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  • Nabila, Zahia, images irrémédiablement endommagées

    S'il y a bien une règle à respecter en société, c'est qu'il ne faut jamais trop en faire. Comme l'écrit si bien Pascal dans ses Pensées, et l'idée est évidemment transposable, l'homme n'est ni ange ni bête et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête.

    Nabila a tenté toutes les provocations possibles et imaginables pour tenter de percer médiatiquement. Les Français ne sont pas dupes. Son livre a été un bide monumental et, en réalité, ce que je vois, c'est qu'elle est méprisée universellement parce qu'elle agace profondément les Français.

    J'imagine que cela lui est égal parce que la percée médiatique est la chose qui compte le plus à ses yeux.

    Il ne faut pourtant pas croire qu'il n'existe pas de conséquences à long terme d'une mauvaise image. Zahia Dehar en sait quelque chose : elle a sagement tenté de se ranger et de créer une ligne de lingerie. Elle a même tenté de s'en sortir par le haut, par exemple en proposant aux Atelières (ex-Lejaby) de travailler pour celle, ce qui l'honore. Il n'en reste pas moins que ses créations peinent à percer, vraisemblablement parce qu'elle demeure victime de son image de call-girl prostituée par laquelle le scandale arrive. Il est difficile de gagner ensuite en respectabilité.

    Toutes proportions gardées, les provocations incessantes de Lady Gaga finissent par avoir raison de la curiosité et de l'intérêt qu'elle avait suscité à ses débuts. Il ne faut pas se leurrer : fans et commentateurs ne demeurent pas dupes indéfiniment.

    Ce qui vaut dans le star-système vaut aussi dans la sphère politique. Après l'élection de Sarkozy en 2007, Bayrou et Royal ont voulu à tout prix exister, se positionner en opposant numéro un. Le résultat des courses, c'est qu'ils ont fini par lasser l'un et l'autre, et, pour Ségolène Royal, dégrader définitivement son image. Fillon a fait exactement la même erreur en 2012. A vouloir apparaître comme le successeur de Sarkozy à tout prix, il a endommagé l'image qu'il s'était constitué. Le très malin Sarkozy attendait pendant ce temps son heure et a su se retirer avec élégance, des choses que les Français apprécient.

    C'est une erreur grave de confondre la notoriété et la popularité, deux choses bien distinctes. Tout le monde connaît Copé, mais personne n'en veut, par exemple.

    Bref, choisir le bon timing, profiter des fenêtres médiatiques, cela ne s'invente pas. Nabila, comme une certaine Loana avant elle, en a trop fait. Son image ne se redressera pas et elle ne vaut, désormais, que par les audiences qu'elle suscite. Pour tout le reste, elle est contre-productive et ne risque pas de devenir l'égérie d'une quelconque marque...

  • Logements sociaux et insécurité dans le 15ème

    J'espère que je vais enfin réussir à faire fonctionner ce ""#satané $$£ °! lien google drive : il s'agit du compte-rendu d'un conseil du quartier Georges Brassens de juin 2010, dans le 15ème arrondissement de Paris. La lecture est édifiante parce que les interventions des participants, sans d'ailleurs que cela soit leur intention, montre bien qu'il y a un lien direct entre incivilités, insécurité et logement social.

    Si ce lien existe, c'est parce que le mode d'attribution des logements sociaux n'est pas le bon. NKM a proposé que ce soient des citoyens tirés au sort et constitués en jury qui déterminent leur affectation. Cela va dans le bon sens, d'autant que cela évitera aux élus de se refiler des logements les uns aux autres et à la gauche de se servir du logement social pour disséminer des familles à problèmes avec leurs délinquants dans les arrondissements de l'ouest parisien.

    J'ai un autre témoignage : celui d'un gardien qui travaille place rue Saint-Charles, près de la place Charles Michels. Avec l'implantation de nouveaux logements sociaux il a vu apparaître une série d'incivilités, comme on dit, dans le bloc d'immeubles : défécation dans les escaliers et les ascenseurs, cendriers brisés contre les vitrines, adolescents et enfants parfois fort jeunes traînant en permanence et tard dans la rue, et cetera.

    Les maires d'arrondissement devraient au moins avoir un pouvoir de blocage sur les individus que la majorité PS cherche à imposer dans leur quartier et pouvoir examiner évidemment les dossiers. Ce n'est pas le cas actuellement.

    Les logements sociaux ne devraient pas être attribués pour une durée indéterminée mais, dans un premier temps, pour un bail de 3 à 6 ans à l'issue duquel la situation du locataire serait réexaminée. La mention de plaintes du voisinage au dossier serait alors un élément décisif pour chasser les contrevenants.

