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  • Résistance pédagogique, jusqu'où ?

    J'avoue que je suis partagé devant les cas de "résistance pédagogique". Évidemment, je reconnais que certaines réformes apparaissent largement malheureuses sinon franchement stupides, mais, un enseignant est d'abord un fonctionnaire d'État qui rend un service public. Il a donc le devoir d'effectuer les tâches qui lui incombent dès lors qu'elles rentrent dans le cadre de son service. Recenser les élèves étrangers ne rentre pas dans sa mission, par exemple, mais appliquer la réforme sur l'aide individualisée, en revanche, cela en relève bien. Je ne suis donc pas d'accord avec la manière dont Alain Refalo a jugé bon de s'opposer à la réforme. Cette réforme touche faiblement la nature proprement pédagogique de sa mission (il ne s'agit pas de programmes) et l'aide individualisée va dans le sens de ce qui est nécessaire pour les enfants en difficultés. Pour ce que j'ai pu en apprendre, d'ailleurs, les remontées de cette pratique en écoles maternelles et primaires sont très positives. Donc, je le dis clairement, je trouve qu'il a eu tort.

    En revanche, la manière de procéder de Luc Châtel, quelque peu brutale est on ne peut plus maladroite. Il veut jouer au matamore en sanctionnant en force Alain Refalo. De ce que j'ai compris du travail d'Alain Refalo, il a finalement appliqué le principe de l'aide individualisée mais,  il l'a fait sur le temps scolaire obligatoire tandis que pendant le temps consacré à l'accueil individualisé, il menait un projet théâtre pour toute sa classe. Bon, en résumé, il a fait le malin. C'est énervant, mais ce n'est pas un crime...

    Luc Châtel a donc totalement manqué de discernement. In fine, ce qui compte, c'est que l'esprit de cette utile réforme (la seule dont je donne quitus à Darcos) vive. On pouvait infliger un blâme à Alain Refalo, à la limite, et puis ça suffisait. Il n'y avait pas de refus de travail de l'individu, même si je concède que son activisme pouvait s'avérer agaçant.

    Bref, Luc Châtel veut faire le malin lui aussi, il bombe le torse et montre ses muscles, et le résultat des courses, c'est qu'il va braquer, bêtement, à la vitesse éclair le monde enseignant.

  • Sondages, ainsi Bayrou n'avait pas tout à fait tort

    Après le piètre résultat des européennes, je suis tombé à bras raccourcis sur Bayrou, estimant qu'il portait une large part de responsabilité dans notre échec. Mais, au fil du temps, même si ce n'est pas le genre de la maison de faire des mea culpa, je dois admettre que je lui suis tombé dessus un peu fort. Je savais qu'il y avait des liens entre les instituts de sondage et le pouvoir, mais je ne pensais pas qu'ils étaient aussi nets.

    Je pense que Bayrou a cru, de bonne foi, que les instituts de sondage étaient manipulés et/ou manipulaient l'opinion. Je ne sais pas ce qu'il en est exactement, mais je me serais légitimement posé la question avec des informations du type de celles qui ont été remontées par la Cour des Comptes. Si on ajoute le Canard enchaîné de la semaine et son encart, en page 2, on s'aperçoit qu'en somme, seul Bayrou n'a pas de relations privilégiées avec les sondeurs, puisque même Europe-écologie a été «amicalement» conseillée...

    Cela me laisse songeur. Les théories du complot m'énervent, et très franchement, je ne pense pas que le MoDem soit dans le collimateur de quiconque, Sarkozy mis à part. Mais, ce que j'en tire, c'est que l'homme du Tiers État n'est compromis à aucun niveau avec les réseaux de pouvoir habituels. Je l'avais déjà observé dans une note du mois de juin sur son ouvrage, estimant que l'Histoire lui rendrait raison.

    J'espère simplement que les Français qui brûlent si vite ce qu'ils ont adoré et adorent non moins vite ce qu'ils ont brûlé sauront le reconnaître. C'est vraiment cet homme qu'il faut porter en pouvoir en 2012. Cet homme, et ses amis, comme Marielle de Sarnez, Jacqueline Gourault, Robert Rochefort, Gilles Artigues, Denis Badré, Jean-Jacques Jégou, Jean-Marie Vanlerenberghe et d'autres encore, dont on sait qu'ils lui sont proches, qu'ils ne l'ont jamais trahi, et qu'ils ne le trahiront jamais. Parce que l'on sait aussi que ceux-là ne retourneront pas leur veste et ne céderont pas aux sirènes des puissants.

  • Grippe porcine, que faire des enfants des personnels médicaux si les écoles ferment ?

    J'ai lu un article du Figaro, datant de mardi, qui a le mérite d'ouvrir le débat, et de manière conséquente : si la contagion s'accélère, comme il est probable, dans les écoles, ne serait-il pas sensé de fermer les écoles. Et le Figaro d'égrener des exemples convaincants :

    Plusieurs expériences passées témoignent de l'efficacité de cette mesure sur la propagation des virus. En Israël, en l'an 2000, une grève des professeurs pendant une épidémie de grippe a contribué à réduire fortement le nombre de malades, de visites chez le médecin et d'hospitalisations. En France, une étude réalisée entre 1984 et 2006 a montré que les vacances scolaires d'hiver sont capables de prévenir un cas de grippe sur six et que globalement elles réduisent les contaminations de 38 à 45 % lors du pic de l'épidémie. Selon des épidémiologistes américains et australiens, la fermeture des écoles (associée à celle des églises) pendant la grippe espagnole de 1918 dans certaines villes aurait contribué à baisser le taux de mortalité de 10 à 30 %.

