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  • Chantiers dans le16ème, vers des compromis ?

    C'est une élue du 16ème arrondissement qui me l'annonce en avant-première : la majorité sortante aurait, cette fois, pris des bonnes résolutions pour le 16ème arrondissement : au lieu d'imposer unilatéralement ses décisions et ses projets de construction et/ou rénovation, elle s'apprêterait à mettre en place une commission d'élus réunissant aussi bien des membres des majorité et opposition locales (peut-être Mano pour les Socialistes, Goasguen pour l'UMP) et des représentants de la ville. Où est l'élu MoDem, à ce sujet, dans cette configuration ? J'espère que Jean Peyrelevade se manifestera et viendra participer à cette commission si elle se met en place.

    Je ne sais pas s'il est prévu de consulter les riverains avant de prendre d'autres décisions. Je l'espère, tant il a été habituel, les six dernières années, de les mettre devant le fait accompli à Paris.

    Un certain nombre de dossiers sont en souffrance (enfin, souffrance pour les habitants du 16ème) : Rénovation du stade Jean Bouin, rénovation et concession de la piscine Molitor, construction de logements d'habitation au beau milieu du Parc Sainte-Perrine, absence de prolongement du tramway jusqu'aux portes du 16ème...etc...etc...

    J'ajoute qu'avec 49% de taux de participation aux dernières élections municipales, ni l'UMP dans le 16ème, ni le PS pour Paris, ne peuvent prétendre être suffisamment représentatifs pour prendre des décisions sans consulter les habitants.

    Quand je vois que le conseil de quartier d'Auteuil Sud n'a plus été réuni ni consulté sous quelques forme que ce soit depuis un an, je trouve que cela commence très mal. Instaurer la démocratie locale, cela ne s'improvise pas...

    Je suggère à tous ceux qui sont intéressés par l'avenir du 16ème de consulter également le blog d'Antoine Dufour, ainsi que les blogs actifs des élus du 16ème (c'est le cas, par exemple, de celui de Claude Goasguen , Valérie Sachs, du Nouveau Seize et, plus irrégulièrement, Thomas Lauret)

    Attendons donc de voir la suite des évènements...

  • Hachis parmentier bancaire

    Tiens, j'ai trouvé une excellente image dans 20 minutes à propos du secteur bancaire, venant de l'économiste Nicolas Bouzou : je parlais récemment des effets sectoriels, dans une note sur la BNP, et je déplorais le fait que des banques saines subissent le contre-coup d'un effet de secteur.

    Nicolas Bouzou illustre très bien ce phénomène avec l'image suivante : il compare la finance à un hachis-parmentier, et observe que lorqu'on mange un plat de ce type, si 10% du plat est périmé, on jette tout le plat généralement, on ne conserve pas les 90% sains...Tout amateur de hachis-parmentier comprendra aisément la métaphore...

     

  • Les banques n'ont plus de fric !

    Je viens de lire un excellent article sur le non moins excellent site Telos, de Marco Onado, professeur d'économie financière à l'université Bocconi de Milan. Il l'a intitulé Achille et la Tortue. Le titre n'est pas innocent pour qui connaît l'école philosophique grecque antique des Eléates, et l'un de ses deux maîtres à penser, Zénon d'Elée. Zénon essaie d'établir l'existence de l'Être mais veut montrer que nos sens ne peuvent en rendre compte car ils sont mouvants, et donc, par nature, reliés au non-Être. Il invente donc plusieurs paradoxes, dont celui d'Achille et la tortue pour montrer que les sens et la raison divergent, ce qui prouve bien que les sens ne sont pas fiables.

    Dans le paradoxe d'Achille et de la tortue, le héros grec Achille dispute une course de vitesse avec une tortue. Grand seigneur, il laisse 100 mètres d'avance à la brave bête. Mais, déclare Zénon, Achille , réputé pour sa vitesse (Homère lui accole l'épithète de "aux pieds rapides"), ne rejoint jamais la tortue. En effet, chaque fois qu'Achille a comblé son retard, la tortue a entre-temps avancé. Et chaque fois qu'il comble son retard encore, entre-temps, la tortue avance encore. Certes, Achille se rapproche à chaque fois, mais il ne rattrape jamais le brave bestiau à carapace. Quelques siècles plus tard, il y aura un lièvre qui se fera avoir aussi...

    Ce que Marco Onado explique, c'est que dans le temps où le crédit explosait, les fonds propres des banque diminuaient toujours plus. Rien de plus logique : plus le crédit augmente, plus les capitaux bancaires diminuent, puisqu'ils sont engagés.

    Pour faire face à la crise des liquidités sur le marché, en raison de la crise du crédit, les banques cherchent à se recapitaliser en vendant des actifs. Le problème, c'est qu'entre le fait qu'un certain nombre de ces actifs sont douteux (subprimes) et que toutes les banques poussent dans le même sens, du coup, les capitaux disponibles se font rares.

    Et comme les actifs que vendent les banques se déprécient toujours plus, les banques ne parviennent pas à se recapitaliser suffisamment pour redonner confiance au marché. Par suite, la valeur des actifs continue de se détériorer, et Achille court en vain derrière la tortue...

    En fait, la seule issue, c'est la vente simultanée des titres surnuméraires, et l'émission massive d'actions pour accroître d'un coup et significativement le capital de chaque banque. Il n'y a apparemment pas d'autre issue pour fluidifier le marché des capitaux et relancer, de ce fait, l'investissement.

    NDLR : au fait, chers lecteurs, j'ai la joie et la fierté de pouvoir vous annoncer que cette note est très exactement la 1000ème publiée sur ce blog depuis sa création, un jour de mai 2006 :-)

     

     

  • Situation économique de la France : ça va saigner pour les Français

    Je crains, hélas, que nous n'achevions un cycle. Le président Sarkozy s'obstine à persévérer dans une voie sans issue en essayant de trouver des astuces pour relancer le pouvoir d'achat. Pour améliorer le pouvoir d'achat, il n'y a pas 36 solutions : il faut produire plus en étant plus compétitif pour vendre plus. Cela suppose de restaurer notre industrie, mais aussi nos services par des investissements massifs. Nos entreprises doivent donc dégager des marges supplémentaires.

    Nicolas Sarkozy ayant grillé définitivement nos dernières cartouches budgétaires, il n'y a plus aucune autre issue. Les Français ne pourront éviter de payer plus s'ils veulent préserver leur protection sociale, ce qui suppose d'accroître les cotisations sociales.

    On ne peut pas en l'état, augmenter le pouvoir d'achat, et il va bien falloir avoir le courage de l'annoncer une bonne fois pour toutes aux Français. Les marges budgétaires que l'Etat peut dégager, il doit les affecter en priorité à la dette, et ensuite aux entreprises qui investissent. Il faut s'assurer, en revanche, que toute baisse de la pression fiscale des entreprises ne serve pas à accroître les gains des actionnaires, car ce n'est pas le but recherché.

    Toutefois, c'est peut-être un dommage collatéral de la nécessaire rénovation de notre appareil productif...

    Pour ma part, ce que j'écris ici, je le clame depuis longtemps, et je suis très aise de me trouver sur la même longueur d'onde que Jean Peyrelevade sur ce sujet.