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  • Et l'autre jungle, M'sieur Besson ?

    Il y a un gros battage médiatique sur la Jungle de Calais, aujourd'hui. 276 arrestations, des passeurs attrapés, ok, très bien, tout cela ne pouvait perdurer. Je n'aime pas l'argumentation de la gauche qui réplique que cela ne revient qu'à déplacer le problème et qu'il y en aura d'autres. Cet endroit était d'ailleurs dangereux, et une journaliste canadienne y avait été victime d'un viol. Inutile, donc, de marcher dans les traces de la gauche en faisant les bonnes âmes. Cette jungle-là n'est plus, très bien.

    Mais il y en a une autre, qui à vrai dire, me préoccupait autrement plus que celle de Calais. Je parle de celle de Gonesse, aux alentours du lycée René Cassin. Des gamins s'y font agresser à tour de bras, certains à coups de barre de fer, sans aucune réaction des pouvoirs publics. La racaille y pavoise et se vante devant les caméras. Quand va-t-on leur envoyer des unités de police armées de matraques et de flash-ball, avec ordre de taper la racaille à vue et de la coffrer une bonne fois pour toutes ? Il n'y a qu'une solution qui fonctionne, avec ces bandes, c'est la répression sans états d'âme aucun, suivie de sanctions exemplaires et immédiates.

    Alors, Nicolas Sarkozy, on l'attend toujours, le coup de kärcher, dans ces zones qui craignent où des familles apeurées doivent se terrer et osent à peine témoigner. Je le dis et je le redis, je suis un adepte de la matraque (à volonté) et du gnouf pour ceux qui le méritent, particulièrement les bandes de salopards qui se croient forts. La peur doit changer de camp, une bonne fois pour toutes.

    Mais passé les mots et les grandes déclarations, ce n'est manifestement pas une priorité de l'actuel gouvernement...

  • Unesco, je vote Irina Gueorguieva Bokova

    Je regrette d'écrire cette note si tard alors que l'ultime vote se déroule certainement. Je suis très favorable à Irina Gueorguieva Bokova pour accéder à la direction générale de l'UNESCO. En face, un individu aux propos souvent douteux, Farouk Housni, ministre égyptien de la culture réputé surtout pour sa censure féroce. On ne peut pas mettre un type comme ça à la tête de l'UNESCO. Je trouve déjà inquiétant en soi qu'il obtienne autant de voix qu' Irina Gueorguieva Bokova quand on considère les deux parcours. Farouk Hosni a joué un rôle central dans l'étouffement des libertés, particulièrement des intellectuels égyptiens. On ne devrait lui donner aucun crédit. Pour se faire une idée plus précise de ce sale individu, on peut se référer à l'article de Bénédicte Charles et Philippe Cohen dans Marianne2. Il est on ne peut plus éclairant.

    Je ne percute pas : à la tête de l'UNESCO, on doit mettre une femme ou un homme de culture, de préférence intéressé(e) par l'enfance, pas un ancien des services secrets qui a sans doute du sang et des affaires louches sur la conscience. Je ne dis pas qu'Irina Gueorguieva Bokova c'est la panacée (son parcours "brillant" au sein du parti communiste bulgare ne m'inspire guère) mais, elle sera toujours mieux que Farouk Hosni.

  • Ah non ! pas Meirieu !

    Il est question, chez les Verts, de faire de Philippe Meirieu leur tête de liste en Rhône-Alpes. Sur insistance de Dany Cohn-Bendit. J'espère bien, dans ces conditions, que nous allons refuser catégoriquement toute forme d'alliance avec les Verts là-bas. Philippe Meirieu, c'est l'incarnation de la novlangue de l'Éducation Nationale à laquelle les parents ne comprennent rien. Les compétences, la méthode globale, toutes les âneries pédagogiques qui ont vu le jour pendant les années 90 et se perpétuent encore de nos jours trouvent largement leur source dans les thèses de Meirieu et ses comparses. Je serais enchanté de voir Brighelli porter nos couleurs face à Meirieu.

    J'ai été attiré par François Bayrou d'abord pour la place qu'il accordait à la culture et à l'éducation et surtout, par ce qu'il en disait. Tout son projet me semble aller à rebours des préconisations du lénifiant Meirieu, sorte de Pangloss moderne de l'école pour lequel tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes de nos enfants.

    Je dois dire que la seule chose qui pourrait me faire quitter le MoDem, c'est de le voir s'aligner sur les thèses pédagogistes exprimées, à gauche, par conviction, et à droite, par calcul. Souvent, quand je lis les commentaires de certains militants, je me dis qu'il n'en faut pas beaucoup pour que nous ne soyions plus dans le même parti un jour. Heureusement, j'en rencontre d'autres avec lesquels je partage le goût de la culture et de l'excellence.

