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samedi, 25 janvier 2014

Crédible, le plan de réduction de dépenses de l'UDI ?

J'ai pris connaissance de la synthèse du projet présenté par Hervé Morin pour réduire la dépense publique. Comme c'est souvent le cas, dans le jeu politique, les plans que l'on propose quand on est dans l'opposition partent toujours du principe qu'ils s'exécutent dans le meilleur des mondes possibles...

Je juge irréaliste de faire revenir les Français de 35 à 39 heures de travail par semaine. Le faire dans toute la fonction publique provoquerait des manifestations monstres. C'est une proposition qui ne tient pas la route : si elle était si simple, la droite qui a été au pouvoir pendant dix ans l'aurait mise en application. On peut donc déjà enlever 20 des 80 milliards d'économies. Et puis au fond, je me demande si ce ne serait pas une régression, finalement.

L'idée de contractualiser l'emploi dans la fonction publique pour les recrutements à venir pourrait en revanche apporter de la marge de manoeuvre et éviter pas mal de rigidités. Encore faut-il trouver des candidats : si la fonction publique n'apporte pas la sécurité de l'emploi et tous les avantages qu'elle offre habituellement, elle risque d'attirer nettement moins d'individus et, contre toute attente, devoir faire face à des difficultés de recrutement.

Tout le plan de rationalisation des dépenses aboutira à des effets pervers s'il n'est pas précédé d'une réflexion et d'un tri sur les services que l'État assure. Rogner tout partout sans y avoir pensé produit des dysfonctionnements. Cela tombe plutôt bien, les Français sont prêts à renoncer à un certain nombre de services publics contre moins d'impôts, d'après un sondage BVA tout récent.

Le passage à 41.5 années de cotisation est de toutes façons inéluctable. Il faut être naïf pour imaginer toucher simultanément aux allocations chômage. A considérer les vagues que cela va engendrer alors que l'emploi est fragilisé, on a là l'assurance de mettre le feu aux poudres.

Je vais être sévère, mais c'est mérité : ce plan est un mauvais plan parce qu'il ne tient pas compte des réactions sociales qu'il peut engendrer et parce qu'il ne réfléchit pas sur la structure de nos dépenses. 

J'adhère à la volonté affichée, mais tout effort demandé doit s'appuyer sur la situation existante, par sur une France rêvée.

dimanche, 08 décembre 2013

Pas d'alternative pour le MoDem

Je l'ai écrit, j'aurais bien vu une liste MoDem ou Alternative indépendante à Paris. Je n'ai pas d'a priori négatif envers NKM mais il n'en va pas nécessairement de même vis-à-vis d'un certain nombre de ses listes de tête. Évidemment, ce qui est fait, est fait, et il est impossible de revenir sur l'accord qui a été conclu avec l'UMP mais je m'inquiète de la réaction d'une partie de notre électorat.

A titre personnel, cela anéantit tout le travail de "sape" accompli auprès de mes proches ces trois dernières années. Comme il s'agit de personnes qui votent, mais pas plus impliquées que cela dans la vie politique, elles n'avaient pas relevé l'alliance du MoDem avec NKM. Quand je la leur ai appris, ils ont paru très surpris. Parmi eux, il y a plusieurs électeurs/électrices socialistes exaspérés par les mesures successives prises non seulement par Hollande, mais parfois aussi, par la gestion socialiste de la ville de Paris. Certains avaient pris le parti de se venger en votant MoDem d'autant qu'ils avaient une bonne opinion de Marielle de Sarnez. Je pense qu'ils n'étaient pas gênés par l'UDI. Mais l'UMP...

Il y en a au moins un, très astucieux, qui a bien compris que ce parti traîne désormais une image vraiment peu fameuse : Sarkozy. C'est pour cela qu'il veut quelque chose de plus vaste en créant un mouvement qui porterait un autre nom.

