vendredi, 29 avril 2011
Euro, europe : réclamons un débat Bayrou-Le pen
Marine Le Pen ne cesse de clamer haut et fort que l'euro est un poison pour l'économie française, et elle réclame la sortie immédiate de l'euro de la part de la France.
François Bayrou, au contraire, assure qu'une sortie de l'euro ruinerait la France.
Il s'est déclaré prêt à débattre avec Marine Le Pen à ce sujet. Quel média relèvera le gant ? Il y aurait là un affrontement d'envergure entre les deux porteurs de deux projets de société foncièrement antagoniste.
Le MoDem est le plus européen des partis politiques français, on peut même dire que l'Europe rentre dans on ADN alors que le FN est foncièrement hostile à tout projet européen.
On entend tout et n'importe quoi sur l'euro, aussi bien de nonistes décérébrés que de ouistes fanatisés.
Sur l'Europe, Bayrou a toujours tenu un langage de vérité sans jamais verser dans le double-langage ni dans un européisme béat, mais en défendant avec force et conviction l'idée européenne, idée qu'il enracine dans la civilisation européenne et ses nations, bien en amont des pères fondateurs que furent Schuman et Monnet.
Très loin de privilégier l'Europe, le FN et Marine Le Pen rêvent d'un grand axe stratégique Paris-Moscou-Pékin et d'une résurgence des nations telles qu'elles vécurent aux XIXème et XXème siècle.
Mon propre blogue a déjà été le lieu d'affrontements sur ces thèmes, puisque de temps à autre, des sympathisants ou militants du Front National passent me rendre visite. Bien évidemment, l'Européen convaincu que je suis, préparerait et relaierait avec grand plaisir un tel choc.
Espérons qu'une chaîne télévisée organisera la confrontation, la France le mérite.
19:29 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (52) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : europe, bayrou, le pen, euro, modem, fn |
|
|
Facebook
Tweet
samedi, 09 avril 2011
Bayrou écrase Borloo au centre...
J'ai trouvé assez mordante de rire l'analyse du Journal du Dimanche sur le centre et la représentativité des individus qui déclarent en émaner ou le représenter.
Évidemment, on y lit que Borloo devance Bayrou au centre dans l'opinion des Français.
Seulement voilà : si l'on considère les électeurs qui ont vraiment voté au centre en 2007, c'est à dire les 19% de Bayrou, eh bien ils sont 53% contre 27% à citer Bayrou en premier au lieu de Borloo. Et même à gauche, ils sont encore 40% contre 33%.
En ce qui concerne le centrisme de Borloo, il est vrai qu'il adopte souvent des positions modérées et que l'individu m'a paru souvent sympathique, mais, j'ai tout de même un motif de défiance et deux de griefs.
Le motif de défiance, c'est qu'il a toujours choisi Sarkozy : en 2007, où il l'a soutenu au moment où le centre pouvait espérer remporter une victoire historique à la présidentielle, puis par la suite, où il a avalé toutes les mesures sarkozystes, et ce d'autant qu'il était encore près à être son premier ministre il y a quatre mois. A comparer avec les choix de Bayrou.
Les deux griefs, c'est, primo d'avoir constamment soutenu Tapie dont il est le pote et avocat, et, secondo et surtout, d'avoir déclaré en 1993 qu'un accord avec le FN ne le dérangeait pas à condition que toute la droite s'y range.
Des gens de droite comme Juppé ou Villepin ont toujours affirmé haut et fort leur hostilté au FN au nom du gaullisme. Il ne faut pas oublier que le FN, c'est avant tout l'hériter des Vichystes, certains fussent-ils ralliés à de Gaulle en 1942 à cause de l'occupation de la zone sud par les nazis.
23:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, bayrou, centre, borloo |
|
|
Facebook
Tweet
3000 notes chez l'hérétique
Et voilà ma 3000ème note. L'inconvénient, c'est que je n'ai pas grand chose à dire, éprouvant une certaine forme de lassitude depuis quelque temps.
J'avoue avoir du mal à me passionner pour notre politique nationale, à l'heure actuelle. Ce qu'il se passe à l'étranger est tellement plus passionnant !...
Le PS est venu un peu égayer ce morne paysage en proposant un programme. On peut en penser ce que l'on veut, au moins, il y a quelque chose à discuter. Le seul autre parti qui fait des propositions, c'est le FN, mais, quel hasard, toujours rien sur l'économie et l'emploi.
