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  • Pour aider l'Iran, fermons nos gueules !

    C'est dit un peu brutalement, mais je crois que c'est ce que nous avons de mieux à faire. Ce que d'ailleurs Obama a très intelligemment compris. Il y a actuellement, au sein même du pouvoir iranien une lutte de pouvoir. On a proclamé un peu vite Moussavi réformateur. Moussavi est un modéré, mais je rappelle que le candidat réformateur, c'est Karoubi, pas Moussavi.

    Moussavi, bien que modéré et plutôt ouvert, fait partie de l'establishment iranien. En ce sens, s'il est bien victorieux, il escompte bien ne pas se faire voler sa victoire. Et il a quelques appuis sérieux, ce qui explique l'indécision de Khamenei. Les Bazaris, apparemment, le soutiennent, et, ce qui est plus ennuyeux pour Khamenei, une partie du conseil des experts, seule instance capable de révoquer Khamenei. Or, ce conseil est présidé par Hachemi Rafsandjani, un pragmatique, adversaire politique direct de Khamenei.

    Je pense que les états européens n'ont absolument aucun intérêt à faire connaître leurs inquiétudes sur le processus électoral au pouvoir iranien ; le pouvoir iranien se fout des inquiétudes des Européens comme de l'an 40. Deux forces se mesurent actuellement en Iran et testent leur puissance. L'une dispose d'appuis politiques, mais moins que la seconde. En revanche, elle a réussi à mettre le peuple de son côté.

    En revanche, ce que nous pouvons faire, c'est faire circuler l'information. Le département d'Éat américain qui a bien compris l'enjeu, a agi avec beaucoup d'intelligence en suggérant à Twitter de remettre à plus tard sa maintenance. Il aurait simplement dû être plus discret pour qu'il n'y ait pas de fuites...

    Que l'on ne se leurre pas : sur le programme nucléaire, aucun des candidats n'a l'intention de lâcher du lest. A la limite, je dirais même que Moussavi est un meilleur choix qu'Ahmadinejad sur ce point, car comme il est bien meilleur diplomate, il braquera certainement moins les Occidentaux si finalement il a bien obtenu une majorité de suffrages. Et comme il les braquera moins, il fera forcément passer plus de chose sans coup férir...

    Une chose est certaine, ce que les Iraniens ont fait, seuls les Iraniens peuvent le défaire. Leur sort est donc entre leurs mains. On reçoit de l'information de Téhéran ou d'Ispahan, mais j'aimerais bien savoir quelle est l'ambiance dans les campagnes perses...

    Quelle que soit l'issue, Twitter se sera fait une sacrée pub à peu de frais dans cette histoire. J'ai ciommencé à chercher des profils d'Iraniens sur place, mais Twitter, c'est plus touffu qu'une savane, et je ne suis pas familier de ce mode de communication.

  • Le bac ne vaut rien !

    Je viens de lire la petite note d'Aurélien Véron qui se demande combien vaut le bac. Il voit dans cet examen un diplôme désormais sans valeur et en prône la disparition afin de recentrer l'éducation autour de deux pôles qui lui paraissent essentiels.

    Mais, in fine, ce qu'Aurélien tente de déterminer, c'est la valeur du bac. Ce qu'il coûte d'abord, puis comment il se vend sur le marché de l'emploi. C'est clair, il coûte cher, et il se vend mal. Je ne vais pas le lui contester. Mais, pour ma part, j'aime bien l'idée que le bac ne vaut rien. J'entends par là qu'il n'a pas de valeur. Pas de valeur, cela ne signifie pas que sa valeur est très faible, résiduelle, mais que le bac n'est tout simplement pas valorisable.

    Ce qui me plaît à moi, c'est l'idée d'un bac gratuit. Pas gratuit au sens marchand du terme, mais gratuit comme un acte serait gratuit. Au fond, l'idéal d'origine, à la création du bac, c'était de former d'honnêtes gens et de les doter d'une culture humaniste. Qui s'en souvient ? Le baccalauréat était le premier grade de l'Université aux temps anciens des premières heures de l'Université.

    Je ne suis pas le seul à avoir parcouru l'article d'Aurélien. Mathieu L aussi. Et je partage certaines de ses préventions contre une idée avancée par Aurélien : la fameux chèque-éducation. J'aime bien l'idée évidemment de laisser aux familles la liberté de choisir leur établissement scolaire, mais je me défie des effets pervers que cela peut entraîner. J'aime la liberté mais je ne confonds pas la liberté avec l'absence de limites. Notamment, rien n'empêche  des mouvements  sectaires d'ouvrir des écoles à tire-larigot pour capter in fine une subvention publique. Imagine-t-on des écoles burka, des écoles scientologues et cetera à discrétion du choix des parents ? La culture et l'Éducation cimentent la nation. Je préfère que l'on établisse des espaces de liberté au sein de l'école plutôt que l'on confie l'école à n'importe qui.