Et franchement, je m'inquiète : il bichonne les élus UDI et appelle régulièrement Jean-Louis Borloo. Que feront-ils en 2017 ? Soutiendront-ils un candidat centriste, comme ils s'y sont engagés, ou bien feront-ils défection un par un ? Et Borloo, lui-même ? A l'UDI, les idées sont souvent intéressantes, mais, il faut dire ce qui est : ils ont une tradition de trouillardise fortement enracinée...

S'il s'avérait que ce fût Bayrou le candidat du centre, je n'imagine pas un seul instant qu'il puisse soutenir Sarkozy s'il n'est pas au second tour. Sans aller jusqu'à donner sa voix à Hollande, il sera face à des dilemmes dont l'issue est très incertaine.

Et à Paris, que fera-t-on ? NKM sera un soutien inconditionnel de Sarkozy, c'est à peu près certain, en dépit de sa sensibilité modérée par ailleurs. Je sais Marielle de Sarnez suffisamment indépendante pour ne pas s'embarrasser de ses alliances quand il faudra trancher un choix aussi majeur que celui de désigner le premier personnage de l'État. Il n'empêche, nous serons dans de beaux draps, peut-être à affronter sans merci nos partenaires municipaux.

Je n'aime pas faire de l'agit-prop mais il y a des questions que je me pose et j'avoue que je n'y trouve pas de réponses. Je vais même être très franc : pas de souci pour moi à l'idée de voter pour une liste d'union conduite par le MoDem ; en revanche, apporter ma voix à une liste UMP avec un vague saupoudrage MoDem, j'ai déjà plus de mal. Le pompon, c'est la liste UMP conduite par une personnalité de l'UMP que je ne supporte pas. Là, je ne peux vraiment pas.

Ce qui est dommage c'est que l'opinion est prête à regarder avec bienveillance de nouvelles initiatives dans la sphère politique. Un tout récent sondage donne plus d'un Français sur deux prêt à voter pour un nouveau parti. Il existe pourtant : l'Alternative. Et il arrive à bon moment d'autant qu'UDI et MoDem sont les deux partis les plus populaires et que Borloo et Bayrou ont une image qui n'est pas trop dégradée par rapport aux autres leaders politiques. Pas sûr que ce soit une bonne idée de se compromettre systématiquement avec l'UMP.

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samedi, 07 décembre 2013

L'UDI rejoint le MoDem au PDE

La nouvelle dont je viens de prendre connaissance ne pouvait me faire plus plaisir : l'UDI rejoint le Parti Démocrate Européen (où se trouve déjà la MoDem).

C'est une très bonne nouvelle pour la France. Si je devais simplifier, je dirais que le PDE représente approximativement l'aile gauche de l'ADLE (Association des Démocrates et Libéraux en Europe).

Le PDE a tenu son conseil dimanche puis a organisé un forum lundi : j'en ai suivi avec enthousiasme les conclusions.

La refondation européenne doit être conduite de manière à répondre en même temps à deux questions démocratiques : quels sont les sujets effectifs d’action de l’Union et quelle est la place effective des citoyens dans l’Union. La subsidiarité doit être repensée car "l’Union européenne doit se centrer sur l’essentiel et non sur l’accessoire", comme l’a rappelé Marielle de Sarnez. Pour la secrétaire générale, l’essentiel, ce sont des priorités comme la protection du modèle social européen, la relance de l’économie par la production et la redéfinition de ce que doit être la concurrence, la transition vers une économie verte ou la réduction des inégalités régionales, tout en favorisant la convergence sociale, fiscale et environnementale.

Je ne vois pas les choses autrement !

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jeudi, 05 décembre 2013

MoDem-UDI-UMP à Paris, c'est acté.

Le MoDem, l'UDI et l'UMP ont donc conclu un accord de premier tour à Paris. Les trois formations partiront ensemble sur des listes communes.

Il reste, désormais, à examiner la compatibilité des programmes.