    Compte-tenu du fonctionnement actuel des logements sociaux, je comprends très bien tous les riverains des différents quartiers qui font des pieds et des mains pour s'opposer à leur implantation.

    J'ai entendu NKM suggérer de donner une priorité à l'utilité sociale pour le logement social. Policiers, infirmières ou personnels de crèche en particulier pourraient disposer d'un bonus pour se le voir attribuer. Cela me paraît une bonne idée.

  • Un problème avec Noël ?

    Noël, cette grande fête universelle censée propager l'amour au sein de l'espèce humaine tend à perdre de sa superbe. Qu'on en juge : 73% des Français ne sont pas contents des cadeaux qu'on leur offre. Voilà qui augure mal de la suite.

    Qu'on y réfléchisse : Noël, c'est le moment propice pour sortir les affaires de famille du placard, le temps opportun pour des brouilles mémorables et définitives. 

    C'est aussi le temps des excès : on mange, on boit trop, et l'estomac, trop plein des denrées les plus riches, déborde jusqu'à l'oesophage.

    Il reste les enfants, généralement enclins à apprécier la période. Toutefois, la surconsommation amène toujours plus de déceptions à la mesure de l'amoncellement de cadeaux qui les attend.

    Noël, c'est aussi un sale temps pour les pauvres, les précaires, les exclus et les isolés. S'ils ont un toit, il leur reste la chaleur de la télévision, sinon, les oeuvres caritatives pour autant qu'elles puissent être présentes dans les froides rues des villes.

    A la campagne, c'est la bonne heure pour crever tout seul dans son coin : pas de services sociaux, pas de grandes fêtes, pas de soupes populaires ni de restos du coeur.

    Que faire pour changer ? C'est mission impossible. Quand je propose autour de moi de faire de cette journée un temps solidaire, des regards désapprobateurs m'invitent à changer rapidement d'avis.

    La solidarité, c'est bien dans les discours, mais casse-pied dans les actes.

    Il reste toujours les voisins, les connaissances et bien sûr la famille à laquelle on peut présenter ses salutations et souhaiter bonne fête.

    Et le Père Noël alors ? Eh bien pour en savoir plus, j'invite à lire les deux très bons billets de PMA sur le sujet, un peu de culture ne peut pas faire de mal.

    La véritable histoire du Père Noël

    Mais d'où vient le Père Noël ?

    Sinon, comme je l'écrivais il y a quelques années, il y avait au temps des Romains païens une énorme teuf qui tournait systématiquement à l'orgie... Mais bon, c'est une autre époque.

    Respect à Jésus de Nazareth, sinon, puisqu'il est censé être né approximativement à cette date-là.

  • D'où vient le succès des Salafistes...

    Je pense depuis longtemps que le djihadisme prospère sur le terreau de nos carences et je crois l'avoir même déjà écrit. J'ai eu plaisir à lire un entretien avec Samir Amghar, spécialiste du salafisme, car ce qu'il dit confirme très exactement ce que je pense.

    Il analyse avec une pertinence impressionnante le principal ressort du succès salafiste non seulement en Afrique ou en Asie mais aussi en Europe :

    Ce succès salafi correspond aussi à une demande de normes très strictes. L’individualité, clé de voûte de notre société moderne, est dure à supporter. Devenir salafi, c’est faire porter le poids de la vie par l’islam : les journées sont alors rythmées par les prières quotidiennes, les faits et gestes normés par un « code salafi ». C’est en quelque sorte une réponse à une crise de l’individualisme de la personne. Celle-ci devient salafie en s’affiliant à des groupes religieux intensifs forts, capables d’offrir des codes de sens et une sécurité apaisante. Ce sont des structures refuges, qui pensent dispenser la vérité, loin de toute forme d’incertitude qui peut paraître angoissante. Cette appartenance est aussi vécue comme un défi manifeste à l’opinion majoritaire. Les salafis pensent incarner un groupe dangereux ou redoutable pour les classes moyennes et supérieures, celles-là même qui, selon eux, maintiennent les musulmans dans un statut de dominés. Rejeté par les nantis, le salafisme fascine ceux qui ont un différend avec l’ordre social. En adhérant à l’islam de ces mouvements, les jeunes pensent s’opposer à la société des « puissants ».

    Ce qu'apporte le salafisme à la jeunesse en déshérence, nous autres Européens sommes incapables de l'apporter aussi, que ce soit sur nos territoires ou que ce soit via notre diplomatie. 

