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35 heures

  • 35 heures, le logiciel de la droite m'inquiète

    Il me paraît acté que 2017 verra l'arrivée au pouvoir de la droite, voire de l'extrême-droite. Dans tous les cas de figure, le discours tenu sur les 35 heures est assez aberrant.

    La droite fait une fixation sur cette loi de gauche et ne parle que de la supprimer. Soyons sérieux à deux titres :

    a) la droite a été dix années au pouvoir : si elle avait voulu supprimer ce dispositif, elle pouvait le faire. Je pense même que si cela avait vraiment un sens économique de la faire, cela aurait été fait.

    b) l'emploi est en berne à l'heure actuelle. Du travail, il n'y en a pas. Cela me paraît donc particulièrement idiot de retirer des heures dans un contexte aussi tendu. En réalité, cela aboutira juste à faire cravacher encore plus les cadres, eux qui dépassent de toutes façons largement les 35 heures par semaine et qui paient l'essentiel de l'impôt.

    Vouloir supprimer les 35 heures est donc 100% idiot. Là où cela aurait un sens, c'est de revenir sur cette mesure accordée aussi dans la fonction publique, sauf qu'il est un peu tard. 

    Si c'est tout ce que la droite a trouvé pour relancer la machine économique en 2017, j'avoue que je suis vraiment inquiet, d'autant que ses autres propositions ne sont vraiment pas folichonnes (j'y reviendrai)...

  • Les 35 heures, un problème ?

    J'entends crier haro sur le baudet de toute part dès que l'on évoque les 35 heures (je parle de la durée légale de la semaine de travail). Pour ma part, je n'ai jamais pu me faire une religion sur la question.

    Si je juge que cela s'est avéré une erreur dans la fonction publique car cela générait des coûts ou amoindrissait l'efficacité du service public, dans la sphère privée, en revanche, telle que la loi a été appliquée, je n'ai pas constaté que les conséquences de la mesure aient été dévastatrices.

    Qui en demande d'ailleurs la suppression ? Certainement pas les patrons et les entrepreneurs. La controverse est devenue exclusivement politique ou presque ce qui revient à dire qu'elle ressort désormais de l'idéologie.

    Revenir sur cette durée n'aurait d'autant plus de sens aujourd'hui que l'on ne reviendra pas en revanche sur les rythmes déments qui caractérisent l'existence professionnelle de bien des cadres notamment quand ils sont passés hors-convention.

    D'ailleurs, personne ne s'accorde pour chiffrer ni même  mesurer précisément les conséquences exactes de la mesure.

    Le mal qui frappe l'économie française est bien antérieur à l'apparition des 35 heures. A vrai dire, quand je discute autour de moi, je ne vois pas qui travaille 35 heures en dehors de la fonction publique ou des entreprises nationales (et encore, pas toutes et pas pour tout le monde). Cette loi est en réalité un leurre qui n'a touché qu'une partie des salariés.

    Dernier point enfin, nonobstant les éventuels coûts de la mesure, il faut admettre que de devoir réduire le temps de travail nécessaire pour vivre est dans son principe un progrès.

    Tant qu'Adam et Ève ont vécu en Éden ils n'ont pas eu à travailler. Ce n'est qu'une fois chassés qu'ils ont dû gagner leur pain à la sueur de leur front. Alors, tendre vers l'Éden originel, l'Âge d'Or d'un Saturne dont l'étymologie indique largement sa parenté avec notre satiété, quel mal au fond ?

  • 35 heures, témoignage d'une entrepreneuse de TPE

    Valls, l'UMP envisagent de "déverrouiller" les 35 heures. Je tends à penser que cela n'apportera rien d'un point de vue économique, ni pour l'emploi, ni pour la compétitivité. Mais le mieux, c'est encore de donner la parole à un chef d'entreprise : juju41 qui commente de temps en temps ici, mais bien plus sur le forum Demos, dirige une TPE. Elle vient de témoigner à la suite de mon article sur Valls :