    Une alliance avec Meirieu serait un casus belli, à titre individuel. J'espère vraiment que nous en sommes très loin. Il va de soi, s'il se précise que Jean-Paul Brighelli porte nos couleurs (lisez d'ailleurs son excellent dernier billet) en Rhône-Alpes, qu'aucune alliance d'aucune sorte n'y sera possible avec les verts, premier et second tours inclus. Ce qui signifie, par ricochet, qu'il n'y aura pas non plus d'alliance possible avec le PS sauf à ce que ce dernier renonce à inclure les Verts locaux et leur future tête de liste sur la liste finale.

    Marielle de Sarnez souhaite que le premier parlement de l'alternance fasse de l'éducation son premier thème de débat. Nul doute (enfin, je l'espère bien) que ça va chauffer. En Rhône-Alpes, je souhaite une lutte sans merci là où se présentera Meirieu. Pas de quartier.

  • Quid de la parité aux Régionales ?

    Olympe se demande ce qu'il va advenir de la parité sur les listes lors des élections régionales, et notamment sur l'ensemble des têtes de file. Elle m'interpelle en compagnie de Nelly à ce sujet pour savoir ce qu'il en est au MoDem et ce que nous en pensons.

    Personnellement, je suis favorable à une parité globale sur les têtes de liste. Je pense que le MoDem va essayer de faire son possible, mais, au MoDem, nous avons quelques soucis, faute de candidats disposant d'une notoriété suffisante pour être identifiables, à l'heure actuelle. Aucun des euro-députés ne compte se présenter aux Régionales, à ma connaissance. Il y a bien sûr les équipes sortantes, mais, commes elles sont issues de l'UDF, seule une moitié d'entre elles se réclame du MoDem.

    Je tiens à être clair sur ma position à ce sujet : je suis très hostile aux politiques d'affirmative action pour promouvoir des minorités. Cela m'indispose fortement que l'on puisse réserver des emplois ou des places à un concours ou dans une grande école à quelqu'un parce qu'il est de telle origine ethnique ou sort de tel quartier. Les espaces d'emploi devraient être aménagés par la contrainte de la loi pour le handicap, mais on ne devrait pas non plus réserver un emploi à quelqu'un sous prétexte qu'il est victime d'un handicap.

    Bref, je suis contre toutes ces lois qui disloquent notre société en autant de petites communautés, plus ou moins légitimes.

    Il en va tout autrement des femmes. Les femmes ne sont pas une minorité, elles sont la moitié de l'humanité. Pourquoi parle-t-on, quand on évoque les minorités, des femmes au même titre que les noirs ou les homosexuels, par exemple ? Les femmes ne sont pas une minorité. D'ailleurs, le concept même de parité est un concept d'équivalence qui renvoie mathématiquement au chiffre deux. Un homme, une femme. Je l'ai dit aussi, le sort de la femme dans une société est le révélateur de celui que l'on réserver aux libertés. Les sociétés les plus avancées sont celles où les femmes et les hommes portent les projets politiques à équidistance les uns des autres.

    Je veux bien admettre que les circonstances fassent qu'un homme puisse être un meilleur candidat qu'une femme dans une ou deux régions spécifiques. J'ai beaucoup plus de mal à croire à la validité des circonstances quand le cas de figure se répète presque 20 fois sur 22 régions...

    Cela dit, pour revenir au MoDem, nous avons un petit souci : 2/3 de nos adhérents sont des hommes, et d'ailleurs, pour ce que j'ai pu en voir aux dernières européennes, 2/3 de nos électeurs aussi. Je ne sais pas pourquoi. Nous avions pourtant quasi 50% de têtes de liste féminines, et, aujourd'hui, quatre de  nos euro-députés sur six sont des femmes...

    Je pense, en tout cas, que la parité est un souci constant pour Marielle de Sarnez. Il suffit de lire ce qu'elle en dit dans son livre Féminin au singulier.

  • M... alors, il est passé où, H16 ?

    Je ne sais pas ce que nous traffique free, là, mais j'aimerais bien savoir pourquoi mon blog libéral favori a disparu de la plate-forme : depuis hier, plus trace de hashtable autrement que par une erreur 403.

    Qu'est-ce que c'est que cette connerie :

    «Le serveur a compris la requête, mais refuse de la satisfaire.

    Une démarche d'authentification n'y fera rien et cette requête ne doit pas être renouvelée. Si la méthode invoquée est différente de HEAD et le serveur souhaite rendre public la raison pour laquelle il refuse le traitement, il le fera dans l'entité liée à cette réponse. Ce code d'état est souvent utilisé lorsque le serveur ne souhaite pas s'étendre sur les raisons pour lesquelles il refuse un accès, ou parce que c'est la seule réponse qui convienne.

