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mercredi, 09 juin 2010

Et le code génétique centriste ?

Comme beaucoup d'internautes attirés par la théorie politique, j'ai pris connaissance de la passe d'armes qui a opposé Jean-François Kahn et François Bayrou quant à la définition d'un centre. Je pense que pour compléter le panorama, il faudrait aussi lire le billet de Laurent de Boissieu, journaliste à La Croix et expert ès centre et théories du centre. D'ailleurs, dès qu'il y a un grand rassemblement centriste, il couvre généralement l'évènement.

En fait, je crois que je ne suis d'accord avec aucun des trois. Kahn voit le centre comme un milieu, un mi-chemin entre deux extrémités. Il appelle à inventer un ailleurs qui soit une alternative à la politique et au monde tels qu'on les connaît aujourd'hui. Bayrou lui réplique que l'ailleurs existe et qu'il rentre dans la définition du centre telle qu'il la propose. Les deux se retrouvent pour rejeter le "centrisme". Laurent de Boissieu, quant à lui, ne voit dans le centre qu'une localisation politique. Il est, paradoxalement, assez proche de Kahn sur ce point.

Eh bien pour ma part, et je plussoie Jean Arthuis, je pense qu'il existe un code génétique du centre au même titre que ceux de droite et de gauche qu'évoque François Bayrou. Soyons plus précis : il existe un code génétique centriste. Centriste, et pas spécifiquement démocrate. Tout l'effort de Bayrou, est, je le crois, de tenter de fondre en une grande force centrisme et courant démocrate, sachant que les sociaux-démocrates couvrent en partie le spectre de ce dernier.

Le centrisme a donc un code génétique, et c'est ce code qui se rebelle tant contre François Bayrou. Si le MoDem et Bayrou retrouvent largement la source démocrate-chrétienne quant au caractère programmatique de leur propos, les effluves mystico-révolutionnaire qui fleurent bon l'appareil militant du MoDem, et pendant les trois dernières années les interventions de François Bayrou, ne sont absolument pas dans son ADN.

Le centrisme, ce sont ces cercles de la raison, cette pondération, ce goût pour les corps intermédiaires, cette soif de liberté, cette confiance en l'individu et ses initiatives, ce refus de l'autorité absolue tant de l'État que d'un seul individu, le choix de la rationalité et de l'effort vertueux et nécessaire. Le centrisme, c'est typiquement absolument une idée de la cité dont l'asymptote est clairement la république vertueuse et raisonnable de Montesquieu. Or, depuis Aristote et Platon, mysticisme et raison s'opposent, s'affrontent, même, radicalement. Rien de plus étranger à la tradition centriste, donc, que le culte du chef, la bayroumania, l'idéalisme absolu et  l'exaltation des masses militantes du MoDem.

Kahn n'est pas un centriste, et c'est bien pour cela qu'il a très vite inventé le concept de centrisme révolutionnaire. C'est un mystique. Mystiques et idéalistes aussi, tous ces militants du MoDem qui ont rêvé d'une constitution idéale, leur constitution, comme on établit les lois d'une cité, à la création du MoDem avec tous leurs arguties sur les statuts du Paris.

En Grèce, dans l'Antiquité, les citoyens des cités en création faisaient appel à des sages, des philosophes, des législateurs reconnus pour concevoir et fixer leurs lois. Voilà qui sied bien au centrisme, pas au mysticisme révolutionnaire, se parât-il de couleurs démocrates.

Si le centrisme admet donc dans son ADN une fonction tribunicienne qu'incarna Jean Lecanuet en son temps, puis, aujourd'hui, François Bayrou, il ne saurait rêver de grand soir quelle que soit la couleur du ciel ce jour-là.

En ce sens, Bayrou est à la croisée des chemins, parce qu'il marie ces deux tendances, pourtant étrangères l'une à l'autre. Et c'est en ce sens aussi qu'il sème tant de trouble : c'est une mutant. Un mutant qui est le fruit d'une mutation improbable. Pas grand chose de commun entre la ferveur presque religieuse des premiers militants démocrates et le réalisme pragmatique de l'UDF. Voilà pourquoi le mariage s'est si mal fait, bien que le ver fût déjà dans le fruit UDF bien avant le MoDem.

