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lundi, 28 mai 2007

Désistements mutuels ?

Dominique Strauss Khan s'est exprimé tout récemment sur l'opportunité de désistements socialistes si des candidats MoDem arrivent en seconde position :

«Dans les circonscriptions où le candidat de gauche est éliminé, (…) nous réfléchirons à un soutien du parti socialiste au candidat MoDem pour battre Nicolas Sarkozy» a-t-il déclaré.

 

A méditer. Nous pouvons, au MoDem certainement envisager certains désistements, mais, dans les mêmes conditions, selon le profil du candidat PS et du candidat UMP.

jeudi, 24 mai 2007

Qui va défendre les Français ?

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Si un certain nombre de parlementaires vous abandonnent, c'est dommage. C'est un incident. Mais si vous abandonnez une idée, l'idée dont vous avez vécu, ce n'est pas un incident. C'est un suicide.
Malraux 
 
Il se trouve que le ralliement n’a jamais été mon idée. Mon idée, c’est le rassemblement. L’apparence est la même, mais au fond, c’est à dire exactement le contraire. Le ralliement, ça se fait après, comme un bon coup justement. Le rassemblement, ça s’annonce avant, non pas comme un coup, mais comme un projet pour le pays. Le ralliement, ça se met en scène comme un coup de théâtre, le rassemblement, c’est un esprit.
François Bayrou 
 

Le Monde va-t-il tomber dans le giron de Nicolas Sarkozy ?

Franz-Olivier Giesbert serait candidat à la succession de Jean-Marie Colombani à la tête du quotidien Le Monde, selon le blog de Jean-Marc Morandini. FOG aurait eu l'assentiment d'Alain Minc, le président du conseil de surveillance du groupe. L'ancien patron du Figaro et actuellement du Point aurait fait acte de candidature auprès de la Société des Rédacteurs du quotidien. De l'autre côté de la Seine, se joue aussi l'avenir d'un patron de rédaction : Robert Namias, le directeur de l'Information de TF1. Nicolas Beytout, ancien directeur des Echos et actuellement au Figaro et, semble-t-il, "Sarko-compatible", faisait figure de favori. Selon Libération, il aurait même été reçu par Nonce Paolini, le nouveau directeur général de la Une. Mais la rédaction de TF1 semble opposée à cette arrivée.

 

Si cette information se confirme, après la nomination d'un très proche de Nicolas Sarkozy à la direction de France 3, nous nous dirigeons en France vers de très noirs horizons... 

Modem et PSLE : nous retrouverons-nous ?

Jean Christophe Lagarde déplorait dans un entretien avec le quotidien La Croix : « ce nouveau morcellement du centre, avec la guéguerre entre le MoDem et le PSLE" (Parti social libéral européen). Je plaide, moi, au contraire, pour le rassemblement, au Parlement déjà, et j'espère un jour dans un même mouvement politique, de tous les centristes, des radicaux de gauche aux centristes de la majorité »

Démocratie et hérésie économique approuve ces propos : nous n'avons pas vocation à nous quereller entre centristes. Toutefois, il doit rester un point tout à fait central : la liberté de penser et la liberté de voter. L'UDF s'est parfois divisée sur ses votes pendant la précédente législature, parce qu'il y avait des différences d'appréciation : cela ne me paraît pas forcément gênant.

Alors nous retrouverons-nous ? Peut-être, mais il y a une chose que nous, démocrates, n'accepterons jamais : c'est d'être satellisés par l'UMP et Nicolas Sarkozy. Nous n'oublions pas non plus que nos projets de société sont différents d'avec l'UMP,  de même que notre appréciation de l'urgence économique (la dette en particulier, et les déficits que le gouvernement Fillon s'apprête à laisser filer une fois encore !!!).

A voir : nous discuterons, enfin, ici, nous l'espérons, après les législatives. Mais...pour cela, il faudrait éviter ce genre de procédés :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=24762 

Nous savons que Morin est un nom répandu en France, certes, mais de là à ce qu'il y en ait autant sous l'étiquette PSLE, est-ce bien sérieux ?... 