Sur le logement, je pense que c'est tout bon ou presque : Marielle de Sarnez réclame depuis longtemps de le rééquilibrer en faveur des classes moyennes. En effet, à Paris, on ne peut se loger qu'en étant riche ou très modeste. Christian Saint-Étienne et NKM partagent cette préoccupation. L'une et l'autre comptent sur le périphérique (entre autres mais pas seulement) pour servir cet objectif tout en abolissant la frontière entre la Capitale et les villes de la petite couronne qui lui sont frontalières.

NKM affiche la volonté de donner plus de transparence à l'attribution des logements sociaux. Très concrète et pragmatique sur le sujet, Marielle de Sarnez propose de développer tout simplement un système à points avec des critères clairs.

Sur la circulation et la pollution de l'air, ça va être plus difficile. Le MoDem est favorable à des solutions plus coercitives que l'UMP ou l'UDI. Toutefois, MoDem et UMP partagent un même projet de végétalisation globale de la ville. J'ai entendu NKM se prononcer en faveur d'une logistique informatisée et intelligente, accessible par smartphone, du stationnement à Paris.  Mais de mémoire, je crois avoir lu cette proposition dans l'ouvrage numérique de Christian Saint-Étienne, Paris-passion. Christian Saint-Étienne est le seul à développer un programme de promotion du véhicule particulier propre avec l'idée d'interdire l'accès des dix arrondissements centraux d'abord puis des autres ensuite à tous les véhicules qui ne respecteront pas des normes très sévères en termes d'émission à horizon 2018 puis 2020. De facto, seules les hybrides et les électriques seront capables de respecter ce cahier des charges.

Sur la sécurité, Marielle de Sarnez rappelle que les pouvoirs de police ne sont pas dévolus au maire à Paris. Cela dit, sur le principe, elle partage avec NKM la volonté de voir se mettre en place une police municipale. Il y a en revanche des différences sur le rôle que chacune des deux leaders entendrait lui voir jouer. L'UDI et l'UMP s'accordent sur l'extension de la vidéo-surveillance dans la capitale.

Je ne connais pas exactement les projets dans le domaine de la santé de chaque candidat, mais je sais que Marielle a plusieurs fois exprimé le sentiment que la gestion actuelle des hôpitaux de Paris étaient excessivement centralisée et bureaucratique. Il me semble qu'elle est favorable au développement de maisons de santé et à une autonomie bien plus conséquente des hôpitaux, auxquels pourraient justement être adossés les maisons de santé.

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lundi, 18 novembre 2013

Un effet immédiat de l'Alternative dans les sondages ?

Il est difficile de se prononcer sur les conséquences électorales de la constitution de l'Alternative, mais, dans les derniers sondages, je vois tout de même des frémissements jusque là inconnus.

Jusqu'ici, Benhamias était à 3% d'intentions de votes à Marseille. Le voici subitement à 7% dans un tout récent sondage. Bayrou est donné gagnant à Pau. Marielle de Sarnez était à 16% au second tour dans le 14ème sans même qu'une dynamique d'union n'eût été encore enclenchée dans la capitale.

Il reste encore bien des obstacles sur le parcours de la fusion MoDem/UDI mais j'avoue que j'ai de l'espoir. Un autre sondage évalue le potentiel de notre association à 9% minimum 19% maximum pour les élections européennes. Une belle marge qui va bien au-delà de qu'obtenaient les centristes par le passé.

L'Alternative n'est pas encore en ordre de marche. J'espère pourtant qu'elle y parviendra. Avec des idées, des valeurs fermes, et une véritable union des centres et des modérés, ce peut être une formidable machine électorale, emmenée par les deux leaders charismatiques et populaires que sont Bayrou et Borloo.

