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  • Identité nationale et identité de l'UDF

    Le Figaro est tout de même gonflé, en ces temps de débats sur l'identité nationale. Tiens, l'un des principes les plus avérés du droit français c'est que chaque individu, chaque personne morale n'a qu'une identité et une seule. Et l'usurpation d'identité est punie par la loi. Il me fait rire, de Charette, à donner des droits qu'il ne possède pas, et le Figaro à titrer des informations fallacieuses.

    C'est bien gentil, au Nouveau Centre, de vouloir reprendre le nom de l'UDF, mais le problème, c'est que l'UDF existe toujours !!! C'est même la composante principale du MoDem ! Est-ce que moi je vais demander à Monsieur de Charette si je peux m'appeler Hervé Morin ou François Sauvadet ? Bref, pendant qu'on blablate sur la notion d'identité nationale, le Nouveau Centre ferait bien d'en revenir aux fondamentaux du droit en la matière...

  • Concentré de beauferrie chez MRY

    Bon, ce n'est pas que je veux me lancer dans une blogowar (Nicolas croit y voir un complot.), mais ça beauffise dur chez MRY : il se marre à propos de la dernière note d'Olympe sur les concours de beauté. En fait, il trouve que c'est du lourd...Je ne sais pas si c'est du lourd, chez Olympe, mais en revanche, chez MRY, c'est du gras...et du bon, particulièrement dans les commentaires que relance à satiété l'hôte de ces lieux. On rigole du féminisme, un esprit "subtil" suggère qu'elle pourrait être mal b... , un autre s'interroge sur son âge, et tout notre bon petit café du commerce de blaguer sur le féminisme. Le problème de MRY, c'est qu'il ne sait pas lire. Enfin, pas entre les lignes, du moins : MRY s'imagine qu'Olympe voit en Miss Quercy un garçon manqué.

    Mais mon pauvre ami, il faut reprendre des cours de littérature (et de typographie appliquée à la Toile, au demeurant) : pourquoi crois-tu qu'Olympe ait fait cette réflexion et souligné en gras les termes incriminés ? C'est simplement qu'elle observe que dès qu'une fille pratique un sport considéré comme mâle, on la voit comme un garçon manqué. Je crois au contraire qu'elle se réjouit de cette particularité, et regrette simplement que les qualités énoncées s'étalonnent selon un schéma traditionnel.

    MRY a fait une capture d'écran des commentaires de la note d'Olympe, mais l'inconvénient, c'est qu'il ne les a pas lus...

    On trouve notamment en commentaire 23, cette réponse d'Olympe :

    «@Hoshiko, ce n'est pas moi qui ai utilisé le terme "garçon manqué" c'est sur le site miss france»  .

    Or, qu'est-ce qu'écrit notre bon MRY ? Je cite :

    « Olympe conclut sur le fait que la Miss Quercy Rouergue est un garçon manqué parce que sous la fiche de la Miss est écrit : "La première fois où elle a mis des talons c'est pour l'élection. Il y a à peine une semaine qu'elle s'est achetée sa première paire de chaussures à talons." »

    Bref, j'ai déjà émis l'hypothèse que MRY pouvait s'être pris une torgnole de Bayrou par le passé, mais clairement, pour l'étude des lettres, il en aurait fallu plus qu'une...

    A vrai dire, il y a un truc qui m'étonne, et je vais finir par me demander si Nicolas n'a pas raison : pourquoi donc MRY a-t-il coupé les commentaires à plusieurs reprises ? Si le 28 y figure, il pouvait alors avoir lu le 23, non ? Alors il y a une autre hypothèse, c'est que MRY a tronqué sciemment les commentaires...Un procédé particulièrement malhonnête pour mieux salir celui ou celle que l'on vise...

  • Pourquoi le Nouveau Centre ne défie-t-il pas l'UMP ?

    Je ne comprends pas le Nouveau Centre. Hervé Morin est venu voir Nicolas Sarkozy, il y a peu, avec un sondage secret, montrant que si le Nouveau Centre présentait dans plusieurs régions des députés de son groupe, généralement connus, il pouvait y obtenir entre 9 et 12% des suffrages. Pourquoi choisit-il, dans ces conditions, de ne pas affronter l'épreuve du suffrage universel tout seul ? Même si Sarkozy hurle et crie à la trahison, que l'UMP s'étrangle, le Nouveau Centre aurait bien plus de poids dans la majorité s'il montre qu'il peut peser près de 10% lors d'une élection. Avec 10%, il serait en position de faire valoir ses convictions et son projet dans l'actuelle majorité, et ce serait, bien évidemment, bien mieux pour le centre en France. La stratégie d'Hervé Morin permet peut-être d'avoir des élus, mais elle est suicidaire pour son parti. Avec les régionales, c'était l'une des dernières opportunités pour le Nouveau Centre d'exister. Et même si le résultat final avoisinait plutôt 5-6% que 9-10%, ce n'est pas rien. Surtout par ces temps difficiles où l'UMP n'a plus de réserves de voix.