    Quand l'Europe utilise son soft power, c'est toujours via de lourds programmes chargés de bonnes intentions. Dans les faits, même quand on fait de l'humanitaire, on n'est pas efficace sans alliés. Il faut des relais. Les djihadistes le savent et comprennent bien que l'action humanitaire occidentale est sa rivale directe dans le domaine de la solidarité avec les plus précaires.

    Nous n'arrivons pas à nous constituer en réseaux de solidarité avec objectif politique pour contrer les salafistes qui eux, savent très bien associer l'un et l'autre.

    Il faudrait créer un renseignement européen pour identifier les acteurs locaux sur lesquels s'appuyer. Même s'ils ne sont généralement pas très puissants ou influents et que souvent, ils ont bonne presse seulement dans les milieux aisés, les partis libéraux et sociaux-démocrates devraient être nos partenaires privilégiés partout où le salafisme est puissant. Non seulement l'Europe a un intérêt direct à les aider financièrement, mais elle devrait les aider à mettre en place, eux aussi, de puissants réseaux de solidarité. Après tout, si les Communistes ont su le faire, pourquoi les libéraux et les démocrates n'y parviendraient-ils pas ?

    Être solidaires, redonner une dignité à ceux qui n'en ont plus, nourrir, aider à s'enrichir, voilà quelles devraient être nos priorités.

    Déboulonner le salafisme, cela suppose une diplomatie très fine : il faut trouver des alliés acquis aux idéaux démocratiques, experts en leur pays, pas des théoriciens de salons parisiens, londoniens ou genevois. 

    Il y a une particularité de l'Islam : le monde arabe ne représente pas même 10% des Musulmans et pourtant, il rayonne si fortement qu'il influence à lui seul un milliard de fidèles. C'est dire son impact considérable. On pourrait me répliquer que l'Iran chiite représente un pouvoir politique régional majeur. C'est vrai. Mais son impact sociétal sur l'Islam, a fortiori en Europe, est minimal au regard de la force ce frappe salafiste. Les immigrés musulmans d'Europe ignorent généralement tout des chiites et il existe fort peu de mosquées chiites sur notre continent. Dans tous les cas de figure, il n'existe plus de figures charismatiques capables de rayonner, comme le fut l'Ayatollah Khomeiny.

    Au fond, ce qui devient comique, avec l'Europe, c'est que pendant que nous négocions avec les dirigeants des pays arabes et versons des sommes considérables parfois, les Salafistes, appuyés par certains de ces pays, usent chez nous de leur propre soft power !!! Et il est autrement plus efficace que le nôtre si l'on en compare les effets dans chacune des deux sphères.

    Il y a à mon avis toute une branche du renseignement et de la diplomatie à créer ou à recréer. Ce sont des liens directs avec les peuples arabes qu'il nous faut créer, et ce n'est pas simple. En Europe, la France et l'Angleterre ont certainement un rôle à jouer car ce sont ces deux nations qui connaissent le mieux les nations arabes et qui ont le plus d'interconnexions avec leurs peuples. Il faut toutefois une révolution dans les mentalités de nos dirigeants et nos services diplomatiques pour pouvoir en tirer quelque chose d'intéressant.

  • Les listes de droite dissidentes me font bien rigoler à Paris

    Les annonces se multiplient sur la droite de l'échiquier parisien : des listes dissidentes çà et là, des discours enflammés contre NKM. Mais la vraie raison, vous voulez savoir où elle se trouve ?

    Très simple. Des gens qui n'ont pas eu la place qu'ils voulaient avoir sur les listes. C'est ça et uniquement ça et rien d'autre. Une simple question d'ego et de place autour de la table où la soupe est servie.

    Il y a quelques exceptions, malgré tout : quelques MoDem qui souhaitaient des listes indépendantes au premier tour voire au second, plus rarement des UDI sur la même ligne et quelques élus de droite qui sont dissidents depuis 5 ans.

    Je pense, pour ces derniers, à David Alphand et Laurence Dreyfus dans le 16ème, Dominique Baud dans le 15ème,  et Serge Federbusch, l'auteur du Delanopolis.

    On peut ne pas être d'accord avec eux mais on doit leur reconnaître une crédibilité. Je n'exclus toutefois pas chez eux un certain dépit de ne pas avoir été appelés par NKM pour figurer sur ses listes...

    Les autres, c'est vraiment de la dissidence de la dernière heure.

  • Municipales à Paris, quel(le) candidat(e) choisir ?

    Je me faisais la réflexion suivante à propos des municipales parisiennes : dans tous les cas de figure, il ne faut jamais oublier le bon sens le plus élémentaire.