Le MoDem n'est donc pas l'héritier de l'UDF. Le Nouveau Centre non plus, d'ailleurs, car à s'accommoder de toutes les lubies sarkozystes, il a fini par altérer également son ADN dans une sorte de blougui-blouga méconnaissable.

S'il fallait être honnête jusqu'au bout, force serait de reconnaître que la vraie héritière de l'UDF et du centrisme, c'est effectivement l'Alliance centriste telle qu'elle existe. Au demeurant, attention, à vouloir recruter des déçus du MoDem, elle pourrait avoir quelques mauvaises surprises : les mystiques déçus font encore moins bon ménage avec la raison que les mystiques encore emplis d'espoir...

Les centristes sont des hommes de dossier, de compromis, de raison et de modération et en même temps indépendants et forts en caractère. Des Delors, des Bourlanges, des Rocard, des Arthuis, et, in fine, qu'il le veuille ou non, le têtu Béarnais qu'est François Bayrou, quand bien même serait-il désormais une sorte d'alien...

15:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : bayrou, kahn, centre, centrisme |  Facebook | | |

vendredi, 27 février 2009

Tchernobyl et la crise économique

Jean-François Kahn, tête de liste du Mouvement Démocrate dans la circonscription Grand Est pour l'élection européenne de juin, a déclaré mercredi à Belfort qu'il fallait arrêter de dire que "la crise va passer à côté de nous, comme le nuage de Tchernobyl". "On vient d'apprendre les chiffres du chômage", en augmentation de 90.200 chômeurs en un mois de janvier à décembre, "ce qui est un record absolu dans notre histoire", a-t-il dit à environ 300 personnes, lors de son premier meeting de campagne pour les européennes....

"Il faut arrêter de dire que la crise, comme le nuage de Tchernobyl, va passer à côté de nous ou encore, comme l'a déclaré Nicolas Sarkozy il y a 15 jours, que la France est moins touchée que les autres", a déclaré Jean-François Kahn.

Pour le candidat du MoDem, "une mesure, qui avait été prise avant la crise, devrait être annulée: c'est l'exonération des charges des heures supplémentaires qui décourage la création d'emplois, surtout en temps de crise", a-t-il estimé.  Il a également accusé le président Sarkozy de "lancer des polémiques qui divisent comme l'histoire Pérol, la nomination des présidents de France Télévisions par le président ou la réforme des institutions", alors que l'urgence imposerait au pays de "faire bloc contre le chômage et la crise". "Il est inutile d'ajouter des polémiques aux polémiques, on n'est pas obligés de cliver le pays", s'est-il exclamé.

Sur le fond, il a reproché au président d'imposer un rapprochement entre la Banque Populaire et la Caisse d'Epargne et d'y nommer son principal collaborateur politique "comme s'il devenait lui-même directeur par intérim: tout finit par remonter au président". "Je ne suis pas sûr qu'une personne qui a eu en charge un dossier concernant ces deux banques puisse légalement en devenir directeur, il faudrait vérifier", a-t-il noté également.

NDLR : trop drôle, le coup du nuage de Tchernobyl :-)

jeudi, 05 février 2009

MoDem et Europe : Yes we Kahn !

kahn.jpgJe ne pouvais tout de même pas laisser passer l'occasion de saluer la venue de Jean-François Kahn comme tête de liste du MoDem pour l'Europe. Alors je crois que mon slogan a de l'avenir, non ? :-)

C'est une bonne nouvelle. Jean-François Kahn est un homme honnête, un homme de convictions, et, tout comme Bayrou, un homme qui ne cède pas. C'est aussi un excellent débatteur, et j'espère que nous aurons l'occasion de le voir débattre contre ses adversaires. Ils comprendront vite à qui ils ont affaire.

Contrairement à l'UMP ou au PS, les listes démocrates aux Européennes n'ont pas servi à recaser des ministres déchus ou des courants déçus. Parce qu'au MoDem, l'élection la plus importante, pour nous, c'est l'élection européenne.

Je voudrais ajouter une dernière chose à propos de J-F Kahn : il a souvent dénoncé le néo-libéralisme, mais par opposition aux vraies valeurs libérales.