    Je suis un militant MoDem, et on pourra me dire que cela ne me regarde pas, mais je pense qu'une proportion non négligeable d'électeurs, de sympathisants et même de militants du MoDem est susceptible d'appuyer le Nouveau Centre dans certaines élections, à condition qu'il existe...

  • Recherche peuple désespérément...

    Je poursuis la lecture du livre Recherche peuple désespérément, et j'en suis arrivé aux lignes dans lesquelles les deux auteurs font un tour rapide des discriminations qui frappent le peuple. Ils observent, par exemple, qu'une jeune issu d'un lycée rural a bien moins de chances d'entrer à science-po qu'un jeune des cités venu de Bobigny. Ils remarquent aussi que la gauche s'est polarisée sur les discriminations ethniques sans prendre garde que les discriminations sociales, aussi muettes que discrètes, étaient bien plus redoutables et prononcées. Tous les partis politiques soignent aujourd'hui leur "diversité". la diversité, c'est tendance, ça fait bien sur un plateau. Mais qui s"'indigne de ce que l'Assemblée Nationale ne compte plus un seul ouvrier dans ses rangs ? Fini les Monory garagiste, ou un Bérégovoy ouvrier-tourneur et premier ministre ! place aux élites embourgeoisées venus des centre-villes !

    Il y avait ce week-end un congrès à Arras : le Mouvement Démocrate établissait un programme politique. Dans son discours de clôture, François Bayrou a évoqué une discussion avec Alain Dolium, actuel candidat à la tête de liste pour le MoDem en île de France ; Alain Dolium lui parlait alors des discriminations et voilà ce qu'il lui disait :

    J'ai fait ce parcours. J'ai vécu ces discriminations et - une dont je parlerai dans un temps - mais on se tromperait en croyant qu'il n'y a que les garçons et les filles de peau noire ou d'origine étrangère qui vivent ces discriminations, parce que, a-t-il ajouté, les provinciaux à Paris, ceux qui ont de l'accent, ceux qui viennent d'ailleurs, ceux qui ne connaissent pas les codes, ceux qui ne savent pas comment on s'habille quand on sort dans le monde, ceux qui n'ont pas le parcours fléché, tous ceux-là vivent les mêmes obstacles.

    Et Bayrou a alors conclu :

    C'est bien de tous ceux-là dont nous prenons le destin en charge en ayant choisi les candidats que nous avons choisis. Il y a un peuple de travailleurs qui n'est pas représenté, un peuple de pauvres et, parfois, travailleurs et pauvres en même temps, un peuple de petits retraités - ma mère qui vient de s'en aller percevait pour sa retraite moins de 680 €. Je ne dis pas que ce soit rien, mais, après une longue vie de travail, ce n'est rien. Tous ceux-là constituent, pour nous, notre communauté d'origine, notre enracinement. C'est cet enracinement-là que nous allons porter dans cette élection.

    Et moi, je le dis, je suis d'accord avec cette vision ; c'est d'ailleurs le sens de mes deux billets, l'un sur les ouvriers, l'autre sur la social-bourgeoisie. Et je pense, qu'au PS, Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin ont bien raison de se pencher sur la question. J'espère que leur réflexion ensemencera les programmes régionaux des Socialistes.

    Pour nous, au MoDem, il ne nous reste plus qu'à bâtir des programmes régionaux qui intègrent ces populations oubliées, sans céder un pouce de terrain aux sirènes chics de la médiatisation urbano-centrée. Foin des métropoles, occupons-nous un peu du peuple...

  • Le libéralisme face à la social-bourgeoisie

    C'est marrant, aujourd'hui, en France, si vous voulez afficher un énorme chiffon rouge, brandissez l'étendard du libéralisme : vous êtes à peu près certains d'être chargé par une horde de bovidés enragés.