Les moqueries d'une certaine presse ne doivent pas faire illusion, pas plus que les commentaires aigris des déçus, bientôt, nous serons en mesure de faire peur à tout le monde. L'UMP à 9% seulement à Pau au premier tour, cela devrait donner matière à réflexion à Monsieur Copé, j'espère...

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jeudi, 07 novembre 2013

La difficile fusion programmatique de l'UDI et du MoDem

L'Alternative est née, je ne puis que saluer cette association, bien évidemment. J'espère d'ailleurs qu'à terme elle effacera les identités respectives de l'UDI et du MoDem afin de tourner définitivement la page des détestables chapelles centristes.

Je suis très étonné de voir à quel point les commentateurs de cet événement ne l'abordent que sous l'angle des alliances politiques et des individus.

La vraie friction et c'est elle qui génère toutes les autres, elle est programmatique. Il y a des convergences, certes, entre l'UDI et le MoDem, mais aussi d'importantes divergences. Je l'ai écrit à plusieurs reprises ici, le centre-gauche et le centre-droit, ça a beau être centriste, ce n'est pas pareil. Si je devais simplifier, je dirais que l'UDI est d'obédience libérale quand le MoDem penche assez nettement vers la social-démocratie.

Le cas d'école, c'est la comparaison des programmes de Marielle de Sarnez et de Christian Saint-Étienne à Paris. C'est très simple : comparez ce que disent l'un et l'autre sur les déplacements (plan air de Marielle de Sarnez), ça va être dur de les rendre compatibles. Le leader de l'UDI à Paris, considère la mobilité comme une liberté fondamentale (ce que j'approuve pleinement) et cela inclut l'usage des véhicules particuliers ; en face, le programme du MoDem est quasiment aligné sur celui du Parti Socialiste, avec toutefois une touche plus incitative que coercitive. Pour avoir regardé de près ce que dit NKM, je constate que l'UMP est plus proche de l'UDI que le MoDem sur ce point. Bref, on a un bloc de droite (UMP/UDI) et un bloc de gauche (PS/MoDem) sur ce sujet. Si l'électorat du MoDem est aux 2/3 centriste ou de centre-droit, sa base militante est aux 3/4 de centre-gauche et son programme politique s'en ressent.

On le voit bien en lisant le blog de Marielle (nettement plus modérée que sa base militante, pourtant), ses priorités ne sont pas les mêmes  que celles de Christian Saint-Étienne.

Soyons positifs : je vais essayer de sélectionner au moins ce qui nous rassemble.

- la volonté de faire de Paris une ville à énergie positive

- la multiplication de bus et navettes électriques ainsi que le développement du transport fluvial

- des mesures incitatives pour favoriser les véhicules propres (clairement incitatives à l'UDI, nettement plus coercitives au MoDem...)

- liberté d'ouverture des commerces (bémol côté MoDem qui estime que ce sont les salariés qui doivent prendre la décision)

- pour l'instant ni le MoDem ni l'UDI ne l'ont évoqué, mais je pense que ces deux partis sont d'accord sur la nécessité de réaliser le Grand Paris. Le projet de couverture du périphérique de Marielle de Sarnez est d'ailleurs un procédé astucieux pour associer deux objectifs, le premier de dégager du foncier pour le logement, le second de faire tomber la barrière physique entre Paris et la petite couronne.

A côté de ça...l'UDI n'a pas de projet spécifique pour le logement mais une visée plus globale sur le pouvoir d'achat en promettant de baisser les dépenses de la ville de Paris ainsi que le montant de la taxe d'habitation. Marielle de Sarnez ne réclame qu'une pause fiscale (pas une baisse, quoi...). Il va sans dire que l'UDI semble plus proche de l'UMP que du MoDem sur ce sujet, mais les apparences sont trompeuses. Pourquoi ? Parce que le projet de l'UDI est économiquement crédible alors que l'UMP et NKM multiplient les promesses de dépenses somptuaires en même temps qu'elles assurent vouloir réduire les impôts. Le beurre et l'argent du beurre, on sait ce que cela fait, au final...J'ai l'impression que l'UDI aborde la question du Grand Paris davantage du point de vue de la Région tandis que le MoDem compte d'abord sur les municipalités. Il y a eu une intervention intéressante au Conseil de Paris, d'un élu UDI en février dernier qui proposait de fusionner quatre départements en un seul.