 

Hirsch et la franchise médicale : le premier couac !

Cela n'a pas traîné. Ce pauvre Martin Hirsch s'imaginait pouvoir l'ouvrir en faisant valoir que la franchise médicale qu'avait imaginé Sarko & co n'était pas une bonne mesure. Mais heureusement, on lui a bien fait vite comprendre qu'il allait devoir fermer sa gueule, hein, maintenant.

Pour ma part, je ne suis pas contre le principe d'une franchise, mais pas du tout comme le prévoit gouvernement. Pour ma part, ce que je propose, c'est de payer un  à deux euros pour chaque consultation.

Or, ce que veut faire le gouvernement, c'est de ne pas rembourser les 75 à 100 premiers euros de dépenses médicales. Alkors ça bravo : on a calculé qu'ainsi 1/4 des Français ne percevraient plus rien de la Sécurité sociale. Bien joué...

 Et hypocritement le discours que l'on entend à l'UMP, c'est qu'il suffira de créer des assurances (privées bien sûr) pour implémenter les remboursements.

Responsabiliser, moi, je dis oui. Mais faire n'importe quoi et assomer les plus pauvres, je dis non

A lire, la note de Christian Lehmann le 07 mars 2007 sur le double discours de Nicolas Sarkozy à propos de la franchise médicale, et également les commentaires sur l'ouverture et la franchise médicale d'Olivier Bonnet.

Je ne suis pas d'accord avec tout, mais les données chiffrées et de nombreuses observations éclairent la question. 

Je ne suis manifestement pas le seul à m'en inquiéter : Pierre Albertini , le maire de Rouen, sur son blog Capidees a fait de fort pertinentes observations sur la question.

mercredi, 23 mai 2007

De toutes nos forces !

Oui, battons nous de toutes nos forces : voilà la pensée qui me traverse l'esprit au moment où je lis ce matin en page 2 cette brève de la marre aux canards du Canard Enchaîné :

 Flinguer Bayrou

 L'« ouverture»  réalisée par Sarko et Fillon - on l'aura compris - n'avait pas pour seul but de troubler les électeurs de gauche. Il s'agit aussi de « dessouder définitivement Bayrou » ainsi que l'a confié le nouveau chef d'Etat à ses proches.

« On va le priver complètement d'espace politique », a ajouté Sarko. « Bayrou ne sait déjà plus où il habite. Tous ses députés se sont barrés et son discours sur l'ouverture ne tient plus.»

L'objectif est donc d'empêcher l'ancien candidat UDF de constituer un groupe parlementaire et de le priver de moyens financiers et de tribune.

Bref, le chef de l'Etat veut réussir là où Chirac et Juppé avaient échoué en 2002. C'est aussi ça, la «rupture». 

Amis démocrates, ne nous laissons pas faire, et vous lecteurs et électeurs, ne laissez pas Nicolas Sarkozy et l'UMP confisquer la démocratie et la liberté de parole. Soutenez le Mouvement Démocrate et François Bayrou. 

mardi, 22 mai 2007

Centristes, essayons de travailler ensemble !

Je vois aujourd'hui avec regret que quatre familles centristes partent à la bataille législative en ordre dispersé :

1. Le MoDem (UDF), la famille principale

2. La famille consanguine, les élus UDF plus ou moins ralliés à Nicolas Sarkozy

3. Le Parti Radical Valoisien

4. Le Mouvement des Républicains de gauche.

 Alors, moi, je lance un très grand appel : et si nous nous réunifiions tous ? En dépit de nos divergences,  nous avons une grande proximité. Bien sûr, cet appel s'adresse en priorité aux Bédoins que j'espère revoir un jour avec nous.

Je suis tombé sur ce blog, celui de Loïc Hervé en Haute-Savoie (billet du 22 mai 2007) , qui appelle ses militants à soutenir également les 3 candidats MoDem et Bernard Bosson ex-UDF désormais majorité présidentielle.