J'ai bien apprécié ce qu'en disent Benhamias et Madrolle, du MoDem :
Le FN entretient depuis toujours un rapport compliqué avec l’électorat français. Dans les années 80, le Front National de Jean-Marie Le Pen était qualifié de «peste brune» par certains médias et représentait surtout aux yeux de l’opinion publique un vote honteux et inavouable. Changement d’époque, et changement de ton. La «vague bleue Marine», le nouvel élément marketing du FN, doit apporter la fraîcheur exaltante du grand air marin. Mais il ne faut pas s’y tromper, la fille n’a rien renié du père. Le discours du Front National reste démagogique et s’assimile toujours plus à un agrégat de slogans simplistes et racoleurs. A ce titre, Marine Le Pen n’est que l’héritière de Nicolas Sarkozy qui, en 2007 avait souhaité «simplifier» le discours politique en menant une campagne basée sur quelques slogans: la France qui se lève tôt et qui travaille dur, travailler plus pour gagner plus, etc…
Certes, le Front National pose des questions sur lesquelles tout un chacun peut légitimement s’interroger. En apportant des solutions si simplistes, le FN donne à une partie de l’électorat, le sentiment d’avoir à nouveau prise sur l’action politique et de se réapproprier à travers son vote, un rôle de décideur. Historiquement, on connaissait les partis de masse, de cadres ou de notables. Le Front National inaugure une nouvelle forme politique: le parti de libre-service.
Tel un distributeur automatique de promesses, sur au moins une de ses interrogations l’électeur obtient en écho à sa voix, une réponse facile du «distributeur» Front National: La vie chère? La faute à l’euro!… Donc, sortons de l’euro! Le chômage? La faute aux immigrés… donc, chassons-les! Le trou de la CAF et de la Sécu? Les sans-papiers… donc, expulsons-les! Simpliste? Certes, mais dans le contexte actuel une proposition de ce genre développée par le FN, aussi légère et incohérente soit-elle, suffira à notre électeur déboussolé pour lui faire glisser un bulletin à la flamme tricolore dans l’urne.
C'est exactement cela : un distributeur de promesses en libre-service. Sauf que derrière, il n'y a que du vent. Tiens, j'évoquais l'international, en début de note. Programme du FN ? Devenirs grands copains des oligarques et des maffieux russes et des féodaux et néo-rouges chinois. Sans façons, merci, j'ai juste une légère préférence pour la démocratie européenne, mais bon, je sais que ce genre de choses ne trouble pas plus que cela nos post-fachos qui ont le culot de se proclamer républicains.
Cela dit, pour faire face au FN, il s'agit de faire des propositions concrètes, et, sur ce point, toujours pas l'ombre du début de quoi que ce soit de concret au MoDem...Plus ça va, plus cela m'énerve...En 2006, une année avant l'échéance présidentielle, l'UDF avait organisé déjà plusieurs conventions très concrètes. Le MoDem en fait quelques unes, mais primo, on n'en voit guère la couleur sur la Toile, et secondo, les thèmes abordés sont très intéressants dans les cercles intellectuels, mais bien éloignés de notre vie de tous les jours, et tertio, si elles peuvent se montrer attrayantes par les analyses, il n'en sort rien en termes de propositions...La présidentielle, c'est dans moins d'un an, et il n'y a toujours rien...
00:05 Publié dans Blog, Politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, benhamias, modem |
|
|
Facebook
Tweet
mardi, 22 mars 2011
Une droite pas assez à droite ?
C'est très amusant toutes les analyses que je lis sur le FN ces derniers jours. On reproche à Sarkozy d'avoir droitisé le FN et d'avoir ainsi ouvert la voie au FN. Ben non, ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est de ne pas avoir droitisé ses actes. Quand j'écoute les gens qui votent pour FN, il y a tout de même des antiennes qui reviennent :
- le sentiment d'être abandonnés, certes, mais, constamment, l'insécurité et l'immigration. Alors, certes, cela ne préoccupe peut-être qu'une minorité de Français, mais pas de chance, la minorité en question vote pour le FN.
- il est possible de faire reculer le FN. C'est juste une question de volonté. Il suffit de donner les moyens matériels et humains appropriés à la police, la gendarmerie et la justice pour fonctionner. C'est tout. A la limite, l'immigration n'est que secondaire, car elle ne préoccupe les Français que pour autant qu'elle génère de l'insécurité. Alors bien sûr, l'insécurité générée est le fait d'une minorité, mais le problème, c'est que cette minorité, on la voit sur tous les fronts des mauvais coups et de la délinquance. Les journalistes ont beau parler de jeunes, de jeunes gens, d'adolescents, de rixes entre bandes, personne n'est dupe. On sait très bien, dès que l'on se penche sur les faits, que ce sont majoritairement des jeunes d'origine immigrée qui sont impliqués.