    Vous tentez d'accéder à une ressource qui vous est interdite.
    Il se peut que le compte concerné soit suspendu (Cf. Console de Gestion)
    »

    Sur le moment, j'avais cru à un problème technique passager, mais là, ça persiste, puisque Claudio en a même fait un billet, lui aussi. Alors ? Quid ? Il a publié un billet comportant trop de révélations ? Une première victime d'Hadopi II ? Qu'est-ce qu'il se passe ? En plus, comme je l'ai via le flux LHC, je ne l'ai pas direct dans mon reader. Je sais, en revanche, que son dernier billet concernait la chaîne de gauche. Peut-être que les Kiwis et LHC en savent un peu plus sur le sujet...

  • La corde pour les pendre

    La corde pour les pendre, c'est le titre d'un ouvrage écrit en 1985 par le reporter Éric Laurent. Un ouvrage très bien documenté et très bien écrit, qui analyse les relations troubles entre les milieux d'affaire occidentaux et les régimes communistes totalitaires dès 1917. Il analyse en particulier les relations privilégiées entre le milliardaire rouge Armand Hammer (décédé en 1990) ex-dirigeant de l'Occidental Petroleum et les dirigeants du Kremlin (Lénine fut l'un de ses amis). J'ai lu ce livre il y a un certain temps et j'en ai retenu le verdict des communistes sur les capitalistes : ils y disaient que les capitalistes finiraient par leur vendre la corde nécessaire à leur propre pendaison. Rien ne peut entamer la bonne marche des affaires.

    J'ai pensé à ce livre, parce que je viens d'apprendre que l'État français s'apprête à modifier tranquillement son code civil afin de pouvoir introduire sur son sol la finance islamique et notamment les fameux sukkuks. Qu'est-ce qu'un sukkuk (prononcer soukouk, et pas moyen de savoir s'il y a un seul "k" ou deux "k") ? Un astucieux système pour contourner l'interdiction par la sharia de toucher des intérêts : en fait, ce sont des sortes de titres qui correspondent à des fonds ayant permis d'acheter du matériel. Ce matériel est loué en leasing à une entreprise, et c'est le loyer qui représente en fait l'intérêt du titre, à proportion de la participation initiale. Eh bien sûr, ces titres peuvent s'échanger sur les marchés financiers islamiques... Il existe, de toutes façons, dans la finance islamique, une série de stratagèmes pour pouvoir faire du fric en toute bonne conscience... Ce n'est pas l'apanage de l'Islam. En son temps, l'église catholique vendait même des pardons et des places au Paradis, tout ce qu'il y a de plus officiellement...

    Eh bien devinez ce que vient de faire le Parlement français ? Il vient de faire passer une proposition de loi comportant un amendement modifiant notre code civil afin d'introduire ces obligations islamiques en droit français. Oulah ! J'espère que l'église de la scientologie ou les Raëliens ne vont pas un jour émettre des titres raëliens ou scientologiques : modifierons-nous notre droit en conséquence ? En tout cas, le projet de loi se trouve ici . Il faut lire en particulier l'article 6 sexies B.

    A la lueur de ce que j'ai écrit, on comprend que le principe du sukkuk va forcément modifier la notion même de propriété en droit français. En effet, le droit français ne distingue pas propriété juridique et propriété économique (bénéficiaire). Nous allons créer en France un nouveau type de propriété, tout droit inspiré du Coran, je cite l'argument du rapporteur du projet. Il serait  ainsi précisé que :

    «  Le fiduciaire exerce la propriété fiduciaire des actifs figurant dans le patrimoine fiduciaire, au profit du ou des bénéficiaires, selon les stipulations du contrat de la fiducie. »

    Inspiré du dispositif anglo-saxon, le présent article propose d'expliciter ce qui est déjà en germe dans l'article 2011 du code civil. Il s'agit de préciser que le fiduciaire acquiert la propriété fiduciaire des biens, c'est-à-dire qu'il acquiert non la propriété de l'article 544 du code civil (usus, fructus, abusus), mais une propriété d'un nouveau type, une propriété avec charge. Le fiduciaire dispose certes des attributs juridiques de la propriété, mais ne peut exercer ce droit que dans les limites et sous les conditions posées par le contrat de fiducie en faveur du ou des bénéficiaires. Pour résumer, le fiduciaire bénéficierait de la propriété juridique des biens alors que le bénéficiaire bénéficierait de la propriété économique des mêmes biens.

    Voilà ce qui figurait dans le projet, je suppose que c'est à peu près cela qui a été voté. Il existe plusieurs types de sukuks (un "k" ? deux "k" ?), mais ce sont les sukuks idjara qui sont principalement visés par la nouvelle loi. La corde pour les pendre, je vous dis...