    Je plussoie le Privilégié qui obserrve que lorsqu'on met en concurrence des établissements scolaires, ce ne sont pas les usagers qui choisissent les établissements mais au contraire ces derniers qui choisissent leur public. Or, le chèque-scolaire et l'absence de limites dans le choix créeront cette concurrence. Ensuite, tout comme Bayrou, je pense qu'il y a des biens supérieurs qui doivent échapper à la logique marchande. L'Éducation fait partie de ces biens à mes yeux. Je maintiens donc que le bac ne vaut rien.

    J'ajoute que je ne suis pas du tout convaincu de l'intérêt financier de la chose. L'école a besoin d'une certaine rationnalisation des moyens. Les établissements scolaires, les équipements resteront vraisemblablement publics. Comment faire si le choix total laissé aux familles entraîne d'incessants mouvements de population scolaire ? On risque de parvenir à une véritable usine à gaz. Et pour la liberté pédagogique, désolé, mais il me semble légitime que des inspecteurs contrôlent régulièrement la qualité des cours dispensés par les enseignants. En revanche, dégommer l'espèce de techno-structure centrale qui impose ses vues depuis 40 ans à l'ensemble du monde éducatif, j'avoue que l'idée est plaisante.

    Enfin, je ne juge pas irréaliste d'amener 50% d'une classe d'âge à une licence dès lors que l'on développe les licences professionnelles. Ce qui est irréaliste (mais surtout idiot) c'est de vouloir amener 50% d'une classe d'âge à une licence disciplinaire. Il y a un vieux concept marxiste auquel, pour une fois, j'adhère, c'est l'idée d'une éducabilité universelle (mais cela s'arrête là). Pas aux mêmes rythmes forcément, pas avec les mêmes parcours, mais, sur le fond, je pense que tout le monde, s'il en a la volonté, peut accéder à un haut niveau de culture et d'éducation. A la théorie des dons, je préfère substituer celle des goûts. C'est simplement une question de temps et de volonté. Ce ne devrait pas être une obligation, mais simplement une possibilité.

     

  • Les récidives de Marc Machin

    Dans l'affaire Marc Machin, il y a quelques faits que les médias ont toujours passé sous silence. Tous les écrits se sont toujours concentrés sur la question de sa présence ou non sur le Pont de Neuilly et, par conséquence, sa culpabilité ou non. Mais aucun média ou presque n'avait relevé que Marc Machin avait déjà commis deux agressions sexuelles avant d'être soupçonné. Le voilà à nouveau condamné avec une gradation supplémentaire dans les faits. Les médias ont outrageusement minimisé les faits. La nouvelle agression dont il s'est rendu coupable a été accompagné de sévices sexuels très violents.

    Quand la justice étudie la culpabilité ou non d'affaires criminelles, on trouve toujours très rapidement moult comités Théodule pour appeler à soutenir tel ou tel justiciable. Je n'y participe que fort rarement. Non que je ne puisse imaginer qu'autrui soit accusé à tort, mais, dans ce genre de cas, j'aime bien connaître les antécédents judiciaires des individus concernés.

    La question que pose l'agression de Marc Machin, c'est celle, une nouvelle fois, de la récidive des délinquants sexuels. Il avait été condamné deux fois pour agressions sexuelles. La presse parle toujours de prise en charge, de soins pour cette délinquance -là.

    Est-ce que cela marche ? Voilà la question que je pose. On parle de soins comme s'ils allaient de soi. Mais est-ce le cas ? On retient de 4% de récidive seulement, pour les crimes. 4% , cela s'appuie seulement sur ceux que l'on identifie. Est-ce qu'il ne faudrait pas se poser une bonne fois pour toutes la question de la dangerosité définitive de certaines catégories de crime. Dès lors qu'il y a une seule récidive, on ne devrait pas attendre qu'elle soit "multi", il me semble que le cas devrait être entendu.

    Mon sentiment personnel, c'est que les crimes sexuels et les crimes sadiques (avec sévices) sont le fait de gens qui ne sont pas guérissables ni réinsérables. Il n'y a que deux solutions pour en finir une bonne fois pour toutes avec leurs pulsions :

    a) la prison à vie

    b) la biochimie organique : j'entends par là la possibilité d'agir directement sur les centres qui commandent l'agressivité dans le cerveau. Cela peut être par le biais d'une lobotomie appropriée ou par l'administration de substances bloquant d'éventuelles hormones en cause.