- finalement, une politique sécuritaire, une vraie politique de répression, avec les moyens qui vont avec, c'est le plus sûr moyen de faire reculer la xénophobie.
Je ris quand j'entends des chroniqueurs parler de ces petits villages ruraux et paisibles qui ne connaissent ni insécurité ni immigration et qui votent pourtant FN. C'est parfaitement faux. En fait, d'ores et déjà, dans certains de ces ensembles péri-urbains, il y a des bandes qui débarquent et sèment sinon la terreur au moins la peur. Alors, certes, peu de faits signalés, mais la peur est là.
Ce que Sarkozy et l'UMP ne parviennent pas à comprendre c'est qu'ils ne regagneront pas l'électorat qu'ils ont perdu avec des mots. Il faut des actes, et ces actes ne sont possibles qu'avec des moyens ad hoc. Falsifier les chiffres en annonçant des réussites mirobolantes n'y changera rien. La température, ce sont les faits qu'i fleurissent çà et là dans la presse. Quand les faits (qui sont décidément têtus) baisseront vraiment, c'est à dire qu'on fera parler la matraque et le gnouf chaque fois que nécessaire, à ce moment-là, le FN reculera.
Il existe d'autres causes qui favorisent le vote FN, mais j'y reviendrai dans un second billet. De toutes façons, les sondeurs politiques qui sont habitués à raisonner sur des faits et pas sur des discours idéologiques expriment de manière claire ce qu'il en est globalement.
Enfin, bon, de toutes façons, je me répète : cela ne fait jamais que quatre ans que je dis les mêmes choses à l'envie sur ce blogue. J'adore d'ailleurs, quand on vient me qualifier de réactionnaire de facho, de droitier, ou encore de sous-marin du Front National...
16:15 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, ump, insécurité, immigration |
|
|
Facebook
Tweet
vendredi, 11 mars 2011
Foutez la paix à l'Islam, à la fin !
La dernière trouvaille de Copé, c'est d'envisager de légiférer sur la langue que les imams doivent utiliser dans les mosquées. Mais on marche sur la tête en France. N'importe quoi.
C'est pas un peu fini les débats biaisés avec l'Islam, là, en France ? Enfin, ce n'est pas compliqué : il y a des lois, en France. Quand quelqu'un les enfreint, il est sanctionné. La responsabilité des politiques, c'est évidemment de faire appliquer les lois (comme avec les prières de rue dans le 18ème arrondissement parisien qui sont parfaitement illégales).Qu'il soit musulman, athée ou chrétien ou tout ce que vous voudrez, on s'en f...
Il y a également des lois contre les sectes. Si l'on s'aperçoit qu'une mouvance, fût-elle religieuse, opprime des individus et procède à d'authentiques lavages de cerveau, il y aussi des lois et même une mission chargé de dresser une liste : la miviludes, je crois.
Voilà, ce n'est pas plus compliqué que cela. Je crois que Bayrou a très exactement visé dans le mille quand il observe que Marine Le pen est parvenue à faire de la laïcité, principe de tolérance, une arme anti-islam.
J'aime beaucoup l'image utilisée par Bayrou : c'est un poison mortel pour la France que de dresser les gens les uns contre les autres. Bien d'accord. C'est une spécialité des extrêmes de toute sorte et pas seulement.
Plus à droite il va y avoir des responsables politiques pour faire les malins et penser doubler le FN par la droite, plus le FN va grossir.
00:17 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, bayrou, islam |
|
|
Facebook
Tweet
mercredi, 09 mars 2011
Sarkozy n'est pas comptable du FN mais...
Je lis décidément beaucoup d'imbécilités ces derniers jours sur le FN et Sarkozy. Mais la pire d'entre elles, c'est d'expliquer que Sarkozy serait la cause de la montée du Fn à cause des débats qu'il amène sur la place publique. A gauche, notamment, mais aussi dans la droite modérée proche du centre (Nouveau Centre), c'est très tendance de faire valoir cet argument.