Je trouve que cette démarche est la bonne : il faut que nous nous retrouvions, même si nos stratégies ne sont pas identiques. Ce qui compte, c'est que nos idées demeurent, elles identiques. 

23:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : centre, UDF, MoDem |  Facebook | | |

lundi, 21 mai 2007

Le gouvernement Fillon : impressions...

Un peu fainéant, je me contente de recopier mes réactions sur le blog de Versac :

A part cela, une remarque sur la nomination de Juppé : perso, je l'aurais préféré aux affaires européennes ou étrangères, domaine où il aurait eu mon entière confiance.

Environnement, c'est bizarre. En même temps, dans un ministère, ce qui compte beaucoup, c'est le poids politique : or, Juppé, c'est un poids lourd. Quand il faudra arbitrer, sa parole pèsera lourd.

Alors je ne sais pas si c'est une bonne chose ou non. Cela dépend assez de Juppé, finalement.

Pour ma part, je n'ai pas une mauvaise opinion du bonhomme.

En revanche, Kouchner aux affaires étrangères, c'est une cata ambulante : ce gars-là voulait envoyer des troupes françaises en Irak, et il veut faire la même chose au Darfour. Pour ce dernier cas, ce n'est pas ainsi qu'il faut procéder, mais comme Bayrou (qui a très bien vu le fond du problème) l'a suggéré : il faut faire pression sur la Chine, c'est elle qui bloque tout. Et il faut commencer par là.
Je trouve que Kouchner n'a pas de flair, et c'est essentiel en politique étrangère.
En même temps Kouchner a 67 ans : s'il n'est pas ministre cette fois-ci, il ne le sera jamais. 2012, c'est trop loin...et trop tard...

Darcos ? Je me méfie. Il fait de très beaux discours, mais dans les actes tout l'inverse. De manière générale, je n'ai pas du tout confiance dans les anciens du cabinet Bayrou qui l'ont trahi : Ferry, Darcos, chacun leur style, mais tous les deux à bien parler et à faire l'inverse de ce qu'ils disent.

Borloo, pareil que vous Versac : je ne me fais pas une idée claire du bonhomme.

Albanel, on la dit pragmatique. Je ne suis pas convaincu par sa gestion de Versailles.

J'ai écrit un petit billet sur elle ici :
http://heresie.hautetfort.com/archive/2007/05/16/un-point-de-vue-sur-christine-albanel.html


Rachida Dati ? A la place du PS, j'aurais les boules : une petite beurette (jolie en plus) qui vient d'un milieu très modeste au ministère de la justice. Ce que la gauche a rêvé de faire, Sarko l'a fait. ça craint à fond pour la gauche.
Bon sur sa compétence, je ne me prononce pas, je ne la connais vraiment pas assez.

Besson, je pense qu'il est un peu devenu fou avec Royal : dommage j'aimais bien le bonhomme à l'origine. Pourtant, je ne pense pas le gars vraiment malhonnête, du moins, pas au sens où on l'entend. Son vrai problème c'est qu'il n'aurait jamais du s'engager au PS. Je ne le pense pas incompétent, à condition qu'il ne se fasse pas manipuler...ET là-dessus, je suis un peu inquiet. Ce n'est pas un politique sur le fond, et il est bien plus naïf que l'on ne pourrait le penser. Le réduire à un Judas serait une grosse erreur.

Pas d'avis sur les autres dans l'immédiat : ah si, j'oubliais Fillon.
Faugère son dircab est un type intéressant. Fillon, très dur en négociations : il passe en force.
Qualité : quand on réussit à obtenir sa parole, on peut être sûr qu'il la tiendra.

Blog : inter-activité ?

Je viens de lire les bons conseils de l'ami Versac à propos des vélléités des hommes politiques de créer leur propre web-télé à leur dévotion.

