'honorer la mémoire de sa tante. 

Quand certains disent que la démocratie a été assassinée avec sa disparition, je les invite à rectifier leur discours : la démocratie est morte depuis belle lurette, au Pakistan. Ce qui risque de basculer, avec la mort de Benazir Bhutto, c'est la stabilité du pays. 

jeudi, 15 novembre 2007

Soutenir Bhutto, oui, mais Fatima, pas Benazir !

Gare au miroir aux Alouettes ! Au Pakistan, Benazir Bhutto, l'ancienn premier ministre et opposante de longue date à Perez Musharraf tente de profiter de la situation pour  passer pour une grande démocrate. C'est oublier un peu vite qu'elle négociait un partage du pouvoir avec Musharraf il y a encore moins d'un mois.

S'il y a une véritable démocrate, dans la famille Bhutto, ce n'est nullement Benazir, mais la délicieuse et charmante poétesse  Fatima Bhutto, sa nièce.

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Or, cette dernière, dans un article retentissant du Los Angeles Times met en garde contre sa tante. Elle rappelle qu'elle a été désavouée pour corruption à deux reprises, qu'elle est sous le coup de procès dans plusieurs pays, que son mari avait été surnommé "Monsieur 10%" en raison de sa propension à demander une commission sur tout contrat nécessitant son accord.

De plus, un des tenants de l'accord secret entre Benazir et Perez, c'était l'abandon des poursuites contre cette dernière en passant naurellement dans le dos de la justice.

Il ne faut aussi pas oublier que le Pakistan a été l'un des trois seuls pays à reconnaître le régime moyannâgeux et brutal des Talibans, et que cela s'est fait sous le ministère de Benazir ! 

Enfin, Fatima évoque les circonstances aussi tragiques que brutales et douteuses dans lesquelles son père, le petit-frère de Benazir, a été assassiné alors que sa soeur était au  pouvoir. 

Mais pour en avoir le coeur net, il suffit de se référer à ce qu'écrit Fatima dans le Los Angeles Times :

My father was a member of Parliament and a vocal critic of his sister's politics. He was killed outside our home in 1996 in a carefully planned police assassination while she was prime minister. There were 70 to 100 policemen at the scene, all the streetlights had been shut off and the roads were cordoned off. Six men were killed with my father. They were shot at point-blank range, suffered multiple bullet wounds and were left to bleed on the streets.

Voilà qui est éloquent : la police a planifié le coup, tous les réverbères avaient été éteints, six hommes ont été abattus avec lui et on leur a tiré à bout portant dessus. Dans ce même article, Fatima ajoute que les juges avaient alors conclu que cette exécution n'avait pu avoir lieu sans que les plus hauts sommets politiques soient au courant...

Fatima conclut seulement ainsi :

By supporting Ms. Bhutto, who talks of democracy while asking to be brought to power by a military dictator, the only thing that will be accomplished is the death of the nascent secular democratic movement in my country. Democratization will forever be de-legitimized, and our progress in enacting true reforms will be quashed. 

En soutenant Mme Bhutto, qui parle de démocratie pendant qu'elle demande à un dictateur militaire le pouvoir, la seule chose que l'on aura obtenu sera la mort du mouvement démocratique naissant dnas mon pays. La démocratisation sera à jamais déligitimée, et nos progrès pour mettre en action de vraies réformes seront anéantis.