Ils sont un paquet à ne pas avoir compris, j'en ai bien l'impression : ce n'est pas en escamotant un débat, en l'esquivant, qu'on parvient à l'éteindre. Au contraire, du coup, Marine Le pen va s'en faire le porte-flambeau.
Partout en Europe, les populismes gagnent du terrain, et parfois, bien plus qu'en France ! Il faut être insondablement crétin pour ne pas le comprendre. Il n'y a donc pas de phénomène Sarkozy. Au contraire, même Sarkozy avait réussi à siphonner le FN. Le problème, ce sont les actes...
Pendant que Sarkozy lançait idiotement un ballon d'essai sur les Roms, il naturalisait à tour de bras en France : en 2010, l'immigration familiale a augmenté de près de 6%, l'immigration de travail de près de 2%. Sarkozy a donc continué à laisser venir des immigrés en France alors que la France explose sous le poids de l'immigration et des problèmes d'intégration qu'elle génère. STOP, nom de ... STOP, quoi, il faut mettre fin complètement à l'immigration, c'est tout, et ne pas se laissser impressionner par les bêlements de gauche. Le pompon, c'est ceux qui annoncent qu'ilspourraient voter Marine Le pen contre Sarkozy au second tour d'une présidentielle...(hein l'Nicolas...). Je vous rassure, même si personne ne me l'a demandé, évidemment, dans un tel cas de figure, je voterais pour Sarkozy.
Pendant ce temps, à droite, on ne fait pas mieux : Chantal Brunel reprend avec une bêtise incroyable la petite chanson de Marine Le pen sur les hordes de Carthaginois (Tunisiens) censées venir envahir la Gaule. Ah ? Elle est où la flotte carthaginoise ? Au lieu de se payer la tête de Marine Le pen en dénonçant ses fantasmes délirants et le ridicule de ses déclarations, voir de l'inviter à venir faire le tour de nos côtes méditerrannéennes pour constater qu'il n'y a pas de débarquement en Provence, Chantal Brunel accrédite un mensonge éhonté. A ce mensonge s'ajoute la brutalité du propos envers un peuple qui progresse vers la démocratie à pas de géants (la mise en place accélérée d'un état de droit en Tunisie est tout simplement stupéfiante !) : les jeter à la mer. J'en ai déjà parlé. Tiens, ça me fait penser à la manière dont les négriers traitaient les esclaves au XVIIIème siècle : quand il y avait un risque de contrôle douanier, ils les enchaînaient les uns autres et les jetaient à la mer pour les noyer. Marine Le pen, elle me fait penser à ce genre de sinistres individus.
Cela dit, l'immigration n'est qu'un aspect d'un phénomène plus vaste : la mondialisation. Telle qu'elle prend forme, elle donne l'impression (peut-être bien avérée, au demeurant) d'échapper à tout contrôle populaire : europhilie euro-béate, pouvoir des technostructures qui prennent les décisions à la place des politiques (l'Éducation Nationale en est une illustration éclatante), domination des lobbies, dumping social, aplaventrisme des dirigeants occidentaux.
Les responsables politiques doivent apporter une réponse aux angoisses que suscite la mondialisation, mais également à ses dérives. C'est exactement le sens du combat de responsables politiques centristes comme Marielle de Sarnez ou François Bayrou. La première souhaite une révision radicale des règles de l'OMC. Elle a compris que le repli tant vanté par les souverainistes n'a aucune chance d'apporter de solutions, et elle propose donc de faire pression par le haut. C'est pour cela aussi que François Bayrou avait répliqué lors des élections européennes que personne ne l'empêcherait de parler de la France. Et c'est pour cela encore que le programme du MoDem proclamait que si les nations étaient fortes de l'Europe, l'Europe, elle, était forte de ses nations.
Cela suppose de trancher évidemment sur un certain nombre de points : c'est bien gentil de vouloir juguler l'immigration, mais la meilleure solution pour y parvenir, c'est d'apporter le développement là d'où l'immigration se produit. Cela suppose donc d'admettre un certain niveau de délocalisation et de partager une part de la croissance.
Il faut avoir le courage de le dire. Il faut faire en sorte que le co-développement ne soit pas l'occasion d'utiliser le dumping social pour affaiblir les salariés et ouvriers français et plus généralement européens, notamment dans l'industrie. Il va falloir plancher sur la relocalisation de l'industrie. Bayrou y réfléchit, et, à ce que j'ai compris, Martine Aubry aussi, depuis peu. On attend donc leurs propositions...