    Mais, l'article souligne aussitôt que des problèmes pratiques surgiront alors dans la foulée ; notamment, que faire des enfants des personnels médicaux. Eh bien, pour moi, la solution est claire et nette : à situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles ! Tous les personnels médicaux doivent bénéficier d'une priorité pour faire garder leurs enfants, soit dans les écoles, soit par tout autre biais envisageable par les pouvoir publics et par les parents concernés.

    Il faut aussi concevoir qu'une telle décision, si elle se généralisait, pourrait avoir des conséquences économiques non négligeables, car qui gardera alors les enfants ?

    Il est grand temps de commencer à aborder les questions de fond, concernant cette pandémie, car elle est inévitable, le Permier Ministre, François Fillon, le reconnaît. Nous aurons des millions de cas en France. Il ne s'agit pas d'attendre d'être dans la tourmente et de risquer d'improviser. Je trouve par exemple, que nos généralistes sont très mal informés sur les mesures concrètes qu'ils doivent prendre. Je m'étonne, d'ailleurs, du silence radio presque complet de la classe politique sur ce sujet, à l'exception du gouvernement. Il me semble que c'est aussi le rôle des partis politiques que d'oeuvrer contre un danger de cette espèce, sans esprit de polémique, bien sûr, mais avec la volonté ferme de proposer les meilleures mesures. Seul Cap21, composante du MoDem, demandait le passage à la phrase 5B lundi dernier, s'étonnant de l'impréparation des collectivités locales :

    CAP21, parti fondateur du Mouvement Démocrate, présidé par Corinne LEPAGE, députée européenne, s’étonne que l’Etat n’ait pas encore déclenché la phase 5B du plan de pandémie grippale, phase qui correspond à l’extension de la transmission interhumaine du virus sur le territoire français. Même si le virus semble encore peu virulent, la rapidité de sa propagation dans notre pays justifie le déclenchement de mesures renforcées pour anticiper les difficultés prévisibles à la fin de l’été.

    Eric DELHAYE, président délégué de CAP21 et élu local s’étonne en particulier de l’état d’impréparation des collectivités locales notamment de celles en charge de la collecte des déchets ménagers ou de l’assainissement, services essentiels qui ne sauraient se retrouver brutalement arrêtés. Très rares sont celles qui ont été contactées par les Préfectures pour faire le point sur les dispositions prévues pour assurer la continuité d’activité et sur les stocks d’équipement de protection individuelle constitués. Les collectivités locales sont aujourd’hui livrées à elles-mêmes.

    Si la pandémie gagne du terrain en France, on peut craindre légitimement pour la continuité de services publics locaux essentiels sur le plan sanitaire.

    Aussi CAP21 demande le déclenchement de la phase 5B du plan et souhaite le renforcement de l’information auprès des collectivités locales par l’intermédiaire des préfectures.

    Il y a une chose qui est inquiétante dans cette histoire : heureusement, le virus est bénin, pour cette pandémie. Mais, que se serait-il passé s'il s'était agi d'un virus de type SRAS, mortel dans presque 50% des cas ? Question angoissante, n'est-ce pas ? Si jamais nous nous en sortons sans dommage, il faudra vraiment considérer avec la plus grande attention les risques sanitaires à l'échelle mondiale et la manière d'y faire face.

  • H1N1 débarque en France

    Tiens, qui titrait sur les 100 000 cas par jour en Angleterre au début du mois ? 100 000 nouveaux cas dans la semaine en Grande-Bretagne. On sera bien, en effet, à  100 000 cas par jour au mois d'août. Je note que les contaminations se multiplient en France. Après une période de latence, nous allons prendre le même chemin que le Royaume-Uni, mais à une période climatiquement moins favorable.

    La grippe porcine, comme le titre Démocratix, ne connaît pas l'hypocrisie administrative à la Française. Ce que je vois venir, c'est une progression comparable en France, mais à l'automne. Je ne saurais trop recommander à mes lecteurs d'essayer d'être le plus en forme possible à cette période. Cela ne permet pas d'éviter la grippe, mais cela permet de mieux lutter contre elle.

    Il y a un point qui m'étonne : j'ai entendu certaines personnes comparer l'épidémie actuelle avec celle de 1918 mais personne avertir que le virus-souche était le même ! Toutefois, il a été recombiné avec d'autres virus grippaux pour donner l'actuel virus.

    Cela dit, ceci ne signifie pas qu'il y a aura 60 millions de morts comme en 1918, pour une raison très simple : les conditions d'hygiène et la bonne santé globale des Européens devraient limiter largement la virulence de cette souche. Il pourrait, en revanche, en aller tout autrement dans des pays moins développés : la grippe porcine pourrait y faire des ravages, décimant certaines régions du monde et déstablisant l'économie mondiale.

    La France pourrait passer au niveau 6 d'alerte avant même la rentrée scolaire du mois de septembre. Roselyne Bachelot, actuelle Ministre de la Santé, l'a clairement envisagé.