 Il insiste notamment sur l'inter-activité. Cela m'a fait penser aux conseils que je donnais moi-même sur le blog de Quitterie Delmas.

 
Je pense que le blog est au contraire un exercice solitaire pas du tout pratique pour l'exercice d'une réflexion collective. Pour pouvoir vraiment animer un travail collectif sur les blogs il faut plusieurs choses :
- du temps de présence (pour pouvoir lire)
- des réactions du bloggueur et/ou de son équipe
- une équipe pour lire puis classer les propositions, en triant le bon grain de l'ivraie, et rebondir sur ces dernières dans de nouveaux billets.

Toutes ces choses sont difficiles à mettre en place. Pensez Libre avait assez bien fonctionné de ce point de vue mais :
1. n'était pas assez réactif
2. pas assez connu sur la Toile
3. n'interagissait pas assez avec les autres blogs
4. a un design à chier
5. Ce pauvre Olivier Mousson s'est retrouvé dans la panade avec la défection inopinée d'Hervé Morin

La plupart des sites qui fonctionnent sous SPIP avec une apparence de blog (c'est une question de squelette) sont à mon avis plus appropriés.

Toutefois, même avec un blog, on peut arriver à faire des choses : le blog d'Alain Lambert est pour moi un modèle du genre. Et avec une très bonne équipe (AB Galiani, Damien Catteau sont des auteurs de très grande qualité, pédagogues et réactifs. Ce blog, en dépit de son positionnement politique, est un blog où je prends un grand plaisir à me rendre - sous une autre identité -.
Energies 2007 est assez bien fait aussi, mais ses auteurs ne répondent jamais ni ne réagissent (ou fort peu) aux commentaires de ceux qui y viennent, et à terme, cela peut passer pour une marque de désintérêt sinon de mépris.

Ce problème de communication me paraît bien réel, et j'ai de plus en plus le sentiment qu'une sorte d'aristocratie nouvelle, née sur la Toile, n'aspire finalement qu'à devenir calife à la place du calife : comme dans les rallyes du 16ème arrondissement, on s'invite entre gens de qualité, quelle que soit la couleur politique, on condescend à réagir une fois tous les trois billets, et encore, et dans tous les cas de figure, on se complaît à avoir à sa suite courtisans et admirateurs. 

Ce phénomène m'apparaît de plus en plus répandu sur la Toile, et, je me demande si cela ne consacre pas l'échec à venir des blogs comme force nouvelle dans le grand «marché» de l'information... 

22:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Blogs, inter-activité |  Facebook | | |

Notre Démocratie...

Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez l’un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent : ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes. L’exercice de leurs devoirs politiques leur paraît un contretemps fâcheux qui les distrait de leur industrie. S’agit-il de choisir leurs représentants, de prêter main-forte à l’autorité, de traiter en commun la chose commune, le temps leur manque ; ils ne sauraient dissiper ce temps si précieux en travaux inutiles. Ce sont là jeux d’oisifs, qui ne conviennent point à des hommes graves et occupés des intérêts sérieux de la vie. Ces gens là croient suivre la doctrine de l’intérêt, mais ils ne s’en font qu’une idée grossière et, pour mieux veiller à ce qu’ils nomment leurs affaires, ils négligent la principale, qui est de rester maîtres d’eux-mêmes.
        Les citoyens qui travaillent ne voulant pas songer à la chose publique, et la classe sociale qui pourrait se charger de ce soin pour meubler ses loisirs n’existant plus, la place du gouvernement est comme vide.
        Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte.
        Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions publiques qui pénètre au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps, la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
        Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître.
Le despotisme des factions n’y est pas moins à redouter que celui d’un homme.
       Lorsque la masse des citoyens ne veut s’occuper que d’affaires privées, les plus petits partis ne doivent pas désespérer de devenir maîtres des affaires publiques.
       Il n’est pas rare de voir alors, sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls, ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant les caprices, de toutes choses ; ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne, en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple.

 
Tocqueville, De la démocratie en Amérique