Notre politique ne doit pas passer exclusivement par l'Europe, même si je pense que l'Europe est notre bras armé (à condition de priver les technocrates de leur pouvoir et le donner aux Parlementaires). Nous pouvons aussi mener une habile politique franco-française grâce à notre diplomatie et à notre culture, en développant et finançant partout alliances françaises, centres culturels francophones, écoles et lycées français et en tentant d'y attirer les élites locales afin de les imprégner de notre culture. Idéalement, en nouant des partenaraits commerciaux afin que les seuls débouchés de notre politique francophone ne soit pas nécessairement la venue en France pour les francophones et francophiles.
17:29 Publié dans Economie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : mondialisation, fn |
|
|
Facebook
Tweet
dimanche, 06 mars 2011
Qui sème le vent récolte la tempête...
Un sondage donne Marine Le pen à 23%. Rien d'étonnant. Mais ce qui serait comique si ce n'était déjà tragique, cela a été la réaction de la gauche. La gauche accuse Sarkozy de favoriser le FN en lançant des débats qui sont porteurs pour ce parti. On la reconnaît bien la gauche de 2002. Elle n'a pas changé.
Elle préfère se presser de planquer la poussière dans un coin plutôt que d'affronter les vraies questions. C'est encore plus amusant de voir la gauche de la gauche s'imaginer qu'elle a laissé le discours anti-capitaliste à Marine Le pen. L'électorat du FN se fout bien du capitalisme.
Quant à la droite, Sarkozy en tête, elle n'a pas compris que cela ne sert à rien de susciter quelque débat que ce soit sans résultats. En 2007, Sarkozy arrivait fort de sa fermeté lors des révoltes de 2005 et d'une légère décrue de l'insécurité. Aujourd'hui, il parle de sécurité en laissant des tribunaux encombrés faute de moyens et des effectifs de police réduits. Je ne parle même pas d'une immigration toujours plus galopante en débit des haussements de menton du Lider minimo.
Réduire le FN, c'est possible, mais il faut en avoir la volonté.
Alors évidemment, je pourrais aussi me demander ce que le MoDem pourrait faire pour amoindrir le FN. Eh bien c'est simple : porter haut ses valeurs, cesser de faire du PS light et d'enfoncer les portes ouvertes, sortir de la déclaration d'intention et faire des vraies propositions.
Je suis attristé par l'indigence de nos propositions. Est-ce qu'on peut enfin sortir de la bisounourserie et attaquer ce qui préoccupe les Français de front ? Plus nos propositions et notre discours se fondront dans ce que disent les autres, plus nous serons transparents et évanescents. Si moi, qui suis un militant confirmé, j'ai ce sentiment en écoutant le MoDem s'exprimer, je me demande bien ce que peut penser le Français qui ne se préoccupe pas plus que cela du jeu politique ordinaire.
En tout cas, côté présidentielles, je crois que c'est assez simple : la gauche doit se rassembler, et la droite aussi. Je ne vois pas trop l'intérêt d'une candidature d'Éva Joly, dont le discours oscille entre celui de l'extrême-gauche (Mélenchon) et celui du PS. Les Verts, qui se définissent d'abord comme de gauche avant d'être écolo, devraient donc se fondre avec le PS, au moins pour cette élection. Pas facile pour Villepin de rejoindre Sarkozy, mais puisque ce dernier semble donner petit à petit la main aux ex-chiraquiens, ces deux-là ont fortement intérêt à enterrer la hache de guerre et à se rejoindre.
Quant au centre, son unique et véritable représentant est Bayrou. Il faut juste que les divers représentants du MoDem cessent de rêver à une grande alliance avec le PS.
On me parle sans cesse des sociaux-démocrates du PS comme des gens qui pensent la même chose que les centristes et les démocrates. Eh bien non, non, non et non. Je ne pense pas comme les sociaux-démocrates. J'ai quelques convergences ponctuelles, tout au plus, et de très grosses différences. Très souvent, l'européisme béat des sociaux-démocrates, leur propension à mépriser le petit peuple, leur constructivisme naturel ont le don de m'exaspérer.
Ce n'est donc que par défaut et pour éviter un désastre encore plus grand que ce qu'ils représentent que je pourrais m'allier avec des sociaux-démocrates.
16:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : modem, fn |
|
|
Facebook
Tweet
lundi, 21 février 2011
Il faudra bien chiffrer le programme du FN...