    35 heures: les propositions d'Hervé Novelli
    http://www.rmc.fr/editorial/141769/exclu-35-heures-les-propositions-dherve-novelli/

    primo,
    Novelli oublie que les 35 H sont basées sur une annualisation du temps de travail, c'est à dire la possiblité de moduler les horaires en fonction de l'activité, sur un quota d'heures annuelles. avec ses 38 H payées 38,il impose aux entreprises un surcroît horaire et financier , pas forcément nécessaire en temps de crise, le carnet de commande étant déjà maigrelet..à quoi bon payer plus des salariés qui feraient juste du temps de présence, sans produire plus.. ça revient à aggraver la crise dans ces entreprises.sans compter que les salariés ne faisant plus des heures sup perdent en pouvoir d'achat, sauf si on licencie, pour garder le strict minimum de salariés qui bosseraient comme des chinois...

    suppression des RTT: il faudrait calculer l'impact économique des RTT, sur les dépenses des ménages, sorties , culture, achats, sports, bricolage, Tourisme, associations..un lourd manque à gagner à mon avis en cas de suppression des RTT.

    secondo, d'après Novelli
    "l'État échangerait la suppression progressive de ces allègements de charge contre de la flexibilité pour les entreprises et de la sécurité pour les salariés. En d'autres termes, on supprime les 22 milliards de coût pour les finances publiques sur cinq ans, donc l'État est gagnant. Mais on change radicalement la donne en revenant sur la durée légale du travail et on donne plus de latitude sur un certain nombre de domaines du droit social aux entreprises"
    qu'est ce que ça veut dire?
    d'un côté on augmente le coût du travail et donc de la production si les exonérations sont supprimées..
    en échange, il ya flexibilité( on a déjà la flexibilité avec les 35 h) mais ça veut dire quoi de plus? une facilité de licenciement?à part ça, je ne vois pas trop ce que ça veut dire, et en quoi ça pourrait compenser l'augmentation de charges déjà très lourdes.
    il y a aussi "sécurité pour les salariés".. Kézako? mystère et boule de gomme..

    au final, en quoi ça améliore la compétitivité, et en quoi ça fait diminuer le chômage?
    à titre personnel, on a pas besoin d'augmenter nos heures de travail, on ne saurait pas quoi en faire , en gardant tous nos salariés...

    moi j'ai déjà réfléchi.. si la Loi Novelli passe.. on passe aux 40 heures, et je licencie un gars..avec les heures sup( jusqu'à 48h/semaine), je peux compenser avec 4 salariés au lieu de 5..voilà le travail, surtout si il y a facilité de licenciement..parce que je ne peux pas augmenter mes tarifs, quand je suis en concurrence avec des entreprises basées au Luxembourg (impôts, taxes et charges, 14%), déjà qu'on fait au plus serré, avec une marge minimale,on se demande ce qu'on ferait avec des salaires et charges augmentés// Mais D***n Novelli ne pense qu'aux grosses boites comme d'hab.. ben de toutes façons, dans peu de temps, on va se vendre à une grosse boite, parce que justement ras le bol, après je ne garantis plus la qualité du travail payé au lance-pierre, avec des produis interdits, mais bon on n'a pas le choix..c'est la loi du néo-libéralisme , produire de la merde en masse à pas cher..

    je suis prête à parier que le chômage augmentera . si chaque entreprise fait comme moi, en calculant au plus près ce que lui coûtera un salarié, charges augmentées, je garantis les charettes de licenciements. surtout si le licenciement est plus souple..si on peut aller jusqu'à 48 h/ semaine sans pb, ça double le chômage.

  • Trois monstres pour l'économie française

    Je reprends un extrait très significatif d'un billet du blog de Christian Saint-Etienne. C'est tellement bien dit que je ne vois rien à rajouter :

    Trois idées monstrueuses, aujourd’hui éventées, ont guidé la « génération maléfique » qui a gouverné notre pays depuis un quart de siècle :

    - La dépense publique crée la richesse. Et depuis 1981, cet « adage » a été au centre de la politique publique. En sorte que la dépense publique française en pourcentage du PIB, qui était inférieure à celle de la zone euro (reconstituée) dans les années 70 est aujourd’hui supérieure de 8 points de PIB à la moyenne de la zone euro hors France. Dans le même temps, l’écart de croissance, entre notre économie et la moyenne des autres pays de la zone, est passé d’un point en notre faveur à un demi-point en notre défaveur.

    - Le travail doit être partagé. Avec la retraite à 60 ans, il s’agissait de faire travailler les jeunes en remplacement des vieux. Avec les 35 heures, il s’agissait de partager une quantité de travail donnée entre plus de bras. Ces deux mesures ont au contraire cassé le taux d’activité global de la population.