Écoutez ici ses réponses aux lecteurs de Marianne en mars 2007, et très précisément, sa réponse à la question 7. On y trouve la dénonciation du néo-libéralisme au nom des vraies valeurs du libéralisme et l'affirmation de la primauté de l'humanisme. Kahn observe d'ailleurs que l'humanisme est commun au vrai libéralisme et au vrai socialisme. Je trouve que c'est très bien dit.

De manière générale, j'aime bien les mal-pensants : Kahn prenant position pour le oui au TCE mais exaspéré par l'unanimisme de la presse et du landernau politique en 2005, c'est exactement ma position de l'époque. Seul Bayrou avait à l'époque donné des arguments valables, tous les autres se contentant de déclarer qu'il fallait voter pour l'Europe parce que c'était "bien" et que l'inverse était "mal".

abecedaire.jpgTiens, d'ailleurs, je ne l'ai pas encore fait, mais je vais acheter son Abécédaire mal-pensant, à ranger sans doute aux côtés du Dictionnaire du Diable d'Ambrose Bierce et du Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert :-)

Bonne occasion de rigoler :-)

samedi, 06 décembre 2008

Justice et loup-garou selon J-F Kahn

Tiens, j'ai trouvé cette réponse lors d'un Tchat de J-F Khan assez rigolote de sa part. Je vous laisse juges...

Ju33 : La prison a 12 ans, franchement vous en pensez quoi? Rachida Dati n'est elle pas la pire ministre de la justice qu'on ait eu?

Deux remarques. La première : je veux bien qu'on rémunère les fonctionnaires au mérite mais à condition qu'on sanctionne les ministres quand ils le méritent. Et là elle le mérite car ça commence à faire beaucoup. La deuxième remarque, plus grave : si la "réforme" consiste en matière de télévision à revenir à l'ORTF et à revenir à la nomination du patron par le pouvoir politique, à porter la retraite à 70 ans, à travailler le dimanche, à privatiser les autoroutes en attendant les routes et à mettre les enfants de 12 ans en prison.... Dans 15 ans, pour faire peur aux gamins on ne dira plus "j'appelle le loup-garou" mais "je fais une réforme" !

:-DDDDDDD

12:48 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : justice, modem, kahn |  Facebook | | |

mercredi, 26 novembre 2008

Jean-François Kahn écrirait-il sur les Chroniques Vénitiennes ?

L'information est à prendre avec des pincettes, mais, si je n'ai pas la berlue, et que la signature que j'ai vu sous le dernier article de l'excellent blog Chroniques Vénitiennes est exacte, Jean-François Kahn, ex directeur de rédaction de Marianne écrit dessus. Trop fort !!!

Je n'ai tout de même pas rêvé, regardez, chers lecteurs ce que j'ai lu en signature :

Gianfranco Canio, Gazette Marianni Di Venice du 26 Novembre 1608

khan

C'est bien lui, non ? ça va faire le tour de la blogosphère à la vitesse de l'éclair, à mon avis...

jeudi, 06 décembre 2007

Bayrou et le MoDem, passionnant Cdans l'air

L'émission est tout simplement passionnante, et François Kahn toujours aussi percutant.

A regarder tout de suite

Quelques paroles fortes : pourquoi donc en France s'échine-t-on à démolir ceux qui ne cèdent pas et cherchent à dépasser les clivages ? De Gaulle, Chevènement, Séguin, et aujourd'hui Bayrou ?

Tout cela parce qu'ils tiennent.

 Autre question : avec tous les problèmes de la France, comment Nicolas Sarkozy trouve-t-il le temps de recevoir Urieta, maire socialiste fabiusien de Pau pour lui proposer une union sacrée UMP-PS pour empêcher Bayrou de prendre la mairie de Pau ? Puis Michel Mercier pour lui proposer (en vain) un poste ministériel ? Et, à quelques jours du congrès du MoDem , Jean-Marie Cavada avec une proposition sensiblement similaire (cette fois avec réussite) ?

Le MoDem et Bayrou, le nouveau cauchemar de Nicolas Sarkozy ? 

Ah, un dernier détail : en fin d'émission, on comprend très bien pourquoi Bayrou a refusé la proposition de Royal : qui a dit pendant tout le premier tour que l'UDF c'était l'autre visage de la droite et que Bayrou n'avait ni équipe ni programme ?... 

Kahn, c'est tout de même un sacré phénomène. Je vais aller acheter Marianne, samedi, moi !