Étonnants, ces sondages qui donnent Marine Le pen à près de 20% d'intentions de vote. Il viendra pourtant bien un moment où il faudra chiffrer le programme politique et économique du Front National, et là, ça fera mal. La seule sortie de l'euro engendrera des millions d'euros (donc des milliards de franc) rien que pour fabriquer puis réintrroduire la nouvelle monnaie. Il faudra rétablir des bureaux de change partout. Notre déficit se creusera pour une autre raison très simple : sans la garantie de l'Europe et de l'euro, nos prêteurs ne nous consentiront pas les mêmes taux d'intérêt. Les agences dégraderont évidemment notre note sur les marchés financiers. De ce fait, la charge de l'emprunt grimpera vertigineusement. Le FN n'a ura alors d'autre choix que de tailler dans le vif de toutes les dépenses sociales, et pas seulement : dans celles d'infrastructures également. Plus de médecins, plus de gendarmes dans les campagnes, plus de lignes régionales, des écoles fermées dans les petits villages, des allocations partout réduites à leur portion congrue.
Et, bien évidemment, les premières victimes de ce désastre seront ceux qui auront voté pour Marine Le pen.
Je vois de temps en temps des militants ou sympathisants du FN passer sur le blogue : ils sont incapables de la moindre argumentation économique. Les plus lucides d'entre eux savent très bien que leur patrone ment et qu'ils iraient dans le mur s'ils n'appliquaient ne serait-ce que 10% de ce que leur programmpe prévoit...
07:33 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn |
|
|
Facebook
Tweet
mercredi, 02 février 2011
La gauche devra s'unir.
Je crois qu'une de mes priorités absolues, pour 2012, c'est de chasser Sarkozy et toute la ligne politique qu'il représente du pouvoir. J'avoue avoir fait un affreux cauchemar : je me suis imaginé que la gauche partait tellement divisée en 2012 que ses nombreux candidats faisaient tous entre 10 et 20% ; or, dans mon rêve, Marine Le pen faisait aussi 20%. Et Sarkozy, 23 ou 24%.
Je me trouvais alors contraint de voter pour un individu détestable, celui-là même qui venait de ratiboiser mon pays pendant 5 ans après avoir organisé la casse de tout ce qui fonctionnait jusqu'alors correctement en France. Du coup, j'enchaînais un second rêve en forme de dilemme cornélien. Il ne faudrait pas que moi, centriste, de sensibilité droitière, de surcroît, je me trouve contraint à un vote utile pour un candidat de gauche en dépit de mon amitié de mon estime pour François Bayrou, de crainte de voir Sarkozy réélu.
La gauche a le devoir moral de choisir le meilleur champion pour virer Sarkozy. Cohn-Bendit a raison de préférer des élus verts à une candidature présidentielle sans lendemains. Même Mélenchon devrait s'entendre avec le PS, même si naturellement, il va tirer le PS sur sa gauche.
Au MoDem, nous attirons des suffrages de centre-gauche. Tant mieux, mais cela ne devrait pas, et n'aurait jamais dû être notre objectif. C'est à la droite qu'il fallait offrir une alternative. Les gens de droite pouvaient voter pour un centriste. A cause de nos valses-hésitation, ils classent désormais Bayrou à gauche. C'est fort fâcheux. Quelle erreur de stratégie le MoDem et Bayrou ont fait pendant trois années. C'est une opposition de centre-droit qu'il fallait incarner.
On peut trouver certaines convergences avec la gauche. Je n'idolâtre ni n'hypostasie le service public, comme le fait la gauche, mais j'ai un point de vue pragmatique sur la chose : quand il marche bien, je ne vois pas de raison valable de le privatiser, simplement au nom de la concurrence libre et non faussée. On en accuse encore à tort l'Europe, d'ailleurs, car le Traité de Lisbonne, comme le TCE, contient tout une série de dérogations que les États sont libres d'appliquer dès lors que le service est d'intérêt général.
Bref, il faut que la gauche soit à gauche, mais unie, le centre, au centre et même au centre-droit, et Sarkozy et tous ceux qui l'ont cautionné, virés, de manière à ce que la droite puisse se reconstruire. Ils sont nombreux, ceux qui avalisent ses réformes désastreuses. Il y a bien Nonos Châtel, mais Fillon, que l'on considère comme un brave gars victime des brimades de son maître, conduit sans le moindre état d'âme la politique de son maître. Sur le fond, ce sont les mêmes fondamentaux idéologiques et politiques. Pas de quartier pour le sarkozysme en déliquescence.