Si l'UDI ne dit rien ou presque sur le logement, c'est quasi-silence radio sur la sécurité côté MoDem pas plus préoccupé que cela de la question.

Je sais qu'il est question de s'allier avec l'UMP dès le premier tour, mais je crois, bien réfléchi et contrairement à ce que j'avais écrit il y a quelque temps, que nous avons intérêt à des listes centristes indépendantes. Marielle de Sarnez à 13% dès le premier tour dans le XIVème puis à 16 au second tour, cela signifie que nous n'avons a priori pas perdu notre potentiel électoral et que notre association avec l'UDI peut même l'augmenter légèrement. Or, nous étions à un peu plus de 9% en 2008. En dépassant partout les 10%, ce que je crois possible parce qu'ensemble, nous avons les armes pour le faire, nous pouvons arriver en position de force au 2ème tour.

Je connais beaucoup d'électeurs socialistes exaspérés par les impôts autour de moi. Ils ne voteraient sans doute pas pour une liste de fusion avec l'UMP mais pour une liste MoDem ou pour une liste MoDem/UDI, ils m'ont assuré qu'ils le feraient.

Toutefois, il faut le dire, seule Marielle de Sarnez dispose de la notoriété et de la popularité suffisante à Paris, au sein de la sphère centriste, pour mener une telle bataille. Cela suppose d'accorder nos violons avec nos amis de l'UDI et puis surtout, je le souligne, une très sérieuse refonte des programmes des uns et des autres pour parvenir à une voie moyenne...

Alors...en route pour une Alternative ?

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dimanche, 13 octobre 2013

Seul un projet politique alternatif peut venir à bout du FN

Il s'est passé à Brignoles ce que je craignais en mon for intérieur : cela fait un moment que j'ai constaté que l'abstention, bien loin de présenter un recours pour la gauche ou la droite est en fait un réservoir de voix pour l'extrême-droite.

On ne peut pas réduire le FN sans un projet politique et surtout économique crédible. Tant que l'on demeurera impuissant à enrayer le chômage et la désindustrialisation dans notre pays ou encore le déclassement social, ce parti demeurera puissant. Et peu importe que les solutions qu'il propose soient mortifères, ses électeurs ne peuvent en prendre conscience tant qu'elles n'ont pas été appliquées.

Nous devons faire face à un double défi : on ne peut faire autrement que de réduire les dépenses de l'État et revenir à l'équilibre car les dettes publiques vont se stabiliser dans la zone euro, France incluse, à un niveau tellement élevé qu'elles requerraient des taux de croissance impossible à atteindre pour éponger les montants des remboursements. Et dans le même temps, nous devons répondre à la demande de plus en plus forte de protection sociale et parvenir à relancer l'emploi et la création de richesses.

Et bien évidemment, tout le monde cherche la baguette magique sans la trouver. Les Socialistes croient venir à bout de nos dépenses en augmentant toujours plus les impôts. La droite croit qu'on peut réduire les dépenses (mais dans les faits, elle ne l'a jamais fait, opérant au demeurant des coupes au hasard). Le FN s'imagine qu'on peut établir des barrières douanières et la gauche de la gauche finit par croire que les profits virtuels du grand capital ont une existence réelle suffisante pour pouvoir être taxés sans dommages collatéraux considérables. Aucune de ces solutions ne tient la route mais celle du Front de Gauche n'a pas été expérimenté depuis les régimes soviétiques et ce que propose le FN (sortie de l'euro et autarcie) n'a pas encore été essayée (le cas de figure ne s'est pas produit en Europe).