    Le programme est bien sûr un critère de vote, mais, dans le détail, les personnes pour lesquelles on vote, arrondissement par arrondissement, c'en est un aussi.

    Je prends l'exemple du 15ème : il va y avoir sur la liste d'union de la droite et du centre Maud (Gatel), une jeune femme que je connais bien. C'est une militante MoDem de la première heure, et avant, UDF. Je sais que c'est quelqu'un de sérieux, parce que je l'ai vue à l'oeuvre. Je sais aussi qu'elle réagit quand on  essaie de la contacter. Je pense qu'elle sera une élue qui fera son job, ce qui n'a rien d'une évidence, croyez-moi, à Paris. C'est donc un bon point pour elle et pour sa liste.

    Je ne connais pas Yann (Werhling) comme élu mais je sais, en revanche, qu'il a travaillé d'arrache-pied sur le plan air de Marielle de Sarnez. J'ai donc un a priori favorable.

    Après, il reste un troisième critère : les prises de position sur les grands dossiers de la capitale. Et là, il ne faut pas oublier que les premiers de liste ont vocation à devenir des élus au Conseil de Paris et donc, se prononcer sur la totalité des dossiers qui concernent la capitale, pas seulement leur quartier.

    Je vais prendre l'exemple du 16ème, cette fois, avec Béatrice (Lecouturier) et Valérie (Sachs) que je connais bien. 

    Béatrice a été une conseillère d'arrondissement investie. Elle a vraiment été présente et entrepris des consultations auprès des habitants sur la plupart des grands dossiers auxquels elle a été confrontée.

    Valérie, quant à elle, avait dès le départ un projet économique pour le 16ème et plus généralement pour Paris. Je le sais parce qu'au départ, elle l'a bâtie pour l'UDF et j'y ai apporté ma très modeste contribution (nous avons travaillé ensemble au sein d'un petit groupe qu'elle animait).

    L'une et l'autre ont donc les qualités que j'identifie dans mes deux premiers critères. Il reste donc à voir leurs positions sur les grands dossiers du 16ème : Stade Jean Bouin, Stade Hébert, Serres d'Auteuil et Roland Garros, Piscine Molitor, Jardin d'Acclimatation et Fondation Vuiton (mandature 2001-2008).

    L'une et l'autre ont été favorables à l'extension de Roland Garros sur les Serres d'Auteuil. Valérie a même déploré en Conseil de Paris que des associations puissent bloquer le projet municipal. C'est un très mauvais point, pour Béatrice d'abord, et plus encore pour Valérie (quid des corps intermédiaires, alors ? Il faut leur passer dessus ?). Au passage, j'observe que Valérie donnait aussi raison à LVMH contre les défenseurs du Jardin d'Acclimatation. 

    Sur Jean Bouin, en revanche, les deux se sont opposées au projet final même si le MoDem avait approuvé le projet initial.

    Il est important de connaître l'actif et le passif des personnes pour lesquelles on peut envisager de voter lors d'une élection.

    Par exemple, j'ai aussi entendu que David Alphand allait présenter une liste dissidente dans le 16ème contre Goasguen. Voilà quelqu'un qui a combattu tous les projets pourris de la majorité au lieu de faire semblant de s'y opposer comme Goasguen. Autre point positif, il a été l'un des premiers (avec Laurence Dreyfuss), tant sous Sarkozy que Hollande à inviter à saisir les biens d'Assad à Paris.

    Il a en revanche fait partie des soutiens à la Manif pour tous, comme Goasguen, Goujon et Lamour, au demeurant. Ni Béatrice ni Valérie n'ont pris position sur ce sujet.

    Le logement social est un autre thème sur lequel les prises de position des candidats sont importantes. Sur ce sujet, je suis très en phase avec les idées originales de Béatrice. Par principe, Béatrice n'est pas opposée aux logements sociaux, mais elle proposait aussi en 2012 un système dans lequel la mairie servait d'interface et de garantie pour mettre en relation bailleurs et demandeurs de logements sociaux. Un bon système. Je n'ai entendu ni Alphand ni Valérie s'exprimer sur le sujet , en revanche, je sais que Goasguen a toujours freiné des quatre fers sur le sujet. Côté PS, on a compris très tôt qu'il y avait une volonté de politiser le débat pour essayer de mettre en porte à faux la droite. 

    Arrondissement par arrondissement, il faut tenter d'éplucher les votes et les prises de position des uns et des autres. C'est un biais relativement fiable pour se faire une idée de ce que feront ensuite ceux auxquels on aura donné sa voix.