Quant à ceux qui se réfugient vers le vote FN, les pauvres...Je crois qu'ils n'ont pas compris à quel point le Front National n'a que faire de leurs soucis. Je pense particulièrement aux ouvriers et aux petits commerçants. Catégorie économie, non ? Ah, ben zut, alors, y'a rien sur le site du FN...En cours de réactualisation, comme ils disent pudiquement... Caramba : économie et budget aussi... Le pompon, c'est le chapitre solidarité : ils veulent bien délimiter les contours du handicap. A votre avis, pourquoi ? Il y a 1/4 de la population en ALD, en France, et de nombreux individus considérés comme partiellement invalides, donc, victimes d'un handicap. Mon petit doigt me dit que si le FN arrivait au pouvoir, le nombre de handicapés en France fondrait : question de définition, après tout. Dès lors que je considère qu'on peut travailler sur une jambe, même si l'autre manque, hop, je peux être radié du handicap. On parie que c'est ce que le FN a en tête ?
Bref, gens du peuple qui vous réfugiez vers le FN, vous allez vous faire entuber méchamment si jamais le FN gagne en pouvoir. Pire, d'un point de vue tactique, vous pourriez reconduire Sarkozy au pouvoir.
Gagnez plutôt les forces politiques qui se soucient vraiment de vous ! Qui a publié le Tiers-État ? Qui refuse de se joindre aux puissants et de participer aux dîners du Siècle ? Qui visite les usines et se plaît au contact des petites gens et des modestes ? Qui a dénoncé inlassablement les collusions entre médias, décideurs économiques et dirigeants politiques ? Qui fait de la réindustruialisation de la France et de la relocalisation de son industrie et de ses services sa priorité numéro 1 ? Bayrou, Bayrou, Bayrou et encore Bayrou.
Je ne me suis pas encore attaqué au programme du FN, mais le jour où je vais le faire, le château de cartes va s'effondrer, parce qu'il n'y a rien qui tient debout là-dedans, et beaucoup de mensonges dissimulés qui feraient passer Sarkozy pour un travailleur social. Mais je peux donner une garantie : les premières victimes d'un programme du FN qui serait en application en seraient avant toutes choses ses propres électeurs...
16:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (43) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, modem, bayrou, gauche |
|
|
Facebook
Tweet
lundi, 24 janvier 2011
Se battre sur tous les Fronts...
Les fronts de toute obédience font décidément l'actualité politique ces derniers jours : sorties de Mélenchon, dessin de Plantu, élection de Marine Le pen à la tête du FN...
On peut toujours gloser sur les différences qui existent entre les deux fronts, Front de Gauche, Front National, il n'en reste pas moins que davantage de vues les rapprochent qu'elles ne les séparent.
En consultant leurs programmes respectifs, je retrouve la même volonté de placer l'individu, la vie économique, artistique, médiatique, sous la coupe de l'État même si le langage n'est pas le même.
Ils partagent également une même haine de l'Europe. Ah, l'Europe...Parlons-en ! Voilà une haine rédhibitoire pour ma part. Certes, il ne s'agit pas de verser dans un européisme béat : rien ne m'insupporte plus que de voir des fonctionnaires européens estimer que les Français font des chichis et leur imposer des manières de faire, leçons de morale à l'appui, qui ne sont pas les leurs. Mais il faut aussi être pragmatique : chaque avancée, chaque petit pas qui conduit vers une gouvernance enfin démocratique de l'Europe sont bons à prendre. Je le dis et le re-dis, le problème n'est pas l'Europe, mais sa gouvernance. Ce sont des ministres nommés, des fonctionnaires cooptés qui prennent des décisions pour 350 millions d'individus. Ce ne sont pas les parlementaires que nous élisons, eux qui aimeraient pourtant avoir davantage voix au chapitre. Nous dépendons d'obscures annexes d'un sur-empilement de traités successifs au lieu d'avoir une constitution neuve, claire et nette. Le droit de cette Europe-là à une Europe démocratique est ce qu'était celui de l'Ancien Régime, fait d'oukazes, de décrets, de passe-droits et de forfantteries diverses, au droit ultra-moderne de la Révolution.
On associe Front de Gauche et NPA, mais, je dois admettre qu'il y a tout de même une différence notable dans la gradation. Si les premiers promettent de raser gratis à chaque ligne, d'où, d'ailleurs, la prolifération de propositions qui ne coûtent pas plus que de la salive à formuler, les seconds en appellent à l'expropriation et aux comités de salut public. Conclusion, quitte à être un gauchiste révolutionnaire, mieux vaut voter Front de Gauche que NPA. Cela dit, quand on entend leurs Liders Maximos faire l'apologie de Cuba ou encore de la Biélorussie, on a un assez bon aperçu de la nature de leur sentiment démocratique...