Au sein de la classe politique, seul Bayrou me semble avoir essayé d'apporter une réponse, mais son programme est demeuré embryonnaire. Comme la fonction fait l'homme, Arnaud Montebourg semble avoir compris lui aussi que reconstruire la production en France était l'unique issue, mais, face à la mondialisation et l'inter-connexion des économies, il ne sait pas quoi faire et ne sait plus à quel saint se vouer. Le volontarisme ne parvient pas plus que les autres approches à enrayer notre déclin : le récent échec de Ségolène Royal avec Heuliez en est un témoignage manifeste. Sarkozy, à sa manière, qui se vivait en super-président capable de sauver l'industrie française par ses connexions avec les puissants et quelques hochements de menton aura sans doute essayé lui aussi de redresser notre pays.

Toutefois, aucune de ces initiatives n'a abouti. Montebourg est impuissant, Sarkozy et Royal ont échoué et on ne sait pas ce qu'aurait obtenu Bayrou puisqu'il n'est pas parvenu à conquérir le pouvoir.

Je note toutefois que Sarkozy a fait reculer le FN pendant un certain temps, que Royal était populaire auprès des gens modestes et que Bayrou a constitué l'espoir d'une voie tierce pendant longtemps.

Par un étonnant paradoxe, c'est au moment même de son échec politique, 2012, que son projet économique a comporté peut-être un chemin inédit dans la sphère politique : d'une certaine manière, son made in France nourri d'échanges internationaux et de localisme réconciliait une certaine forme de protectionnisme et le libéralisme. Curieuse synthèse que Bayrou n'a pas achevée et je le regrette.

C'est pourtant là qu'il faudrait reprendre le flambeau avec les personnalités de bonne volonté. Il en existe. Yves Jégo à l'UDI a créé une association délivrant un label qui a fait son chemin. Je crois Montebourg suffisamment aux abois pour revenir sur tout préjugé idéologique dès lors qu'on lui trouve un moyen de relocaliser ou créer de nouvelles industries sur notre sol. Mais mon camarade blogueur de gauche Melclalex doit en savoir plus que moi sur ce dernier point.

Une chose me paraît en tout cas claire : impossible de riposter aux sirènes nationalistes sans parvenir à réaliser la quadrature du cercle. J'avoue que je n'ai pas d'idées, ou, tout du moins, qu'elles restent dans le brouillard. Une fois toutes les utopies "citoyennes" évacuées, celles dont on disserte sur la Toile mais qui heurteraient le mur de la réalité avec d'autant plus de violence que leurs auteurs planent en apesanteur au-dessus du déconomètre, il ne reste à vrai dire plus grand chose. C'est bien là où le bât blesse. La force du FN, c'est d'avoir réussi à faire croire qu'il l'avait, lui, le projet alternatif.

Si une synthèse intelligente pouvait se produire entre le monde parallèle du MoDem et la vision à ras du sol de l'UDI on pourrait peut-être poser les jalons d'une voie inédite. L'alliance Borloo-Bayrou n'aura de ce point de vue un sens que si elle devient une alliance des idées emblématique, capable de subvertir l'ensemble des autres projets politiques pour enfin s'imposer par son évidence aux Français.

Je reconnais qu'en disant cela, je n'ai rien dit, car pour l'instant, nous n'en sommes pas même aux fondations. Mais enfin, tous les explorateurs ont observé un point lointain sur l'horizon pour atteindre un jour leur Eden. Comme le disait un jour Denis Badré, aujourd'hui sénateur honoraire, grand Européen devant l'Éternel, «si tu veux que ton sillon soit droit, oriente ta charrue vers une étoile». 

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samedi, 05 octobre 2013

L'électorat centriste valide à plus de 95% le rapprochement MoDem/UDI

Cela me fait très plaisir d'entendre Jean Dionis ou Hervé Morin évoquer Bayrou avec l'accent de 2007. Je crois que les centristes sont satisfaits de se retrouver.