    Nos sociétés font un blocage sur la seconde possibilité en s'imaginant que toucher au cerveau d'un individu, fût-il un criminel, c'est l'aliéner dans son essence. A ceux-là, on pourrait faire observer qu'un criminel de ce type est de toutes façons, déjà aliéné...

    Alors libérer les tarés de toute sorte pour pouvoir se donner une posture morale au nom des droits de l'homme, cela pe paraît un tantinet léger comme issue.

  • 15 000 commentaires chez l'hérétique !

    Coup de pot : j'ouvre tranquillement l'interface administrateur de mon blog, je jette négligemment un oeil sur les stats, et je vois que je suis très exactement à 15 000 commentaires.

    Le blog a ouvert en mai 2006. 15 000 commentaires en 3 ans. Toutefois, il y a une accélération avec le temps, parce qu'il y a trois mois, il y avait 10 000 commentaires. En fait, depuis un moment, je tourne à 1000 - 2000 commentaires par mois.

    Attention : 15 000 commentaires, cela ne veut pas dire non plus 15 000 commentateurs. Difficile de savoir combien il y a de commentateurs. En revanche, je sais que le temps de lecture total des commentaires sur le blog excède le temps de lecture total des billets. Pas de beaucoup, c'est presque 50-50 mais les commentaires l'emportent.

    En parlant de statistiques, je m'acheminais tranquillement vers une fréquentation passable au mois de mai, c'est à dire 8500 à 9000 visiteurs uniques, mais, en rédigeant deux à trois billets sur Susan Boyle, j'ai provoqué dans l'avoir anticipé un afflux tout à fait imprévu de visiteurs, et du coup, j'ai terminé le mois à un peu plus de 1200 visiteurs uniques. Précisément,12 352 visiteurs uniques, 26436 visites, 83 996 pages lues et une moyenne quotidienne de 852 visiteurs avec un pic à 2566. Le mois de juin sera certainement supérieur étant donné que je viens de franchir le cap des 10 000 visiteurs uniques aujourd'hui.

    Merci google qui me place souvent en pointe sur les questions d'actualités. Je n'ai en revanche guère d'idées sur mon nombre d'abonnés. Aux alentours de 200 à 250, je pense, mais c'est une pure supposition.

    En fait, les statistiques brutes d'un blog ne sont guère intéressantes en soi. Ce qui est intéressant, c'est d'étudier ce que les lecteurs lisent et pourquoi, et puis, comment se constituent des mouvements massifs vers une acutalité plutôt qu'une autre. A cela, il faut ajouter des paramètres importants comme le titre que l'on donne à son billet et l'heure à laquelle on le publie.

    Il y a deux sortes de blogs : les blogs aristocratiques, de gens sérieux, qui publient des analyses de fond, sans doute lues et relues avec minutie, et puis des blogs popu, comme le mien, où l'on serre l'actualité au jour le jour, on fait des fautes de frappe et dont les articles comportent parfois des inexactitudes. Souvent, les aristocratiques méprisent  les popu. Ils se demandent pourquoi les gens s'intéressent à ces trublions qui ne se contentent que d'approximations. Les aristocratiques sont souvent intéressants, mais ils m'énervent à nous considérer au fond, nous les popu, comme de la merde. D'ailleurs, un aristocratique, sauf circonstances exceptionnelles, ne citera jamais un popu. Ce serait lui faire trop d'honneur, pensez-donc, chers amis...Au fait, popu, c'est populaire, populo, peuple, populiste, d'accord ? on s'est compris. Les aristocratiques abhorrent le bon gros sens commun et les interpellations des popu ou encore leur propension à ne traiter que l'immédiateté des choses.

    J'ai dit qu'il y a deux sortes de blogs, mais en fait, il y en a trois. J'ai oublié les blogs des gens comme il faut. Les blogs comme il faut ont ce qu'il convient d'anti-conformisme pour être juste comme il faut. Ce soupçon de provocation en commun qui vous fait rentrer dans la norme des gens bien intentionnés. Les blogs comme il faut s'indignent en coeur au premier dérapage, surenchérissant dans le concert de bêlements. Les blogs comme il faut méprisent aussi le popu. Ils aiment bien les pauvres gens dont ils prennent avec empressement la défense, mais sont irréversiblement allergiques aux popu. Engoncés dans leurs certitudes morales, ils aiment bien adopter des postures plaisantes qui leur donnent une stature. Du haut de ce blog, 40 siècles de morale vous contemplent, les popus...Les gens comme il faut jalousent les aristocrates mais leur tirent bas la révérence. Ils s'indignent, en revanche, de ce que les popus puissent attirer du lectorat, et l'amer constat de leur inconsistance peut parfois faire vaciller leurs convictions.

    Ainsi va la blogosphère entre frustrations et rêves de grandeur. Micromégas a de l'avenir...