Côté FN, c'est plus simple : la démocratie chez les autres, on s'en fout, en fait. Pas dérangeantes, les dictatures, dès lors qu'elles ne nous envoient pas d'étrangers. Marrant, d'ailleurs, certaines convergences : la grande ambition du FN, c'est de sortir de l'OTAN et de faire une grande alliance avec la Russie.
Je dis que c'est plus simple, mais en fait, c'est un peu plus complexe que cela, pour le FN. Le Front National dispose d'un vrai programme politique, et ses propositions sont loin de toutes êtres farfelues. C'est bien là où le bât blesse, et je me dis tout de même que les forces démocratiques conventionnelles ont vraiment baissé les bras d'une manière écoeurante, au point de laisser en friche tant de pans sociétaux et nationaux qui devraient les intéresser. Objectivement, quand on prend connaissance des divers programmes politiques des différents partis, on ne trouve que le MoDem et le FN pour faire de la francophonie une priorité. Et encore, quand je dis le MoDem, c'est Bayrou, surtout ! J'ai eu un certain soulagement d'apprendre que le programme présidentiel de Bayrou reprendrait en 2012 les fondamentaux de 2007. Ouf. J'ai échappé au projet humaniste, sorte de sous-programme de gauche mal fagoté à plus d'un égard.
La principale faiblesse du programme du FN, c'est la source espérée pour le financement de son programme. Le FN est convaincu qu'en stoppant complètement l'immigration, la France va faire des économies monumentales. On croit là-bas que ce sera la caverne d'Ali-Baba du Trésor public, la poule aux oeufs d'or. Oh, il y a à la marge d'autres gisements : il faudrait considérer ce que coûtent les associations en France, mais le FN est bien déterminé à sabrer dans les subventions à ces dernières, à l'exception de celles qui touchent un large public et que le FN jugera d'utilité publique.
Démonter le programme d'un parti comme celui du Front de Gauche ne pose pas de réels problèmes. Il ne s'agit que de lutter contre des chimères. Mais mettre à bas celui du FN, c'est une toute autre paire de manches. Fini le temps où il se résumait à un simple travail-famille-patrie. Il comporte des propositions concrètes, et certaines me paraissent largement acceptables.
Après, on peut aussi les coincer aux entournures. Tiens, par exemple, sur la natalité : je lis cela :
Création d’un revenu parental destiné à offrir, pendant la période souhaitée, aux mères ou aux pères de famille la possibilité de choisir librement entre l’exercice d’une activité professionnelle et l’éducation de leurs enfants. Description du dispositif : versement du SMIC pendant 3 ans pour le 1er enfant, renouvellement d’une durée de 3 ans pour le 2e enfant et d’une durée de 10 ans pour le 3e enfant.
Coût estimé : 15 milliards d’euros – mesure elle-même moins supression conséquente de certains dispositifs actuels.
Tiens tiens : et ce sont quoi les dispositifs actuels que l'on va supprimer de façon conséquente ? Moi, j'aime bien lire entre les lignes. Réduction des congés maternité dans les entreprises ? Suppressions des crèches municipales ? Le FN a tout faux, sur la natalité, parce qu'il ne va pas dans le sens de l'histoire. Le sens de l'histoire, c'est que les femmes soient éduquées et qu'elles travaillent. Ce qu'il faut faciliter, c'est les modes de garde pendant que les femmes travaillent (des crèches en entreprise, par exemple), pas des mesures qui les font rester à la maison. Or, si le FN sucre toutes les aides hors domicile familial, c'est forcément dans ce sens qu'il orienterait la société française. Une belle connerie, quand on voit que les pays qui ne parviennent pas à émerger dans le monde le doivent en grande partie au statut de la femme. Bref, pas le peine de beugler contre l'islamisation des banlieues si c'est pour projeter de renvoyer les femmes au gynécée...
Se battre sur tous les fronts, c'est aussi s'occuper de nos autres adversaires politiques, UMP, Verts et PS. Je n'ai aucun désir de constituer une troisième force avec l'un de ceux-là.
12:29 Publié dans Europe, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : fn, front de gauche |
|
|
Facebook
Tweet