Lisant la dernière note de Dionis, j'ai eu le contentement d'apprendre que les sympathisants de l'UDI et du MoDem validaient à plus de 95% le rapprochement entre les deux formations.

Et ce n'est pas tout : les Français sont près de 80% à approuver cette union, 84% au PS, 76% à l'UMP.

Il n'y a pas un seul sympathisant du MoDem ou de l'UDI pour juger que l'association de leurs partis favoris soit une très mauvaise chose. Le sondage réalisé par l'IFOP est limpide.

J'ai observé depuis fort longtemps le décalage entre l'électorat du MoDem et sa base militante. J'entends et je lis ceux qui hurlent au loup, jurant leurs grands dieux que Bayrou trahit l'esprit de 2007 et j'en passe des vertes et des pas mûres.

Ceux qui tiennent ce discours et sont d'ailleurs souvent en délicatesse avec le MoDem depuis un moment déjà ne sont pas ultra-minoritaires. Ils n'existent pas électoralement parlant et ne représentent donc qu'eux. Pour les aficionados de twitter ou de facebook, les réseaux sociaux leur donnent l'impression d'être de formidables caisses de résonance. Il n'en est rien. Leur haine, leurs amertumes, leurs déceptions, ne rencontrent pas l'opinion des Français et il ne suffit pas de 10 "like" (toujours les mêmes au demeurant) pour incarner un courant d'opinion.

Je pense que tout le monde, au MoDem et à l'UDI, doit prendre acte des avis exprimés à une majorité écrasante (parlons même d'unanimité) par nos électorats respectifs. C'est au fond une bonne nouvelle car je ne pensais pas que nous puissions nous additionner aussi aisément.

Évidemment, un sondage ne fait pas le printemps, mais j'espère que nous allons avancer à grand pas vers la fusion et recréer enfin un grand parti centriste capable de rivaliser avec les grandes forces politiques.

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dimanche, 29 septembre 2013

L'alliance MoDem-UDI est logique

Je suis un peu agacé par les réactions de certains militants ou anciens militants du MoDem qui jurent que la troisième voie, c'est fini. 

Primo, on ne gouverne pas seul dans sa tour d'ivoire et encore heureux, d'ailleurs. Ce n'est que parce que l'on doit faire des concessions que l'on peut parvenir à un projet acceptable pour une majorité. C'est l'esprit du centrisme que d'avoir en ligne de mire cette perspective.

Secundo, pour ceux qui louchent sur leur gauche, le PS a-t-il jamais proposé quoi que ce soit au MoDem en dehors de quelques alliances locales ? Jamais. En fait, la seule proposition qui a existé s'adressait à l'UDF, c'était celle de Ségolène Royal en 2007 et s'est faite sous l'effet de l'urgence.

La série de rebuffades suivies aurait du faire comprendre à l'aile gauche du MoDem que ce n'est pas le PS mais le centre-droit qui nous est évidemment le plus proche. Faut-il rappeler le piège de Delanoë en 2008 ? Ou encore la manière dont le MoDem a été traité par la mépris à Marseille quand il a voulu participer à des primaires ? Ou, dans la même veine, ce qu'il advient des amendements de Thierry Robert, député MoDem qui a voulu s'associer aux radicaux de gauche ? Il le dit lui-même : leur destination finale est la poubelle.

Ni Rocard ni Delors n'ont jamais adressé le moindre signe de soutien à Bayrou alors que le PS dont ils rêvaient avait l'opportunité de l'alliance et de la majorité qui auraient été nécessaires à Delors en 1995.

Il y a bien sûr quelques individus au PS avec lesquels on peut discuter, mais, tant que le PS ne sera pas électoralement à terre, comme je le disais hier, le pouvoir et les fonctions demeureront le ciment le plus puissant et personne ne partira.