    - Les inégalités sociales créent la pauvreté. Après redistribution, l’écart de revenu entre le décile supérieur et le décile le plus bas est de 4 en France, 5 en Allemagne, 6 au Royaume-Uni et 10 aux Etats-Unis. Ces trois derniers pays ont aujourd’hui un niveau de vie supérieur au nôtre. A force d’écraser fiscalement les plus productifs, on les a fait fuir ou découragé.

     
    Cela tape fort, dans le mille, et juste. 

  • Temps de travail et relance de l'emploi

    Tenter d'en finir avec les 35 heures, c'est occulter la réalité des obstacles qui paralysent l'emploi :  agir sur le levier du temps de travail, finalement, c'est activer un levier presque micro-économique . Or, on ne ne modifie pas fondamentalement la structure du travail elle-même ; c'est pourtant elle qui est  par dessus tout la plus viciéeet  fragile en France. Légiférer sur le temps de travail, c'est donc agir à la marge, que ce soit dans un sens ou dans l'autre.

    En réalité, ce sont surtout les TPE qui peuvent par ce biais générer de l'emploi, mais les TPE (et il faut les distinguer des PME) ne pourront à elles seules résorber notre chômage, ni le faire diminuer substantiellement.

    Ce qui est à craindre, c'est que l'actuel gouvernement,  au final, ne  se contente de mesurettes sans viser le fond, car la cause première de tous nos soucis, ce n'est pas le temps de travail, à  une preuve évidente, le caractère chronique  du chômage , bien antérieur aux 35 heures.

    De toutes les gouvernements que nous avons eus ces 20 dernières années , seul celui de Jean-Pierre Raffarin semble avoir commencé à comprendre le coeur du problème (les fameux pôles de compétence) en donnant mission à Christian Blanc de faire un audit de la situation dans les régions, et en lançant un processus, mais, à l'évidence très maladroit.

    Mais l'actuel  gouvernement, lui,  ne  paraît pas aller dans le bon sens : il y a le feu à la maison, depuis un moment déjà, et pour l'instant, il ne s'intéresse qu'au temps de travail et à la fiscalité (en vue de libérer les capacités d'investissement et/ou de consommation, on peut le présumer).

    Mais à quoi bon libérer ces capacités si elles ne trouvent pas des structures performantes où se porter ? Pire, l'on risque de voir ces capitaux se libérer là où il y a de la performance économique et industrielle.

    Bref,on ne met pas la charrue avant les boeufs, et c'est pourtant ce qui se produit actuellement. Pire, cette charrue ainsi placée pourrait rendre stérile le sillon qu'elle est censée ensemencer...

  • Défiscalisation des heures supplémentaires

    Finalement, qu'est-ce qui fait que le coût du travail a un impact d'autant plus important sur l'emploi ? Eh bien c'est avant toutes choses les coûts qu'il engendre sur le produit fini et donc sur son prix.

    Le coût sur le prix n'est pas en soi un obstacle insurmontable (toutes proportions gardées, car il faut pouvoir trouver un marché) dès lors que l'on n'est  pas en concurrence avec des producteurs disposant d'une main d'oeuvre pléthorique et bien moins chère.

    A partir de là, il y a deux solutions :
    1.Rénover  appareil de production de manière à ce qu'il soit bien plus efficient que celui des concurrents rendant ainsi sa valeur utile au coût de la main d'oeuvre.
    2.Produire  sur un secteur d'avant-garde de haute technologie requièrant des spécialistes, et donc sans ou avec peu de concurrents sur le marché de l'emploi.

    Finalement, le temps de travail (35, 37 ou 39 heures) ou même la défiscalisation des heures supplémentaires n'aura qu'un rôle relativement marginal, et, dans tous les cas de figure ne saurait constituer une politique de l'emploi.

    La défiscalisation trouve une certaine justification économique si elle permet à une PME innovante de se développer sur un secteur qui créera des emplois innovants.

    Ajoutons autre chose : des pressions sur l'emploi peuvent provenir de la puissance d'un groupe d'actionnaires qui se comportent en charognards sans vergogne : imaginons un fonds de pension qui parvient à prendre le contrôle d'une société côtée en bourse : ce fond peut exiger un dividende de 15% chaque année, et ce à n'importe quel prix, si bien que la société concernée peut alors être amené à licencier non pour des raisons de concurrence sur le coût du travail, mais à cause du coût des dividendes versés.