    C'est qu'en effet, l'on accuse le libéralisme de tous les maux. Curieux. Moi, je ne vois pas de libéralisme nulle part, mais au contraire, une mainmise grandissante des États sur la vie économique, les libertés et les existences de chaque individu.

    A travers la fiscalité, les États démocratiques nous taxent jusqu'à la moëlle, tandis que les régimes autoritaires limitent autant qu'ils le peuvent les libertés individuelles. Pour la fiscalité, vu l'endettement record des États, ils n'ont pas fini de nous taxer : ils devront rembourser tôt ou tard, et, à ce moment-là, ils chercheront de l'argent partout où ils pourront en trouver. Et je n'évoque pas non plus les libertés publiques qui en prennent un coup, depuis quelques temps, dans nos états démocratiques, à commencer par la France...

    Je crois que le pire des maux qui assaillent notre civilisation démocratique, c'est le copinage généralisé au plus haut sommet des états mais aussi des très grandes entreprises. A coups d'entente et d'accords privilégiés, ces réseaux anéantissent petit à petit les libertés, à commencer par les libertés économiques ! Cette nouvelle forme de pouvoir n'a été analysée que par peu d'individus : par Jean François Kahn, d'abord, qui a le grand mérite de comprendre qu'il ne s'agit pas là du libéralisme que l'on dénonce habituellement, mais aussi par certains blogueurs libéraux particulièrement incisifs. Je renvoie ainsi à l'excellente définition de la social-bourgeoisie par Vincent Bénard sur son blog, objectif liberté :

    Pourquoi "Social Bourgeoisie" ? , car cette doctrine politique est très interventionniste, elle est donc apparentée au socialisme. Cette forme particulière d'interventionnisme public très fort dans l'économie consiste à se montrer aussi dépensier que ne le seraient des socialistes purs et durs, et parfois plus que des socialistes réformateurs étrangers. "Bourgeoise", parce que les clientèles principales de ces interventions ne sont plus des familles modestes ou "ouvrières", comme aux débuts de l'essor du socialisme de masse, mais les milieux d'affaires les mieux connectés au pouvoir, c'est à dire les grandes entreprises, et surtout les banques et compagnies d'assurances, alliées indispensables des états qui creusent chaque année un peu plus le trou de leur dette publique. Ceci, afin, nous dit-on, de "favoriser l'économie et l'emploi".

    Vincent Bénard achève avec intelligence son analyse, observant que des interventions sectorielles d'un état sont aux antipodes des thèses libérales traditionnelles, d'une part, et qu'ensuite, si on les confond avec le libéralisme, c'est qu'elles se font souvent au détriment d'acquis sociaux et syndicaux, en faveur de la très petite minorité de très grandes entreprises et de grandes banques qui en bénéficient. Il y a, en fait, des interventions incessantes des états depuis de nombreuses années, à commencer par les USA, mais elles se font en faveur de quelques acteurs et au détriment des autres.

    Pour ma part, je le dis et je le redis : le coeur du libéralisme, dans le domaine économique, c'est la concurrence libre et non faussée. Ce libéralisme économique doit s'appuyer sur un libéralisme politique : pas de concurrence libre et non faussée sans transparence, pas de transparence sans libertés publiques (dont la liberté de commercer, d'acheter ou de consommer sans devoir faire face à des entendesz illégales appuyées par des états, par exemple).

    Voilà pourquoi les libéraux ne peuvent absolument pas se reconnaître dans le nouvel ordre mondial, et encore moins dans le bonapartisme de Nicolas Sarkozy. Non au capitalisme de connivence, car il détruit petit à petit tous les acquis que le capitalisme avait pu amener grâce à l'incroyable accumulation de richesses qu'il avait permis !

    L'état, au lieu d'intervenir à tout va, ferait bien de s'occuper de remplir convenablement sa première fonction : contrôler l'équité des échanges, de l'information, assurer le transparence, prévoir des lois qui permettent aux petits entrepreneurs et aux consommateurs de se défendre. Récemment, les class actions n'ont pas été retenues dans la Loi de Modernisation de l'économie. Pourquoi, parce que cela gênait les plus grosses entreprises. Il y a donc bien eu collusion entre l'état et ses copains...En définitive, c'est une élite qui truste toutes les places du pouvoir et empêche toute saine émulation grâce à ces réseaux. C'est aussi ce que dénonce, je le crois, François Bayrou dans son Abus de pouvoir, et c'est à cela qu'il faut mettre fin si l'on veut retrouver, au moins en France, aux blocages de toute sorte à tous les niveaux de l'économie et de l'état...