Il faut que ces militants (enfin, ceux qui restent avec nous) se rendent à la raison. Nombre de militants, de cadres, de députés de l'UDI ont été proches de Bayrou pendant très longtemps, y compris quand l'UMP était une machine à broyer l'UDF. Certains d'entre eux ont encore soutenu Bayrou en 2012.

En réalité, la frange gauche du MoDem est à équidistance de l'aile droite du PS et du centre. Avec un petit effort, elle peut se déporter un peu sur sa droite et elle trouve alors sur son chemin le centre-droit, sans doute plus libéral qu'elle.

Il y a évidemment la question de l'UMP. Je reconnais que c'est un problème. Si Juppé fait l'unanimité au MoDem, que Fillon a longtemps été bien vu, d'autres leaders, parfois locaux, ne sont pas la tasse de thé des centristes.

Nous n'avons pas d'obligation de nous associer à l'UMP quand des représentants de ce parti ne nous plaisent pas. Rien ne nous empêche de tenter notre chance au premier tour avec l'UDI quitte à se retirer à l'issue de ce dernier si l'alliance de second tour ne nous convient pas, l'UDI faisant de son côté ce qu'elle juge bon.

De toutes façons, l'UMP doit être jugée au cas par cas. Le rejet en bloc de ce parti est au moins aussi sectaire que l'adhésion en bloc à l'alliance aux seules forces de gauche ou écologistes.

Autre point : le PS n'hésite pas à proposer des alliances au Front de gauche et regarde avec attendrissement le NPA, alors que l'UDI récuse tout rapprochement avec les souverainistes ou avec l'extrême-droite.

Enfin, si l'on considère les idées et les solutions apportées par nos deux partis, une synthèse harmonieuse paraît possible.

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vendredi, 20 septembre 2013

Et pourquoi pas une grande alliance MoDem-UDI-UMP à Paris ?

Je sais que je viens de jeter un bon gros pavé dans la marre avec ce que je suggère en titre de mon billet, mais, plus j'y réfléchis et plus je me dis qu'un triumvirat Marielle de Sarnez, Christian Saint-Étienne-NKM ça aurait vraiment de la gueule aux prochaines municipales parisiennes.

On sait que NKM n'appartient pas à la frange extrémiste de l'UMP et qu'elle est et a toujours été très claire avec le FN. 

Au niveau des idées qu'elle émet sur Paris, je l'ai entendu dire pas mal de choses pertinentes, compatibles avec plusieurs propositions du MoDem et très certainement de l'UDI.

On a des convergences.

Il y a deux obstacles, toutefois :

a) il faut être prêt à liquider Tibéri. Il n'est pas possible de s'allier avec un type qui triche avec la démocratie, l'une des fautes les plus graves de mon point de vue.

b) il ne faut pas essayer de jouer au concours de guignoleries avec Hidalgo. Plutôt que de faire assaut de surenchères, le mieux est de mettre en évidence la pauvreté du bilan socialiste à Paris et d'en profiter pour revenir sur quelques idées reçues en matière de "réussites" delanoïstes. On peut chercher à se mettre en valeur, mais, de préférence, avec un programme sérieux.

J'ai dit de longue date que la fiscalité, la sécurité, et, vous le verrez bientôt, la santé seront les enjeux principaux de la prochaine élection. Pas la peine de s'acharner sur le logement parce qu'il n'y a pas de solutions miracle même si évidemment il faut proposer des choses.

Bon, évidemment, il y a quelques UMP pour lesquels je vais avoir du mal à me faire à l'idée d'une alliance mais enfin, c'est toujours mieux qu'un Cherki ou un ayatollah vert façon Baupin, et, comme le disait très bien le roi Henri IV, Paris vaut bien une messe.

Moi je dis qu'une grande alliance dès le premier tour ne serait pas idiote à condition qu'on se mette d'accord sur un programme commun puis des listes communes.

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